![]() Du sang rose dans les veines Récit d'un garçon comme il en existe tant, parcours classique de l'apprentissage d'une vie qui lui échappe parfois, pleine de surprises, de désillusions, de rares moments de plénitude, de déceptions. Combatif avant tout, il éprouve l'envie de partager l'intimité d'un autre. Ange sensible mais un rien jaloux,optimiste, têtu parfois,attentionné, fidèle, exigeant, impatient, loin de stéréotypes et hors milieu, il rêve comme tant d'autres de découvrir celui qui fera de sa vie une douce et agréable danse, celui qui le comprendra, celui qui s'endormira dans ses bras, celui... Tant d'affection et de tendresse qui ne demandent qu'à s'exprimer...
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Acte 1 : Un nouvel Horizon
- Ecoute Anne, j'ai quelque chose à t'annoncer. J'espère que tu vas bien le prendre mais surtout promets moi de n'en parler à personne car tu es la première à qui je me confie, d'accord ? - C'est promis. Allez, dis moi maintenant, arrête de faire durer le suspense. J'ai bien vu que ça n'allait pas et qu'il y avait quelque chose d'important quand tu m'as dit que tu voulais me voir. - Voilà, personne n'est encore au courant. Tu sais en août, je devais aller voir Juliette en Bretagne chez sa grand-mère et bien en fait, je vais rencontrer un garçon, je suis homosexuel. Le mot se heurta dans sa bouche, il avait du mal à le prononcer. Anne le regarda fixement, s'arrêta de marcher et demeura immobile pendant un long moment. Puis doucement, elle entreprit de lui répondre bien qu'aucun son ne sembla vouloir sortir de sa bouche. Puis finalement, elle répondit : - Tu es mon meilleur ami, tu le sais alors ça ne change rien pour moi. Ils s'embrassèrent et il la serra fort contre son cur. Première étape validée. Le footing du matin censé le calmer et l'obsession incessante de lui dire la vérité durant toute leur promenade aux milieux des champs avaient vaincu cette peur effrénée de se dévoiler enfin. Il y était parvenu in extremis au retour à deux cents mètres de la maison de ses parents. Ils restèrent encore là un long moment d'abord serrés l'un contre l'autre puis à discuter de la nouvelle. Enfin, elle savait. Ce n'était que la première et il espérait avoir le courage de faire son coming-out auprès de sa famille très bientôt. En tout cas, ce premier essai l'y encourageait. Encore un de ces instants magiques qui cèlent une vie, ce parfum de blé d'un mois de juillet, sa couleur dorée mélangée au rouge soutenu des coquelicots
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Aimer quelqu'un, c'est s'aimer d'abord soi-même. Et cela n'est possible qu'en s'assumant. Mais le choix est difficile à faire et même si, dans le meilleur des cas, les relations avec la famille demeurent intactes, on n'éprouve pas moins le besoin de partir loin de sa famille. Le voyage sert d'exutoire, de délivrance. Car si à présent la famille accepte cette différence ou la tolère juste, que ressent-on au plus profond de soi-même ? Quelle opinion tient-on de sa propre personne ? Est-ce le début d'une nouvelle vie simple, une ouverture extraordinaire sur les possibilités sans limite qui s'offrent à nous ? Je ne le pense pas. L'acceptation personnelle est un long chemin et peut, parfois, être moins évidente que l'acceptation par les proches : la peur de changer de comportement puisqu'il n'est plus nécessaire de jouer un rôle et la découverte de son vrai soi. Et quel est-il ? On ne le sait pas encore et c'est angoissant. Mais d'un autre côté, c'est un sentiment indescriptible de vie qui s'empare de tout notre être. Le deuxième acte va pouvoir commencer.
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Acte 2 : Une longue et insupportable Attente
- je t'aime tu sais - je t'aime - plus que six semaines maintenant, je te rappelle très vite, j'ai hâte de te serrer dans mes bras - je penserai fort à toi, ne l'oublie pas - alors à très bientôt mon flo - à bientôt Marc Il raccrocha le téléphone et aussitôt un vide l'envahit. Il faisait à présent nuit dans le verger et c'est seulement à cet instant qu'il en prit conscience. La peur d'être surpris durant sa conversation mêlée à l'émotion de pouvoir enfin lui parler l'avait comme transporté ailleurs. La faible lueur d'une lune incomplète rayonnait sur les arbres dont les ombres paraissaient menaçantes. Avec cette sensation singulière au creux de l'estomac et une énergie inconnue avec laquelle son sang affluait dans ses veines, il regagna bientôt la maison. Arrivé devant le garage, il s'arrêta un instant pour contempler les étoiles en cette nuit dégagée. Le vent frais hérissait ses poils alors que ses pensées se perdaient dans cette projection de rencontre. Etait-ce bien raisonnable de partir ainsi à l'aventure, de mentir à ses parents ? N'était-ce pas risqué ? Il fut interrompu par les miaulements d'un chat qui annonçaient sa défaite face à un autre matou sans doute plus féroce. « Six semaines » murmura-t-il. Une éternité. Et bientôt les oraux des concours à Paris. Il alla embrasser ses parents, son frère et s'endormit profondément.
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- allo ? Oui j'ai enfin trouvé une cabine téléphonique. Bof, on ne peut pas dire que mes oraux se déroulent à merveille mais je fais de mon mieux. Au moins, dans dix jours, tout sera fini, j'espère juste ne pas être obligé de recommencer une année. Oh oui j'ai hâte si tu savais. Il me tarde de te serrer dans mes bras et de t'embrasser. Cette semaine de vacances avec toi
. J'ai pensé à toi au réveil, comme tous les matins en fait. Tu vas bien ? Tu as de la chance de profiter de la plage toi ! Oui bientôt on pourra y aller ensemble
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Acte 3 : La Découverte de l'Autre
19h05 un dimanche d'août. Le train s'arrête gare de Reims. Florent descend sur le quai que son regard balaye rapidement. Il n'est pas là. Marc n'est pas venu. Les derniers voyageurs quittent bientôt le quai et il s'y retrouve seul. Que faire ? Il s'effondre sur le premier banc à sa portée. Rentrer et avouer sa défaite à ses parents, il n'en est pas question. Plutôt dormir sous un pont que de devoir supporter leurs railleries ! Après quelques minutes à cogiter sur une éventuelle solution, il décide de se mettre à la recherche d'un hôtel. Demain il y verrait plus clair. Arrivé dans le hall de la gare, il l'aperçoit. Erreur d'affichage lui dit-il. Ils s'embrassent enfin après des semaines d'attente son premier baiser
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- Pourquoi tu pleures ? lui demanda Marc. Qu'est ce qui ne va pas ?
- Je me dégoutte. Je me déteste. Ce qu'on vient de faire - Viens là, viens dans mes bras mon Florent. Je suis désolé. Tout est de ma faute, je regrette, ça n'aurait pas du aller aussi vite. Si tu veux partir, je ne t'en voudrais pas. Marc le serra fort dans ses bras alors que l'eau chaude de la douche ruisselait sur leurs corps. Il pleurait aussi à présent. Il s'en voulait alors que dans le fond il n'y était pour rien. Florent y avait pris énormément de plaisir et il se trouvait sale. La découverte de sa sexualité se faisait douloureusement et il perdait aussi tout espoir d'être hétérosexuel. Il n'y avait plus de retour en arrière possible et c'est ce qui le perturbait. Il était ému car jamais personne n'avait pleuré pour lui, à chaudes larmes qui plus est. Cet homme, il le trouvait si beau si tendre. Ils regagnèrent le lit de la chambre d'hôtel et s'endormirent, les bras de Marc entourant toujours Florent. Le lendemain, tout serait oublié, les doutes envolés. Il s'agissait bien d'une naissance, comme lorsque l'air envahit pour la première fois les poumons d'un nouveau né. La douleur était vive mais fut éphémère. Tout venait de basculer encore une fois et il n'oublierait jamais cet épisode.
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-parfois, je me dis que j'irais bien voir un psy, j'aurais tant des choses à lui dire. Non pas que je me considère atteint d'une quelconque pathologie mais ça pourrait m'aider de parler à quelqu'un, c'est libérateur. Tu n'y as jamais songé ? demanda t-il à Marc
- si bien sur - et tu lui dirais quoi ? Tu commencerais par parler de quoi ? - Je lui dirais que je suis homo sans doute - ah bon ? - oui, c'est ce qui a fait de ma vie ce qu'elle est. C'est de ça que tout découle - bonne nuit mon tigrou, fais de doux rêves - bonne nuit mon titi. Au fait, fais moi penser d'envoyer un texto à ta mère pour son anniversaire. Il ne s'endormit pas aussitôt. Il entendit le souffle de Marc s'intensifier et un faible ronflement naître. Il se rapprocha de son corps pour s'y blottir et éprouver sa chaleur et bien vite son esprit céda à toute lutte vaine de réflexion pour un repos paisible.
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Les moments de profonde tristesse, de déception font aussi partie d'une relation quelle qu'elle soit. Mais d'un autre côté, il y a tant de moments paisibles, ces petits instants qui nous filent entre les doigts, ces instants d'éternité où la chaleur de l'autre nous gagne, où l'on se sent simplement vivre. Et si pour être heureux, il faut souffrir, je souffrirai encore et encore
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Acte 4 : Première Cicatrice
Pourquoi ne me donnes-tu pas de tes nouvelles ? Que fais-tu ? Penses-tu à moi comme moi je pense à toi ? Chaque minute, chaque seconde. Ton absence me fait mal. Plusieurs fois par jour, je m'isole et je pleure. Pourquoi n'as-tu pas voulu de moi, d'une vie à deux ? Ne t'ai-je pas aidé à surmonter tes peurs et à t'assumer enfin, à être toi-même aux yeux de ta famille ? Je me sens perdu, abandonné. Les larmes coulent le long de mes joues, je repense à tout ce qu'on a vécu ensemble et je ne comprends toujours pas. Je n'arrive pas à te détester et c'est le plus difficile. Je pourrais être en colère, te haïr, te souhaiter le pire mais au lieu de cela, je t'aime encore. Et j'ai l'impression que la déchirure est plus grande chaque jour. Je n'ai aimé que toi, pourrais-je aimer un autre ? Et lui faire confiance ? Je t'en supplie, appelle-moi
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Acte 5 : Le Temps de guérir
Bientôt un an sans toi, je m'y suis fait tu sais. Les petites rechutes se font très rares maintenant et je ne pense plus à toi si souvent. Eric est réapparu, un an et demi après l'épisode de la plage. Il est rentré en France pour sa formation de steward et en a profité pour revoir ses amis. Il m'a proposé d'aller prendre un verre puisqu'il était chez sa mère à la Rochelle et que je m'y trouvais pour mon stage. Il n'a pas changé, toujours très attirant et sur de lui, le dosage exact d'arrogance et de douceur. On s'est retrouvé un peu après minuit au bout de l'avenue du Mail. On a marché longtemps dans les rues, on avait pas mal de choses à se raconter et on a décidé d'aller prendre un verre à l'Eden. Il m'a quitté un instant pour aller aux toilettes et m'a demandé « combien de temps j'te laisse pour te faire draguer ? » j'ai esquivé la question par une réponse absurde. On a encore marché, le long de la plage de la Concurrence et je l'ai pris par la taille et lui ai fait un baiser sur la joue avant de me blottir contre lui. Très lentement, ses mains sortirent de ses poches pour venir encercler ma taille et mon dos et on s'embrassa. Il me dit « eh ben qu'est-ce que tu fais ? » « Des bisous, je te fais des bisous ». On continua de marcher en direction du casino. De temps à autre, je l'arrêtais pour l'embrasser. Il me dit qu'il voulait me montrer quelque chose. Dans les bois un peu plus haut, les rencontres étaient fréquentes et je du reconnaître qu'il était étonnant que ce lieu de drague soit encore fréquenté à cette heure de la nuit. Un peu plus loin se trouvait une petite crique, on s'assit quelques instants, il me parla de cet endroit qui lui était si familier à lui et à sa mère, de son père autrefois exaspéré de les voir disparaître quelques heures pour venir s'asseoir là et parler. On s'embrassa encore et les caresses s'amplifièrent. Je lui ai demandé s'il voulait venir chez moi, il accepta. Arrivés dans la chambre, il éteignit le plafonnier pour ne laisser que le petit néon produire une lumière indirecte. S'en suivit un moment magique, pour moi en tout cas. Tant de douceur et de tendresse même si je savais que l'instant était éphémère et qu'il me faudrait attendre des mois pour espérer le revoir.
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Martial. Je n'ai connu personne d'aussi touchant. Je m'en veux tant de t'avoir fait du mal. Je crois que tu m'as pardonné mais que tu m'aimes encore un peu. Ne nous voyons pas. Laissons passer du temps. On s'est rencontré trop tôt et tu m'as donné trop tout de suite. Ta façon de me regarder, notre premier baiser, je m'en souviens encore. « J'étais sur que tes lèvres étaient douces », voilà ce que tu m'as dit. C'était agréable de se promener main dans la main, tout paraissait facile et drôle à tes côtés. Tu as compris que pour aimer il fallait s'aimer. Et ça me faisait rire que tu t'aimes autant, sans doute parce que moi je ne m'aimais pas.
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Il en aura fallu du temps pour ça, pour qu'on réapprenne à être amis et qu'on puisse se confier vraiment l'un à l'autre sans se blesser. Et ce jour est arrivé enfin. Maintenant que tu as reçu ta mutation, on va pouvoir se voir plus souvent. Je ne suis plus amoureux mais je t'aime. Je t'aimerai toujours, tu le sais. J'espère que toi aussi tu me porteras toujours dans ton cur. J'ai besoin de ta présence, de pouvoir te dire ce dont ma vie est faite, de te demander des conseils, de te taquiner, de te remonter le moral, de me moquer de toi gentiment. J'ai tant d'affection pour toi et si l'amour charnel s'est envolé, un amour plus profond le remplace, tu es comme un frère à présent. Plus de surnoms ridicules, juste Marc. C'est peut-être ça le plus dur parce que quand je te regarde je vois encore cette personne avec laquelle j'ai partagé deux ans de ma vie et sa tête de tigrou et j'ai envie de rire encore de tout ça. J'aimerais que tu rencontres quelqu'un qui a les mêmes attentes que toi et que tu sois heureux.
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Martial est réapparu dans ma vie. Il aimerait me revoir. Je suis content qu'il soit passé outre ce qui s'était passé et qu'on puisse être amis. Pourquoi m'attache-je tant aux gens ? Je ne sais pas. J'éprouve le besoin de rester en contact avec ceux qui, à un moment donné de ma vie, ont comptés pour moi-même si ce fut bref. Il me tarde de le revoir et de savoir de quoi sa vie est faite maintenant. De rigoler encore et peut-être de partager quelques souvenirs communs.
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Pourquoi est-on toujours attiré par les hommes qui paraissent inaccessibles ? Et pourquoi lorsqu'on rencontre enfin quelqu'un de bien, il ne nous rappelle pas ? Il faut se rendre à l'évidence que la route est longue pour trouver son idéal ou du moins celui qui s'en rapprochera. En attendant, il faut prendre la vie telle qu'elle est avec tout ce qu'elle a à nous apporter, tout ce qui fait que demain tout peut être différent et que l'avenir reste incertain. Et si c'est frustrant, c'est aussi le moteur de notre existence. Comme tu le disais, tout ce qu'on vit ne nous arrive pas par hasard. Tout a un sens, les erreurs qu'on commet, les choix que l'on prend. Tant pis si tu ne me rappelles pas, je me serais mal vu répondre à mes parents à la fatidique question « que fait-il dans la vie ? » « Il est dans l'évènementiel et il tourne des films pour adultes » ! Je ne te reverrai sans doute jamais comme tant d'autres et ça m'est bien égal.
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Neuf mois déjà que Martial a rencontré Pascal. Ma voiture se gare à pont Scorff dans l'allée qui précède leur maison. Car oui, ils ont décidé de vivre ensemble. Martial n'a pas changé, il s'est juste étoffé un peu je pense. Je découvre aussi Pascal. Ils sont mignons tous les deux, ça me rappelle tant de bons souvenirs. Je les envie mais ne les jalouse pas, j'ai trop d'affection pour Martial pour ça. Parfois je regrette d'avoir mis un terme si rapidement à notre relation. Il aurait pu me rendre heureux, j'en suis certain. Je n'étais pas prêt, j'ai été honnête avec lui. Je sais que ça lui a fait de la peine et ça me réconforte de savoir qu'il a trouvé le bonheur et fait celui d'un garçon, qu'il ait gardé contact avec moi tout ce temps et qu'il m'ait pardonné.
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Cette même gare où je me rendais le cur rempli de douces pensées avec aussi l'appréhension de la rencontre, j'allais la détester trois jours plus tard. L'annonce du train retentit sur le quai et je le vois déjà au loin qui s'avance lentement. Les battements de mon cur déchirent presque ma poitrine, le plaisir de le rencontrer après ces seize jours d'attente se mêlant à la peur de ne pas lui plaire. Voilà le train qui s'arrête, les portes qui s'ouvrent et le flux des passagers qui se dirige vers la sortie. Je l'aperçois, encore plus mignon que sur les photos qu'il m'a envoyées. Je découvre enfin mon Vincent, petit garçon brun de vingt-deux ans au charme incontestable. Il se dit timide mais ne l'est pas vraiment, je le trouve même plutôt à l'aise alors que la conversation s'engage dans le long couloir jouxtant les quais et qui nous mène à la sortie. Je sais qu'il est là pour le week-end, qu'ensuite il part vivre un an en Angleterre et qu'il se pourrait qu'il décide d'y rester par la suite mais j'ai décidé d'occulter ce problème et de vivre le moment présent. Il découvre ma voiture que j'ai décorée avec des motifs de fleurs d'hibiscus multicolores en peinture repositionnable et mon studio vingt minutes plus tard. Début d'un merveilleux week-end. Dieu que c'est court un week-end pour apprendre à connaître quelqu'un
Juste assez pour déceler ses défauts qui m'amusent, aller ensemble au cinéma, lui faire visiter rapidement ma ville et partager un peu de tendresse. Ses paroles me réchauffent le cur tandis que ses mains parcourent mon corps créant des ondes de chaleurs qui se diffusent dans tout mon être. Bientôt lundi et les derniers baisers échangés dans la voiture. J'essaye de ne pas lui montrer que je suis triste mais je sais bien que je ne peux réellement le lui cacher. Dernier café ensemble à la gare aussi. Je déteste les au revoirs et encore plus les adieux. Je le sers une dernière fois dans mes bras avant que la porte du wagon ne se referme. Alors que le train s'éloigne doucement du quai, à la même vitesse que trois jours auparavant, je ne peux empêcher mes yeux de devenir rouges et brillants. Je ne suis pourtant pas amoureux de lui mais après avoir passé ce week-end en sa compagnie, le vide immense que son départ crée me rend triste. Pourquoi faut-il que je sois si sensible ? Pourquoi ne me suis-je pas endurci depuis quelques années ? Je garde le souvenir de ces derniers baisers échangés, de cette salle de cinéma où je l'ai embrassé, des mots tendres qu'il a eus pour moi, de ses jolies fesses poilues et d'une conversation particulière.
Bon séjour en Angleterre. Je penserai à toi les prochaines semaines et le temps faisant son uvre, la déception de te savoir parti s'estompera. A bientôt Vincent
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Acte 6 : Le Temps de la Réflexion
Je ne sais plus trop. Certains soirs, je fais l'apologie du célibat et le lendemain, je désespère de rencontrer mon ange. Enfin s'il existe Internet et ses sites de rencontres, j'y ai goûté, le milieu, les bars, les boites, les saunas, les plans, les flirts d'un soir aussi. Ca ne me fait pas vibrer, je m'ennuie. Tout cet étalage de corps, de muscles, de sexes, je m'en suis vite lassé. Quelques expériences auront suffit à me faire comprendre que je m'égare, que je cherche tout autre chose et que je dois continuer à idéaliser l'amour même si je vais souffrir, même si je vais tomber de haut car telle est ma vraie nature. Je veux redevenir ce garçon de 19 ans que la vie n'avait pas encore abusé, je veux rester cet être sensible, fragile et romantique même si ce sera douloureux, je veux m'attacher à un homme et ne penser qu'à lui, lui écrire des lettres, lui envoyer des messages, lui préparer des surprises et l'étouffer d'amour. Je veux redevenir moins égoïste, penser à nous et plus à moi, je veux qu'il m'empêche de dormir avec ses ronflements, je veux qu'on se fâche et qu'on se réconcilie, je veux prendre mon petit déjeuner avec lui le dimanche, je veux lui faire l'amour impulsivement parce que j'ai envie de lui. Je veux attendre son appel et le réprimander parce que il est encore en retard. Je veux le rendre heureux.
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Me ressembles-tu ? Es-tu si fragile ?
Je pense souvent à toi quand je ne désespère Où es-tu mon ange, mon âme a ses blessures Qu'un seul de tes regards ferait s'évanouir. Effleurer du bout des doigts ton visage Sentir ta chaleur contre moi enlacé Te dire dans un murmure des secrets inavoués Et dans tes bras m'endormir jusqu'au petit matin. Prenons le temps qu'il faudra, je ne suis pas pressé. Gardons précieusement cet instant d'éternité Parles moi encore, entonne cette douce mélodie Qui fait frissonner tout mon être et me transporte. Chienne de vie en sorte ! Pourquoi faut il Que tu te moques de moi et me laisse t'attendre Je me vengerai tu sais, pour toi non plus il ne sera pas facile D'obtenir ma tendresse et ma confiance.
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Acte dernier : L'Amour de la Vie
Je pourrais peut-être trouver la vie amère, mais il n'en est rien. Je reste cet amoureux de la vie qui essaye de tirer profit de ses rencontres, de ces garçons qu'il a croisés, auxquels il s'est souvent attaché et auxquels il lui arrive souvent de penser. La sortie du tunnel n'est sans doute pas si loin et il faut mériter son bonheur. Celui de sa famille, de ses amis tout d'abord. Il faut être patient et ne pas culpabiliser de baigner encore dans de doux rêves car ce n'est qu'en y croyant suffisamment qu'ils peuvent prendre vie. Et si je suis naïf, j'espère le rester, conserver une part d'innocence, celle qu'on perd lorsqu'on atteint l'âge adulte. Je t'attendrais, où que tu te trouves, peu importe le temps qu'il faudra, peu importe ce que cela me coûtera. Et je pourrai enfin m'endormir paisiblement dans tes bras, me sentir revivre sous ton regard, sentir les frissons de tes caresses et ce sang, ce sang d'une drôle de couleur qui parcourre mes veines
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