![]() Apparences trompeuses (4) Complètement paumé, je hoche la tête. Il s'en va sur un dernier sourire. Pourquoi je ne l'ai pas retenu ? Parce que je ne comprends plus rien. Pour essayer de faire le point, je passe l'après midi à faire la vaisselle, ranger et nettoyer l'appartement. En vain. Je ne comprends ni son comportement, si ce départ soudain, ni ce revirement de situation. Le temps s'étire et semble s'allonger à l'infini avant que Sevastian ne sonne à ma porte le dimanche après midi. Salut. Il a l'air aussi désemparé que moi en me saluant, et me regarde interrogateur. Je prends l'initiative et l'embrasse rapidement. Je sens son soulagement, et il répond à baiser passionnément. Après ce long moment d'extase, nous nous écartons l'un de l'autre et explosons de rire. Il dit : Il va falloir qu'on discute, tous les deux. Tu crois ? Je fais couler le café pendant qu'il s'assied à la table de la cuisine. Je suis désolé d'être parti si rapidement hier. J'avais un rendez vous. Je n'ai pas arrêté de cogiter depuis. Excuse-moi. J'ai peur de ce qu'il va se passer. Comment ça ? Je n'ai jamais ressenti des sentiments aussi forts en si peu de temps. Si ça peut te rassurer, moi non plus. J'ai peur que ce soit aussi fort que rapide. J'ai peur que tu te lasses de moi. J'ai peur qu'après quelques temps, tu te rendes compte que tu t'es trompé à mon sujet. Pourquoi tu dis ça ? Parce qu'au final, tu me connais à peine. Si je me montrais sous un jour que tu détestes ? De quoi tu parles ? De rien de précis, mais tu n'aimes qu'une facette de moi. Et l'autre ? Quelle autre ? Le gars qui manque de confiance en lui. Le gars amoureux. Le gars impatient. Sevastian, tu ne me connais pas beaucoup non plus. Qu'est ce qui te fait croire que je ne suis pas pareil ? Ou que je n'aimerais pas cette partie de toi ? Il me lance un regard qui exprime tout son désarroi. Avec un sourire qui se veut rassurant, je poursuis : N'aie pas peur du futur, profite du moment présent. Facile à dire. On dirait que tu n'as pas peur de cette relation. Si, mais pas pour les mêmes raisons. Etre amoureux, c'est être vulnérable. C'est ne plus agir selon ses envies mais en fonction des envies de l'autre. C'est ne plus être indépendant. C'est accepter que l'autre prenne en partie le contrôle. Et après des années de célibat, j'ai peur de ça. Parce que tu es amoureux ? Son sourire béat me fait exploser de rire. Aurais-je omis de te le dire ? Il me semble. En tout cas, je n'en ai pas le souvenir. Maintenant que nous avons fait le tour des aspects négatifs de notre relation, on peut aller s'asseoir sur le café et profiter de l'excellent café que j'ai préparé avec amour ? Dis comme ça, je vois mal comment je pourrais refuser. Nous nous rendons dans le salon. Instinctivement, nos corps se rapprochent. Il regarde le mur d'en face et murmure : Je suis désolé de t'avoir montrer que mes peurs. Je suis tombé amoureux de toi dès le premier jour. Dès que j'ai franchi les portes de ton bureau. Cet homme au visage fermé, agressif, bourru m'a intimidé. Mais je pouvais lire dans tes yeux noirs une infinie détresse. Ton beau visage carré, durci par la colère, avait un charme indéniable. Et puis, j'ai découvert un excellent flic, si semblable à moi dans sa difficulté à entretenir des rapports sociaux. Chaque jour, malgré mes peurs, je t'aimais un peu plus. Tu parles au passé ? Chaque jour, je t'aime un peu plus. Tu as l'air si fort, si sur de toi. Et pourtant, je devine une fragilité, une sensibilité qui me bouleverse. Ses lèvres cherchent les miennes. Le baiser d'abord timide devient passionné. Ses mains parcourent mon corps, déclenchant de délicieux frissons. La nuit est tombée depuis longtemps lorsque nous émergeons de notre bulle de bien-être. On se sépare sur un dernier baiser. Je le regarde s'éloigner, sombre silhouette disparaissant dans la rue chichement éclairée. Un sourire est plaqué sur mon visage : j'avais déjà couché avec des hommes, mais rien de comparable aux douces caresses qu'il m'a prodigué. Ses mots d'amour qu'il a murmuré à mon oreille m'ont ravi. Il a réussi à apaiser mes craintes en me confiant les siennes, en me montrant son affection. Je suis heureux ce soir, je me surprends à chantonner. Je n'aurais jamais cru possible qu'il partage mes sentiments, qu'il ait envie de moi comme j'ai envie de lui. Je sens encore son parfum sur ma peau, il me manque déjà. Je prends mon réveil de vitesse et bondis hors de mon lit. Ce matin, les préparatifs pour aller travailler ont un goût particulier. Je sais que dans quelques minutes, je serais près de lui, je pourrais peut-être même l'embrasser. Lorsque j'arrive au commissariat, avec le sourire, les collègues se retournent sur mon passage. Il faut avouer qu'ils m'ont rarement vu sourire. Sevastian est déjà là, installé derrière son bureau. C'est tout son visage qui s'illumine lorsqu'il me voit passer la porte. Il se lève, hésitant. Je reste contre la porte, il me rejoint et vient m'embrasser. Tu m'as manqué Rafaïl. Rien de ce qu'il aurait pu dire ne pouvait me rendre plus heureux. Moi aussi. J'aime effleurer ta peau, embrasser ton cou. Sentir ton parfum et goûter tes lèvres. Alors fais-toi plaisir. Tu me rendras heureux par la même occasion. Nous échangeons un sourire, un regard un peu provocateur. Nos lèvres se soudent, je m'envole. La sonnerie du téléphone interrompt nos jeux. J'embrasse une dernière fois Sevastian avant de lui annoncer : C'était le Capitaine, il veut nous voir dans son bureau. A peine avons nous franchi la porte de son bureau que je lis de la suspicion dans son regard. Nos visages rayonnants peut-être ? Bonjour Rafaïl, bonjour Sevastian. Vous avez passé un bon week-end ? Excellent. Nous répondons d'une seule voix, ce qui intrigue encore plus le Capitaine. Mais il poursuit : Nous avons reçu un appel ce matin d'un homme qui nous signalait l'entrée par effraction d'un individu dans son domicile. La conversation téléphonique a été brusquement interrompue. Depuis, l'opératrice a tenté de le rappeler trois fois, en vain. Allez faire un tour là bas. Mais Capitaine... Pas de mais. Toutes les patrouilles sont en service. Et s'il s'avère que c'est plus grave qu'il n'y paraît, je veux avoir de bons éléments sur place. C'est ce que te dis ton instinct Capitaine ? Oui. Alors allez-y. Tout de suite Capitaine. Non, Rafaïl, tu restes un peu. Sevastian sort du bureau, et le Capitaine entre dans le vif du sujet : C'est quoi ce sourire idiot collé sur vos visages ? On se racontait nos week-ends. Et c'est ça qui te met en joie ? Ben oui. Me prends pas pour un con Rafaïl. Ça fait des mois que je ne t'ai pas vu sourire. Tu as rencontré quelqu'un, c'est ça ? Je sens mon visage s'empourprer. J'aimerais pouvoir lui dire la vérité, mais les relations entre coéquipiers sont formellement interdites. Et connaissant le Capitaine, il ne me lâchera pas tant que je ne lui aurais pas donné une explication plausible. Nous sommes allés boire un verre ensemble vendredi soir. Et nous avons rencontré deux femmes magnifiques. La raison de notre béatitude certainement. Il ne semble pas convaincu, mais au moins, il ne pose plus de questions. Il me signe d'y aller. Lorsque nous arrivons en bas de l'immeuble indiqué par le Capitaine, tout semble particulièrement calme. Nous trouvons l'appartement en question, sonnons. Un homme assez quelconque, la trentaine, vient nous ouvrir la porte : Pédro Torres ? Oui. Police nationale. Vous nous avez appelé ce matin. En effet oui. J'ai entendu un bruit bizarre, j'ai cru que quelqu'un était rentré chez moi. Mais ? Il n'y avait personne. Pourquoi la communication a-t-elle été coupée ? Mon téléphone est tombé en panne. Il ne marche plus depuis. Evidemment, son explication se tient : c'est pour ça qu'il n'a pas répondu aux appels suivants. Sevastian prend la parole : Vous permettez que nous jetions un coup d'il ? L'homme marque une légère hésitation avant de s'effacer pour nous laisser entrer. Nous pénétrons dans un salon aux murs blancs, un canapé contre un mur, un ordinateur à côté. Nous parcourons rapidement la pièce. Sur un meuble, une photo : un homme aux cheveux poivre et sel, se tient devant le Grand Canyon. Son visage souriant inspire la sympathie, la confiance. Je demande : Vous connaissez les Etats-Unis ? Non, pas du tout. Qui est cet homme alors ? Nouvelle hésitation. Mon oncle. Alors que nous parlons, Sevastian poursuit son exploration. Il remarque : Vous avez laissez refroidir votre café. Mon café ? Il se reprend immédiatement après : Ah oui ! Je suis un peu perturbé, entre ma frayeur du matin, mon téléphone qui ne fonctionne plus. D'où viennent tous ces livres ? Je suis éditeur. Ah oui ? Oui oui. Il ne s'étend pas sur le sujet, à croire qu'il veut se débarrasser de nous rapidement. Sevastian poursuit sur un ton neutre : Bon, tout semble en ordre. Nous avons juste besoin de vos papiers d'identité pour remplir notre rapport, et nous vous laisserons tranquille. L'homme semble soudain mal à l'aise. Quels papiers vous faut-il ? Carte d'identité. L'homme se met à chercher dans ses poches, un peu trop nerveux à mon avis, puis s'excuse : Je ne sais pas où je les ai mis. Il reste immobile au milieu du salon, cherchant du regard l'endroit où pourraient être ses papiers d'identité. Nous attendons patiemment, il semble de plus en plus mal à l'aise. Que se passe-t-il Monsieur Torres ? Avant que l'homme n'ait pu répondre, une voix nous fige : Les mains en l'air, les flics, et ne bougez plus. Je vois du coin de l'il un deuxième homme, armé, qui braque son flingue sur nous. Les battements de mon cur d'accélèrent quand je lis une détermination sans faille dans son regard. Pédro Torres reste un instant stupéfait avant de s'emporter : Putain, mais ce que tu fous ? Je t'avais dit de rester planqué et d'attendre qu'ils partent Léo !!! J'allais m'en débarrasser ! Biens sur que non ! Tu allais trouver quelle excuse pour la carte d'identité ?? Tu me fais chier ! On va faire quoi maintenant ? Un otage, ça ne suffisait pas ? Ils allaient t'embarquer Sylvain !! Le Sylvain en question tourne en rond dans le salon, jurant sans fin. Léo nous vise toujours de son arme. Nous échangeons un regard rapide avec Sevastian. Je dis d'une voix calme : Que se passe-t-il ici ? Léo, surveille les bien. Je vais chercher de la corde. On les attache, on termine avec l'autre et on se barre. Maintenant qu'ils ont vus nos visages et qu'ils connaissent nos prénoms... Fallait réfléchir avant de les menacer, abruti. Alors que Sylvain quitte le salon, nous tentons de convaincre Léo : Vous êtes en train d'aggraver votre cas. Que voulez-vous à ce Pédro Torres ? C'est un éditeur, donc, il est plein aux as. On lui prend son fric et on s'en va. S'il a de l'argent, il le met à la banque. Je doute fort qu'il planque des billets de 500€ dans ses caleçons. Et s'il était si riche que ça, il louerait un local pour entreposer ses livres, au lieu d'en faire de la décoration. Sylvain dit qu'un éditeur gay, c'est forcément riche. Simple coïncidence ? Vous croyez que retenir trois personnes en otages, dont deux flics, ça vaut les quelques malheureux euros que vous allez récupérer ? Sylvain revient, l'empêchant de répondre. Menacés par une arme, nous ne jouons pas les héros et nous laissons lier les mains dans le dos. Sylvain récupère nos armes et nous conduit dans la chambre. Menotté au radiateur, l'homme de la photo nous regarde entrer, l'air résigné. Son visage est terni par la fatigue et la peur. C'est donc lui, Pédro Torres. Dans la chambre, des livres, encore des livres de partout. Sylvain nous fait asseoir sur deux chaises disposées dossier contre dossier. Il nous attache solidement les chevilles, et le torse à la chaise. Puis il attache mon poignet droit à celui de Sevastian, et fait de même pour le poignet gauche. Il regarde son travail d'un air satisfait. Il peut l'être, nous sommes incapables de nous détacher. Puis, il se dirige vers Pédro Torres : J'espère que tu es content de toi, nous avons fouillé tous les pots à farine, sucre et autres conneries, comme tu nous l'as indiqué, et rien. Nous avons fouillé ton meuble d'ordinateur, et rien. Alors, maintenant tu arrêtes de te foutre de notre gueule et tu nous dis où tu planques ton fric. Sinon... Sa menace reste muette un instant. Je peux observer le visage de Pédro Torres, il est impassible et semble ignorer la menace. Pourtant, Sylvain poursuit : Je te casse ta jolie petite gueule, on verra si tu résistes encore. Son sourire est mauvais, je devine le mal en lui. Il dit : Je te laisse réfléchir un moment, on va manger un morceau. C'est dommage, tu dois avoir faim et soif toi aussi. Enfin, tu serais coopératif, tu n'aurais pas ce genre de problèmes. Il nous laisse tous les trois seuls dans la pièce. On ne peut pas se libérer, malgré nos efforts. Sevastian murmure : _Ce con ne nous a même pas bâillonné. Je souris et serre ses mains dans les miennes. C'est con, mais la situation me semble un peu moins désespérée en sentant sa peau contre la mienne. Je dis à Pédro Torres : Bon, je sais que ça a l'air mal parti comme ça, mais nous sommes venus vous aider. Nous allons bien trouver une solution. Il trouve la force de sourire et répond : Je n'en doute pas. La question est de savoir quand. Je ne pourrais pas leur mentir encore longtemps, ils ne semblent pas vouloir comprendre qu'il n'y a pas d'argent chez moi. Et que toute fouille est vaine. Ca va faire deux heures qu'ils vous retiennent en otage, c'est ça ? Oui. J'avais entendu un bruit venant du salon. Et quand j'ai compris qu'ils étaient rentrés par effraction chez moi, j'ai téléphoné à la police. Mais ils m'ont entendu, et ont jeté le téléphone contre le mur. J'espérais bien que la personne qui a pris en charge mon appel donnerait l'alerte, même si je dois avouer que j'espérais une aide plus... efficace. Nous pensions qu'il n'y avait qu'une personne, nous ne nous sommes pas méfiés. C'était évidemment une erreur. Mais nous devons nous concentrer sur ce qu'il va se passer maintenant. Nous devons leur faire perdre leur temps, sans pour autant qu'ils s'énervent. Ca risque d'être compliqué, mais ils ne semblent pas si doués que ça. Sevastian prend la parole : On s'est quand même fait avoir comme des bleus. Arrêtes un peu de râler, ce qui est fait est fait. Trouve plutôt une solution. Pédro observe nos mains enlacées, il semble avoir perçu que mon timbre de voix se fait plus doux quand je parle à Sevastian car son sourire est franc cette fois. Il dit : J'ai réussi à cacher dans la poche de mon pantalon un petit couteau. Mais il n'est pas franchement efficace sur ces menottes. Par contre, vous, avec ces cordes, vous pourrez peut-être en faire quelque chose. Mais il faut pouvoir nous le donner sans qu'ils le remarquent. Lorsqu'ils reviendront, je leur dirai que l'argent est dans le salon. Je ferai semblant de tomber, et je vous le donnerai. Ce sera à vous de jouer après. Sevastian répond : Vous prenez beaucoup trop de risques. Ils vont se rendre compte qu'il n'y a pas un euro dans cet appartement et ils vont se venger sur vous. Et si nous n'avons pas le temps de défaire nos liens, nous sommes foutus. Il faudrait qu'on puisse gagner du temps... Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que j'entends la porte s'ouvrir. Les deux complices sont déjà de retour. Je tente : Ecoutez, il n'y a pas d'argent dans cet appartement, votre situation empire chaque minute qui passe. Nos collègues savent que nous sommes venus faire une visite de contrôle, ils vont appeler des renforts en ne nous voyant pas revenir. Vous vous rendez compte que vous retenez trois personnes en otage, dont deux flics ? Nous sommes ici pour l'argent, nous ne repartirons pas sans. Puisque je vous dis qu'il n'y a pas d'argent ici ! Léo s'énerve et enserre violemment mon cou : Ferme la. Tu ne vois pas qu'il nous ment depuis le début. Il est riche, ça se voit. Je lutte contre l'étranglement, des points noirs dansent devant mes yeux. La bouche grande ouverte, je tente de prendre un peu de cet air qui me manque si cruellement. J'ai beau essayer de me débattre, je ne fais que me blesser les poignets. Je sens mes muscles se relâcher, en manque d'oxygène. Sylvain intervient : Lâche-le Léo ! Par miracle, l'autre obtempère. La pression disparaît et l'air se fraye douloureusement un chemin dans ma gorge meurtrie. Je reprends mon souffle doucement, et je réalise alors l'incroyable force avec laquelle Sevastian serre mes mains, comme s'il voulait me transmettre son énergie. Le regard de Pédro Torres a changé, il comprend que ces deux preneurs d'otage peuvent aller très loin pour obtenir cet argent qui n'existe que dans leur imagination. Léo se désintéresse de moi et se tourne vers Pédro. J'espère que tu as bien réfléchi, et que tu vas nous dire ou tu planques ton fric. Malgré la peur que je lis dans ses yeux, il répond : Je suis un éditeur, je ne le nie pas. Mais je travaille quasiment seul, je fais moi-même les livraisons avec mon sac à dos, j'entrepose mes stocks dans mon appartement. J'ai 30€ dans mon portefeuille, et je vous assure que c'est tout ce qu'il y a dans l'appartement ! N'essaie pas de nous faire pleurer ! Léo s'énerve et frappe violemment le mur, à quelques centimètres du visage de Pédro. Sylvain intervient et dit : Il me semble que ce bonhomme se préoccupe plus des autres que de lui-même. Essaie plutôt de cogner sur un des flics, il parlera plus facilement. Un frisson de peur parcourt mon échine. Nous sommes totalement à la merci de ces deux individus, je ne vois pas comment nous pourrions nous en sortir. Léo se tourne vers nous et semble choisir lequel frapper. Je prie pour que ce soit moi, non pas que j'aime ça, mais je ne supporterais pas d'entendre Sevastian souffrir sans rien pouvoir faire. Léo s'amuse de nous laisser dans l'ignorance, tourne autour de nous avec un sourire sadique. Je lis l'appréhension dans les yeux de Pédro Torres. Comment les convaincre ? Je comprends que mes prières ont été inutiles quand j'entends un bruit sourd dans mon dos, suivi par un geignement. Les mains de Sevastian serrent douloureusement les miennes. Léo frappe une seconde fois, plus fort certainement car Sevastian pousse un râle. Pédro intervient : Arrêtez de le taper, je vais tout vous dire.
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