Métaphoriquement
de Erwan


Ma vie n'est que nuit noire forte de souffrances, de fautes, d'erreurs et de fausses joies inutiles. Lui, c'est la Lumière. Comme une pleine lune dans cette nuit qu'est ma vie. Mais c'est l'Aurore, et ma Lumière réconfortante et aimante s'enfuit avec les étoiles, me laissant seul, en proie à la lumière calcinante du Soleil qui veut me voir disparaître sous ses rayons.
Il me fait voir tel que je suis : un bon à rien fainéant qui à l'impudence de croire qu'il a droit au bonheur, droit à l'Amour. Le jour est cruel et sa durée mortelle.
Je cherche l'Ombre, je ne trouve que décombres d'une vie gâchée par d'innombrables actes stupides qui ont fait de ma vie ce qu'elle est. Je me laisse à vider mon corps, le purger de toutes les larmes qu'il contient.
Le crépuscule tombe. Ma Lumière réapparaît. C'est la nuit maintenant, et tout mon chagrin s'envole. Mon cœur revit, mais mon âme a brulé, torturée par les rayons de vérité du Soleil. J'ai eu l'audace de t'aimer, le Soleil me l'a fait payer.

Je viens de décrire ma vie comme une nuit étoilée avec Toi, haut dans le ciel. Seulement, nuit après nuit, tu disparais peu à peu. La nuit calme laisse place à une nuit orageuse. Les étoiles se trouvent cachées par d'effroyables nuages menaçants. Tes doux rayons sont masqués par de terribles vagues de brouillard qui m'entourent. Ces moments avec Toi étaient les meilleurs moments de ma vie. Mais je crois que ces moments appartiennent maintenant au passé.
La nuit s'épaissit, s'obscurcit. Sans ta Lumière et tes bienfaits, je sombre peu à peu dans la folie. C'est dans un éclair de lucidité que j'écris ces mots. Oui je t'aime. Et tu le sais. Seulement, je t'aime à la folie. Et maintenant que je ne te vois plus, un raz de marée m'ensevelit. Je perds tout : mon âme déjà brûlée par un Soleil cruel, mon cœur que je t'ai offert et mon esprit qui est emporté par un océan déchaîné de doutes et de peur.
Il ne me reste que ma mémoire, le plus cruel est que je me rappelle de toute ma vie, surtout de Toi, qui a éclipsé tout le reste. Tu étais celui pour qui j'aurais tout quitt_ si tu me l'avais demandé. Je suis fou de Toi. Mais tu t'en vas. Tu te soustrais à ma vue, à mes bras. Je n'en peux plus. Je ne plus rien supporter, ton absence me tue. Mes souvenirs s'effacent à leur tour. C'est la fin pour moi.

Et si jamais un acte II se jouait ? A nouveau seul et désemparé, ployant sous les rayons brûlants, courbant l'échine sous ce vent meurtrier s'abattant sur mon âme tourmentée. L'éclat de la Lune me conserve, celui du Soleil me révèle. Et cette délivrance de mon vrai visage, jusqu'alors dissimulé sous le masque d'une joie et d'une paix factices, s'avère terriblement lourde et assassine.
A son zenith, l'astre solaire jouit d'une parfaite et indéfectible puissance sur le murmure qu'est devenu ce qui reste de mon esprit. Je n'ai plus la force de lutter. Tout ce qui a pu m'être donné m'a été sauvagement et ardement retiré. La chaleur suffocante me détruit et le souffle brisant anéantit toute ma vie.
Que motive les éléments à vouloir me réduire au néant le plus total ? Je rêve de quelque onde rassurant pour apaiser mon être calciné, du retour de la Lune tant adorée ainsi que l'obscurité qui recolle les morceaux de ce masque si longtemps confectionné et toujours amélioré, façonné pour me faire résister à l'assaut si redouté d'un Soleil veillant à ravager sans pitié ma pauvre âme trop souvent torturée...
Erwan
(Janvier 2007)

Voilà, je voudrais juste préciser que j'ai mis un temps fou pour me décider à faire partager ce texte. Il contient tout ce que contenait mon coeur. J'ai l'impression que j'ai écrit ça il y a si longtemps alors que ce n'était que l'an dernier. On peut dire que j'ai parcouru un sacré chemin depuis. Je signe ce texte de mon prénom, et pas de mon pseudo. La raison est toute simple, j'ai écrit ça avant d'envoyer mon premier texte sur ce site, je n'avais pas encore ce pseudo. De plus, j'ai choisi la police qui se rapproche le plus de mon écriture. A dire vrai, c'est exactement comme ça que j'écris. ça donne plus d'authenticité, je trouve. Je me suis fait violence pour ne pas retoucher ce présent texte, après m'être déterminé à le partager ici. Après tout, pour que nos démons disparaissent, il faut tôt ou tard les affronter. Et quel pire démon que notre premier Amour ?

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