Après mon anniversaire (2)
de Angelofys
Mon réveil sonne. Il est sept heures, l'heure de me lever. Le regard vide, je prends des vêtements dans mon armoire et marche vers ma petite salle de bains. J'agis comme un somnambule. Quelle en est la raison ? Cette deuxième nuit noire ? Les évènements d'hier ? Ou le tout réuni ? Sans vraiment m'en rendre compte, je me suis déjà lavé, habillé et je descends maintenant vers la cuisine. Le temps passe. Il est déjà sept heures trente. Après un copieux petit déj', je remonte rapidement pour me brosser les dents et prendre mon sac.
J'ai de la chance d'être assez proche du lycée. Il ne me faut que quelques minutes pour entrer dans l'enceinte de cette ancienne institution d'ursulines. En franchissant les lourdes portes de bois qui coupent toute retraite, je débouche sous les cloîtres toujours bondés de lycéens occupés à leurs contrôles quotidiens et tout le stress qu'offrent généreusement les cours. Je cherche Kevin des yeux. Il arrive toujours vingt minutes avant la sonnerie. Je le vois enfin, entouré de plusieurs amis de classe.
D'une démarche assurée, j'avance vers le petit groupe comme tous les jours depuis deux ans. Salutations habituelles, poignées de main dont certaines se veulent viriles et questions rhétoriques « Ça va ? ». Comme d'habitude, j'ai à peine prononcé quelques paroles que sonne la cloche : huit heures cinq. Bien que je lui ai serré la main, je n'ai pas osé regarder Kevin en face. Je sais que c'est stupide parce que tout a été mis au clair hier, il n'y a plus rien de dérangeant entre nous. Mais j'ai encore l'image de ce baiser qui me hante...
Je m'installe à ma table habituelle, au fond de la salle, contre le mur et Kevin à ma gauche. On commence par deux heures de géo. Au bout d'un petit quart d'heure, une feuille de brouillon se glisse vers mon coude. Des petites notes y sont griffonnées. Je reconnais l'écriture de mon meilleur ami.
« Tu as essayé le médiateur hier ? »
Je prends la feuille et, tout en guettant le prof des yeux, j'y écris :
« Pas encore. J'ai profité de la présence de Jess pour jouer à la console. »
Je repasse la feuille qui ne tarde pas à me revenir.
« Ok. Tu peux venir chez moi après les cours ? »
Sa proposition m'enthousiasme. Je note rapidement une réponse affirmative et lui donne la feuille. Je l'entend qui me murmure « Super » et nous sourions, tous deux avec la hâte d'arriver à la fin des cours.
Les deux au fond, je vous dérange pas ?
Pardon.
Que je ne vous y reprenne pas. Reprenons...
Le prof continue son cours sur New York. Kevin et moi passons les deux heures de cours à prendre des notes dans un silence religieux. La pause matinale arrive enfin. Je sors de la classe avec mon meilleur ami. De retour sous les cloîtres, toutes mes appréhensions me reviennent. Toutes mes autres émotions sont subjuguées par cette sainte horreur qui arrive sur moi. Assis sur un petit muret avec Kevin, voilà qu'arrive Lucie. Lucie et bien évidemment accompagnée de Jeanne. Je détourne le regard. Kevin se lève avant de me lancer un regard inquiet.
Si tu veux Erwan, je peux leur dire qu'on voudrait rester tous les deux...
Son attention me touche. Elle me touche d'autant plus qu'il n'a pas dit « que TU voudrais » mais « qu'ON voudrait ».
Merci mais je vais pas t'empècher de voir ta petite amie. Et puis il va bien falloir que j'affronte la réalité.
Kevin pose sa main sur mon épaule et me gratifie d'un sourire qui illumine son visage. Il retire sa main après quelques secondes. Je sais de par ce geste qu'il me soutient, qu'il est avec moi, de mon côté. Je crois bien que je lui en serai éternellement reconnaissant. Les filles arrivent. Elles sont bientôt sur nous. Je n'ose pas trop lever la tête vers elles mais&Mac183;
Salut Toi !
Lucie embrasse Kevin et Jeanne les regarde avec un léger sourire aux lèvres. Lèvres qui m'avaient tant plu voilà deux mois... Lèvres dont j'avais pris possession. Ces lèvres si douces, si tendres... Et enfin, ces lèvres que je ne désire plus. J'en viens même à me demander comment j'ai pu un jour les vouloir... Lucie me sort de ma rêverie en me poussant un peu :
Youhou !
Je relève la tête et lui souris.
Salut Erwan ! Ben, t'as l'air un peu perdu !
Hello. Un peu perdu dans mes pensées à cause de...
Je parviens à retrouver un semblant de cohésion et m'arrête de parler. J'ai failli dire quelque chose de compromettant pour moi. Je vois Lucie qui fronce les sourcils et je devine sa pensée : elle crois que je parle de Jeanne, qui est juste à ses côtés et qui n'aura pas manqué de lui parler de ma fuite qui a provoqué notre rupture.
Vous avez révisé pour l'interro de chimie les filles ?
Kevin... Que ferais-je sans toi ? Jeanne ouvre la bouche pour la première fois depuis son arrivée :
Bof... Tous ces trucs... Je sais plus comment on calcule une mole et je me rappelle que de la manière de classer les éléments avec K2 L truc etc...
Moi ça va ! J'ai entré toutes les données dans ma calculatrice...
Eclat de rire général. Je vois sur le visage de Lucie qu'elle est satisfaite de l'effet que son intervention a provoqué. La cloche stridente retentit sous les cloîtres. Je ramasse mon sac posé à mes pieds et me lève pour me diriger vers les salles de sciences avec Kevin. Les filles se dépèchent de retourner chercher leur sac un peu plus loin. Je crois que...
Ç'a été ?
Oui. Merci de m'avoir sauvé la mise Kevin.
C'était pas dur !
Nous rions tous les deux en passant dans une petite cour qui donne accès aux salles de sciences. La salle est déjà ouverte. M. Thomas, notre prof de Physique-Chimie est derrière sa longue paillasse et trie des documents. Kevin et moi le saluons à notre passage devant lui et nous asseillons à notre paillasse habituelle, au troisième rang. La salle est faite telle qu'il y a cinq rangées de paillasses qui forment deux colonnes séparées par une allée que notre cher M. Thomas emprunte comme un fossoyeur pour observer nos expériences et dicter son cours. Nous sommes deux élèves par paillasse. Dès que tout le monde est assis, la porte refermée, le prof s'éclaircit la voix et dit :
Bonjour. Alors, vous allez vous séparer chacun à l'extrémité de la paillasse.
Tout le monde bouge. Je me suis mis du côté de l'allée, Kevin près du mur. Devant moi, M. Thomas avait déjà pris le soin de poser quelques ustensiles et autres objets en verre. Il en va de même pour toutes les places près jouxtant l'allée.
Ceux qui sont près du mur et des fenêtres, vous allez faire les exercices de cette feuille pendant une heure. Les autres, vous allez devoir réaliser la synthèse de l'acétate de linalyle. On l'a déjà fait en TP donc ça devrait pas être trop dur sauf sur ceux qui ont passé l'heure à dormir. Vous avez une heure pour faire votre travail. A la deuxième heure, on inverse places et exos.
Il jette un regard appuyé sur quelques personnes, heureusement, je n'en fais pas partie, ni Kevin d'ailleurs. M.Thomas distribue ensuite une feuille pour nous qui allons réaliser l'expérience durant la première heure et une fiche d'exercices pour ceux qui la feront l'heure suivante.
Pour ceux qui font l'expérience, tous les instruments sont sur la paillasse et les composants sur ma paillasse. Allez, c'est parti ! Je veux le silence total bien sûr.
Il tape dans ces mains : Top Départ ! Je me penche sur ma feuille. Je lis rapidement les composants dont je dois disposer pour le début de l'expérience et pars les chercher...
Je me suis pas mal débrouillé !
Moi aussi. Je pense pas avoir moins de dix !
Et c'est parti pour la pire heure de cours qui nous est donnée dans ce lycée. Alors que tous les collégiens partent au self comme des furies affamées, nous, lycéens, allons dans notre cinquième heure de la matinée. Une véritable torture et pas uniquement pour les élèves, nos profs se plaignent également de cette heure que tout le monde appelle « L'Heure de Trop ».
13h ! Nous nous ruons tous vers la sortie. Kevin et moi passons aux casiers déposer nos sacs et descendons au self. Nous mangeons avec plusieurs amis. On rit beaucoup le midi. Si bien que très souvent, on ressort du restaurant scolaire en ayant encore faim. Heureusement, aujourd'hui c'est lundi et nous terminons les cours à trois heures. Plus qu'une heure d'anglais. J'adore notre prof. Jeune et dynamique, Mme Morange est anglaise. Autant dire qu'elle sait de quoi elle parle. Elle nous donne toujours des astuces, des petits mots que ne délivrent pas nos livres. On rit souvent à l'écouter se plaindre de telle ou telle information dans le livre qui lui paraissent incomplètes, fausses ou encore dépassées. Bien qu'elle parle un très bon français, ce n'est pas rare qu'elle nous demande du vocabulaire de notre langue.
L'heure passe, comme toujours, dans la bonne humeur. Je regarde ma montre toutes les deux minutes tant j'ai hâte que ça se termine, tant j'ai hâte d'aller chez Kevin. Mme Morange nous parle d'écologie. Nous convenons de voir le film « Le Jour d'Après » en anglais sous-titré la semaine prochaine. On regarde souvent des films en cours d'anglais. Ensuite, nous prenons toujours deux heures pour débattre dessus, sans aucun mot français bien entendu. J'aime beaucoup ça. Je n'ai jamais aussi bien parlé anglais que depuis que j'ai cette prof.
Même si j'ai apprécié cette heure, je suis trop content qu'elle soit terminée. Kevin pose sa main sur mon avant-bras et me disant :
Allez, suis-moi !
Pendant que tout le monde se rue hors de la classe, je reste tout près de mon meilleur ami. Nous franchissons les grandes portes de bois après toute notre classe. Je pousse un soupir de soulagement : Lucie et Jeanne ne nous ont pas attendues comme elles le font souvent. Je suis Kevin dans les petites rues de cette petite ville puis nous traversons le petit square. De l'autre côté, nous marchons encore quelques minutes en silence. Moi qui, d'ordinaire, n'aime pas du tout le silence, je le trouve là agréable. Peut-être que c'est parce que je sais que dans très peu de temps, je rirai avec Kevin dans sa chambre. Il ouvre la porte d'entrée avec sa clé et, après être entré, m'invite à sa suite. Nous enlevons nos chaussures et grimpons au premier étage. La chambre de mon meilleur ami est juste en face des escaliers. En entrant, je dépose mon sac dans un coin et m'assieds sur le lit. Kevin pousse un râle de soulagement en se laissant tomber sur sa chaise de bureau.
Eh ben ! C'est mieux d'être à la maison !
Nous parlons de cette courte journée de cours rapidement. Puis, on allume la console et jouons à un jeu de combat classique, bête et méchant où le seul but est d'écraser son adversaire à renfort de poings et pieds. Tout en jouant, une conversation qui n'a rien avoir avec le jeu s'installe :
Ça t'ennuie que je sorte avec Lucie ?
Pas du tout. Pourquoi cette question ?
Je sais pas. Mais comme tu as eu des problèmes avec sa copine peut-être que ça t'aurait dérangé que... Purée comment tu m'as fait ce coup là ?
Je rigole. Je viens de mettre K.O. son personnage.
Tu es mon meilleur ami Kevin. Je suis le premier à te soutenir si tu veux sortir avec elle. Je voudrais encore te remercier pour dix heures.
Kevin me bouscule un peu mais c'est assez pour que je m'étale sur le lit.
Je te l'ai déjà dit. C'est normal !
Ok mais merci quand même.
Concentre toi plutôt sur ta défense, je t'en mets plein la vue là !
Comment tu en es arrivé à sortir avec Lucie ?
Dans le jeu, Kevin me dégomme mon perso puis pose sa manette.
D'accord. On va jouer aux Jeu des Questions. Pour te répondre, elle me plaît depuis l'an dernier déjà. Et puis vendredi, je l'ai finalement invitée à m'accompagner au ciné samedi après-midi. Et après le ciné, on s'est embrassés et donc voilà !
Aussi simple que ça ?
Rappelles toi comment tu es sorti avec Jeanne la première fois !
Ce souvenir me fais rire. Ça me semble maintenant si lointain. Si la situation se représentait, il est certain que je n'accepterai pas... Ou du moins c'est ce que je crois...
À toi de me répondre héhéhé...
Kevin s'est assis près de moi sur son lit et s'est mis à caresser son oreiller. Ça me fait sourire parce que j'aime bien le voir comme ça. Il a un regard malicieux et un sourire amusé.
Tu... Peut-être que ça te dérange d'aborder le sujet mais... Depuis quand tu penses que les garçons c'est... mieux ?
C'est marrant, je la sentais venir cette question. Je cherche mes mots en fixant la main de Kevin qui fait un va-et-vient lent sur son oreiller. Comment lui dire ? Comment lui expliquer alors que je n'en suis même pas sûr moi-même ?
Ben... À vrai dire, je sais pas trop. Ça m'est venu comme ça. Les filles ne me faisaient plus d'effets. Et puis quand je pensais au futur, je me voyais aux côtés d'un autre garçon, pas avec une fille. Ça doit faire quelques mois.
Je vois Kevin hocher doucement la tête, les yeux rivés sur moi.
Mais dis moi, toi...
Ses yeux pénètrent les miens.
Ça... te dérange pas que je sois... comme ça ?
Cette fois, c'est lui qui cherche ses mots. Ses yeux ont quitté mon visage et semblent vouloir trouver la réponse à ma question quelque part sur les murs. Finalement, il se rapproche de moi et pose ses mains sur mes épaules.
Il me semble qu'on a déjà abordé le sujet mais... Ecoute Erwan, pour moi, t'as pas changé ! Peut-être un peu plus discret ces temps-ci. Quand tu as découvert que tu étais... heu... gay, et ben, je le savais pas encore. En fait, entre samedi et aujourd'hui, la seule chose qui a changé, c'est le fait que tu m'aies dit que tu aimes les garçons. Mes sentiments pour toi n'ont pas évolués.
Tes sentiments... pour moi ?
Hein ? Ah... heu... non... enfin... je veux dire... Je me suis mal exprimé, pardonne moi. Je veux dire...
Ah, d'accord. Je vois où il veut en venir. Notre conversation d'hier me revient à l'esprit.
Okinawa.
De quoi ?
Ok, ça va. Je comprends ce que tu veux dire. Tu me l'as dit hier. Ne t'inquiètes pas, je me suis pas fait de fausses idées à ton sujet Kevin.
Là, il fait un grand sourire. Je sens qu'il est content que je l'ai arrêté de s'embrouiller. On repart sur une conversation plus classique. Le sujet passe de cette interro de Chimie, au visionnage prochain du film en anglais puis au peu de devoirs que nous avons à faire pour demain, devoirs que nous faisons tous les deux. Nous reprenons ensuite notre jeu vidéo. L'heure tourne et il est bientôt dix neuf heures, l'heure pour moi de rentrer à la maison. Je récupère mes affaires, range le tout dans mon sac et descends mettre mes chaussures. Kevin m'accompagne sur le pas de la porte.
Ses parents ne rentrent qu'après huit heures du soir et il va donc rester seul pendant une heure. Je comprends qu'il veuille souvent que je reste avec lui le soir. Je lui dis au revoir et commence à marcher. Je me retourne et fais un geste à Kevin qui s'apprête à refermer la porte et retourner dans sa chambre. Je marche vite, comme à mon habitude. Aussi, je traverse le square rapidement et arrive devant le lycée. J'emprunte des ruelles qui racourcissent mon chemin. Dix minutes plus tard, me voilà devant chez moi. Jessica est dans le salon, devant la télé avec ma mère. Après leur avoir dit bonjour, je gravis les escaliers et, passant devant le bureau de mon père, qui est sur son ordinateur à jouer sur un Age Of Empire. Je le salue et monte dans ma chambre.
Enfin arrivé, je pose mon sac sous mon bureau. Je m'affale sur ma chaise. Une fois que je l'ai débarrassée de sa house, je prends ma guitare et joue une petite mélodie sur laquelle je commence habituellement mes petites sessions. Je gratte pendant une petite heure avant d'aller prendre une douche. Je me plonge ensuite dans Le Portrait de Dorian Gray en me plongeant dans mon lit. Dans les premières pages, il y a une biographie d'Oscar Wilde, l'auteur du roman. J'apprends qu'il a été longtemps persécuté pour son homosexualité. Je lis le mot « sodomite » et j'avoue que ça me fait rire un moment. J'en ignore la vraie raison mais je crois que c'est la stupidité de l'esprit étroit de ce Marquis de Queensberry. Je ne devrais pas m'étonner car c'était au XIXe siècle.
Je commence la lecture du roman en lui-même. Mais après seulement un chapitre, je sens mes yeux se fermer. Je pose mon livre sur ma table de chevet, éteins la lumière et me prépare à dormir. Les minutes passent. Mes yeux qui se fermaient il y a cinq minutes refusent obstinément de rester clos. Je réalise que je n'ai aucune envie de dormir. J'ai peur de refaire une nuit noire. Mais peut-être que mes rêves ne me conduiront pas à ce que j'ai envie. Est-ce que j'ai... peur de me revoir dans les bras d'un garçon ?
Pourtant c'est stupide, je me suis fait à l'idée que j'aime les garçons ! Ça voudrait dire que je ne suis pas réellement ce que je crois être ? Ouh là, je m'embrouille. Je suis forcément attiré par les garçons. En tous cas, ce ne sont pas les filles qui m'intéressent, sinon je crois bien que j'aurais couché avec Jeanne. Après tout, quand j'y repense, quand j'étais avec elle, sur son lit, j'ai vu un garçon à sa place ! Et donc si je vois un garçon au moment où je vais faire l'amour à une fille, ça veut dire que je préfère les garçons, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.
Je me retourne dans mon lit. Je crève de chaud. Je n'ai qu'une couette et pourtant ! Toute l'agitation présente dans mon esprit me chamboule. Je perds la tête. Je ne peux pas continuer à éviter Jeanne. Kevin sort avec sa meilleure amie, je ne peux pas ne pas la cotoyer ! Mais ce matin, près d'elle, je n'ai pas arrêté de me revoir, fuyant sa chambre, fuyant sa maison, pleurant dans le square... Je m'assois dans mon lit. Mon velux laisse filtrer quelques rayons de lune et je peux distinguer quelques objets de ma chambre. Ma guitare, enveloppée dans sa house, posée contre le mur, près de mon bureau. Mon armoire imposante. Mon bureau sur lequel repose mon ordinateur.
Je secoue la tête et jette un oeil à mon réveil digital. Les chiffres rouges m'indiquent qu'il est tard, très tard, tellement tard qu'il est tôt. 03 : 38 ! C'est impossible ! J'ai éteint ma lampe il y a seulement dix minutes ! Il faut croire que non. Je me laisse tomber sur mon lit. Je repousse mes deux oreillers rectangulaires et m'empare du traversin. Toutes ces images qui me sont revenues cette nuit ont pris tellement d'ampleur que le temps a filé à une vitesse phénoménale. J'ai du mal à croire qu'il est déjà presque quatre heures du matin. C'est vraiment très étrange : la fatigue me gagne maintenant. Je n'essaie pas de lutter et me laisse sombrer. En m'endormant, je laisse tant de questions sans réponses, tant d'énigmes, tant d'images derrière moi.
Demain tout ira mieux. Enfin, je l'espère...
Angelofys
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