Le cœur qui parle (3)
de KH Brillant



Chapitre 8 : Une nuit pour s'aimer

Les jours passaient et leur vie au lycée restait la même, ils paraissaient pour de bons camarades, Lisa ne se doutait de rien. Mais si ils ne s'exposaient pas en public, en privée les choses étaient différentes. Les moments de pauses n'étaient plus consacrés aux jeux vidéo, mais au jeu des baisers. Ron travaillait encore mieux et encore plus rapidement afin de profiter de Brian le maximum de temps. Brian était content d'être son moteur.
- Les cours finit, il faut maintenant que je fasse un peu de biologie, dit Ron en s'avançant vers le lit.
Brian y était étendu en train de lire un bouquin. Ron le lui enleva des mains, c'était l'heure de lui faire un câlin. Brian avait découvert un Ron en recherche constante d'affection, il avait besoin d'être au centre de l'attention. De longues étreintes et d'interminable baiser c'était ce qu'il préférait. Ce jour là, il commença à jouer au docteur, il souleva le tee-shirt de Brian pour poser l'oreille sur son torse afin d'entendre les battements de son cœur. Il commença à parcourir ce torse de baisers et à le mordiller à cet endroit, les baisers se firent plus insistant, plus intense, le corps de Brian était empli de frissons. Il commença ensuite à lui caresser l'intérieur des cuisses à travers son jean. Il leva ensuite la tête pour embrasser Brian sur les lèvres, qui était selon Ron d'une extrême douceur. Tout en l'embrassant, sa main droite essayait de déboutonner le jean qui se mettait entre lui et sa recherche de plaisir. Brian attrapa la main en quête de larcin et la stoppa. Ron ne comprenait pas.
- T'en as envi autant que moi, je le sens, dit Ron.
- J'en ai envi à chaque fois que tu es à côté de moi, fit Brian en apposant un baiser sur son front.
- Pourquoi pas maintenant alors, ça fait déjà une semaine que je te sens à chaque fois que je te prends dans les bras.
- Ce soir j'ai pas la tête à ça, je ne pense qu'à l'interro de demain, et j'arrête pas de réciter mon cours. Et puis pour ta gouverne, sache que j'en ai eu envi depuis que je t'ai massé.
Ron l'amena tout contre lui, même s'il n'avait pas eu ce qu'il voulait, il avait envi de sentir Brian tout près de son cœur.
- C'est pour ça que tu t'es enfui, dit Ron en souriant en pensant à l'effet qu'il avait suscité.
- Et il est content de lui.
Ron lui caressait le bras la tête penchée contre la sienne.
- N'empêche c'est moi qui devrais avoir peur, je l'ai jamais fait avec un mec, tu seras mon premier, dit Ron en s'allongeant sur le côté.
- Justement, j'ai peur qu'après tu changes d'avis.
- T'es si nul que ça, demanda Ron en rigolant.
Brian l'embrassa pour le faire taire, il embrassait divinement bien Ron était fou de ses baisers, Cristale ne lui arrivait pas à la cheville. Brian dit ensuite à Ron que demain soir, ils allaient l'avoir leur soirée et qu'ils seront tellement fatigués, que vendredi les cours ils allaient les bâcher pour pouvoir continuer toute la journée. Pour l'heure, il leur fallait réviser.
Le lendemain était une journée interminable pour Ron, le temps lui paraissait long, mais pourtant il devait faire preuve de concentration pendant l'interrogation. Pas facile quand Brian à côté, le dévorait des yeux dés que le prof avait la tête baissée, Brian s'amusait à l'allumer en plein devoir.
- Si je me suis planté se sera à cause de toi, dit Ron.
- Je me ferais pardonner.
- Si tu es à la hauteur de tes sous entendus, je veux bien me planter.
Impossible pour eux de s'embrasser de toute la journée, ils profitèrent de l'escapade de Lisa aux toilettes pour avoir cette conversation. Ils déjeunaient sur les gradins, il n'y avait pas trop de monde, mais assez pour se faire prendre.
Le ciel était dégagé, le soleil de midi éloignait les ombres, une légère brise venait de temps à autres rafraîchir les lieux. Ron espérait être en forme après l'entraînement car cette soirée il y avait tant songé. Il dit à Brian de venir seulement à vingt heures le temps de lui laisser préparer quelque chose à manger, ils leur fallait prendre des forces dit il amusé. Ron veilla pendant tout l'entraînement à ne pas se faire mal et à ne pas forcer, l'entraîneur se demandait bien ce qu'il avait. Il rentra immédiatement chez lui après, ce n'était pas son habitude, mais il avait tellement de chose à faire. Une fois douché, il prépara tout ce qu'il avait imaginé durant toute la journée.
Brian était pile à l'heure. Un langoureux baiser et il l'amena jusqu'à la salle à manger où la table était remarquablement dressée. Elle était immense comme la maison. Ron avait mis les couverts à chaque extrémité, le met qu'il avait pris soin de préparer était caché sous une cloche argentée. Brian riait à l'idée de ce dîner en tête à tête si éloigné. Ils parlaient fort pour se faire entendre. En découvrant son assiette Brian eu la surprise de voir un hamburger sur son lit de frite, il éclata de rire, ce dîner était d'un romantique comique. Ron essayait ainsi de faire tomber la pression en lui.
- Prends des forces, dit Ron à l'autre bout de la table.
- Ce dîner est assez riche pour gonfler mes batteries, dit Brian d'un sourire.
Pour le dessert, il fallait passer à l'étage. Ron laissa le soin à Brian d'ouvrir la porte de la chambre. Des bougies il y en avait par millier, Ron avait décidé de placer la soirée sous le signe du cliché, en plus elles étaient parfumées. Sur le lit, il y avait un bol de fraise et de chantilly, le tout sur un fond de musique douce qui dansait avec les flammes des bougies.
- Je ne te savais pas si romantique, dit Brian en regardant Ron.
Ron l'enlaça.
- Parce que tu le vaux bien.
Il lui fit ensuite un tendre baiser et l'entraîna vers le lit.
Ils s'y assirent le dessert posé entre eux. Ron pris une fraise qu'il trempa délicatement dans la chantilly avant de la portée à la bouche de Brian qui ne pouvait s'empêcher de sourire à la première bouchée. Ron quant à lui avait les yeux qui pétillaient. Etait ce la lumière des bougies qui s'y reflétaient ou était ce tout simplement Brian ? Il enleva le surplus de crème sur ses lèvres en l'embrassant. A son tour, Brian trempa une fraise dans la chantilly et la porta aux lèvres de Ron avant de faire marche arrière, il embrassa d'abord ses lèvres, la fraise aurait ainsi meilleur goût dit il. Après quelques autres bouchées, Brian prit les choses en main, il débarrassa le lit des fraises et de la chantilly, et alla les déposer sur la table basse, Ron l'attendait bien sagement sur le lit. Il était presque nerveux, il savait que le moment allait arrivé. En revenant vers le lit, Brian pouvait sentir que l'assurance légendaire de Ron s'était presque évanouie. Il l'embrassa avec tendresse, et parcoura son corps de caresse. Ron commença à se détendre. Brian commença à enlever son tee-shirt. Ron allait réellement avoir droit à sa soirée. Il enleva à son le tee-shirt de Brian. Tout en s'embrasant, ils commencèrent à déboutonner le pantalon de l'autre, l'enlever était une autre paire de manche. Agacé, Ron s'allongea et leva les jambes et enleva le sien rapidement, avec Brian il le fit plus délicatement. Leurs étreintes se poursuivirent en caleçon. Ron étant novice était un peu plus hésitant à ce stade, se caresser et s'embrasser était une chose, mais passer à l'acte en était une autre.
- Ça va, demanda Brian en lui caressant le visage.
Ron posa sa joue dans le creux de sa main, il ferma les yeux et y posa un baiser.
- Ça va, répondit Ron avec l'air moins assuré qu'il affichait le jour d'avant, mais toujours avec un sourire.
Côte à côte l'un en face de l'autre, leurs regards brillaient, mais pas seulement à cause des flammes qui s'y reflétaient. Ils étaient presque à l'état de nature, une seule chose devait encore être ôté avant qu'ils ne se soient vêtus que de leur nudité. Brian l'embrassa pendant que sa main retirait lentement la feuille de vigne qui cachait cet endroit encore inexploré par lui. Il contempla ensuite Ron dans sa belle nudité qui à son tour fit la même chose avec lui. Ce soir, ils s'étaient découverts pour mieux se découvrir à l'envoûtante lumière des bougies. Ils s'endormirent ensuite dans les bras de l'un et de l'autre jusqu'au lendemain matin.
Ron était le premier levé, Brian était de l'autre côté du lit bien loin de lui, il bougeait énormément la nuit. Il était déjà dix heures, la chambre baignait dans la légère clarté d'une lumière presque vaporeuse, comme celle que le brouillard enveloppe. Ron se rapprocha de Brian en veillant de ne pas le réveiller, il dormait profondément. Il l'enlaça de son bras, il avait besoin de sa chaleur. Il pensa ensuite au lycée, il devait y être à l'heure actuelle, mais au lieu de ça, il était là à enlacer le premier de la classe. Si les autres le voyaient pensait il, il se mit alors à rigoler. Qui aurait pu croire un jour qu'il se serait épris de quelqu'un du même sexe que lui, lui- même n'en revenait pas, mais cela ne l'incommodait pas. Il se sentait tout simplement bien avec ce garçon qui lui faisait apprendre ses leçons. Il avait appris avec lui une autre facette de sa vie, de ses sentiments. L'aimait il ? Certainement, sinon il n'aurait pas fait ce qu'il a fait, et il n'aurait pas été là, à chercher le contact de son âme. Il embrassa l'épaule de Brian qui se retourna, ouf se dit il, il ne l'avait pas réveiller, Morphée ne l'avait pas encore laissé s'en aller. Puis peu à peu, Brian entrouvrit les yeux sur un torse imberbe et musclé, il releva un peu la tête, Ron lui souriait.
- Bonjour vous, dit il.
- Bonjour.
- Bien dormit ?
- Bien dormit, répondit Brian en se blottissant encore plus dans ses bras tout en s'étirant.
Ron le frictionnait juste pour le toucher et lui faire sentir qu'il était là, et qu'il prendrait soin de lui toute la journée, et plus si affinité. Après un tendre câlin, Ron l'abandonna un instant pour aller préparer le petit déjeuner. Brian le rejoignit quelques instants plus tard.
- J'allais te le monter, fit Ron en train de garnir le plateau.
- Et tu m'aurais demandé de t'épouser, lui demanda Brian en s'accoudant à la table de travail.
- Ben non, j'ai oublié d'acheter la bague.
Ils rigolèrent de tous les clichés de la veille, il les avait vu si souvent dans les films qu'à son tour Ron avait voulu les vivre, même avec Cristale il n'avait pas été si romantique, c'était elle qui sortait la lyre. La maison était à eux toute la journée, Ron avait donné congés aux employés depuis la veille afin d'avoir plus d'intimité. Ils prirent leur petit déjeuner en silence simplement à se regarder, et à sourire à ceux qu'ils étaient devenus, un couple. Dans le courant de la journée, Lisa avait appelé Brian afin de savoir si tout allait bien, il répéta la question posée en regardant Ron dévêtu à ses côtés, oui tout allait bien. Ron l'embrassait sur tout le corps pendant qu'il discutait, il lui était impossible de parler, il raccrocha en disant à Lisa qu'il la rappellerait plus tard. Lisa de son côté était dégoûtée qu'ils avaient pu bâcher sans l'en informer, elle aurait aimée participer à ce qu'ils avaient fait.
Brian eu droit à des reproches pendant tout le week-end, elle était passée pour lui remettre les cours, et il l'avait aider ensuite à mettre de l'ordre dans son grenier l'heure d'après. C'était une façon pour lui de se racheter. Si elle connaissait la vérité se disait Brian elle n'aurait certainement pas voulu y participer, d'ailleurs lui ne le voulait pas, Ron peut être.


Chapitre 9: Déclaration

Ce vendredi soir, Brian et Ron avaient l'intention d'aller au Grill de la ville pour y manger les meilleures grillades de la région. Afin de se racheter, Brian invita Lisa qui déclina l'offre, elle devait aller manger quelque part avec toute sa famille, ses deux parents ainsi que son petit frère et sa petite sœur. Elle ne savait pas très bien encore où elle allait, c'était aux plus petit de décider, une prochaine fois dit alors Brian.
Au Grill, il y avait foule, et tout particulièrement des familles avec leurs tendres enfants bruyants. Le cuire rouge et le bois chêne était l'emblème de ce restaurant, les odeurs de grillade mettaient en appétit dès que l'on passé l'entrée. Par chance, ils trouvèrent une table à quatre places, la dernière de libre pour l'instant. Brian n'était jamais venu ici, il était agréablement surpris, la carte des menus lui donnait l'eau à la bouche. Ron assis en face de lui avait déjà choisit. Ne sachant pas ce qui était bon, Brian commanda la même chose que lui. C'était la première fois qu'ils dînaient à l'extérieure depuis qu'il était officiellement ensemble. Brian ne pouvait s'empêcher de regarder autour de lui comme à chaque fois qu'il le faisait quand il était dans un nouvel endroit. Il passait son regard de table en table, observant discrètement les clients. Certaines scènes valaient le coup d'œil, comme cet enfant qui faisait une scène face à des parents désemparés incapable de le remettre à l'ordre, d'autres étaient plus touchante comme cette mère essuyant tendrement et avec sourires, la bouche empli de ketchup de son petit dernier. Il y avait aussi ce couple, dont la fille tendait sa fourchette à son bien aimé pour lui faire goûter ce qu'elle avait choisit, visiblement son choix ne lui convenait vu la grimace qu'il fit, ce qui la fit rire. Ron vit Brian sourire à la vue de cette scène.
- Mignon.
- Oui, ils forment un joli couple, répondit Brian en gardant les yeux rivés sur eux avant de les poser sur Ron.
Ron accoudé la tête posé sur ses mains, balançait la tête.
- Non. Mignon c'était pour toi.
- Ha, fit Brian.
- Tu es un petit curieux n'empêche.
Brian balança vivement la tête.
- Mais pas du tout, j'aime juste regarder les gens vivre autour de moi.
- Je ne vis pas assez à ton goût ?
Brian toucha de son pied celui de Ron.
- Tu m'as compris.
Ron compris par ce geste que les attentions qu'ils se portaient chez lui ne pourraient se faire en public. Ils ne pouvaient que se sourire et se dirent avec les yeux ce qu'ils ressentaient.
Après le passage de la serveuse, deux filles s'approchèrent d'eux. Deux blondes habillées avec des couleurs acidulées. Elles n'étaient pas de la ville, mais d'une des villes voisines. Elles avaient parcouru le restaurant de long en large à la recherche d'une place. Les voyant seuls elles s'étaient dit qu'elles auraient pu les accompagnés, elles étaient si charmante et si jolie que Ron ne pouvait que dire oui. Brian lui était obligé de le suivre et puis de nouvelles têtes ce n'était pas si grave, la soirée ne serait que plus sympa pensait-il. Ils se présentèrent mutuellement et fit un brin de causette.
La serveuse arriva ensuite avec leur commande et pris celle des demoiselles. En parfait gentleman, ils attendirent qu'elles soient servies pour commencer à manger. Brian était peu loquas comme s'il était contrarié, Ron avait beau lui sourire et lui faire du pied, impossible pour Brian de se détendre. Elles étaient vraiment jolie se disait il, il n'avait que ça en tête, l'une d'elle devait certainement lui plaire se disait il en pensant à Ron. Brian ne savait pas vraiment ce que leur relation était, peut être était il un simple écart de conduite pour Ron qui était habitué à draguer les filles. Il se sentait menacé par ses deux beautés comme il les avait intérieurement qualifié en maudissant leur présence. Son téléphone le ramena dans le monde réel, c'était Lisa, elle était en voiture. Le bruit de la salle faisait que l'appel était inaudible, il sortit de table et puis du restaurant.
- Pas trop bavard ton copain, lança la blonde Jessica assise à côté de Ron.
- Mais il est mignon, répondit Callie l'autre blonde.
Ron acquiesça intérieurement à la dernière remarque tout en regardant Brian sortir du restaurant.
Dehors, il entendait mieux, Lisa allait venir au Grill avec sa famille, ils allaient donc pouvoir se voir. A son retour, Ron lui souriait toujours.
- Qui c'était, demanda-t-il.
- Lisa.
- Ce n'est pas une petite amie jalouse au moins, très peu pour moi les crêpages de chignon, dit Callie.
- Non, répondit poliment Brian.
Il avait remarqué que Jessica était drôlement collé à son capitaine. Il n'appréciait pas ce spectacle, mais il essayait de le cacher. C'est ainsi que Jessica devint la "blondasse". Ron ne faisait que sourire. La commande des blondes enfin arrivée, Brian se jeta sur son assiette pour manger sa rage. Il levait à peine la tête, et quand il la levait, c'était pour regarder sur le côté afin d'éviter de croiser ce que ses yeux ne voulaient voir. Ron se doutait que quelque chose n'allait pas, mais il ne trouvait pas le regard de Brian pour pouvoir aller en discuter. En essayant d'éviter cette scène de drague entamé par la blondasse, il aperçu Lisa de loin, il s'excusa en quittant de nouveau la table, mais sans un regard pour ses occupants.
- Il parle pas beaucoup, mais il est polit, dit la blondasse.
- Et toujours aussi mignon, dit l'autre blonde.
Brian était allé rejoindre Lisa et saluer sa famille par la même occasion. Il se joignit à eux. L'espace d'un instant, il oubliait Ron en charmante compagnie, en fait, il s'efforçait d'oublier. Il n'était pas en mesure de lui faire une scène, il n'était même pas sûr de ce que Ron ressentait pour lui. Il pensait que Ron aurait pu faire comprendre à la blondasse qu'il n'était pas intéressé, mais son ego était bien trop flatté par cette approche à peine dissimulée.
Lisa était contente de le voir, enfin une tête qui ne lui était pas familiale. Sa famille était gentille, mais à son âge par moment elle pouvait s'en passer, surtout quand le trajet était rempli de cris et de pleures d'enfants. Mais à part ça, tout allait bien, c'était une famille modèle comme celle que Brian avait et celle dont Ron rêvait. La commande de la famille de Lisa déposée, Brian quitta leur table et regagna la sienne tant bien que mal. Il avait envi de s'échapper, mais impossible ce n'était pas lui qui conduisait, il pensait alors à subtiliser les clefs et de s'enfuir comme un voleur, mais il décida de rester quand même dans cette configuration qui ne lui plaisait pas forcément. Rester assis et se taire, c'est ce qu'il avait décidé de faire. Il s'assit donc à sa place et esquissa un sourire automatique, comme celui qu'il avait pour cacher les apparences. La blondasse était en pleine conversation avec sa nouvelle cible, elle riait à tout ce qu'il lui disait. Comment elle flirtait sous son nez et comment Ron lui souriait! Callie essaya de discuter, mais Brian était trop préoccupé pour pouvoir tenir une conversation, il n'avait que des phrases courtes.
- J'adore les garçons mystérieux, dit elle.
Brian se tourna vers elle.
- Je suis désolé, mais je suis un peu préoccupé.
- Par moi j'espère.
Brian eut un léger sursaut déguisé en sourire.
- En tout cas c'est direct, dit il en haussant les sourcils.
- Je ne suis pas du genre à tourner autour du pot lorsqu'un garçon me plaît, fit elle le regard en coin.
La phase de séduction était lancée.
Ron s'arrêta de discuter et tendit une oreille attentive à ce qui se passait devant lui. La blondasse quant à elle, continuait de lui parler et de le charmer.
- Je suis désolé, mais j'ai déjà quelqu'un…enfin je crois.
Callie eut un léger mouvement de recule.
- Tu crois, demanda la blonde étonnée.
Brian détourna son regard vers le fond de la salle.
- C'est une histoire assez compliquée.
- Je ne te connais pas, mais tu es déjà honnête et c'est déjà ça, je pense que de l'honnêteté doit certainement découler d'autres qualités. Dire que je passe à côté de quelqu'un de bien, ragea-t-elle.
Ron resta un instant à fixer Brian qui lui accorda une demi seconde de regard.
- Et en quoi l'histoire est compliquée, demanda Ron.
Brian était surpris que Ron relève ce qu'il avait dit, il ne pensait pas qu'il avait écouté même si il l'avait dit dans ce but.
Brian sourit en le regardant la tête légèrement inclinée comme si à son tour il le draguait.
- Je n'ai pas envi de m'étendre sur ce problème qui m'appartient.
- Tes problèmes sont mes problèmes.
Ron avait un regard insistant.
- Si c'est pas de l'amitié je ne sais pas ce que c'est. Laisse le, il n'a peut être pas envi de parler de ça avec toi devant deux filles de passages, dit Callie.
- C'est vrai, vous aurez tout le loisir de discuter après notre départ, dit la blondasse en jouant avec une de ses mèches tout en souriant à Ron.
- On en discutera plus tard, dit Ron sur un ton sérieux.
Après avoir aussi bien mangé, la soirée ne pouvait pas se terminer, pas si tôt se lamentait la blondasse qui proposa de faire un bowling. Le calvaire de Brian n'était donc pas fini, tout comme la campagne de drague de son "ennemie". Il leva les yeux au ciel en se demandant ce qu'il avait bien pu faire. Il alla informer Lisa de la suite de la soirée, ses parents la laissèrent partir, Ron et lui la raccompagnerait. Dans le 4X4, pas moyen pour Ron et Brian de discuter, Lisa était à l'arrière. Elle se demandait d'ailleurs pourquoi ils étaient si silencieux.
- On apprécie la musique, répondit Brian.
- C'est cela, dit Ron en regardant Brian.
Lisa se rabattit contre le siège arrière et appréciait à son tour la musique en se demandant bien pourquoi l'apprécier.
Sur la piste stratifiée éclairée par la lumière blanche des néons, les équipes s'étaient composées, blondasse et Ron était ensemble, c'était elle qui avait décidé. Brian lui devait faire équipe avec Lisa et Callie. C'était eux qui commençaient. Brian prit la boule, il s'avança et se concentra. Il imaginait que sur chaque quille il y avait la tête de la blondasse. Il effectua sa course, lança la boule qui roulait et roulait sur le parquet en direction des quilles, strike, la blondasse était finit. Il regarda alors Ron, c'était à son tour, essaye de faire mieux dit Brian. Ron lui décocha un sourire sous les encouragements de sa blondasse du soir. A son tour, il effectua une petite course, les quilles n'étaient que des quilles, la boule se dirigea vers elles à toute vitesse, elles allaient capituler sous son impact. Ron regarda Brian l'air de dire "moi aussi je sais faire". Ils se comportait comme des rivaux, mais pourquoi ? L'explication, était qu'ils se sentaient blessé par l'autre. Cette blessure n'était pas volontaire, Ron était blessé par le comportement de Brian qui semblait ne pas lui faire confiance, et Brian lui, ne savait pas quoi penser de l'attitude de Ron, ce sourire qu'il avait quand il lui parlait, Ron piège à jolie fille, sa réputation jouait contre lui. Brian avait tout simplement peur de n'être qu'une expérience. Il avait peur de s'être déjà trop investi dans ce qui pourrait être pour Ron qu'une passade, une lubie. Leur pseudo duel s'arrêta lorsque la partie se termina, mais surtout avec le départ des filles.
Le trajet les menant jusqu'à chez Lisa se fit dans le plus grand des silences, un silence dans lequel on pouvait y voir la tension entre Brian et Ron.
- J'espère que vous réglerez votre problème avant qu'on ne se revoit, dit Lisa en sortant du 4X4.
Ron et Brian se regardèrent, il fallait qu'ils parlent. Ron n'allait pas reprendre la route tant que Brian ne lui aurait pas dit le fond de sa pensée.
- On est seul, on peut discuter maintenant, dit Ron.
- J'ai peur.
Brian jeta un œil dans le rétroviseur extérieur.
- Peur de quoi, demanda Ron avec une voix délicate tout en lui prenant la main.
- J'ai peur que tu réveilles un jour en te disant que j'étais un passe temps.
Ron balança légèrement la tête de gauche à droite. Ron repensa au début de soirée, Jessica avait fait, son effet dans l'esprit de Brian. Il regarda une voiture passée, et regarda ensuite Brian.
- Des jolies filles j'en ai vu plein avant qu'il ne se passe quelque chose entre nous.
- Peut être, mais tu peux toujours prendre conscience que je suis une erreur.
Ron jeta un œil furtif dans le quartier comme si ce que Brian venait de dire n'avait aucun sens pour lui.
- Une erreur, dit il en soupirant et en balançant la tête avec un sourire, puis il reprit, je me rappelle t'avoir dit lorsque j'étais saoul, que tu étais la petite amie parfaite, que t'étais à la bonne taille, que tu prenais du temps pour moi, que tu étais serviable… et en plus tu m'aides à faire mes devoirs.
- Ce n'est pas le moment de me faire rire.
Ron pris un air sérieux.
- En fait, c'est toi qui as raison, j'ai commis une erreur… en te disant que tu étais la petite amie parfaite et qu'il fallait que tu te fasses opérer. Pas d'opération, je t'aime justement pour ce que tu es.
Brian n'en revenait pas de ce dernier mot, jusqu'à ce que son téléphone se mette, à l'autre bout du fil c'était Lisa. Qu'est ce qu'elle avait le chic de se pointer à ce moment là pensait Brian, en fait, il aurait pensé la même chose de toute autre intrusion téléphonique ou bien physique, un klaxon, une personne, une chouette, tous aurait été victime de son courroux intérieur. Lisa lui dit qu'elle était sur le point d'appeler la police, car deux obsédés sexuels étaient devant chez elle, et la regardait se déshabiller certainement en se tripotant. Brian ne pouvait s'empêcher de rire, il rapporta aussitôt l'affaire à Ron qui prit ensuite le téléphone.
- On reluquait ton nain de jardin sur la pelouse pas toi, on est pas zoophile, dit Ron.
- Connard, cria Lisa dans le combiné avant de raccrocher.
Ron redonna à Brian son téléphone et démarra, il était fier de sa blague. Brian était lui aussi plier de rire, mais n'avait pas oublier les derniers mots prononcés qui résonnaient encore en lui.
A leur arrivée chez Ron, ils se jetèrent dans le bain à remous de la salle de bain particulière de Ron. Ils étaient recouverts de mousse jusqu'au menton et ils se faisaient masser par les bulles qui s'échappaient du fond et des côtés de la baignoire. L'appui tête était parfait, la décontraction était totale. Ils restèrent comme ça sans rien dire, juste à apprécier ce havre de paix et de sérénité retrouvée. Le début de soirée avait été chamboulé, mais à présent c'était oublié. Ron se leva, l'eau et la mousse ruisselait sur son corps, sur cette peau que Brian trouvait douce, il se dirigea ensuite vers la douche. Brian profitait encore de ce bain, mais avait un œil sur ce qu'il se passait sous la douche, il se leva à son tour et alla le rejoindre. Ron se mit à sourire lorsqu'il le vit à ses côtés, mais il continua à se rincer après l'avoir embrassé. Il enfila ensuite son peignoir et quitta la salle d'eau. Brian le suivit juste après. Dans la chambre à coucher, Ron était en train de se sécher avant de se mettre au lit. Sous les draps, il regardait Brian s'avancer avec cette moue qu'il avait quand il était contrarié.
- Qu'est ce que t'as, lui demanda Ron.
- Je n'ai jamais de vêtement de rechange quand je viens passer la nuit ici.
- Mon dieu oui, comme c'est terrible!
- Dit celui qui habite ici et qui à sa disposition une quantité phénoménal de caleçon et autres vêtements.
Brian se glissa sous la couette.
- Si on faisait la même taille je te les aurais prêté, la faute à qui, t'avais qu'à grandir.
Brian lui balança un oreiller en pleine figure.
- Ouais mais bon, pense que c'est pas pratique.
- Tout ceci est un détail, je t'en achèterais des caleçons, pense plutôt à celui qui partage ton lit.
Brian souriait, se disant que ce lit n'était pas à lui, mais Ron semblait voir les choses autrement ce qui lui faisait plaisir. D'ailleurs cette réflexion lui fit repenser à leur dernière conversation avant que Lisa ne les interrompe.
- C'était une déclaration ?
- Quoi les caleçons, fit Ron en calant sa tête sur son oreiller.
- Non, tout à l'heure dans la voiture.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, dit Ron avec ce sourire qui voulait dire le contraire.
Il se mit sur le dos.
- Moi aussi.
- Moi aussi, quoi, fit Ron en tournant la têt vers Brian.
- Moi aussi pour répondre à ce que tu as dit toute à l'heure.
Ron se mit à sourire, il voyait très bien où Brian voulait en venir, il voulait lui faire dire "je t'aime" une fois encore.
- Bonne nuit, fit il ensuite avec un sourire.
Brian se rapprocha de lui et se glissa sous ses bras, il resterait tout la nuit comme cela, et toute la vie si cela lui était permis. Ron le serra fort de son bras gauche en le secouant également, c'était signe qu'il avait compris sa tentative. Brian souriait en s'endormant paisiblement.


Chapitre 10: Surprise

La lumière dans la chambre n'était pas totale, les rideaux aux fenêtres filtraient les rayons du soleil. Ron se levait à peine lorsqu'il entendit le bruit des graviers dans l'allée. Il sortit du lit et se dirigea en titubant vers la fenêtre, il avait encore un peu sommeil. Il écarta les rideaux blancs afin de voir ce qu'il se passait. Une limousine venait de s'arrêter, il l'a reconnu immédiatement, c'était celle de ses parents, ils étaient de retour. Ron se précipita sur le lit, secoua Brian pour qu'il se réveille, mes parents répétait il, mes parents. Puis il couru jusqu'à sa salle de bain récupérer les affaires de Brian, tee-shirt et jean sous les bras, chaussettes et baskets dans une autre main, il regardait autour de lui pour voir si il n'avait rien omis. Il regagna ensuite la chambre secouant de nouveau Brian qui venait pourtant d'émerger, il lui balança ses affaires à la figure, habille toi vite cria-t-il en se jetant dans sa penderie. Il attrapa les premières fringues venues et s'habilla aussi vite que possible, Brian aussi s'habillait en toute rapidité. Ron était très stressé à l'idée que ses parents le surprennent avec Brian. Il s'activa à faire le lit pendant que Brian ouvrait tous les rideaux. La lumière était éblouissante, il détourna un instant la tête. Ron se mit à son bureau et se dépêcha d'ouvrir un cahier, il dit à Brian de se poster dans le canapé. Quelques instants plus tard, quelqu'un frappa à la porte.
- Entrez, dit Ron.
La porte s'ouvra et un parfum embauma la pièce, Ron se retourna vers la porte tout comme Brian.
Une femme était là, vêtue d'un chemisier blanc légèrement déboutonné au niveau du col, ce qui laissait apparaître un collier de perle à son cou, d'un pantalon noir qui tombait sur ses chevilles, mais qui ne cachait pas ses noirs talons aiguilles. Ses cheveux noirs coiffés d'un chignon, mettaient à nu les lignes fines de son cou et les diamants qu'elle portait à ses oreilles. Son eyeliner et son mascara, relevait encore plus le bleu de ses yeux, sa bouche était quant à elle soulignée par un rouge discret. Elle se mit à sourire en laissant entrevoir la blancheur miroitante de ses dents. Elle resta à l'entrée la main sur la poignée, elle attendait.
- On ne vient pas m'embrasser, demanda-t-elle de sa douce voix maternelle.
Ron se leva et se dirigea vers elle, un sourire aux lèvres, il l'a pris dans ses bras et la souleva du sol, cela faisait déjà quatre mois qu'ils ne s'étaient pas vus, elle était en voyage. Elle déposa sur sa joue un bisou, vérifia ensuite par habitude qu'elle n'avait pas laissé de trace.
Ce à quoi Ron répondit par des sourcils en point d'interrogation, la moue de sa mère lui donna aussitôt une réponse, aucune trace. Sa main posée sur sa joue alla caresser ses cheveux, elle le recoiffait. Ron se laissait faire sous le regard attendrit de Brian qui assistait aux retrouvailles d'une mère et de son fils. Les mèches rebelles domptées, elle contempla ce fils qui lui avait tant manqué, elle caressa sa joue souriant à l'ombre de sa barbe. Elle se disait à cet instant qu'il n'était plus un enfant. Ramenant son regard sur ses yeux, elle poussa un soupire enveloppé d'un sourire.
- Tu es toujours aussi beau, ce qui n'est pas nouveau, dit elle en souriant avant de reprendre, par contre ce qui est nouveau c'est que tu sois assis devant ton bureau.
Ron regarda derrière lui, et revint sur elle un sourire aux lèvres.
- C'était le seul meuble de ma chambre que je n'avais pas encore testé.
Elle regarda en direction de Brian, elle ne l'avait jamais vu auparavant, elle chercha des yeux un blouson aux couleurs de l'équipe de foot de son fils, elle n'en voyait pas. Qui était donc ce jeune garçon sans blouson ?
- Je ne crois pas vous connaître, dit elle en son attention.
Brian debout à côté du canapé s'avança vers elle.
- Je te présente Brian, dit Ron en regardant sa mère, Brian je te présente ma mère, acheva-t-il.
- Enchanté, dit elle en lui serrant la main et avec un sourire de sympathie. Le fait d'agiter son poignet faisait lever dans l'air les effluves de son parfum délicat.
Brian la regardait droit dans les yeux.
- Enchanté, dit Brian à son tour fasciné par sa beauté et enivré par cette douce odeur.
Elle avait un regard bleuté qui vous transperçait et qui vous charmait.
De son côté elle regardait chaque parcelle de son visage, l'ensemble était harmonieux, avec cependant des yeux clairs qui contrastait avec le brun de ses cheveux.
- Vous faisiez quoi les garçons avant que je ne vous interrompe ?
Les mains jointes, elle balaya de ses yeux la chambre de son fils.
- Brian me faisait travailler.
- Ah oui, c'est donc toi le Brian dont m'a parlé Walter.
Sur son visage pouvait se lire une certaine reconnaissance et une once de stupeur également.
Walter était le prénom du proviseur, c'était un vieil ami de la famille, il veillait au bon résultat scolaire de leur fils. Il les avait appelé pour les informer de ce qu'il avait décidé et les rappela ensuite pour leur faire part de ses nets progrès.
- C'est donc à toi que l'on doit ses progrès phénoménal si j'en crois Walter, rajouta-t-elle encore plus surprise.
Brian souriait timidement, il était intimidé par la prestance de madame Williams.
- Phénoménal, tout est relatif, je ne lui ai pas encore fais décrocher un A, répondit Brian en minimisant son travail.
Elle posa une main sur son bras, une main aussi douce que son geste.
- Ne te diminue pas, tu as réussi là ou bien d'autre ont échoués, et dieu seul sait comme ils étaient surqualifié, surdiplômé et au combien on les surpayaient.
Elle enleva sa main et fronça les sourcils.
- Tu dois avoir un secret ?
Brian souriait à ce qui venait d'être dit, les meilleurs des meilleurs avaient abandonnés l'idée de faire progresser le beau gosse du lycée.
- Je pense que le fait d'être dans la même classe, et d'être dans la même galère qu'est le lycée, laisse la confiance s'installer, et ainsi il est ouvert au travail et à l'apprentissage. Et comme je travaille en même temps que lui, il n'a pas l'impression d'être le seul à bosser.
Madame Williams hochait la tête à ce que Brian disait.
- On te réglera tes honoraires, dit elle.
- Mes honoraires, demanda Brian étonné.
- Tout travail mérite salaire, il est donc normal que l'on te paye.
- Avec le proviseur il n'était pas question d'argent, et puis cette aide figurera dans mon dossier scolaire, vous savez si je devais me faire payer à chaque fois que je venais en aide à un élève en difficulté, je serais immensément riche, dit il en rigolant.
Madame Williams leva la tête au ciel, et la balança de gauche à droite.
- Serviable et gratuit, tu es un oiseau rare de nos jours, dit elle d'un sourire.
Elle se tourna vers Ron.
- Ron, tu l'as remercié j'espère.
- Oui m'man, à chaque fois après avoir finit de travailler.
Elle pinça et joua avec son menton. Il était encore son petit garçon, Ron était presque gêné de sa réaction. Brian avait un air attendrit.
Madame Williams se retira ensuite en cuisine dire à la cuisinière ce qu'elle et son mari voulait pour le déjeuner.
- C'était ma mère, dit Ron en soupirant.
Il se laissa tomber dans le canapé.
- Elle n'a pas l'air méchante, fit Brian en s'installant à côté de lui.
- Elle n'a pas le temps, ils sont tout le temps absent.
- Tu leur en as fait part ?
Ron, la tête posée contre le dossier porta son regard vers Brian.
- Non, cela ne servirait à rien, je vais bientôt partir pour l'université si je continu dans mes progrès, et on se verra pendant les fêtes comme depuis mes dix ans, dit il avec un peu de regret.
- Il y a des tas d'ados qui paieraient pour ne pas voir leurs parents et toi…
- …et moi je suis payé pour compenser le manque occasionné, dit Ron avec ironie.
Ron était un grand gaillard qui sous cette carapace cachait d'éternels regrets. Brian pris congés afin de laisser à cette famille l'occasion de se retrouver et de partager. Il se leva du canapé en claquant la cuisse de Ron.
-Je m'en vais.
-Pas si vite, fit Ron.
Il prit la main de Brian et le fit tomber sur lui. Allongé sur Ron, Brian était sous le charme de son regard rieur, et de ses lèvres qui dessinèrent ensuite un sourire.
- J'ai oublié de te remercier.
- C'est nouveau ça.
Ron plongea dans ses yeux clairs avant de l'embrasser.
- Voilà, à présent tu peux filer.
Brian sourit en refermant la porte derrière lui.
Ron passa l'après midi avec ses parents qui lui racontaient tous ce qu'ils avaient fait, ils avaient traversés tout le pays afin de se rendre dans leurs différentes entreprises pour montrer qu'ils étaient bien présent même s'ils étaient souvent en déplacements. Ils avaient des intérêts dans presque tous les secteurs d'activités. Tous deux étaient de riche héritier destinés à se rencontrer et à régner sans partages sur les affaires qui leurs avaient été léguées. Ron avait sa voix toute tracée depuis son plus jeune âge. C'est lui qui un jour aurait tout cela en héritage. Le soir ses parents avaient été invités chez des amis pour dîner, profitant de leur absence il était aller se rendre chez son amant comme il l'aimait à l'appeler dans l'intimité.
Il frappa à la porte de la maison des MacKenzie, mais il n'y avait aucune réponse. La voiture familiale n'était pas là, Brian devait être au premier et donc ne pouvait l'entendre frapper. Il ouvra finalement la porte qui bizarrement n'était pas fermée à clef. La musique émanant du premier se faisait entendre depuis l'entrée. Ron grimpa une à une les marches de l'escalier. Le son couvrait celui de ses pas. Il regarda autour de lui, l'étage était désert et cette musique si forte l'intriguait. Brian n'était pas du genre à écouter du métal à fond. Il pensa alors qu'un tueur était venu l'égorgé et qu'il avait mis de la musique afin d'étouffer les cris de la victime que Brian était. Ron s'avança lentement vers la porte de chambre grande ouverte, dont la lumière éclairait une seule partie du couloir plongé dans le noir. Il faisait en sorte de ne pas se faire entendre. Devant la porte, il ne constata aucune trace de lutte et de sang sur le mur, Brian était simplement allongé sur lit avec ses jambes dans le vide. Brian ne l'entendit pas s'avancer. Arrivé à sa hauteur, Ron mit un genou sur le lit et s'appuya à l'aide de ses deux mains, une de chaque côté de la tête de Brian, qui ne bougeait toujours pas. Penché ainsi sur Brian presque nez à nez, il le regardait qui souriait, savait il que c'était lui ? La musique s'arrêta brusquement.
- Je peux savoir ce qu'il se passe ici, demanda Lisa qui revenait des toilettes.
Ron tourna la tête dans sa direction avec de grands yeux étonnés de la voir ici et surtout à ce moment précis. Brian ouvrit les yeux, la vue de Ron au dessus de lui et surtout celle de Lisa juste à quelque pas le fit sursauter. Dans sa panique, il se releva sans crier garde, son front se cogna violemment à la mâchoire de Ron. Le choc était audible.
- Aïe ça doit faire mal, dit Lisa la main devant la bouche comme si c'était elle qui venait de recevoir le coup.
- Mais tu peux pas faire attention, cria Ron qui se tenait la mâchoire.
- Et toi d'abord qu'est ce que tu fais là, lui demanda Brian en se tenant le front et en grimaçant.
Ron s'assit sur le rebord de lit.
- Je passais par là, c'est tout, fit il en grimaçant sous la douleur.
Brian se leva du lit et se dirigea vers son miroir posé sur l'armoire.
- T'aurais pu prévenir.
Brian regardait les dégâts. Une belle bosse commençait à pointer le bout de son nez.
- T'aurais pu sentir que je montais sur le lit.
Brian se retourna d'un coup sec.
- Je pensais que c'était Lisa, dit il en élevant la voix.
- Et ben non perdu, c'était moi.
- Je crois que je suis au courant, dit Brian, j'ai même senti la présence de ta mâchoire.
- Et moi celle de ta grosse tête!
Ils ressemblaient à deux enfants qui se disputaient pour rien de bien important. La peur d'avoir pu être pris sur le fait leur faisait perdre la tête.
- Stop, stop les gars, on va à la cuisine mettre un peu de glace sur tout ça, dit Lisa en essayant de les ramener à la raison.
La cuisine n'était pas tape à l'œil comme celle de Ron, elle n'était pas du style épuré qui était la tendance du moment. Cette tendance hypocritement simple et épurée, mais qui coûtait des milliers de dollars. Chacun assis sur une chaise autour de la table, tenait un torchon rempli de glaçons à l'endroit du choc frontal. De retour de la salle de bain avec un gel préconisé pour ce genre de petit bobo, Lisa ne pouvait pas s'empêcher de sourire à la vue de Brian et de Ron un torchon à la main. Brian prit le gel qu'elle lui tendait, et faisait mine de lire sur la notice tout en mettant une noix sur son index et son majeur.
- Appliquer avant toute chose sur les connards.
Il joignit le geste à la parole. Il appliqua le gel froid et visqueux sur la mâchoire de Ron qui lui souriait en coin. Plus il massait, plus le regard de Brian perdait de sa malice, et laissait place à de la tendresse, son geste ressemblait plus à une caresse qu'à un acte médicale. Lisa adossé à l'évier regardait d'un œil discret ce qui se passait. Ron à son tour pris le tube de gel et en mis sur ses doigts.
- Appliquer en dernier sur les petits cons, dit il en souriant.
Lisa pouffait de rire.
Ron tapota d'abord, Brian grimaçait et n'arrêtait pas de lui dire qu'il était con, et qu'il lui faisait mal.
- Sans blague, répondit Ron avec le sourire en sachant très bien ce qu'il faisait.
Ses gestes par la suite étaient plus délicats, et il avait un regard complice pour celui qui l'avait mis dans le même état.
Lisa continuait de les observer dans le silence en pensant que la lueur réciproque dans leur regard malicieux n'avait pas grand-chose à voir avec de l'amitié. Elle essayait de comprendre ce qui se passait, mais n'osait rien demander de peur de les vexer si ce n'était pas la vérité. Elle attendrait donc avant de se faire avoir par son imagination. Elle mâchouillait une de ses mèches de cheveux tout en les observant, elle passait de Brian à Ron, leur sourire disait tant de chose. Elle regarda ensuite la scène dans sa globalité, de la tendresse s'en dégagé. Elle pouvait la sentir. Elle ramena ensuite sa mèche derrière son oreille se disant qu'elle se faisait des idées.
Après son départ, Ron était enfin seul avec Brian. Ils étaient au salon en train de regarder la télévision.
- Ils sont parti où tes parents ?
- Au restaurant, d'ailleurs ils ne devraient pas tarder, fit Brian en regardant l'heure sur la pendule.
Ron feuilletait le programme télé sans y porter attention.
- Tu crois qu'on a le temps de…
- Je ne suis pas pour le vite fait bâclé.
Ron déposa le magazine qu'il avait dans les mains, et s'assit à côté de Brian les yeux rivés sur l'écran.
- Et pour un baiser, on a le temps ?
Brian sourit, Ron avait déjà approché son visage prés du sien, il attendait. Brian l'embrassa comme l'était sa volonté. Ron ne s'en lassa pas jusqu'à ce que la lumière des phares traverse furtivement la pièce. Des freins se firent entendre. Ron regagna aussitôt sa place.
Les parents de Brian entrèrent quelques instants plus tard, ils dirent bonsoir aux garçons et allèrent se coucher.
Il était déjà vingt trois heures. Ron regardait sa montre, il n'avait pas envi de s'en aller. Un dernier baiser sur le canapé, et il se dirigea vers la porte d'entrée. Brian l'escortait, lui non plus ne voulait le voir s'en aller. Sur le pas de la porte, un dernier regard était échangé puis Ron s'en alla. Mais, il revint tout suite sur ses pas.
- J'avais oublié de te dire.
- Quoi, demanda Brian.
- Mes parents organisent un déjeuner le week-end prochain, et j'ai le droit d'inviter qui je veux, et j'ai pensé que serais bien que tu viennes.
- On sera combien ?
Ron réfléchit un instant.
- A peu prés une trentaine.
Brian n'aimait pas les mondanités, et en plus avec tout ce monde.
- T'inquiets pas, ils ne remarqueront même pas qu'on est là, ils seront trop occupé à parler d'affaires et de leurs dernières acquisitions.
Brian réfléchit un moment et finit par un soupir.
- Je viens parce que c'est toi, mais bon je ne suis pas très emballé.
- Comme il est gentil, fais moi penser à te remercier.
Le quartier peu éclairé était bien calme, le voisinage semblait déjà dormir. Ron et Brian étaient seuls sous ce pas de porte plongé dans la pénombre. Ron se pencha vers Brian, et l'embrassa tendrement, un seul baiser, un baiser emprunt de l'intensité de ses sentiments si forts qui fit frissonner Brian.
- Ceci est un acompte, je te remercierai comme il se doit un autre jour. Rappelle le moi.
- Je n'y manquerais pas… aller sauve toi, il sera bientôt minuit ton 4X4 risquerait de se transformer en citrouille.
- Dans ce cas là je dormirais ici.
- Bien essayé, aller file.
Ron s'en alla en lui jetant un dernier regard, et un clin d'œil accompagné de son sourire plein de tendresse.


Chapitre 11: Les soupçons d'une mère

Pour le brunch, des tentes étaient dressées sur la verte pelouse, leurs blancheurs renvoyaient la lumière du soleil. Certains invités étaient déjà là en train de prendre l'apéritif à l'ombre de la terrasse. Le déjeuner se ferait sous les tentes, le mobilier qu'il y avait, était comme celui qu'on utilisait pour les mariages. Le décor était magique, tout ce blanc avait quelque chose d'apaisant. Mais n'apaisait en rien Ron qui guettait l'arrivé de Brian, il se languissait de le voir. Cela faisait déjà une semaine qu'ils ne s'étaient pas vu comme ils l'auraient voulu. Ils avaient peur de se faire surprendre dans la chambre, ils gardaient donc leur distance. Brian finit par arriver à la terrasse, Ron avait alors un sourire qui illuminait son visage.
- Enfin te voilà.
Il lui serra la main en dépit de pouvoir le couvrir de baisers.
- J'ai beaucoup hésité avant de venir, mais j'ai pensé à toi et me voilà.
Brian regarda autour de lui, le monde présent l'intimidé, il ne se sentait pas à l'aise.
- Un visage plus que familier, c'était ce qui me manquait.
Ils restèrent l'un en face de l'autre à se sourirent, à se dirent tellement de choses simplement à se regarder.
L'apercevant de là où elle était, Madame Williams s'excusa auprès des personnes avec lesquelles elle tenait une conversation, et se dirigea vers Brian pour le saluer. Elle était encore très bien habillée, elle portait une robe de cocktail de couleur crème. Ils échangèrent quelques mots de politesse sous le l'œil vigilant de Ron qui ne voulait pas que sa mère l'importune. Puis l'heure de passer à table était venue, tous se dirigèrent vers la grande tente blanche.
A l'intérieur il y faisait bon. Ron et Brian était placé côte à côte, ils restaient le plus loin possibles des invités. Brian avait du mal avec cette ambiance bon chic bon genre, ses gens étaient pour la plupart imbu d'eux même, pas un mot pour le personnel qui les servait. Ron voyait très bien que son invité n'était pas à l'aise, lui aussi n'aimait pas ce genre d'atmosphère, mais il y était habitué, depuis le temps. Il ne relevait même plus certains comportements. Il essayait tant bien que mal de mettre Brian à l'aise.
Pendant tout le déjeuner, sa cuisse ne décollait pas de celle de Brian, qui le regarda lors du premier contact comme si il était fou. Faire cela alors que quelqu'un pouvait se pencher pour ramasser quelque chose qui serait tombée, aurait pu voir ce qui se tramait. La table dressée était suffisamment grande pour que les convives ne soient pas serrés comme des sardines dans une boite de conserve, un tel alibi n'aurait pas fonctionné. Mais Ron insistait, Brian ne pouvait que sourire à l'audace de son petit ami.
- Vous comptez aller à l'université, demanda une femme assise juste en face de Brian en s'adressant à lui avec un sourire.
- Oui, j'ai l'intention d'y aller, dit il en lui rendant son sourire.
- Ne sois pas modeste avec les résultats que tu as, les plus grandes universités de ce pays t'ouvrent les bras, dit Ron en vantant ses mérites.
- Il a le triomphe modeste, c'est une qualité rare de nos jours, répondit la femme regardant autour de la table.
Avait elle lu dans les pensées de Brian, tout comme lui, elle semblait ne pas aimer les ambiances trop sophistiquées où l'amitié des grands n'était qu'une hypocrisie. Tout comme lui elle ne se sentait pas à son aise, elle n'était venue que pour accompagner son mari, un grand investisseur dans les entreprises de ses hôtes. Pourtant, elle avait l'air d'appartenir à ce monde dont elle dénigrait le blason. Mais ses yeux ne trompaient pas, on pouvait y lire l'ennui sous ce crayon bien appliqué comme pour masquer ce regard qui la trahissait. Elle passa le reste du déjeuner à leur faire partager son expérience de l'université, et celle de ses enfants qui y étaient actuellement. Elles les voyait rarement, son mari avaient voulu qu'ils fassent leurs études dans de prestigieuse université européenne. Ils lui manquaient terriblement, c'était une mère.
Brian avait de la peine pour elle, cette vie, elle ne l'avait pas choisit, ce n'était pas la vie dont elle rêvait. Comme la plupart des gens elle ne voulait pas avoir de problème d'argent, mais elle appris à ses dépends que cet argent ne pouvait pas tout lui apporter. Elle était dans sa cage dorée à jamais. Ron comprenait son manque, il le ressentait lui aussi en permanence, il jeta un coup d'œil vers ses parents qui ne lui prêtaient aucune attention pendant ce genre de manifestation. Sauf sa mère qui par moment, lui portait un regard. Elle regardait ce fils qu'elle n'avait pas vraiment vu grandir. Sa fierté, c'était qu'il était un très beau jeune homme qui semblait heureux et en pleine forme. Aujourd'hui il portait fort bien, un polo blanc avec un nombre d'inscrit au niveau du cœur et dans le dos, il le portait hors de son pantalon beige. Tout comme son polo, Ron resplendissait, elle aurait aimée être dans ses pensées pour savoir ce qu'il avait. Elle n'eut pas le souvenir d'avoir vu un jour son fils avec un tel sourire, une telle expression de bonheur sur son visage. Depuis ses dix ans jusqu'à maintenant, elle ne l'avait jamais vu dans cet état presque d'euphorie permanente. Il était là, à parler et à rigoler au côté de Brian, qu'elle ne connaissait pas, mais qui avait su faire progresser son fils comme par miracle. Dans leurs yeux elle pouvait y lire leur complicité, sans se douter qu'ils pouvaient s'aimer.
Ce n'est que bien plus tard après la fin du déjeuner, et le départ de ses invités qu'elle eu des interrogations. Elle était alors sous le porche qui avait vu sur la tente et le reste du parc. Elle les observait gambadants dans l'herbe fraîchement coupée. Brian et Ron se dirigeaient vers le sous-bois qu'avait la propriété. Pendant sa marche, Ron se courba pour ramasser un brin d'herbe qu'il porta ensuite à sa bouche pour le mâchouiller. Puis dans toute sa fougue d'enfant turbulent qu'il avait été, il sauta sur le dos de Brian qui malgré la surprise réussit à le soutenir, ils marchèrent un instant comme cela, Brian était le porteur et Ron le porté. Elle ne le voyait pas, mais elle pouvait sentir ce sourire de joie qu'ils avaient, et ses quelques rires qui ne pouvaient lui parvenir. Ron descendit comme il était grimpé, il passa ensuite son bras autour des épaules de Brian et le secoua vigoureusement pour le féliciter de son exploit. Mais son bras ne quitta pas cette épaule sur laquelle il s'était posé. Ils continuèrent leur promenade l'un contre l'autre, comme si ils étaient seuls au monde.
La mère de Ron qui avait rit lorsque son fils grimpa sur le dos de Brian, ne comprenait pas pourquoi ce bras complice ne retrouvait pas sa place le long du corps de son fils. Elle le savait si peu démonstratif qu'elle en était surprise. Pour elle, leur complicité était indéniable. Quand ils ne furent plus visibles, elle retourna à l'intérieur avec une expression encore emprunt d'interrogation.
Dans le sous-bois, Ron et Brian s'arrêtèrent devant un arbre. L'endroit était assez mystérieux, le feuillage important laissait à peine quelques rayons de soleil inonder les lieux. Il faisait frais, les feuilles mortes au sol étaient légèrement humides. Brian regardait autour de lui, il n'était pas très rassuré, le sous-bois ne s'arrêtait pas là. Des piaillements d'oiseaux se faisait entendre. Une brise légère jouant dans les branches, lui fila la chaire de poule.
En haut de l'arbre devant lequel ils étaient plantés, il y avait une cabane. Elle n'était plus toute neuve, mais semblait être entretenu, il n'y avait pas de liane folle qui barrait son accès. Ron veillait à ce que les jardiniers s'occupent également du sous-bois, d'abord pour sa propre sécurité, mais avant tout afin de conserver ce qu'il avait gardé de son enfance, ce bonheur qu'il avait ressentit quand il l'avait construite avec son père.
- Je devais avoir 7 ans, et mon père un jour m'a demandé si je voulais avoir un endroit rien qu'à moi, j'avais déjà ma chambre lui avais je fais pour réponse. Il m'a sourit et m'a demandé à part ma chambre. Je ne voyais pas où il voulait en venir.
Brian le regardait avec attention, il écoutait chaque mot prononcé, il était si rare que Ron parle de lui, cela devait être important. C'était la première fois qu'il évoquait son enfance avant ses dix ans.
- Il m'a parlé ensuite d'un endroit entre ciel et terre, et que je serais ainsi entre ses deux éléments. Il insista sur le fait que je serais l'une de ses rares personnes à être à la frontière de ses deux mondes. Evoqué de cette manière, c'était tout simplement magique à mes oreilles. Tu te sentirais à l'abri disait il.
Ron ne quittait pas la cabane des yeux, il semblait revivre chaque instant.
- Il m'a donc amené ici, au pied de cet arbre, ici tu te sentiras en sécurité m'a-t-il dit. Je ne comprenais pas, comment se sentir en sécurité juste dans un arbre, ce n'était pas confortable au premier coup d'œil. Et puis, il m'a dit d'imaginer une petite maison entre ses branches, ta cabane dit il enfin. Mes yeux se sont alors illuminés rien qu'à cette idée, être niché là haut, il n'y avait rien de plus beau.
Ron et son père passèrent ainsi des week-ends à construire de leur main ce nid perché en haut d'un arbre. Ils étaient très complices à cette époque. La notion de famille avait un sens à, mais construire un empire comportait des sacrifices que monsieur Williams fit plus tard.
Ron arrêta son discours, le reste de l'histoire était ce qu'il était devenu.
- Je peux monter voir, demanda Brian.
- Avant cela, il faut que je te sacralise.
Brian se demandait ce que Ron entendait par là. Ce dernier apposa sa main sur le haut de son crâne, et ensuite sur son épaule gauche, à l'image du roi qui faisait chevalier.
- Je te fais invité de la cabane, dit Ron en souriant.
- J'aurais droit à un passe pour la prochaine fois ?
- C'est sérieux, tu veux monter oui ou non ?
Devant l'air sérieux que Ron pris, Brian fut surpris.
- Oui, désolé, murmura-t-il.
Ils s'agrippèrent ensuite aux rondelles de bois qui fixées sur le tronc de l'arbre servaient d'échelle. Ron passa le premier. Il ouvra la trappe et se hissa à l'intérieur. L'endroit était devenu petit pour lui, il n'avait qu'à se mettre sur la pointe des pieds pour que sa tête touche le plafond. La surface était suffisante, elle était comparable à deux lits comprenant deux places. Il y avait une fenêtre à travers laquelle l'on pouvait apercevoir la maison entre les branches, et une autre qui donnait sur le sous-bois lui même.
Brian alla d'une fenêtre à l'autre, le bruit de ses pas raisonnait sur le planché.
- Tu dormais ici quand tu étais petit ?
- Oui, plus d'une fois.
- Tu n'avais pas peur ?
Ron eu un large sourire en repensant à des souvenirs.
- Avec mes copains on se faisait des frayeurs.
Brian souriait en les imaginant se raconter des histoires de maison hantée dans une forêt, l'endroit s'y prêtait. Mais le seul fait d'être dans ce sous-bois la nuit était une frayeur en soit.
- Cette cabane a due être aussi un débute de piège à fille, lança Brian.
- Piège à fille pour des amourettes d'enfant.
- Tu n'as jamais…ici…
- Non et jamais je ne le ferais, c'est tout ce qu'il me reste de ma période d'heureuse innocence.
Ron regarda autour de lui, cette cabane était la forteresse des derniers moments passés avec son père avant que celui- ci ne devienne un parfait étranger. Tout comme sa mère, il ne l'avait pas vu grandir, mais elle au moins faisait attention à lui, elle s'intéressait à sa vie.
Brian s'avança vers lui, il approcha son visage prés du sien en espérant un baiser. Ron le repoussa gentiment en apposant ses mains sur ses épaules afin de le freiner dans sa quête.
- Non pas ici. On descend.
Brian était un peu surpris que Ron le repousse, lui qui adorait tant le contact de ses lèvres, mais il comprenait son geste. Ron était attaché à cet endroit qu'il ne voulait pas entaché d'attitude propre aux grandes personnes.
Ils retournèrent ensuite dans le parc en direction de la maison. Ron avait le regard plein de mélancolie. Brian marchant à ses côtés l'observait sans rien dire, il ne voulait pas troubler ce moment. La visite de la cabane était une sorte de recueillement pour Ron.
- J'ai faim, on va manger un truc à la cuisine.
- Ça tombe bien moi aussi j'ai faim, dit Brian.
- On fait la course ?
Ron s'élança comme un fou, il était parti pour une course effrénée jusqu'au point de l'arrivée, Brian le suivait de prés.
Attablés à la cuisine ils mangèrent ce que Ron avait trouvé, du pain mie en sachet et de la pâte à tartiner. Ron adorait le chocolat et Brian adorait Ron, il le dévorait du regard.
- Arrête de me regarder.
- Je ne te regarde pas, répondit Brian.
Ron tartinait ses tranches avec une tonne de chocolat.
- Arrête de me regarder, fit Ron avec un sourire.
- Toi arrêtes de me regarder, dit Brian avant de porter une tartine à sa bouche.
- Je ne peux pas m'en empêcher.
Brian avala avec hâte sa bouché.
- Moi non plus je ne peux pas m'en empêcher.
Madame Williams entra dans la cuisine à cet instant, ils interrompirent alors leur jeu qui ressemblait plus à une déclaration.
- Tu ne t'es pas trop ennuyé Brian, demanda-t-elle de sa douce voix.
- Non, c'était sympa.
Brian n'était pas hypocrite, mais savait que toute vérité n'était pas bonne à dire.
- Ron déteste ce genre de déjeuner.
- Que ne déteste pas Ron, dit Brian l'air d'insinuer que Ron détestait tout.
Sa mère se surprit à rire, elle ne s'attendait pas à une telle remarque, la sienne fut également surprenante.
- Toi, dit elle instinctivement.
Ron ne s'y attendait pas, Brian encore moins. Dans un autre contexte, cette phrase aurait pu être tout à fait neutre, mais là, elle prenait tout son sens à leurs yeux. Avait elle tout découvert ? Ils n'avaient pas à avoir peur, c'était une réplique sans moteur particulier, quoique.
- Tu devrais remercier le proviseur, grâce à lui tu as remonté ta moyenne, et tu t'es fait un ami.
Ron souriait, il n'avait rien à répondre. Brian lui, pensait à ce qu'elle venait de dire, c'est vrai que sans le proviseur, ils ne seraient pas là où ils en étaient. Puis, il fut interrompu dans sa réflexion, par la mère de Ron.
- Vous seriez vous parler si cela ne s'était pas passé de la sorte ?
- Certainement pas, dit Brian spontanément.
- Ça a le mérite d'être honnête.
- Plus honnête que ça on ne fait pas mieux, dit Ron presque choqué.
Brian le regarda.
- Je t'ai déjà dit ce que je pensais de toi, maintenant c'est plus pareil.
- Et qu'est ce qui t'a fait changer d'avis, demanda la mère de Ron curieuse de savoir comment l'on pouvait percevoir son fils.
- Le temps.
Elle haussa les sourcils, l'air de demander une réponse plus précise.
- Le temps passé avec lui m'a permis de cerner qui il était, et de le voir autrement que comme je le percevais.
- Et tu le vois comment à présent ?
La mère de Ron insistait afin d'avoir une autre vision de son fils, un regard extérieur l'aiderait à mieux le connaître, elle qui le connaissait si peu, de cette manière peut être elle en saurait beaucoup plus. Bien sûr, elle ne rattraperait pas toutes ses années d'absence, mais elle finirait peut être par le connaître d'une autre manière que par téléphone ou par lettre, ses brefs échanges qui s'étaient installés au fil des années.
- Gentil sous son étonnante apparence, attentionné, mais je m'arrête ici sinon il va finir par rougir, et prendre le melon.
Brian s'arrêta volontairement à cet endroit, la suite aurait était dure à entendre pour la mère de Ron. Il aurait aimait dire qu'il était affectueux, elle l'aurait mal pris, comment un autre garçon pourrait il dire de son fils qu'il était affectueux. Ce n'était pas prudent. Mais le pire aurait été qu'il dise que Ron était meurtri. Meurtri par l'absence d'une mère et l'absence d'un père. Cette révélation n'aurait pas eu un joli effet sur cette femme qui était en proie à ses propres regrets.
- Il est temps que tu rentres chez toi avant que je ne verse une larme.
Ron riait à l'énoncé de sa phrase, Brian partageait ce rire sous le regard amusé d'une mère pensive qui avait noté le regard tendre qui s'était échappé de son fils et de son ami lorsque celui-ci prononça le mot "attentionné".
- Il est temps que tu rentres chez toi, dit de nouveau Ron.
Brian finit son vers de coca.
- Merci pour la journée, dit Brian en regardant la mère de Ron.
- Oh ce n'est rien, à bientôt et rentre bien.
Ron le raccompagna jusqu'à sa voiture, ils discutèrent encore un instant, se quitter était difficile, ils auraient tant aimés passer encore du temps ensemble. Depuis que les parents de Ron étaient de retour, ils avaient beaucoup moins d'intimité, ils n'avaient pas celle qu'ils souhaitaient. Après une heure de discussion adossés à la voiture, ils se quittèrent enfin, Ron rentra chez lui seulement quand les feux arrières de la voiture de Brian eurent disparu dans la nuit.
En rentrant chez lui, Ron croisa sa mère au bas des escaliers. Elle arrangeait les fleurs sur la console.
- Où étais tu passé, lui demanda sa mère étonnée.
- J'étais avec Brian, il vient juste de s'en aller.
- Je croyais qu'il était déjà parti, il faut croire que vous avez beaucoup de choses à vous dire.
- Il faut croire.
Ron monta ensuite dans sa chambre. Sa mère le regarda s'en aller, elle était encore pensive.
Vers vingt trois heures, voyant encore de la lumière sous la porte de la chambre de Ron, elle frappa.
- Entrez.
Ron était assis dans le canapé en train de jouer. Décidément se disait elle, elle ne comprendrait jamais rien à l'accoutumance des jeux vidéo.
- Tu ne vas pas te coucher ?
- Non, pas tout de suite.
- Tu ne seras pas fatigué pour le lycée demain ?
- M'man je suis grand je sais ce que je fais, mais par contre je ne sais pas ce que tu fais là.
- Je n'ai pas le droit de venir voir mon fils qui ne dors pas, et de le sermonner?
Ron haussa les sourcils l'air de dire, "tu peux toujours causer". Il ne quittait pas l'écran des yeux. Elle, elle ne le quittait pas des yeux. Il sentait son regard posé sur lui.
- Tu es venu pourquoi exactement ?
- J'avais envi de te parler.
- Parle, je t'écoute, dit il en s'existant sur la manette.
- Cristale.
Ron appuya sur le bouton pause de la manette et se tourna vers elle.
- Cristale, lui demanda-t-il l'air étonné.
Pourquoi diable sa mère abordait elle ce sujet se demanda-t-il.
- Pourquoi tu ne m'as pas dit que vous n'étiez plus ensemble ?
- Parce que y a rien à dire tout simplement.
- Ça fait longtemps que vous êtes séparé ?
- Un petit moment déjà, et je ne vois pas pourquoi tu t'intéresse à cela. Si tu veux tout savoir, elle m'a trompé et je l'ai balancé.
- C'est ce que j'ai pu comprendre.
- Parce que même tes amis sont au courant ?
Elle hocha la tête de haut en bas. Ron pensa alors que la plupart des gens du lycée confiaient les ragots à leur parent. A quel moment se demandait il, au déjeuner, au dîner ou bien lorsqu'ils croisaient une personne sur laquelle il y avait de quoi ragoter.
- Pourquoi cet intérêt soudain pour ma vie amoureuse ? Tu dois être contente, tu ne l'aimais pas vraiment ?
Il y a deux ans de cela que madame Williams fit la connaissance de Cristale. Elle revenait de voyage lorsqu'elle surprit cette fille en tenue légère dans sa cuisine. Ron déambulant en caleçon n'était pas très loin, pour une première présentation ce n'était pas l'idéal. Pendant son séjour, elle invita Cristale à dîner, dîner au cours duquel elle se rendit à l'évidence : cette fille n'était pas faite pour son fils. Cristale ne pensait qu'à elle, elle était très maniéré, et son maquillage d'une vulgarité. Madame Williams n'était pas enchanté que Ron la fréquente, elle lui en fit part. "Tu n'as pas à me dire avec qui je dois sortir", à ses mots elle comprit que Ron n'allait pas la quitter de si tôt. Elle se résigna, mais garda l'espoir qu'un jour il la verrait sous son vrai jour. Deux ans plus tard sa prière fut entendue. Le bruit de leur séparation lui donna satisfaction et tristesse à la fois.
- Je suis ta mère tout simplement, je voulais savoir si tu n'avais pas trop de peine.
Ron pensa immédiatement à Brian, comment avoir de la peine alors qu'il était avec quelqu'un d'extraordinaire, il avait gagné au change pensait il, même mieux.
- Rassure toi maman, je vais très bien, dit il en prononçant chaque syllabe afin de bien lui faire comprendre et entendre.
Elle se mit alors à sourire, elle avait compris le message qui disait "n'insiste pas". Elle se dirigea ensuite vers la porte, mais elle se retourna, elle entrouvrit la bouche en espérant voir sortir la question qu'elle avait tant voulu lui poser, "et Brian c'est qui pour toi ?", mais elle n'en eu pas le courage. Avait elle peur de connaître la vérité ou bien peur de l'offenser, et de le pousser dans ses retranchements si cela s'avérait vrai. Elle décida d'attendre, c'était à lui d'en parler, si il avait vraiment quelque chose à avouer. Il était peut être aussi trop tôt, elle pouvait peut être se faire des idées.
- Bonne nuit, lui dit elle avec un sourire.
Elle revenu sur ses pas, et l'embrassa sur le front comme quand il était enfant. Il avait grandit si vite pensait elle, elle ne l'avait même pas vu. Ron se retrouvait comme un enfant, touché par le baiser d'une maman, cela faisait si longtemps.


Chapitre 12: Stupéfaction

Ron et Brian étaient toujours en perpétuelle frustration. Bien qu'ils se retrouvaient toujours seuls dans la chambre pour faire leur devoir, ils se sentaient moins libre, ils étaient moins spontanés, toujours sur leurs gardes. Brian évitait de s'allonger sur le lit, il restait sur le canapé, à lire un manuel pendant que Ron travaillait. Plongée dans sa lecture, Brian n'entendit pas le bruit de la chaise que tirait Ron pour sortir du bureau. Il s'avança prés du canapé et s'accouda au dossier, faisant mine de lire au dessus de l'épaule de Brian. Il lui déposa un baiser dans le cou alors qu'il avait le nez dans son bouquin.
- Retourne travailler, dit Brian en souriant.
- Tu me manques, dit Ron en collant sa joue contre la sienne.
Brian abandonna son livre pour s'abandonner dans les yeux de Ron qui lui souriait.
- Tu me manques aussi, dit il d'un sourire avec une note de tristesse.
Il l'embrassa juste une fois. Il ne fallait pas plus pour que Ron enjambe le dossier du canapé et se mette au plus prés de Brian afin de continuer à l'embrasser. Sa respiration se faisait de plus en plus haletante, il en avait envi, Brian aussi. Mais il ne pouvait pas s'abandonner comme cela, ils n'étaient plus dans une maison vide. Pourtant Ron insistait, il se penchait de plus en plus sur Brian afin que celui- ci s'allonge sous son poids dans ce canapé turquoise. Il commença ensuite à l'embrasser dans le cou et puis remonta à ses lèvres pour encore les sentir frémir à son contact. Il n'en pouvait plus de se retenir. Son envie était aussi grande que son imprudence. Il enleva son tee-shirt à la hâte et le balança dans un coin de la chambre. Il commença ensuite en enlever celui de Brian, mais quelqu'un frappa à la porte.
Ron leva tête et fixa la porte, il resta pétrifié à la simple idée de se faire surprendre. Il reprit aussitôt ses esprits.
- Un instant, cria-t-il en cherchant comme un fou le tee-shirt dans sa chambre qu'il trouva pour la première fois de sa vie trop grande.
- Un instant, répéta-t-il.
De l'autre côté sa mère s'impatientait, que se passait il donc, pourquoi devait elle attendre.
Pendant ce temps, Ron mis enfin la main sur ce tee-shirt qu'il avait maudit un instant. Brian quant à lui s'ajustait juste un peu, et restait inquiet dans le canapé. Son rythme cardiaque s'était accéléré. Il fallait vite se détendre.
Agacé d'attendre, la mère de Ron ouvrit la porte. Elle tomba alors sur son fils derrière le canapé un livre à la main en train d'éventer.
- C'est Brian, il a pété, dit en Ron en faisant une grimace de dégoût.
Brian se mit à rougir, mais la situation était sauvée, l'attente prenait ainsi tout son sens avec ce mensonge qui ne sentait pas bon. Il plongea sa tête dans ses mains, il ne voulait pas voir le regard que portait la mère de Ron sur lui. Elle souriait, désarmée par un aveu qu'elle n'avait pas l'habitude d'entendre.
- Du coup je ne sais même plus ce que j'étais venu vous dire.
La main sur la poignée elle essayait de se remémorer la raison de sa venue.
- T'as vu ça Brian, t'as même réussi à asphyxier les pensées de ma mère.
Brian s'enfonçait encore plus dans le canapé, il aurait souhaité être invisible à cet instant.
- Tais toi je suis assez gêné comme ça, dit Brian qui se cachait à l'aide d'un coussin du canapé qui aurait virer au rouge si Brian déteignait.
Madame Williams retenait son rire, et préféra quitter la chambre de ce pas sans rien dire en refermant la porte derrière elle.
- La honte, dit Brian se mettant la main devant les yeux.
Ron balança le livre sur la table basse.
- La situation est sauvée, c'est pas grave péter tout le monde le fait.
Il s'accouda au dossier en souriant à Brian qui le regardait en balançant la tête.
Au moment où il l'embrassa pour se faire pardonner, la porte s'ouvra.
- Voilà je me souviens…
La mère de Ron n'avait même pas eu le temps de continuer sa phrase, qu'elle était tomber nez à nez sur son fils en train d'embrasser un garçon, qui n'était pas son propre reflet dans un miroir comme si il s'entraînait.
Ron et Brian restèrent bouche baie.
- Désolée, fit elle en refermant aussitôt la porte.
Dans la chambre Ron et Brian étaient anéantis, consternés. Ils venaient d'être ébranlés. Ron se frottait le visage de ses deux mains avant de s'empoigner les cheveux.
- Merde, merde, merde, marmonnait il sans fin.
Il s'arrêta un instant la main posée devant la bouche en soupirant. Il regardait Brian tout en se passant la main au menton.
- Qu'est ce qu'on va faire ?
- Je ne sais pas, dit Brian le regard inquiet. Puis reprit, il vaut mieux que se soit sur ce baiser que sur toi en califourchon sur moi comme tu l'étais tout à l'heure.
Ron soupira.
- Oui mais bon, elle m'a vu t'embrasser.
Ron faisait les cent pas.
- Elle nous a vu nous embrasser.
Brian essayait de le soutenir. Mais ce n'est pas ta mère, pensait Ron.
- Bon tu vas rentrer chez toi et je t'appelle.
- Je peux rester, fit Brian en s'approchant de lui.
Il caressa son bras pour lui montrer qu'il était là.
- Non c'est gentil, mais je doute fort qu'elle veuille nous parler à tout les deux, avoir cette image de nous est suffisamment conséquent pour elle, alors nous faire face à tout les deux, on va pas l'achever.
Ron pris Brian dans ses bras afin de se donner du courage, la tête appuyée sur la sienne il se balançait. Il humait par la même occasion l'odeur de son shampoing. Il posa ensuite sa tête dans le creux de son cou et murmura "Je t'aime" à son oreille.
- Je t'aime aussi, fit Brian en le serrant fort dans ses bras.
Dans la cuisine, la mère de Ron préparait machinalement des sandwichs, en se repassant la scène qui s'était présenté à elle. Elle aurait du frapper se martelait elle. Ses doutes étaient fondés se disait elle également. Ce baiser n'avait rien d'amical, Brian n'était pas russe, il n'y avait donc pas d'explication plausible à part le seul fait qu'ils soient ensemble se disait elle. Tout en s'afférant, elle guettait le moindre pas dans les escaliers, en pensant en même temps que cela était plus dur pour eux.
Elle finit pas entendre quelque pas et sortit de la cuisine.
- Je vous ai préparé un goûté, cria-t-elle pour se faire entendre.
Ron et Brian se regardèrent, ils ne savaient pas ce qu'il fallait faire. Brian le sac posé sur une épaule était près à partir, mais avec l'insistance de la mère de Ron, qui les suppliait presque de venir, il se résigna à rester. Ils s'avancèrent lentement. Aucun d'eux n'eurent le courage de la regarder dans les yeux, ils ne voyaient donc pas le sourire qu'elle arborait, ils ne voyaient que ses pieds. Brian déposa son sac, à côté du pied de la table où les sandwichs étaient entreposés. Il avança délicatement la chaise et s'y installa en gardant les yeux rivés sur la table, il ne les leva que lorsqu'il entendit la porte du réfrigérateur s'ouvrir. Il savait qu'à cet instant cette mère de famille avait le dos tourné. Il rabaissa les yeux aussitôt la porte refermée.
- Je vous ai préparé une tonne de sandwichs, j'ai horreur du gâchis, mangez les avant de retourner travailler, il n'est pas encore dix sept heures, je ne pense pas que vous aillez terminé.
Elle n'eu aucune réponse. Même si ils ne la regardaient pas, il sentait un sourire au simple son de sa voix.
- Vous voulez du coca, il est tout frais…après toutes ses émotions, un grand verre vous ferez le plus grand bien.
Elle se dirigea à nouveau vers le réfrigérateur. Ron et Brian profitèrent de l'occasion pour s'échanger un regard presque effrayé, ils battaient des paupières tellement ils étaient stressés.
- Si vous aviez vingt et un an, j'aurais ajouté du whisky, dit elle en cherchant la bouteille de cola. J'en aurais bien bu un moi aussi, mais je dois garder les idées claires.
Ron et Brian se sentaient mal. Elle s'assit ensuite à la table essayant d'ouvrir la bouteille.
- Tiens mon chéri essaye de l'ouvrir, je n'y arrive jamais, dit elle à Ron en lui tendant la bouteille.
Ron prit la bouteille et ne fixait qu'elle.
- Vous révisiez quoi, demanda-t-elle en s'adressant à Brian.
- L'histoire, dit il d'une voix embarrassé et les yeux baissés.
Elle se mit à sourire. Son regard allait de Brian à son fils.
- Depuis combien temps, enchaîna-t-elle.
- Depuis une heure, répondit Brian timidement.
Elle se mit à rire, Brian ne comprenait pas.
- Non, je voulais dire, depuis quand vous êtes ensemble ?
Cette question glaça la cuisine, on se serrait cru en plein hiver sans chauffage.
Brian eu un moment d'hésitation.
- Deux mois, fit il pour réponse en regardant Ron pour savoir si lui aussi était d'accord.
- Oui, deux mois, répondit Ron en avalant son verre cul sec.
- Deux mois déjà, dit elle en soupirant.
Elle ne soupirait pas de regret, mais d'étonnement, deux mois, cette durée la laissait perplexe. Leur relation semblait être du sérieux.
- Moi qui me demandait pourquoi tu semblais si heureux ses derniers temps, j'ai ma réponse, dit elle en souriant.
Ron souriait, mais n'en était pas moins mal à l'aise. Il osa la regarder, un court moment juste le temps de voir son visage radieux. La seule mention du nom de Cristale n'aurait jamais pu avoir le même effet pensa-t-il.
- Je suppose que personne d'autres n'est au courant.
Le non était collectif et instinctif.
- Et tes parents réagiraient comment ?
Brian osa croiser son regard pour la première fois.
- Je leur dirais que j'ai de bonnes notes et que je peux tout me permettre.
Cette petite blague détendit l'atmosphère. Ron reconnaissait bien là son Brian qui avait toujours le chic de blaguer dans les moments les moins propices.
Brian soupira ensuite en regardant son verre de coca posé sur la table, il le fit tourner ce qui attira le regard de Ron et de sa mère.
- Honnêtement je ne sais pas, étonnés certainement, ils se questionneraient, mais je pense qu'avec le temps ils finiraient par l'accepter.
- Je vais leur passer un coup de fil, dit la mère de Ron.
Brian resta scotché sur sa chaise en voyant sa vie défilée. Il se détendit quand elle se mit à rire.
- A ta réaction tu n'es pas encore prêt, dit elle en lui souriant, j'attendrais alors un petit peu, demain ?
Brian lui souriait, cette fois ci il avait compris la blague. Ron lui était étonné que sa mère soit si compréhensive, c'était peut être le choc, demain matin au réveil elle serait peut être différente. Sa mère était ouverte d'esprit, elle n'était pas peinée, elle voyait bien que son fils était heureux. Elle qui le voyait rarement, elle n'allait pas lui dicter sa conduite et celle de son cœur, elle n'en avait plus le droit pour sa conduite, et pour son cœur elle n'en avait pas le droit.
- Comment ça s'est passé pour que du jour au lendemain toi et lui, vous soyez plus que de simples amis, demanda-t-elle en s'adressant à son fils.
Ron était surpris de voir sa mère se sentir si investit dans sa relation qu'elle venait juste de découvrir. En fait, elle était animée par une irrépressible envie de comprendre. Comment son fils qui était à l'époque un Casanova ait pu tomber dans les bras du premier de la classe. Ron lui fit le récit de ce qui à ses yeux ressemblait à une épopée. Elle l'écoutait attentivement en jetant un coup d'œil à Brian qui buvait littéralement les paroles de Ron. Il était amoureux, cela se voyait tout de suite. Elle l'observa plus longuement, il était mignon avec ses yeux clairs dans lesquels se reflétait Ron qui parlait, ses cheveux bruns soulignaient la couleur verte de son regard tendre, sa bouche souriait au son de la voix de son fils, il était d'un moindre gabarit. En somme elle lui trouvait une charmante apparence, son fils n'avait pas mauvais goût, le successeur de Cristale n'était pas mal. En plus de cela, il était intelligent, le proviseur avait tant vanté ses mérites auprès de la famille à l'image d'un promoteur immobilier qui vendait une maison.
- Quelle histoire, fit elle après le récit.

Bien sûr Ron avait évité les détails les plus secrets de leur relation, il n'allait pas lui faire l'étalage de ses ébats. En bonne mère elle ne posa pas la question même si elle lui avait effleurée l'esprit, c'était l'une des premières choses qu'elle avait pensée en les voyant s'embrasser. On-t-ils déjà franchi le pas, s'était elle demandée en redescendant l'escalier.
Après ce goûter surprenant, les garçons retournèrent à l'étage sous le regard d'une mère qui réalisait à peine ce qu'il se passait.
- Woah, fit Brian.
- A qui le dis tu, je n'arrive pas à y croire, ma mère est au courant, dit il d'un air à la fois content, mais désemparé malgré tout.
- En plus elle à l'air de bien le prendre.
- C'est justement ça qui me sidère le plus, je ne comprends pas, je me serais fais à une réaction de colère outrancière, mais rien! Je me serais senti mieux si elle avait réagi ainsi, mais là je ne sais pas comment faire, dit il en se jetant sur le lit d'un air désorienté.
Brian vint s'asseoir à côté de lui.
- Il est préférable qu'elle l'accepte au lieu qu'elle ne te rejette, tu ne crois pas ?
- Tu as certainement raison, mais laisse moi être surpris.
- Je te laisse être ce que tu veux. Je pense que je vais rentrer, je n'ai pas très envi de travailler.
Ron attrapa son bras et se releva.
- Tu ne vas pas partir tout suite, attend un peu.
- Attendre quoi ?
- Que je me ressaisisse.
Brian le regarda en pensant à la chance que Ron avait. Sa mère semblait très bien réagir, qu'en serait il de ses propres parents si ils étaient amenés à l'apprendre. Ron ensuite, se glissa entre ses bras, il avait envi de se sentir bien comme à chaque fois qu'il y était. Dans les bras de Brian, il ne pensait plus à rien, ce contact le déconnecté de la réalité. Il inspira profondément, il aimait l'eau de toilette que Brian portait. Il le regarda avant de l'embrasser tendrement juste pour partager ce souffle de vie qu'ils avaient. Après ce long moment de tendresse, Brian s'en alla pour rentrer chez lui.
Le soir alors qu'il était déjà couché sous les draps, Ron eu la visite de sa mère, elle entra après avoir frapper, désormais, elle s'était dit qu'elle attendrait une heure s'il le fallait avant qu'on lui dise d'entrer. Elle s'avança vers le lit. Elle s'assit sur le bord et contemplait son fils à la lumière de la lampe de chevet. La tête sur l'oreiller Ron se laissait caresser les cheveux par sa mère qui l'avait souvent fait quand elle venait autre fois le border. Il se revoyait alors enfant.
- Tu l'aimes vraiment, lui demanda-t-elle.
Ron regarda sa mère, elle était si jolie, si douce, si maternelle.
- Oui.
Elle lui sourit à cette réponse.
- Et toi, tu l'acceptes vraiment ?
Sa mère ne le quitta pas des yeux une seule fois.
- Que veux tu que je fasse contre lui, dit elle en lui tapotant la poitrine au niveau du cœur.
Ron regarda sa main posée sur son cœur, il se mit à sourire.
- Si il parle, je n'ai qu'à écouter et le comprendre.
- Tu aurais penser un jour que…
- Non, comme toi tu n'y avais pas penser, je me trompe, demanda-t-elle.
Ron se redressa, sa mère retira sa main et la posa dans la sienne.
- Non, ça m'est tombé dessus sans prévenir.
- Vraiment ? Tu n'as jamais regardé un garçon en t'imaginant…
Tout en parlant elle caressait de son pouce le revers de sa main.
- Non, il n'y a que celui là, fit il d'un sourire.
Sa mère lui rendit son sourire, elle l'embrassa sur le front et lui souhaita une bonne nuit et s'en alla, une dernière caresse dans ses cheveux et elle se leva.
- Et papa, demanda Ron.
Sa mère s'arrêta et se retourna.
- Et papa, soupira-t-elle. Je ne sais pas, sache que je ne lui dirais rien.
Elle referma ensuite la porte sur Ron encore pensif au sujet de son père. Il n'aurait aucun reproche à lui faire, il n'était plus son fils depuis l'âge de ses dix ans, pensait il. Pourtant, il craignait néanmoins sa réaction, mais il ne se plierait pas à son bon vouloir, se disait il.

Suite

Retour au sommaire de Textes Gais


Diffusez votre publicité sur nos textes pour tous publics en 468x60 ou 728x90, nos textes pour adultes en 468x60 ou 728x90
Les textes diffusés ici sont la propriété de leurs auteurs respectifs et de TextesGais.com. Tous droits réservés.
Site muni du tag ICRA pour la protection des mineurs.
Editeur : Editions textes gais. Hébergeur : Olf Software.
(c) Textesgais.com