Journal intime 2
de Antinoüs

De retour de l'écrit de Français. Le zombie fait référence au texte de Marguerite Duras intitulé "La Douleur". 

" Mais, ce retour n'a pas été aussi calme qu'à l'habitude. Je n'en peux plus. Chaque jour de ma vie, je meurs. Peu à peu, c'est moi le zombie. Je joue à un jeu qui me nuit. Je ne vis pas, je me cache. Mais, que pourrais-je faire d'autre ? Ce qui ne me pousse pas au suicide, c'est l'amour de la vie. Elle m'en a fait voir de toutes les couleurs et pas les plus belles. Mais, je me dis qu'un jour, j'aurai ma chance comme tout le monde. Mais je fatigue. Espérons qu'elle n'arrivera pas trop tard. "

" Merde ! Je n'en peux plus ! Je savais mes parents peut-être réticents à l'homosexualité, mais là, ça dépasse l'inconcevable. Je pensais mes parents comme des personnes ouvertes et tolérantes. J'en peux plus de cet aveuglement permanent. Je ne peux même plus penser par moi-même. Je me souviens de ce jour où, chez des amis, en promenade, j'avais mis une grosse marguerite à l'oreille gauche. Notre ami avait dit : "Oh ! C'est pour toi que je dis ça parce que…". J'avais pas trop compris. J'avais donc demandé à mère : "Qu'est-ce qu'il y a ?". Et, elle avait répondu que ça faisait "zoulou". "C'est quoi ?", question gamine, mais qui a tout son intérêt lors d'une incompréhension totale. Ma mère me répondit de façon presque inaudible le mot de "tapette". Elle avait chuchoté ce terme comme si c'était une honte d'en être, comme si les homosexuel(le)s étaient des pestiférés que l'on devait cacher pour ne pas choquer dans la bonne conscience des enfants. 

J'aurais voulu lui crier : "Mais Maman, je suis homosexuel ! Ton fils chéri est une tapette !". Mais j'étais choqué, si choqué que je ne sais même plus ce qui s'est passé après. 

Depuis ce jour, j'ai remarqué qu'à chaque fois que je parle d'homosexualité (j'essaie de préparer le terrain) ou qu'une émission aborde le sujet, ma mère se défile. Mon père, de son côté, ne réagit pas. Comprend-il ce qui se passe ? J'ai honte. J'ai aussi de plus en plus peur de leur réaction lorsqu'ils découvriront mon homosexualité. Je sais que les parents idéalisent l'avenir de leurs enfants, mais je viens de découvrir que les enfants eux aussi peuvent tomber de très haut en découvrant le véritable visage des personnes qui les ont élevées. "

" Je vis avec ce désir de vivre pleinement mon orientation sexuelle en ne sachant pas trop sur quel chemin me diriger. J'ai besoin de temps pour trouver. Trouver la chance d'être heureux. Je désire être moi. Je ne veux plus subir les préjugés et les caprices des hétéros. Je suis gay. Je ne vois pas en quoi je suis moins important qu'un hétéro ? Je respire, je pense, je vis, je souffre tout comme les hétérosexuel(le)s. Ce qui me différencie d'un garçon "straight", c'est le sexe de la personne à qui appartiendra mon cœur. Mais le sentiment amoureux est le même, il provient du même endroit. Simplement, c'est dans les bras d'un autre homme que je me sens MOI. "

Antinoüs

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