Une vie à reconsidérer
de KH Brillant
SYNOPSIS
Tom, jeune étudiant au brillant parcours, postule au poste d'assistant auprès de l'éminent professeur Brad Becker. Ce dernier a toujours été un modèle pour lui, il possède chacun de ses ouvrages, devenir son assistant serait le sacre de sa profonde admiration pour cet homme dont l'immense intelligence n'a d'égale que sa beauté et sa considération pour autrui. De leur collaboration naîtra respect, sympathie, confusion, jalousie et amour.
Comment feront ils face à la vie qu'ils avaient, qu'ils ont et qu'ils auront?
1
L'automne avait fait son apparition dans la ville de Providence, les arbres c'était paré de cette étrange mélange de couleur chaude, mais montrant à la fois la déclinaison de la nature. L'automne saison complexe où la beauté révèle la fin. Pour les étudiants l'automne signe la fin des vacances. Le retour sur les bancs de la fac était difficile pour la plupart, les vacances étaient jugées trop courte. Mais l'envi de revenir à la fac était présente aussi pendant les vacances. Surtout, revoir ses amis était le plus important, se raconter les moments forts, ses amours, ses surprises et ses déceptions. La rentrée rime souvent avec nouveauté. C'était l'heure du changement ou du redoublement. Mais à la fac, le redoublement n'en est pas un, c'est juste une prolongation, rien de bien méchant. Pour Tom cette rentrée était un changement, il faisait parti des grands maintenant, il entrait dans son année de thèse. Il avait fait un parcours universitaire remarquable, aucun faux pas jusque là. C'était un étudiant exemplaire, un modèle à suivre pour les petits nouveaux. Et un bon parti pour les petites nouvelles, même pour les anciennes. La plupart des filles du campus en pinçaient pour lui, il avait tout pour plaire, c'était un beau gosse et en plus intelligent, le gendre idéal. Mais malheureusement pour elles, c'était chasse gardée. En effet, Tom le beau brun aux yeux bleu était le petit ami de Marcy. Marcy la jolie blonde étudiante en médecine, tous les garçons craquaient pour elle. Ils voulaient tous être son partenaire en travaux pratique. Ils en arrivaient presque à se battre. Marcy aurait pu très bien s'attirer la jalousie des autres filles ainsi que leur foudre, mais sa gentillesse naturelle ne pouvait laisser de marbre. Elle était d'une bonté exemplaire. Tom et Marcy formaient le couple idéal depuis ans trois déjà. Tous les enviaient.
Mais cette rentrée allait être aussi un changement radical dans leur vie. La nouvelle ne tarda pas longtemps avant de se répandre, le couple le plus glamour de l'université s'est séparé. La rupture a eu lieu pendant les vacances d'été. Pas de bris de verre, pas de tromperie, pas de trahison, rien de tout cela. Le temps avait eu raison d'eux, la flamme de leur amour s'était consumée des deux côtés. Ils avaient convenu au cours de ses trois années, d'arrêter leur relation, si ils ne se sentaient plus connecté. Trois ans, c'était déjà pas si mal se disaient ils. Leur mère respective était plus abattue qu'eux à l'annonce de leur séparation. Elles avaient déjà tout planifier pour l'hypothétique mariage, les hypothétiques petits enfants, l'hypothétique maison. Et d'un seul coup leur rêve partit en fumée.
Tom et Marcy se retrouvèrent par hasard dans le hall de la faculté. Ils étaient contents de se revoir. Ils se firent la bise. Cela leur sembla bizarre et ils se confièrent cette pensée réciproque. Ils avaient décider de rester amis, la séparation s'étant passer d'un commun accord, il n'y avait aucune place pour l'inimitié. Marcy était avait rendez vous avec une amie. Elle interrogea Tom sur la raison de sa tenue vestimentaire. En effet, il était rare de le voir si bien habiller, à part les fois où ils se rendaient aux restaurants chics de la ville. Tom se sentait mal à l'aise dans ce genre de vêtement, même si on avait beau lui dire qu'ils lui allaient bien. Ce n'était pas lui. C'était un calvaire pour lui d'être habiller ainsi. Mais aujourd'hui, il n'avait pas le choix. Il avait rendez vous avec le professeur Becker pour son éventuelle validation au poste d'assistant. Il avait en effet posé sa candidature avant les vacances. Dans quelques instants, il allait être fixer. L'amie de Marcy arriva et ils se séparèrent. Marcy lui dit au revoir, en lui faisant une bise sur la joue, tout en lui glissant à l'oreille qu'elle ne se faisait pas de soucis, et qu'il allait l'avoir son post d'assistant. Elle lui était toujours pleine de réconfort, elle avait toujours su trouver les mots pour lui redonner du courage quand il l'avait perdu. Malgré la rupture, ils étaient restés très proches, très complices.
Tom monta au troisième étage du bâtiment, afin de se rendre dans le bureau du professeur Becker. Il était en avance d'une demi-heure. Il patienta sur le banc. Il n'était pas stressé, il pensait à tout et à rien. Tom faisait preuve d'une grande patience, attendre ne le posait pas de problème, il était à cheval sur la ponctualité. A 15h30, le professeur Becker l'appela. Tom le salua et il entra. Le bureau du professeur était impressionnant par toutes ses boiseries du sol au plafond, il y avait une grande bibliothèque remplie d'ouvrage de toute sorte, cependant, l'essentiel était des livres de sociologie. Le professeur Becker était un éminent sociologue. Bien que cela n'était pas la première fois que Tom entrait dans ce bureau, sa stupéfaction était toujours la même. Il était aussi très impressionné par le professeur, presque intimidé. Le professeur Becker avait aux alentours des trente quatre ans, il avait fait un remarquable parcours professionnel, il avait écrit de nombreux livres et articles que Tom avait déjà lu par le passé. La plupart des étudiantes s'inscrivaient à son cours, juste pour le voir. Il était tout ce qu'elle désirait chez un homme, il était d'âge mûr, plutôt bel homme, intelligent, drôle et avec un gros compte en banque. Le parti idéal pour étudiante en perdition. Nombreuses étaient celles qui avaient postulé pour ce même poste d'assistant. Tom faisait parti de la minorité de mâle postulant. Le professeur s'installa à son bureau, il jaugea longuement Tom et l'invita ensuite à s'assoire. Il pris un dossier, qu'il ouvra, c'était le dossier de candidature de Tom. A l'intérieur, se trouvait tout les renseignements qui pouvaient exister, cela passait par l'extrait de naissance, adresse, numéro téléphone, au bulletin de note, à un extrait du casier judiciaire
Il parcouru brièvement le dossier avant de le refermer. Il s'adossa à son siège, s'accouda, et passa sa main sur son menton tout en regardant longuement Tom. Il se mit à sourire et arrêta de faire durer le suspens. Il s'avança et s'accouda à son bureau.
-Je crois bien que vous avez le poste cher monsieur, dit-il avec un sourire.
Tom n'arrivait pas à croire ce qu'il entendait. Il était si content, il avait tant voulu travailler pour ce professeur dont il avait suivit avec attention les cours et les différents écrits.
-Cela implique une dévotion totale, vous devrez être joignable à tout moment et obéir à chacune de mes volontés, rajouta le professeur.
Peu importe, le nombre de travail qu'il y aurait à faire, Tom avait eu le poste qu'il avait tant voulu et c'était tout ce qui comptait.
-Je suis conscient de la charge de travail, et ce que cela implique d'être votre assistant, répondit Tom.
-Je vous remercie, rajouta-il.
-Ne me remerciez pas, vous le devez à vous-même, ce n'est pas moi qui ait passé vos examens à votre place, répliquât le professeur Becker.
Tom sourit.
-Vous pouvez disposer, je ne veux vous voir qu'à partir de lundi matin neuf heures, dit le professeur.
Tom sortit du bureau. Il rentra à son appartement tout fier de se dire intérieurement, "assistant du professeur Becker". Ce titre allait être un plus sur son curriculum vitae. Il avait hâte d'annoncer la bonne nouvelle à Marcy ainsi qu'à ses autres amis.
-Assistant du professeur, je suis assistant du professeur Becker, répétait-il inlassablement sur le chemin menant à son appartement.
Appartement qui se trouvait dans un quartier modeste de Providence, il y avait essentiellement des familles moyennes avec un ou deux enfants. La façade de son immeuble était reconnaissable par ses briques orangées. Il y abritait huit appartements. Le sien était au premier étage, juste au dessus de celui de la concierge. L'entrée était des plus sommaire, il n'y avait pas de digicode ou autre porte blinder, le quartier était plutôt calme. Le hall était bien entretenu ainsi que les endroits de passages et les escaliers en bois. Cela avait du bon d'avoir une concierge sur place. L'appartement en lui-même, était de taille correct pour une seule personne. La porte d'entrée, donnait sur un petit vestibule, à gauche il y avait le placard à manteau et à chaussure. Du vestibule, on pouvait voir le salon sur la droite, et sur la gauche une petite cuisine américaine avec comptoir. Au fond il y avait les toilettes, à sa gauche il y avait la salle de bain et à droite la chambre. Tom avait choisit cet appartement car les toilettes n'était pas incorporé dans la salle d'eau. Il avait horreur de cela. Le tout était assez bien agencé. Les couleurs que Tom avait choisit pour le mobilier était assez vive, assez tendance. C'était un parfait appart pour étudiant.
Tom rangea son manteau avant de s'installer dans le canapé. Il pris ensuite son téléphone portable et appela la plupart de ses amis pour leurs annoncer la bonne nouvelle. Eux, c'était pour l'essentiel lancé dans la vie active, il n'avait aucunement l'intention de devenir professeur de sociologie comme ce à quoi Tom aspirait. Fêter l'événement n'était pas possible ce week-end, car la plupart n'étaient pas encore revenu de leurs congés. La date fut fixée pour le prochain week-end. Marcy elle, passerait ce soir. Elle cria de joie au téléphone, Tom avait perdu au moins un pourcent de son audition. Vingt heure était l'heure fixé pour le dîné.
Marcy arriva dix minutes en avances. Tom était encore entrain de préparer le repas. Elle frappa une fois, il cria que c'était ouvert, elle entra. Elle enleva son manteau qui laissa apparaître, un petit chemisier en soie et un petit jean dernier cri. Chic et décontracté c'est ce qu'elle voulait montrer. C'était leur premier dîner en tant qu'amis. Ils avaient été petits amis et meilleurs amis à la fois pendant trois ans. Cela n'allait pas changer, enfin, ils étaient rester les meilleurs amis. Ils s'appelaient à chaque fois qu'ils leurs arrivaient quelque chose de drôle, de bien ou de moins bien. Le contact était toujours là. Les gens à présent enviaient leur rupture peu commune. La phase post rupture se passait remarquablement bien. Pour l'heure chacun était encore célibataire, les choses seraient peut être différentes plus tard, mais pour l'instant tout allait bien.
Marcy avait apporté une bouteille de champagne pour fêter l'évènement. Elle rejoignit Tom à la cuisine et mit la bouteille au frais. Elle s'installa au comptoir et regarda Tom finir de cuisiner. Il était assez bon cuisinier. Pour ce soir, cela allait être, pièce de boeuf saisi au petit légume et gratins de pommes de terres.
-Alors monsieur l'assistant comment vous sentez vous, demanda Marcy avec un grand sourire.
-Je suis encore sur mon petit nuage, répondit Tom tout souriant.
-C'est génial ce qui t'arrives, le professeur Becker c'est bien celui qui est beau comme un dieu c'est ça, demanda Marcy.
-C'est celui pour qui les filles n'ont d'yeux que pour lui, répondit Tom l'air détaché.
-Je me souviens quand je venais assister à tes cours rien que pour le voir
ho la la qu'est ce qu'il était beau, dit Marcy entrain de rêvasser.
Tom arrêta un instant de touiller la nourriture et la regarda fixement.
-C'est sympa pour moi, je comprends pourquoi on est plus ensemble aujourd'hui, dit il en rigolant.
-T'es bête Tom, comment t'as fait pour devenir assistant je me demande, t'as couché répondit Marcy en rigolant.
Ils se mirent à rire comme des fous et passèrent ensuite à table.
Ils trinquèrent à la nomination de Tom. Le repas était délicieux. Ils s'installèrent dans le canapé pour apprécier le pot de glace en guise de dessert, tout en regardant le câble.
-Tu crois qu'on va bientôt se recaser, demanda Marcy.
-Je sais pas, pour l'instant je n'ai pas encore eu le temps de penser à ça, pourquoi cette question, lui demanda Tom.
-Non, juste comme ça, ça fait déjà deux mois de célibat, ça me fait tout drôle, répondit Marcy.
-Avec le temps, tout vient à point, philosopha Tom.
Marcy rentra chez elle en fin de soirée, vers vingt trois heures trente. Tom la raccompagna jusqu'en bas de l'immeuble et alla se coucher.
2
Lundi matin neuf heures. Tom était à l'heure, pour son premier jour en tant qu'assistant. Il n'en avait pas dormis de la nuit, mais la fatigue ne se lisait pas sur son visage. Il était excité et stressé à la fois, mais il n'était pas fatigué. Il frappa à la porte du bureau du professeur Becker qui lui dit d'entrée. Tom allait partager ce bureau pendant toute une année scolaire, bien sûr le grand bureau n'allait pas être le sien. Il devra se contenter du canapé en cuire marron matelassé et de la table basse. Et puis, il y avait aussi la bibliothèque du campus qui bien des fois avait été sa seconde maison.
Le professeur se tenait debout près du bureau entrain de relire ses notes. Pour ce premier jour de rentrée, il était particulièrement bien soigné. Il fallait faire bonne impression pour le premier jour de rencontre avec les nouveaux étudiants. Mais il était toujours bien habillé, bien présenté. Aujourd'hui, c'était juste un peu plus que les autres jours. Il portait une veste grise avec le pantalon assortit et une chemise blanche. Pas de cravate, il laissait cela aux vieux professeurs. Il n'aimait pas cette sensation de cou serré, il avait l'impression d'étouffer. Vêtu de la sorte, il avait plutôt l'allure d'une star de cinéma que celle d'un brillant professeur. C'était sûr, il allait faire sensation. Ses yeux bleus et ses cheveux blond foncé allaient faire chavirer.
Une fois sa relecture terminée, le professeur Becker félicita son assistant pour sa ponctualité et sa présentation. En effet Tom, était remarquablement habillé pour l'occasion. Petite chemise grise bleutée aux manches retroussées et un pantalon beige foncé.
-Vous savez pour les prochains jours, les tee-shirts manches longues feront très bien l'affaire ainsi que les jeans, vous avez de la chance vous n'êtes que l'assistant, moi je suis obligé de m'accoutrer de la sorte, dit il en rigolant.
-Quel soulagement. Je vous avouerai que je ne suis pas très à mon aise dans ses vêtements, répondit Tom.
-Vous avez tors, vous les porter bien, lui dit le professeur Becker.
-Merci, répondit Tom timidement.
Le cours allait bientôt commencer. Le professeur Becker et Tom quittèrent le bureau et prirent l'ascenseur pour se rendre au rez-de-chaussée, là où se trouvait l'amphithéâtre. Quand ils arrivèrent, l'amphi était remplit. Il y avait une majorité considérable de filles, qui c'étaient pomponné en vue de plaire au professeur. La salle se retrouva dans un silence digne des plus grandes cathédrales lorsque le professeur Becker fit son entrée. Le messie était enfin arrivé. Il salua l'assemblée et commença son allocution. Tom balaya la salle des yeux, que des filles, s'exclamait il intérieurement. Son rôle pour aujourd'hui était juste d'assister au cours comme le reste de l'amphi, mais lui était sur l'estrade. C'était la première fois qu'il assistait d'aussi près aux prouesses du professeur. Il avait un talent d'orateur incomparable. Il en était même subjugué. L'auditoire l'était aussi, mais pas pour les mêmes raisons. La majorité des filles étaient sous le charme de l'orateur. Tom pouvait les voir se parler entre elles et commenter la beauté du professeur, certaines avaient des sourires espiègles qui disaient, "si seulement je pouvais me retrouver seule avec lui". A la fin du cours Tom distribua les polycopiés du plan du cours. Ils pouvaient ainsi entendre les filles parler du professeur dans des termes où la chasteté n'y était pas. Au fond de lui, il souriait. Le professeur Becker s'était quant lui déjà retiré dans son bureau.
Après la distribution, Tom regagna le troisième étage. Le professeur était en pleine conversion téléphonique, un gobelet de café à la main. C'était une conversation personnelle, cela se voyait, il avait plein de sourire affectueux et les mots "bisous, ma chérie, je t'aime" mettant fin à la conversation ne trompaient pas. Il était en ligne avec sa petite amie, certainement pas sa femme, il n'avait pas d'alliance, mais de nos jours, celle-ci est rarement portée.
Dans le bureau, Tom fit part au professeur Becker de son admiration pour les talents d'orateur dont il faisait preuve.
-Cela s'apprend, je vous apprendrait l'essentiel, le reste vient de soi, si mercredi vous êtes libre à déjeuner je vous ferez part de mes aptitudes sur le sujet, fit il pour réponse.
Le professeur était ravi de ce compliment au moins quelqu'un qui voyait en lui autre chose que son physique.
Tom lui était ravi de savoir qu'il allait être coacher par un maître en la matière.
Ils se concentrèrent ensuite sur le thème du travail qu'ils allaient préparer ensemble ce semestre. Il s'agissait d'appréhender la relation avec autrui aux 21ème siècle.
3
Mercredi, quelques minutes avant de partir déjeuner. Tom était tout content, enfin il allait avoir des renseignements précieux sur comment être un bon orateur, mais sa joie allait être de courte durée.
La porte d'entrée du bureau s'ouvra sans prévenir, ce qui attira l'attention du professeur et de Tom. C'était une femme. Elle était d'une extrême minceur, comme celle qui s'affiche sur les podiums des défilés de modes. Sa silhouette était longiligne, elle portait un tailleur jupe de couleur gris chiné d'une grande marque, ses jambes étaient soulignées par de beaux bas qui disparaissait dans des chaussures à talon aiguilles. Elle avait une chevelure blonde légèrement ondulé, coupé au carré et fixé par de la laque. D'un pas décidé, elle s'avança vers le professeur et l'embrassa.
-Salut, Brad, on va déjeuner, demanda-t-elle tout en lui époussetant l'épaule.
Le professeur Brad Becker était surpris par cette intrusion.
-Mais, on ne devait pas déjeuner ensemble aujourd'hui et puis j'ai déjà prévu de déjeuner avec mon assistant, dit il en lui faisant signe que Tom était derrière.
Elle se retourna, salua Tom et se retourna aussitôt. Elle n'en avait que faire, ce n'était qu'un assistant.
-Tu veux dire que je me suis tapé des embouteillages pour me retrouver toute seule, à déjeuner, dit elle avec sourire mécontent.
Voyant le ton qu'elle y mettait, Tom ne pouvait s'empêcher d'intervenir.
-Ce n'est pas grave professeur, allez déjeuner avec votre amie.
-Sa fiancée, reprit elle.
-D'accord, dit le professeur embarrassé.
-Tu vois tout s'arrange, allez prend ta veste et allons y, dit elle toute souriante avec cette satisfaction d'avoir obtenu ce qu'elle voulait, comme elle en avait l'habitude.
Si le professeur s'excusa auprès de Tom, Brooke ne remercia même pas l'assistant de son fiancé. Elle quitta la pièce sans un regard pour lui. Le professeur Becker hocha la tête pour remercier Tom et suivit Brooke.
Tom resta là, se disant qu'il apprendrait l'art d'orateur un autre jour et que la fiancée du professeur semblait être une vraie pimbêche.
Le professeur et sa fiancée se rendirent dans un restaurant chic de la ville, "L'Argenté" était le nom de cet établissement quatre étoiles. Brooke voulait à tout pris s'installer au milieu de la salle. Elle voulait que tout le monde puisse la voir. C'était le genre de femme à se faire remarquer, c'était elle le nombril du monde. Tout, devait tourner autour de sa petite personne. Depuis toute petite déjà, elle était habituée à être le centre d'intérêt, fille unique elle était La petite princesse de ses parents qui lui avaient toujours tout donné et tout cédé. A l'école, elle était celle que tout le monde remarquait, de part sa beauté, de part son intelligence, de part sa qualité sportive. Elle s'imposait à réussir tout ce qu'elle entreprenait, afin que tous les regards se portent sur elle. Ses petits amis elle les choisissait en fonction de ce qu'il représentait aux yeux des autres. Être sous les feux des projecteurs était tout ce qui l'intéressait. Brad Becker était à ses yeux le parti idéal qui était l'aboutissement de sa quête du succès personnel et de la jalousie des autres envers elle. Avec lui, elle avait tout pour elle. Brooke avait finit par s'accomplir, elle était belle, brillante avocate d'affaire, riche, une notoriété certaine et un fiancé idéal. Elle était parvenue à cela avant ses trente quatre ans. Sa vie parfaite était presque au summum de sa réalité. Tout cela faisait d'elle une femme imbu d'elle-même et toujours suffisante dans sa relation avec les autres. Elle était devenu La garce par excellence. Elle était tout le contraire du professeur Becker. Lui avait de la considération pour les gens peut importe leur appartenance social. Comment avait il fait pour s'être fiancé à elle? C'était simplement le fait qui lui arrivait d'être adorable, mais elle avait toujours une arrière-pensée, rien n'était fait au hasard, le calcul était sa plus grande stratégie pour obtenir ce qu'elle voulait.
Arrivé à leur table, le professeur Becker en gentleman lui tira sa chaise pour qu'elle s'asseye. Elle le remercia d'un sourire, avec lui, elle était toute mielleuse, mais était ce sincère à chaque fois? Ils commencèrent à choisir le vin, du chardonays c'est ce qu'elle voulait, son choix était leurs choix. Brad n'avait qu'à se taire et commander. Cela faisait huit ans déjà qu'ils étaient ensemble, si elle faisait des concessions au début de leur relation, aujourd'hui elle impose. Le professeur Becker s'y était habitué, il ne comptait même plus les fois où il était dispensé de faire un choix. Cela durait depuis un an environ. C'est elle le capitaine de leur relation, elle lui dicte tout. Il ne doit pas faire de faux pas, il doit être à sa hauteur sans pour autant lui voler la vedette. Brooke le tenait, elle l'avait modelé comme elle voulait qu'il soit. Mais, elle n'avait pas pu modifier l'intérêt qu'il portait à ses non condisciples.
Brooke demanda à Brad de lui raconter cette nouvelle rentrée. Il commença à peine à répondre que déjà elle faisait allusion à ses prouesses des jours d'avant. Et lorsqu'elle l'écoutait pour de vrai, son téléphone portable sonnait, il était impératif qu'elle réponde, ses affaires passaient avant tout. Brad n'avait qu'à manger pendant qu'elle parlait au téléphone. Quand elle eu raccroché, elle quitta la table pour aller salué une amie. A son retour Brad avait finit son dessert, elle avait à peine toucher à ses deux feuilles de salades. A nouveau son téléphone sonna, et comme d'habitude elle le planta là, mais pour une fois ce n'était pas au début du repas. Un bisou vite expédié et la voilà parti pour un autre succès. Elle était avide de reconnaissance. Brad commanda un café, et resta un long moment le regard dans le vide avec l'air résigné de ce qui lui arrivait. Il retourna ensuite à son bureau.
Tom n'était pas là, mais il avait laissé un mot disant qu'il était à la bibliothèque. Il s'y rendit plus tard dans l'après midi pour voir si les recherche avançaient. Il fit tout le tour de l'immense bibliothèque avant de trouver Tom qui c'était installé dans un coin reculé pour être au calme. Il était à une table dans un coin éloigner du reste du monde. Il paraissait très studieux le nez plonger dans des livres éclairés par la familière lampe de bureau verte.
-Enfin je vous trouve, dit le professeur Becker en interrompant Tom.
-J'aurais du laisser un plan sur le mot que je vous ai laissé, répondit Tom le ton plein d'excuse.
-Non ce n'est pas grave, alors vous vous en sortez, lui demanda-t-il.
-Oui, j'ai trouvé de la documentation, répondit Tom.
-Je voulais encore m'excuser pour ce midi, je
dit il.
-Non, ce n'est pas grave, ne vous en faites pas, répondit Tom.
-Et vous êtes aller déjeuner, lui demanda le professeur.
-Oui. Et vous, demanda-t-il.
-Moi, la nourriture était bonne, répondit le professeur.
Aucune joie ne se dégageait de cette réponse, le repas n'avait que de bon ce qu'il y avait dans les assiettes, la compagnie n'avait pas été des plus succulentes.
Tom voyait qu'il était contrarié, il replongea alors son nez dans ses livres, quand il fut de nouveau interrompu.
-Ça tiens toujours notre déjeuner, on dit vendredi, et je vous promets que je ne vous poserez pas de lapin, dit il en essayant de se racheter.
-D'accord, je prends note, pour vendredi, mais pas au resto U, je connais un endroit sympa et pas cher, en plus il est pas trop loin d'ici, dit Tom.
-D'accord, et bien je vais vous laisser travailler, à plus tard, dit il.
Tom resta à la bibliothèque jusqu'en début de soirée, à vingt une heure il quitta les lieux. Dans le hall, il rencontra le professeur Becker à coté de la machine à café, ce soir il travaillerait jusque tard dans la nuit. Tom profita de l'occasion pour lui donner ses notes. Le professeur était surpris de voir son assistant encore là et à cette heure en plus. Tom lui dit alors que le programme télé de ce soir n'étant pas très convaincant, il préférait donc prendre de l'avance. Tom pris congés en souhaitant une bonne soirée au professeur, qui le regarda s'éloigner et retourna à l'étage.
4
Vendredi midi au "Cofé Lunch". Comme prévu Tom et le professeur Becker étaient là pour déjeuner. Le restaurant était sympathique et accueillant. Les couleurs dominantes étaient le rouge, le vert lagon et le blanc. Le sol était carrelé en damier rouge et blanc. Le mobilier et le comptoir étaient couleur argentée. Le restaurant était plein à craquer preuve de son succès. Il y avait du monde partout, mais ils finirent par trouver une table au fond de la salle. Il y avait ce vacarme que faisaient plusieurs conversations en même temps, des éclats de rire ici et là faisaient de ce lieu un endroit convivial. Le professeur Becker était agréablement surpris par cette ambiance, cela n'avait rien avoir avec les restos chics que sa fiancée aimait tant, la vrai vie était ici. La joie de vivre se trouvait là.
Ils s'étaient trouvés une table pour deux. La serveuse s'approcha pour prendre leur commande.
-Bonjour monsieur, vous avez déjà choisit, demanda-t-elle en s'adressant au professeur avec le sourire, et tenant entre ses mains un petit bloc note et un petit crayon jaune.
-Je prendrais bien un steak, des frites et de la salade, répondit le professeur Becker.
-D'accord. Et pour toi Tom, demanda-t-elle.
-Un hamburger, des frites et une salade, dit il avec le sourire.
-C'est vrai, aujourd'hui c'est vendredi, et vendredi c'est hamburger, dit elle avec le sourire.
Elle alla ensuite passer la commande et leur dit qu'elle reviendrait quand ça serait prêt. Elle en avait environ pour dix minutes.
-Je vois que vous êtes un habitué.
-En quelque sorte, à force de venir matin, midi et soir, et cela depuis ma première année, j'ai su créer des liens. Surtout à vingt trois heures y a pas grand monde, donc on peut discuter un peu avec le personnel, dit il en souriant.
Le professeur Becker était agréablement surpris, Tom semblait être proche des gens malgré le nombre de diplôme qu'il avait. Lui aussi était comme cela, il pensait être une espèce en voie de disparition. Heureusement pour le monde que toutes les personnes n'étaient pas comme Brooke.
Tom questionna longuement le professeur Becker, il portait un grand intérêt à sa carrière. Le professeur parla pendant tout le déjeuner, il était flatté que l'on puisse s'intéresser à ce point à ses travaux. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas parlé de lui autant. Il s'excusa plusieurs fois de monopoliser la parole. Tom lui, glanait le moindre renseignement. Le sujet de ses talents d'orateur épuisé, les banalités du quotidien refirent surface.
-Vous avez prévu quelque chose pour ce week-end, demanda le professeur.
-Oui, normalement avec des amis on va au "Néon Bleu" histoire de se voir et de se défouler un peu et de se débarrasser du stresse de la semaine, répondit Tom.
-Je suis stressant à ce point, demanda le professeur avec un sourire.
-Non, non pas du tout, c'est une façon de parler, vous, vous êtes plus impressionnant que stressant, dit Tom.
Le professeur hocha la tête et sourit, puis il regarda sa montre, il était l'heure pour lui de partir il avait une réunion. Il insista pour régler l'addition, il le devait bien expliqua-t-il.
-Je dois avouer que j'ai passer un agréable déjeuner, dit il.
-Le sentiment est partagé, répondit Tom.
Ils se quittèrent sur ses mots, Tom rentra chez lui et le professeur Becker alla à sa réunion. Durant l'après midi, le professeur Becker repensa à ce déjeuner, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas passer du temps avec quelqu'un qui avait une oreille si attentive. Cela faisait longtemps que Brooke ne lui avait pas accordé ce genre d'attention. Elle était devenu peu à peu une personne égocentrique. Elle l'avait toujours été, mais elle l'avait dissimulé au début de leur relation. Maintenant, elle commençait à se révéler, la vrai Brooke était cette femme à la beauté froide, dont le professeur Becker ne pouvait s'en défaire.
Le week-end était enfin arrivé. Tom et ses amis allaient fêter dignement dans quelques heures, l'obtention de son poste d'assistant. Aux alentours de vingt heures quelqu'un vint frapper à sa porte. C'était Marcy avec un cintre au bout des doigts surmonter d'une housse. Tom ouvrit la porte. Elle entra et lui tendit le cintre. Il le prit et balança la tête, il connaissait bien Marcy, elle avait du encore faire des folies. Il tira sur la fermeture éclaire de la housse, qui protégeait en fait une chemise flambant neuve, fraîchement lavée et repassée. Elle était couleur chocolat, c'était une jolie teinte de marron. Elle l'avait acheté l'après midi même, elle la déposa aussitôt au pressing afin de l'avoir toute belle pour ce soir. Il fallait que Tom soit le plus beau, c'était une soirée donnée en son honneur. C'était son petit cadeau récompensant son poste d'assistant. Tom était touché par ce geste. Il l'a remercia et la laissa devant le poste de télé pendant qu'il se préparait. Elle entra ensuite dans sa chambre. Il était entrain de se regarder dans la psyché, il vit son reflet dans le miroir et il se retourna.
-Alors comment tu me trouves, lui demanda-t-il.
-Très beau, répondit elle.
Elle le contempla un long moment. Elle était en admiration devant lui, pourtant elle l'avait déjà vu à mainte reprise et parfois même peu habiller. Pendant cet instant, elle se demanda comment elle avait fait pour être avec lui pendant trois ans, c'était comme si elle n'avait pas l'impression de l'avoir un jour méritée. Il était tellement accompli, il en avait fait du chemin jusqu'ici.
-Ce soir, c'est sûr, tu auras toutes les filles de la boite à tes pieds et je leur dirais que je t'ai eu avant elle, dit elle en rigolant.
Ils étaient assortis, Marcy portait une robe de couleur beige taillée dans une matière fluide au décolleté évocateur et au dos nu plus que rêveur. A ses pieds elle avait des chaussures ouvertes à talon, de couleur chocolat. Inconsciemment ils étaient encore un couple, du moins ils paraissaient comme tel. Une fois de plus ils étaient beaux, une fois de plus ils attireraient le regard.
L'atmosphère au "Néon Bleu" était luminescente, le bar discothèque baignait dans des lumières bleue turquoise et blanche, c'était très space, très spatial. L'originalité de cette boite, était que le coin bar et le coin dance floor, étaient séparés par une baie vitrée qui laissait passer quelques décibels du côté du bar, histoire de garder malgré tout l'ambiance festive. L'avantage, était qu'il n'était plus nécessaire de s'égosiller lorsque l'on avait envi de parler. Tom et ses amis avaient réservés une table du côté dance floor. Le but de la soirée était de danser toute la nuit sans se poser de questions. Ce soir, le champagne coulait à flot. Tom se déchaînait sur la piste de danse accompagné de ses amis, les déhanchés étaient des plus torrides, ils s'en amusait, ils en avaient même des fous rires. Ils étaient dans l'ambiance des trombinoscopes, de la musique, des jeux de lumières, ils étaient transportés.
Pendant qu'il dansait, Tom jetait des coups d'il du côté du bar. Il cru soudain reconnaître quelqu'un. Cette personne l'observait également. Il se concentra alors un instant, et il reconnu alors le professeur Becker. Que pouvait il bien faire là se demanda-t-il. Il laissa ses amis un instant pour aller le saluer. Il se fraya un chemin parmi cette foule qui le bousculait et la fumée des fumigènes qui envahissait la salle. Arrivé finalement du côté bar, il ne s'était pas trompé, c'était bien son mentor accoudé.
-Bonsoir, professeur, quelle surprise.
-Bonsoir Tom, tout comme vous je suis surpris d'être ici, en fait je suis avec Brooke et ses amis, ils tenaient absolument à visiter cette boite.
Une fois de plus il était élégant avec sa veste, sa chemise et son pantalon. Sur le tabouret du bar, il faisait vraiment playboy. Son verre de whisky à la main lui donnait un air de chasseur guettant sa proie, sa conquête d'un soir.
-Je constate que vous enflammer le dance floor, je ne vous savez pas si bon danseur, dit le professeur en souriant, le mot juste serait plutôt allumeur de jeune fille innocente, rajouta-t-il.
Tom sourit, il ne releva pas, a vrai dire il n'eu pas le temps Brooke fit son entrée. Elle était particulièrement sexy dans sa robe noire au décolleté plongeant qu'accentuait son collier de barre de diamant qui s'arrêtait à la naissance de sa poitrine, juste à creux si hypnotisant. La reine du barreau cachait une reine du sexy à tomber à la renverse.
-Jolie chemise dit elle à l'attention de Tom.
Elle venait de faire un compliment, ce qui était rare venant d'elle, c'était aussi une façon de se racheter de son comportement capricieux qu'elle eu lors de leur première rencontre. Le professeur Becker le savait, elle n'était pas si mauvaise dans le fond, c'était pour ces instants devenus trop rare qu'il l'aimait. Il l'aimait peut être trop rarement également. De son côté, elle l'aimait juste pour ce qu'il représentait. Elle en était amoureuse certes, au début, mais à présent elle l'aimait à sa manière. Il était devenu comme ce collier qu'elle exhibait au tour de son cou, un faire valoir comme toutes les pièces qu'elle avait dans sa boîte à bijoux. Pourquoi étaient ils encore ensemble? La routine certainement. Peut être aussi la peur de ne pas trouver une personne qui les accepterait tels qu'ils étaient, en tout cas pour Brooke. Mais pour le professeur Becker, de réponse, il n' y en avait pas encore.
Ils restèrent une heure seulement, Brooke voulait seulement dire qu'elle y était, qu'elle avait vu et surtout qu'on l'y avait vu. A l'extérieur la pluie glaciale dansait dans la rue. A l'intérieure, c'était Tom et ses amis qui dansaient en faisant monter la chaleur. Le professeur Becker quitta la boîte en lançant un dernier regard sur la piste de danse, Tom s'y amusait, lui il subissait. Il aurait aimé être de l'autre côté et vivre sa vie comme il l'entendait. Mais il ne savait pas ce qui le retenait. Brooke certainement, mais pourquoi se laissait il tenir, là était la véritable question.
Dehors, il tombait vraiment des cordes. Personne n'avait prévu une telle pluie. Brooke pestait contre ce temps qui allait défaire son apparence. Sa veste ne serait pas suffisamment étanche pour se protéger de cette pluie à vous glacer les os. La voiture semblait si loin par un temps pareil. Elle regarda Brad.
-Passe moi ta veste, je vais être trempé sinon.
-Et moi?
-Et toi, tu es un homme, tu es mon homme, dois je te faire un dessin mon chéri?
Brad avec compris le message. Il s'exécuta, il ôta donc sa veste pour que celle-ci protège au mieux sa fiancée. Il se sacrifiait pour sa dulcinée qui l'avait si gentiment demandé. Il brava donc cette plus glaciale qui le fit frissonné. Une fois dans la voiture, il mit le chauffage à pleine température. Brooke ne se gêna pas pour l'éteindre sous prétexte qu'elle allait avoir trop chaud.
5
Le mercredi suivant, Tom et le professeur Becker avaient une longue journée. Les cours se succédaient les uns après les autres. Pour Tom, cela se passait correctement, il n'avait qu'à assister au cours et distribuer des polycopiés à l'occasion. Le professeur Becker, lui devait garder l'attention de ses différentes assistances, ne pas perdre le fils de sa pensée, répondre aux questions pertinentes qu'on venait lui poser pendant les poses. Il était tout le temps sollicité. Se pressaient devant lui des filles en quête d'aventure, leurs questions étaient un moyen parmi tant d'autre de se faire remarquer. Le professeur Becker, avait toujours pour chacune un sourire, un hochement de tête montrant son intérêt à l'énoncer de la question. Mais aujourd'hui, il n'était pas comme les autres jours. Il passa plusieurs fois la main dans ses cheveux, il ne tenait pas en place, il avait même quelques sursauts comme si des frissons lui passaient dans le dos. Il essayait de se concentrer sur les questions, mais il décrochait aussitôt et invita les personnes à revenir le voir plus tard. Cela n'échappa pas au regard de Tom, selon lui quelque chose n'allait pas. Les cours se terminèrent à dix neuf heures avec un peu mal, il y avait eu des hésitations inhabituelles de la part du professeur dont la réputation d'orateur n'était plus à faire.
Accompagné de Tom, le professeur Becker regagna son bureau. Il se débarrassa de sa veste tout en disant qu'il avait chaud, il retroussa les manches de sa chemise, il la déboutonna même un peu. Il demanda à Tom de baisser le chauffage, dix minutes plus tard il se plaignait du froid. Assis dans sa chaise de bureau, il essayait de se concentrer en dépit de tous les soubresauts qu'il avait. Tom lui avait demandé plusieurs fois si tout allait bien, oui qu'il disait, il se sentait un peu bizarre, mais rien de bien grave. Plus tard dans son fauteuil, il commença à grelotter. Tom quitta le canapé et s'approcha de lui.
-Vous êtes sûr que tout va bien professeur, demanda-t-il l'air inquiet.
-Je n'ai pas trop l'impression.
-Vous permettez, dit Tom.
-Quoi donc, demanda le professeur.
Tom approcha le revers de sa main près du front du professeur, il le tata, il était brûlant. Plus de doute, le professeur couvait quelque chose. Tom pris son téléphone portable et appela le service de la médecine préventive du campus. Il y avait en permanence un médecin. Ce dernier demanda à Tom de lui amener le professeur. Tom pris sa veste et aida son professeur à mettre la sienne. Il passa ensuite le bras du professeur au tour de son cou pour l'aider à se déplacer jusqu'au bâtiment de la médecine préventive. Le trajet se fit sans grande difficulté, il est vrai que le professeur faisait un poids certains, mais cela n'était pas trop handicapant. Il y avait aussi cette odeur dans l'air, celle du parfum du professeur, ce genre de senteur destiné aux hommes d'âges mûr. Frais avec une certaine note de force. Le professeur marmonnait, Tom ne comprenait pas ce qu'il disait, c'était certainement la fièvre qui le faisait délirer.
Le verdict du médecin était sans appel, c'était une grosse grippe. Le professeur en avait au moins pour quelques jours de fatigue et courbature. Il conseilla à Tom de vite ramener le professeur chez lui et de le mettre au lit. Le professeur lui tendit son portefeuille pour que Tom puisse avoir son adresse, et il essayerait également de le guider malgré la lourdeur de ses paupières et de sa tête. Tom laissa le professeur un instant pour aller prendre sa voiture.
Le professeur habitait une charmante maison à quelques rues de l'université. Grimper les marches pour accéder à la porte d'entrée n'était pas une mince affaire. Le professeur Becker était à moitié endormi contre Tom qui essayait de rester en équilibre avec tout ce poids sur lui. Il fouilla ensuite les poches du pantalon du professeur pour trouver les clefs de la maison. Puis, il lui fallu monter les marches de l'escalier menant à la chambre au premier. Il lui fallait en plus faire attention de ne pas tomber, qu'est ce qu'il était lourd se disait Tom. Il arriva jusqu'à la chambre, encore un effort, le lit n'était plus très loin. Tom posa enfin le professeur Becker. Quel soulagement, il repris son souffle. Il le déchaussa, et l'installa sous sa couette. Les médicaments semblaient faire leurs effets, le professeur était inconscient, il avait cessé de marmonner, mais il était encore chaud. Tom alla ensuite à la recherche du numéro de Brooke. Il se rendit à tout hasard dans la pièce qui servait de bureau au professeur, à la recherche d'un carnet d'adresse. Il le trouva prêt du téléphone. Il repéra son numéro, il était sûr de ne pas se tromper, il y avait un cur dessiné à côté de son nom. Il composa le numéro, aucune tonalité, il était en relation directe avec sa messagerie, il laissa un message indiquant l'état de santé du professeur. Il repartit ensuite dans la chambre, le professeur Becker dormait profondément mais était agité. Sur la table de chevet, il laissa un petit mot qui disait "J'ai averti Brooke, rétablissez vous vite, je passerais demain, Tom." Il quitta ensuite la maison en espérant que Brooke allait vite avoir son message.
Le lendemain vers onze heures, Tom alla rendre visite au professeur pour se rendre compte de son état. C'est Brooke qui l'accueillit, elle était en pleine conversation téléphonique, le ton de la discussion n'était pas des plus amicale. Elle avait un air arrogant sur le visage lorsqu'elle parlait, elle s'emporta un instant et raccrocha.
-Heureusement, vous êtes arrivé, il est à l'étage, il y a des masques chirurgicaux posés sur la console situé à côté de la porte de la chambre, dit elle dans l'empressement.
Elle devait absolument se rendre au cabinet, ils étaient perdus sans elle et sans son venin. Elle réunit toutes ses affaires et s'en alla.
-Dites lui que je suis parti, dit elle en s'échappant de la maison.
Tom monta à l'étage, effectivement sur la console se trouvait une boite de masque chirurgicaux. La porte était entre ouverte. Le son de la télévision se faisait entendre. Tom frappa et la porta s'entrouvrit un peu plus sous ses coups. Le professeur lui fit signe d'entrée. Il avait meilleure mine, mais quand même fatigué, ses traits étaient marqués. Son nez était tout rouge à force de se moucher. Il était confortablement installé dans le lit, sous une couette toute gonflante avec une montagne d'oreillers autour de lui, on aurait dit un nuage de douceur. Il regardait une énième rediffusion d'une série comique. Il était mort de rire, manquant de s'étrangler à l'occasion.
-Vous n'avez pas mis un masque chirurgical, demanda le professeur Becker.
-Non, je n'envoi pas l'utilité.
Tous deux étaient d'accord, l'idée du masque semblait dérisoire. Mais pour Brooke, cela ne l'était pas. Elle s'était empressée de les acheter dans une pharmacie de garde hier soir après avoir eu le message de Tom. Elle ne voulait surtout pas être contaminé et tomber malade. Elle restait à peine quelques secondes dans la même pièce que son Brad. Elle avait même une bombe aérosol pour désinfecter l'air de la chambre. Elle n'avait même pas dormit à côté de lui hier soir, elle était repartit à son appartement. C'est seulement à sept heures ce matin qu'elle était revenue. Pas de bisous, pas de caresse, juste un "coucou, ça va mieux?". Mais attention pas trop prés du lit. Dans ses moments là, elle était débordante d'affection.
Le professeur Becker demanda à Tom de s'installer dans le fauteuil à côté du lit, il avait besoin de compagnie. La discussion commença par les bonnes critiques qu'ils partageaient sur la série comique en cours de diffusion, puis ils parlèrent de tout et de rien. Les heures passèrent, sans qu'ils ne s'en rendent compte la nuit était déjà là. Brooke fit sa réapparition à huit heures. Elle monta les escaliers au son des éclats de rire, intriguée elle se demandait bien ce qui pouvait se passer. Elle en oublia même son masque chirurgical. En entrant, elle vit son fiancé sous sa tonne de couverture et de l'autre côté du lit, il y avait Tom vautré dans les oreillers. Ils partageaient un paquet de chips au fromage et aux oignons.
-Vous avez passer toutes la journée devant la télé, demanda-t-elle.
-Oui, répondit Brad surpris de la voir si tôt.
-T'as l'air d'aller mieux, dit-elle.
Brooke étant de retour, Tom pris congés, il descendit du lit et remit ses baskets. Brooke le dévisageait.
-Merci d'être passer, dit le professeur Becker à Tom.
-De rien, au revoir professeur, madame, dit il en quittant la chambre.
Brooke lui esquissa un sourire. Le professeur Becker avait encore ce sourire qu'il avait eu toute cette après midi.
La semaine d'après, le professeur Becker était de nouveau sur pied. Il avait accumulé une masse importante de travail à cause de son absence. Tom allait être demandé à contribution. Son temps, il devait le lui consacrer. Ils restaient très tard à travailler dans le bureau de la faculté. En plus, la période des examens approchait tout comme Thanksgiving. Il fallait trouver un sujet adéquat pour chaque promotion.
Un soir, à une heure du matin, ils firent une pause. Le professeur Becker avait besoin d'un café, il demanda à Tom s'il voulait quelque chose. Tom lui dit qu'il aurait aimé se dégourdir les jambes et aller prendre quelque chose au "Cofé Lunch". L'établissement était encore ouvert à cette heure de la nuit, et en plus il faisait du bon café. Le professeur Becker ne voyait pas d'objection.
Le café était désert, il n'y avait pas l'affluence diurne. L'ambiance nocturne était particulière, le juke box jouait de vieux standard. Il n'y avait que deux serveuses et un agent de la sécurité. Ils s'assirent à une table et attendirent la serveuse. Tom était fatigué et n'arrêtait pas de bailler, il luttait mais il ne pouvait rien y faire. Voyant cela, le professeur Becker lui dit qu'il pourrait rentrer chez lui juste après le café. Tom le remercia. Il commanda donc un lait chaud frappé et le professeur Becker pris un cappuccino.
-Du lait chaud, demanda le professeur.
-Oui, ça m'aide à m'endormir, c'est mieux qu'un somnifère, répondit Tom en souriant.
Le professeur Becker, profita de l'occasion pour remercier une nouvelle fois son assistant de l'avoir tenu compagnie quand il était malade. Pour Tom cela n'avait rien d'une corvée. C'était un homme qu'il respectait depuis tant d'année et pouvoir discuter avec lui était un réel plaisir.
Après avoir bu son lait chaud, Tom avait un peu de mousse au dessus de la lèvre supérieure. En voyant cela, le professeur Becker se mit à rire. Tom lui, ne comprenait pas.
-Qu'est qui vous faire rire, demanda-t-il.
-Non, non, c'est rien c'est juste que t'as de la mousse sur la lèvre, dit il en essayant d'étouffer son rire.
Il essuya machinalement la lèvre de Tom à l'aide de son pouce.
-Oh désolé, je ne voulais pas, dit il embarrassé.
-Non, c'est pas grave au moins j'en ai plus, répondit Tom un peu surpris.
Ils restèrent un court moment sans rien dire. S'interrogeant sur ce qui venait de se produire. Le professeur Becker se leva, il était temps pour lui de retourner travailler. Devant le café, ils se dirent au revoir, sans se toucher, sans se serrer la main, ce qui était une première. Ils ne s'attardèrent pas, et ils prirent des chemins différents. Le geste du professeur Becker avait sans doute quelque chose à voir avec ce comportement. Une sorte de gêne et de confusion semblait flotter dans l'atmosphère de cette nuit froide.
6
Les jours d'après tout étaient oubliés du moins, le sujet n'avait pas été abordé, et la gêne d'un soir, n'était qu'un lointain souvenir. Les semaines passèrent avec leurs charges de travail, leurs déjeuners et leurs poses nocturnes au "Cofé Lunch". La frontière entre le professeur et l'assistant était devenue très mince. Ils n'étaient pas des amis, mais avaient de la sympathie et un profond respect l'un pour l'autre. Tom avait une admiration certaine pour son professeur. Le professeur Becker lui voyait en Tom une certaine nostalgie. Il lui rappelait ses jeunes années. Dix ans déjà environ. Qu'avait il fait se demandait il. Certes il était devenu un pilier de la sociologie, mais qu'avait il réellement accompli dans sa vie personnelle. Il avait toujours cette impression de faire ce chemin de vie tout seul, sans personne. Pourtant, Brooke partageait sa vie, mais elle n'était qu'un fantôme, ou lorsqu'elle était présente, elle ne lui portait pas plus grand intérêt qu'il ne l'aurait voulu. Etait ce cela sa vie pour les prochaines années, n'être qu'un meuble aux yeux de celle qui se disait l'aimer? En Tom, il voyait la jeunesse bien sûr, mais également cette liberté qu'il n'avait plus. Brooke décidait de sa vie jusqu'à la couleur de ses chaussettes. Elle n'avait plus de considération pour lui. Seule sa petite personne comptait. Elle en était devenue égocentrique. Qu'est ce qui pouvait bien le retenir auprès d'elle se demandait il. Peut être était ce cette peur de finir sa vie tout seul. Cette peur d'être en réalité une personne peu intéressante aux yeux des autres, si Brooke réagissait ainsi les autres femmes feraient peut être tout autant. Il en était venu à douter sur ce qu'il était, c'est à dire une personne intelligente, charmante, avec un cur énorme. Brooke avait réussi à diminuer sa propre estime de lui. Elle ne l'avait pas fait exprès et elle ne s'en rendait même pas compte. Un an à n'être qu'un faire valoir avait réussit à gommer sa propre vision de lui. Il avait du mal à croire à l'engouement que Tom avait pour lui. Comment son assistant pouvait être d'une écoute incroyable, il buvait ses paroles, il connaissait tout de sa carrière. Il pourrait être son bibliographe tellement il était incollable sur le sujet. Si seulement Brooke pouvait avoir le tiers de l'intérêt que Tom lui portait. Il n'en serait peut être pas là, à reconsidérer leur relation, à reconsidérer sa vie. Pourquoi toutes ses interrogations, pourquoi maintenant? Le fantôme de Thanksgiving commençait peut être un peu plus tôt son uvre.
Les bancs de la fac se vidaient peu à peu, les étudiants rentraient chez eux pour le fameux week-end du partage. Cette fête où le bonheur partagé était tout ce qu'il y avait. Tom et le professeur étaient dans le bureau entrain de mettre un peu d'ordre avant de partir.
-Vous rentrer chez vous pour Thanksgiving, demanda le professeur Becker en s'adressant à Tom le nez dans les cartons.
-Non, je reste cette fois ci, mais pour Noël je rentrerais, répondit il.
-Vous allez passer Thanksgiving, tout seul, lui demanda le professeur étonné par cette nouvelle.
Comment peut on passer cette fête sans personne se demandait il intérieurement. Cela était inconcevable.
-Vous n'avez rien de prévu avec votre amie, la petite blonde que je vois souvent avec vous, demanda-t-il.
-Marcy? Non, en fait elle va chez les parents de son nouveau petit ami, répondit Tom en souriant.
Le professeur semblait étonné par cette réponse.
-Je croyais qu'elle était votre petite amie.
-Elle l'était, mais on est rester bons amis, répondit Tom.
-Désolé que vous passiez cette fête tout seul, dit le professeur navré de ce qui lui arrivait.
-Vous savez ce n'est pas bien grave, c'est juste une fête et puis y en aura d'autre, dit il en souriant.
Le professeur sourit à son tour, mais avait de la peine pour son assistant, il ne méritait pas d'être seul.
Lui, il avait prévu un dîner romantique à sa maison avec Brooke. C'était l'occasion idéale pour se retrouver et partager de nouveau. Il avait hâte d'y être, il avait placé en cette soirée de nouveaux espoirs, un nouveau départ.
Le soir de Thanksgiving, tout était prêt. Le professeur Becker avait dresser la table comme un chef, il avait mis une délicate nappe blanche avec au centre un bouquet de fleurs blanche et fuchsia garni par un épais feuillage verts, l'argenterie et le cristal était de sortie. Il avait mis les petits plats dans les grands. Il pouvait rivaliser avec les plus grands restaurant de la ville. Il s'était appliqué à l'art de la table grâce un livre spécialisé dans ce domaine. Le pliage de serviette était impeccable, elles étaient en forme de cygne. L'atmosphère du salon était intime, la lumière était tamisée, il y avait des chandelles sur la table et des bougies placées un peu partout. Le summum de l'intimité, du romantisme était donné par le feu de cheminée. L'endroit d'un romantique à souhait, laissait présagé une soirée des plus agréable. Le professeur n'était pas en reste, il portait un costume noir remarquablement taillé et une cravate rose que Brooke lui avait offerte, c'était très tendance selon elle. Brooke était attendu pour vingt heures. Lorsque le téléphone sonna vers dix neufs heures trente, le professeur Becker fit une moue, c'était la sonnerie qu'il avait attribuée à Brooke qui retentissait. Elle l'avait appelé pour lui dire qu'elle ne pourrait pas être à l'heure et de ne pas l'attendre, elle avait une affaire urgente concernant la négociation d'une cession de contrat d'un grand groupe industrielle. Du charabia pour le professeur, mais d'une extrême importance pour elle, plus important que Thanksgiving. Le professeur Becker raccrocha habitué à ce genre d'appel. Il regarda la table, le décor autour et pensa à toutes ces nourritures commandées chez le traiteur. Du gâchis se disait il. Toute cette préparation, tout ce temps investi pour une déception qui n'était pas véritablement une surprise. Il enleva sa veste et retroussa les manches de sa chemise blanche. Puis, il pensa à Tom qui n'était pas parti et qui devait certainement être seul chez lui. Il l'appela pour lui dire de venir et de passer Thanksgiving ensemble, il lui expliqua les grandes lignes du revirement de situation et que cela serait dommage de gâcher toute cette nourriture dit il à Tom. Cet argument fit mouche, Tom allait être là dans la demi-heure.
Tom frappa à la porte, il s'était habillé pour l'occasion, rien d'extraordinaire, mais qui faisait honneur à ce jour et à cette invitation. Le professeur Becker le fit entrer. Il prit son manteau, dehors il faisait très froid. Tom se frictionnait les épaules pendant que le professeur l'emmenait jusqu'au salon. Il resta les yeux ébahis devant la décoration de la pièce. C'était si chaleureux, quel dommage que Brooke ne bénéficiait pas de ce cadre enchanté dit Tom. Il fallait beaucoup plus que cela pour impressionner Brooke. Il aurait fallu des diamants à chaque bougie et de la poussière d'or sur la nappe. Tom salua le travail fourni par le professeur content d'entendre un compliment. Cela lui était devenu tellement rare. Le dîner était arrosé de vin blanc qui prenait des couleurs or avec la lumière tamisé, et surtout avec le feu de la cheminée. Les mets étaient délicieux. Tom ne lassa rien traîner. Le professeur était hypnotisé par son grand appétit. Il n'avait jamais vu quelqu'un manger autant. Il n'y aurait pas de nourriture gâcher ce soir, la soirée n'on plus ne l'allait pas l'être. La conversation était riche et variée. Ils se trouvèrent de nombreux autres points communs. Le dessert allait être l'occasion de profiter du feu de cheminée. En effet, le professeur avait prévu de faire grillé des marshmallows. Il avait pensé à tout, un plaide aux couleurs beige et rouille était déjà installé au coin du feu. C'est avec leur verre de vin à la main qu'ils allèrent s'y assoire. Le professeur versa ce qu'il restait de vin, à eux deux la bouteille c'était vidée. Ils étaient un peu en apesanteur, mais avec toujours une lucidité d'esprit. Ils commencèrent à faire grillé la gourmandise des feux camps. Ils se racontèrent quelques anecdote lié à cette ambiance très boy scout, des rires puis plus rien. Ils se laissaient envahir par le bruit qu'offrait le craquement des bûches de bois dans le feu, et leurs yeux étaient captivé par ses petites étincelles qui accompagnées les craquements. Un instant de paix leur était offert, il le partageait avec autant de profondeur aussi bien l'un que l'autre. L'atmosphère était apaisante. Le professeur Becker tourna la tête en direction de Tom qui regardait le feu. La lumière chaude qui s'y dégageait ce reflétait sur le visage de Tom avec ses mouvements qui rappelait la danse des flammes. Il trouva Tom particulièrement beau dans cette atmosphère, peut être avait il trop bu se dit il en ayant cette pensée. Mais, il ne pouvait s'empêcher de l'avoir. Il pensa également qu'il ne s'était pas senti aussi bien depuis longtemps, depuis un an. Ce soir était sans conteste la plus belle soirée qu'il eu depuis un an, depuis un siècle, depuis une éternité. Etait ce le vin ou était ce garçon qui l'admirait tant, qui le faisait se sentir intéressant, le faisait se sentir vivant? Etait ce parce que ce garçon lui donnait tout ce qu'il attendait de sa fiancée sans jamais le recevoir, juste du temps et de l'attention. Il ne savait plus quoi penser, mais il ne pouvait s'empêcher de le regarder et d'avoir cette sensation étrange au fond de lui. Tom tourna ensuite sa tête dans sa direction. A son tour il regarda son professeur, d'un coup, il entendit toutes ses voix à la sortie des amphis, ses voix qui faisaient éloge à la beauté de celui ci. Il se dit alors que ses voix avaient effectivement raison, à la lumière des flammes le professeur était vraiment beau. Il s'étonna de cette réflexion faite dans sa tête. Et tout comme le professeur, il ne pouvait détourner son regard. Ils étaient réciproquement captivés. Ils esquissaient des sourires, mais ne disaient mot. Ils ne savaient pas quoi dire, ils étaient trop occupés à chercher les réponses à toutes ses questions provoquées, par ce qu'ils ressentaient à cet instant. Le vin n'aidant pas, ils restèrent dans ce mutisme un long moment, la lumière des flammes caressait leurs profils. Ils ne faisaient qu'esquisser des sourires de temps à autre. Parfois, ils baissaient leurs yeux, ou regardaient le feu, mais ils revenaient toujours à se regarder. Leurs yeux bleus reflétant les flammes étaient envoûtés. Le silence fut brisé par la sonnerie du téléphone du professeur. C'était Brooke, elle arriverait dans une demi-heure. Il n'était pas encore minuit, il allait pouvoir fêter Thanksgiving en amoureux. L'heure pour Tom de quitter les lieux était arrivée. Ils étaient encore empreints de cette confusion intérieure. Ils se dirent au revoir avec l'accolade du joyeux Thanksgiving. C'était une accolade un peu trop appuyée, un peu trop longue, avec la tête un peu trop posée. C'était presque une étreinte qui voulait dire, je ne veux pas te quitter, pas tout de suite pas maintenant, je veux encore du temps. Ils se séparèrent en gardant chacun avec eux cette sensation bizarre. Pour ce Thanksgiving, il avait partagé un sentiment de confusion.
Brooke arriva, elle trouva son Brad, assis dans le canapé en pleine réflexion, il ne l'avait même pas vu, même pas entendu. Elle s'installa à côté de lui et lui fit un bisou, il lui offrit sa joue en témoignage de son mécontentement. Elle regarda autour d'elle et constata qu'il n'avait pas été seul, les deux verres de vin sur le plaide ne trompait pas. La table aussi témoignait en ce sens. Il y avait bien eu une soirée du partage, mais pas avec elle.
-Tu ne m'as pas attendu, demanda-t-elle avec un air surpris.
-Non, répondit il sèchement.
-J'aurais cru, dit elle d'un air déçu et blessé.
-Justement, répliqua-t-il.
-Qu'est ce que je dois comprendre, lui demanda-t-elle d'un ton offusqué.
Brad en avait marre d'attendre ce qui n'arriverait jamais de la part de Brooke. Il avait déjà trop attendu. Il avait déjà trop perdu. Un an de sa vie était passé sans qu'il soit véritablement heureux. Ce soir, il en avait enfin pris conscience.
Brooke quant à elle ne comprenait pas pourquoi il ne l'avait pas attendu, lui qui l'attendait tout le temps sans faillir, était ce le début d'une rébellion se demandait elle. Qu'est ce qu'il lui était arrivé? Pourquoi n'était il plus à son entière disposition?
-Qu'est ce que je dois comprendre, lui demanda-t-elle à nouveau avec cette fois une voix teinté de colère.
-Tu es une brillante avocate, tires en des conclusions hâtives ou réfléchies, c'est toi l'experte, je vais me coucher, bonne nuit, dit il.
Il se leva du canapé sans un regard pour sa fiancée. Elle resta la prostrée, énervée par ce comportement qui en disait tant. Elle examina à nouveau la pièce, ce spectacle montrait qu'il avait pu se passer d'elle, quel affront, quelle trahison, quel manque de considération se disait elle. Elle se posa en victime bafouée et se dirigea vers la porte d'entrée en veillant à la claquer quand elle la passerait.
Brad au premier s'endormait en repensant à cette agréable soirée et surtout à ce sentiment étrange, cet irrépressible regard qu'il avait porté sur Tom. Il y songea longtemps avant de pouvoir s'endormir. Le vin était la réponse qu'il se donnait.
De son côté Tom repensait à ce qui c'était produit en lui lorsqu'ils étaient au coin de la cheminée. Cette sensation était étrange, c'était la première fois qu'il ressentait cela, il en était même troublé. Le vin est une boisson qui fait tournée la tête pensait il.
Veritaes in vivos, la vérité est dans le vin.
7
La semaine suivante, tout était redevenu à la normal pour Brooke et Brad. Elle avait su se faire pardonner comme d'habitude. Avec lui, elle savait parvenir à ses fins, huit ans de pratique ce n'était pas rien. Lui, il se laissait faire faute de mieux peut être, ou de complaisance pour cette relation qui n'en était qu'une en apparence, car dans le fond, l'amour n'était plus vraiment là.
Marcy et Tom s'était retrouvé pour le déjeuner, au menu sandwich fait maison par Marcy, le tout à déguster dans le froid sur un des bancs du jardin du campus. Marcy pris la place la mieux ensoleillée, elle voulait un déjeuné en plein air, mais pas au point d'être congelée. C'était des sandwich à la dinde, c'était la saison, et à la mayonnaise qui était leur condiment préféré. Marcy parla de son merveilleux Thanksgiving chez les parents de son nouveau petit ami, des gens charmant, habitant une charmante maison, située dans une charmante petite ville. Aucun doute, elle était tombée sous le charme. Tom quant à lui, raconta les grandes lignes de son dîner improvisé chez le professeur. Marcy était étonnée, et lui fit part que de nombreuses filles dont elle, auraient fait des pieds et des mains pour être à sa place. Il s'abstenu de lui raconter cette sensation étrange qui l'avait habité vers la fin de la soirée vu que lui-même n'avait pas les idées claires, le vin selon lui avait faussé la réalité. Il garda donc pour lui ce que le vin avait altéré. Jusqu'au moment où il vit le professeur Becker passer au loin. Cette sensation refit immédiatement surface sans prévenir, sans signe annonciateur. Il eu une espèce de chavirement intérieur, il se sentait presque défaillir, son cur en même temps commençait à battre un peu plus vite. Que se passait il se demandait il. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Ses symptômes pourtant il les reconnaissait, c'étaient ceux qu'il avait en la présence de personne par qui il était attiré au niveau émotionnel. Mais pourquoi la vue du professeur lui faisait il cela? Cela ne pouvait pas être le vin, il n'en avait pas bu, la mayonnaise avait peut être tournée, il demanda alors à Marcy si tout allait bien de son côté, elle lui répondit que oui, ce n'était donc pas la mayonnaise. Il chercha d'autre facteur à ce coup de cur, le soleil non, il n'était pas très visible, le froid, non il était bien couvert. Il se rendit finalement à l'évidence, la vue du professeur avait quelque chose avoir dans cette réaction physique. Qu'est ce qui m'arrive se demandait il intérieurement. Lui qui était un glouton d'habitude s'arrêta de manger.
-Quelque chose ne va pas Tom, lui demanda Marcy intriguée.
-Je ne sais pas, pas encore, répondit il le regard dans le vague et préoccupé par ses pensées.
Marcy ne releva pas, Tom avait parfois des moments d'absence et de profond remaniement intérieur, mais le fait qu'il cesse de manger était une première. Quelque chose d'important semblait le préoccupé, elle en était convaincu.
L'après midi dans le bureau du professeur Becker, Tom était incapable de se concentrer, il ne pouvait s'empêcher de jeter un il discret dans la direction du professeur. Il eu toujours la même réaction physique et toutes ses pensées qui l'accompagnait. Et lorsque le professeur regardait dans sa direction au même moment, il détournait la tête. Le professeur Becker voyait bien qu'il était bizarre. Tom quitta même le bureau pour aller étudier à la bibliothèque, là au moins il pourrait se concentrer. Mais, c'était peine perdue, chaque seconde était ponctuée par les flashes de la fin de soirée de Thanksgiving. Il devait composer avec l'image du professeur au coin du feu, et il se disait qu'il était vraiment beau et même temps il luttait contre cette pensée. Il essaya d'étudier jusqu'à tard dans la nuit. Il ne vit pas le professeur depuis cette après midi, mais sa pensée ne l'avait pas quitté. Tom ramassa ses affaires, il était vingt trois heures, il en avait finit pour aujourd'hui. Il était l'heure de faire dodo et de passer avant au "Cofé Lunch" pour prendre son lait chaud frappé. Mais arrivé là-bas, pas de chance il n'y en avait plus, une personne était passer cinq minutes avant lui. Il retourna chez lui les mains vides, il se ferait son lait chez lui se disait il. Son immeuble était bien calme ce soir là, la concierge semblait déjà dormir, elle qui espionnait les vas et viens n'était pas à sa fenêtre. Il monta les marches de l'escalier menant jusqu'à son appartement. Arrivé devant sa porte, il pris la clef et la porta jusqu'à la serrure. Quand soudain, bonsoir dit une voix. Tom sursauta et fit tomber son trousseau de clef. Il se retourna et vit le professeur Becker. Il avait eu la peur de sa vie, les battements rapides de son cur frisaient la crise cardiaque. Le professeur se tenait devant lui avec deux grands gobelets à la main.
-Mais qu'est ce que vous faites là, demanda Tom en reprenant son rythme cardiaque et ses clefs par la même occasion.
-Je pensais que vous étiez déjà rentré et je voulais avoir un rapport sur vos dernières recherches, dit il.
Tom le fit entrer. Il pris son manteau et lui dit de s'installer au salon. Le professeur tenait encore les gobelets. Il jeta un il sur la bibliothèque personnel de Tom, et remarqua que toutes ses uvres étaient là. Il avait un fan, se disait il. Tom revenu de sa chambre avec en main le rapport demandé. Il le déposa sur la table basse. Le professeur Becker lui tendit un gobelet.
-C'est votre lait chaud, dit il en souriant.
Il l'avait prévu au cas où il aurait réveillé Tom, cela l'aurait aidé à se rendormir.
-Vous vous en êtes souvenu, dit Tom surpris et touché à la fois.
-Oui, comme vous qui vous souvenez de mon parcours professionnel et collectionnez tous mes écrits, dit il en souriant.
Ils s'installèrent sur le canapé et burent leur lait chaud. Tom alluma la télévision afin d'avoir un fond sonore pour éviter le silence et de dissiper les blancs. La télévision était là pour combler. Soudain un violent orage s'abattit, on pouvait entendre la pluie battre contre la vitre. Tom se leva du canapé et alla regarder par le store en écartant les lames avec ses doigts. On ne voyait plus à un mètre tellement que l'averse était importante, la météo ne l'avait pas prévu dit il. Le professeur Becker se leva à son tour et alla se poster derrière Tom, il écarta aussi les stores pour regarder le déluge. Il était si proche que Tom pouvait sentir le souffle de sa respiration sur sa nuque. Des frissons parcourus tout son corps, de nouveau cette sensation monta en lui. Le professeur glissa à son oreille que la météo était une science inexacte et qu'il tenait rarement compte des prévisions. Ils restèrent un long moment à regarder les trombes d'eau, elles étaient impressionnantes. Le choc des gouttes contre la vitre était invraisemblable. Prendre la route sous une pluie pareille serait une preuve d'inconscience. Il était déjà une heure du matin. La fatigue se faisait sentir. Tom proposa au professeur de dormir sur le canapé au lieu de risquer sa vie. Le professeur accepta son offre, il n'avait pas le choix ou le fait de ne pas avoir le choix était son choix. Tom alla chercher un oreiller et des couvertures, avec l'orage le temps s'était refroidi. De son côté le professeur commença à se déshabiller. Au retour de Tom, il était en caleçon. Tom était gêné. Quand il déposa les affaires, il soutenait tant bien que mal, le regard du professeur pour que ses yeux ne se ballade pas à ailleurs. Le professeur prépara son lit d'appoint et remercia Tom.
-Si vous avez besoin de quoique se soit, je suis à côté, n'hésitez pas, dit Tom en essayant d'avoir un air détaché.
-D'accord, répondit il.
-Bonne nuit, dit Tom.
-Merci, bonne nuit à vous aussi, dit il en se mettant sous les couvertures.
-Merci, dit Tom.
Tom se rendit dans la salle de bain. Il pris sa douche, du salon on pouvait entendre l'eau s'écoulé.
Dans le canapé le professeur se laissa bercer par ce bruit, il se surprit également à imaginer rejoindre Tom sous l'eau chaude qui laissait dans l'air cette vapeur particulière, il l'embrasserait dans le coup avant de l'embrasser sur la bouche. Puis l'eau cessa de couler, le professeur repris ses esprits.
Tom regagna ensuite sa chambre et s'allongea sur son lit. Il regardait le plafond en pensant à son professeur juste dans la pièce d'à côté. Son cur battait plus vite dans sa poitrine, il battait à sa seule pensée. Tom en était persuadé à présent, il avait bien des sentiments forts pour son mentor, le professeur Brad Becker. Comment cela a-t-il pu se produire se demandait il. Il l'avait certainement trop adulé, la frontière entre l'amour et l'admiration c'est peut être peu à peu fissurée. Qu'allait il faire à présent qu'il venait de s'avouer ses sentiments. La meilleure solution qu'il avait trouvée était celle de se taire. Leur relation ne serait que celle d'un professeur et d'un assistant, frustré certes, mais un assistant avant tout. Leur relation ne devrait rester que professionnel rien de plus. Il ne pouvait en être autrement selon lui. La pluie tombait encore et avec la même force, le vent était venu à son tour danser dans la rue servant de partenaire à cette pluie battante.
Dans le salon le professeur Becker avait du mal à s'en dormir, lui aussi était tirailler par les mêmes questions que Tom se poser. Il voyait en ce dernier un puit d'affection et de considération qui lui manquait tant. Tom pouvait lui donner tout ce qu'il attendait, tout ce manque serait alors combler. Tom réussirait là où Brooke avait échoué. Il mit la raison de son attirance sur ce manque affectif qu'il ressentait depuis plus d'un an. Il ne pouvait pas aller à l'encontre de ce que son corps et son esprit ressentaient pour ce jeune homme. Il s'était oublié pendant plus d'un an, il ne recommencerait pas la même erreur se disait il. Mais Tom était son assistant. Il se leva et alla vers la chambre. La porte était entrouverte, Tom le dos tourné semblait dormir. Il le regarda un instant pensant à tout ce que ce garçon pourrait lui offrir, puis il fit demi tour et alla se recoucher sur le canapé. Tom se retourna et regarda en direction de la porte, il n'y avait personne à son grand regret. Il se disait qu'il aurait pu proposer au professeur de partager le lit, mais pensa aussitôt, que ce n'était pas le genre de proposition que l'on fait à son professeur fiancé surtout le premier soir et aussi à un homme.
Tom dormit jusqu'à neuf heures et demi environ. A son réveil, il vit que le mauvais temps avait laissé sa place à un ciel couvert, rien de bien étonnant à l'approche de l'hiver. Il se rendit dans le salon, et eu la surprise que sur le comptoir de la cuisine le petit déjeuner était servi, dans une corbeille il y avait des croissants et des pains au chocolat. Le professeur était entrain de presser des oranges, pour en faire un jus frais plein de vitamine. Il était toujours en caleçon, mais avait remit sa chemise.
-Bonjour, dit Tom, puis enchaîna, vous n'étiez pas obliger de faire tout ça, dit il l'air gêné.
-Bonjour, ce n'est pas grand-chose, rassure toi, dit le professeur.
Le tutoiement était de retour, comme le soir où au "Cofé Lunch" le professeur Becker s'était laissé emporter et avait essuyé à l'aide de ses doigts les lèvres de Tom pleines de mousse.
Ils passèrent à table et dégustèrent le petit déjeuner préparé avec soin et plaisir par le professeur. Pour chacun, cela faisait longtemps qu'un réveil ne c'était pas passer de la sorte. Il ressemblait à un parfait petit couple sans l'être, comme le professeur l'était devenu avec Brooke. Sauf qu'entre Tom et le professeur Becker, il y avait des sentiments inavoués en chacun d'eux. La relation professionnelle que chacun s'étaient imposée hier soir, ne transparaissait pas ce matin. Difficile d'y croire quand un assistant et son professeur partage un petit déjeuné en sous vêtements. Le professeur débarrassa ensuite et commença à faire la vaisselle. Tom l'arrêta et lui dit qu'il s'en chargerait et qu'il en avait assez fait pour aujourd'hui. Le professeur déposa alors éponge et bol. Il alla enfiler son pantalon sous le regarde Tom. Il n'était pas gêner, c'était comme si Tom et lui était un vieux couple. Il regardait Tom tout en se rhabillant, Tom ne le quitta pas des yeux. Il n'y avait plus de gêne, tout cela semblait si naturel. Il prit le rapport de Tom et se dirigea vers la porte d'entrée. Tom l'accompagna. Devant la porte, ils se sentaient embarrasser. Le professeur n'arrêtait pas de tapoter le dossier qui était dans sa main, Tom lui, pinçait ses lèvres.
-Bon et bien au revoir, dit le professeur.
-Au revoir, dit Tom.
-On se verra à la fac.
-A la fac, oui.
Le professeur ouvra la porte et remercia une nouvelle fois Tom pour son hospitalité.
-Au prochain orage vous savez où venir, dit Tom en souriant, qui pensa aussitôt au sous entendu qu'il venait de faire. Oh mon dieu qu'est ce que je viens de dire se disait il intérieurement.
-J'espère qu'il pleuvra bientôt, dit le professeur en souriant avec un regard qui en disait tant.
Il avait attrapé la perche involontaire de Tom. Ce dernier souriait intérieurement au souhait formulé par le professeur. Ce dernier prit l'escalier et disparu peu après. Tom referma la porte. Il s'y adossa en repensant à son professeur. La soirée imprévue avait été tout simplement agréable et frustrante à la fois.
8
La dure réalité repris ses droits, le professeur et Tom ne s'étaient plus revus dans de telles circonstances, il n'en avait même plus parlé. Ils en avaient fait allusion, mais semblaient ne pas vouloir en discuter. Mais ce n'était pas le cas de tout le monde.
Un après midi alors que Tom était seul dans le bureau, il reçu une visite surprise. C'était Brooke qui débarqua sans crier garde, elle ne prit même pas la peine de frapper, comme d'habitude elle entra.
Elle regarda Tom sur le canapé et fit un semblant de sourire.
-Brad n'est pas là, demanda-t-elle.
-Non, il est parti au bureau des examens, répondit Tom.
Elle regarda longtemps Tom, elle le dévisageait même. Tom se sentait gêner, pourquoi cette insistance et ce silence, se demandait il à cet instant.
-Tom, Tom, Tom, dit elle en le toisant.
Tom la regarda avec un air interrogateur, il attendait la suite de son intervention.
-Comment faites vous, lui demanda-t-elle.
Tom fut interloqué par le côté vague de sa question.
-Faire quoi, lui demanda-t-il à son tour.
-Ne faites pas l'innocent, dit elle avec un sourire.
-Vous savez ça peut durer longtemps ce petit jeu, dit il l'air agacé.
-Comment faites vous, pour être dans chacune de ses paroles, dans chacune de nos conversations, dit elle en parlant de son Brad.
-De qui parlez vous, demanda-t-il en sachant très bien de qui il s'agissait.
-Brad, pour qui vous n'êtes normalement qu'un simple assistant, me rabâche les oreilles avec des Tom par ci et des Tom par là, dit elle l'air agacé légèrement colérique.
-Je ne fais que mon travail d'assistant, dit Tom.
-Oui bien sûr, comme l'héberger, prendre des cafés tard le soir en tête à tête dans un café vide, lui tenir compagnie quand il est malade, bien sûr vous ne faites que votre travail d'assistant, dit elle narquoisement.
-Je ne vois pas très bien ou vous voulez en venir, dit il.
-Vous le voyez très bien, cherchez vous un copain de votre âge et de votre niveau et laisser le mien tranquille, dit elle en s'emportant.
Tom ne s'attendait pas à pareille conversation, il resta choqué un moment. Brooke était fier de l'avoir percer à jour, elle avait ce regard à moitié fermé qui disait je t'ai eu.
Tom se mit ensuite à sourire. Brooke ne comprenait pas.
-Vous êtes pathétique, dit Tom.
Brooke pris cette remarque en pleine face, elle eu un sursaut à la prononciation de ses mots. Elle qui avait tout, comment pouvait elle être pathétique, quel injure, en plus de la part d'un petit assistant.
-Vous avez tellement peu confiance en vous, que vous accusez tout ce qui bouge à un mètre de votre fiancé, de vouloir vous le piquer, dit il avec un balancement de la tête qui voulait dire pauvre fille.
-Comment osez vous, lui dit elle en s'approchant près de lui.
-Et vous, comment osez vous, débarquer ici, et profiter de l'absence de votre fiancé pour m'accuser de vouloir vous le piquer. Remettez vous en considération et voyez si vous n'êtes pas l'auteur de votre propre naufrage, si vous le perdez un jour ce ne sera pas à cause de moi ou d'une vampe, mais à cause de votre manque de considération pour lui, vous êtes l'unique responsable de ce qui vous arrive, dit Tom.
S'en était trop, Brooke en avait assez entendu. Comment osait il lui répondre de la sorte et de lui faire la morale. Mais Tom avait raison. La vérité lui était si dure à entendre qu'elle le gifla. Ce dernier encaissa et la regarda sans exprimer le moindre mal.
-Vous savez ce que l'on dit, "seule la vérité blesse", dit Tom en la regardant fixement.
-Je peux savoir ce qu'il se passe ici, dit une voix.
C'était le professeur. Il avait assisté à la gifle.
-Professeur, dit Tom en le saluant et en quittant la pièce.
Pour Tom, il revenait à Brooke de raconter le fin mot de l'histoire. Lui, il ne se sentait pas concerner. Il n'avait rien fait de mal. C'était leur histoire, leur relation. Lui, il n'était que l'assistant.
Le professeur regarda Tom partir en essayant de comprendre ce qui avait bien pu se passer pendant son absence. Tom referma la porte derrière lui.
-Brooke, tu peux m'expliquer ce qui c'est passé, demanda Brad avec un ton inquisiteur.
Brooke ne savait plus où se mettre, son fiancé venait de la voir dans toute sa splendeur, comment pourrait elle expliquer ce geste de trop, cette gifle qu'elle se donnait en faite à elle-même, à ce reflet qu'elle avait tout les jours lorsqu'elle se regardait dans un miroir. Cette voix intérieure qui lui disait ce qu'elle était en réalité. Cette voix ayant pris possession du corps de Tom, elle pouvait enfin la faire taire, la frapper pour qu'elle se taise à jamais, voilà la véritable raison de son geste déplacé. Mais cette voix était encore là quand elle regarda Brad, lui si honorable. Le miroir n'était plus nécessaire à son existence, la vue de Brad désormais l'animait. Elle ne pouvait plus l'ignorer. Cette maudite voix, sa maudite conscience qui venait lui rappeler ce monstre égocentrique qu'elle était devenue.
-J'attends Brooke, dit Brad en haussant la voix et en durcissant son ton.
Brooke ne pouvait rester plus longtemps dans son silence de gêne, mais avant tout de culpabilité. La brillante avocate se retrouva au banc des accusées, obligée de justifier son crime. Elle aurait pu plaider le crime passionnel, mais la passion elle n'en avait plus pour Brad, la folie alors, mais elle était une trop bonne calculatrice, la préméditation c'est elle qui l'avait inventée.
-Je viens d'accuser ton assistant de te tourner autour, dit Brooke l'air moins fier que tout à l'heure.
-Tu as fais quoi, s'exclama Brad.
-Tu as très bien entendu, ne m'oblige pas à le répéter, c'est assez pénible pour moi, dit elle en détournant le regard.
Elle avait perdu son assurance légendaire, elle se faisait discrète, elle était comme un enfant pris la main dans le sac.
-Mais Brooke, comment as-tu pu, dit il en se frottant le front face à l'absurdité de sa réponse.
Comment Brooke avait elle pu porter de telle accusation sans preuve, mais juste sur ses supputations. L'aimait elle à en perdre la raison? Non. La peur de perdre son faire valoir l'avait poussée à agir ainsi. Il n'était nullement question d'amour mais de réputation, de la considération des gens de sa cour.
-Je ne peux plus continuer
je ne peux plus faire semblant, plus maintenant
je ne peux plus mentir
te mentir, me mentir
je te rends ta bague, ta liberté
mais je ne peux pas te rendre tes années, j'en suis désolé
désolé pour tout
dit à Tom que je suis désolé, qu'il avait raison, et que malheureusement pour moi il était dans le vrai
je suis une naufragé qui n'a qu'elle à blâmer, dit Brooke le regard vitreux et l'âme pleine de lucidité.
Elle quitta le bureau en disant à Brad, qu'elle passerait récupérer ses affaires un autre jour.
Brad resta planté là un long moment, essayant de comprendre ce qui venait de se passer. Il venait de se faire plaquer par Brooke! Il était enfin libre, mais libre de quoi. Il était sous le choc, il n'aurait pas cru que cela serait arrivé si vite, sans prévenir. Certes, leur relation allait vers une fin certaine, mais jamais au grand jamais, il n'aurait pensé à cette manière.
Il se retrouvait seul face à lui-même, face à sa liberté, face à une pensée, celle de Tom. Il s'agissait d'un nouveau départ et d'un choix. Celui du courage.
9
On frappa à la porte. Tom abandonna ce qu'il était entrain de faire et alla ouvrir. Derrière celle-ci se trouvait le professeur Becker. Il était moins à l'aise que dans les amphithéâtres. Il ne tenait pas vraiment sur place, il se demandait ce qu'il faisait là. Son supplice pris fin lorsque la porte s'ouvrit. Tom était étonné de le voir, pourtant il ne laissa transparaître aucune émotion sur son visage. Cependant, il était distant. Le professeur ne l'avait jamais vu comme cela, lui qui était si souriant d'habitude. Mais après la gifle qu'il avait reçu cette après midi, il se dit qu'il ne pouvait pas être si content de le voir. C'était en partie de sa faute, Brooke était sa fiancée, donc par ricochet il était responsable également. En voyant ce visage si peu amicale, le professeur Becker avait envi de faire marche arrière, mais c'était trop tard, Tom était là. Il avait déjà ouvert la porte et également celle qu'il n'avait jamais eu le courage ou plutôt l'occasion d'ouvrir par le passé.
-Il n'est pas très prudent de votre part de venir ici, vous feriez mieux de partir, dit Tom.
-C'est de cela que je suis venu parler, nous devons discuter de cet incident, dit le professeur confus.
Tom ouvra la porte un peu plus, c'était le signe pour le professeur d'entrée. Il entra en réajustant son manteau, le froid de Tom était plus glacial que le temps à l'extérieur.
-Je n'ai pas beaucoup de temps pour discuter, je dois faire mes bagages, suivez moi, vous me parlerez en même temps que je ferais mon sac, dit Tom.
Ils se dirigèrent donc vers la chambre. Tom repris alors sa tâche là où il l'avait laissé. Il plia un jean tout en regardant le professeur avec l'air de dire "je vous écoute".
-Je suis désolé pour tout à l'heure, dit il.
Tom ne disait mot il continuait son pliage.
-Vous partez, demanda le professeur.
Le vouvoiement était de retour, le professeur ne savait plus comment agir avec son assistant.
-C'est bientôt Noël, je rentre chez mes parents, lui fit pour réponse Tom en pliant une chemise, mais vous n'êtes pas là pour me parler des vacances de Noël, enchaîna-t-il.
-Non d'autant plus que je vais être seul, en fait, Brooke me fait vous dire qu'elle est vraiment désolée et que vous aviez raison à propos d'elle, dit il gêné malgré que ce ne soit pas réellement lui l'auteur de la gifle.
- Je ne sais pas si je dois la croire.
-Si vous pouvez, elle a fait preuve d'une grande sincérité après votre départ, elle était tellement sincère qu'elle m'a rendu ma bague, ma liberté et tout ce qui va avec.
Tom s'arrêta de plier et regarda le professeur, il était hébété par ce qu'il venait d'entendre.
-Woah, en temps normal je dirais que je suis désolé mais là, je ne sais pas quoi dire, à part que c'est peut être mieux ainsi, pour vous et elle.
Le professeur s'assit sur le lit.
-Oui peut être que
c'est mieux ainsi
mais au bout de huit ans cela fait bizarre de se retrouver seul.
-Mieux vaut être seul que mal accompagné, et puis vous trouverez vite quelqu'un qui vous aimera réellement, dit Tom en essayant de trouver les mots pour le réconforter.
Au loin, le bruit de la serrure se faisait entendre, c'était Marcy, elle était revenue avec le dîner.
-Ce soir, c'est pizza, cria-t-elle depuis la porte d'entrée tout en se dirigeant vers la chambre.
A sa voix le professeur se mis debout. Marcy passa la porte de la chambre et s'arrêta de parler en voyant le professeur.
-Bonsoir, dit elle d'un air surpris.
-Bonsoir, répondit timidement le professeur.
Il y eut quelques secondes de silence à son arrivée.
-Je ne vous ai pas interrompu au moins, demanda Marcy toute confuse.
-Non, non, le professeur allait justement partir.
-Oui, exactement, bon et bien je vais vous laissez, passez de bonne fête mademoiselle, dit il en la saluant.
-Merci, bonne fête à vous également, répondit Marcy.
-Merci, et bien bonnes vacances Tom.
-Merci, attendez je vous raccompagne.
Marcy resta dans la chambre en se demandant pourquoi le professeur Becker était ici.
Une fois de plus, devant la porte d'entrée, Tom et le professeur Becker ne savaient pas comment réagir, l'accompagnement s'était transformé en stationnement muet, à se regarder.
-Vous le pensiez ce que vous avez dit tout à l'heure, lança le professeur.
-A propos de quoi?
-Que je retrouverais bientôt quelqu'un, répondit le professeur avec le sourire essayant de faire de cette question une question des plus banales.
-Oui, dit Tom indifférent mais avec sincérité.
-Passez de bonnes fêtes Tom.
-Merci, vous aussi.
-Merci.
Le professeur Becker le regarda longuement dans les yeux avant de se pencher vers lui et de lui déposer un baiser sur la joue.
Tom resta là sans réagir, le professeur lui sourit, ouvra la porte et s'en alla en la refermant. Tom lui resta immobile encore un instant tout comme Marcy qui avait assisté à la scène du coin de la porte de la chambre à coucher. Quand Tom repris ses esprits, Marcy se précipita sur le lit choqué par ce qu'elle venait de voir. Ce qui c'était passé, était à peine croyable. Cela n'aurait jamais du se passer, se disait elle. Elle regretta surtout d'avoir été trop curieuse. Elle se demanda également pourquoi Tom n'avait il pas réagit, il était peut être choqué lui aussi, et que c'est pour cela qu'il n'avait pas mit son poing à la figure du professeur un peu trop entreprenant. Ou au contraire, était il consentant, elle revit alors devant ses yeux leurs trois années de passion. Ce n'était pas possible, Tom ne pouvait pas avoir changer, Tom ne pouvait pas être attiré par le même genre que lui. Mais si c'était le cas, elle se demanda apeuré si cela était de sa faute, était elle une si mauvaise petite amie au point de faire virer à Tom sa cuti. Elle resta prostrée sur le lit jusqu'au retour de Tom dans la chambre. Lui aussi était préoccupé par ce qui venait de se passer. Il recommença à faire sa valise machinalement sous le regard de Marcy. Il était bien silencieux lui qui était si bavard d'habitude. Il répétait les mêmes gestes dans un silence des plus pesant.
-Quelque chose ne va pas Tom, demanda Marcy.
C'était une façon de lui tendre une perche. Mais Tom répondit qu'il allait bien, c'est juste qu'il pense aux fêtes.
-Et le professeur qu'est ce qu'il te voulait, insista elle.
Tom marqua un temps dans sa tâche, comme si le choque de la bise lui était revenu en pleine face. Ce temps d'arrêt ne trompait pas, il était autant bouleversé que pouvait l'être Marcy si ce n'est plus.
-Il ne voulait pas grand-chose, répondit Tom rapidement afin de vite changer de sujet.
-Pas grand-chose, juste t'embrasser, lâcha Marcy.
Boom! Etait le bruit qu'avait fait cette réflexion aux oreilles de Tom. Une bombe venait de lui exploser en pleine face.
-J'ai jeté un il du coin de la porte, et je vous ai vu, enfin surtout lui, dit Marcy.
Tom posa la chemise qu'il avait entre les mains et s'assit sur le lit le dos tourné à Marcy, comme si il voulait se cacher.
-Tu peux tout me dire, tu le sais, dit Marcy tournant le dos également à Tom de l'autre côté du lit.
-Je le sais, c'est juste que je ne sais pas.
-C'est lui qui t'as embrassé, dit Marcy afin de le soulager de ce sentiment de gêne.
-Oui, mais je n'ai rien fait pour l'en empêcher.
-Pourquoi, demanda Marcy.
-Peut être parce que je le voulais, répondit Tom.
Marcy ferma les yeux comme si elle venait de recevoir un poignard dans le dos, un choc tel qu'il lui fit fermer les paupières un court instant, le temps nécessaire pour l'encaisser.
-Ça fait longtemps que tu
, demanda Marcy.
-Quelques semaines déjà, répondit Tom.
Elle se leva du lit, Tom l'avait senti. Allait elle partir et ne plus revenir se demanda-t-il. Allait elle ne plus vouloir faire partie de sa vie? Il n'osa pas se retourner pour ne pas la voir partir. Marcy fit le tour du lit et se posta devant lui, elle prit sa tête et la posa contre son ventre. Elle l'a tenait et la caressait comme le faisait les femmes enceinte avec leur ventre bien arrondit. Elle le cajolait. Il passa ses mains autour de sa taille.
-T'as pas choisit le plus moche et le plus bête, dit Marcy.
Tom pouffa de rire. A cette remarque, il comprit que Marcy ne le laisserait jamais tomber. Elle lui déposa un baiser sur le sommet du crâne.
-J'en profite avant qu'un certains professeur ne le fasse, dit elle en rigolant.
Tom la serra fort comme pour lui dire merci d'être là. Ils profitèrent de cette soirée pour parler de ce changement dans leurs vies. Tom lui raconta le cheminement de ses sentiments envers le professeur, Marcy l'écouta avec la plus grande attention.
10
Le centre de Providence s'était parait de ses plus belles décorations de Noël, les vitrines des magasins affichaient fièrement les couleurs rouge et verte. Les emblèmes de Noël étaient dans chacune d'entre elles, les Pères Noël, les bonshommes de neige, tous étaient présents, les reines tiraient avec joie le traîneau menant jusqu'à ce jour béni pour les petits et les grands. Les sourires étaient surtout les visages, Noël le moment de la fête, du partage et parfois de la réconciliation grâce à son esprit si particulier. Le bonheur était de cité et était surtout convié. Noël jour de rassemblement dans son épais manteau blanc. Mais pour le professeur Becker, ce Noël allait être bien solitaire.
Il aimait cette période de l'année, mais cette année, il errait parmi cette ambiance pour qui il était d'une transparence poignante. Comment pouvait on être seul en cette période, personne ne l'accompagnait pour cette future sainte nuit. C'est par habitude qu'il s'arrêta devant ses vitrines regardant les dernières décorations pleines de féerie. Etait aussi exposé des idées cadeaux. En voyant cela, il se demandait ce qu'il allait bien pouvoir acheter. Mais acheter pour qui se demanda-t-il?
-Bonjour professeur Becker, dit une voix.
C'était Marcy debout à côté de lui qui lui souriait.
-Vous êtes l'amie de Tom, bonjour, lui dit il.
-Oui, on s'est croisé la dernière fois chez lui, dit Marcy en souriant, vous faites aussi vos course enchaîna-t-elle.
-Non, je regarde, l'année prochaine peut être, dit il en soupirant tout en souriant afin de ne pas montrer sa tristesse.
-D'accord, je vois, dit elle confuse.
-Et vous, vous faites vos derniers achats?
-Oui, je suis à la recherche d'un cadeau pour Tom, j'ai trouvé mon bonheur pour les autres, mais pour lui tout est encore à faire.
Le professeur hocha la tête, Marcy lui demanda si il voulait venir avec elle. Il déclina son offre prétextant des choses à faire. Elle insista, elle voyait très bien qu'il refusait par politesse, il n'avait pas envi de s'imposer à elle et dans ses affaires avec Tom.
-Vous n'allez quand même pas laisser une pauvre fille avec tous ses paquets déambuler sur ses trottoirs verglacer par endroit, lui dit Marcy en agitant ses mains pleines de sac chargé de cadeaux.
Le professeur se mit à sourire comment refuser une telle offre emprunt de non assistance à personne en danger. Il la soulagea de quelques paquets, et c'est ensemble qu'ils allèrent à la chasse au cadeau pour Tom.
Après l'avoir trouver, ils allèrent prendre un chocolat chaud afin de se réchauffer. C'était l'occasion de discuter également, mais surtout de parler de Tom.
-Alors, c'est un bon assistant, demanda Marcy.
-Tom
oui, il se débrouille remarquablement bien, répondit le professeur.
-Oui, il est du genre à s'adapter à toutes les situations, il suffit de lui faire part de ses attentes pour qu'il adopte la bonne conduite, dit elle, il est comme un ordinateur que l'on configure, enchaîna Marcy en rigolant.
Elle venait de lancer au professeur un message subliminal qui parlait de lui-même. Tout ce qui lui restait à faire, était donc de faire part à Tom de ses attentes avec un peu de chance, il y répondrait favorablement.
Le professeur souriait ne se doutant pas que Marcy n'était pas innocente en ayant ce discours.
La veille du réveillon de Noël, le professeur Becker était au coin du feu entrain de lire certaines copies quand le téléphone sonna. Il se dirigea vers la console et décrocha.
-Allo.
A l'autre bout du fils il eu un silence d'une ou deux seconde, puis une voix répondit.
-Bonjour, professeur Becker, c'est Tom, dit la voix.
-Tom, répondit le professeur avec un ton plein de surprise.
-Je sui désolé de vous déranger.
-Mais vous ne dérangez pas, répondit le professeur.
-Voilà, demain c'est le réveillon et lors de notre dernière conversation, vous m'avez dit que vous seriez seul, alors si vous n'avez toujours rien de prévu, je vous invite chez moi, dit il d'une seule traite ayant peur d'oublier les mots de son invitation rodé à l'avance.
-C'est très gentil, mais je ne veux pas vous dérangez, répondit le professeur touché par cette attention.
-Noël c'est le partage on ne devrait pas être seul et puis j'ai déjà dit à ma mère de mettre un couvert en plus, vous savez il n'y pas que ma famille, il y a aussi des amis, dit Tom afin de le persuader.
-Et bien, je ne vois pas comment refuser une telle offre.
-Parfait, je vous envoi l'itinéraire par voie d'email, bonne journée et à demain professeur, dit Tom.
-A demain.
Le professeur déposa le combiné tout en étant songeur.
Il se rassit ensuite près du feu, il était souriant, et il repensait à la fameuse nuit passée en ses lieux. Il se revoyait regardant son jeune assistant baignant dans la lumière charmeuse qui émanait du feu. Et ce silence. Ce calme qui avait régnait pendant que les flammes dansaient. Tom sous leurs charmes les regardait onduler, s'élever. A chaque fois qu'il repensait à cet instant, il voulait en modifier la fin. Il aurait aimé passer le revers de sa main sur ce visage, il se serait ensuite approché et l'aurait embrassé.
11
Sur la route menant à la ville natale de Tom, le professeur Becker au volant de sa voiture appréhendait quelque peu cette soirée, il avait fait un détour par une boulangerie pour leur prendre la plus grande bûche, il n'allait quand même pas arriver les mains vides. Il avait eu de la chance qu'il en restait encore à cette heure tardive, il était dix huit heures trente et il était attendu pour dix neuf heures. Il faisait déjà nuit, il pouvait ainsi admirer les décorations lumineuses suspendues ça et là à travers toute la ville. L'esprit de la fête était bien là. En cherchant la maison de Tom, il pouvait entendre des éclats de rire survenir de toute part dans le quartier. Les enfants jouaient dans le jardin malgré le froid, il faisait des bonshommes de neige et des bagarres de boule de neige. D'ailleurs, une boule perdue avait atterrit sur son pare-brise, cela l'avait surpris, mais après il se mit à sourire. Les enfants étaient pleins d'inconscience à cet âge, mais ils s'étaient quand même excusés. Il avait de la chance que ce ne soit pas Brooke au volant. Elle serait tout de suite descendue de voiture pour les engueuler, eux et leurs parents. Brooke quant à elle avait prévu de passer Noël chez ses parents, elle l'avait appelé avant qu'il ne prenne la route. Elle lui avait souhaité de passer un agréable réveillon.
Le professeur Becker avait finit par trouver la maison. Elle était grande, ses contours étaient soulignés par des guirlandes électriques qui clignotaient. Il se gara juste devant, coupa son moteur et se motiva. Il se donnait du courage, mais pour quoi? Il avait décidé de faire part à Tom de ses attentes, mais la soirée ne s'y prêtait guère. Difficile d'avoir un moment en tête à tête un jour comme le réveillon de Noël. Tout le monde se regroupe et échange. Il se regarda dans le rétroviseur intérieur et se parlait à lui-même, courage se disait il. Il pris la bûche et descendit de voiture. Il marchait dans l'allée enneigée tout en pensant à ce qu'il allait pouvoir dire à Tom et à quel moment. Du porche, il entendait des voix d'enfants. Il sonna. Après quelques secondes, c'est la mère de Tom qui lui ouvrit. Elle était d'un certain âge, coiffée d'un chignon de réception et toute accueillante. Elle le débarrassa et demanda à une de ses filles d'emporter la bûche à la cuisine. Il y avait des décorations de Noël partout et en guise de fond sonore les plus beaux chants de cette saison.
-Tom, cria-t-elle, ton invité est là, Tom ton professeur, cria-t-elle pensant qu'il était à l'étage dans sa chambre.
Tom ne se présenta pas.
-Il doit être au salon, dit la mère en souriant à son invité.
Le professeur Becker lui rendit son sourire, il était gêné d'être là, il ne voulait pas déranger. Ils se dirigèrent vers le salon. Tom était bien là, il était en pleine conversation avec les enfants, il y avait ses neveux et nièces, et d'autres qui appartenait à des amis. Il était entrain de régler un épineux problème qui apparaissait souvent au réveillon. Il rassurait ceux à qui les grands avaient dit pour se venger que le père noël n'existait pas. Toujours en ses soirs de fêtes, il y a toujours un petit malin pour faire pleurer les plus petits. Le problème résolu, il leva la tête, vit sa mère et à ses côtés son professeur. Une fois encore ce dernier était élégant. Il alla les rejoindre et sa mère regagna la cuisine.
Ils se dirent bonsoir et échangèrent quelques mots de politesse. Ils étaient tout les deux gênés, ils ne savaient pas vraiment comment se comporter. Tom le présenta au reste des convives. Avec l'apéritif, l'atmosphère se mit à se détendre, le professeur Becker prit part aux discussions, tout le monde semblait s'entendre. Le dîner était l'occasion pour tous de s'échanger des histoires ou des anecdotes sur Noël. Certaines étaient drôles, d'autres émouvantes. Une chose était sûre, la soirée était joyeuse. Les enfants s'étaient endormis avant minuit. Ils avaient pourtant prévu de guetter l'arrivé du père noël, mais Morphée complice de celui ci ne leur avait pas laisser le temps. Les cloches de l'église se firent entendre à minuit, Noël était là. Tous se souhaitèrent un joyeux noël avec l'accolade de circonstance. Il était temps de goûter aux différentes bûches, Noël était gourmand pour les grands. Tous étaient dans les sofas autour du feu, quand soudain le professeur Becker remarqua que Tom était absent. Il quitta un instant ses hôtes et les autres convives pour aller le chercher. Il s'avança près de la porte d'entrée et regarda par la fenêtre, il vit alors Tom assis sur les marches. Il prit donc son manteau et sortit pour le rejoindre. Tom tourna la tête en entendant le bruit de la porte. Il vit le professeur et le fit un sourire de complaisance. Le professeur lui demanda ce qu'il faisait là, tout seul. Tom expliqua qu'il avait ses moments à lui, ses moments où il aimait bien se retrouver seul juste comme ça. Le professeur Becker pensa à retourner à l'intérieure, mais Tom lui dit que son moment était passé et qu'il était sur le point de rentrer. Le professeur pris place près de lui. Ils restèrent un court moment sans parler, juste à regarder la neige qui recouvrait tout. Puis Tom brisa le silence.
-Vous n'avez pas pris la parole lorsque l'on parlait des anecdotes de Noël, vous n'en avez pas?
-Si, mais il y avait trop de monde.
-Il n'y pas grand monde à présent, vous voulez pas m'en faire part, demanda Tom avec le sourire.
-Si bien sûr.
Il regarda au loin cherchant ses mots, tout comme la neige, peut être qu'ils tomberaient du ciel.
-Quand j'étais plus jeune, environ ton âge, je demandais souvent à Noël de m'apporter l'amour comme celui que partageait mes parents, mais Noël ne me l'apporta pas, c'est la vie qui s'encharga et puis je me rendit compte que ce n'était pas celui là, ce n'était le grand amour que j'avais demander. Et à Noël dernier je refis le même vu et une fois encore, Noël ne me l'avait pas apporté, la vie s'en était chargée une fois de plus. Et pour ce Noël là, je ne lui demanderais pas de m'apporter l'amour, je l'ai déjà trouvé, je lui demanderais juste qu'il soit partagé. Mais je n'aurais jamais imaginé, que ce soir je demanderai à cet être qui m'a bouleversé de bien vouloir le partager, dit le professeur en regardant Tom.
Tom lui ne comprenait pas, il se demandait bien qui était cet être dont le professeur parlait, il était fort pour la logique des cours, mais pour celle des curs c'était autre chose.
-Tom
ressens tu la même chose que moi, demanda le professeur avec ce regard qu'il n'avait jamais eu envers lui. Ce regarda qui en disait long sur ce qu'il ressentait. Un regard débordant d'affection comme si il avait le cur au bord des yeux.
Tom resta là sans rien dire. Il regarda un long moment le professeur Becker, puis il approcha sa tête de la sienne et l'embrassa. Un seul baiser mais si intense, il n'allait pas prendre le risque de se faire surprendre. Il posa ensuite son front contre celui du professeur.
-Joyeux Noël professeur.
-Joyeux Noël Tom.
Ensuite ils se levèrent, il était temps de rejoindre les autres. Le professeur sourit avant d'ouvrir la porte à Tom et lui dit qu'il pouvait l'appeler Brad à présent. Tom sourit, c'est vrai que maintenant les choses étaient différentes. Tout allait être différent, mais pas pour l'instant, Tom devait rester jusqu'au nouvel an chez ses parents. Le professeur retourna à Providence. Il allait attendre Tom. Plus qu'une semaine. Une si longue semaine. Il gardait contact par téléphone, par email. Ils ne pouvaient passer un jour sans entendre la voix de l'autre. Ils apprenaient à se connaître, c'était le tout début. Au téléphone, tout semblait si facile, mais chacun de leur côté se demandait comment les choses se passeraient une fois l'un en face de l'autre. Ils ne tardèrent pas à le savoir.
12
Le lendemain du nouvel an, Tom se présenta devant la maison de Brad. Il était à la fois excité et anxieux, il ne savait pas ce qui l'attendait. Bien sûr il avait imaginé ce moment, mais la réalité allait peut être autrement, certainement. Derrière ses murs se trouvaient le professeur Becker qui n'était plus, il était devenu Brad tout simplement Brad. Il lui fallait avancé, mais il restait là, sur le trottoir, l'allée pourtant était bien dessinée, mais il avait peur d'avancer. Et si ce n'était pas ce qu'il espérait. Ce qu'il attendait n'était pas inaccessible, juste un baiser, le deuxième, pas n'importe lequel. C'était celui qui vous laissez un soupire, un soupire intérieur d'un soulagement de bonheur. Tom fit les quelques pas qui le menaient à la porte. Qu'allait il dire, tout ce qu'il savait c'est qu'il lui fallait agir. Il leva sa main droite, approcha son index de la sonnette, il appuya et attendit. Voilà c'est fait se disait il. Il tapait du pied droit sans s'en rendre compte, il était stressé comme si c'était la première fois, son premier rendez vous. Il avait raison d'être comme ça, c'était sa première fois, sa première histoire avec un homme et quel homme, si impressionnant par sa prestance, son intelligence, sa beauté, son curriculum vitae. Il y avait de quoi être impressionné, mais Tom n'avait rien à lui envier cependant il ne le voyait pas sous cet angle. Il s'apprêta a sonné une deuxième fois quand la porte s'ouvra. Brad était là un sourire aux lèvres et là tout son stresse s'envola. Il entra, Brad ferma la porte. Brad le regarda et l'embrassa, depuis le temps qu'il l'avait attendu. C'était un baiser timide, celui de la découverte, puis un autre suivi, celui de la certitude, la certitude d'embrasser l'amour, l'être aimé était bien derrière cette bouche si douce. Brad ne pouvait s'arrêter Tom le laisser continuer, il était ravi de ce qui se passer.
-Tu m'as manqué, dit Brad après l'avoir embrasser.
-Je vois ça, dit Tom, tu peux continuer à me le montrer, dit il en souriant.
Brad s'exécuta. Puis ils allèrent au salon, leur discussion était un mélange des banalités quotidiennes et de questions existentielles. L'essentiel étant eux, leur relation et le reste du monde, l'université essentiellement. Cela tombé sous le sens de garder tout cela secret et d'être discret. Professionnellement leur relation était interdite et socialement elle aurait encore du mal à être comprise par tous. Peu importe, l'essentiel était qu'il soit ensemble et qu'il partage un moment. Ce n'était pas "vivons heureux vivons cachés", c'était "vivons heureux, le bonheur n'a pas besoin d'être affiché pour exister". Le plus souvent derrière les démonstrations publics se cachaient une toute autre vérité. Brad ne le savait que trop, avec Brooke ils s'étaient souvent affichés, e