Le cur qui parle (4)
de KH Brillant
Chapitre 13: La soirée des aveux
Profitant de l'absence de ses parents jusqu'à vingt heures, Ron et Brian, décidèrent d'étudier chez ce dernier. La journée avait été longue et pénible, ils décidèrent d'abord par se détendre en s'occupant de l'autre. Ron rattrapa les baisers qui lui avaient tant manqué dans la journée, une chose entraînant une autre, ils firent l'amour. Brian exténué, s'était endormi juste après, Ron veilla sur lui un moment avant de plonger lui aussi. A leur réveil, il était déjà dix huit heures, Lisa avait convenu avec Brian de passer le voir. Elle se sentait un peu mis de côté, l'amie du début se sentait comme abandonnée. Elle ne pouvait qu'en vouloir à la décision du proviseur, Brian se trouvait cette excuse également, mais il avait décidé de lui accorder le temps qu'elle méritait. Jongler avec une histoire d'amour secrète n'était pas chose aisée. A son arrivée, elle sonna à la porte. Ron et Brian se réveillèrent en sursaut.
- Tes parents, fit Ron affolé.
Il bondit du lit à la recherche de ses vêtements.
- Non, non, vu l'heure qu'il est, ça doit être Lisa, elle devait passer.
Brian n'était pas plus affolé que cela.
Il s'extirpa du lit et s'habilla malgré tout à la hâte, Lisa devenant insistante sur la sonnette. Ron était chargé de tout mettre en place le temps que Brian aille ouvrir.
En bas, Brian reprit son souffle en s'apprêtant à accueillir Lisa qui faisait les cents pas sur la terrasse.
- Ha ben enfin, dit elle lorsqu'il ouvrit.
Les bras croisés, elle le fusilla du regard.
- Je ne t'attendais plus, fit Brian en regardant une voiture passée dans la rue.
- Tu te fous de moi ou quoi, j'étais à l'heure.
Brian lui sourit, Lisa entra sans que Brian le lui indique.
- Il fait bien sombre chez toi, tes parents sont là ?
Lisa regardait autour d'elle, debout en face de l'escalier elle avait vu sur la cuisine et le salon, aucune trace de vie dans ses pièces, à part le léger ronflement du réfrigérateur pour la cuisine et le tic tac de la pendule dans le salon.
- Non mes parents ne sont pas là, en fait avec Ron on écoutait de la musique, expliquait il pendant qu'ils grimpaient l'escalier qui craquait sous leur pas.
- Tu parles bien fort, je ne suis pas encore sourde. Vous avez du écouter la musique un peut trop fort.
Brian faisait en sorte que Ron puisse les entendre arriver. Il était assis sur le rebord du lit, l'air assez décontracté, un livre à la main.
- Et bien dis moi tu ne le lâche plus, fit Lisa à peine le pas de la porte franchit.
Ron leva la tête de son bouquin.
- Tout comme toi!
Lisa s'approchait du bureau et balança son sac à côté de la chaise.
- Mais je l'ai vu en premier!
Ron avait dans la tête de lui dire que lui il couchait avec, mais garda pour lui cette remarque qui aurait fait mouche.
- Tu sais ce qu'on dit, premier vu, premier à être oublié.
Lisa parcourait de son index les CD de Brian posés sur l'étagère fixée au dessus de son bureau.
- Ouais, invente des proverbes bidon, dit elle en se retournant à moitié.
Brian les regardait se chamailler, tout ça pour lui, comme il était aimé ou du moins sollicité pensait il.
- Bref, vous en êtes encore à bosser, demanda-t-elle en jetant un oeil sur les sacs toujours fermés.
- En fait, on a commencé à discuter et on n'a pas vu le temps passer, fit Brian d'un air convaincant.
- Et bien, rappeler moi de ne pas bosser avec vous, je comprends pourquoi tu traînes autant chez lui.
- Excuses nous d'avoir de la conversation, dit Ron en se moquant.
- Voiture, fille, nichon, en effet c'est une interminable conversation. Bon je me pose où ?
Lisa regarda autour d'elle.
- Tu peux prendre le bureau si personne ne voit aucune objection, dit Brian en interrogeant Ron et Lisa du regard.
Ron assis sur le lit n'était pas contre, il aimait bien travailler sur le lit quand il ne faisait pas qu'y dormir ou autre chose. Lisa s'installa donc au bureau, pendant que Brian pris son sac, et entreposa ses affaires sur le lit à côté de Ron qui lui portait un regard complice.
Ils travaillèrent silencieusement pendant une demi heure. Lisa agacée que son chewing-gum, n'ait plus de goût l'enveloppa d'un morceau de papier et le jeta à la poubelle. En se penchant au dessus de celle- ci, elle eu la surprise d'y découvrir un préservatif usagé. Elle se retourna discrètement vers les garçons qui révisaient sérieusement. Elle commença alors à réfléchir aux différentes occasions où ils étaient tous les trois ensemble et s'attarda sur les différents agissements des garçons. Elle avait noté après le fameux soir où elle était adossée à l'évier de la cuisine les observant se soigner, que Ron et Brian étaient très souvent ensemble. Ils se cherchaient souvent du regard, et les sourires qu'ils échangeaient sans trop savoir pourquoi. Bien sûr ses détails, elle les avait remarqué car le doute la poussait à les observer. Aux yeux des autres leur relation passait pour de l'amitié. Remettant ainsi les pièces du puzzle en place, elle était persuadée qu'il y avait plus que de l'amitié. Elle ne leur fit pas part tout de suite de sa découverte, elle voulait encore des preuves. Ne quittant pas son livre des yeux elle commença à parler.
- Vous savez quoi, en lisant un magazine féminin, j'ai lu que les filles étaient sensibles au parfum et qu'elles adorent les mecs qui se parfument.
Ron et Brian regarda dans sa direction, il avait vu sur le dos de Lisa et le profil de son visage caché par une mèche rebelle. Son haut noir lui allait bien, du moins épousait la courbe de ses seins.
- T'es une fille tu dois être au courant, fit Ron avachis sur le lit.
- Oui merci, je sais, mais je voulais savoir si vous étiez au courant.
Lisa remis sa mèche derrière son oreille, dégageant ainsi son profil d'une rare finesse.
- On s'en doutait un peu, dit Brian.
D'un mouvement, elle fit pivoter la chaise et se claqua les cuisses.
- Et bien vous et le magazine vous êtes dans le vrai, un mec parfumé, c'est agréable. Et vous votre parfum c'est quoi ?
- Une eau de toilette pour moi, fit Brian innocemment.
- Et moi un parfum, dit Ron en la regardant ne comprenant pas l'intérêt de cette conversation.
- Ça vous dérange si je viens vous sentir ?
Ron et Brian se regardèrent l'air de se dire qu'elle n'était pas bien ce soir Lisa. Ils lui donnèrent tout de même leur accord. Elle s'avança donc vers le lit et se pencha sur un, puis sur l'autre, elle commença par Brian. Elle renifla longuement et revenait une ou deux fois sur eux afin de ne pas se tromper.
Elle se redressa et les observa.
- Vous sentez drôlement bon les garçons. C'est ton eau de toilette sur l'étagère, demanda-t-elle ensuite en s'adressant à Brian.
- Oui.
Elle se dirigea vers l'étagère sous le regard dubitatif de Brian et de Ron. Elle déboucha le flacon et pris une légère inspiration.
- On peut savoir ce que tu as, demanda Ron effaré.
Lisa haussa les épaules.
- Je fais une pause c'est tout, je m'aère l'esprit.
Sur ses mots, elle retourna au bureau et les garçons ne la comprenaient toujours pas. Ils replongèrent leur nez dans leur travail, jusqu'à ce que Lisa reprenne la parole.
- Au fait, y a une capote usagée dans la corbeille, dit elle en souriant tout en gardant le dos tournée.
Ron et Brian étaient sidérés. Brian se demandait comment Ron avait pu oublier de faire disparaître une telle preuve. Il lui donna un coup sur l'épaule. Lisa se retourna ensuite.
- Vous savez comment elle a atterrit là ? C'est surtout ta chambre Brian, t'aurais une idée, une fille caché dans le placard ?
Elle remuait la tête ce qui faisait bouger ses cheveux, elle enleva un brin venu se perdre dans son sourire.
Brian restait muet, il réfléchissait à toute vitesse pour trouver une réponse plausible qui ne venait pas.
- Chacun ses secrets, fit il.
Lisa se cala dans la chaise et croisa les bras.
- Moi, je dirais que le préservatif appartient à l'un de vous deux
c'est bizarre, mais
vous sentez le même parfum, et accessoirement l'odeur du mensonge, dit elle d'un sourire.
- Je ne vois pas où tu veux en venir, dit Ron.
Lisa leur fit un grand sourire.
- Vous êtes ensemble depuis quand ?
Brian et Ron revoyaient la mère de ce dernier, avait elle pris l'apparence de Lisa ?
- Ça ne me dérange pas, pas comme vos mensonges!
Brian et Ron se regardèrent, ils se rassuraient, ils s'encourageaient. Ils ne pouvaient plus mentir, ils avaient été coincés par l'irréfragable déduction de l'inspectrice Lisa.
- Deux mois et des poussières, dit Ron en soutenant son regard.
Lisa quitta le bureau et se jeta entre eux deux, puis elle les embrassèrent sur la joue, chacun une bise.
- Félicitation, je suis contente pour vous.
Quelle réaction pensaient ils.
- Vous vous rendez compte, je n'ai même pas de mec et vous si! Faut que je me dépêche, dit elle d'un sourire de bonheur.
Elle leur demanda ensuite comment était née cette relation, elle voulait savoir tous les détails, chacun achevait la phrase de l'autre. Ils étaient si heureux de lui faire partager leur bonheur. Lisa buvait leurs paroles.
- Bon, je dois vous laisser, fit Ron en ramassant ses affaires.
- Woah il est déjà vingt heures, s'exclama Lisa en regardant sa montre.
- Mes parents ne rentreront pas tout de suite.
- Oui, mais mes parents doivent peut être m'attendre c'est tellement rare, dit Ron avec le sourire.
- Le bisou, le bisou, scanda Lisa.
Ron et Brian échangèrent un regard, pas question pour eux de se donner en spectacle. Ron salua Lisa, et Brian l'accompagna jusqu'à la porte d'entrée. Comme toujours, il était dur pour eux de se séparer l'espace de quelques heures. Ron se pencha et embrassa Brian dans la pénombre du vestibule. Un baiser long et intense. Lisa était quant à elle perchée en haut de l'escalier, elle attendait qu'ils arrêtent.
- Je vous ai vu, cria-t-elle avant de regagner rapidement la chambre.
Ron et Brian soupirèrent face ses enfantillages.
Un dernier baiser ponctué d'une tendre étreinte, et Ron pris congé.
En regagnant sa chambre, Brian vit Lisa sur sa chaise de bureau avec un grand sourire aux lèvres. Il se mit à sourire à son tour en retournant sur son lit.
- Petit cachottier! Tu sors avec le plus beau mec du lycée, tu l'embrasses et plus encore, et tu as osé ne pas me mettre dans la confidence.
- C'était délicat.
- Je te comprends! Alors il embrasse bien ?
Brian ne pouvait s'empêcher de sourire.
- Et au lit, demanda Lisa d'un air malicieux.
- Oui et oui, c'est tout ce que tu sauras.
Bizarrement cette réponse lui suffisait amplement, c'était leur histoire après tout, si Brian voulait en dire plus, elle serait là.
Quand Ron arriva chez lui, ses parents allaient justement passer à table. Sa mère l'accueillit avec un grand sourire. Il lui fit une bise et s'assit. Il commença par déplier sa serviette sous le regard de son père qui ne disait rien.
Son père approchait de sa quarante neuvième année, il avait les tempes grisonnantes qui lui donnait du charme. Il était encore très beau pour son âge, il n'avait pas tellement de ride. Toujours bien habillé, même en vacances il ne quittait pas son pantalon en toile, à part les jours de grosse chaleur. Depuis son arrivé, il avait à peine adressé la parole à son fils, il ne l'avait pas vu grandir et ne savait pas vraiment ce qu'il aimait. Leur discussion se limitait à la pluie et au beau temps, ou parfois il ne se disait qu'un simple bonjour. La maison aidant, ils se croisaient très rarement. Et quand ils leur arrivaient de discuter, ils se comprenaient à peine. Pourtant lorsque Ron était plus jeune, ils étaient inséparables. L'adolescence de Ron était peut être pour quelque chose, une crise par ci, un crise par là, mais rien de très grave. Quant à lui il croulait sous une tonne de travail, il n'avait pas une seconde pour son fils lorsqu'il était de visite comme ses temps ci. Ils avaient donc tout deux, une certaine par de responsabilité dans cette relation père fils un peu chaotique.
- Où étais tu, lui demanda son père.
Monsieur Williams coupait son entrecôte, il ne leva même pas la tête.
- Chez Brian.
- Tu sais, je t'en ai parler, c'est son camarade de classe qui le fait travailler, fit sa femme.
- Oui vaguement, répondit monsieur Williams.
Cela n'étonnait pas Ron toutes les informations qui le concernait était vague à la connaissance de son père.
- Nous repartons ce week-end, lui informa son père.
- Déjà, fit Ron interloqué.
Sa mère buvait son verre d'eau comme pour cacher la culpabilité qu'elle avait de laisser son fils une fois encore. Elle devait suivre son époux, elle avait un rôle tout aussi important que lui dans les affaires qu'ils avaient.
- Les affaires, tu sais ce que c'est, fit monsieur Williams habitué à laisser son fils.
- Je ne sais que trop, répondit Ron.
Son père avala la bouché qu'il avait avant de reprendre la parole.
- Tu insinues quoi exactement ?
- Rien, fit Ron en portant sa fourchette à sa bouche.
- Exprime toi, va au bout de ta pensée, lui dit son père sur un ton posé.
Ron soupira.
- Je dis juste que les affaires passeront toujours avant moi.
Sa mère commença à être mal à l'aise, ses yeux se baissèrent et ses mains étaient posées sur ses cuisses, elle devinait déjà la tournure qu'allait prendre le semblant de conversation.
- Regarde au tour de toi, si je ne travaillais pas comme je le fais, tu n'y serais pas.
- Dois je te remercier ?
Son père ne daignait même pas le regarder dans les yeux.
- Un peu de gratitude ne fait pas de mal, dit il en continuant tranquillement de dîner.
- Dois je aussi avoir de la gratitude pour vos absences trop longue et trop répétée ?
Son père s'essuya la bouche et le regarda dans les yeux.
- Beaucoup d'adolescents aimeraient avoir la vie que tu mènes, de l'argent et des parents absents tout le temps.
- Je ne suis pas "beaucoup d'adolescents", les adolescents ne veulent pas des parents absent, mais des parents qui ne soit pas sur leur dos tout le temps, fit Ron légèrement excédé.
- Vois le bon côté des choses, au moins comme ça nous ne sommes pas sur ton dos.
- Tu veux dire dans ma vie.
Son père fronça les sourcils.
- Tu vas trop loin.
- Comme vous.
- On n'est pas dans ta vie là ?
Ron balança la tête, son père voulait toujours avoir réponse à tout, et aussi le dernier mot.
- Non, tu fais de la figuration.
Son père serra sa serviette, comment son fils osait il lui répondre de la sorte après tout ce qu'il avait fait pour qu'il ne se sente pas dans le besoin. Quelle ingratitude, que voulait il de plus, se demandait il en son for intérieur.
- Tu connais plus tes affaires que mes goûts, ou à ce qui se passe au lycée, à mes progrès, à ce que je vis.
- Dans ce cas fait comme tout le monde, appel mes avocats ils me tiendront au courant, dit il en rigolant.
Ron constata que son père avait changé, tellement changé, comment avoir de nouveau cette complicité d'antan avec un homme dont les affaires avait rendu cynique. Chaque interlocuteur pour lui était un client ou un adversaire potentiel.
- Grégory, s'écria sa mère s'adressant à son mari.
- Laisse tomber maman.
Son père s'éclaircit la voix, il ne pensait pas que Ron était sérieux, il ne leur avait jamais fait de reproche jusqu'à maintenant. Avant, tout n'était que sous entendu. Il n'y tenait pas compte, il faisait comme ci il ne comprenait pas pour ne pas avoir à y répondre. Ainsi, il ne se sentirait pas coupable, pour lui son fils était riche et en bonne santé, c'était tout ce qui lui importait. Du moment qu'il se taisait, il n'avait donc rien à se reprocher, même si de temps à autre sa conscience le rappelait à l'ordre. Une fois tout les six mois, il téléphonait alors à son fils qui était devenu en quelque sorte un étranger.
- Et bien je t'écoute, dit il en appuyant son dos contre le dossier de la chaise.
Ron se taisait, il ne voyait plus l'intérêt de parler.
- Je t'écoute Ron, fit son père calmement.
Ron ne parla toujours pas. Il avait la tête penchée dans son assiette à regarder sa fourchette faire rouler les petits pois.
- Ron, je t'écoute à présent, parle, dit il sur un ton autoritaire.
Ron se mit à sourire en balançant la tête de gauche à droite, comme si l'absurdité de la situation le dépassait.
- C'est comme ça que tu veux savoir ce qui se passe dans ma vie, sur un ton plus qu'autoritaire à la limite de me foutre une raclé ?
- Tu ne l'aurais pas volé celle là.
Ron soutenait le regard de son père, il pensa à tous ses anniversaires manqués, à ses réunions parents professeurs où il avait toujours été absent
- Et bien je vais te dire ce qui se passe dans ma vie si tu y tiens vraiment, j'ai fais des progrès en cours, je pourrais même aller à l'université, et en plus de ça je me pais le luxe de sortir avec un garçon des plus formidable, voilà ce qui se passe dans ma vie!
- Tu voulais dire fille, rectifia son père.
- Non papa, garçon, Brian!
Son père resta prostré sur sa chaise, il se retourna vers sa femme lui demandant si c'était la vérité. Elle hocha la tête pour acquiescer les dires de son fils.
- Tu le sais depuis quand, demanda-t-il à sa femme outré de ne pas avoir été mis au courant.
- Il n'y a pas longtemps.
- Il te l'a dit ?
- Pas vraiment.
Madame Williams ne savait plus quoi faire, elle se sentait impuissante.
- Elle nous a surpris en train de nous embrasser, dit Ron défiant le regard de son père.
Ce dernier soupira en balançant la tête.
- S'embrasser, fit il d'un air atterré en jetant sa serviette sur la table.
- C'est un charmant garçon, dit sa femme en essayant de minimiser cette annonce.
- Je m'en fiche que ce garçon soit charmant, tout ce que je retiens c'est que ma chaire et mon sang
Il n'eut même pas envi de continuer sa pensée. Il ne regarda ni son fils ni sa femme en quittant la table. Pour lui, sa femme l'avait trahi, comment avait elle pu lui cacher une telle information ? Et son fils, comment était il tomber là dedans lui si viril ? Il avait toutes les filles de la ville à ses pieds comment avait il pu s'enticher d'un garçon. Il ne comprenait pas, était ce son absence, était ce une révolte, une autre crise d'adolescence. Il retournait dans tout les sens ce qui lui apparaissait comme un problème. Comment en venir à bout ? En devenant père, il ne s'était jamais mis face à ce cas de figure. Son fils n'était plus celui qu'il croyait être. Que croyait il vraiment, il ne le savait plus et connaissait encore moins son fils, ce beau post pré pubère qui venait de lui tenir tête. Il avait beau marché de long en large dans son bureau, il ne comprenait pas ce que sa vie était devenue. Il l'avait planifié jusque dans ses moindres détails, mais il réalisa que tous ses plans étaient partis en fumée le premier jour où il avait laissé son fils à des nourrices, il n'avait que dix ans.
Ron roulait à travers la ville, il était parti de chez lui, pour ce soir. Il ne voulait pas voir son père. A présent il se sentait libre, il se sentait fort. Cependant, il était partagé entre bonheur et tristesse, bonheur quand il pensait à Brian et tristesse quand il pensait à son père. L'absence n'avait fait qu'envenimer leur relation. Il repensait à ses moments heureux qu'ils avaient pourtant partagés par le passé. Un parfum de nostalgie flottait dans l'air. Il roula là où son cur avait envi d'être. Il se gara devant une maison qui lui était devenu familière et prit son téléphone portable.
Dans sa chambre paisiblement endormie, Brian fut extirpé du monde des rêves. Son téléphone sonnait. Il écarquilla ses yeux pour voir le nom qui s'affichait. Ron, à cette heure ci se disait il.
- Allo.
- Je suis devant chez toi.
- Quoi ?
- Descends s'il te plaît.
- Bouge pas j'arrive.
En ouvrant la porte, Ron était déjà là, quelque chose n'allait pas, cela se voyait. Brian fit un pas sur le porche et entrebâilla la porte. L'air frais le faisait frissonner, mais il oublia vite cette sensation, Ron avait un drôle de regard. Un regard qu'il ne connaissait pas.
- Qu'est ce que tu as, lui demanda-t-il.
- J'avais envie de te voir.
Ron s'approcha de lui et lui caressa le visage, Brian appuya sa tête dans le creux de sa main. Après ce moment d'affection, il rouvrit les yeux et mis fin au silence de la nuit.
- Une grosse envie vu l'heure tardive.
- Pas cette envie là.
Brian souriait en se demandant bien ce qu'il avait.
- Mes parents s'en vont d'ici demain.
C'était dont ça pensa Brian. Ron était affecté par leur départ.
- Mon père est au courant pour toi et moi.
Brian ouvrit grand les yeux à cette annonce, pas possible se disait il, lui aussi, s'exclamait il intérieurement.
- Raconte, fit il curieux de savoir comment cela c'était passé.
- C'était bizarre, mais je suis fatigué, j'ai envi de dormir, je peux resté ?
- Mes parents
oui, fit Brian abasourdit.
Il n'allait quand même pas laisser Ron errer dans les rues surtout avec la tête qu'il avait. Ils montèrent les escaliers avec minuties pour ne pas faire de bruit. Les parents de Brian dormait à point fermé dans la chambre d'à côté. Brian referma sa porte de chambre dans le plus grand des silences. Ils chuchotaient pour ne pas se faire entendre.
- Je suis désolé de m'imposer, fit Ron.
- C'est rien et puis ça change, répondit Brian avec un sourire.
- Comment on va faire pour tes parents demain ?
- T'inquiète j'ai mon sac plein de fausse vérité.
Ron sourit et commença à se dévêtir, il entra ensuite dans le lit. C'est vrai qu'il faisait frais ce soir, la place que Brian n'occupait pas était froide. Ron s'acclimata donc dans les bras de Brian.
- Tu sais que t'es mignon avec ton tee-shirt et ton bas de pyjama bleu à carreau.
Brian regarda machinalement ses vêtements de nuit.
- On ne me l'avait pas encore sorti celle là, fit Brian d'un sourire moqueur.
- Tu sais quoi
Brian était curieux d'entendre la suite.
- Plus tard, je voudrais un lit comme le tiens, à la norme, pour être sûr que tu restes dans mes bras toute la nuit, j'irais même jusqu'à prendre un lit une place.
- C'est la plus belle chose qu'on ne m'ait dite, ce soir tu les enchaînes.
- C'est sincère, je me tais maintenant, bonne nuit.
Il embrassa le torse de Brian et plaça sa tête dans le creux de son épaule, direction le pays des rêves. Brian lui appliqua un baiser sur le front et se rendormit.
Chapitre 14: Inquiétude
La rue paisible du quartier de Brian laissa sa place à une rue où la vie de tous les jours émergeait tranquillement. Des joggeurs foulaient le trottoir situé devant les maisons, tandis qu'une jeune fille promenait son chien un livre à la main, mais la grande majorité des voisins voyaient la journée débutée dans leur cuisine, bien au chaud.
C'est ce matin là que Madame Mackenzie eut la peur de sa vie en voyant Ron dans la sienne en train de préparer le petit déjeuner.
- Mais qu'est ce que tu fais là ?
Ron sursauta.
- Désolé de vous avoir fait peur madame Mckenzie.
La mère de Brian tenait fortement le col de son peignoir bleu ciel tacheté de rose, elle s'assit pour reprendre son rythme cardiaque. Ron s'avança et s'expliqua.
- Hier soir j'ai eu un coup de stresse et de déprime à cause des exams, j'ai appelé votre fils alors que j'étais déjà garé en face de chez vous, voyant l'état dans lequel j'étais, il m'a proposé de dormir ici.
- C'est tout lui, toujours prêt à tendre la main.
- Et donc ce matin je vous remercie en vous faisant le petit déjeuner.
- Ça sent drôlement bon, fit elle en s'approchant de la cuisinière.
Brian se leva une demi heure plus tard. Il chercha Ron de sa main. Ne le trouvant pas il ouvra les yeux et se redressa. Il regarda partout dans la chambre, il n'était plus là. C'était il enfuit au petit matin pendant qu'il dormait si bien ? Intrigué il sorti du lit, avait il rêvé ? Tout en descendant les escaliers il entendit des éclats de voix. Au pas de la porte de la cuisine, il vit son père, sa mère et Ron. Ils avaient l'air de passer un agréable moment, du moins leur rire le laisser penser.
- Tu devrais l'inviter à dormir plus souvent, le petit déjeuner est excellent, fit son père.
- On l'engera à mi- temps, on lui donnera ta chambre, dit sa mère.
- C'est toujours agréable de se sentir aimé dés le matin, répondit Brian.
Quel bobard Ron avait il bien pu leur servir sur un plateau, se demandait il intérieurement en rejoignant la table. Il oublia cette interrogation en découvrant avec stupeur l'agréable goût des gaufres. Ron lui avait caché ses talents culinaires. Le petit déjeuner était tout ce que Ron savait maîtriser en cuisine, le reste lui était servit. Ron ne tarda pas et s'en alla en milieu de matinée.
Arrivé chez lui, une limousine était garée dans l'allée gravillonnée. Le chauffeur était en train de placer les bagages dans le coffre. Ses parents firent ensuite leur apparition en haut des marches qui desservaient la maison.
- J'arrive juste à temps.
- Oui, lui fit sa mère qui avait du mal à quitter son fils.
Leur jet les attendait. Il enlaça sa mère et la regarda entrée dans la limousine et remercié le chauffeur. Son père et lui se regardèrent un long moment dans un profond silence. L'endroit d'habitude très calme, amplifiait aujourd'hui ce silence. Son père s'avança et le pris dans ses bras un très court instant, aucun mot n'eut été prononcé. Il se retira ensuite dans la limousine sans un dernier regard pour son fils. La chauffeur referma la porte, Ron du haut des marches regarda la voiture démarrer et s'en aller. C'était un départ sans effusion comme tant d'autre par le passé, mais cette fois tout avait été dit. Ron était beaucoup plus serein, le cur léger, il retourna dans sa chambre sans pour autant ne pas avoir un pincement.
Allongé sur le lit, il se demandait bien quand ils allaient revenir, serait ils de retour pour le voir monter l'estrade et recevoir son diplôme dans l'habillement de circonstance ? Ron pensait beaucoup à ce moment, il voulait l'avoir ce diplôme, il était sur la bonne voie, il avait travaillé pour ça. Il repensa ensuite à cette dernière année au lycée comme si c'était déjà la fin. Il souriait en pensant à toutes les choses qu'il avait vécu jusqu'ici, jusqu'à cet instant teinté de nostalgie. Il regarda ensuite autour de lui, il allait devoir quitter tout ça pour un ailleurs qu'il ne connaissait pas. Il s'était souvent imaginé cette période de sa vie et réalisa que ce n'était pas ce qu'il avait prévu. Certes, il serait allé à l'université, mais seulement grâce aux relations qu'avait son père ainsi qu'à ses prouesses sportives, mais certainement pas à cause de ses résultats scolaires. Il s'était trompé sur toute la ligne, autant sur le plan scolaire qu'affectif. Brian avait réussir à faire de lui quelqu'un d'autre, il avait réussi là où d'autres avaient échoués avant lui. Brian. Qu'allait il devenir de lui ? Qu'allaient ils devenir ? Ils en avaient si peu parlé, Brian évitait ce sujet, il voulait profiter de l'instant présent et remettre ses interrogations à un autre moment. Il avait beau repoussé cette échéance, mais pour combien de temps ?
Plus tard dans la soirée, il avait invité Brian à le rejoindre dans le bain du jacuzzi. Ron était à la bière et Brian au coca. Ils se faisaient masser par toutes les petites bulles qui jaillissaient du bain à remous. C'était un moment agréablement relaxant. L'endroit était calme, seule le bruit des bulles se faisaient entendre. Le parc était plongé dans une douce lumière, celle de la pleine lune. Les quelques lanternes tamisées offraient un havre de paix à ses yeux amoureux.
- Nous revoilà comme avant, fit Brian.
- Tous seuls, sans parents.
- Désolé.
- Tu n'as pas à t'excuser, maintenant que je leur ai dit ce que je pensais tout va pour le mieux.
Ron s'amusait à faire remuer sa bière dans sa bouteille.
- Et pourquoi tu continus à boire ?
Ron regarda la bouteille qu'il avait dans la main, puis regarda Brian.
- A t'entendre je suis un alcoolique.
- Non, mais tu es toujours en quête d'ivresse.
- Ce n'est qu'une bière.
- C'est encore une bière.
Ron lui fit une moue qui voulait dire arrête de me faire la morale.
- Après tout ce qui s'est passé, j'ai le droit de boire, tu ne crois pas ?
- Ok, j'ai rien dit, mais dit toi qu'on boit généralement pour oublier.
- Blablabla.
Brian se mit à sourire, il savait très bien qu'il ne pourrait pas lui faire perdre cette habitude. Il l'avait changé, mais ne pouvait faire plus.
- Tu sais quoi, je dépose ma bière si tu acceptes que l'on parle.
- Parler de quoi, fit Brian déjà agacé.
Brian porta son regard ailleurs, le pot de fleurs sur la table de la terrasse était un parfait échappatoire.
- Tu sais très bien de quoi, sinon tu ne ferais pas cette tête là.
- Ok dépose ta bière, fit Brian en soupirant.
Ron balança sa bouteille dans le parc sous le regard peu satisfait de Brian.
- C'est bon, j'irais la mettre dans la poubelle tout à l'heure, sinon je sens que tu vas bientôt appeler green peace, fit il, après quelques secondes de silence il reprit, qu'est ce qu'on va bien pouvoir faire après le lycée ?
- Nous n'irons tout simplement pas dans la même université.
Brian avait un air désinvolte, un regard fuyant.
- Ça je sais, on a pas fait les mêmes demande.
- Normal, on ne se connaissait même pas.
- Arrête de tourner autour du pot. Tu sais très bien que je veux parler de l'avenir de notre relation avec tous ses kilomètres entre nous.
Brian regardait le ciel étoilé au dessus de leur tête, il ne voulait pas penser à une éventuelle séparation qui se profilait. Les relations à distance tiennent rarement la route. Il aurait tant aimé être là haut avec ses étoiles pour échapper à ce dessein qu'il ne pouvait contrôler. Tout allait si bien jusqu'à présent. Pourquoi ne s'étaient ils pas rencontrer bien avant, se demandait il.
- On se verra pour les fêtes et pour les vacances, fit il en souriant.
Ron savait très bien qu'il ne pensait pas un traître mot de ce qu'il disait.
- Le coup de la légèreté ça ne marche pas, en tout cas pas ce soir.
- Je sais, fit Brian agacé.
Ron se rapprocha de lui, son déplacement faisait dansait la vapeur de l'eau qui bouillonnait. Il s'adossa et mis Brian tout contre lui, sa tête tout contre la sienne, il ne savait pas non plus quoi dire. Brian était devenu très important pour lui. Il embrassa sa joue.
- Je suis autant affecté que toi, tu sais.
- Je sais, la simple idée d'être loin de toi me déplait.
- A moi aussi, mais la vie est ainsi, toutes les bonnes choses ont une fin
-
heureuse.
Ron se mit à rire. Quand il ne déguisait pas ses phrases de légèreté, Brian était toujours plein d'optimisme même dans la pire des situations.
- Trouve nous cette fin alors, murmura Ron à l'oreille de Brian.
Il le serra fort contre lui et posa un baiser dans son cou.
- Après les examens j'y songerais d'avantage.
- Je peux compter sur toi pour ça.
Puis, ils se tuent un long moment, comme pour graver à tout jamais l'un de ses derniers instants d'insouciance que la vie leur accordait avant de s'en mêler réellement.
- A quoi tu penses, demanda Ron en lui susurrant ses mots à l'oreille.
- Je me disais que je ne l'avais jamais fait dans un jacuzzi.
- Dans ce cas
Après un long moment dans le jacuzzi, ils regagnèrent la chambre, là où tout avait commencé. Toujours dans les bras de l'autre, ils essayèrent de trouver le sommeil. Un sommeil qui tardait à venir, l'inquiétude de l'avenir de leur relation planait dans leurs esprits, mais aussi les derniers rebondissements dans la vie de Ron. Et enfin, se mêlait aussi le stresse des exams.
Chapitre 15: Une journée de succès
Les cours se terminaient les uns après les autres, le tout ponctué par des conseils que les professeurs donnaient, nul l'ombre d'un doute : l'examen final se profilait. Lisa et Brian étaient tapis dans l'herbe sous l'arbre qu'ils avaient adopté. L'ambiance du lycée montrait la fin d'une époque. Les élèves se faisaient de plus en plus rare dans les couloirs.
- J'en aurais bientôt finit avec ce bahut, fit Lisa.
Lisa regardait tout autour d'elle repensant aux affreux moments qu'elle avait vécu et qui allait bientôt être derrière elle.
- Ouais, je ne l'ai pas vraiment connu comme toi, mais j'ai hâte que tout cela se termine.
- Après la semaine d'examen, ça sera la libération. Au fait, tu comptes y aller au bal de fin d'année ?
Brian arrachait des brins d'herbes, les regardait et les jetait.
- Je n'en ai pas très envi. Si j'y vais, je resterais dans mon coin à regarder les autres danser.
- Moi en tout cas, j'y vais pour enterrer ces années de galère. Tu devrais venir sinon je n'aurais personne avec qui danser, dit elle en l'implorant du regard.
Brian se mit à sourire.
- Je ne sais pas danser, au moins la question est réglée.
Elle le frappa avec l'épais bouquin qu'elle avait dans les mains.
- Mais qu'est ce qui vous arrive, demanda Ron qui venait les rejoindre.
- Y a que monsieur ne veut pas aller au bal, fit elle en agitant son index.
- Ah ouais, tu ne veux pas y aller ?
Ron enleva son sac de son épaule et s'installa à côté de Brian.
- Pourquoi faire, dit il en regardant Ron s'assoire prés de lui.
Ron haussa les épaules.
- Et bien parce que c'est la tradition et que je veux que tu viennes.
- Il veut que tu viennes et tu viendras, s'écria Lisa, et puis j'ai besoin d'un cavalier, dit elle timidement.
Brian rigola.
- C'est plutôt pour ça, et bien vous n'avez qu'à y aller ensemble, le problème est réglé.
- Tu ne t'en tirera pas comme ça, fit Ron en balançant la tête.
- Que tu le veuilles ou non, vous passerez tout les deux me prendre chez moi dans une belle voiture, s'exclama Lisa, qui avait vraiment envi d'y aller, et qui ferait tout pour que Brian y soit également, elle argumenta ensuite, dis toi que ceci sera l'apogée de notre belle rencontre, ça sera peut être la dernière fois qu'on se verra car nous n'irons pas dans la même université toi et moi.
Cette manière de présenter les choses, rappela soudain à Brian que Ron et lui n'allaient également pas dans la même université. Le hasard avait fait que Ron et Lisa allaient intégrer la même université. Brian se leva et s'en alla sans dire un mot sous le regard interloqué de Lisa. Ron lui, savait ce qu'il se passait dans sa tête, il abandonna Lisa sans un mot pour aller le rejoindre. Brian pressait ses pas, il voulait s'éloigner pour oublier l'inévitable.
- Brian attends!
Brian ne s'arrêta pas, il continua à marcher encore plus vite. Ron fit quelques foulés pour le rattraper, il posa sa main sur son épaule pour le freiner dans sa fuite.
- Qu'est ce que tu as, lui demanda Ron dans l'allée déserte.
- Je ne veux pas que ce fichu bal arrive, je ne veux pas que ce bal de merde arrive, je veux que le temps s'arrête, je veux te garder, dit il en reniflant ses larmes et la rage qu'il avait contre ce destin.
Ron l'amena tout contre lui et le serra fort dans ses bras. Brian passa ses mains sous le blouson de Ron pour l'enlacer.
- Moi aussi je voudrais pouvoir arrêter le temps, dit toi qu'on a encore les vacances pour être ensemble.
- Ce n'est pas juste, j'aurais du voir la date de péremption sur ton emballage.
Ron pouffa de rire. Il le reconnaissait bien là, toujours plein de légèreté pour diminuer le sérieux de la situation.
Après quelques instants de silence Brian reprit la parole.
- Dis à Lisa que je viendrais à ce fichu bal, pour l'heure, je rentre, j'ai besoin d'être seul.
- D'accord, je t'appel plus tard.
L'examen final approchait de plus en plus, le temps des révisions était déjà bien entamé. Les jours s'écoulèrent aussi vite que la lumière. C'est toujours dans cette période que le temps défile faisant naître un stresse qui grandit au fur et à mesure que le temps s'enfuit. Le temps était ici l'unique complice de ce jour fatidique.
Les épreuves se succédaient, mais ne se ressemblaient pas, la veille tout s'était bien passé, le jour d'après c'était moyen vice et versa jusqu'à la fin des examens.
Le soulagement était grand à la sortie de la dernière épreuve. Les esprits se sentaient enfin libre, mais cogitaient à la seule pensée des résultats. Allaient ils réussir ou pas ? Allaient ils gravir les marches de l'estrade de la réussite pour prendre le bout de papier si symbolique ? L'attente était longue jusqu'à la proclamation. Et puis vint le jour tant redouté, mais tant attendu, ils ne pouvaient plus reculer. C'est avec joie, et stupeur pour certains, qu'ils avaient été acceptés. Joie pour Lisa et Brian, stupeur pour Ron qui n'en croyait pas ses yeux. Il relu plusieurs fois ses résultats avant de tomber dans les bras de Brian qu'il souleva du sol sous le regard de Lisa qui riait aux éclats. Ron déposa ensuite Brian sur la terre ferme.
- Je ne serais jamais arrivé sans toi, dit il le regard plein de reconnaissance.
- Oui, en effet heureusement que j'étais là.
Ron se mit à sourire et enlaça encore une fois le premier de la classe et le premier dans son cur. Son étreinte était pleine de gratitude et de joie pour les passants, mais pour lui c'était de l'amour. Pour une fois en public, il pouvait se laisser aller à son envie irrépressible de le serrer tout contre lui.
Pendant que Brian appelait ses parents, Ron appela les siens pour leur faire part de son succès. Pas de grand discours, juste un "j'ai réussi ". Sa mère était heureuse pour lui, son mari n'étant pas à ses côtés elle le lui dirait aussitôt qu'elle l'aurait retrouvé. Ron raccrocha ensuite et regarda Brian encore pendu au téléphone, il était tout souriant, il ne semblait plus vouloir raccrocher et ses parents ne semblaient pas le vouloir aussi. Ron se mit à sourire, il avait le sourire à chaque fois qu'il regardait Brian. Il s'avança prés de lui après qu'il ait raccroché.
- Mes parents vont faire un dîner et tu es invité. Nous serons que tout les quatre.
- Normal qu'ils invitent le gendre et pas la maîtresse, fit Lisa.
- J'imagine que ta famille fait aussi un dîner, lança Brian.
Lisa acquiesça de la tête.
- Si tu veux, tu peux passer après.
Lisa n'allait pas rater l'occasion de trinquer avec ses amis petits amis. Ils se dirigèrent ensuite vers l'extérieure. Ron accompagna Lisa et Brian à l'arrêt du bus, ils voulaient le prendre une dernière fois.
- Félicitation, fit Ron.
- Merci, mais félicitation à toi aussi.
- Ma mère est très contente.
- Et ton père, demanda Brian l'air intrigué.
Ron regarda le lycée, il n'y viendrait plus après "le bal" de fin d'année.
- Il n'était pas là, pour changer.
Brian passa sa main sur le bras de son ami comme pour le réconforter.
- Ce n'est pas grave, ça va. Et pour ce soir, tenue correcte exigée, demanda Ron.
- Pas de smoking, mais classe quand même, fait honneur à ta réussite.
Ron et Brian se séparèrent par une accolade discrète pour les regards, ils se retrouveraient de toute manière ce soir pour mieux se tomber dans les bras.
Chez Brian c'était l'effervescence, l'excitation se mêlait à l'odeur de la cuisine que sa mère préparait. Son père n'arrêtait pas de le féliciter pendant qu'il l'aidait à mettre le couvert. Il avait insisté pour que son fils ne touche à rien. Mais Brian voulait donner un coup de main, il n'allait pas rester dans son coin à attendre, et puis, il fallait qu'il s'occupe. Il avait tellement hâte de voir Ron que rester assis à regarder l'horloge aurait été un supplice. Pendant qu'il était à l'étage en train de se préparer, Ron était sur le pas de la porte prêt à frapper. Il ajusta une dernière fois sa chemise en faisant bouger ses épaules, il essayait aussi de se détendre. Il ne devait rien laisser filtré de son attirance pour le fils de ses hôtes. Il avait apporté des fleurs, et une bouteille de vin provenant de la cave de son père. Il sonna enfin. C'est le père de Brian qui lui ouvrit, Ron le salua en lui tendant la bouteille. Ils échangèrent quelques politesses et se rendirent au salon. La mère de Brian, qui cachait derrière son tablier une robe noire, était ravie du beau bouquet qu'il lui avait apporté. Elle le déposa immédiatement dans un vase, puis alla chercher son fils.
Elle frappa à sa porte.
- Ton ami est là, fit elle sans l'ouvrir.
Elle retourna ensuite en cuisine.
Quand Brian arriva dans le salon, il vit Ron bavardant avec son père, le sujet était ses prouesses sportives.
- Bonsoir major, fit Ron en voyant Brian à l'embrasure de la porte.
- Arrête avec ça, bonsoir.
Monsieur Mackenzie alla rejoindre sa femme en cuisine pour voir si elle n'avait pas besoin d'aide, ou de quelqu'un qui l'aide psychologiquement par sa présence et sa non action.
Brian regarda son père quitter la pièce avant de parler.
- Tu es drôlement beau ce soir.
- Merci, mais tu n'es pas mal non plus. J'ai apporté des fleurs pour ta mère et du vin pour ton père, mais pour toi je n'ai rien.
Brian souriait, il s'en fichait des attentions de ce genre, l'important c'était que Ron soit là.
- Ah si, j'ai apporté un baiser, dit Ron en s'approchant de Brian.
- Rappel toi de ce qui s'est passé la dernière fois.
- Oui, mais ma mère n'est pas là, dit il en souriant.
Il lui vola un baiser sans être surpris. Brian balança la tête, Ron était incorrigible.
Le dîner était agréable et la nourriture était délicieuse. Madame Mckenzie était un vrai cordon bleu. Ron pensa alors qu'il ne savait même plus qu'elle était le goût de la cuisine de sa mère. Au court du repas, son téléphone se mit à sonner. Il s'excusa et quitta la table, puis répondit. C'était son père. Il se retira dans le salon.
- Félicitation, dit son père à l'autre bout du fil.
- Merci.
- Je suis fier de toi.
Ron n'en revenait pas de ses mots prononcés.
- Woah! C'est le décalage horaire ?
- Il faut croire.
- Avec ta mère nous rentrons très bientôt pour ta remise de diplôme.
Ron marchait à travers le salon.
- Je devrais réussir plus souvent mes examens alors.
A l'autre bout du fil son père souriait.
- Bon je dois te laisser.
- Ok c'est gentil d'avoir appeler, ça me fait plaisir.
- Je t'aime.
Ron resta abasourdit à la prononciation de ses mots.
- Je t'aime aussi papa.
Il resta un moment pensif après avoir raccroché. Etait ce bien son père au téléphone ? Il avait été si différent. Ron jeta ensuite un il sur les photos de famille disposées un peu partout dans le salon.
Brian remarqua son drôle d'air après qu'il les ait rejoins dans la salle à manger.
- Ça va, lui demanda-t-il discrètement.
- Oui.
Le dîner repris son court normal, Ron avait encore en tête les derniers mots prononcés par son père, tandis que Madame Mackenzie remplissait son assiette. Elle était si contente que sa cuisine soit appréciée. Ils trinquèrent ensuite à la réussite.
Les jeunes diplômés terminèrent la soirée chez Ron en compagnie de Lisa. Pendant qu'elle barbotait dans la piscine, Ron fit part à Brian de sa conversation téléphonique.
- Tu dois être content.
- Oui, mais surpris également.
Ron s'adossa sur le plan de travail.
- Les choses s'arrangent.
- Oui.
Il s'avança vers Brian, il avait besoin d'une étreinte. Il l'embrassa ensuite.
- J'ai le champagne et toi les verres, allons rejoindre Lisa à la piscine avant qu'elle ne s'imagine des choses.
- Oui, tu as raison.
Tous trois, installés dans le jacuzzi de la piscine, trinquèrent à leur réussite.
Plus tard au couché, Lisa jouait à la princesse dans une des chambre de la maison, laissant ainsi son couple d'amoureux préféré en paix.
La chambre de Ron avait pour simple éclairage la seule lumière des lampes de chevet. Dans cette douce luminosité, Ron allongé sur son flan gauche faisait jouer ses doigts sur le torse de Brian qui était perdu dans ses pensées le regard fixé au plafond.
- A quoi tu penses, lui demanda-t-il.
- A tellement de chose.
- J'en fais parti ?
Brian tourna la tête en sa direction, Ron avait les yeux qui brillaient.
- Bien sûr, lui fit il pour réponse.
- Tu penses à moi en bien ou en mal.
- En bien, mais le mal n'est pas si loin.
Ron eu un regard plus interrogateur que langoureux.
- Je pense à l'inéluctable fin qui approche.
Ron se rabattit violement contre le matelas ce qui entraîna des secousses.
- Je t'ai déjà dit de ne plus y penser, profitons pour l'instant, le reste on verra plus tard.
- La différence entre toi et moi, c'est que je ne peux pas!
- Et pourquoi, demanda Ron en tournant la tête vers lui.
- Parce que je t'aime.
Ron était ému parce qu'il venait d'entendre, c'était la première fois que Brian prononçait ses mots là. Il se rapprocha de lui et l'embrassa d'un doux baiser.
- Moi aussi je t'aime.
Il posa ensuite sa tête sur son torse. Ils restèrent une longue partie de la nuit dans un profond silence. La chambre était si calme, bien qu'eux aussi semblaient apaisés, ils n'étaient pas au rendez vous de Morphée. La vue d'eux enlacés, laissait penser à un même être qui avait les mêmes pensées. Chacun de leur côté, n'arrêtait pas de se demander ce que l'avenir leur réservait, ils étaient si bien ensemble comment imaginer un lendemain où l'autre serait si loin. Peu à peu, ils se laissaient bercer par la respiration de l'autre et finirent par s'endormir, mettant ainsi en veille ses pensées d'un lendemain plein de chagrin.
Chapitre 16: La remise des diplômes
Deux jours plus tard, les parents de Ron étaient de retour. Les accolades de félicitations étaient de circonstances. Madame Williams demanda à son fils des nouvelles de Brian, ce genre de conversation était si nouveau, sa mère semblait vraiment s'intéresser à sa relation. A l'époque de Cristale, elle ne demandait pas grand- chose, elle ne l'appréciait pas particulièrement. Son père écoutait d'une oreille curieuse cette conversation qu'il n'aurait jamais osé aborder de lui- même.
- Il va bien.
- Et vous deux, demanda finalement sa mère.
- Nous deux, ça va, fit Ron qui semblait content que la question soit posée.
Monsieur Williams avait encore un peu de mal à se faire à cette idée, et puis il ne connaissait pas Brian. Il l'avait seulement aperçu, il ne s'était pas attardé dessus. Ce qu'il savait, c'est qu'il avait du temps à rattraper avec son fils, il ne voulait pas qu'il devienne un étranger aux yeux de son père comme lui l'avait finit par le devenir.
- Et ses examens, demanda-t-il.
Ron était étonné par son intervention. Sa mère était quant à elle agréablement surprise.
- C'est lui le major, répondit Ron fièrement.
Mais monsieur Williams n'allait pas s'étendre plus que cela sur le sujet Brian. Il n'avait pas trop posé de question à l'époque où son fils sortait avec Cristale, selon lui, les amours d'adolescence ne dure jamais très longtemps. Lui aussi avait été adolescent, il savait donc également que certains sujet n'était pas facile à aborder. Et puis, il n'allait pas devenir du jour au lendemain un confident pour son fils. Mais, il se tenait à son écoute si un jour Ron voulait en discuter. Depuis qu'il avait appris que son fils sortait avec ce garçon, il s'était demandé comment allait il en venir à en parler. Difficile pour un père et un fils qui étaient devenu des étrangers d'aborder un sujet auquel ils n'y auraient jamais pensé. Mais, il se disait également que ce n'était que de l'amour avant tout et que lui ni personne ne pouvait rien y faire.
De son côté, Brian peinait à écrire son discours pour la remise des diplômes. Comme le voulait la tradition, le meilleur élève devait écrire quelques mots en l'honneur des diplômés, une tradition à laquelle Brian aurait voulu se soustraire. Le proviseur comptait sur lui, il l'avait même appelé régulièrement pour savoir où il en était. Rien de tel pour augmenter la pression, que Brian avait sur ses épaules déjà bien alourdies par ses propres soucis. Difficile pour lui de son concentré alors qu'il avait la tête ailleurs. Le temps qui s'écoulait ne faisait que lui rappeler que son histoire avec Ron était en sursis. Sur le calendrier accroché au dessus de son bureau, il cochait à l'aide d'un feutre rouge les jours qui étaient terminé. Son regard ne pouvait s'empêcher de se porter sur la date butoir qu'il avait fixé. En septembre tout serait terminé. Ron irait rejoindre son université et lui la sienne. Ils ne leur restaient qu'un peu plus deux mois. Ce calendrier était devenu son obsession. L'apercevoir ne faisait que lui rappeler que ses jours aux côtés de Ron étaient comptés. Satané calendrier, satané discours se disait Brian quand il s'asseyait à son bureau. La cérémonie de la remise des diplômes n'était plus que dans quelques jours, et toujours rien, seulement une page blanche à l'image de son avenir avec Ron. Il lui restait à l'écrire, mais comment l'écrire. Brian secoua sa tête, comme pour la vider de tous les soucis qui se faisaient un plaisir de se côtoyer. Il lui fallait avant toute chose se débarrasser de sa corvée de major. Sa tâche était d'autant plus difficile, qu'il n'avait fréquenté ce lycée que pendant quelques mois, il ne voyait pas comment il allait pouvoir faire une éloge ou un discours en se basant sur une période aussi courte. Tapotant nerveusement son crayon sur la feuille vierge de toute ébauche, il décida de travailler ailleurs l'inspiration viendrait peut être.
Il se retrouva ainsi dans les gradins du stade du lycée, là où bien souvent il se retrouvait avec Lisa. L'endroit était désert. Le gazon vert se revivifié sous l'eau que lui desservait les arroseuses automatique, il allait profiter des vacances pour reprendre sa splendeur d'antan. Pendant deux mois il n'allait pas essuyer les dures foulées auxquels il était habitué. A la rentrée prochaine, il sera peut être de toute beauté pour accueillir de nouveaux pieds. Brian fit les cents pas dans les gradins peut être que l'inspiration viendrait. Et puis, il se rendit compte que c'est sur ce terrain que la cérémonie allait se dérouler. Il descendit quelques marches pour s'accouder à la rambarde. Tout en regardant les arroseuses dessinées autour d'elles des cercles d'eau, il s'imaginait le jour de son discours. Des chaises seraient dressées en rang ordonné, une estrade en bois brute serait construite pour accueillir un pupitre centrale sur lequel on aura installé un micro, qui servira a annoncé le nom des diplômés. Derrière ce pupitre, il y aura des chaises pour certaines personnes de l'administration. Le proviseur quant à lui sera au pupitre pour appeler les étudiants, mais aussi pour l'introduire. Pendant cette introduction, il serait assis sur l'une des chaises disposées sur l'estrade à attendre son tour avec cette boule au ventre avant de faire son discours. Il devrait ensuite faire face à cette foule qui attendrait avec impatience le fameux discours. Se devait il d'être original, d'être larmoyant, d'être touchant ou bien d'être tout simplement comme lui, Brian Mackenzie. Brian poussa un soupire, cette projection ne l'aidait pas plus qu'il ne l'aurait cru. Au contraire, il avait remis en marche la machine à pression. Il regagna son rang et sa page blanche, d'ici la nuit peut être qu'elle serait remplie.
Le jour de la cérémonie avait finit par arrivé au grand damne de Brian. Dans sa chambre, il se préparait tout en répétant dans sa tête son discours. Il n'arrêtait pas de se demander si celui- ci était bon, il l'avait lu à ses parents qui avaient adorés, mais leur avis était très subjectif, tout ce que faisait leur fils était bon. Il jeta un il sur son habit de cérémonie qui était accroché sur la porte, repassé par les soins d'une mère qui voyait encore en lui son bébé. Quelqu'un frappa à ce moment là. C'était Ron. Il était prévu qu'ils se rendent avec Lisa au lycée.
- Tu m'as l'air stressé, fit Ron en passant la porte.
- Non tu crois, répondit Brian avec un ton plein de sarcasme.
Ron se mit à sourire, il n'y avait rien à faire quand Brian était dans cet état. A part un baiser pour le rassurer.
- Je suis désolé, fit Brian dans les bras de Ron la tête appuyer contre son torse, j'ai horreur d'intervenir en public et en plus pour un discours tellement officiel, je préfère levé mon verre aux mariés, ce qui sous entend que je les connais, parce que je suis invité, et que c'est moi qui fait un discours et puis je peux broder autour d'anecdotes que la plupart des gens de l'assistance connaissent mais là
- Mais là, il n'y a pas de mariés.
- Ouais. Tu sais comment me remonter le moral toi.
Brian ferma les yeux un instant pour oublier cette obligation qui lui incombait. Il frottait sa tête contre ce torse qu'il connaissait et qui le rassurait. Il y aurait au moins quelqu'un dans l'assistance autre que ses parents qui comprendrait ce qu'il ressent.
- Aller en route, une foule en délire attend avec impatience ton discours.
Sur le lieu de l'évènement tout était comme Brian l'avait imaginé. Vêtu de l'habit de cérémonie, il attendait sur sa chaise que le proviseur ait terminé son discours pour qu'il fasse le sien. Ses mains moites tenaient nerveusement les fiches sur lesquelles il avait tout inscrit. Il poussait des soupires comme pour extraire de son corps le stresse qui montait. Il regardait l'assistance pour guetter leur réaction. Il se disait alors, qu'il aurait du demander à Ron de faire une fausse alerte au feu.
Le proviseur appela son nom, son temps de parole était venu. Il se leva de sa chaise comme si il allait se faire exécuter. Il souriait à peine, juste ce qu'il fallait pour effacer de son visage l'expression de son appréhension. Il jeta un il discret vers le ciel, pas l'ombre d'un nuage, aucune chance pour lui d'être interrompu par la pluie se disait il. Arrivé au pupitre, il ajusta le micro sous le regard de l'assemblée. Il balaya rapidement cette foule de visage, au premier rang les diplômés au fond leurs familles bardées de caméscopes et d'appareils photo. Brian s'éclaircit discrètement la voix et chercha du regard parmi tous ses clones qui lui était étrangers, les seuls qui comptaient, Lisa et Ron. Côte à côte, ils lui souriaient, ils étaient fiers de lui, fiers de l'avoir rencontrer. Brian jeta ensuite un regard vers ses parents qui eux plus que tout le monde était fiers de lui. Il regarda ensuite ses fiches qu'à cet instant il trouva inutile, tellement bien préparé, mais tellement vide de spontanéité. Il salua la foule avant de commencer laissant ses fiches de côté.
- Pour tout vous avouer, je ne suis pas le mieux placer pour faire un discours, et surtout ce discours en ce jour précis. Certains l'ignore peut être, mais je ne suis parmi vous que depuis quelques mois seulement, la plupart d'entre vous êtes là depuis bien longtemps. Tout comme ceux qui ignorent qui je suis, je ne sais pas qui vous êtes. Je découvre même certains visages, tant qu'à vos noms je les découvrirais sous votre photo dans l'album souvenir du lycée. Une photo et un nom, voilà qui est réducteur, tout ce temps passé ensemble juste pour exister dans un album de fin d'année, qu'on feuillettera quand la nostalgie nous surprendra. Je me sens comme un étranger qui fait un discours pour d'autres étrangers. Mais ceci est très général, car nous avons rencontré au cours des années précédentes, de cette année ou il y a à peine quelques mois, des personnes qui feront parti de nos souvenirs ou avec beaucoup de chance de notre avenir.
A cette partie du discours Brian regarda en direction de Ron et Lisa qui lui souriaient signe qu'ils avaient intercepté le message.
- Tout ça pour dire que bien qu'étrangers à soit même ou aux autres, nous avons avancés ensemble jusqu'à ce jour. Nous avons tout fait chacun de notre côté pour être diplômé. Chacun des étrangers que nous sommes marchons vers un avenir que l'on se souhaite le meilleur possible. Continuons à avancer, mais portons à présent un regard à la personne d'à côté afin de ne pas passer à côté d'une amitié, d'un amour, ou d'une inimitié, cela ne nous rendra que plus fort. Félicitations heureux diplômés.
- Félicitation à toi étranger, cria Lisa en bondissant de sa chaise.
Brian sourit, il se rappela de sa rencontre avec Lisa, leur histoire avait commencé par ce mot. La foule en délire se congratulait tout en saluant d'applaudissement le discours improvisé de l'étranger que Brian était.
Le soir de la cérémonie, Ron se rendit chez Brian, il n'avait pas vraiment eu le temps de lui parler juste après. La porte de sa chambre était grande ouverte.
- Toc toc toc, c'est moi, fit Ron.
Brian sortit le nez de l'album.
- Salut, je ne t'attendais pas.
- C'est pourquoi je suis là, une petite surprise.
Ron referma la porte en même temps.
Il s'avança vers le lit sur lequel Brian était assis le dos bien coincé dans les gros oreillers. Il s'assit à ses côtés après lui avoir déposé un baiser sur le front.
- La nostalgie t'a déjà surpris.
Ron désigna l'album des yeux.
- Pitié je veux oublier ce discours.
Ron se mit à sourire.
- Il était très bien ton discours étranger.
- Ron tu peux toujours rentrer chez toi si t'as rien d'autre à dire.
- C'est vrai, mais j'aime t'embêter sur les choses qui te concerne et qui te gêne.
- Je ne savais pas que l'inimitié était la base de notre relation.
Ron pris l'album des mains de Brian et commença à le feuilleter.
- Evite d'employer des mots compliqués en ma présence, je ne suis que quaterback et puis ton discours était parfait. Je sais que tu n'aimes pas qu'on s'étende sur ce que tu fais, c'est pour ça que je t'embête.
Il arrêta de feuilleter et regarda Brian.
- Il n'y a pas d'inimitié entre nous, il n'y a que de l'amour, dit il en rigolant.
Brian décocha un sourire, Ron avait appris à ses côtés à faire passer des messages dans l'humour. Cela pouvait être des remarques blessantes, comme des paroles sensées être émouvantes.
- Y a eu de l'amitié entre nous, demanda Brian songeur.
- De l'amitié ?
Ron réfléchit un instant.
- En ce qui me concerne, mes seuls amis étaient les gars de l'équipe, toi je t'ai apprécié différemment, je ne te voyais pas comme un ami, mais plutôt comme le gars qui m'aidait à faire mes devoirs.
Ron regarda Brian pour voir si la réponse lui convenait, mais ce dernier était toujours sur sa fin.
- Et puis, le temps a fait que j'aimais bien ta compagnie sans forcément t'aimer, mais toi et moi, nous connaissons la suite, je suis là à tes côtés en train de me dire que t'es vraiment trop mignon avec cette éclairage légèrement tamisé.
Il ferma l'album et commença à embrasser Brian langoureusement.
- Et toi ?
- La même chose que toi, sauf que je n'avais pas d'amis à part Lisa et que j'ai commencé à t'aimer dès lors que j'ai commencé à apprécier ta compagnie en plus de ton physique.
- Normal, tu es une lumière, moi il me faut un peu plus de temps pour réaliser.
Brian appuya sa tête contre l'épaule de Ron, il ferma ses yeux fatigués, il appréciait également le meilleur moment de sa journée.
- Souvenir, avenir, tu me mets dans quelle catégorie, demanda Ron en lui donnant une tape sur la cuisse.
Brian ne répondait pas, Ron bougea l'épaule lui faisant comprendre qu'il attendait une réponse.
- Tu es les deux à la fois.
Ron médita un instant et se vautra dans les oreillers, il ferma les yeux à son tour sur cette journée.
Quand il ouvrit les yeux, il était déjà deux heures du matin, la chambre était plongée dans l'obscurité, seul la lumière des lampadaires de la rue apportait une clarté. Il constata qu'il était encore tout habillé et que Brian dormait contre lui à point fermé. Il essaya de se dégager en poussant délicatement Brian sur le côté. Mais celui- ci se réveilla aussitôt.
- Mais qu'est ce que tu fais, dit Brian avec la voix et l'intonation d'une personne qui émerge d'un profond sommeil.
- Rendors toi je m'en vais.
- Me rendormir ? Mais quelle heure il est ?
Brian regarda son radio réveil, les chiffres rouges indiquaient qu'il était deux heures passé de quelques minutes.
- Woah j'aurais pas cru que je me serais endormi.
- Moi non plus, ça doit être l'émotion de la journée.
- T'en vas pas comme ça, reste, dit Brian en s'approchant de Ron qui regardait par la fenêtre, il fait nuit, tu vas pas prendre la route c'est pas conseillé.
Ron se mit à lui sourire.
- Tu n'as pas d'autre argument ? C'est un peu léger comme moyen de dissuasion.
- Désolé mais bon, il est deux heures du mat' excuse moi si j'ai pas trouvé mieux. Quoique
Brian ôta son tee-shirt et le balança à la figure de Ron. Tout en se rapprochant il défaisait la boucle de sa ceinture. Ron le regardait en souriant.
- Je vois que t'as finit par
Brian l'embrassa langoureusement.
-
trouver, fit Ron, tes parents sont juste à côté.
Brian se dirigea vers sa porte, tourna la clef tout en regardant Ron avec un regard malicieux. Il n'avait plus qu'à se laisser faire.
Peu après, Ron avait pris le torse légèrement humide de Brian pour un oreiller, sa tête bougeait au rythme de sa respiration.
- Je t'ai déjà dit que j'aimais la promiscuité de ton lit ?
- Oui, mais moi je ne crois pas t'avoir déjà dit que j'aimais que tu y sois. Promiscuité comment tu causes !
- Je devrais arrêter de te fréquenter je ne me reconnais plus.
Ron posa sa tête sur le même oreiller que Brian et remonta les draps. Il aimait ce contact, leurs tempes humides l'une à côté de l'autre, il pouvait parfois sentir quelque pulsation.
- Je pourrais rester comme ça toute la vie, murmura Ron à l'oreille de Brian.
Brian se tourna vers lui, lui aussi aurait aimé rester comme cela tout la vie, mais tout cela bientôt, n'allait être que de beaux souvenirs pensait il.
- Serre moi fort.
Ron s'exécuta et pressa tout son être contre le corps de Brian qui voulait graver cet instant à tout jamais.
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