L'étoile montante (1)
de Angelofys


Tonnerre d'applaudissments. Je descends de la scène; il faut monstrueusement chaud. Une assistante me tend une bouteille d'eau que je vide à moitié en marcahnt jusqu'à ma loge. Je croise quelques artistes que je salue brièvement. Je pénètre dans ma loge et m'affale sur le siège. Je suis exténué. Ce concert était certes trés bien mais la scène est si petite et les projos si proches rajoutent de la chaleur... l'ambiance était torride : je suis en nage. Je passais en avant-dernier et j'entends la chanson de clôture d'Olivia Ruiz. Je prépare mon départ, range mes affaires dans un petit sac à dos aprés m'être changé et termine la petite bouteille d'eau. Quelqu'un frappe à la porte : le journaliste d'une émission de radio. Je ne me sens pas trop d'attaque pour répondre à ses questions. Aussi je lui demande s'il a vraiment le droit de se trouver dans ce couloir et il disparait aussitôt, un vigile aux trousses.
Ma sortie du bâtiment se passe sans encombres. Je salue quelques personnes avant de monter dans ma voiture. Au volant, un des animateurs du show de ce soir me propose d'aller dîner avec l'équipe qui a tout organisé. Ç'aurait été avec plaisir mais je suis assez fatigué, je vais rentrer chez moi. Il accepte ma décision avec un grand sourire et me souhaite une bonne nuit. Je dois le revoir samedi prochain pour un autre concert. J'ai, si on peut dire, la chance de ne pas avoir beaucoup de renommée. En même temps, ma carrière ne fait que débuter. Sans oublier que les spectateurs sont encore dans la salle, assistant aux derniers accords de la Femme Chocolat. J'arrive rapidement dans mon duplex où je file directement sous la douche. Une eau fraîche me fait un bien fou. Je me laisse ensuite tomber sur mon lit et m'endors quelques secondes plus tard...

Il est environ huit heures et je m'éveille péniblement. J'ai rien de prévu de ma journée. J'attrape mon portable et compose ce numéro que je connais pas cœur ; c'est d'ailleurs le seul dont je n'ai aucun problème à me rappeller. Une voix endormie me répond :
— Ouais ?
— Salut toi !
— Ah mais qui voilé ! Tu as été super hier soir.
— Tu es venu ? Mais pourquoi tu m'as rien dit ? Je t'aurais fait un laisser-passer...
— Je voulais voir comment tu te débrouillais sans savoir que j'étais dans la foule. Mais le laisser-passer, c'est une bonne idée... On peut se voir aujourd'hui ?
— Et comment ! Tu veux qu'on se retrouve quelque part ?
— Ben, perso, j'ai pas trop envie de sortir. ça t'ennuie si je m'invite chez toi ?
— Pas du tout !
— Si j'arrive dans une heure ça te va ?
— Ça me va ! À toute alors !
— Yap.
Je raccroche et regarde autour de moi : j'ai des fringues un peu partout et un petit coup d'aspi ne serait pas du luxe. Il me faut une demie heure pour que mon duplex soit nickel. Je mets le turbo et puis, j'ai l'habitude de garder mon appart propre et rangé. Direction la douche avant de m'habiller trés classiquement : T-shirt blanc et jean. C'est assez prés du corps et ça me plaît. Je mets une fournée de croissants au four quand on sonne à la porte. Je cours presque pour aller ouvrir. La porte s'ouvre et les bras de Théo m'enserrent la taille, ses lévres se joignent aux miennes dans un baiser bien long, comme j'aime. Il referme ensuite la porte derriére lui.
— Voilà, comme ça, personne ne saura que l'étoile montante de la chanson française s'envoie en l'air avec un mec.
— Personne ne nous verra faire.
— Tu veux t'envoyer en l'air ?
— C'est tentant... horriblement tentant...
Je l'embrasse à nouveau.
— Tiens, j'ai supposé que tu n'avais pas mangé alors...
Il me tend un petit sac en papier rempli de pains au chocolat.
— Tu sais que je t'aime Théo ?
— Ouaip ! Et je sais aussi que tu aimes que je t'embrasses comme ça... Pour te dire que j'en sais des choses !
Nous rions en marchant jusque dans ma cuisine. Théo prend une assiette dans un placard et déballe son sachet dedans. Je sors les croissants du four et les pose dans une autre. Connaissant les habitudes matinales de mon petit-ami, je sors aussi un bol que je remplis de lait et que je mets à chauffer. Les yeux de Théo ne me perdent pas une seconde. Enfin, je prends l'élément fondamental du petit déj' : le Nutella ! Quand le lait est prêt, nous commençons à manger, l'un en face de l'autre. Je lui parle de ma folle journée d'hier, du concert puis c'est lui qui me narre sa journée, avec sa vision du concert. Il me pose pas mal de questions sur les artistes présents hier soir. Je lui fais part d'une invitation que j'ai reçue de Ginnie Line, avec qui j'ai sympathisé lors de mon premier concert, il y a deux semaines. En entendant le nom, Théo commence à fredonner le Dilemme des Dix Commandements.
Aprés ce copieux petit déj', nous nous enlaçons sur mon sofa.
— Ta nuit a été courte...
— Moi ? Plus longue que la tienne. Je suis rentré juste aprés mon passage tu es resté jusqu'à la fin du concert et tu habites plus loin que moi de la salle !
— Pourquoi tu cherches toujours la petite bête ?
— Parce que je finis toujours par trouver la grande...
Je prends à nouveau possession de ses lèvres. Je lui demande où il veut en venir avec son histoire de courte nuit. Un sourire malicieux se dessine sur son beau visage. Il se lève, me prend la main et me guide vers ma chambre, à l'étage. Je m'étends sur le lit et Théo se couche sur moi. C'est un bien-étre intense m'envahit lorsque ses mains se glissent sous mon T-shirt et que nos bouches s'unissent à nouveau...

En fin de journée, Théo et moi décidons de sortir nous faire une toile. Il est presque neuf heures lorsque nous arrivons devant son studio. J'accepte de monter un moment et, à peine la porte d'entrée est-elle fermée que mon copain me plaque contre le mur, tendrement mais fermement, et m'embrasse. Il sait que je ne vais pas tarder à rentrer, sachant que je dois aller à un rendez-vous à huit heures tapantes. Quant à moi, je sais que mon job commence à vingt-deux heures et que nous avons peu de temps avant de nous quitter. Un nouvel échange de salive dure plus longtemps : il n'en est que meilleur. La demi-heure qui suit, nous nous câlinons sur son canapé. Il est dix heures moins vingt quand Théo m'annonce qu'il va falloir qu'il se prépare avant d'y aller. C'est à contre-cœur que je consens à le laisser s'éloigner.
— Tu sais Hugo, ça me tue de devoir partir bosser. Surtout dans ce truc infâme. Mais il me reste encore une semaine à tirer avant de pouvoir le lâcher. Si je réussis mes exams de cette semaine, je pourrais enfin avoir un vrai boulot.
— Je sais mon cœur. D'ailleurs, je m'en veux un peu... Tu aurais dû réviser aujourd'hui.
— Je le ferai demain matin. Ce sera tout frais comme ça. Et puis, tu sais que si je révise à l'avance, j'oublie tout et ça m'embrouille.
Il se rassoit sur le canapé et m'embrasse à nouveau.
— Cette journée, je voulais la passer avec toi, pas avec mes cours. En ce moment, je passe plus de temps avec euc qu'avec toi et ça me rend triste. Et puis avec ce qui t'arrive, nos moments ensemble se font rares.
— Ecoute, c'est difficile pour moi aussi. Si je pouvais, tu serais toujours avec moi.
Théo me sourit.
— Aprés mes exams, je te suivrai partout ! Et puis, quitte à devenir spécialiste en marketing, je pourrais devenir le tien, à toi tout seul... Entiérement dévoué à ton auguste personne !
— Ce serait génial ! Mais... moi, auguste personne ?
On éclate de rire tous les deux. Bisous et câlins d'au revoir et me voilà au volant de ma voiture. Une idée est lancée. Qu'est-ce que ça va donner ?



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