Une chance pour être aimé (4)
de KH Brillant
8
Assis dans le canapé, une bière à la main, Jonathan piochait dans le bol de chips posé sur la table basse du salon d'Amy et Buddy. Ce dernier à la cuisine préparait une de ses spécialités, le poulet à la sauce Buddy. Une recette qu'il avait piqué à une de ses surs mais qu'il se gardait bien de le dire.
Souvent, ils leur arrivaient de faire ce genre de soirée improvisée, généralement à chaque coup de déprime de leur ami. Une seule règle avait changé depuis la dernière fois, ce soir, il ne boirait pas pour oublier Henry. Hayden était le prénom qui allait devoir se noyer dans le flot d'alcool. Solidaires avec leur ami, Amy et Buddy ne se privaient pas à descendre quelques bouteilles. Lucides malgré tout, ils arrivaient à tenir une conversation.
- Ça fait combien jours que tu ne l'as pas vu, demanda Amy plus joyeuse que d'habitude.
- Deux jours, répondit Jonathan. Deux jours où je ne fais que penser qu'a lui.
- Ce n'est que le début, fit Buddy en passant la tête de la cuisine une poêle à la main.
- Tais-toi, lui ordonna Amy en lui balançant des cacahuètes qui atteignirent leur cible.
- L'écoute pas, dit-elle en se retournant vers Jonathan, ça finira par passé. T'as bien fini par oublier Henry.
- Ça m'a pris cinq ans.
- T'auras 26 ans quand t'auras terminé de purger ta peine, dit-elle dans le rire de l'alcool.
- Peine de cur, rajouta Jonathan en s'esclaffant.
De la cuisine Buddy le plus cohérent des trois, regardait avec une certaine tristesse une scène qui s'était trop souvent déroulée. Jonathan venant déversé sa peine à leurs oreilles, une peine étant toujours la même. Y avait-il des gens que l'amour fuyait ? Jonathan en faisait certainement parti songea-t-il en assaisonnant son plat.
Au cours du repas, le même sujet refit surface, même si la conversation s'orientait sur toutes sortes de sujet, le prénom d'Hayden réapparaissait. A la présidence de la table, Buddy observait sa femme et son ami se livrer à un débat qu'ils avaient déjà tenu, toujours ils répétaient les mêmes choses tel un rituel qui les aidaient à se sentir mieux. Ils remuaient la terre encore et encore sans y découvrir de trésor. Il n'y avait pas de solution miracle. Parler faisait parti du processus de guérison. Quand Jonathan se mit à craquer et que les larmes de regret s'écoulaient sur ses joues, Buddy se rendit en cuisine préparer le dessert. A son retour la crise était passée, la bonne humeur était de retour. L'alcool étrange potion offrant rires et larmes.
Au moment de couper la tarte aux pommes, Henry fit son apparition. Son service tout juste terminé, il se rendit chez sa soeur dont la soirée prévisible lui était parvenue aux oreilles.
- Bonsoir Henry, fit Jonathan avant d'enchaîner sur une série de rires alcoolisés.
- J'en vois un qui est gai.
- Gay, répéta Amy avant de rejoindre son meilleur ami dans la course à l'hilarité.
- Même deux, constata Henry en s'adressant à la seule personne alerte de la soirée.
- Ils rient en chur et pleurent en chur, lui souffla Buddy en lui tendant son assiette.
- A cause de "pornoman", supposa l'officier.
- Pornoman, répéta Jonathan avant de fondre en larme.
- Tu as du t'amuser, fit Henry en découpant un bout de sa part de tarte.
- Tellement, que je suis presque content de te voir, répondit Buddy.
- A ce point là, s'étonna Henry à travers les sanglots de sa soeur et de son ancien prétendant.
Buddy regarda sa femme, puis tourna la tête vers Jonathan, avant de regarder de nouveau Henry qui put lire dans ses yeux la joie qu'il avait de partager ce dessert en sa sobre compagnie.
- T'aurais dû cacher les bières.
- C'est le passé d'Hayden qu'on aurait dû cacher.
Dans un élan de responsabilité, sachant Buddy prit par sa soeur totalement alcoolisée, Henry se chargea de Jonathan. Le ramener chez ses parents dans l'état dans lequel il se trouvait n'était pas une idée envisageable. Il décida de le ramener chez lui, malgré les protestations faite par l'intéressé, balancé sur son épaule comme une balle de maïs, lorsqu'il l'amena à sa voiture, la tête tout aussi à l'envers que ses propos. Le temps du trajet il s'endormit comme une masse. Cette fois-ci, avec plus de délicatesse, Henry le sorti du pick-up. Allongé dans ses bras, la tête reposée contre son torse, Jonathan inconscient soulevait chez Henry tendresse et compassion qui s'arrêtèrent au canapé du salon. Il n'allait quand même pas lui donner son lit au risque de le retrouver souiller de vomissure. Délicatement il le déposa et le recouvrit du plaide négligemment posé sur l'accoudoir. Par précaution, il plaça une bassine aux pieds du sofa. Affectueusement, il passa une main dans ses cheveux avant d'aller à son tour se mettre sous ses couvertures.
A son réveil, Jonathan dormait encore, il n'émergea qu'à l'odeur du café qu'Henry faisait couler.
- Ma tête, fit Jonathan en passant une main dans ses cheveux.
Un il autour de lui il se rendit compte qu'il ne se trouvait pas dans sa chambre, la vision d'Henry sortant de la cuisine le rassura.
- Tu m'as kidnappé pour que ma journée commence mal ?
- Pas nécessaire, ta gueule de bois s'en charge à ma place, répondit Henry en lui tendant son café.
- Comment j'ai atterris ici, l'interrogea Jonathan de sa voix la plus ensommeillée.
- A force de bière. Je voulais éviter que tes parents te voient dans cet état.
- C'est gentil, fit Jonathan en se redressant avant de se raviser.
- Ça tourne, se moqua Henry.
Ce dernier l'abandonna le temps pour lui de prendre sa douche et le temps pour son invité de se remettre de sa soirée avant d'engager une sérieuse discussion.
Posté devant la fenêtre Jonathan semblait s'accommoder de la lumière du soleil de la journée, du beau temps en perspective. Le reflet d'Henry apparut sur les vitres, mouillés ses cheveux se fonçaient.
- Tu m'as l'air d'aller mieux.
- Bien mieux, répondit Jonathan en déposant son mug de café.
Depuis la dernière fois qu'il était venu, la maison d'Henry n'avait pas particulièrement changé. Une maison de célibataire avec une ou deux choses traînant ça et là, mais d'une propreté irréprochable.
- C'est grâce à l'alcool que tu m'as oublié ?
- Sois plus précis.
- J'ai entendu dire que tu buvais à chaque coup de blues.
- Rassures-toi je ne suis pas alcoolique, même si je reconnais à des moments que je bois plus que de raisons. C'est exceptionnel. Ne t'inquiètes pas.
- Oh, ce n'est pas pour ça que je m'inquiète, fit Henry en s'asseyant.
- C'est étrange je te vois venir.
- Le flot d'alcool a-t-il dissout Hayden de tes pensées ?
- Pas vraiment, fit Jonathan en s'installant en face de lui.
- Pour l'oublier tu vas t'y prendre comme avec moi.
Jonathan souriait à l'idée de trouver une fille, lui barbouiller les lèvres de gloss, et la faire tomber dans les bras d'Hayden qu'il embrasserait une heure plus tard.
- Laisser le temps faire son uvre.
- T'es sûr que c'est la bonne solution ?
- Quoi ? Le temps, demanda Jonathan.
- Tu sais de quoi je veux parler.
Jonathan détourna son regard, la pile de magazine sur le coin du canapé semblait plus intéressante.
- Je vais te dire un truc, ça vaut ce que ça vaut mais réfléchis là-dessus. Nous sommes tous en privé des acteurs pornos.
- Et c'est censé m'aider ?
- Ecoute, fit Henry en s'avançant sur le bord du sofa, Hayden a illustré son corps sur Internet c'est un fait, on ne sait pas ce qui l'a poussé à le faire, mais il n'est pas différent de toi. Enfin mauvais exemple étant donné que t'es encore vierge.
De son attitude la plus sérieuse, Henry poursuivit son explication sous l'attention mitigée de son ami.
- Hayden n'est pas différent de moi, d'Amy ou de quiconque. Il est sexuel. La seule différence entre lui et moi c'est que ses ébats circulent sur le net.
- Tu sous-entends que tu t'es déjà filmé ?
- Ce n'est pas le propos. Ce que je veux te faire comprendre c'est que tout comme Hayden je couche à droite et à gauche, j'ai une sexualité épanouie et j'adore le sexe. Je suis comme lui, et cela ne t'a pas empêché de tomber amoureux de moi. Alors si tu relativises la situation tu te rendrais compte qu'il n'a rien fait de mal. Le porno c'est comme la vie, une caméra en plus. Des coups pour des coups, rien d'autre. Si tu es tombé amoureux d'un mec comme moi, tu peux très bien aimé un gars comme lui sans en avoir honte. Car je te le redis, on est tous des acteurs pornos dans nos vies intimes. On n'est pas meilleur, on est pareil. Mais eux ils ont juste le courage et l'inhibition en moins. Il n'y a pas de sot métier. Et c'est son passé, conclut Henry.
- Vous avez fini docteur Freud, fit Jonathan en se levant.
- C'est pas la peine d'être moqueur.
- Je ne suis pas moqueur. Je vois où tu veux en venir. C'est juste que
- Que c'est effrayant, un garçon pour lequel tu craques éprouve la même chose, en plus il est pro dans un domaine que tu ignores.
Henry n'avait pas tort, Jonathan avait enfin trouvé une personne avec qui faire un bout de chemin, une personne plus expérimentée, une personne qui le regardait lui et personne d'autre. Quoi de plus flippant que l'inconnu, quoi de plus normal de trouver une excuse pour ne pas se laisser aller au bonheur. Bien sûr, son intégrité rejette avec force cette partie du passé d'Hayden, mais comme le disait Henry : "il s'agit de son passé". Une époque révolue jouant les troubles dans le présent et le futur de leur relation. Hayden possédait tout du charmant garçon, mais les murs de son passé assez léger, refroidissaient le jeune Jonathan plus chaste que la chasteté elle-même. Ce dernier quitta la maison d'Henry en repensant à son avis. Il n'avait pas tort. Pourquoi laissé le passé venir entacher la plus belle chose qu'il avait connu jusqu'à présent ? Une discussion s'imposait. Mais comment discuter quand l'intéressé ne donnait plus signe de vie ? Depuis qu'il avait fait la découverte de son passé lubrique, Jonathan n'avait plus revu Hayden. Ce dernier ne mettait plus les pieds dans son restaurant. Dans les rues de la ville il ne le croisait même pas.
Un soir après la fermeture, un plat chaud dans les mains, Jonathan sortit de son pick-up et s'avança dans l'allée qui menait à la maison d'Hayden d'où des sons mélodieux d'une guitare sèche sortaient. Par la fenêtre et dans la plus grande discrétion, Jonathan l'aperçut une guitare posée sur ses cuisses, ses doigts courant sur les cordes. Concentré, il jouait à la lueur d'un feu de cheminée, sa tête battait la mesure dans un mouvement lent. Cette vision proche du romantisme contrastait de l'image qu'il avait sur la toile. Les coups frappés à la porte interrompirent son concert. En ouvrant un air surpris et ravi anima son doux visage.
- Livraison à domicile, fit Jonathan en lui présentant le sac en papier.
- L'entreprise se développe, en conclut Hayden en lui faisant signe de rentrer tout en prenant ce qu'il lui tendait.
- On teste une nouvelle formule, répondit Jonathan en ôtant son blouson.
- Qu'en pense les autres personnes qui n'ont pas commandé et que tu réveilles en plein milieu de la nuit ?
- Celles-là, je ne suis pas encore passé les voir. Je voulais tester l'offre sur toi d'abord.
Hayden l'abandonna un court instant pour se rendre en cuisine et y déposé son repas du soir. A son retour il surprit Jonathan, les doigts caressants les cordes de sa guitare posée dans le canapé.
- Tu en joues, lui demanda-t-il.
- Oh non. Mes mains ne sont pas très douées. Par contre je dois dire que tu es talentueux.
- Qui l'eut cru. Je sais aussi me servir de mes autres doigts.
Petite réflexion que Jonathan intercepta en plein vol.
- Et du sarcasme, répliqua-t-il. Tu composes ?
- Il m'arrive d'avoir des airs en tête et de les retranscrire au travers de cet instrument, répondit Hayden en prenant place.
- Et tu chantes aussi ?
- Non. Juste des mélodies, mais je t'avouerais que je suis en train de réfléchir à l'écriture d'une chanson.
- Ah ouais, fit Jonathan plein d'enthousiasme.
- Oui. J'ai très envie d'écrire sur ce garçon qui me plaît et que j'effraies, pour ne pas dire que je le dégoûte. Tu pourrais peut-être m'aider à en écrire les paroles.
- Certainement, répondit Jonathan en se perdant dans le feu de cheminée.
Le crépitement des flammes égaya le silence pesant et coupable de Jonathan, le temps pour Hayden de faire s'envoler dans l'air les notes de la vielle balade entendue au restaurant à l'occasion de leur troisième rencontre. L'ouï captivée, la vue de Jonathan s'hypnotisa sur Hayden jouant habilement de ses mains, une fois encore la lueur projetée par le feu sublimait sa beauté. Entre deux accords il levait les yeux, un tendre sourire sur les lèvres auquel Jonathan répondait.
- Magnifique, lança Jonathan à la fin.
- Oui, c'est une très belle mélodie.
- Je parlais de toi.
Posément Hayden déposa sa guitare près de lui, son regard se réfugiant dans la chaleur des couleurs du feu de cheminée.
- Tu ne devrais pas me dire tout ça.
- C'est ce que je ressens.
- Là. Mais quand la magie du moment s'en ira, tu ne verras que ce que tu n'aimes pas en moi.
Jonathan s'approcha de lui, la place étant prise sur le canapé, il déplaça un magazine sur la table basse avant de s'y asseoir.
- Il est vrai que ça me gêne, il est vrai que j'y pense. Mais quand je te vois, je me dis que ça n'a pas d'importance. Tu chamboules tellement de choses en moi que ce soir je suis là pour comprendre, pour apprendre. Apprendre à faire avec et à ne plus y penser.
Le regard d'Hayden paraissait calme et serein, les paroles de Jonathan se voulaient rassurante, elles sonnaient bien, mais en lui des questions se soulevaient. Dans un avenir proche, quand l'atmosphère idyllique du feu de cheminée, le son mélancolique de la guitare sèche auront disparu et qu'il ne restera que lui avec ce passé qui se mettait entre eux, dira-t-il la même chose ? Le verrait-il comme ce soir ou comme la première fois où il est tombé sous son charme ? Pourrait-il le regarder lui, et pas ce qu'il traîne dans ses bagages ?
Le sentant quelque peu égaré, hésitant à le croire, Jonathan tendit ses lèvres vers les siennes, de ce geste il voulait effacé les inquiétudes d'Hayden quant à ses incertitudes. Et à en croire la manière passionnée dont Hayden répondit à sa volonté de lui prouver la sincérité de ses intentions, Jonathan l'avait convaincu.
- Merci de me donner une seconde chance.
- On a tous droit à une seconde chance.
Pour clore définitivement l'histoire liée à son passé, Hayden entreprit de lui raconter cette vie qui aujourd'hui lui value de le perdre.
Chassé par son père après que ce dernier l'est découvert dans les champs en compagnie de l'enquêteur d'une ville voisine, Hayden n'eut pour seule option que celle de s'exiler dans une grande ville. Une grande ville qui le fit se sentir grandement seul et grandement fauché. Aucun véritable diplôme en poche, il se livra à des petits boulots, serveur, coursier, barman. Etrangement, les lueurs artificielles du monde la nuit révélèrent son sex appeal, sa beauté sauvage de la campagne. Bien sûr la lumière du jour illuminait sa beauté, mais la proximité de la nuit facilitait les contacts, l'ambiance détendue et joyeuse mélangée aux liqueurs, décuplait l'envie qu'il dégageait chez les autres. Bien des clients et clientes lui glissaient leur numéro dans sa poche. Un soir, un type des plus normal, le flatta sur son physique, lui dit qu'il travaillait dans le domaine de la photographie, lui donna une idée des prix, se gardant bien de parler de nudité au début. Proposition alléchante à laquelle Hayden y répondit, de fil en aiguille des vêtements tombèrent lors des premières séances, les prix eux crûrent à chaque bout de tissu en moins. Les sommes d'argent de plus en plus conséquentes le firent basculer dans le monde des photos pour adulte et puis celui des vidéos. Personne ne le connaissait ici, Little Valley n'en saurait jamais rien, jusqu'à ce que Internet et Amy ne le découvre.
- Et t'as fais ça combien de temps ?
- Environ deux ans. Sur les douze années pendant lesquelles Little Valley m'était interdite.
- Et t'as fait quoi d'autre ensuite.
- Des petites formations, j'ai même pris des cours du soir en psychologie. Mais très vite je me suis tournée vers l'ébénisterie, je me suis dis que ça me servirait à m'améliorer. Et je ne me suis pas trompé.
- Avec toi l'expression "plusieurs vies dans une vie" prend tout son sens.
- Et toi, aurais-tu un troublant passé que je serais susceptible de découvrir en quelques clicks ?
- Oui. En allant sur chasté.com, ou bien leviergeducoin.org, ou encore premierpetitami.net.
A la façon dont Jonathan tournait en dérision "le drame" de sa vie, Hayden ne pouvait que sourire gentiment.
- Maintenant que tu as un petit ami, je crois que tu te désabonneras bientôt de ces sites.
"Petit ami", ce petit groupe de mots sonnait étrangement à l'oreille de Jonathan, oui aujourd'hui il en avait un. Quel sentiment étrange de ne plus se sentir seul, de savoir que des bras réconfortant l'attendraient, de savoir qu'à présent quelqu'un partagera sa vie, ses envies. Tout ne sera certainement pas rose, mais cette perspective s'oubliait vite dans le regard de son amoureux transi.
- Bon faut que je partes, fit Jonathan en se levant.
- Ce n'est pas à cause de ce que je t'ai dis, demanda Hayden en le suivant.
- Rassures-toi. Rien à voir. C'est juste qu'il est l'heure pour moi de rentrer. Et puis, je compte très vite me désabonner de ces sites. J'y songeais même avant que tu n'y penses.
- Dans ce cas, tu n'auras qu'à passer me voir, répliqua Hayden en l'étreignant.
La tendresse de ses bras et la délicatesse de son baiser tranchaient avec la proposition qui se tissait dans leur esprit. L'amour naïf et innocent qu'ils vivaient à cet instant ne laissait imaginé un quelconque passage à la vitesse supérieure. Mais le plus normalement du monde Jonathan s'imaginait abandonner son corps et son âme dans les bras de son petit ami expérimenté. Mais ce dernier point valu à son cerveau de travailler avec affolement au cours de son sommeil.
Une bouteille de vin d'un excellent cru, une imitation de peau de bête étendue devant un feu de cheminée des plus chatoyant, le ventre rassasié par un dîner raffiné, Jonathan attendait son bel amant revenir de cuisine avec pour dessert de la crème fouetté et des fraises. Smoking de rigueur, ils se laissaient aller à la dégustation de ce dessert plein de clichés et de proposition pour la suite de la soirée. Les yeux brillant dans la lueur des flammes, Hayden défit son nud papillon, déboutonna sa chemise pendant que Jonathan s'occupait de lui retirer sa veste, bientôt son torse aux muscles ensorceleur apparut. Prenant les choses en main, à son tour Hayden le déshabilla dans la plus grande maîtrise de l'art de l'effeuillage, ses yeux malicieux soutenant le regard pudique et à la fois déterminé de Jonathan. Nus, leur peau l'une contre l'autre, Hayden l'écrasant sous son poids, Jonathan admira son visage avant de laisser son regard s'attarder sur le feu aussi vif que la passion qui les habitaient. De sa main Hayden ramena son visage égaré vers le sien, son baiser tout d'abord doux devint plus intense et langoureux, son corps caressant l'innocence de son jeune amant. Les bras de ce dernier l'entourèrent avec tendresse avant de l'agripper avec force sous l'effet de son assaut. Enivré par le bonheur qu'il ressentait, Jonathan fut soudain troublé par une main le caressant, une main dont il ne connaissait pas la chaleur, en ouvrant les yeux, une autre personne se tenait derrière Hayden. Toute aussi passionnée, elle s'employait avec vigueur à apporter à Hayden la même sensation de bien être. Une personne pouvant en cacher une autre Jonathan remarqua très vite qu'une foule de garçon bien sous tout rapport les encerclaient, chacun essayant de participer à l'évènement. Alors qu'ils s'approchaient de lui, le regard libertin, Jonathan se réveilla dans un sursaut.
- Oh mon dieu, fit-il en se cramponnant à sa couverture.
Un tour d'horizon de la chambre plongée dans le noir, il pouvait se rassurer, il ne s'agissait que d'un mauvais rêve. Pas si mauvais que ça quand il souleva les draps.
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