Le cœur qui parle (2)
de KH Brillant


Chapitre 5 :L'ère du changement

Lundi matin, la soirée du week-end était sur toutes les lèvres. Mais pour Ron la trahison était dans toutes ses pensées. Dès la première heure de cours, tout avait changé. Ron entra dans la salle, il toisa le fond de la classe, Cristale y était, il avait envi de la baffé. Elle n'osait pas le regarder fautive de ce qu'elle avait fait. Le groupe était définitivement scindé. Ron pris une place à côté de Brian interloqué, Lisa elle se demandait bien ce qui c'était passé, elle n'était pas dans la confidence elle était bien trop bourrée. Elle regarda Brian l'air de se demander sur quelle planète elle était tombée. Brian lui fit comprendre que tout à l'heure il lui expliquerait. Bien trop impatiente de savoir la vérité, Lisa feignit un malaise pendant le cours afin que Brian l'emmène à l'infirmerie. Le professeur ne comprenant pas le subterfuge, n'émit aucun refus. Lisa jouait parfaitement la fille malade, elle repensa simplement à son état nauséeux du week-end.
- Tu peux me dire ce qu'il se passe, demanda-t-elle pleine de vigueur dans le couloir.
Brian s'arrêta de marcher.
- Ben, tu n'es pas malade, demanda Brian étonné.
- Non, diversion pour entendre ta version.
Brian se mit à rire, Lisa était vraiment la reine des cancans. Il lui expliqua tout ce qui c'était passé, et surtout ce qu'il avait vu. Lisa n'en croyait pas ses oreilles même si ce genre de scénario était prévisible. Ils allèrent ensuite à l'infirmerie, pour soigner les maux imaginaires de Lisa et avoir un mot confirmant leur venu. Ils revinrent à la fin du cours, la cloche avait déjà sonné. Ron leur expliqua qu'il y aurait un mini exposé pour jeudi, et que chacun devrait préparer quelque chose et qu'ils allaient tous devoir y passer. Puis il quitta la salle de classe, il avait des choses à faire comme vider son casier des photos de son ex dulcinée.
Au réfectoire, il pris place à côté de Brian et de Lisa.
- T'as pas peur de te montrer avec nous, demanda Brian étonné.
Il balaya la salle du regard craignant un assaut de la part des amis de Ron.
- Laisse le s'asseoir, si il le veut, dit Lisa toute contente.
- Ecoute la mademoiselle, dit Ron en s'installant plateau en main.
Les choses avaient vraiment changées, la table des populaires était devenue déserte, il n'y avait que Cristale et son dernier soutien. Le reste c'était éparpillé ça et là. Ron avait choisit cette table, cette compagnie, Lisa était sympathique et Brian était devenu beaucoup plus énigmatique. Il riait du duo infernal que Lisa et Brian formaient, toujours en train de rigoler pour tout et rien à la fois. Eux au moins, ils étaient vrais, peu importe ce que les autres pensaient, ils ne se laissaient pas démonter ou influencer. A sa grande surprise Lisa l'avait adopté, elle qui l'avait souvent regardée en chien de faïence. Brian lui, était habitué d'être à ses côtés, en privé certes, mais cela avait le même effet, les mêmes battements. Bien qu'émerveillé par la présence de Ron, Lisa n'en était pas amoureuse. Elle avait connu l'époque des clans séparés, sa joie pouvait ainsi se comprendre, il n'y avait plus de différence dénigrante. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle était invitée à participer aux séances de travail particulier, elle le comprenait, Ron ne voulait pas afficher ses difficultés. Brian était le seul qu'il acceptait, bien sûr au départ c'était une obligation, mais depuis les choses avaient évoluées, ils avaient sympathisés. Il n'avait plus honte de montrer ce qu'il ne pouvait maîtriser.
Ils avaient passés toute l'après midi du mercredi à bosser sur le mini exposé. Brian l'avait aidé à tout organiser, tout en le laissant s'exprimer. C'était pas mal pensait Brian, Ron en avait fait des progrès. Ils jouèrent ensuite aux jeux vidéos pour tout évacuer.
- Tu viens me voir jouer samedi ?
Côte à côte sur le canapé, ils gardaient les yeux rivés sur l'écran.
- Vous jouez comme des pieds, je n'ai pas trop envi de me déplacer, dit Brian en gardant son sérieux.
Ron le bouscula du coude. Brian était mort de rire.
- Ok, comme tu me menaces, je me sens obligé de venir te voir prendre ta raclée, dit Brian en souriant.
Ron prit le coussin juste à côté de lui et le balança au visage de Brian qui n'arrêtait pas de rigoler. Il laissa sa manette, pris le coussin et appuya Brian sur le canapé. Il essayait de l'étouffer pour rigoler. Brian riait à gorge déployée tout en gesticulant pour essayer de se dégager, et puis plus de mouvement. Ron enleva le coussin, Brian avait les yeux fermés comme si il était inconscient. Il prononça plusieurs fois son prénom, aucune réponse. Ron commença à le secouer, rien n'y faisait. Il commença à paniquer. Puis des petits rires se firent entendre, Brian jubilait de ce qu'il avait fait tout en imitant Ron paniqué.
- T'es bête, cette fois je vais vraiment t'étouffer, dit Ron en se jetant sur lui.
Brian victime des assauts de Ron se laissait faire en pensant à ce rêve qu'il gardait pour lui.
Jeudi matin, c'était Ron qui était étouffé par l'exposé. Intervenir en public dans un tel contexte n'était pas ce qu'il préférait. Son assurance légendaire n'était qu'à moitié, mais il levait la tête. Au tableau, il tenait ses fiches et les regardait de temps à autre, il espérait que personne ne l'écoutait pour de vrai. La réalité était telle que durant les exposés rare étaient ceux qui écoutaient, la plupart pensait à autre chose qui n'avait rien avoir avec ce qu'il disait. Le prof était le seul à être attentif, et puis il y avait Brian. Pendant tout le temps de son intervention, Ron lui jetait un regard histoire de se rassurer. Brian avait le pouce levé pour lui dire que c'était bien ce qu'il faisait et qu'il fallait continuer. A la fin, le prof était agréablement surpris par ce qu'il avait fait, c'était un exploit, un miracle même. Un à un, ils étaient tous passés, il y avait du bon et du mauvais, mais personne n'écoutait vraiment ce qui se disait. La sonnerie de la cloche retentit. Des soupires de soulagement c'étaient fait entendre, le plus dur moment de la journée était enfin passé.
Dans l'après midi un mot était diffusé par les hauts parleurs du lycée, les notes de l'exposé étaient disponible à l'administration. Si tôt se disait Brian. La raison invoquée, était l'absence du professeur toute la semaine prochaine, donc pour leur éviter un trop long suspens, il les avait déposé au bureau. Lisa ne tarda pas trop après avoir récupérer sa feuille, elle avait à faire chez elle, comme d'habitude elle s'en était pas mal sorti, elle avait eu un A- . Brian lui était abonné au A+. Ron quant à lui avait les yeux stupéfaits sur son B. Brian était satisfait de lui et l'encouragea à continuer. Pour fêter ce miracle du à son travail acharné, Ron proposa à Brian de venir dîner chez lui après qu'il soit rentré de son entraînement.
- Mais tu ne vas pas bouffer avec les gars de l'équipe, on est jeudi, dit Brian.
- Sans façon, ce soir je fête mon B, j'ai assez dîner avec eux pour les années à venir, et puis je risquerais de croiser Cristale et j'ai pas envi de la voir en dehors du lycée.
Le rendez vous était pris, dix neuf heures trente.
Il n'était pas question de mettre les petits plats dans les grands, ce soir c'était bière et pizza. Ron avait prévu du soda pour Brian qui ne buvait pas. Ils allaient boire et manger dans la salle cinéma de la maison. Brian était impressionné, il y avait quinze places et un super écran géant qui faisaient tout le mur du fond. Ron était vraiment un privilégié. Ils s'installèrent là devant un DVD. Pendant la projection, ils s'échangèrent des sourires, des regards qui ponctuaient leur engouement ou leur stupéfaction pour telle ou telle scène du film. La séance terminée ils allèrent continuer la soirée dans la chambre, musique et jeux vidéos. Ron était déjà à sa cinquième bière, il avait déjà bien entamé à lui tout seul le paque de six. Il avait les yeux explosé et un rire qu'il ne pouvait s'empêcher, en d'autre terme, il était bourré. La pièce commençait à tourner et il traîna son corps jusqu'à son lit. Il disait tout et n'importe quoi, il commençait à délirer, il parlait de Cristale qu'il détestait et de Brian qu'il avait appris à apprécier.
- Tu sais quoi, tu es la petite amie idéale, tu es serviable, tu prends du temps pour moi, tu m'aides à travailler, t'es pas trop laid, juste à la bonne taille, il suffit juste que tu te fasse opérer, si tu veux je peux la payé l'opération, dit Ron avec un taux de lucidité inférieure au minimum autorisé et avec ce hoquet qui faisait office de ponctuation.
- Pas question de me faire opéré, par contre il temps de dormir pour toi, demain y a cours, dit Brian.
Il remonta les draps sur Ron.
- Tu ne veux pas rester ?
La proposition était alléchante.
- Non, t'es trop bourré, une autre fois.
Il laissa Ron dans ses délires et rentra chez lui. Il espérait que tout se passerait bien, et qu'il ne s'étoufferait pas avec son vomi dans la nuit.
Le lendemain, ce n'était pas une surprise pour lui que Ron soit absent, il devait être encore en train de cuver. Brian eu la surprise de le voir passer chez lui à quatre heures pour récupérer les cours, il devait être encore saoul se disait il. Mais Ron avait changé à son contact, il était devenu sérieux, pas question de ne pas avoir son diplôme, il était en bonne voie et il voulait continuer comme cela. Il demanda à Brian comment c'était passer les cours, rien d'extraordinaire lui répondit il. Brian lui passa les cours pour le week-end, il ne les aurait que pour lundi, demain c'était le match, Ron n'allait quand même pas tout recopier ce soir.
- J'ai pas trop déconné hier soir, demanda Ron assis sur le lit.
- Non, t'as juste un peu déliré c'est tout, tu m'as juste dit que je serais une bonne petite amie, répondit Brian avec le sourire. Assis sur le bureau il balançait ses jambes en pensant qu'il aimerait bien être son petit copain.
- Ok, j'étais bien pété, dit Ron en levant les yeux au ciel.
Ce n'est pas Brian qui dirait le contraire, l'alcool fait des ravages pensait il.
- Et demain tu viens toujours nous voir jouer ?
- Comment rater l'occasion de te voir prendre ta raclée ?
- Moque toi, mais si je gagne, tu feras tout ce que je voudrais, dit Ron en lançant un pari.
Brian souriait. Ron et ses paris se disait il.
- Ok, ça marche le contraire se vaut pour moi, mais dans la mesure du possible, dit Brian.
Le pari était scellé par une poignée de main, Brian commença à prier pour la défaite de Ron et de son équipe, avoir Ron pour esclave était une idée qu'il appréciait, le contraire ne l'enchantait guère.


Chapitre 6: Confession

Samedi soir vingt heures, le stade du lycée était plein à craquer, parents, amis des joueurs étaient venus les supporter. Les projecteurs du stade éclairaient à la perfection le lieu du spectacle. Les gradins étaient bondés, Lisa et Brian essayaient tant bien que mal de se trouver une place, mais il fallait avant cela se frayer un passage. Ils trouvèrent deux places au milieu de la foule des supporters. Ils étaient rarement dans ce genre de manifestation, pour ainsi dire jamais. Ils étaient étonnés par un tel engouement, ça criait dans tous les sens, les encouragements fusaient avant même que le match n'ait commencé. Lisa et Brian se regardaient l'air de dire que c'était incroyable ce qu'il se passait.
Les pom-poms girls faisaient monter l'ardeur des supporters par leurs acrobaties et leurs slogans décapants. Elles y mettaient une telle énergie et conviction qu'il était difficile de ne pas les suivre. Cristale et ses amies profitaient de la clameur du public, être sous le feu des projecteurs était quelque chose de grisant. Elles savaient très bien que cette clameur d'avant match leur était destinée. Cristale au milieu de ses fidèles ne semblait pas plus affectée que cela par sa récente rupture d'avec Ron. Elle était toujours aussi belle, une blondeur amplifiée par les projecteurs du terrain, ses lèvres brillaient grâce au gloss qu'elle avait soigneuse appliqué, et ses yeux pétillaient autant que les paillettes éparpillés sur son visage. Elle rayonnait, heureuse d'être au centre de l'attention.
L'équipe du lycée finit par faire son entrée et la foule scandait leur nom pendant qu'ils prenaient place sur le terrain. Lisa et Brian étaient amusés. Sur la pelouse remarquablement entretenue, Ron cherchait du regard Brian, il ne le vit pas, il y avait trop de monde. Puis, l'équipe d'un lycée adverse entra à son tour, elle était connue pour être assez robuste, le match allait certainement être long et ardu. Le premier coup de sifflet annonçait le début de la rencontre, les premières minutes étaient primordiales, il fallait intimider à tout prix son adversaire. Les placages étaient nombreux et calculés. Brian et Lisa ne connaissaient pas vraiment les règles, ils suivaient la foule quand elle se levait, même si ils n'étaient pas très synchro, mais le cœur y était. Brian ne pensait plus à la défaite qu'il avait souhaité, l'appartenance à ce lycée était plus grande que la perte d'un pari, tout comme la foule il vibrait. Il savait que son enthousiasme était du également à une présence particulière sur le terrain, celle du garçon qui menait cette équipe d'une main de maître.
Tout à coup, Ron se fit sévèrement plaqué, mais il se releva comme celui qui faisait face à l'adversité et sous les cris de la foule qui le soutenait. Son équipe était menée, mais l'espoir il l'avait gardé. A la mi-temps il motiva ses troupes, et puis un cri dans la nuit arriva jusqu'à lui.
- Ron, t'as pas intérêt à te prendre une raclé, dit une voix.
Il regarda en direction des gradins cherchant celui qui avait lancé ses mots familiers, il vit alors Brian le pouce levé comme durant son exposé. Il est venu se disait Ron. Il leva son pouce en sa direction, pas question de laisser tomber, pas question de se prendre une raclé devant Brian qui bizarrement le soutenait. Il eut aussi un sourire, un sourire différent, une différence qu'il sentit. Cela lui faisait chaud au cœur de voir Brian qui l'encourageait parmi cette foule de gens.
Le match pouvait alors recommencer, il était gonflé à bloque plus motivé que jamais. Il les passa un à un sans jamais trébucher, il inscrivit alors le touch down final, celui de la victoire. Ron avait fait remporté un nouveau succès à son équipe, la foule salua son exploit, ils les avaient fait gagner. Sur le terrain la frénésie de la victoire avait pris sous son aile les membres de l'équipe. Ron était porté sur les épaules comme un roi. Il tenait son casque sous son bras gauche et levait le poing de sa main droite signe de la victoire. Il l'agitait et l'agitait encore. La foule amassée sur les gradins l'acclamait. Brian au milieu de ses étrangers riait en regardant Ron pavané sur les épaules de ses coéquipiers. Il regarda ensuite vers Brian, en plus de sa joie, il avait ce même sourire. Brian oublia alors la foule l'espace d'un instant, les bruits étaient devenus sourds, Ron qui rayonnait était tout ce qu'il voyait. Lisa parlait avec lui, mais il n'entendait rien, il savourait cette image que Ron lui renvoyait. Quand Ron regagna les vestiaires, tout revint à la normale, Lisa était redevenu audible.
La fête se déroula dans un bar fréquenté de la ville, tout le monde y était convié. Ron retrouva là bas Lisa et Brian. Lisa serra dans ses bras le champion comme elle l'avait surnommé, elle se dirigea ensuite vers le bar boire à la victoire, un jus de fruit glacé, l'alcool ne lui était pas autorisé quand bien même elle aurait refusé. Brian accepta sa défaite et serra la main de son adversaire bien qu'il aurait préféré la chaleur d'une accolade, félicitation dit il à un Ron enchanté.
- J'ai vu une drôle de chose depuis le terrain, j'aurais juré que tu me supportais, dit Ron en souriant.
Brian avait un sourire et les yeux pleins de malice.
- C'est fou comme les projecteurs fausse la réalité.
Il but son verre de jus, en gardant ses yeux plongés dans ceux de Ron.
- Ça doit être ça, toujours est il que ce soir tu es mon esclave.
- A toi de ne pas en abuser, dit Brian résigné.
- T'inquiète pas je serais sage, en attendant je vais voir les gars, je m'occuperais après de ton cas.
Ron s'en alla tandis que Brian sortit du bar pour prendre l'air, l'odeur du tabac l'avait légèrement asphyxier lui qui avait horreur de la fumée. Il prit une grande inspiration pour se remplir les poumons. Il flottait dans l'air une meilleur odeur celle de la victoire certainement, et la joie que lui avait porter ce moment, il ne s'était pas amusé ainsi depuis longtemps. Et puis, il réfléchissait à ce qu'il avait ressentit dans les gradins, il se focalisa sur le dernier moment celui là même où le temps c'était presque arrêté et dont Ron était l'unique sujet. Cela avait recommencé se disait il, une fois de plus son cœur avait parlé. Il arrêta brusquement d'y penser lorsque Ron fit son apparition devant lui. Ron portait fièrement et fort bien le blouson du lycée celui qu'il ne quittait jamais, ses couleurs rouge et crème lui allait bien au teint et rappelait les couleurs de son équipe.
- Tu t'en vas, demanda Ron.
Il s'avança les mains dans son blouson, l'air c'était rafraîchît.
- Non, j'aère mes poumons.
Ron porta son regard dans le vague avant de le reposer sur Brian.
- J'ai réfléchis à ce que je ferais de toi.
Brian était curieux de savoir ce qu'allait être son bizutage, courir nu dans les rues de la ville, laver sa voiture, était ceux à quoi il pensait.
- Ce soir comme tu peux le constater je ne suis pas ivre, j'ai tout ma tête et mon estomac, je me disais que tu pouvais venir dormir chez moi.
Brian avait pensé à tout sauf à ça, dormir chez Ron en voilà une drôle de punition, lui qui aimait tant dormir dans son lit, la nuit risquerait d'être difficile dans une grande maison vide où l'angoisse avait sa place malgré un système de sécurité hyper perfectionné. Brian n'avait pas le choix, il informa ses parents qu'il allait découcher pour cette fois. Ils retournèrent ensuite à l'intérieure trinquer avec les autres à la victoire. Brian avait gardé toute la soirée ce sentiment qui l'habitait, il ne voyait et n'entendait que Ron.
La maison de Ron était toujours immense même plongée dans une intense obscurité. Il était déjà tard, la fête s'était éternisée jusqu'à une heure du matin. Brian demanda où était sa chambre.
- J'ai un lit king size assez grand pour quatre personnes, on prend chacun un côté.
Brian regarda un court instant le lit.
- J'aurais cru que…mais bon c'est toi qui impose.
Brian était un peu décontenancé surtout après tout ce qu'il ressentait pour Ron, il allait devoir partager le même lit, il devrait alors contrôler son envie naissante, mais bien présente.
- Oui, c'est moi qui impose, dit Ron tout fier.
Sous le regard de Brian, il commença à défaire le lit.
Pendant qu'il s'afférait, Brian lui demanda où était la salle de bain, il avait envi de prendre une douche et d'enlever toute cette odeur de cigarette sur lui. Il se débarrassa ensuite de ses vêtements qu'il descendit à la buanderie, il ne garda que son caleçon, le reste il le mit dans la machine dernier cri, elle faisait à la fois lave linge et sèche linge, il n'avait qu'à mettre une dose de lessive et la machine se chargeait toute seule de trouver les programmes adéquate. Il déambula ensuite dans les couloirs de l'immense demeure, il pressa ses pas, il avait en tête toutes ses scènes de film où les héros se faisaient courser par un fou portant un masque et armé d'un couteau.
De son côté, Ron avait également prit sa douche pour ne pas incommoder Brian de la fumée qu'il avait également sur lui. Quand Brian arriva, il était déjà dans le lit, le côté gauche était le sien et Brian serait alors à sa gauche donc du côté droit du lit. La pièce n'était éclairée que par la lampe de chevet. Brian s'avança vers le lit et s'y glissa. Le matelas était d'un confort qu'il n'avait jamais connu et les draps d'une douceur inimaginable, impossible de passer une mauvaise nuit dans de telles conditions et puis il y avait Ron juste à côté de lui.
Ils fixaient tout les deux le plafond, Brian commençait à fermer les yeux jusqu'à ce que Ron ne prenne la parole. Il les ouvra et écouta ce qu'il avait à dire. Il remercia Brian d'être là, ce soir, il n'avait pas envi de passer encore une soirée tout seul dans cette grande maison vide. Il en avait trop passé des nuits en solitaire et cela depuis des années. Ron commença à s'épancher sur sa vie, Brian se tourna de son côté, Ron lui, restait les yeux fixés sur le plafond, il se confessait. Il parla de ce qu'il n'avait jamais l'habitude de parler, c'est à dire de ce qu'il ressentait. Il avait appris à avoir confiance en Brian et se laissa aller. Sa vie selon lui se résumait à tous ses artifices, ce luxe qui ne servait qu'à combler, l'absence d'une mère, l'absence d'un père. Mais cette absence ne pouvait se combler dit il. Cependant il avait appris à s'en accommoder, parfois même il oubliait. Il était comme cette maison qui trompait les apparences, tout comme elle, il avait tout et transpirait le bonheur, mais tout comme elle, il était vide à l'intérieur. Tout ceci n'était qu'une mascarade à laquelle on l'avait sans le faire exprès initié, il était passé maître en la matière. Qui aurait pu penser qu'il en avait assez de tout ce faste qui le suivait partout où il allait. Jamais personne ne croirait qu'il pouvait être triste de ce que la vie lui apportait. Matériellement il avait tout, mais il lui manquait l'essentiel, un foyer, un vrai, cette chaleur que la plupart des gens connaissaient, il ne pouvait pas l'acheter, ses parents ne pouvaient pas l'acheter et n'avaient pas su la lui donner. Ils étaient des gens bien trop occupés, toujours absent, et toujours ce manque qu'il ressentait. Ron brillait extérieurement, mais à l'intérieur pas une étincelle. Brian était attristé par ce discours, lui comme les autres il était persuadé que tout lui souriait, et comme les autres il s'était trompé. Ron était doué pour paraître ce qu'il n'était pas en réalité. Brian se sentait mal, il ne savait pas quoi dire, avait il quelque chose à répondre à cette confession sur l'oreiller. Il ne pouvait que l'écouter et que le regarder, mais Ron restait fixer à ce plafond qui lui donnerait peut être une réponse. Puis, il se tu dans un silence pesant. La confession avait pris fin. Ron avait fait part de son chagrin.
- Comment veux tu que je m'endorme si tu ne te raconte plus, dit Brian en soupirant.
Ron se mit à sourire, Brian avait apporté la légèreté qu'il attendait. Il se tourna vers lui, le regarda au clair de cette nouvelle intimité et lui souhaita une bonne nuit. Ils se retournèrent ensuite et plongèrent dans les bras de Morphée, ils l'avaient mérité. Brian avait du mal à trouver le sommeil, Ron était juste là, à quelque centimètre de lui, il pouvait entendre la douce mélodie de sa respiration. Ce soir là, il s'endormit avec une autre image de Ron, ce n'était plus le victorieux, mais le malheureux, bien sûr il y avait pire malheur, mais il compatissait à sa douleur. La chambre s'empreignit du repos du guerrier jusqu'à la fin de la matinée.
Ron était le premier à se réveiller, il paressa dans le lit jusqu'au réveil de Brian quelques minutes après lui. Il avait eu tout le loisir de l'observer dormir, il s'était même amusé à lui boucher le nez de temps en temps pour voir comment il réagissait, ce qu'il avoua ensuite.
- Quel enfant tu fais, dit Brian.
Il s'étira pour mieux se réveiller. Il dormirait encore un peu pensait il. Il se sentait tellement bien dans ce lit, avec Ron en plus.
- J'ai cette irrépressible envie de t'étouffer quand t'es prêt de moi, dit il en souriant.
Brian prit alors son oreiller, c'était à son tour de se venger. Mais il ne pouvait rien contre Ron, il était d'un trop petit gabarie contre lui, c'était une vengeance perdu d'avance. Le lit c'était transformé en ring de jeu. Une bataille de polochon dans les règles de l'art.
Les esprits retrouvés, ils allèrent prendre un copieux petit déjeuner qui ferait office de déjeuner vu l'heure avancée de la journée. L'après midi, ils firent quelques passes dans le jardin, c'était à celui qui lancerait le ballon le plus fort possible. Brian lançait quand même assez fort à la surprise de Ron, qui esquissa une grimace à un moment de la partie. Brian l'interrogea. C'était un bleu qu'il avait eu suite au fameux placage du match d'hier soir, il enleva son tee-shirt, le choc avait été violent et la douleur ravivé par le lancé de Brian. Ils retournèrent à l'intérieur, direction la salle de bain afin de trouver un gel apaisant cette douleur. Ron en avait une quantité incroyable, il était habitué. Il frotta son torse musclé sous le regard attentif de Brian qui soudain fut arraché de ses pensées.
- Au lieu de me regarder, masse moi le dos, dit Ron.
C'était un ordre auquel Brian devait si plier. Il s'exécuta, et appliqua le gel sur le dos de Ron qui pouvait le voir faire dans le miroir. Il apposa ensuite ses mains au niveau de ses trapèzes pour redescendre jusqu'au bas de son dos, il se débrouillait bien. Ron avait les yeux fermés et semblait apprécier un touché qu'il n'avait pas soupçonner de Brian "le kiné" comme il l'avait surnommé à cet instant. Mais le corps de Ron devenant trop agréable sous ses mains, Brian décida d'arrêter avant de déraper et de se faire casser en deux. Brian lava avec hâte ses mains pour enlever le reste de gel, et s'essuya au même rythme avec la serviette posée non loin de lui. Ron ne comprenait pas pourquoi il s'était arrêté, Brian invoqua une obligation de rentrer chez lui il devait soit disant aider son père à monter une étagère. Il s'en alla s'en reprendre les cours qu'il lui avait passés. Ron resta là sur le rebord de la baignoire ne comprenant pas l'empressement de Brian.
Ce dimanche soir à vingt heures, alors que Brian était allongé sur son lit, quelqu'un frappa à sa porte. Il ne bougea pas et dit à la personne d'entrée. Il ne s'attendait pas à voir Ron. Ce dernier était venu lui rendre les cours qu'il avait empruntés, il les déposa sur le bureau comme lui avait indiqué Brian surpris de le voir ici.
- Je suis passé pour un illuminé aux yeux de ton père lorsque je lui ai demandé si il avait pu monter l'étagère, dit Ron en regardant Brian dans les yeux.
- Tu joues à la police ?
- Non, c'est juste que je me demande pourquoi t'étais si pressé de partir au point d'inventer une histoire.
Brian se leva et se dirigea vers la fenêtre. Il jeta un coup d'œil vite fait.
- C'est tout moi, j'ai parfois des réactions bizarres, je suis pardonné ?
- Oui, j'ai encore besoin toi pour m'aider avec les devoirs, donc je n'insisterais pas.
Brian se mit ensuite face à lui.
- Au fait t'as réussi à rester toute une journée sans les cheveux gominés ?
Brian se surprit à les ébouriffer. Les cheveux de Ron étaient remarquablement doux, comme lui en réalité.
Ron resta perplexe face à cette remarque, mais pas face à ce geste. Brian et lui étaient devenus assez tactiles.
- Hein ? Qu'est ce qui ne va pas avec mes cheveux ?
Il les toucha pour se rassurer et alla se regarder dans le miroir de l'armoire.
- Rien, c'est juste que je trouve que sans tout ce gel tu es différent.
- Différent ? Ron les regarda de nouveau et se retourna ensuite vers Brian.
- En mieux.
Ron s'approcha tout souriant et s'assit tout près de Brian, de son épaule il le bouscula.
- Je suis naturellement beau, fit d'un sourire digne des plus grandes pubs de dentifrice.
Il passa ensuite sa main dans les cheveux de Brian, il regarda le visage grimaçant laissant ainsi imaginer ce qu'il allait dire.
- Toi c'est pas du gel que tu devrais mettre, mais une cagoule.
- Ha ha ha, fit Brian en grimaçant à son tour.
Ron était tout fier de sa blague et de l'effet qu'elle eut. Il donna un nouveau coup d'épaule à Brian.
- Je plaisante.
Brian resta silencieux et détourna la tête.
- T'es vexé ?
Aucune réponse.
- Tu boudes ? Oh la la, il boude.
Ron prit le menton de Brian entre ses doigts afin de tourner son visage vers lui, face à la résistance de Brian, il le bascula sur le lit. Allongé sur lui, Ron avait tout loisir de le forcer à le regarder. Même face à lui, Brian avait les yeux fuyant. Pour qu'il change d'attitude, Ron entreprit de lui faire quelques chatouilles, Brian ne résista pas bien longtemps. Il ne pouvait s'empêcher de rire et Ron s'amusait à continuer. Ses rires se turent ensuite. Ron était toujours allongé sur lui.
- Je ne savais que tu te vexais facilement, fit Ron.
- C'était pour t'embêter, je ne suis pas du genre à me vexer.
- La cagoule c'était vraiment n'importe quoi, tu es tellement invisible que tu n'en as pas besoin.
Ron scrutait le visage de Brian en attente d'une réaction. Ce dernier ne dit rien, il balança seulement la tête.
- Je dois être le seul à pouvoir te voir.
- Peut être, mais en tout cas moi je te vois et je te sens de tout ton poids.
- Je suis si lourd que ça ?
Au lieu de se lever, Ron s'allongea de tout son long, il posa sa tête dans le creux du coup de Brian qui pouvait sentir la chaleur de ses lèvres et la chaleur de son souffle. Ils restèrent dans cette position quelques instants, Brian feignit quelques plaintes pour donner le change. Il fermait les yeux appréciant la chaleur de ce corps posé sur le sien. Quand Ron se dégagea, ils se sourirent, un sourire complice pour l'un, un sourire tendre pour l'autre.
- T'es vraiment nul, lança Brian.
- T'en fais pas, "le nul" s'en va, il doit monter une étagère avec son père.
Brian répondit à cette allusion par une autre grimace.
Arrivé chez lui, Ron se laissa tomber sur son lit. Il souriait se revoyant écraser Brian. Une drôle de sensation l'enivra, l'odeur de Brian lui revint en mémoire. Une douce odeur, une sensation de fraîcheur. Il ferma les yeux comme pour la ressentir de nouveau, et cette légère chaleur qu'il y avait au creux de son cou le fit soupiré. Cette pensée lui fit ouvrir aussitôt les yeux. Il se redressa brusquement et regarda au niveau de son bas ventre. Quelque chose ce soir avait changé.


Chapitre 7: Du courage ?

Lundi, Ron était le roi du lycée, l'atmosphère de la victoire n'avait pas quitté les esprits. Sur son passage, il avait droit à de chaleureuses félicitations. Bien que touché par ces marques d'attention, son esprit était ailleurs, Brian n'était pas dans le bus ce matin. Il se demandait si il allait venir. Il entra dans la salle de classe qui était encore vide, il se posa à sa nouvelle place, juste à côté de Brian qui se retrouvait entre lui et Lisa. Dans l'attente du début du cours, il écoutait ses mp3, successivement, quelques élèves firent leur entrée. Ron guettait l'arrivée de Brian. Quand ce dernier franchit enfin la porte, son visage retrouva le sourire.
- Je me demandais si tu allais venir.
Brian sortait ses affaires de son sac à dos noir.
- J'ai eu une panne…
Ron se mit à sourire alors que Brian n'avait pas terminé sa phrase.
- …de réveil Ron, une panne de réveil, dit il en balançant la tête tout en souriant.
- ça arrive à tout le monde même au meilleur d'entre nous.
- On parle toujours de la même panne, demanda Brian.
- Franchement, de quelle autre panne veux tu que nous parlions, fit Ron d'un sourire.
- D'aucune autre bien sûr.
A l'arrivée du professeur, la classe se plongea dans le plus grand des mutismes. Ne pouvant ainsi achever leur discussion, Brian et Ron s'échangèrent un sourire complice. Depuis ce qu'il avait ressenti la veille au soir, il profita de l'occasion pour s'interroger sur ses nouvelles choses qui se passaient en lui. Il prit plaisir à regarder Brian tout le long des cours, il cherchait également le contact. Au réfectoire, il profitait de la file d'attente pour être au plus proche de Brian, il collait ses pectoraux contre son épaule, gardait son avant bras au contact du sien. Il le faisait si naturellement que personne ne vit rien à redire. Brian lui- même ne comprenait pas ce qu'il se passait, il se disait être seulement plus chanceux que d'habitude. Ron lui, se faisait à l'idée de ses moments de découvertes, il se faisait à l'idée d'apprécier ses moments. Il avait suffisamment cogité sur la question hier soir, certaine de ses réactions ne trompait pas. Aujourd'hui, il voulait vérifier si ses doutes étaient fondés. Etant d'un tempérament fonceur, il fonçait même si il ne savait pas où cela allait le mener.
Pendant son heure de soutien, Ron utilisa une autre tactique. Il s'installa à côté de Brian dans le canapé turquoise, il colla sa cuisse contre celle de Brian qui ne disait rien ou plutôt qui faisait comme si il ne sentait rien. Cependant, il sursauta lorsque Ron entreprit de mettre son écouteur dans son oreille.
- Calme toi. Ecoute c'est un de mes morceaux favoris, dit Ron l'écouteur entre les doigts.
Brian se laissa faire, Ron glissa avec délicatesse dans son oreille le fameux écouteur qui jouait une balade pop rock. A son écoute, Brian s'emplit de tristesse, il pensait à Ron et à tous ses moments qu'il lui volait surtout aujourd'hui encore plus qu'hier. Ron était si proche qu'il pouvait sentir son souffle dans son cou. Les écouteurs leur offraient une nouvelle promiscuité. Durant l'écoute, Ron lui souriait à chaque fois que leurs regards se croisaient.
- Alors comment tu trouves ?
- Triste, fit Brian d'un brin de voix.
- C'est ce qui est beau.
Brian regarda sur le côté un court instant avant de se perdre dans les yeux de Ron.
- Non, ce qui est beau, se sont les belles histoires d'amour.
Ron esquissa un sourire.
- Je me doutais que tu étais un romantique.
- Non réaliste, fit Brian en se levant.
La chanson lui fit réalisé à quel point il aimait Ron et à quel point il se sentait si triste. Ron n'était qu'un songe, une histoire interdite, un amour à sens unique.
- Je ne te suis pas, fit Ron.
- Il n'y a rien à comprendre, je délire, je vais rentrer, je suis fatigué.
Assis dans le canapé Ron le regarda prendre ses affaires et quitter la chambre.
Les deux semaines qui passèrent pouvaient témoigner du changement qui c'était profilé. Brian expédiait la tâche qu'il avait auprès de Ron, qui lui ne comprenait pas. Il se sentait délaissé, mais ne disait rien. Pour Brian, la situation semblait parfaitement lui convenir. Moins il le verrait plus vite il l'oublierait. Ils ne s'attardaient plus à discuter, à jouer au jeu de la vérité, comme si ils étaient redevenus de parfaits étrangers.
Au lycée, ils n'échangeaient même plus, Brian avait mis des distances, une frontière invisible qui empêchait Ron de s'approcher. Ron ne savait pas comment prendre la chose, peut être était il préoccupé, mais lui qui lui avait fait confiance pourquoi ne se confessait il pas à lui. Ron remarquait que ce changement ne concernait que lui, qu'avait il fait de mal, pourquoi Brian était si froid, si distant. Il ne lui accordait même plus de réplique cinglante, il ne le regardait même plus dans les yeux quand il lui parlait. Ron ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait et ce qui lui arrivait. Il avait une sensation de manque qu'il n'avait pas l'habitude de ressentir. C'était autre chose que le manque de ses parents. Il n'arrêtait pas de penser aux premiers moments passés avec Brian après avoir brisé la glace, ces moments là lui manquait tant et Brian tout autant, mais pourquoi. Et puis un jour, au réfectoire, il était assis face à Lisa et Brian qui discutaient, il ne participait pas, il ne faisait que les écouter tout simplement. Ses yeux ne pouvaient se détacher de Brian qui rigolait et souriait à Lisa. Pourquoi n'y avait il plus droit à ses moments de fou rire, ses moments de partages ? Le capharnaüm qu'était le réfectoire se tu un cours instant, laissant place à un étrange silence, Ron en était le seul témoin, le reste de la salle plongé dans un flou optique se balançait dans un rythme lent, seul Brian lui apparaissait normalement, son rire raisonnait en lui, il avait les yeux qui brillaient. Ron était pris d'un doux vertige en le regardant.
- Tu peux me passer l'eau ?
Cette demande le ramena aussitôt parmi eux.
- Tu peux me passer l'eau, s'il te plaît, demanda Lisa.
- Oui bien sûr, dit Ron encore surpris par cette vision.
Il était comme perturbé, Brian le regardait en se demandant bien ce qu'il avait. Ron se leva et quitta la table sans un mot, d'habitude il disait où il s'en allait.
Ron était allé se réfugier sous les gradins. Sous cette ossature de fer qui l'abritait, il était assis à réfléchir à ce qui lui arrivait et à ce qui leurs étaient arrivé. Ils étaient pourtant si proches et à présent si distant. Il n'avait rien fait pour mettre tant de distance entre lui et Brian, à sa seule pensée son cœur s'accélérait. Il s'efforçait de comprendre cet attachement qu'il n'avait jamais eu auparavant et ce manque si grand qu'il avait à la seule pensée de Brian. Il était remué par ce qu'il ressentait. Qu'allait il faire, cela était peut être passager, juste une pulsion qui n'avait pas de raison d'être. Il ne pouvait cependant ignorer les battements de son cœur lorsqu'il apercevait Brian au détour d'une salle. Pendant plusieurs jours, il était confronté à ces mêmes symptômes que le docteur aurait pu diagnostiquer comme étant de l'amour, rien de bien grave juste de l'amour. Mais Brian de son côté qu'en était il exactement, ressentait il les mêmes choses que lui. Ron essayait de trouver la réponse à cette question. Et si ? Et pourquoi pas ? C'est ce que Ron se disait. Il repensa ensuite à Brian qui lui disait qu'il était la personne qui l'intéressait. Etait ce une blague ou justement Brian avait il accoutré la vérité de ce costume ? Avouer et dissimuler la vérité pour se sentir soulager. Ron ne savait plus quoi penser, cet éloignement soudain n'était pas anodin. Il y avait quelque chose c'est certain. Il ressassa longtemps toutes ses questions, il voulait avoir une réponse. A force de voir Brian au lycée, il finit par avoir la sienne. Il ne l'aimait plus bien, mais l'aimait tout court. Etre assis en classe à côté de lui était un supplice. Il devait faire attention à sa façon d'agir. Ne pas trop le regarder pour ne pas attiser des soupçons. Pourtant il ne pouvait s'empêcher de voler une image. Difficile de se concentrer, il penchait toujours sa tête en sa direction pour pouvoir l'entrevoir du coin de l'œil. Un sourire de temps en temps pour montrer sa sympathie à celui qui s'était peu à peu éloigné de lui. Il ne se tenait jamais trop loin Brian, en espérant que celui- ci fasse un jour volte face.
Et puis, un soir dans la chambre de Ron qui avait volontairement traîné sur ses devoirs, une discussion s'imposait. Ron quitta son bureau et alla rejoindre Brian qui était allongé sur le lit à regarder le plafond. Il s'allongea à côté de lui.
- La vue est belle, demanda Ron.
- Moyennement, répondit Brian sans quitter le plafond des yeux.
- Ça fait deux semaines, fit Ron en tournant la tête afin de voir Brian.
- Deux semaines de quoi, demanda Brian ne bougeant pas d'un poil.
Ron se mit entre le plafond et Brian. Ils étaient les yeux dans les yeux, ils n'avaient jamais était aussi proche l'un de l'autre à part le lendemain soir du match, ils pouvaient sentir le souffle de vie qui s'émanait de l'autre. Un souffle léger caressant leurs visages innocents.
- Deux semaines que l'on s'évite mutuellement, répondit Ron.
- Deux semaines déjà, que le temps passe, dit Brian en souriant.
A cette boutade, Ron ne répondit rien, il était perdu dans le regard de Brian.
- Ne m'en veux pas, murmura Ron.
- De quoi ?
Ron l'embrassa furtivement, le baiser dura à peine une seconde. Brian n'eu aucune réaction, il était resté là, immobile, à regarder Ron dans les yeux qui s'était retiré de ses lèvres.
- Pourquoi tu ne réagis pas ?
- Et toi pourquoi tu as fais ça, demanda Brian qui ne bougeait absolument pas.
Ron se rallongea et fixa le plafond comme il l'avait fait le soir de sa confession. Il voulait des réponses à ses questions, Brian était devenu trop présent dans chacune de ses pensées, pourquoi, il ne savait pas l'expliquer, plus les jours passaient, plus il était à ses côtés, plus il l'obsédait. Cela devenait dur à chaque fois qu'il pensait à lui, dit il à Brian. Son changement d'attitude était du à se titillement qu'il ressentait en lui. Ce soir, il voulait en avoir le cœur net c'est pour cela qu'il l'avait embrassé. Il s'était jeté à l'eau pour ne plus avoir cette sensation de se noyer. Puis Ron se tu dans un silence d'attente.
- La vue est moins belle à présent, dit Brian.
Ron ne comprenait pas, il resta allongé à attendre quelque chose qui le ferait sourire et amènerait la légèreté que Brian savait tant apporter pour briser certaine gêne passagère. Brian se pencha à son tour sur lui. Il se mit entre Ron et le plafond. Il le regarda longuement dans les yeux, Ron avait du mal à soutenir son regard, il avait peur d'être jugé pour son acte qu'il avait osé. Brian balayait son visage, ses yeux marron, sa bouche délicate, ce menton carré mais pas trop, ses sourcils à la couleur de ses cheveux, ses cils pointés vers le ciel soulignant un regard confus et tendre à cet instant.
- La vue est magnifique à présent, dit Brian.
A son tour il l'embrassa. Le baiser dura plus longtemps, chacun appréciait le contact des lèvres de l'autre. Puis Brian se rallongea et fixa le plafond.
- Je me trompe ou ce n'est pas la première fois pour toi, demanda Ron.
- Tu ne te trompes pas, et toi ?
- Première expérience, répondit Ron.
- Je ne suis pas un rat de laboratoire, dit Brian en se levant du lit.
Il commença à rassembler ses affaires. Ron s'approcha de lui et l'arrêta dans son rangement. Il se pencha à nouveau sur lui et l'embrassa, il en avait encore envi, et il voulait aussi avoir une dernière certitude. Ron pressait Brian contre lui tout en l'embrassant langoureusement.
- C'est dur même quand tu es proche de moi, dit Brian en souriant.
- Tu m'apprendras, demanda Ron innocemment.
Tout ceci était très nouveau pour lui, il ne s'était jamais épris d'un garçon, bien sûr il se doutait que les choses n'étaient pas si différentes, mais il avait besoin d'être guidé.
- Et bien plus encore.
Les choses avaient définitivement changé entre eux. Le quaterback du lycée s'était amouraché ou plutôt avait pris conscience, de ce qu'il ressentait pour le premier de la classe qui était devenu son professeur particulier. Il allait à présent lui apprendre plus de cœur que de cours. Tout ceci était très nouveau pour lui, à présent il pensait différemment à Brian qui lui avait déjà vécu cela par le passé, il allait en quelque sorte l'initier.


Chapitre 8: Une nuit pour s'aimer

Les jours passaient et leur vie au lycée restait la même, ils paraissaient pour de bons camarades, Lisa ne se doutait de rien. Mais si ils ne s'exposaient pas en public, en privée les choses étaient différentes. Les moments de pauses n'étaient plus consacrés aux jeux vidéo, mais au jeu des baisers. Ron travaillait encore mieux et encore plus rapidement afin de profiter de Brian le maximum de temps. Brian était content d'être son moteur.
- Les cours finit, il faut maintenant que je fasse un peu de biologie, dit Ron en s'avançant vers le lit.
Brian y était étendu en train de lire un bouquin. Ron le lui enleva des mains, c'était l'heure de lui faire un câlin. Brian avait découvert un Ron en recherche constante d'affection, il avait besoin d'être au centre de l'attention. De longues étreintes et d'interminable baiser c'était ce qu'il préférait. Ce jour là, il commença à jouer au docteur, il souleva le tee-shirt de Brian pour poser l'oreille sur son torse afin d'entendre les battements de son cœur. Il commença à parcourir ce torse de baisers et à le mordiller à cet endroit, les baisers se firent plus insistant, plus intense, le corps de Brian était empli de frissons. Il commença ensuite à lui caresser l'intérieur des cuisses à travers son jean. Il leva ensuite la tête pour embrasser Brian sur les lèvres, qui était selon Ron d'une extrême douceur. Tout en l'embrassant, sa main droite essayait de déboutonner le jean qui se mettait entre lui et sa recherche de plaisir. Brian attrapa la main en quête de larcin et la stoppa. Ron ne comprenait pas.
- T'en as envi autant que moi, je le sens, dit Ron.
- J'en ai envi à chaque fois que tu es à côté de moi, fit Brian en apposant un baiser sur son front.
- Pourquoi pas maintenant alors, ça fait déjà une semaine que je te sens à chaque fois que je te prends dans les bras.
- Ce soir j'ai pas la tête à ça, je ne pense qu'à l'interro de demain, et j'arrête pas de réciter mon cours. Et puis pour ta gouverne, sache que j'en ai eu envi depuis que je t'ai massé.
Ron l'amena tout contre lui, même s'il n'avait pas eu ce qu'il voulait, il avait envi de sentir Brian tout près de son cœur.
- C'est pour ça que tu t'es enfui, dit Ron en souriant en pensant à l'effet qu'il avait suscité.
- Et il est content de lui.
Ron lui caressait le bras la tête penchée contre la sienne.
- N'empêche c'est moi qui devrais avoir peur, je l'ai jamais fait avec un mec, tu seras mon premier, dit Ron en s'allongeant sur le côté.
- Justement, j'ai peur qu'après tu changes d'avis.
- T'es si nul que ça, demanda Ron en rigolant.
Brian l'embrassa pour le faire taire, il embrassait divinement bien Ron était fou de ses baisers, Cristale ne lui arrivait pas à la cheville. Brian dit ensuite à Ron que demain soir, ils allaient l'avoir leur soirée et qu'ils seront tellement fatigués, que vendredi les cours ils allaient les bâcher pour pouvoir continuer toute la journée. Pour l'heure, il leur fallait réviser.
Le lendemain était une journée interminable pour Ron, le temps lui paraissait long, mais pourtant il devait faire preuve de concentration pendant l'interrogation. Pas facile quand Brian à côté, le dévorait des yeux dés que le prof avait la tête baissée, Brian s'amusait à l'allumer en plein devoir.
- Si je me suis planté se sera à cause de toi, dit Ron.
- Je me ferais pardonner.
- Si tu es à la hauteur de tes sous entendus, je veux bien me planter.
Impossible pour eux de s'embrasser de toute la journée, ils profitèrent de l'escapade de Lisa aux toilettes pour avoir cette conversation. Ils déjeunaient sur les gradins, il n'y avait pas trop de monde, mais assez pour se faire prendre.
Le ciel était dégagé, le soleil de midi éloignait les ombres, une légère brise venait de temps à autres rafraîchir les lieux. Ron espérait être en forme après l'entraînement car cette soirée il y avait tant songé. Il dit à Brian de venir seulement à vingt heures le temps de lui laisser préparer quelque chose à manger, ils leur fallait prendre des forces dit il amusé. Ron veilla pendant tout l'entraînement à ne pas se faire mal et à ne pas forcer, l'entraîneur se demandait bien ce qu'il avait. Il rentra immédiatement chez lui après, ce n'était pas son habitude, mais il avait tellement de chose à faire. Une fois douché, il prépara tout ce qu'il avait imaginé durant toute la journée.
Brian était pile à l'heure. Un langoureux baiser et il l'amena jusqu'à la salle à manger où la table était remarquablement dressée. Elle était immense comme la maison. Ron avait mis les couverts à chaque extrémité, le met qu'il avait pris soin de préparer était caché sous une cloche argentée. Brian riait à l'idée de ce dîner en tête à tête si éloigné. Ils parlaient fort pour se faire entendre. En découvrant son assiette Brian eu la surprise de voir un hamburger sur son lit de frite, il éclata de rire, ce dîner était d'un romantique comique. Ron essayait ainsi de faire tomber la pression en lui.
- Prends des forces, dit Ron à l'autre bout de la table.
- Ce dîner est assez riche pour gonfler mes batteries, dit Brian d'un sourire.
Pour le dessert, il fallait passer à l'étage. Ron laissa le soin à Brian d'ouvrir la porte de la chambre. Des bougies il y en avait par millier, Ron avait décidé de placer la soirée sous le signe du cliché, en plus elles étaient parfumées. Sur le lit, il y avait un bol de fraise et de chantilly, le tout sur un fond de musique douce qui dansait avec les flammes des bougies.
- Je ne te savais pas si romantique, dit Brian en regardant Ron.
Ron l'enlaça.
- Parce que tu le vaux bien.
Il lui fit ensuite un tendre baiser et l'entraîna vers le lit.
Ils s'y assirent le dessert posé entre eux. Ron pris une fraise qu'il trempa délicatement dans la chantilly avant de la portée à la bouche de Brian qui ne pouvait s'empêcher de sourire à la première bouchée. Ron quant à lui avait les yeux qui pétillaient. Etait ce la lumière des bougies qui s'y reflétaient ou était ce tout simplement Brian ? Il enleva le surplus de crème sur ses lèvres en l'embrassant. A son tour, Brian trempa une fraise dans la chantilly et la porta aux lèvres de Ron avant de faire marche arrière, il embrassa d'abord ses lèvres, la fraise aurait ainsi meilleur goût dit il. Après quelques autres bouchées, Brian prit les choses en main, il débarrassa le lit des fraises et de la chantilly, et alla les déposer sur la table basse, Ron l'attendait bien sagement sur le lit. Il était presque nerveux, il savait que le moment allait arrivé. En revenant vers le lit, Brian pouvait sentir que l'assurance légendaire de Ron s'était presque évanouie. Il l'embrassa avec tendresse, et parcoura son corps de caresse. Ron commença à se détendre. Brian commença à enlever son tee-shirt. Ron allait réellement avoir droit à sa soirée. Il enleva à son le tee-shirt de Brian. Tout en s'embrasant, ils commencèrent à déboutonner le pantalon de l'autre, l'enlever était une autre paire de manche. Agacé, Ron s'allongea et leva les jambes et enleva le sien rapidement, avec Brian il le fit plus délicatement. Leurs étreintes se poursuivirent en caleçon. Ron étant novice était un peu plus hésitant à ce stade, se caresser et s'embrasser était une chose, mais passer à l'acte en était une autre.
- Ça va, demanda Brian en lui caressant le visage.
Ron posa sa joue dans le creux de sa main, il ferma les yeux et y posa un baiser.
- Ça va, répondit Ron avec l'air moins assuré qu'il affichait le jour d'avant, mais toujours avec un sourire.
Côte à côte l'un en face de l'autre, leurs regards brillaient, mais pas seulement à cause des flammes qui s'y reflétaient. Ils étaient presque à l'état de nature, une seule chose devait encore être ôté avant qu'ils ne se soient vêtus que de leur nudité. Brian l'embrassa pendant que sa main retirait lentement la feuille de vigne qui cachait cet endroit encore inexploré par lui. Il contempla ensuite Ron dans sa belle nudité qui à son tour fit la même chose avec lui. Ce soir, ils s'étaient découverts pour mieux se découvrir à l'envoûtante lumière des bougies. Ils s'endormirent ensuite dans les bras de l'un et de l'autre jusqu'au lendemain matin.
Ron était le premier levé, Brian était de l'autre côté du lit bien loin de lui, il bougeait énormément la nuit. Il était déjà dix heures, la chambre baignait dans la légère clarté d'une lumière presque vaporeuse, comme celle que le brouillard enveloppe. Ron se rapprocha de Brian en veillant de ne pas le réveiller, il dormait profondément. Il l'enlaça de son bras, il avait besoin de sa chaleur. Il pensa ensuite au lycée, il devait y être à l'heure actuelle, mais au lieu de ça, il était là à enlacer le premier de la classe. Si les autres le voyaient pensait il, il se mit alors à rigoler. Qui aurait pu croire un jour qu'il se serait épris de quelqu'un du même sexe que lui, lui- même n'en revenait pas, mais cela ne l'incommodait pas. Il se sentait tout simplement bien avec ce garçon qui lui faisait apprendre ses leçons. Il avait appris avec lui une autre facette de sa vie, de ses sentiments. L'aimait il ? Certainement, sinon il n'aurait pas fait ce qu'il a fait, et il n'aurait pas été là, à chercher le contact de son âme. Il embrassa l'épaule de Brian qui se retourna, ouf se dit il, il ne l'avait pas réveiller, Morphée ne l'avait pas encore laissé s'en aller. Puis peu à peu, Brian entrouvrit les yeux sur un torse imberbe et musclé, il releva un peu la tête, Ron lui souriait.
- Bonjour vous, dit il.
- Bonjour.
- Bien dormit ?
- Bien dormit, répondit Brian en se blottissant encore plus dans ses bras tout en s'étirant.
Ron le frictionnait juste pour le toucher et lui faire sentir qu'il était là, et qu'il prendrait soin de lui toute la journée, et plus si affinité. Après un tendre câlin, Ron l'abandonna un instant pour aller préparer le petit déjeuner. Brian le rejoignit quelques instants plus tard.
- J'allais te le monter, fit Ron en train de garnir le plateau.
- Et tu m'aurais demandé de t'épouser, lui demanda Brian en s'accoudant à la table de travail.
- Ben non, j'ai oublié d'acheter la bague.
Ils rigolèrent de tous les clichés de la veille, il les avait vu si souvent dans les films qu'à son tour Ron avait voulu les vivre, même avec Cristale il n'avait pas été si romantique, c'était elle qui sortait la lyre. La maison était à eux toute la journée, Ron avait donné congés aux employés depuis la veille afin d'avoir plus d'intimité. Ils prirent leur petit déjeuner en silence simplement à se regarder, et à sourire à ceux qu'ils étaient devenus, un couple. Dans le courant de la journée, Lisa avait appelé Brian afin de savoir si tout allait bien, il répéta la question posée en regardant Ron dévêtu à ses côtés, oui tout allait bien. Ron l'embrassait sur tout le corps pendant qu'il discutait, il lui était impossible de parler, il raccrocha en disant à Lisa qu'il la rappellerait plus tard. Lisa de son côté était dégoûtée qu'ils avaient pu bâcher sans l'en informer, elle aurait aimée participer à ce qu'ils avaient fait.
Brian eu droit à des reproches pendant tout le week-end, elle était passée pour lui remettre les cours, et il l'avait aider ensuite à mettre de l'ordre dans son grenier l'heure d'après. C'était une façon pour lui de se racheter. Si elle connaissait la vérité se disait Brian elle n'aurait certainement pas voulu y participer, d'ailleurs lui ne le voulait pas, Ron peut être.

Suite

Retour au sommaire de Textes Gais


Diffusez votre publicité sur nos textes pour tous publics en 468x60 ou 728x90, nos textes pour adultes en 468x60 ou 728x90
Les textes diffusés ici sont la propriété de leurs auteurs respectifs et de TextesGais.com. Tous droits réservés.
Site muni du tag ICRA pour la protection des mineurs.
Editeur : Editions textes gais. Hébergeur : Olf Software.
(c) Textesgais.com