Le Korrigan (1)
de Angelofys



Le soleil se lève. Un vent frais et léger fait danser les tournesols dans la prairie. Sa valse entraînante transmet une douce mélancolie. Le ciel prend diverses teintes qui expriment tant de sentiments... D'abord rouge sang, versant dans la passion d'un amour fou. Puis dérivant sur la couleur de chair qui précède l'orangé d'un automne calme. S'ensuit l'azur de sérénité qui s'étend sur la voûte encore un peu sombre de la nuit qui s'enfuit. Quoi de mieux que d'observer Aurore laissant sa place à Aube ? Comment trouver lieu plus romantique qu'un champ de tournesols près d'une ribambelle de tulipes bordée de bleuets et des pensées à ses pieds ? Pour éprouver cela, nul besoin d'être fleur bleue.
Cependant, ce cadre a beau être idyllique, d'une imperfectible beauté et romantique à souhait, pour Tomas, il ne représente que les décombres de ce qui aurait pu être une réalité issue d'un rêve. Au loin, les anciens vestiges celtes projettent leurs ombres sur le champ. Le soleil fait son apparition parmi eux, chaque minute un peu plus haut. Retranchant regard et esprit sur les pensées, Tomas pense à la Mort. Pas pour lui, non. Il la redoute trop pour la désirer. On ne peut ressentir que de la crainte pour elle. Des larmes coulent et tachent le sol. Le jeune homme y voit le tableau de cet évènement qui le torture jour après jour. Depuis que c'est arrivé, il n'en dort plus. On lui répète qu'avec le temps, ça passera, que le Temps finit toujours par tout soulager. Tomas n'y croit pas. Sa souffrance est trop récente pour que le Temps n'agisse. Pour lui, le Temps est un sadique qui aime à faire perdurer peine et chagrin avant de les atténuer dans une infinie désobligeance.
La brise matinale ébouriffe ses cheveux. D'aucuns diraient que s'il les a longs, c'est pour se cacher derrière. D'autres diraient que c'est pour mettre en valeur ses grands yeux verts. En fait, Tomas les a longs parce qu'il n'a tout simplement pas le cœur à aller chez le coiffeur. Après tout, c'est légitime. Ça ne fait qu'une semaine que… Les rares fois où il parvient à trouver la quiétude nécessaire pour dormir, il ne rêve que de ce tableau qu'il a lui-même peint. Il l'a achevé la nuit qui a suivi le drame. Seulement, il se demande s'il avait alors vraiment réalisé ce qui était arrivé la veille. Quand elle frappe, la Mort ne prévient pas. Et quand elle survient, il est difficile de l'admettre. Encore moins si elle atteint celui qui peuple notre cœur.
Le soleil est à présent au sommet du cercle de pierres. En son centre, l'autel semble rayonner. Tomas le contemple, toujours admiratif de ce spectacle auquel il a tant de fois assisté. A la différence qu'aujourd'hui, il n'y a personne pour l'apprécier avec lui. C'est la première fois qu'il vient seul depuis près de deux ans. Alors qu'il replonge dans ses songes, une ombre occulte cette lumière un court instant. Cela suffit à réveiller Tomas. Il se relève d'un bond et fixe l'horizon, à la recherche de ce qui trouble le scintillement du piédestal de roc. L'ombre repasse, plus rapidement, comme si elle narguait le jeune homme. Celui-ci enjambe les pensées pour avancer prudemment parmi les tournesols.
Arrivé au milieu du champ, Tomas vérifie que l'ombre continue ses allers-retours. Pris de panique car ce n'est pas le cas, il se met à courir, balayant les fleurs qui lui barrent la route avec ses bras. Et si c'était lui ? C'est sur cette idée folle que Tomas s'est lancé vers l'autel. L'ombre est peut-être sa silhouette et il appelle Tomas à lui.
Augmentant la cadence, le jeune homme parvient rapidement aux menhirs. Là, il cherche l'ombre. Des larmes embuent ses yeux et il doit à plusieurs reprises les essuyer d'un revers de la main. Rien. Il a couru comme un dératé pour rien. Il n'y a personne. Tomas tombe à genoux et maudit son esprit de lui jouer de tels tours. Sa souffrance n'est-elle pas assez présente ? Ses larmes ne tarissent pas et continuent de glisser sur ses joues mal rasées. Les minutes passent et le soleil est maintenant bien au dessus du cercle de pierres.
Alors que ses pleurs disparaissent dans la terre, la brise disparaît à son tour, faisant cesser le ballet de l'herbe. Tomas cligne des yeux, stupéfait par ce brusque changement. Des larmes roulent sur sa peau pour glisser au sol. Là, elles restent à la surface, comme si la terre s'en était déjà suffisamment abreuvée. Les gouttes se figent, bulles parfaites reflétant le scintillement du soleil levant. Ces éclats ne durent qu'un instant car le soleil lui-même est le suivant à subir ces modulations. Tomas lève les yeux pour voir l'éclipse. L'astre est occulté par une sorte de sphère aux contours mal définis et en léger mouvement. Quand elle s'écarte brusquement, le jeune homme est aveuglé, les rayons foudroyant sa rétine. Lorsqu'il redresse la tête, tout est rentré dans l'ordre, si bien qu'il se demande s'il n'a pas tout simplement rêvé. L'ombre qui le frôle le fait frissonner. Non, il ne dort pas. Une fois encore, il se lève d'un bond et cherche la silhouette.
Quelque chose passe entre ses jambes, effleurant ses mollets. Tomas saute sur l'autel et se recroqueville dessus, parcourant les menhirs et le sol des yeux. C'est alors qu'il le voit. Un peu moins d'un mètre, la tête d'un minimoy sur le corps d'un leprechaun, à la différence de griffes au bout des doigts, d'un rictus malveillant et un bonnet de nuit vert assorti aux chausses surmontées d'un pompon jaune. La créature est facilement identifiable et sa tête dodeline pendant que ses yeux, l'un bleu vif, l'autre jaune et torve, fixent le jeune homme apeuré. Bien qu'il n'y ait pas vraiment de quoi être terrifié, croiser un véritable Korrigan n'est pas vraiment un excellent signe et ce qui suit une rencontre avec l'un d'eux marque toujours un être à jamais.
A la fois stupéfait et effrayé, Tomas se relève, pensant qu'heureusement, il n'a rien de valeur sur lui. Si ç'avait été le cas, le Korrigan l'aurait immédiatement senti et aurait fait de jolis dégâts en voulant tout rafler. Une comptine résonne dans le cercle de pierre. Une chanson qui a bercé l'enfance du garçon…

Allez, viens Korrigan rouler dans la poussière,
Tourner dans folle ronde au cœur de la clairière
Sauter et rire un peu dans les chemins de pierres
De roches en récifs pour plonger dans la mer !

Le volume semble soudain augmenter, la mélodie s'accélérer et le monde basculer. Tout stoppe d'un coup et Tomas n'entends plus que le grondement des vagues sur les récifs de la falaise, à deux cent mètres de là. Quelques battements de cils font revenir la réalité. Le Korrigan sourit. Ou du moins, c'est ce qu'il semble faire. D'un mouvement gracieux, la créature s'assoit et sa tête reprend son balancement. Tomas reste interdit. Comment réagir dans une telle situation ? Il ouvre la bouche avant de la refermer précipitamment.
- Tiens, tiens… Un humain qui fait le poisson. Z'avouerez que c'est pas commun…
Un grand sourire balafre le visage du petit personnage tandis que son corps se balance tout entier, comme un bateau sur une mer peu agitée. L'écho de sa voix reste suspendu dans l'air un instant avant d'être balayée par une bourrasque de vent. Le Korrigan avance vers Tomas, son œil jaune fixant ses mains. Il saute avec une souplesse insoupçonnée à ses côtés et lui attrape les doigts. Le jeune homme préfère ne pas résister, qui sait ce que la créature peut lui faire ?
- Tiens, tiens… ça me dit quelque chose tout ça. T'aurais-je déjà vu ? Ou peut-être ais-je déjà croisé… Argh les hommes sont vraiment capables de tout ! s'écrie soudain le Korrigan avec un sourire en coin.
Prenant une bouffée d'oxygène, Tomas tente :
- A propos de… de quoi ?
- Un mâle qui va avec un mâle. Z'avouerez que c'est étrange…
- C… comment…
- Ne te ruine pas à chercher les pourquoi du comment ! Je sais, c'est tout. Tout comme je connaissais Mildred. Comment il va Mildred ?
Le garçon sursaute. Ce nom qu'il connaissait si bien… Des larmes reprennent possession de ses yeux et ruissèlent sur son visage. Il prend sa tête entre ses mains et essaie d'articuler quelque chose.
- Tiens, tiens… J'ignorais qu'un simple nom pouvait appeler des pleurs. Z'avouerez que ça relève du fait divers pour un Ozégan…
Le Korrigan secoue son bonnet ; les mains de Tomas retombent sur ses genoux. Son œil bleu perce le regard du jeune homme, comme s'il fouillait dans son esprit. Après plusieurs minutes, le lutin se redresse et se laisse tomber sur l'autel pour jouer avec les pompons de ses chaussons.
- C'est donc ça. Mildred venait souvent me voir, m'apportant les récits de sa vie et ceux qui en faisaient partie. Son petit étranger avec un nom étrange d'étranger qui vient de bien au-delà de nos contrées, Ronan le mangeur d'esquimau et Tomas le pleurnichard. Apparemment, tu es Tomas.
La créature insiste bien sur les derniers mots avant de regarder la réaction du garçon. Ce dernier essuie ses larmes d'un revers de la main et demande timidement ce qu'il raconte.
- Les humains… toujours à vouloir tout savoir… Je suis Enguerrand l'Ozégan, des gens de l'Autel de l'équinoxe, grand protecteur des Fleurs de l'Astre ! Je sais ce que tu veux maintenant. Tu espères que je te dise comment je connais Mildred. Je ne suis pas très bavard mais je vais faire une exception pour Tomas le pleurnichard. Tel est l'Ozégan, toujours pensant aux autres avant soi-même… Z'avouerez que je suis le Korrigan le plus aimable qui soit ! Bien ! Alors…
» Cela doit faire un petit cycle terrestre aujourd'hui. Une année si vous préférez. Vous les humains avez quand même un vocabulaire étriqué ! Passons ! Je venais me repaître de l'Astre quand un jeune humain se trouvait déjà là. Comme j'ai horreur de bousculer mes habitudes - et tu remarqueras que c'est la seconde exception que je fais avec toi - je lui ai demandé avec toute la courtoisie dont Enguerrand l'Ozégan est capable de laisser cet endroit parfait à son véritable propriétaire. Mais cet humain ne m'a pas obéi, il s'est dirigé vers moi pour entamer une conversation dont je n'avais pas envie, mais après m'avoir offert un bracelet en argent, je ne pouvais me contraindre à le faire déguerpir. Et puis, en le découvrant à travers ses paroles et son esprit, je me suis surpris à l'apprécier. Il est reparti tard ce jour-là. A partir de cette rencontre, il venait tous les sept cycles solaires. Cet humain m'a raconté sa vie et m'a parlé de ses mœurs plus qu'étranges. Je l'ai écouté sans intervenir sauf lorsqu'il me demandait avis et conseils avisés, car qui de mieux qu'un pur Ozégan peut donner d'aussi bonnes directions à suivre ? Il s'est aussi beaucoup intéressé à mon peuple et aux Korrigans. Bien sûr, je ne lui ai rien dit de très important puisqu'un Ozégan doit faire preuve de discrétion et ne jamais trop parler de ses frères.
» Pour revenir à lui, je n'ai pu connaître son nom qu'après plusieurs rencontres. Mildred, quel nom singulier, me semble-t-il tiré d'une quelconque légende inintéressante et grotesque telle que seuls les humains peuvent inventer… Quoiqu'il en soit, il m'a longuement parlé de son environnement qu'il détestait, de ses amis qu'il méprisait et bien sûr de son ami au nom étranger. Parfois même, il ne parlait que de lui et de leur amour idéal, modèle de perfection et patati et patata… Ne crois pas que je ne m'y intéressais pas, au contraire. Je voulais savoir comment cet amour inverti pouvait subsister, non seulement dans le monde mais également dans la société humaine qui critique et jette des pierres sur tout ce qui sors du plus commun.
» Il y a environ vingt cycles solaires, j'ai enfin pu voir qui était celui qui porte ce nom si lointain. Mildred paraissait si heureux de me le montrer que c'en était presque touchant. Enfin bref, je ne voyais pas toujours pas comment une telle relation entre deux humains mâles pouvait exister. D'ailleurs, je pourrais te poser la même question à laquelle Mildred n'a pas répondu : comment faites-vous pour vous reproduire ? Cela ne doit tout simplement pas se produire… Je l'ignore… Après leur départ, je me suis longtemps demandé ce qui pouvait rendre un humain inverti. Ne trouvant pas de réponse à cette question, je suis rentré savourer les plaisirs qu'offre ma demeure et mes épouses. Z'avouerez que nous, fiers Ozégans, ne pourront jamais avoir de telles mœurs ! Peut-être que d'autres Korrigans qui ne méritent pas cette appellation, comme les Kornandons, s'adonnent à ça mais certainement pas nous ! Eux sont la honte des Korrigans, bafouant nos règles et nos traditions, allant jusqu'à tuer des humains ! Ne tremble pas, il n'y en a pas qui ose s'aventurer sur mes terres.
» Enfin, revenons à nos moutons. Z'avouerez que c'est le sujet initial sans lequel je ne serais pas en train de parler plus que de raison et de mon habitude, surtout à un humain, inverti qui plus est. Tu semblais bien tenir à ce Mildred, l'évocation de son nom a fait venir des larmes qui jusque là c'étaient taries. Non, ne prends pas la peine de m'expliquer. Je devine tes pensées. Les humains ont pour la plupart des yeux si expressifs que leur langage en devient inutile. Rien n'est plus facile pour un Korrigan que de lire en eux. D'un simple regard, nous saisissons les moindres choses qui leur traversent l'esprit. Mais je m'égare à nouveau dans les méandres de mon élocution si belle, si Ozégane… Toi. Tu étais donc amoureux de Mildred ? Lui ne m'en a jamais parlé et jamais dans son esprit tu n'es apparu comme un prétendant à la régence de son cœur. Si de l'amour tu éprouvais pour lui, lui ne ressentait rien de tel pour toi. Mes paroles sont sûrement dures pour toi. Je ne peux m'en excuser car je ne te dis que la vérité et si dure soit-elle, jamais la vérité ne doit être pardonnée puisqu'elle n'est pas un péché, ni chez les humains ni chez nous ! Jamais Ozégan n'osera mentir ! Nous sommes les seuls Korrigans à ne dire jamais rien que la vérité. Les Poulpikets ne mentent que par nécessité. Quant aux Kornandons, leur vie est mensonge, l'air qu'ils respirent est mensonge, tout chez eux renie la vérité. Je suis parfois triste d'admettre qu'ils sont eux-aussi des Korrigans. Mais malheureusement, contre cela je ne peux rien.
» Je me remémore une des conversations que j'ai eue avec Mildred en plein hiver. Il m'a parlé de toi toute la durée de sa présence. Il dépeignait un geignard plaintif trop idéaliste pour prendre conscience de la vraie vie et des ses aléas. J'ai senti en lui un réel élan de compassion pour toi. Bien qu'il ne m'ait jamais dit qu'il pouvait avoir une quelconque relation d'ordre sentimentale avec toi, j'ai réussi à le percer à jour. Il m'a seulement dit qu'il te fallait bien quelqu'un sinon tu sombrerais. Z'avouerez que ce n'est pas vraiment une raison pour jouer la comédie, mentir à un semblable ! Foi d'Enguerrand, ce comportement est tout à fait abject ! Malgré cela, Mildred paraissait si persuadé que ses actes étaient justes qu'il refusait d'entendre tout ce qui allait contre son idée. Pour lui, il n'y avait que son ami au nom étranger. Apprendre que cet humain, le premier avec qui j'ai parlé depuis des vies et des vies humaines, soit mort m'attriste sincèrement. Les circonstances qui l'ont dirigé vers les contrées verdoyantes de l'inexistence sont d'autant plus tristes ! Voyez comme vos machines sont dévastatrices ! Vous, humains, désirez toujours créer davantage pour maîtriser ce qui ne peut l'être. Il est des choses qui vous sont refusées. Acceptez-le. Au lieu de cela, voilà ce qu'il arrive ! Mildred m'avait déjà parlé de sa mort. Il la voyait comme lointaine, au bord de la mer, près de l'homme qui comblait son cœur. Et finalement, son souhait s'est-il réalisé ? Lointaine, elle n'était qu'à quelques dizaines de cycles solaires. Au bord de la mer, c'est réussi puisque, quittant vos chemins noirs et pestilentiels, il a sombré dedans. La seule chose qui n'était pas comme il espérait était qu'il ait terminé sa vie seul, dans sa carlingue d'acier…

Le lutin soupire. Fatigué d'avoir autant parlé, il sort une flasque recouverte de cuir tanné de son bonnet et avale son contenu d'un trait. Les larmes de Tomas continuent de fendre son visage. Le soleil, désormais haut dans le ciel, fait scintiller ces perles lacrymales et chauffe lentement l'autel. Tomas secoue la tête pour chasser ses cheveux qui se collent à ses joues humides. Il se lève doucement et marche quelques pas vers le parterre de tulipes qu'il semble avoir quitté il y a maintenant de longues heures.
- Va Tomas. Rien n'est meilleur que le repos pour apporter le conseil. Et rien ne vaut une tête reposée pour penser. Je t'attendrai ici dans trois cycles solaires. Rejoins-moi. Il me tarde de parler avec toi de nouvelles choses.
Sans s'arrêter ni se retourner, le jeune homme continue de marcher. Il n'entend pas réellement ce que lui dit de Korrigan. Il ne cesse de se repasser la longue tirade qui lui a été servie. Alors Mildred ne l'a jamais aimé ? Durant tout ce temps, ses absences étaient seulement justifiées par la présence d'un autre homme qu'il aimait et non par son travail ? Combien de fois Tomas avait attendu Mildred alors que celui-ci devait profiter de son véritable copain ? Ses larmes sont dédoublées et il se met à courir à travers les tournesols pour rentrer chez lui et laisser s'écouler toute son chagrin dans son lit. Le ciel est bleu, dénué de tout nuage. C'est une belle journée qui est annoncée. Les fleurs ont l'air de chahuter sous les caresses du vent marin. Le bruit du froissement des vêtements du garçon contre leurs feuilles donne l'impression qu'elles échangent potins mais aussi messes basses. Si elles pouvaient, quelles choses incroyables pourraient-elles raconter ? Perdu dans les tréfonds de ses pensées, Tomas est déjà arrivé au niveau des tulipes par-dessus lesquelles il saute. Toujours plus vite, il court la petite côte qui descend vers le village.
Dans sa course, Tomas ne s'est pas retourné pour apercevoir, derrière lui, toujours assis sur l'autel du cercle de pierres, Enguerrand le Korrigan s'évanouir dans une bourrasque de vent iodé, un sourire aux lèvres…

À suivre

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