L'étoile montante (6)
de Angelofys
J'ai l'esprit encore un peu embrumé. La journée d'hier me revient dans la tête : l'enregistrement, la fête d'anniversaire de Marie, son état d'ébriété marqué, la vaisselle brisée, le repas chez moi, la nuit tranquille avec Théo... Ce doit être la seule chose calme qui m'est arrivée hier. Nous nous sommes couchés et nous sommes endormis directement. La fatigue nous a cassés et j'ai dormi du sommeil du juste. Je me lève doucement, il n'est pas question de réveiller Théo. Je sors de la chambre pour descendre dans la cuisine. Audrey est d'ores et déjà réveillée.
J'arriverai jamais à comprendre comment tu peux être si active après ton réveil...
Hé ! A San Diego, je devais me lever à cinq heures tous les matins et faire plein de trucs à peine levée, alors maintenant, c'est une habitude. Hier j'ai trouvé de quoi faire des pancakes, tu en veux ? J'en ai fait un peu trop...
Vous vous plaisez dans la démesure ma chère. Après les pâtes, les pancakes !
Si monsieur veut bien se donner la peine de poser son séant royal sur son modeste tabouret de cuisine pour savourer les délicieux fruits de ma démesure...
Ça se refuse pas !
Cet excès de langage hautain nous prend souvent à tous les deux. C'est notre petit délire à nous. Ses pancakes sont vraiment bons, recouverts de confitures... miam ! Je jette un coup d'il inquiet à l'heure avant de me rappeler que je n'ai rien de prévu aujourd'hui. Je demande à Audrey ce qu'elle pense faire de sa journée et Théo nous rejoint, les cheveux ébouriffés. Il est mignon comme ça, on dirait un enfant qu'on aurait tiré du lit. Il s'assoit près de moi après m'avoir embrassé et se sert dans le plat rempli des petites crêpes épaisses de notre chère Audrey. Après en avoir fait plus d'une trentaine, elle s'assoit enfin en face de nous et commence à manger. En une bonne demi-heure, il ne reste plus aucun pancakes :
Je suis contente ! Tout ce que je fais part ! Ça doit vouloir dire que je cuisine bien...
... ou alors qu'on est affamés...
Elle me lance un regard noir avant d'éclater de rire.
Non, on va garder l'idée que je fais bien la cuisine. Bon et ben... je pique la douche !
Je reconnais là l'enfant qu'elle a été... et qu'elle est toujours. Théo est penché sur le magazine que feuilletait Audrey hier. Plongé dans sa lecture, il sursaute lorsque je le chatouille aux creux des reins. Il se retourne et m'embrasse en souriant. Je jette un il sur la page qu'il lisait attentivement : il s'agit de celle où il y a une photo de moi avec Audrey. Théo se marre en faisant remarquer qu'il est vrai que ma muse est vraiment belle. Laquelle redescend de la salle de bain et se pavane en nouant ses cheveux. Je la siffle et elle éclate de son rire cristallin.
Bon les mecs ! Je dois passer le week end avec ma sur. Donc Hugo, je rentre vers demain soir d'accord ?
Sans problèmes. Tiens prends ta clé au cas où...
... tu serais de sortie, oui j'ai capté. T'inquiète p'tit Hugo ! J'oublierai pas ce coup-ci. Allez j'y vais !
Après une rapide petite embrassade, elle sort en chantonnant. Théo m'entraîne par la main vers l'escalier, puis vers la salle de bain...
Il est presque onze heures. Il commence doucement à pluvioter. L'hiver est bien arrivé... Je sors de mon duplex et marche rapidement vers ma voiture. Théo me rejoint après avoir fermé ma porte à clé et je démarre. Nous arrivons sans encombre jusqu'à la maison Burnicat. Je me demande ce que fait Marie. L'avoir laissée dans son état hier ne nous rassurait pas mais il est vrai que se faire insulter, ça va bien deux minutes mais c'est très vite pénible. J'entre dans la petite cour de la maison et me gare facilement. Nous entrons ensuite dans l'imposante demeure où règne un silence froid.
Ça pèle ici ! Attends, je reviens...
Pendant que Théo sort de la pièce, je ramasse quelques détritus qui nous ont échappés hier. Ce n'est pas très fatigant et j'ai très rapidement fini. Mon copain réapparaît dans le salon. Quelques minutes plus tard, la chaleur se fraie un chemin dans la maison. Nous décidons de monter voir si Marie va bien. Je frappe doucement... sans réponse. Théo entrouvre timidement la porte. La chambre est vide, le lit défait et les volets ouverts.
J'espère qu'elle est pas sortie beurrée... qu'elle n'a pas fait de connerie...
La lourde porte d'entrée claque dans un bruit assourdissant. Nous descendons tous les deux et trouvons une Marie sur son trente-et-un, les cheveux ondulés tombant sur ses épaules et des lunettes de soleil pas du tout adaptées à la saison ni à la météo. Elle lève les yeux vers nous, en haut des marches et reste interdite.
Qu'est-ce que vous foutez là ?
Et toi, t'étais passée où sapée comme ça ?
J'avais un rendez-vous...
Tu cherches du boulot ?
Nan, je cherche du fric. Et j'ai trouvé un moyen de m'en faire pas mal. Mais arrêtez de me matter comme ça ! Il y a des moments je me demande vraiment si vous êtes homo vous deux... J'vais manger.
Théo se tourne vers moi avec un sourire amusé, m'embrasse et m'entraîne dans sa chambre. On se couche sur le lit et le combat commence. Quelques secondes plus tard, mon copain s'arrête en fixant le mur. Il dépose ses lèvres dans mon cou et m'écarte un peu pour se lever. Je cherche ce qui a pu déranger notre câlin. Je me lève à mon tour et demande ce qu'il se passe. Je n'entends pas la réponse murmurée par Théo et je me rapproche de lui.
De quoi ?
Il manque une photo...
Je me souviens alors qu'il y avait une photo de nous deux. Je suppose qu'il l'a déplacée, peut-être pour la mettre dans son appartement. Théo me répond que non, il l'a laissée sur ce mur.
Tu es sûr ?
Ah certain ! C'est une de mes préférées en plus. Tu te rappelle de laquelle c'est ?
Heu... c'était l'été dernier je crois non ?
Théo et moi avons passé tout cet été là au bord de la mer, dans la maison secondaire de ses parents, près de Cannes. Ça nous avait permis de nous relaxer après quelques examens.
On avait pris plein de photos. Là, j'avais accroché une de nous à notre sortie de l'eau, sur la plage. Avec le soleil couchant derrière. Je la regardais encore hier soir. Elle a pas pu disparaître quand même !
Oui c'est vrai. Et puis, personne n'est venu dans ta chambre pendant la fête de ta sur si ?
Nous voilà de retour chez moi. Je m'interroge sur la photo en question. Enfin, plutôt de sa disparition. Je vois bien que Théo est inquiet également et je cherche quelque chose à faire pour le distraire un peu, histoire de nous changer les idées. Je pense au Jardin des Tuileries mais on en a vite fait le tour et puis le soir, c'est toujours bourré de monde ; il faut attendre des plombes avant de pouvoir s'installer dans les attractions et se frayer un chemin dans la foule est pénible. Je suis Théo dans ma chambre et me blottis contre lui. Le soleil est encore haut dans le ciel et il passe à travers la vitre, illuminant le lit et nos deux corps l'un contre l'autre.
Je me sens trop bien comme ça. Je n'ai aucune envie à ce moment là car j'ai tout ce qu''il me faut, c'est-à-dire Lui. Ma fenêtre légèrement entrouverte laisse passer un mince filet d'air frais qui me fait frissonner. Théo se retourne vers moi et me sourit.
Qu'est-ce qui t'arrives ?
Je me demandais si tu voudrais sortir ce soir
C'est une bonne idée mais on a déjà quelque chose de prévu.
Ah oui ! J'avais complètement oublié ! Théo et moi sommes invités à manger chez Nico Stan. Quand j'ai commencé à écrire les chansons de mon album, Nico a été le premier dans le métier artistique à m'appuyer. Il s'est proposé pour devenir mon agent mais avait décidé de me produire. C'est d'ailleurs grâce à lui que le studio d'enregistrement m'a ouvert ses portes. Je lui dois vraiment beaucoup. Cette histoire de photo m'a totalement obnubilé et j'ai zappé le dîner.
Ecoute, t'en fais pas pour cette photo. J'ai juste dû la déplacer sans faire attention. Tu sais, ça s'peut aussi que ce soit ma mère qui l'ai prise ; elle prend toujours quelques photos quand elle part en voyage.
Je ne sais pas pourquoi j'ai ce mauvais pressentiment au sujet de cette simple photo. Je ne sais pas non plus comment Théo a su que c'est à ça que je pensais. Je n'ai pas le temps de lui demander qu'il m'embrasse.
J'ai quelques problèmes à m'arracher à lui, deux heures plus tard. Il est quasiment six heures et nous avons passé tout l'après-midi dans mon lit. En tenue d'Adam, Théo se glisse doucement hors des draps et entre dans la salle de bains. Je ramasse mon boxer et descends dans la cuisine à la recherche d'une brioche. En remontant, mon copain sort de la salle de bain, tout frais et habillé. Je lui donne un petit pain en l'embrassant et passe à mon tour dans la salle d'eau. C'est moins de dix minutes plus tard que je rejoins Théo dans le salon. On attrape nos vestes et nous descendons à nos voitures. Chacun la sienne car ce soir, Théo ne dormira pas avec moi. Ça m'ennuie du fait que c'est la première nuit où Audrey n'est pas à la maison depuis son retour de San Diego. Mais bon, je n'y peux pas grand-chose
Je me sens un peu seul dans ma voiture mais heureusement, le trajet jusqu'au loft de Nico n'est pas très loin. C'est la première fois que je n'arrive pas en retard à une invitation à dîner depuis un ou deux mois. J'ai donc la réputation de ne pas être vraiment ponctuel. Ce n'est pas une chose très agréable mais il est vrai que mon emploi du temps est plutôt chargé. J'avoue que pour aujourd'hui, ce n'est pas un problème de boulot mais bel et bien un retard sans excuses. Ou plutôt si, il y a une excuse mais je ne pense pas être en mesure de la dispenser à mon hôte : « désolé, Théo et moi avons traîné au lit ».
Quoiqu'il en soit, nous voilà arrivés devant la porte de Nico. Je sais qu'apporter une bouteille de vin n'est pas bien vue d'après les murs qui traduisent que l'invité pense que son hôte n'a rien à boire et donc, apporte de quoi mais je connais les goûts de Nico et je suis quasiment sûr que le vin lui plaira. Théo me rejoint et je frappe à la porte. A peine quelques secondes plus tard, celle-ci s'ouvre sur mon producteur, tout sourire. Nous entrons dans des salutations bruyantes et arrivons dans le living room. J'offre la bouteille et la réaction est telle que je l'avais imaginée.
Hugo, Hugo, Hugo
Je t'aime toi tu sais ? Comment ça se fait que tu tombes toujours dans le mille ?
- Ah
je crois que c'est inné
Un éclat de rire et je regarde autour de moi pour la première fois. Il n'y a que quelques invités. C'est assez surprenant chez un homme qui aime à être entouré par beaucoup de gens. Théo est en pleine conversation avec Nico et je me tourne vers le trio d'invités autour de la table, au centre de la pièce. Je n'en connais qu'un et c'est donc tout naturellement que je vais vers cette personne. Il s'agit de Marc Landry, un journaliste du magazine people Public, dans lequel Audrey m'a montré la photo de nous. J'ai appris à me méfier des journalistes people mais Marc déborde de sympathie et, à plusieurs reprises, a préservé mon image publique.
Lorsqu'il m'aperçoit approcher derrière l'un de ses interlocuteurs, il me gratifie d'un large sourire et me salue copieusement avant de me présenter aux deux autres invités. Le premier est un ingénieur du son anglais nommé Lyle Polio tandis que le second est un autre journaliste people, du magazine Closer, qui a quelques problèmes d'élocution. Je comprends alors la raison pour laquelle il ne montre aucune envie de passer devant l'écran de télévision, à l'inverse de Marc qui ne rêve que de ça.
Journaliste télé offre une multitude de nouvelles occasions dans le métier. Je comprends pas comment tu peux ne pas avoir envie d'un truc pareil !
C
c'est s
c'est simp
simple. J.. jou
journaliste pa
pap
papier donne une
une
une plus g
grande lib
lib
liberté
Ce ne doit pas être simple d'être bègue. La conversation entre les deux journalistes tourne un peu en rond, Nico est Théo sont tous deux pliés de rire et quant à moi, la tournure que prend ma discussion avec Lyle Polio est intéressante. J'apprends qu'il a déjà régi pas mal d'émissions télé et s'est occupé d'un spectacle d'Elie Semoun lors de son passage à l'Olympia. Pour un anglais, il parle la langue sans difficulté et sans accent. Une heure après notre arrivée, Nico nous invite à prendre place autour d'une grande table pour le repas.
Près de deux heures plus tard, nous sommes tous encore autour de la table, dégustant thé ou café. J'ai bien discuté avec Lyle Polio et Marc Landry en ne répondant que brièvement aux questions du second journaliste. Durant tout le repas, celui-ci s'est acharné à m'interroger sur ma musique, mon album et encore sur ma vie privée. Il va sans dire que je l'ai remballé direct. Mais ça m'a mis mal à l'aise et je crois qu'il a pu le remarquer. Il a une façon de s'exprimer très dérangeante et avec son bégaiement, c'est encore pire. Gardant mon calme, je l'ai à chaque fois rembarré doucement en espérant qu'il ne retente pas sa chance une poignée de minutes plus tard. Je sais être sociable et aimable avec mon entourage mais quand on pousse mémé sur la route, on a souvent un remake de « Paf la Vieille » et je n'en suis pas particulièrement fan. Théo a lui aussi subi un interrogatoire de la part du journaliste de Closer et j'ai bien vu que cela l'ennuyait de la même façon. Nico n'a pas semblé le remarquer mais Marc Landry nous a souvent sauvé la mise. Alors que ce fut au tour de Lyle Polio de se faire submerger de questions plus ou moins indiscrètes, Marc m'a confié qu'étant célibataire, le journaliste bègue n'a dans sa vie que son boulot et que c'est la raison pour laquelle il s'y investit corps et âme.
Il est presque onze heures lorsque ce même journaliste quitte l'appartement de Nico avec un regard malicieux et le regard brillant de celui qui a une épiphanie. Je commence à m'inquiéter : se pourrait-il que cet inquisiteur ait une idée de la relation outre professionnelle qui m'unit à Théo ? De son côté, nullement inquiet, mon homme se prépare lui aussi à rentrer chez lui. Après avoir salué chaque invité, puis Nico, il sort sur le palier avec moi, m'embrasse furtivement et nous convenons rapidement de nous retrouver demain à midi dans son studio. Je retourne ensuite près de mon hôte où les trois hommes échangent joyeusement quelques pensées à propos d'une suite de concerts qui vont se produire prochainement, pour les fêtes de Noël. La discussion s'axe ensuite autour de mon album dont la sortie se rapproche. Je reste évasif à ce propos étant donné qu'il reste Marc et que ce dernier est toujours à l'affût d'un scoop. Une idée me vient en parlant de mon album
- Au fait Marc, sais-tu comment la date de sortie a pu paraître dans Public ?
Je vois à son visage qu'il ne s'attendait pas à ça et qu'il est mal à l'aise. Il bredouille une excuse mais je ne saisis aucun mot. A l'instant où je m'apprête à lui dire que la sortie devait rester secrète, c'est Nico qui s'emporte et qui se met à l'engueuler :
- Putain Marc! Comment t'as pu publier cette info ? On en avait parlé en plus ! Je pensais avoir été clair !
Marc commence à bafouiller. Lyle Polio s'écarte lentement. Je tente de calmer le jeu en rassurant Nico sur le fait qu'il n'y a que la date qui était dévoilée et qu'il nous reste encore tout ce qui touche à l'album. Je regarde ensuite le journaliste de Public en lui faisant comprendre qu'il ne saura plus rien en ce qui concerne ce CD. Je jette ensuite un il à l'heure quand je me rends compte qu'il est presque une heure du mat'. Je décide de prendre congé, présente mes excuses à Nico avant de dire au revoir aux trois hommes. En sortant de l'appartement, je réalise qu'il pleut. Je me dépêche de rejoindre ma voiture.
Une dizaine de minutes plus tard, j'entre chez moi, dépose mes clés sur la table de la cuisine et monte dans ma chambre. En voyant le lit défait, je ne peux m'empêcher d'éprouver une certaine tristesse : Théo n'est plus là. D'un autre côté, je me sens un peu ridicule du fait que je le retrouverai dans quelques heures. Mais voilà, je préfèrerais qu'il vive ici, avec moi. On en a déjà parlé à plusieurs reprises et nous avons convenu qu'il serait préférable d'attendre un peu. Je pense que ça se fera après le départ d'Audrey. Après tout, elle ne reste chez moi que deux semaines de plus. Au départ, Théo devait venir habiter ici il y a maintenant deux mois mais suite à un imprévu, nous avons dû repousser.
L'idée est restée en suspens jusqu'à la semaine dernière : on en a reparlé et tout semblait aller pour le mieux. Puis Audrey est rentrée de San Diego et m'a demandé de l'héberger pendant un laps de temps limité. J'ai hésité un peu, c'est normal étant donné que mon copain devait aménager chez moi. Finalement, Théo m'a convaincu de repousser son déménagement après le passage d'Audrey. Elle a pas mal d'affaires et ç'aurait été difficile de tout caser dans mon studio, aussi spacieux soit-il. En fin de compte, nous avons décidé d'attendre que ma meilleure amie s'en aille mais qu'elle pouvait rester chez moi autant de temps qu'il lui faudrait pour se remettre sur pied.
Après une rapide douche, je m'étends sous mes draps, revivant ma journée dans le silence du studio vide. J'ai encore ce mauvais pressentiment vis-à-vis de la photo disparue. Elle n'a pas pu disparaître. Le souvenir de la veille, lors de la fête de Marie, de mon entrée dans la chambre de Théo où il était couché sur son lit me revient. Je revois alors le mur sur lequel étaient affichées toutes ses photos : aucune ne manquait. Mais alors où est passée cette satané photo ? Et si c'était Marie qui l'avait prise ? Mais alors, pourquoi faire ?
Je repasse à ma soirée chez Nico. Seules deux ombres au tableau : la première étant la « trahison » de Marc Landry. En y réfléchissant, ce n'est pas si grave, au contraire. Je pense que ça ne peut que me faire de la publicité. Cette pensée me fait sourire. Je ne cours pas après la renommée, je ne recherche pas la gloire mais il vaut mieux que mon album ne sorte pas dans l'anonymat. Révéler la date de sortie de mon album ne peut qu'attirer le public sur la sortie en elle-même. J'en parlerai à Nico dès demain. La seconde ombre se masse sur ce journaliste bègue du magazine Closer. Ses questions étaient bien trop inquisitrices pour n'être qu'une simple curiosité. Il cherche des infos sur moi à se mettre sous la dent. Seulement, quelque chose m'inquiète : il a aussi interrogé Théo. Dans la soirée, je ne me suis pas posé de questions, il semble normal qu'après n'avoir pas réussi à me soutirer des informations sur mon album ou sur moi tout simplement, il s'attaque à mon agent, la personne la plus proche de moi
Mais maintenant, dans mon lit, la tête reposée, je me demande s'il ne cherchait pas que des éléments nouveaux à propos de moi et mon CD mais aussi à ma vie privée. Et s'il se doutait que Théo et moi sommes ensemble ? Je ne suis pas sûr que la certaine popularité dont je jouis actuellement survive à l'annonce publique de mon homosexualité. La tolérance est encore trop restreinte, ou du moins c'est ce que je crois
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