Le cur qui parle (1)
de KH Brillant
SYNOPSIS
Déménager en cours d'année scolaire quand l'on est en dernière année au lycée, peut être déroutant.
Cependant pour Brian Mackenzie, cela ne le perturbe pas, étant un élève brillant, ses résultats n'auront pas à en pâtir. Mais concernant sa vie sociale, c'est autre chose. N'ayant pas eu beaucoup d'amis dans sa ville natale, ce déménagement pour une nouvelle ville est un véritable défi.
Il trouvera d'abord l'amitié de Lisa, viendra ensuite une collaboration forcée avec Ron le quaterback du lycée, et enfin il trouvera l'amour issu d'une de ses rencontres les plus inattendues qui apportera à chacun bien plus encore.
Chapitre 1: Une rentrée en cours d'année
Chapitre 2: Une demande inattendue
Chapitre 3: Des rapports plus détendus
Chapitre 4: L'invitation
Chapitre 5: L'ère du changement
Chapitre 6: Confession
Chapitre 7: Du courage ?
Chapitre 8: Une nuit pour s'aimer
Chapitre 9: Déclaration
Chapitre 10: Surprise
Chapitre 11: Les soupçons d'une mère
Chapitre 12: Stupéfaction
Chapitre 13: La soirée des aveux
Chapitre 14: Inquiétude
Chapitre 15: Une journée de succès
Chapitre 16: La remise des diplômes
Chapitre 17: La soirée du bal
Chapitre 18: Par un beau matin d'été
Chapitre 19: Par une douce nuit d'été
Chapitre 20: Et bien plus encore
Chapitre 1:Une rentrée en cours d'année
Déménager pour une nouvelle ville n'était pas chose facile, surtout en cours d'année et en plus quand on est en dernière année au lycée. Mais pour Brian Mackenzie, ce n'était pas un problème, question lycée il était brillant, il n'avait vraiment pas à s'en faire. Mais pour les relations humaines, c'était autre chose. Il allait devoir intégrer une classe peut être déjà soudé et cela en cours d'année. Mais les classes soudées cela n'existe pas, c'est un cas rare très rare. Soit tout le monde s'entend vraiment ou tout le monde s'entend en se mentant.
C'est avec sa maison encore dans les cartons qu'il effectua sa rentrée. Le lycée était comme tous les lycées, des profs, des élèves et des surveillants. C'était un vieux bâtiment qui venait d'être restauré, il était assez grand avec de la verdure pour donner l'impression de ne pas être en prison. Le couloir qui le mena jusqu'à sa classe était vide et froid, des casiers rouges, un sol crème, des affiches des différents clubs que comportait le lycée, bref rien d'extraordinaire. Il avait quelques minutes de retard, il pressa donc son pas.
Il frappa à la porte, on le somma d'entrer. C'était madame Greendall, professeur de géographie. Elle était d'âge mûre et très coquette. Elle lui sourit, et ne fit pas de remarque sur son retard, c'était son premier jour, mais Brian s'excusa malgré tout. Sur lui, tous les yeux étaient braqués, il n'osait les croisés. En se cherchant une place, il jaugea furtivement le petit comité. Il y avait dans un coin les intellos coincé, au fond les rois du ballon avec leur pétasse collées au bask', c'était les joueurs de l'équipe de football américains et les pom- pom girls.
Au milieu, étaient installés ceux qui n'avaient aucune appartenance. Il y avait juste une place pour lui, Brian se faufila donc entre les tables afin de s'y asseoir. Il était tout content de son entrée discrète sans présentation. Il était attentif pendant le cours, même si ce programme il l'avait déjà vu. De temps en temps, certaines têtes se retournaient pour mieux regarder l'étranger qu'il était. Il leur souriait, il n'allait pas les fusiller, pas le premier jour en tout cas, cela ne se faisait pas. Puis la prof l'interrogea, sa réponse était remarquablement juste, ce qui lui attira quelques houements de la part de certains des rois du ballon. Face à ce genre d'attitude puéril, Brian se taisait. Il était partisan de répondre aux imbéciles par le silence.
Au réfectoire, c'était toujours la même histoire, le petit nouveau se retrouvait à la table située à côté du poteau. Brian s'en fichait, il valait mieux déjeuné seul que d'être mal accompagné. Mais bon, être le pestiféré n'était pas ce qu'il préférait.
- Salut étranger, dit une voix.
Brian leva des yeux hébétés qui se demandaient qui pouvaient bien lui parler. C'était Lisa la délégué de la classe et accessoirement celle que l'on laissait volontairement de côté. Pourtant elle n'était pas en retard sur la mode, elle n'était pas moche, son seul défaut était de ne pas avoir sa langue dans sa poche. Elle était la première à critiquer les méfaits des plus populaire du lycée. A leurs yeux elle était une révolutionnaire, elle était la seule qui mettait à mal leur petit monde parfait en ne les vénérant pas. Et comme punition, elle n'était plus invitée à toutes ses soirées de messieurs et mesdames popularité. Si le reste du lycée les idolâtrait, elle s'en en moquait. Pour Lisa rien ne sert d'être populaire, c'est une chose si éphémère surtout en fin d'année, encore quelques mois, et ils allaient tous tomber dans l'anonymat. Bref, son caractère faisait qu'elle était traitée comme une serpillière. Elle pris place juste en face de Brian, cette table, elle l'avait surnommée, "la table des neurones rescapées". De là, elle pouvait tout observer, elle avait une vue imprenable sur tout le réfectoire. L'endroit était grand, raisonnant, sans touche de couleur. Le sol couleur ciment était peu réjouissant, mais pas salissant. Les bais vitrées donnaient vue sur la partie bétonnée de la court.
- Tu viens d'où étranger, lui demanda-t-elle.
- D'une lointaine contrée, dit il, moi c'est Brian.
- Lisa, enchantée, fit elle d'un hochement de tête qui ramena une mèche sur son visage
- Moi je suis honoré.
- C'est pas Brian, demanda-t-elle puis elle se mit à rire, c'était une blague je suis pas conne, je ne suis pas pom- pom, se justifia-t-elle en ramenant sa mèche derrière son oreille.
Brian souriait, au moins une qui ne l'avait pas snobé. Il lui expliqua qu'il venait d'emménager car son père avait été muté dans cette ville. Son père était dans la communication, il avait eu une promotion qui entraînait une mutation, devenir responsable du département marketing valait bien un petit sacrifice.
Enfin un nouveau visage, se disait Lisa. Il n'avait pas l'air bête et semblait sympa au premier à bord. Lui il se demandait pourquoi elle était mise à l'écart.
- Je ne me conforme pas à leur règle et ça les gênes, fit elle pour réponse, je ne suis pas un mouton, dit elle d'un haussement d'épaule.
Brian constata qu'elle avait effectivement du caractère, elle semblait être leader pour elle- même, mais pas pour les autres, alors être un mouton sans opinion, pas question!
Lisa le briffa sur ce qu'il fallait connaître pour lui éviter des trucs pas chouettes, comme se retrouver dans une poubelle. Dans leur classe, les seuls qui allaient peut être lui pourrir la vie, c'était les messieurs du ballon et les filles pendu à leurs caleçon. Le leader de cette petite bande en recherche perpétuelle d'attention, c'était Ron Williams. Normal, c'était le quater back du lycée, il sortait avec Cristale chef des pom- pom girls. Comme par hasard les deux personnes les plus populaires étaient en couple. D'un lycée à un autre, les murs ne bougeaient pas, elles étaient immuables comme les castes en Inde. Le reste de leurs acolytes, tenaient le rôle de sujets. Chaque année, ils étaient élus roi et reine du lycée, pas étonnant, ils avaient une beauté qui se conjuguait avec tête couronnée. Ron était grand, musclé, fort, les yeux marrons, les cheveux châtain foncé gelés à la dernière mode, en un mot le mâle dans toute sa splendeur. Cristale, était quant à elle blonde avec un balayage de mèche plus clairs, son style était étudié, son corps faisait bavé, c'était la bimbo du lycée un peu écervelée certes, mais bimbo envers et contre tous. Brian était amusé par le portrait que Lisa avait dressé. Il ne serait donc pas dépaysé par son nouveau lycée.
Question beauté, Lisa n'avait rien a envié à Cristale, elle avait juste oublié d'être bête.
Des cheveux bruns coupés au carré légèrement dégradés sur les côtés, soulignaient les contours de son visage au teint clair. Elles les portaient souvent derrière ses oreilles, ou elle faisait une queue. Son visage était toujours dégagé, elle n'avait rien à cacher, surtout pas son sourire qu'elle partageait à qui le voulait. Lisa était de nature très sociable, toujours à l'écoute des autres. Elle s'était présentée à l'élection de délégué pour pouvoir défendre le cas de ses petits camarades. Ils pouvaient tous compter sur elle, même ceux qu'elles n'appréciaient guère de par leur suffisance naturelle.
Brian lui n'était pas à la tête d'une équipe de sportif, mais il n'était pas si mal pour autant. Les cheveux bruns, les yeux clairs, de taille moyenne, pas gros pas mince, juste ce qu'il fallait.
Leur duo était proche de la normalité, mais le couple que formait Ron et Cristale se rapprochait de la superficialité. Deux mondes bien différents qui essayaient de vivre malgré tout en "paix".
Brian constata également que la bouffe de la cantine était partout la même aussi appétissante au possible.
- Tiens, monsieur et madame superficialité viennent de nous regarder, dit Lisa en reprenant une bouchée.
- Ha ouais, j'ai raté cette attention, dit Brian en rigolant.
- Ils doivent se demander ce que tu fais avec moi, désolé à cause de moi tu vas être catalogué dans les "à éviter", dit elle en souriant.
- Comme je suis triste, dit il en faisant mine.
Ils se mirent à rigoler, leur complicité commençait.
Après les cours, Brian rentra directement chez lui, il n'avait pas à traîner, pour la simple et bonne raison qu'il ne connaissait personne, normal pour un premier jour d'école.
De retour chez lui, Brian constata que sa mère était encore dans les cartons. Elle était affublée pour l'occasion. Elle portait un jean, et une chemise bleu ciel à carreaux dont les manches étaient retroussées jusqu'au coude. Ses longs cheveux châtains étaient coiffés en chignon d'infortune, le tout maintenu par un stylo. Elle avait passé sa journée à tout déballer, elle en voyait presque la fin. La mère de Brian était une mère au foyer dévouée et au petit soin, toujours disponible pour véhiculer son fils à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit à l'époque où il n'avait pas encore son permis. Son mari et son fils étaient tous pour elle et ils le lui rendaient bien. Avant d'être femme au foyer, elle occupait le poste de commercial dans une concession automobile. Son mari lui demanda de démissionner lorsqu'ils avaient appris l'heureux évènement.
- Comment s'est passée ta journée, lui demanda-t-elle tout en ouvrant le carton des linges de maisons.
- Rien d'extraordinaire, fit Brian.
- C'est ton premier jour, dit elle compatissante.
- Une seule personne m'a abordé.
Sa mère eu une mine réjouit, son fils a été abordé le premier jour dans sa nouvelle école, d'habitude il lui fallait une bonne semaine pour faire la connaissance des autres.
- Qui, s'enquit elle.
- Lisa, une fille sympathique au premier à bord, bien loin des autres énergumènes.
A cette remarque sa mère sortit la tête du carton.
- Elle est jolie ?
- Maman, fit Brian d'un air agacé.
- J'ai rien dit, fit elle accroupit en agitant les torchons qu'elle avait en main, comme si elle agitait des drapeaux blancs.
Il alla ensuite prendre son goûter avant de venir l'aider. Elle lui fit part de sa rencontre d'avec le voisinage. Elle avait eu quelques visites de gens fort sympathique au cours de l'après midi.
Au bout d'une semaine tout était à sa place, le lycée se passait de mieux en mieux, enfin Brian s'y était habitué, ses parents se firent de nouveaux amis, et tout allait pour le mieux dans le nouveau boulot de son père.
Maintenant après les cours, Brian et Lisa traînaient sur le terrain de sport du lycée. C'est installé dans les gradins qu'ils faisaient leurs devoirs, le bruit des pom- pom girls et des joueurs étaient le fond sonore de leurs conversations. Le clan des populaires avait leur groupie et autre fan installé autour du terrain. Brian et Lisa, quant à eux s'en moquaient bien, mais ils ne rataient pas une occasion de se moquer d'eux. Ron l'avait remarqué et n'arrêtait pas de regarder dans leur direction, il avait un regard agacé comme si il savait qu'on parlait sur lui. Brian et Lisa le voyaient très bien ce qui les amusaient d'autant plus. Après l'entraînement, Ron et ses coéquipiers regagnèrent les vestiaires, sans son casque le visage de Ron était plus expressif lorsqu'il regardait en direction de Lisa et de Brian.
- Si l'homme pouvait tuer d'un simple regard on serait déjà mort, dit Lisa en regardant Brian avec un regard rieur.
- Allez restons pas là, j'ai pas envi de me faire fusiller, dit Brian.
Chapitre 2: Une demande inattendue
Cela faisait déjà trois semaines que Brian était arrivé dans la région et déjà il avait ses habitudes matinales. Tous les matins, il se rendait au lycée en voiture en compagnie de Lisa qu'il allait chercher, elle n'habitait pas très loin de chez lui, il avait juste à faire un petit détour.
Ce matin là, n'était pas comme les autres, c'était le jour de la remise des copies d'un devoir surprise. Brian était stressé, mais il n'avait pas à l'être, Lisa elle avait eu du mal à s'endormir la veille, elle en avait fait des cauchemars toute la nuit. Sérieux comme ils étaient, aux yeux des autres, ils étaient sûrs d'avoir la moyenne au moins. Mais chacun d'eux avaient quelques doutes, ils ne se considéraient pas comme ayant la science infuse, donc comme tous les autres ils avaient l'estomac noué. Dans la classe aucune mouche ne volait lorsque le professeur d'histoire fit son entrée. Il se dirigea vers le bureau et toisa la classe derrière ses petites lunettes de savant fou. Il sorti de sa serviette un paquet de copie. Tous les yeux étaient rivés vers ce tas que ils auraient bien fait disparaître le professeur avec. Il fit d'abord l'appel afin de maintenir le suspens, il le voyait bien, ses petits élèves n'étaient pas dans leur assiette. Il bavassa quelques mots sur le niveau de la classe, comme partout il y avait du bon et du moins bon. Il se leva de sa chaise qui crissa sur le sol et prit le paquet tant redouté. Les copies étaient classées dans un ordre croissant. Il était exactement comme ses professeurs sadiques qui aimaient à humilier en quelque sorte les élèves les moins doués. La peur était d'autant plus grande que d'entendre son nom cité dans les premiers, et tous se mettait à deviner quel à être le prochain cité, et parfois même certains riaient. Mais ils riaient parce qu'ils étaient de la même bande, jamais quelqu'un d'extérieure n'oserait en faire autant sauf privilège des rois du ballon. Les premiers à rire, c'étaient ceux de la bande de footballeur, leurs noms étaient cités les premiers Ron n'y avait pas échappé. Cristale et ses copines étaient des élèves moyenne voir très moyennes. Par contre aucune surprise de voir la bande des intellos entendre leurs noms cité dans les derniers. Quant à la bande des "j'appartiens pas à un groupe" leurs noms étaient avant dernier et dernier. Ils n'étaient que deux dans cette bande. Lisa eu un A et Brian un A+. Comment le petit nouveau avait il pu les supplanter, se demandaient les "grosses têtes".
Le prof lui, étaient agréablement surpris, il n'avait pas accueillit un attardé de plus se disait il. Il procéda ensuite à la correction. Lisa fit un clin d'il à Brian pour le féliciter. Ils s'échangèrent leur copie pour voir ce que l'autre avait répondu et comment il l'avait formulé. Dans le fond de la salle, ça pestait, ça jacassait, la jalousie les faisait se moquer. Moquer la réussite des autres c'était la meilleur. Cristale était forte à ce jeu là, Ron calma un peu ce passe-temps ainsi que les railleries de ces coéquipiers.
A peine la sonnerie retentit que tout le monde s'enfuyait. Le clan des populaires ne se gêna pas pour bousculer nos deux petits cerveaux. Zéro d'âge mental se disait Lisa. Ron lui avait été interpellé par le prof, il ne pouvait pas donc s'enfuir avec ses amis. Il les regarda partir en faisant sa tête des mauvais jours tout en rajustant son sac sur son épaule.
Dans le couloir, Lisa et Brian n'en revenaient toujours pas de la note qui leur avait été attribuée.
- Faut croire que nos révisions sur les gradins, ce n'est pas pour rien, dit Lisa en ramenant sa mèche derrière son oreille. Cette habitude était systématique.
- Ouais faut croire, fit Brian en haussant les épaules et en replongeant ses yeux sur la note inscrite au feutre rouge.
Ron passa devant eux, il avait l'air soucieux presque mécontent, cela avait peut être un rapport avec la discussion qu'il avait eu avec le professeur d'histoire. Ils le regardèrent passer se demandant bien ce qu'ils s'étaient dits.
Brian et Lisa se rendirent ensuite dans la cour à l'ombre de ce qui était devenu leur arbre, enfin lorsqu'il n'y avait pas déjà quelqu'un. Lisa regarda autour d'elle et confia à Brian qu'elle était pressée de se tirer d'ici, elle n'y avait pas de bon souvenir à part ses trois dernières semaines, elle s'y était faite un ami. Elle regarda Brian lorsqu'elle prononça ce mot. Au même instant l'interphone du lycée commençait émettre du larsen, puis on entendit le son d'une voix, elle avertissait Brian qu'il était convoqué immédiatement dans le bureau du proviseur. A cette annonce tout deux furent surpris. Brian prit la couleur de l'herbe sur laquelle ils étaient assis.
- Merde, moi qui avais enfin trouvé un ami, dit Lisa en rigolant.
Brian se leva et ramassa son sac, il passa ensuite instinctivement sa main au niveau des poches arrière de son jean délavé, afin d'enlever d'éventuel brins d'herbes clandestins.
Il rigolait également, mais il s'interrogeait sur ce qu'il avait bien pu faire pour avoir l'immense honneur d'être convié dans le bureau du proviseur. Il rassembla ses affaires et se dirigea vers l'administration en jetant un dernier regard à Lisa. L'inquiétude se lisait sur son visage, qu'avait il pu faire de mal se demandait en arpentant le couloir sombre de l'administration.
La secrétaire le reçu et informa le proviseur de sa présence. C'était une femme d'âge mûr, certainement une figure incontournable du lycée, suffisamment âgée pour avoir connu certains parents des lycéens actuels.
- Ne vous inquiétez pas il ne va pas vous mordre, dit elle en le regardant avec un sourire qui faisait se friser son visage.
Brian sourit, il commença à se détendre. Elle lui faisait penser à une grand-mère qui voulait le rassurer. Il ne lui manquait qu'un biscuit.
Le proviseur ouvra la porte de son bureau, ce qui fit sortir Brian de ses pensées. Il était impressionnant de par sa carrure un peu bedonnante, il portait des petites lunettes qui cachaient à peine ses yeux malicieux, il avait l'air d'un joyeux luron. C'était le genre de personne à s'énerver seulement à l'occasion. Tout en pénétrant dans le bureau, Brian vit qu'il y avait quelqu'un d'autre, dont le dos tourné à la porte. Il ne voyait pas vraiment qui cela pouvait il être. C'est seulement lorsqu'il prit place qu'il vit que c'était Ron. Pourquoi était il convoqué en même temps que ce dernier, ils n'avaient rien avoir ensemble, ils ne se connaissaient même pas, seulement de vu et encore.
- Alors dit moi, tu t'es bien adapté à notre lycée, demanda le proviseur en s'adressant à Brian.
- Oui, ça va, dit Brian sous le regard de Ron callé dans son fauteuil et pas très à son aise.
- J'ai parcouru ton dossier scolaire et j'ai pu constater que tu étais très lié avec les A, dit le proviseur en souriant.
- On peut voir les choses sous cet angle, dit Brian en souriant tout autant.
C'était un sourire gêné, Brian n'aimait pas que l'on fasse l'étalage de ses aptitudes scolaires.
Il ne savait plus où se mettre cela aurait été mieux si Ron n'était pas là, pensait il à cet instant.
- Profitant que tu sois un bon élément, je voulais savoir si tu avais du temps à consacrer à notre ami Ron ici présent.
Ami c'était vite dit pensa Ron, et Brian également sinon plus.
- Du temps pourquoi exactement, demanda Brian un peu étonné par cette sollicitation.
- Comme tu dois le savoir, Ron est capitaine de l'équipe de foot, c'est un très bon joueur, mais scolairement il serait bien que tu lui apportes quelques unes de tes connaissances, afin qu'il ne soit pas que bon dans le foot, mais bon un peu partout. Ma politique c'est que le sport c'est bien, mais le cerveau ce vaut également.
Quand Brian ne soutenait pas le regard du proviseur lorsqu'ils se parlaient, il jetait un coup d'il autour de lui. Le bureau du proviseur n'était pas bien grand, presque intimiste. Le mobilier était pauvre, un bureau et une armoire en fer voilà ce qui meublait l'espace presque exigu. Brian avait noté une potée fleurie sur le rebord de la fenêtre, le proviseur avait il la main verte ? A cette réflexion Brian compris qu'il s'était détendu au point de penser à autre chose tandis que le proviseur s'adressait à lui.
- Je serais en somme un genre de tuteur scolaire, demanda Brian peu sûr de lui lors de la prononciation de ses mots.
Cette hésitation décocha un sourire au proviseur.
- Tuteur exactement, il faut que tu remettes cette pousse la plus droite possible, afin qu'elle puisse voir sortir ses fleurs.
Ron leva les yeux au ciel en pensant intérieurement qu'il n'avait que faire d'un tuteur scolaire. Sur sa chaise il serrait des poings, l'absurdité de cette réunion l'agaçait au plus haut point.
Brian souriait intérieurement à cette métaphore. Comparer Ron le colosse à une petite pousse était assez amusant.
- D'accord, je peux lui consacrer un peu de temps.
Le proviseur ravi de cette réponse se tourna vers Ron en posant ses mains jointes sur la paperasse qui cachait son bureau.
- Parfait, qu'en dis tu Ron, demanda le proviseur en tressautant dans son fauteuil en cuir noir.
Ron se redressa pour répondre, il était peut être nul en classe, mais avait de bonnes manières.
- Si ça peut aider à quelque chose, dit Ron peu enthousiaste par ce revirement de situation.
Le proviseur ne se formalisa pas sur le débordement de joie de Ron, c'était un jeune, difficile qu'il soit emballé pour travailler.
Il espérait néanmoins que cette collaboration permettrait à Ron de s'en sortir en dehors du monde sportif, même s'il était doué, il ne serait pas à l'abri d'une blessure dans le futur qui l'obligerait à tout arrêter, Ron aurait alors au moins un bagage, une corde de plus à son arc.
Ron et Brian sortirent du bureau sous le regard bien veillant de la secrétaire. Ron ne desserrait pas la mâchoire, il lui dit au revoir d'un hochement de tête. Cette réunion l'avait fait se sentir si petit. Il n'était pas du genre à demander de l'aide lorsqu'il était en difficulté, mais là on l'y avait un peu forcé et il devait s'y plier. De son côté Brian, se demandait ce qu'il allait bien pouvoir faire avec son "élève", il n'avait jamais été de manière officielle un soutien scolaire et en plus sur la demande expresse d'un proviseur. . Il avait l'habitude de donner un coup main, mais pas de véritable soutien. Ron semblait être une forte tête, cela n'allait pas être une mince affaire. Et puis, il aurait toujours de bonne raison pour ne pas l'écouter, c'est vrai il n'avait pas de réelle autorité à laquelle Ron devrait s'y conformer. Brian ne voyait que les difficultés, et pensait que Ron ayant l'habitude d'être le meneur ne se laisserait pas facilement mené, il se braquerait certainement.
- Il faudrait qu'on s'organise, dit Brian en marchant dans le couloir.
- Ça doit te faire plaisir, tu dois te sentir supérieur, fit Ron en regardant droit devant lui.
Il regardait en direction de la sortie, la lumière blanche du soleil au loin était tout ce qu'il voyait. Il pressa son pas sans s'en rendre compte, il voulait oublier ce qui s'était dit dans le bureau.
Les prévisions de Brian s'étaient confirmées, Ron allait être difficile à gérer. Il ne comprenait pas pourquoi Ron lui disait cela, peut être était il victime de son amitié avec Lisa ?
Brian accéléra son pas afin de rester à sa hauteur.
- On m'a demandé de t'aider et pas de t'enfoncer, alors si tu veux on fixe un programme pour travailler, répondit Brian à ce qui pouvait passer pour un complexe d'infériorité.
Ron s'arrêta brusquement et posa sa main sur l'épaule de Brian afin de le freiner.
- D'accord, mais c'est moi qui fixe les règles, dit il en appuyant son index sur la bretelle du sac de Brian.
Ce dernier jeta un il sur ce geste t'intimidation, et regarda Ron droit dans les yeux l'air de lui faire comprendre qu'il n'était pas intimidable.
Et voilà, une fois de plus il se positionnait en leader, c'est lui qui imposait et les autres n'avaient qu'à le suivre. Pourtant, il n'était pas en mesure d'imposer, mais Brian le laissa s'exprimer.
Ron voulait que leur collaboration ne fasse pas le tour du lycée, il ne voulait pas passer pour un élève en difficulté aux yeux de tout ceux qui l'admiraient. Il voulait déguiser cette collaboration en une perte de pari dont l'enjeu pour le perdant était de faire les devoirs de l'autre si jamais cela venait à se savoir. Brian trouva ceci un peu tiré par les cheveux, mais Ron était du genre à parier en longueur de journée sur tout et n'importe quoi. Il accepta, il connaissait la vérité et sa réputation il s'en enfichait. C'est donc dans le hall de l'administration que l'affaire c'était réglée. Ils avaient prévu de se voir pour travailler après chaque entraînement, et juste après les cours les jours où il n'y avait pas entraînement. Et aussi le mercredi après midi, et les week-ends si nécessaire. L'endroit proscrit pour travailler était bien sûr le lycée, mais aussi la bibliothèque municipale même si celle ci était rarement fréquentée par les gens du lycée. Ron n'avait pas les cartes en main, mais il était d'une exigence consternante. Il rajusta son blouson rouge et crème avant de quitter le bâtiment. Il somma Brian d'attendre dix minutes avant d'en sortir, il était hors de question de se montrer ensemble pour ne pas éveiller de soupçons.
Après que le temps qui lui était imparti soit écoulé, Brian rejoignit Lisa, qui resta étonné après ce que Brian lui avait annoncé.
Lisa se tenait debout le dos recourbé comme si le ciel venait de lui tomber sur la tête. Elle se tenait le menton en essayant de comprendre ce qui se passait.
- Tu vas l'aider à faire ses devoirs, demanda-t-elle surprise.
- Baisse le volume, il ne faut pas que ça se sache, murmura-t-il, il posa une main sur son épaule et la guida pour s'assoire auprès du tronc d'arbre auquel elle s'adossa.
Lisa était sidérée et amusée à la fois, Brian allait infiltrer de manière assez clandestine le monde de la superficialité. Tout en le briffant un peu pour ne pas qu'il l'oubli, elle ramassait ses cheveux à l'aide d'un élastique. Brian la regardait faire en se disant qu'elle avait un très beau visage, des traits fins et de beaux yeux gris. Ils étaient morts de rire à l'énonciation de cette bêtise, Lisa la première, elle avait un joli rire que Brian avait su faire plus présent. Lisa était rassurée sur le fait qu'ils allaient malgré tout continuer à travailler ensemble sur les gradins. L'arrivée de Brian lui avait apporté un nouveau souffle.
La collaboration cachée allait prendre effet cet après midi même, il n'y avait pas d'entraînement, pour un premier contact cela était plutôt idéal. La maison de Ron se situait dans les écarts de la ville. C'était une immense propriété, la maison à elle toute seule devait faire plus de sept cent mètre carré, Brian était bluffé par une telle immensité. L'architecture de la maison était en bois épais, il a du falloir décimer toute une forêt. Ce n'était pas un jardin qui l'entourait, mais plutôt un parc tellement il y avait d'hectare. Il y avait des jardiniers qui s'y afféraient. Brian gara son auto juste derrière celle de Ron, il l'avait suivit en voiture, ils avaient été discrets. L'intérieure de la maison était d'un luxe que Brian n'avait jamais vu. Ron lui était blasé, depuis le temps qu'il y vivait. Depuis les premiers jours de sa naissance jusqu'à maintenant, il avait une cuillère en argent dans la bouche, l'argent c'était tout ce qu'il connaissait. Ses parents étaient dans les affaires et toujours en déplacement. Pour résumer, Ron était fortuné. Il vivait la plupart du temps seul, ses parents ne faisaient que passer entre deux avions. Pour ainsi dire il avait été élevé par les employés de la maison.
Ron passa d'abord dans la cuisine pour se préparer quelque chose à manger, il proposa une pause sandwich avant d'aller travailler. La cuisine faisait au moins la moitié de la maison de Brian. Elle était toute équipée du sol au plafond, tout était high tech. Ils mangèrent sans échanger, Ron était silencieux presque mystérieux. Seul le craquement des chips au goût barbecue se faisait entendre, ils s'échangèrent des regards furtifs, mais pas un mot. Ron épousseta les miettes tombées sur son blouson, avant d'ouvrir une bouteille de cola. Le bruit de l'échappement du gaz brisa le silence religieux installé dans la cuisine, silence qui les avait suivit de la voiture jusque dans la maison. Il servit Brian et se servit ensuite. Il but son verre d'une traite et attendit que Brian ait terminé le sien. D'un mouvement de tête il fit comprendre à Brian qu'il fallait le suivre.
Ils se dirigèrent dans sa chambre, elle était immense on aurait dit une suite. La porte donnait d'abord sur un coin salon, il y avait un canapé turquoise avec devant lui une table basse. Sur le mur auquel il faisait face, il y avait un écran plat d'assez grande taille de suspendu, juste au dessous il y avait un meuble sur lequel était entreposés lecteur DVD et plusieurs consoles de jeu. Le parquet était habillé de tapis. L'autre côté de la pièce se situait à deux marches de hauteur, il y avait un grand lit et un grand placard encastré. La couleur des murs était d'un gris bleuté, Brian ne savait pas trop quel ton exactement, peut être de l'ardoise, cela donnait un côté sophistiqué à la pièce. De la lumière il y en avait, chaque partie comprenait une immense bais de fenêtre encadrée par des rideaux blancs et crème, devant laquelle il y avait une banquette. Entre ses deux banquettes, il y avait un bureau sur lequel, un ordinateur portable dernier cri était en train de télécharger illégalement des fichiers pour sa consommation personnel. La chambre devait faire plus de quarante mètre carré et possédait des équipements de plusieurs milliers de dollar. Elle ressemblait d'avantage à un loft qu'à une chambre normale. Pas étonnant que Cristale sorte avec lui, se fit pour réflexion Brian.
Ron enleva enfin son blouson qu'il ne quittait pas de la journée, Brian découvrir alors un polo bleu grisé, porté un peu prés du corps comme à la dernière mode. C'était incontestablement un athlète, le polo dessinait chacun de ses muscles qu'il cachait.
Il était temps de se mettre au travail, Brian ne voulait pas rentrer trop tard. Ron s'installa sur son lit, c'était là qu'il avait l'habitude de travailler. Affaler sur le flan il commença à ouvrir son livre. Brian à côté du bureau le regardait tout en pinçant les lèvres en signe de contestation. Ron compris à son air que quelque chose ne lui convenait pas. Il se redressa et pris enfin la parole.
- Qu'est ce qu'y a ?
Brian gêné cherchait les mots qui ne le vexeraient pas.
- Le bureau se serait mieux, fit il en passant le doigt dessus.
Ron s'exécuta dans un grand soupire qui ne cachait pas son mécontentement. Brian n'en avait rien à faire, c'était lui le professeur particulier, Ron n'avait qu'à s'y plier. Et miracle, il s'y plia même si sa tête affichait le contraire. Ron le narguait de sa grandeur, il avait au moins une tête de plus que Brian. Il déplaça son portable afin de se faire une petite place. Brian lui demanda par quoi il voulait commencer, Ron haussa les épaules, il ne savait pas et ne voulait pas savoir. Brian suggéra la géographie pour un début en douceur et aussi pour voyager un peu. L'Asie était au programme, l'économie, l'agriculture, la situation climatique, le mode de vie. Il posa quelques questions générales sur cette partie de la planète, les chinoises sont très jolie lui fit Ron pour réponse. Brian comprit à cet instant que faire travailler Ron n'allait vraiment pas être une mince affaire. Il décida d'aborder son travail avec lui comme un dressage de chien. A chaque bonne réponse, Ron aurait droit à une récompense qui se traduirait par minute de jeu vidéo après chaque cours étudié, histoire de faire une pause. Pour aujourd'hui Ron n'eu droit qu'à deux minutes de pause entre chaque cours. Mais bon il savait que Brian parti, il aurait tout le loisir de s'y adonner. Toutefois pour une première fois, leur collaboration semblait prometteuse. Loin de l'influence de ses copains, Ron faisait moins le malin et jouait à un nouveau jeu. Bientôt peut être il le jouerait pleinement. Brian n'espérait qu'une chose, que Ron puisse arriver le plus possible à retenir les cours afin d'avoir plus de minutes pour jouer à la console, activité quand même plus amusante.
Ils finirent de travailler vers dix huit heures. Brian rassembla ses affaires et félicita Ron pour ce qu'il avait fait, il l'aurait bien donné un susucre, mais il n'en avait pas sur lui. Ron était assez satisfait de ce qu'il avait fait également, il avait juste besoin d'être encadré et motivé pour pouvoir travailler.
Brian rentra chez lui où ses parents l'attendaient pour dîner, Ron lui, resta dans sa grande maison seul avec lui-même et son plateau télé, plus tard il aurait une visite nocturne de Cristale.
Brian reçu un coup de fil après dîner, c'était Lisa, elle voulait savoir comment son calvaire s'était passé. Il lui raconta les grandes lignes et surtout celle de la maison. Il avait su amadouer un peu Ron, mais il n'en espérait pas plus. C'était un gosse de riche qui pouvait tout acheter alors son avenir était tout tracé, le strict minimum c'était ce à quoi il s'attendait. Après avoir raccrocher, il regarda sa chambre, elle était vraiment minuscule par rapport à celle de Ron.
Chapitre 3: Des rapports plus détendus
Le lendemain au lycée, c'était comme si rien ne s'était passé, Ron et Brian ne s'adressèrent pas la parole, même pas un regard. Lisa était amusée d'être la seule à savoir ce qu'il se passait. Pendant les cours Ron avait été interrogé, et à la surprise générale, il ne s'était pas trompé. Brian souriait, Lisa elle lui fit les grands yeux qui disaient "bravo professeur", elle leva le pouce de la victoire également. Brian étouffa ses rires dans son livre. Lisa ne ratait pas une occasion pour se moquer de lui à présent.
Au réfectoire rien n'avait changé tout comme la bouffe que l'on servait, Brian et Ron étaient de parfait inconnu et Lisa s'en amusait toujours.
- Quel connard n'empêche, il aurait pu venir te saluer.
Lisa trillait les oignons dans la salade qu'elle avait prit en entrée. Les oignons étaient selon elle un tue l'amour, impossible d'aborder une personne avec une haleine empestant l'oignon cru.
- Et pourquoi faire, demanda Brian d'un ton ne laissant transparaître aucune contrariété.
- Et pourquoi pas, répondit Lisa avec son air de ne pas croire en ce qu'elle disait.
Elle fit soudain la grimace, un morceau d'oignon avait échappé à son service d'ordre. Brian ne pu s'empêcher de rire à la tête qu'elle faisait.
- Au lieu de te focaliser sur quelque chose qui n'en vaut pas la peine, occupe toi de tes oignons, lança Brian en rigolant.
Lisa fit des simagrées pour réponse et but ensuite le jus qu'elle avait pris afin d'atténuer le goût désagréable qu'elle avait en bouche.
Après les cours directions les gradins, entre deux relectures, ils partageaient leur avis sur un sujet qui leur passait par la tête, mais revenait surtout sur le sujet du moment.
- Et donc ce soir après l'entraînement tu vas le faire travailler, demanda Lisa tout en tapotant son crayon contre son menton.
Brian ne pris même pas la peine de quitter son livre des yeux. Il tournait les pages à la recherche de celle qu'il avait repéré plus tôt dans la journée.
- Ouais, répondit Brian résigné.
- Woah, tu vas rentrer tard alors, quel courage, pour un gars qui n'en vaut pas la peine, dit elle en regardant Ron qui courrait sur le terrain.
Brian leva enfin la tête à la recherche du regard de Lisa qui était dirigé ailleurs. Il en fit tout autant et ses yeux se braquèrent alors sur Ron en pleine accélération ballon en main.
- Je ne peux pas le laisser tomber, surtout au bout de la deuxième fois, et puis je n'ai pas trop le choix, le proviseur qui compte sur moi.
- Si t'as pas la médaille d'honneur je me fais castré, dit elle en rencontrant enfin le regard de Brian.
Suite à cette réplique leurs éclats de rire se firent entendre jusque sur le terrain, ce qui attira l'attention des joueurs et des autres personnes. Ils ne savaient plus où se mettre. Cristale les snobait du regard, elle ne semblait pas être au courant de ce qui se passait, elle était trop occupé à se manucurer et à se brushiner.
Après que les joueurs soient entrés dans les vestiaires pour se doucher, Brian se rendit toujours chez Ron. Il poirota une heure, avant que ce dernier n'arrive à vingt heures. Ron s'excusa, il ne pouvait pas faire faux bon à ses amis, ils avaient l'habitude d'aller bouffer ensemble le jeudi après s'être entraînés.
- Tu aurais pu me prévenir, dit Brian.
Ron haussa les épaules.
- J'n'ai pas ton numéro, lui fit il pour réponse.
- Ok, mais t'avais toute la journée pour m'en informer, dit Brian agacé d'avoir perdu son temps.
- Désolé, répondit Ron d'une petite voix et en baissant presque les yeux comme un enfant qui venait de faire une bêtise.
- Plus vite je te ferais travailler, plus vite je pourrais rentrer, répondit Brian fatigué de l'avoir attendu.
Ils allèrent directement à la chambre et Ron se concentra tout aussi vite, il se sentait fautif. Pendant qu'ils discutaient du thème abordé, l'estomac de Brian se fit entendre, il était déjà vingt une heure trente et il n'avait encore rien mangé.
- Tu veux quelque chose à manger, demanda Ron.
- Non.
Mais son n'estomac ne l'entendait pas de cette oreille et se fit de nouveau entendre.
Ron se retourna de nouveau vers lui avec cette fois ci un sourire. Le premier sourire complice qu'il fit à Brian depuis leur rencontre.
Il lui dit alors d'aller à la cuisine et de mettre quelque chose au micro onde, lui il resterait là pour terminer ce qu'il avait à compléter. Brian s'exécuta et alla manger.
Il y avait du choix dans le réfrigérateur à l'américaine. Après plusieurs hésitations, il prit des lasagnes qu'il enfourna. Il partit ensuite à la recherche de couverts, il ouvra les tiroirs les uns après les autres, le bruit métallique que fit l'un d'eux avait mis fin à sa recherche, les fourchettes et couteaux s'y trouvaient. Pour l'assiette il n'eut pas de mal à en trouver, il prit l'une de celles qui étaient posées sur l'égouttoir en bois. Il alluma ensuite le poste de télé et mangea en compagnie des clips diffusés sur la chaîne musicale. Pas trop mal comme surgelé se disait il.
Ron descendit le rejoindre avec son travail à la main. Il le donna à Brian pour qu'il le vérifie, pendant ce temps il reposait ses yeux sur l'écran, tout en piochant dans l'assiette de Brian. C'était une habitude de manger tout ce qui traînait à sa portée. Brian le regarda l'air de dire "mais qu'est ce que tu fais". Ron s'excusa.
- Pas grave tu peux les finir même si j'avais pas terminé.
Décidément ce soir Ron avait tout faux, sauf pour ses devoirs, apparemment il travaillait bien lorsqu'il culpabilisait. Vingt deux heures trente, il était l'heure pour Brian de rentrer, sa mission du jour était terminée.
- Ton numéro au cas où, demanda Ron avec un sourire.
Brian l'écrivit sur le bord d'une feuille. Puis, il monta dans la chambre pour récupérer ses affaires. Il quitta ensuite la maison laissant Ron devant le poste de télévision, une fois encore il serait seul. Cristale était privé de sortie pour avoir massacrer les cheveux de sa soeur qui lui avait piqué son gloss, d'habitude c'était elle qui lui tenait compagnie dans cette grande maison vide.
La semaine suivante, Ron et Brian avaient convenu de se retrouver chez ce dernier pour travailler le jeudi. Brian ne voulait plus prendre le risque de poiroter. Ron arriva après que Brian et ses parents aient terminés de dîner. C'était à son tour de découvrit la maison de son "professeur". Rien de comparable avec la sienne, elle était moyenne et chaleureuse. Il fit la connaissance de ses parents. Ces derniers étaient peu habituer, voir pas habituer du tout, à ce que Brian amène sous leur toit un camarade de classe capitaine de l'équipe de foot. Brian ramenait rarement des gens à la maison. Dans son ancienne ville, ils n'avaient vu que deux personnes et juste pour quelques minutes. Il voyait bien en cela le rôle du proviseur.
Brian emmena ensuite Ron dans sa chambre qui était loin d'être une suite, impossible d'y faire tenir un canapé. Il y avait tout juste un lit deux places, un chevet, un bureau, une étagère et un placard. Brian avait terminé son travail depuis longtemps, ce soir il allait juste superviser Ron qui prenait place à son bureau. Pendant que Ron bûchait, Brian était allongé sur lit avec son mp3 dans les oreilles. La chambre était silencieuse, Ron travaillait et Brian rêvassait. Après avoir terminé le premier cours, Ron demanda à Brian où était sa console, il avait gagné le droit de se détendre cinq minutes. Brian lui dit alors qu'il n'avait qu'une télé en panne dans sa chambre et qu'une console n'aurait servi à rien.
- Et comment je fais pour me détendre, demanda-t-il atterré par la nouvelle.
- Ça fait des années que tu te détends, tu peux bien faire sans pour une fois.
Ron sourit à la pique qu'il venait de recevoir en pleine face.
- Je sais pas quoi te proposer pour te divertir, dit Brian en regardant autour de lui, tu veux peut être que je te passe mon mp3, demanda-t-il ensuite en haussant les sourcils.
- Non, j'ai quelque chose de plus intéressant, dit Ron avec le sourire, on va jouer au jeu de la vérité, je te pose des questions et t'es obligé de me répondre.
Brian leva les yeux au ciel, tandis que Ron s'impatientait sur sa chaise avec un large sourire.
- Si ça t'amuse, mais bon te plaints pas si j'ai pas grand-chose à dire, dit Brian saoulé à cette simple idée. Il se cala contre les oreillers histoire d'être confortablement installé pendant qu'il prendrait son mal en patience.
Ron demanda à Brian comment était sa vie avant de venir ici, si ses amis ne lui manquaient pas trop, si il n'avait pas du laisser de petite amie. Brian souriait à chaque énoncé des questions. Il y répondit en toute franchise. Sa vie avant de venir ici était toute tranquille, il n'avait pas besoin de servir de soutien scolaire, d'amis il n'en avait pas beaucoup et puis les amitiés du lycée ce n'est jamais fait pour durer, et de petite amie il n'en avait pas laissée.
- De petit copain alors, demanda Ron charrieur.
Brian pencha sa tête sur le côté droit et la balança en souriant. Il repensa alors à Greg Fisher un mec qu'il avait rencontré l'année dernière. Ce n'était pas une grande histoire, elle dura à peine quelques mois, il avait finit par le quitter pour incompatibilité de caractère.
- Pas de petit copain non plus, dit Brian en souriant.
Ron croisa mains et jambes tout en se balançant sur la chaise.
- Lisa et toi vous êtes ensemble, demanda Ron curieux de savoir la réponse.
Cette question fit sourire Brian, un jour ou l'autre il savait qu'elle arriverait. Sa mère déjà n'arrêtait pas de faire des allusions, les gens au lycée devaient certainement se faire aussi des idées.
- Lisa et moi on est ensemble autant que toi et moi, répondit Brian.
Pas de doute sur la réponse Lisa et Brian n'étaient que de simples amis qui simplement ne se lâchaient pas d'une semelle.
Ron n'abandonna pas pour autant le sujet dans lequel il s'était lancé.
- Et y a quelqu'un qui te plaît au lycée ?
Brian souriait à la ténacité de Ron. Pourquoi la vie sentimentale des autres est une préoccupation pour un grand nombre de gens, se demandait Brian.
- Les cinq minutes sont écoulées, retourne bosser, dit il en s'allongeant et en remettant ses écouteurs.
Ron n'était pas satisfait, il n'avait pas eu de réponse. Il fit pivoter la chaise et retourna travailler. Il essaya de faire au mieux afin d'avoir plus de temps pour le jeu de la vérité. Brian se releva ensuite, il regarda un instant Ron au bureau qui travaillait avec un air tellement sérieux sur son visage. Personne d'autre que lui seul n'avait travailler sur ce bureau et voilà que Ron y était. Il se mit à sourire et se rallongea et s'assoupit. Ron lui balança une boule de papier pour lui dire qu'il avait terminé. Le réveil affichait vingt trois heures. Après avoir remis ses idées en place, Brian procéda à la vérification, il avait tout bon. Ron avait gagné le droit de jouer, à sa grande déception.
- Y a quelqu'un qui t'intéresse au lycée, demanda à nouveau Ron accoudé au bureau.
- Non, je ne l'ai pas encore vu.
Ron jouait avec la gomme en la faisant rouler de ses doigts.
- Tu ne craques pas sur Cristale, demanda-t-il le regard en coin.
Brian été ébahi par sa question.
- Sur Cristale, ta petite amie, s'exclama-t-il comme si cela était un affront.
- Oui, fit Ron en posant ses avants bras sur ses cuisses.
- Tu veux vraiment la vérité ?
Ron hocha la tête pour lui dire qu'il voulait effectivement la vérité.
Brian inspira et ne prit pas de gants pour répondre à la question.
- Cristale est le stéréotype même de la fille superficielle qui ne pense qu'à elle et qui n'irait pas bien loin si elle n'avait pas le physique qu'elle se force à avoir, ce n'est pas du tout ce qui m'intéresse.
Ron avait les yeux éberlués par ce qu'il venait d'entendre, il se redressa pour digérer cette franchise qu'il n'avait pas l'habitude t'entendre.
- Je ne sais pas si je dois te casser la gueule ou être d'accord avec toi.
Ron le regardait tout en faisant craquer ses doigts.
Brian le regarda l'air de dire "tu ne me fais pas peur" ainsi peut être Ron serait impressionné et ne tenterait rien de répréhensible envers lui.
- Et de moi tu penses quoi, demanda Ron encore plus curieux.
Les bras croisés, il attendait la réponse, allait elle être aussi franche.
- Que tu es un connard qui demande à changer, à s'améliorer et qui y arrive, dit Brian en protégeant son visage à l'aide de ses mains.
Ron se mit à rire. Il n'allait pas le frapper, il ne risquerait pas de perdre l'occasion d'améliorer son niveau scolaire.
- Je ne sais pas si je dois te casser la gueule ou t'embrasser, dit Ron en rigolant.
Assis sur son lit couleur savane, Brian commençait à avoir quelques signes de fatigue. Une fatigue due non pas au jeu des questions, mais à l'heure tardive de la nuit.
- Être ou ne pas être là est la question, je te propose d'y réfléchir calmement et de garder ta décision pour la fois prochaine, il est temps de rentrer chez toi.
Il raccompagna Ron jusqu'à la porte d'entrée, puis alla prendre une douche pour ensuite aller se coucher. Allongé dans le confort de son lit, il repensait à Ron sans trop savoir pourquoi. Une chose était sûre, Ron commençait à prendre forme dans ses pensées. En fermant les yeux ce soir là, il le vit, une brève image, comme si c'était la dernière chose que sa mémoire visuelle avait retenue.
Chapitre 4: L'invitation
Les semaines passèrent et Ron faisait d'énorme progrès. Il arrivait à se tenir à la moyenne, les professeurs étaient stupéfaits et le proviseur était satisfait. Brian lui était ravi que Ron s'en sorte si bien, c'était un peu grâce à lui. Lisa le félicitait et se moquait de lui à chaque fois, lui disant qu'il aidait l'ennemi. L'ennemi n'était pas si différent d'eux en fait, il voulait s'en sortir, mais avait choisit une autre voie plus proche du spectacle que de la discrète place des coulisses. A l'occasion d'une énième collaboration, Ron remercia Brian pour ce qu'il avait fait de lui et pour lui.
- Je ne l'ai pas fait pour toi, je l'ai fait pour le proviseur, Brian installé sur la banquette.
Brian avait toujours des réponses cinglantes pour Ron, qui s'y était habitué depuis le temps qu'ils se fréquentaient, ce n'était pas la première fois qu'il se faisait mettre en boîte. Jusqu'à présent ils avaient su garder le secret de leur collaboration, même Cristale n'était pas au courant, elle était bien trop occuper à le tromper avec un des membres de l'équipe, lui il travaillait et ne se rendait même pas compte de ce qui se passait sous son nez.
Assis à son bureau Ron tapotait son crayon sur un livre.
- Samedi soir, j'organise une fête, ça te dit de venir avec ton amie, demanda-t-il à Brian.
Brian sortit le nez de son bouquin. Avait il bien entendu se demandait il.
- Une fête, et tu m'invites
Lisa et moi, tu n'as pas peur que l'on te pose des questions, demanda Brian étonné par cette invitation.
Ron arrêta de jouer avec son crayon et regarda Brian droit dans les yeux.
- Tu sais, c'est le genre de fête où il y a plein de monde et puis transparent comme vous êtes on ne saura même pas que vous êtes là, fit Ron pour réponse.
Brian n'avait pas le monopole de la réplique cinglante. Il sourit à cette pique qu'il avait méritée. Il lui dit qu'ils seraient des leurs, mais pensa intérieurement qu'il lui fallait convaincre Lisa.
- Mets toi au travail au lieu de penser à la fête.
Ron s'exécuta sans broncher comme un parfait petit soldat. La lumière de la lampe du bureau qui lui éclairait le visage attira le regard de Brian. Quelque chose se dégageait de lui quand il travaillait. Brian se surprit à le trouver mignon, ses petits yeux marron à la couleur de ses cheveux gominés, lui donnaient un air charmant. Son visage si concentré avec ce regard attentionné, lui donnait une toute autre dimension, une dimension qui plaisait à Brian. Ron à la carrure impressionnante avait à cet instant une certaine douceur dans son expression loin de celle du fanfaron qu'il était au lycée.
Sentant un regard posé sur lui, Ron leva la tête en direction de Brian.
- Arrête de me regarder.
Surpris en flagrant délit, Brian ne se démonta pas.
- Mais je ne te regarde pas, répondit il.
- Ne ment pas je te vois sur le côté.
- Je te regarde travailler, c'est différent.
- Je croyais que tu ne me regardais pas, fit Ron en se calant dans sa chaise de la façon la plus décontractée possible, afin de montrer à Brian qu'il l'avait pris en flag.
- Je ne te regardais pas de la façon à laquelle tu penses, fit Brian pour s'en sortir.
- Je ne te fais aucun reproche je sais ce que c'est. J'ai l'habitude. Je te plait...je plais à tout le monde de toute façon.
Brian soupira de soulagement et de consternation, qu'est ce qu'il ne fallait pas entendre se disait il.
- T'as pas la tête qui enfle toi ?
Ron pencha légèrement la tête en arrière faisant mine de réfléchir.
- Non, mais si tu continues à me regarder mon autre tête pourrait enfler.
Brian eut un sursaut d'étonnement.
- Je ne suis pas Cristale, dit il ensuite.
Ron redevint sérieux.
- D'ailleurs ça fait un bail que je ne l'ai pas vu celle là, dit il avec un soupire.
- Problème de couple ?
- Non, c'est juste que j'ai mes devoirs à faire, dit il en regardant méchamment Brian avant de sourire, il reprit, je ne la vois que les week-ends. Et toi alors toujours personne ?
- Toujours personne.
Ron resta perplexe.
- Y a personnes dans ce bahut qui te plais ?
Brian passa en revu dans sa tête les gens susceptible de lui plaire, il n'y avait personne. En fait, il n'y avait personne d'autre que Ron. Physiquement ce dernier avait tout pour lui plaire, mentalement il commençait à l'intéresser. Travailler avec Ron lui fit voir une autre facette, celle qu'il n'avait pas droit pas au lycée. Ron avait ses traits de caractères avec ses amis. Une ignorance réciproque était le comportement qu'ils avaient choisi ou plutôt que Ron avait choisit. Brian s'y accommodait, et puis, il avait Lisa, sa seule véritable amie. Brian savait très bien qu'entre Ron et lui, il n'y avait pas d'amitié. De la sympathie certainement, mais de l'amitié non.
Ron le regardait réfléchir et attendait impatiemment une réponse.
- Alors, fit il d'un ton agacé d'attendre.
- Et bien personne, répondit Brian en soutenant son regard.
Evidement il mentait. Ron n'y croyais pas à ce "personne", Brian avait eu une petite lueur dans le regard lors de sa réflexion.
- Tu mens, j'ai vu ton il briller, c'est juste, que l'on n'est pas assez pote pour me mettre dans la confidence.
Ron avait raison, Brian n'était pas prêt à partager avec lui une partie de sa vie, ils n'étaient pas pote au point de se faire des confidences.
- Si tu le dis.
- Oh oui je le dis!
Ron replongea aussi sec sa tête dans ses cahiers.
Brian se mit sourire, Ron avait parfois des réactions si loin de lui, il semblait être vexé, il voulait à tout prix être dans la confidence.
- C'est qui ? Je te promets de le dire à personne, insista de nouveau Ron avec le regard quémandant en plus.
- Bon Ok, puisque tu insistes, dit Brian en soupirant.
Ron écarta grand ses yeux et surtout ses oreilles, il rapprocha même sa chaise à roulette près de la banquette qui dans son déplacement émettait des petits bruit de roulement familier. Leur visage était alors à cinquante centimètre l'un de l'autre. Le visage de Ron se reflétait dans les yeux de Brian, et vice versa. Le voyant de si près, Brian se dit que Ron était vraiment beau, et qu'il lui était impossible de nier son attirance naissante pour ce garçon aux yeux marron.
- C'est toi, répondit Brian.
- T'es con, je croyais que tu allais vraiment me le dire, garde ton amour secret pour toi, tu me retarde dans mes devoirs!
D'un geste de ses pieds, Ron ramena la chaise là d'où elle était partie.
Brian alla dans le canapé, il était d'une part soulagé d'avoir avoué la vérité, mais avant tout soulagé que Ron n'y ait pas cru. A partir de maintenant, il devrait se contrôler pour ne plus montrer son attirance naissante.
Ron jeta ensuite un coup d'il vers le canapé.
- Arrête de me regarder.
Brian prit un coussin et le lui balança au visage.
- Arrête de me regarder, lança-t-il après.
Ron se pencha à nouveau sur ses devoirs avec un sourire satisfait d'avoir taquiné Brian.
Le jour suivant
- Quoi, cria Lisa.
Brian était aller la voir chez elle, avec un peu de chance dans son milieu naturel elle se laisserai convaincre, il avait même apporté ses gâteaux préférés. La chambre de Lisa était de la même taille que celle de Brian, une configuration des meubles presque similaire, elle était rangée, mais pas trop. La seule différence notable provenait des couleurs. Lisa adorait le mauve et le vert d'eau. Papier peint et linge de lit reprenait ses couleurs. Une vraie chambre de fille, pensait Brian.
- C'est génial, cria-t-elle à lui percer les oreilles.
- Quoi, mais je croyais que tu détestais tout ça.
- Depuis le temps que je rêve d'être invité à ce genre de fête, cria-t-elle encore sous le coup de l'émotion.
Lisa qui les détestait tant, n'était pas du genre à cracher sur l'invitation à l'une de leur soirée, elle n'y allait pas pour être vu avec eux, mais pour être de la fête. Elle se demandait déjà ce qu'elle allait bien pouvoir mettre. Elle ouvrit sa penderie et sortit toutes ses fringues et demanda à Brian de l'aider à faire un choix. Robe ou jean était son cruel dilemme pour la soirée du week-end. Brian resta étonné par ce brusque retournement de situation, Lisa était contente d'aller à une fête, ça se fête se disait il. Il y aura des garçons, c'est l'occasion ou jamais pour ne pas être pris pour une poubelle se disait elle.
Le jour tant attendu par Lisa était enfin arrivé, il y avait déjà beaucoup de monde, il fallait trouver une place où stationner, les terrains vagues tout autour de la propriété allaient servir de parking improvisé. De l'extérieur la musique promettait une soirée pleine d'ambiance. Lisa avait dénichée une petite robe pour l'occasion, elle était toute simple, de couleur noir et quelques petites paillettes pour être dans l'atmosphère de la fête. Brian était simplement habillé d'une chemise noire et d'un jean. Tout en se dirigeant vers la maison, ils observaient les autres gens de leur âge en train de boire sous la lumière artificielle des luminaire et des torches plantées un peu partout, certains même vomissaient derrière les jars. Bien qu'il était encore tôt, vingt deux heures, ces certains avaient déjà bien entamé la soirée.
En entrant à l'intérieur, il y avait du monde dans tous les recoins, tous n'étaient pas du lycée, certains venaient de la ville d'à côté, ils avaient entendu parler d'une soirée et ils étaient venus squatter. Brian avait horreur de ça, organiser une fête ou des inconnus tapaient l'incruste était une chose qui le rebutait. Ses gens qui ne viennent pas pour vous, mais par intérêt étaient tout ce qu'il détestait. A ces grandes soirées, il préférait les petits comités au moins là, il savait où il allait.
Difficile de trouver Ron parmi la foule. Mais c'est Ron qui les trouva, vu l'heure il ne pensait plus qu'ils viendraient. Brian présenta officiellement Lisa et Ron, depuis des années qu'ils étaient au lycée, ils ne s'étaient jamais fréquentés. Lisa le complimenta sur sa baraque comme elle le disait si bien. Ron les dirigea ensuite vers le bar, il y avait de tout et en grande quantité, surtout de l'alcool. Ils n'étaient pas majeurs, mais c'était une façon de défier les autorités, mais là où ils étaient, ils étaient sûrs de ne pas voir la police débarquer. Et puis Ron n'était pas le fils de n'importe qui, la police fermerait les yeux de toute manière. Lisa pris juste un gobelet pour flirter avec l'illégalité, elle qui était très sage n'était pas contre un peu de remue ménage. Brian fidèle à lui- même resta aux boissons gazeuses. Ron se moqua de lui et de sa vertu. Brian n'en avait que faire, il avait des principes et s'y tenait même si par le passé il s'était déjà pris des cuites. Ron les abandonna un instant, il allait voir comment se déroulait la fête de l'autre côté de la maison. Brian le regarda s'éloigner en espérant le voir plus tard, il le trouva particulièrement beau dans sa chemise blanche froissée et dans son jean d'un bleu sombre. Ron s'habillait de sorte à ce que sa musculature soit suggérée, et cela faisait son effet. Brian était sous le charme, physiquement Ron avait vraiment tout pour lui se disait il.
Contrairement à Brian, Lisa n'était pas venue pour être avec Ron, mais pour se divertir.
Elle dansait sur place, elle était déjà joyeuse, son premier verre d'alcool lui avait donné un côté fofolle. Un garçon non loin de là, la dévorait du regard, elle jouait son jeu. Pas de bêtise lui dit Brian en s'éloignant d'elle afin de ne pas gâcher son ticket. Brian lui allait voir le reste de la fête, il suivait le mouvement qui se dirigeait dans l'aile ouest de la bâtisse. Il était surtout à la recherche de Ron. Il passa d'abord dans un corridor, plus il s'avançait plus il y avait une sensation d'échos, il ouvrit une porte et juste derrière se trouvait une immense piscine intérieure. Il y avait du monde dans l'eau et sur les rebords, ils n'avaient pas prévu de maillot, mais leurs sous vêtement faisaient l'affaire. Ron était là, il veillait à ce qu'aucune personne en état d'ébriété ne mette les pieds dans l'eau et prenne le risque de se noyer. Ses copains étaient là également pour se charger de la sécurité, il avait tout planifié.
- Alors tu t'amuses, demanda Ron à Brian.
- Y a de l'ambiance, mais je suis pas trop dans le mouvement pour l'instant, mais c'est sympa d'être là, répondit Brian.
C'était la première fois que Ron s'adressait à Brian devant ses coéquipiers.
La piscine intérieure, avec un côté intimiste au bord du romantisme. Le sourire et le regard de Ron étaient teintés d'un doux envoûtement. Brian aurait pu rester des heures à le contempler, à voir son reflet dans ses yeux comme la fois où il s'était approché près de lui.
- C'est ta première soirée depuis que tu es arrivé ici, non ?
- Oui, ma première soirée, fit Brian, en pensant secrètement que c'était sa "première sortie" avec Ron. Quoique Ron ne soit pas vraiment à ses côtés durant la soirée. Mais cette idée lui plaisait, lui faisait du bien tout en lui faisant un peu de mal, comme dans toutes les non histoires.
- Si le proviseur ne nous avait pas forcé à bûcher ensemble, tu ne serais pas là, lança Ron.
- Lundi matin, j'irais le voir dans son bureau pour le remercier, grâce à lui, j'ai pu être invité à une fête.
Ron lui donna un léger coup de poing à l'épaule qui fit bouger Brian sans pour autant lui faire perdre l'équilibre.
- Je plaisante. Tu n'es pas un gros connard, je pense que je t'aurais invité, j'invite tout le monde de toute façon.
- C'est Cristale qui doit être contente!
Ron avait compris que Brian faisait allusion au côté très select' de sa petite amie.
- D'ailleurs je vais à sa recherche, on se revoit plus tard, si tu vois ce que je veux dire.
Brian compris tout de suite son allusion qui lui déplut, mais il ne pouvait rien y faire Ron n'était pas pour lui. Il repartit pour le dance floor, la foule de gens qui s'amuse l'aiderait à oublier les dernières paroles de Ron.
Lisa était en pleine conversation avec son apollon. Il n'allait quand même pas tenir la chandelle, il profita de l'occasion pour faire un tour de la maison, il ne l'avait jamais visité jusque là et les autres ne s'en privait pas.
Pendant ce temps à l'étage, Ron croisa une des fidèles amies de Cristale, elle était devant une porte à discuter avec une de ses copines. Lorsqu'elle vit Ron, elle était toute embarrassée, elle lui parlait, mais elle faisait en sorte de s'en débarrasser. Elle agissait comme si elle avait quelque chose à cacher, d'habitude elle était toute causante avec lui, il devait même se trouver un échappatoire tellement elle était soûlante. Il y avait quelque chose de bizarre pensait Ron intérieurement. Pourquoi était elle posté là, elle qui d'habitude était en train de faire la gogo dans la foule, et surtout sa copine qui lui tenait compagnie fuyait son regard, mais ne quittait pas la porte comme si elle était un vigile qui donnait le droit d'entrée.
- Je peux savoir ce qu'il se passe pour que tu veuilles te débarrasser de moi, demanda Ron.
- Mais y a rien, dit elle en essayant de se convaincre.
Ron s'avança pour se diriger vers la porte, mais elle essaya de l'en empêcher, il la souleva et la déposa sur le côté, ce n'était pas elle, poids plume, qui allait l'arrêter.
Perplexe et s'avouant vaincue, elle ne savait pas trop comment réagir, elle ne pouvait faire face à cette montagne de muscle. Elle regarda ensuite sa complice l'air de dire de laisser tomber, qu'elles ont fait tout leur possible, et que qu'elle ne pourrait rien non plus contre Ron. Mais, sa copine essaya une dernière tentative.
- Ron n'entre pas, dit la fille qui montait la garde d'un air confuse et désolé.
- Laisse moi passer, s'il te plaît, dit Ron gentiment, mais avec cette expression grave sur le visage.
Elle se mit donc de côté en penchant la tête, ses cheveux longs châtains lui cachèrent une partie du visage, comme si ils cachaient une partie de sa honte. Sa honte d'être là, face à Ron un garçon si gentil, qui sous ses airs de grosse brute n'avait jamais fait de mal à personne.
Il savait qu'elles avaient tentées de lui cacher quelque chose, quoi, il ne le savait pas encore. Il ouvrit la porte et trouva Cristale en plein ébat. Elle était sur un type, il ne voyait pas très bien qui, il était allongé et c'était Cristale qui menait la danse. Elle était trop occupée pour voir que Ron était là, elle s'appliquait énormément dans ce qu'elle faisait. Et puis, après quelque instant.
- Oh mon dieu, cria-t-elle en ouvrant les yeux.
- Je sais, je sais, dit le type en croyant que c'était lui la cause de ce cri.
- Ron, mais qu'est ce que tu fais là, dit elle en se recouvrant vite avec les draps.
Le type en question c'était un membre de l'équipe, il était toujours sur la touche, mais il en avait eu une avec la copine du quaterback. Il se dépêcha de se rhabiller.
- Je peux tout expliquer, dit Cristale affolée.
- Te fatigues pas, rhabilles toi et sors de chez moi.
La chambre plongée dans la pénombre gardait pour elle le drame qui se jouait. Encore un dans la vie de Ron. Qu'avait il donc fait ? Il croyait en l'amour que Cristale lui portait, elle avait fait des mains et pieds pour l'avoir, et là, à présent elle ne se gênait pas avec un autre, et en plus chez lui. Il lui avait pourtant été fidèle, il ne regardait aucune fille à part elle, il la chérissait, la couvrait de cadeaux.
- Ron, attends j'ai une très bonne raison, dit elle en le suppliant presque larmoyante.
- Dégage, cria Ron de colère et de dégoût.
Il se dirigea vers le type en question et l'empoigna, d'un geste il le balança hors de la chambre. Brian qui passait par ce long couloir plein de tableau aux murs, vit un homme voler pour la première fois, et il se demandait ce qu'était tout ce grabuge. Il vit ensuite Ron sortir de la chambre et balancer au type une chemise. Brian pensa qu'il était certainement contre l'idée que l'on puisse prendre ses chambres d'amis pour un lieu de luxure. Puis il vit, Ron ressortir de la chambre en tenant fermement Cristale par le bras, elle avait les cheveux tout ébouriffés et le chemisier mal boutonné. Ron était tout simplement contre le fait de voir sa petite amie au lit avec un autre que lui se dit Brian. Il était désolé pour Ron. Ce dernier croisa son regard avant de se retirer. Cristale elle, essayait de se réajuster afin de quitter les lieux dignement et ainsi éviter un scandale. Ses copines la raccompagnèrent chez elle. Brian se dirigea ensuite à l'autre bout de la maison, là où était situé la suite de Ron comme il aimait à la surnommer. La porte était fermée, il devait certainement y être. Brian frappa, "barre toi Cristale" était les mots qui traversèrent l'épaisseur du bois. Brian entrouvrit la porte avec une certaine crainte, le ton de Ron laissait entendre sa colère.
- C'est moi, dit Brian.
- Je veux rester seul, dit Ron sur le ton de la colère qu'il avait encore.
Brian referma donc la porte, puis il entendit le mot reviens, il ouvrit la porte de nouveau. Ron était assis dans le canapé. Brian s'avança lentement ne sachant pas trop quelle attitude adopter.
- Je suis désolé, dit Brian.
Ron avait les yeux rivés sur la table basse.
- C'est pas toi qui m'as trompé.
Brian ne répondit rien, Ron bondit du canapé en clamant haut et fort sa colère, il donna un coup dans la table basse, ce qui fit sursauter Brian. Comment Cristale avait pu le tromper, comment a-t-il pu être aussi aveugle pour ne rien voir, il était trop occupé à faire ses devoirs se disait il. Lui, qui lui avait tout donné comment avait elle osée, en plus avec un gars qui ne pourrait lui apporter ce qu'il lui avait apporté. Il donna ensuite un coup dans le mur.
- Tu avais raison, c'est bien une conne superficielle. La salope, elle s'est bien foutu de moi
quel connard j'ai pu être, t'avais raison là-dessus aussi. Sais tu autre chose que j'ignore ?
Ron se retourna les yeux injectés de sang, son visage était rouge de colère.
- Tu t'en sortiras, dit Brian peiné de voir Ron dans cet état.
Ce que Brian voulait le plus à cet instant, c'était de prendre Ron dans ses bras et de le libérer de sa peine. Mais, il ne le pouvait pas, il devait alors rester à bonne distance de celui pour qui son cur battait, pour qui son cur était meurtri de le voir souffrir.
- Je m'en sortirais, dit Ron en faisant des simagrées, t'as pas trouvé autre chose un peu plus proche de la réalité, demanda Ron submergé par un sentiment de trahison.
- Tu t'es fait couillonné en beauté, dit Brian en souriant.
Ron se mit à rire pour ne pas pleurer de rage, des filles, il en trouverait d'autre et plus fréquentable que Cristale au grand damne de Brian. Ron s'approcha ensuite de Brian et se mit face à lui. Brian devait légèrement lever la tête et Ron pencher la sienne pour pouvoir se regarder dans les yeux. Malgré les yeux humides qu'il avait, Ron avait aussi un sourire qui apaisait son visage. Brian lui souriait d'un sourire de sympathie et de compassion. L'atmosphère de la chambre était redevenue sereine, la lumière tamisée y était peut être pour quelque chose, non, Brian y était pour quelque chose, il avait su trouver les mots, bien que dérisoire, mais qui avaient eu un impact sur Ron.
- Comment tu fais, lui demanda ce dernier.
- Comment je fais quoi, répondit Brian innocemment.
Ron regarda Brian avec un regard plein de gratitude, il le parcourait des pieds à la tête, Brian était vraiment un petit bout de personne comparait à lui. Plus petit, mais tellement plus fort se disait il.
- Comment tu fais pour rendre les choses moins difficiles ?
A cette question Brian ne su pas quoi répondre, que pouvait il bien dire, les mots ne lui venaient pas, il n'avait pas fait grand-chose. Il haussa les épaules et balança légèrement la tête, il n'avait pas de réponse à cette question.
- C'est vrai, depuis que tu es arrivé dans
cette ville, les choses que je croyais insurmontable ne le sont plus, mes devoirs, fit il d'un sourire, Brian eut le même, puis Ron reprit, ma très très récente rupture avec Cristale. Tu as le don de me faire voir les choses sous un autre angle, un angle moins abrupte.
A cet instant si particulier, Brian sentit son cur battre plus fort que jamais, Ron l'avait définitivement conquis, tant physiquement qu'émotionnellement.
- Merci, conclu Ron en posant sa main sur son épaule.
Brian sentit alors une vague de chaleur lui parcourir le corps, il ne savait plus où il était, comment il s'appelait, le doux vertige de l'amour lui fit tout oublier.
Ron serra légèrement cette épaule de ses doigts dont le pouce appliqua une légère caresse que Brian put sentir malgré l'éphémère durée de cet instant. Une tape mis fin à ce rêve éveillé qu'il venait de vivre dans la réalité.
- La vie continue, lança Ron.
- Oui, la vie continue, fit Brian en pensant que son rêve lui, n'avait pas cette chance.
Ils allèrent ensuite rejoindre la fête, un gobelet d'alcool à la main Ron tentait d'oublier cette soirée. Lisa elle était toujours en bonne compagnie jusqu'à ce qu'elle se mette à vomir, l'alcool n'était pas bien passé. Son prince charmant la laissa à Brian, mais lui donna quand même son numéro de téléphone. Elle s'en sortait quand même bien pour sa première grande soirée. Peu à peu les lieux se vidaient, Brian demanda à Ron s'il n'avait besoin de rien. Ron ne voulait rien, à part rester seul à méditer sur cette vie qu'il avait.
Ron regagna sa chambre l'âme en peine, une peine loin de celle qu'avait d'habitude l'amoureux transit. Ron était peiné d'avoir été trahi. Cela se rapprochait plus d'une peine d'amour propre que d'amour tout court. Il se déshabilla avant d'entrer dans son lit, il ramena le drap sur lui, laissant ses épaules nues à découvert, comme ses bras et ses avants bras laisser le long de son corps sur ce drap qui allait être sa seule source de chaleur pour ce soir. Les yeux au plafond, il se demandait pourquoi la vie le malmenait, l'alcool le faisait méditer sur l'existence qu'il avait. C'est avec un sourire, qu'il repensa à son monologue avec Brian, à ce moment d'hésitation qu'il eut. Brian lui montrait une vision de la vie qu'il n'avait pas, depuis que ce dernier était rentré dans sa vie, il voyait les choses autrement. Il se demanda aussi pourquoi n'avait il pas dit sa pensée véritable, depuis que tu es arrivé dans ma vie, la pudeur certainement, sa pudeur de ne pas dire les mots forts, les mots solennels comme un "je t'aime". La dernière pensée qu'il eut avant de s'endormir fut pour Brian qui était entré dans sa vie par une porte enfoncée par le proviseur du lycée.
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