La grande première (3)
de Cyprien
Dehors, j'ai explosé en larmes de rage. Et que Vincent ne se précipite pas dehors pour me rattraper me mina d'autant plus. J'ai attendu dans les parages de la maison pendant plus d'un quart d'heure, puis ne le voyant pas venir, pleurant et hurlant intérieurement, je me suis dirigé vers la plage où j'envisageais de passer la nuit. J'en avais assez, la tension était trop grande pour moi. Je ne pouvais plus vivre avec lui sans le toucher, sans le garder dans mes bras, il me rendait dingue, jamais je n'avais eu de tels sauts d'humeurs ! Moi qui avais toujours été quelqu'un de plutôt calme, à qui il fallait plus qu'un ouragan pour le faire sortir de ses gonds, un vrai mur
le seul fait d'avoir rencontré Vincent me rendait à la fois nerveux et libidineux, ou peut-être était-ce ma libido qui me rendait nerveux ? Je voulais qu'il arrive, m'arrache à mes pensées, me renverse sur le sol, ou qu'il m'embrasse
seulement qu'il m'embrasse ! Je n'avais même jamais eu droit à ça. J'étais déjà sur la plage. Je me suis assis sur le sable, face à la mer, tentant de faire silence en moi, me concentrant sur le bruit des vagues qui s'écrasaient sur le sable. Il faisait nuit, les derniers touristes marchaient silencieusement au bord, échangeaient des murmures qui ne me parvenaient que lorsque le vent venait me lécher, tout baignait dans un calme enveloppant qui me laissa seul à évacuer mes larmes.
Au bout d'un moment, quelqu'un cogna sur mon dos, presque heureux, je me suis retourné, imaginant que c'était Vincent qui venait se repentir. Mais ce n'était pas le cas, juste le minet qu'était son ex et dont je n'arrivais décidément pas à me rappeler le prénom.
- Salut, t'es tout seul ?
- Ouais
Il eut un petit sourire.
- Tu t'es engueulé avec ton amoureux ?
Je n'ai pas vraiment apprécié.
- C'est vrai qu'il a toujours été plutôt exigeant au lit
Là, le vase commençait à déborder sérieusement ; mais pourquoi Vincent se refusait-il alors qu'il avait déjà couché avec plus crétin que moi ? Ça me mettait hors de moi de constater que je valais moins que ce mec qui, à part être beau, n'avait aucune qualité.
- Rien à voir, maugréais-je.
Il me tendit une bière qui malgré tout fut la bienvenue et prit place à mes côtés.
- Alors qu'est ce qui ne va pas ?
Allons bon, fallait-il vraiment que j'étale mes sentiments à ce type ?
- Rien de précis. J'avais seulement envie d'être seul.
- Vraiment ? Alors pourquoi tu pleures ?
Merde, ça faisait combien temps qu'il était dans le coin ?
- Ecoute, j'ai pas envie d'en parler.
Il haussa un sourcil et se tut, pour une fois, ça le rendait presque sympathique. Il passa alors quelques minutes en ma compagnie à fixer les vagues, sans rien dire. Je ne pensais pas que sa présence me ferait du bien, pourtant, avoir de la compagnie et une bière ne me déplut pas. J'avalai ma boisson lentement, les bulles glissaient dans ma bouche par petites gorgées, grésillaient dans mon gosier
je n'aimais pas particulièrement la bière, surtout la blonde, mais celle-ci fut agréable. Il passa un bras autour de mes épaules, je ne me retirai pas, continuant à siroter le liquide ambré à la bouteille, jouant avec le goulot sans y penser. Puis je levai les yeux vers lui qui me regardait comme hypnotisé par mes lèvres sur la bouteille. Comprenant d'instinct le problème, je l'ôtai vivement et souris bêtement. Il sembla alors revenir à la réalité, légèrement gêné.
- Euh
Tu as pas envie de
enfin
moi j'irais bien dans les dunes
C'est fou ce que l'idée me faisait envie soudain.
- Qu'est ce que tu veux faire là-bas ?
Je ne suis qu'un gros crétin quand ça me prend, ce n'était absolument pas ce que je voulais dire. Il partit d'un gloussement étouffé, je rougis.
- T'es drôlement mignon toi, je comprends pourquoi Vincent est si amoureux.
J'étais flatté, mais en même temps ne savais pas vraiment comment le prendre. Cela dit, je ne savais pas que Vincent était amoureux de moi.
- Il t'a parlé de moi ?
J'étais étonné, je ne savais pas quand ils auraient pu en parler.
- Dans ses lettres, un peu.
Tiens, voilà que ces deux-là s'écrivaient.
- On ne s'est pas quitté dans de mauvais termes lui et moi tu sais, dit-il alors qu'il me voyait étonné, on cause encore pas mal.
Je ne savais plus quoi dire. La discussion prenait une tournure beaucoup plus intéressante.
- Et qu'est ce qu'il t'a dit ?
- Ne t'attends pas à des révélations, il a du te le dire lui même.
- Quoi ?
Mon impatience sembla le faire tiquer.
- Il ne t'a rien dit ?
- Ça dépend
de son passé, si mais
- Mais nan, à ton propos crétin !
J'ai piqué du nez dans le fond de ma bouteille.
- Il t'aime, pour info, si jamais ce con ne te l'a pas dit.
Il prit une mine grivoise.
- Il m'a dit aussi que t'étais puceau. Et s'il n'a pas encore mis la main à la pâte je me propose volontiers
Ses lèvres étaient sur moi, sa langue fouillait déjà en moi, contre la mienne. Mon premier baiser, mon putain de premier baiser, et avec lui ! Malgré mon trouble, je l'ai repoussé. Il me faisait un effet buf tout de même
- Ecoute, je suis désolé mais moi c'est Vincent que je veux.
Il sourit et revint passer son bras autour de moi, me serrant contre son torse, posant ses lèvres sur mes cheveux.
- Tu sais quoi ?
J'ai levé les yeux pour croiser les siens, ils étaient doux, presque tendres.
- Il en a aussi envie que toi si tu veux mon avis sur la question, et puis, si tu le mets au pied du mur, comment veux-tu qu'il refuse si tu te fous à poil devant lui ? Tu n'es peut-être pas entreprenant comme gars mais je pense qu'il faut que tu le fasses bouger, je te parle pas de le violer bien entendu mais
tente ta chance, t'as rien à perdre.
En plus il avait tout compris, ou peut-être était-ce Vincent qui lui en avait parlé ? Il me donnait une solution, étrange de sa part, voilà qu'il voulait le bien de son ex. J'y avais bien déjà pensé, mais je voulais qu'il se donne, je voulais m'offrir, que cela se passe dans l'amour et le désir réciproque, pas comme ça. Pourtant, j'allais probablement faire ce qu'il me disait, peut-être qu'avec de la chance, son comportement changerait.
Je lui ai souri.
- Excuse-moi, ton prénom, c'est ?
Il eu à nouveau un rire étouffé.
- Bruno. C'est flatteur de ta part
- Merci Bruno.
Je me suis un peu rehaussé et ai déposé un baiser sur ses lèvres, nous devions sentir la bière
En retournant vers la maison je me suis demandé s'il ne valait pas mieux que j'attende encore un peu. Le monde tournait légèrement autour de moi, l'alcool probablement, je n'avais pas l'habitude d'en boire. J'ai regardé ma montre, il était déjà très tôt, deux heure du matin, je savais que j'allais le trouver endormis
je me suis alors dirigé vers le camping et ai demandé au gardien si je pouvais utiliser leur douche de plage. Bon vivant, le gardien m'a ouvert la porte en souriant que je ne devais pas boire comme ça. Il a un peu plaisanté encore en me menant jusqu'aux douches et m'a prêté une serviette de plage avant de me laisser. Seul au milieu des pins, derrière les dunes, je respirai l'air que la marée m'apportait, légèrement iodé, teinté de vent, l'air des grand espace qui me fit rêver un instant. Je n'osais pas trop fermer les yeux, ça tanguait encore. Mais je savais que ça allait vite passer avec l'eau froide. Je me suis déshabillé et ai glissé sous l'eau gelée qui me fouetta les sangs. Je savais ces douches froides, mais avait oublié qu'elles étaient éteintes depuis quelques heures, j'aurais du attendre un peu. Frissonnant, j'en suis sorti à toute vitesse et ai patienté en y jetant la main de temps à autre, il fallu un bon quart d'heure avant quelle ne devienne relativement potable pour ma peau frileuse. J'y suis passé, ai frotté partout avec le savon industriel en distributeur qu'on avait accroché au mur de douche, il sentait bon la pomme, étonnant, ils puent affreusement d'habitude. Rinçage énergique, et j'étais dehors avec la gigantesque serviette autour de moi. Il faisait très sombre, j'ai mis quelque temps avant de retrouver mes vêtements dans la pénombre. J'ai attendu un peu de sécher, le bateau s'était calmé, il ne me restait plus qu'une vague sensation de roulis, tout serait bientôt terminé. Enfin, tout vêtu, je rendis la serviette au gardien et ai repris mon chemin, deux heure et demie du matin, j'avais vraiment affreusement traîné dans cette douche ou alors ma montre avait un problème. En effet en passant devant la boîte du camping, je vis qu'il était bien plus tard que prévu, quatre heure et quart. Qu'avais-je bien pu faire aussi longtemps, et que fichait Bruno sur la plage à une heure aussi tardive ? Puis je me suis souvenu qu'il avait apporté deux bières, s'attendait-il à croiser quelqu'un ? Ou les avait-il apporté pour quelqu'un ? L'idée me vint que j'avais peut-être troublé une éventuelle séance d'astiquage à plusieurs
je me mis à rire tout seul, j'avais du bien le faire chier à pleurer comme ça et lui qui n'attendait que de faire autre chose. Boarf, il avait du rejoindre la personne en question. La maison était devant moi, et aucune lumière ne venait l'animer. Je pris une grande respiration, devais-je attendre le lendemain ? Me rendre directement dans la chambre de Vincent ? Je penchais pour la première solution pour ne pas le brusquer trop mais la seconde me tentait horriblement. Une fois rentré, la question ne se posa même plus. Vincent était dans sa chambre, mais il ne dormait pas, il n'a même pas remarqué que j'étais rentré. Alors que je passais devant sa porte, j'entendis des sanglots étouffés et un murmure rauque. Il me fallu un petit temps avant que me yeux ne s'habituent à l'obscurité, Vincent avait beau dormir avec le volet ouvert, je n'y voyais pas grand chose. Mais il était recroquevillé sur son lit, la main dans son boxer, je l'entendais par intermittence pleurer ou gémir mon nom. Mon ami se caressait en pensant à moi, et en plus je l'avais fait pleurer. Aussi touché qu'excité, je me suis demandé un instant s'il ne valait pas mieux que je fasse machine arrière et que j'aille me coucher. Mais la vision, de plus en plus nette, était par trop séduisante.
J'ai pris mon courage à deux mains et j'ai poussé silencieusement la porte, elle n'a pas grincé, j'ai pu entrer et m'approcher de lui. J'ai pris place sur un coin de son lit, il a immédiatement cessé toute activité, je n'entendais à présent plus que sa respiration saccadée.
- Vincent
Je le sentis frémir, il se fit encore plus petit dans son lit, ne dit pas un mot. Je me suis un peu allongé à ses côtés, tendant le bras vers lui, le déposant sur le sien, cherchant à l'attirer vers moi. Il se raidit, un sanglot étouffé me parvint.
- Viens
Vincent
Sa résistance céda, je ne m'attendais pas à le trouver si désespéré. Il s'est blotti contre moi, son visage contre mon épaule, dans mon cou, ses larmes trempant mon tee-shirt. Ma main trouva son chemin dans sa tignasse noire, j'ai tiré un peu, chatouillé sa nuque, planté des baisers sur son crâne.
- Qu'est ce qui t'arrive ?
Qu'on ne me dise pas que c'était moi qui avait provoqué une telle crise de larme tout de même, juste parce que j'étais parti. Il s'est un peu calmé.
- Tu étais avec
Alice ?
Ah non, pas encore elle !
- Avec Bruno plutôt
Il eut un sec mouvement de recul, a levé les yeux vers moi, et a à nouveau éclaté en sanglots. Quelque part, j'étais assez content de lui faire croire que j'avais couché avec son ex, ne serait-ce que pour quelques instants.
- Merde ! a-t-il gémi. Merde, merde, merde !!
Son poing m'a heurté la poitrine, un peu plus fort qu'il ne l'aurait sans doute voulu.
- Vincent, j'ai rien fais avec Bruno, on a juste parlé c'est tout.
Ses pleurs se sont arrêtés net, j'ai cru qu'il allait s'étouffer.
- Tu
vraiment rien ?
- Vraiment rien, c'est toi que j'aime sombre crétin. Il m'a juste embrassé
tu l'avais même jamais fait.
Sur ce, j'ai senti de douces lèvres se poser sur les miennes, en prendre possession et s'y faufiler. C'était délicat, je n'imaginais pas Vincent aussi tendre. Je me suis fondu dans ce baiser, mon premier avec Vincent, j'ai cru que mon cur allait exploser, c'était drôle, rien de sexuel ne passait entre nous à cet instant, seulement notre affection, juste de l'amour. C'est quelque chose que je n'ai que rarement retrouvé par la suite, ça reste un magnifique souvenir de nous deux. Lorsque nous nous sommes lâchés, il a posé son front sur le mien, je ne voyais que sa silhouette et ses yeux brillants dans la pénombre, mais c'était suffisant pour me faire chavirer. Je savais qu'il souriait. Et puis je sentis ses doigts sur ma poitrine, sous mon tee-shirt, comment étaient-ils arrivés là, sans que je m'en rende compte ? J'ai été immédiatement très excité. Autant notre baiser m'avait transporté dans un ailleurs improbable, loin de toute pensée terrestre, autant ces simples doigts courant sur mon torse, cette paume chaude et moelleuse sur mes tétons, me ramenaient à des considérations d'ordre mille fois plus physique.
- Je suis désolé.
La bouche qui venait de me susurrer ces mots s'attaqua immédiatement à mon cou, mordilla et suça chaque centimètre carré de peau qu'elle y trouvait. Moi, cloué au lit, les bras en croix, je ne savais plus bien quoi faire. Voilà qu'arrivait tout ce que je désirais depuis des semaines, et j'étais complètement bloqué, le sang battant à mes tempes - et ailleurs
-. Mon tee-shirt n'était désormais plus qu'une masse de coton enroulée sous mes aisselles alors que Vincent s'attaquait à ma poitrine. Je fis un effort pour bouger, aller plonger mes doigts dans sa chevelure sombre, je voulais en sentir la soie sous ma main, sous mes lèvres. Ses dents attaquèrent un téton, j'ai poussé un léger cri et son petit rire perlé est arrivé à mes oreilles. Je l'ai tiré par les cheveux, pas trop fort, pour l'embrasser à pleine bouche. Son bassin s'est alors collé au mien, et en sentant son érection contre la mienne, toutes deux prisonnières de leurs prisons de tissus, j'ai cru devenir fou. J'ai agrippé ses fesses, l'ai un peu remonté et plaqué contre moi. Il gémit doucement, replongeant dans notre furieux baiser. Sa langue dansait et bataillait contre la mienne, nos hanches ondulaient à un point que j'avais déjà beaucoup de mal à me retenir, ses mains caressaient ma poitrine, mes mains pelotaient ses fesses, se glissaient sous le boxer élastique, nous n'entendions plus nos soupirs. La danse est devenue frénétique, presque enragée, j'ai mordu ses lèvres, il me rendit la pareille. J'ai failli exploser, tant et si bien, que je rejetai mon ami, mon amant, loin de moi, de sorte à ce qu'on ne se touche plus. C'était trop, trop d'un seul coup, j'avais mal et en même temps un plaisir fulgurant sourdrait dans mes veines.
Je l'ai regardé, il avait les yeux brillants, son souffle était court, sa tignasse noire s'était étalée sur l'oreiller. Tentant au mieux de reprendre une respiration suffisante, je passai une main sur son visage, m'attardant sur ses lèvres qui s'entrouvrirent pour accueillir le bout d'un doigt.
- Vincent, c'était un murmure, une plainte.
J'entrevis son timide sourire, le sentis de mes doigts.
- On va y aller plus doucement
laisse-moi faire
Il s'est approché de moi, lentement, ses mains m'ont ôté le tee-shirt. Elles ont ensuite glissé sur mes hanches pour caresser mes abdominaux, tout en douceur. Ses lèvres reprirent leur danse sur mon sein, titillant, léchant, passant à l'autre dans une course descendante dont je connaissais le but. Je me croyais dans les derniers retranchements de l'excitation, j'avais tellement tort. Vincent fit glisser mon short et le slip qui m'interdisaient encore le contact avec sa peau brûlante. Mon sexe se dressa, avide, sur mon ventre. Il se défit également de son boxer, l'envoyant valser à l'autre bout de la chambre. Et je le vis enfin complètement, sa silhouette accroupie sur le lit, son sexe debout se découpant dans le ciel obscur de la porte-fenêtre. Je crus jouir tellement cette vision m'enflamma, mais il me l'ôta bien vite, s'allongeant à nouveau à mes côtés, sur moi. Je voulais sa bouche, encore, je voulais tout. Je l'ai embrassé avec fureur, l'étouffant presque. Puis sa bouche me quitta prestement et je me suis senti glisser entre ses dents. Je criai de surprise et de bonheur en agrippant les draps. Sa bouche était chaude, moelleuse et délicate, sa langue était virtuose.
Dans un spasme, j'ai éjaculé. De longs jets de spermes se sont écrasés contre ses lèvres sur sa langue.
J'étais infiniment désolé, j'en voulais tellement plus, je voulais que ça dure des heures. Rouge pivoine, j'ai caché mon visage dans les draps.
Et il a rit, encore. Son corps à glissé tout le long du mien pour revenir à ma hauteur, il chassa mes bras et m'embrassa sur la bouche, il y avait un goût un peu amer, une effluve musquées, attirante.
- Cyprien, mon amour, ce n'est pas grave, ce n'est rien, c'est normal la première fois
Et je n'en croyais pas un traître mot.
- Nous avons toute la nuit, celle-là et toutes les autres.
Puis son discours me heurta, il m'avait appelé son amour, il m'avait promis toutes les nuits. Avec étonnement, je constatai que ma queue s'était redressée, la première fois de ma vie que j'en avais à nouveau envie si vite ! Je sentais la sienne pulser contre ma cuisse, une de ses jambes blottie entre les miennes. Je réalisai alors qu'il n'avait pas joui. Je l'ai repoussé vivement, dos au matelas et est entreprit la visite. Il se laissa sagement faire.
Mes mains jouèrent avec son torse, mes dents avec ses tétons durcis, mon bassin s'appuya contre son sexe, le pressant dans un mouvement lancinant. Sa respiration s'accéléra, il enfouit sa main dans mes cheveux, poussant pour que je descende plus bas. Sa verge m'attirait, elle était là, à quelques centimètres à peine, dure, empressée, son odeur, tellement masculine, m'enivrait. Je la pris en bouche, appuyant d'une main sur ses testicules, caressant son torse de l'autre. Le goût était assez similaire de celui que j'avais deviné sur ses lèvres, mais plus subtile, il avait un goût d'herbe poivrée impossible à définir. Je me suis acharné sur lui, testant l'élasticité du bout des dents, éprouvant la douceur du gland à grands coups de langue, scotchant son bassin contre le lit pour empêcher ses furieux coups de reins. Il gémissait, il haletait, et j'étais aux anges de réussir à lui soutirer tant de plaisir avec mes seules lèvres. Puis il me repoussa, mettant fin à cet état de transe où j'étais plongé. Sa voix rendue rauque par l'excitation, m'enjoignit de le prendre. Mon sexe n'avait soudain jamais été aussi dur. Il se contorsionna et tira sur un tiroir où il fouillait vivement avant d'en sortir un préservatif. Je n'en avais jamais mis. Comprenant ma gêne, il se mit assit et entreprit d'arracher la pochette puis de dérouler la capote tout le long de ma verge. La sensation était étrange, pas désagréable, un peu comme un gant de plastique frais et humide fais sur mesure. Vincent me lâcha et s'allongeant sur le lit, écartant les cuisses, me présentant son petit trou que je trouvai tout à coup très joli.
Ni une ni deux, j'étais déjà sur lui, faisant glisser ma langue de ses testicules, rondes et rebondies, assez petites, à sa rondelle que j'humidifiai en laisser couler ma salive, il sentait le gel douche à la noix de coco, c'était fantastique, enivrant. Ma main avait saisi son sexe et le branlait lentement, tandis que deux doigts de mon autre main entraient en lui. J'y allais tendrement, refusant de lui faire le moindre mal. Il geignit mon nom. Alors, je me suis redressé, le cur battant à tout rompre. Il était là, Vincent, allongé, éperdu sur ce lit défait, les jambes enserrant ma taille, ses bras, écartés, s'offrant totalement, et j'aurais voulu qu'il puisse me prendre en même temps que je le faisais. Des deux mains, j'écartai un peu ses fesses, plaçant mon gland à l'entrée préparée.
Il me fit un petit signe encourageant et je pénétrai cette chaude cavité. Il étouffa un cri à mon intrusion, j'étais peut-être allé un peu vite, je n'y étais pas complètement. Malgré mon inexpérience flagrante, je faisais de mon mieux pour me retenir de pilonner cet antre brûlant, j'en avais pourtant tellement envie, il était serré, juste ce qu'il fallait, ses muscles roulaient autour de moi, s'écartaient pour me laisser la place. J'étais en Vincent. Je continuai plus doucement encore, jusqu'à heurter ses testicules de mon bas-ventre. Là, je stoppai tout, savourant la délicieuse sensation de possession. Mais Vincent ne me laissa pas beaucoup de temps pour le savourer, déjà, son bassin ondulait et m'encourageait au mouvement. Je pris vite une cadence effrénée calquée sur la sienne, il était cambré sur le matelas, ses mains caressaient mes épaules, ses ongles s'y enfonçaient un peu. J'étais devenu un autre, l'amant de Vincent, le nouveau Cyprien et j'étais pleinement heureux lorsqu'il éjacula entre mes doigts et qu'il me serra si fort que je vins à mon tour, en lui.
Je m'écrasai sur sa poitrine, ses bras m'encerclèrent tandis que paresseusement, du bout des lèvres, j'embrassai son cou. Vincent soupira.
Puis je me retirai, je me rendais compte que cela devenait légèrement douloureux, après. Je me débarrassai du préservatif dans la poubelle de la salle de bain puis revins m'allonger près de lui. Ensemble, enlacés et épuisés, nous nous endormîmes.
Mais ce sommeil fut de courte durée, la nuit, elle, fut longue
mais pas assez.
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