L'Amour Partagé (3)
par Kévin H.

-= 3. Nuit d'Ivresse =-

Résumé du chapitre précédent : Une soirée entre collègues est organisée… Craignant que je ne sois trop pompette pour rentrer, David, dont je suis tombé amoureux, a prévu de me faire dormir chez lui… Est-ce la seule motivation ?

Pompette ? Ce n'est rien de le dire ! Je me suis pris un caramel !

Afin d'assurer le coup, nous avions laissé ma voiture devant chez David avant de rejoindre les collègues au restaurant... Je soupçonne d'être la victime d'une forme sournoise de bizutage... J'entends pourtant encore la voix de David :

- Non arrêtez, les gars, vous y allez un peu fort...

Après le restaurant, inévitable petit crochet dans un bar de nuit tout proche... Même si j'ai encore les idées nettes, je sens bien que j'aurais été incapable de ramener ma voiture...
Nous rentrons jusqu'à l'immeuble de David ; je ne me sens pas fatigué mais plutôt euphorique... Il est mieux, effectivement, que je ne dorme pas dans la chambre du petit... Je suis capable de me cogner dans son lit et de sortir le bambin de ses rêves...
Dans l'appartement du beau-frère, David m'indique le convertible déjà déplié :

- Marie est venue te préparer le lit... Tu fais comme chez toi ! La salle de bains est là-bas... Veux-tu boire quelque chose avant qu'on aille dormir ?
- Oh non, ça va, j'ai ma dose !

David semble désolé de mon refus...

- Mais si tu peux nous trouver de quoi faire un petit café... Je ne dis pas non...
- Pas de problème ! Bonne idée ! Soluble, ça te va ?

J'aurai même bu de la verveine pour rester encore avec lui... !
Après quelques minutes de silence, je sens son regard posé sur moi, je n'ose pas tourner la tête... Une atmosphère pesante semble s'être installée subitement... Je dois me reprendre...
Un incident me revient à l'esprit : à deux ou trois reprises, lors de mes soirées passées en leur compagnie, David semblait trouver un malin plaisir à agacer sa femme en la suppliant de lui gratter le dos, ce qu'elle faisait de mauvaise grâce, probablement ennuyée par ma présence... Je trouvais pourtant le geste anodin...
Affichant un sourire plein de malice, je désigne une guitare accrochée au mur :

- Je suppose que ton beau-frère se débrouille bien... Mais toi, sais-tu jouer de la guitare ?
- Disons que j'essaie de gratouiller

Je saisis la balle au bond ; Affichant mon sourire le plus coquin :

- Mon morceau favori, c'est le thème de Jeux Interdits... Le jour où tu me le joueras, je te gratterai le dos !!
- Pfff !

Ce sera la seule réponse ! J'ai dû faire mouche !

Je me lève pour me rendre là où personne ne peut aller à ma place... Détour par la salle de bains pour me laver les mains et jeter un petit regard au miroir...
Ça va, même un peu gris, je me trouve très mignon !
Mes traits se figent alors, je viens de me faire lamentablement piéger !!! Dans la salle s'élèvent les notes de mon morceau de guitare favori !
Je réalise que le défi sous forme de boutade que je lui ai lancé vient de se retourner contre moi...
Comment pourrais-je tenir les termes de ce stupide pari sans craquer ?

- Je crois que tu m'as eu !
- Hé hé ! Tu sais ce qu'il te reste à faire !?

Je ne peux que m'exécuter...
Ce qui devait être un jeu devient pour moi un véritable supplice... David ronronne pendant que je me lance dans un grattage en règle qui se transforme rapidement en massage à la limite de la sensualité... Pourvu qu'il ne se retourne pas ! Je me suis mis à l'aise en arrivant, et mon tee-shirt ne descend pas suffisamment pour dissimuler l'érection qui tend mon caleçon ! Je n'en peux plus ! Comment cesser ce manège sans me montrer agressif... ?

David doit lui-même se sentir gêné car, il se redresse subitement, prend tout son temps pour accrocher la guitare et toujours de dos, me jette :

- Il est temps d'aller dormir mon Kévin ! Merci pour le grattouillis !

Il se dirige vers la porte, je le vois se rajuster discrètement,

- Prends ton temps demain matin, je te ferai signe quand nous serons prêts ! Bien évidemment tu manges avec nous à midi...

Apparemment, c'est un ordre ! Mais je suis trop mal à l'aise pour discuter...

- Ok ! Bonne nuit David !

J'essaie de lui sourire, mais je sens la boule qui monte au fond de ma gorge...

La porte est à peine refermée, je m'effondre sur le lit secoué de sanglots interminables...
Oh mon dieu, ce que je me sens mal !
Comment sortir de cette impasse ? Il est marié, il a sa vie, son adorable marmot, et me voilà comme un con qui suis amoureux fou de ce mec ! Quelle merde...
Après m'être suffisamment lamenté sur mon sort, ne conservant que mon caleçon, je me glisse dans le lit et finis par m'endormir...

Une plume tourne et virevolte autour de moi... Je suis allongé dans les dunes, le soleil est doux, pas un souffle de vent, même pas une petite brise... La plume semble avoir une vie, elle ignore les lois de la gravité et, quittant mon champ de vision, vient se poser sur mon dos... Sa caresse est douce, elle frôle mes omoplates, rejoint le sillon de ma colonne vertébrale pour descendre lentement jusqu'au creux de mes reins... Ouiiiii ! Elle stoppe net... Oh non, CONTINUE ! Descends encore, s'il te plait ! Hélas, la plume rebrousse chemin. Elle remonte le long de mon épine dorsale pour ensuite entamer une série de circonvolutions sur mon dos... J'essaie de deviner les mots qu'elle semble écrire... C'est si doux, je pourrais ainsi rester des heures... Ma vue se brouille un peu, le contact doux se fait plus ferme... La plume se dédouble et je sens un nouveau ballet sur mon dos... Je frissonne, une légère douleur m'arrache de ma torpeur... Le point central de mon corps est douloureux, écrasé sur le sable... Je bande et ça me fait mal ! Je dois me retourner, le ballet des plumes vient de s'arrêter, je sens leur poids sur mon dos... Que ne sont-elles devenues bien lourdes pour de simples plumes !

Un visage familier, un regard bleu pétillant de malice.
Je sursaute.

- David !? DAVID ! Oh, tu m'as fait peur !

Je réalise la situation ! Je me recroqueville en ramenant le drap sur moi afin de dissimuler l'indécence de mon état...
Il dépose un baiser sur ma joue :

- Je te devais quelque chose depuis cette nuit...

La plume... Cette douce caresse sur mon dos...

Je réalise enfin...

- Mmm, ce n'était pas désagréable, je rêvais...
- Je m'en suis aperçu...

Je me sens rougir ; Quel spectacle lui ai-je infligé ? Mais il l'a cherché, il en est responsable !
Le silence s'est installé... Il est assis sur le bord du divan, si près... Ses yeux sont vrillés au fond de moi, j'essaie de soutenir son regard...

- Tu sais que tu es mignon, mon Kévin ? Parce que tu es un peu MON Kévin, non !?
- Un peu, plus même si tu le veux...

Il semble ne pas relever l'invite...

- Je voulais m'excuser pour cette nuit, je t'ai laissé un peu sèchement sans te souhaiter bonne nuit... Je ne sais pas ce qui m'a pris...
- Je ne t'en veux pas, je n'étais pas non plus dans mon assiette... L'alcool peut-être...
- Non, tu sais très bien de quoi je veux parler, ne me rends pas la tâche difficile... Je ne sais pas comment t'expliquer ce que je ressens...

Kévin, c'est un aveu, ou tu n'y connais rien...

Sans lui répondre, je me redresse sur un coude et l'attrapant par le menton, j'attire ses lèvres vers moi... Il ne résiste pas, au contraire !
David se déchaîne ! Il m'embrasse avec avidité me tenant la tête entre ses mains si douces... Il s'arrête quelques secondes, reprends son souffle, me regarde avec un sourire épanoui ! J'attrape son visage à mon tour et replonge immédiatement ma langue entre ses lèvres qui m'appellent... Ses mains me caressent le torse, me malaxent la poitrine... Je souris intérieurement : il va falloir que je lui explique quelques différences fondamentales entre les deux sexes...
Ce baiser semble durer une éternité. J'ai glissé mes mains sous son tee-shirt, je suis complètement électrisé par son contact... Mes mains explorent ses pectoraux, descendent sur les flancs pour revenir sur son ventre musclé... Je résiste pour ne pas continuer mon exploration plus bas... Lui-même m'a effleuré le sexe au travers du drap, mais sa main est remontée pour me caresser le ventre...

- Pas ici et pas maintenant ! C'est trop risqué...

Ses mains posées sur mes épaules me plaquent sur le lit... Il me fixe tendrement... Son sourire est merveilleux, il me fait fondre...

- Oh mon David ! Si tu savais comme je t'aime ! Depuis trois mois, je n'attends que cet instant sans oser l'espérer... J'aimerais tellement que tu me fasses l'amour... mais tu as raison, je ne veux pas te faire prendre de risque...
- Plus tard, plus tard ! Et ailleurs...

Il se relève

- Prends une douche, habille toi et rejoins-nous à côté ! Il est près de 11h00, on mange de bonne heure ! Éric doit passer pour l'apéro...
- Cool !
- Ensuite, j'ai une petite surprise pour toi... Le programme de cet après-midi sera légèrement modifié, mais l'idée d'origine reste telle que je l'avais hier...
- Raconte !
- Sois sage et tu verras !

Il se penche et m'embrasse sur le ventre :

- A tout de suite !

Je n'ose toujours pas sortir du lit... David fixe le point central du drap et me taquine :

- Pas plus de 5 mn, la douche ! Sinon tant pis pour toi...

Sans plus d'explication, il me sourit et quitte l'appartement... Je suis ivre de joie, bouleversé... et inquiet en même temps... Une vilaine idée germe dans mon esprit : ne cherche-t-il pas simplement à s'offrir un peu de bon temps avec un petit mec plutôt mignon et pas trop farouche... !? Quelle horreur ! Kévin, comment peux-tu penser cela d'un garçon à qui tu as trouvé toutes les qualités ? Toutes ? Il est plutôt soupe au lait, dirigiste voire dominateur, souvent trop sûr de lui... Bah, tu verras bien... Peut-être que ce ne sera encore une fois qu'une partie de jambes en l'air, un bon moment sans lendemain... Je ne suis peut-être qu'un petit allumeur…
Je ne veux pas y penser ! Son regard ne pouvait pas mentir, je sais qu'il m'aime, qu'il n'a pas osé se l'avouer jusqu'à cette nuit... J'essaie de chasser mes inquiétudes mais sans succès, l'angoisse me taraude ! Je l'aime tant !

La douche expédiée, je rejoins la petite famille. Éric est arrivé avec Eliane, son adorable épouse et Jonathan, leur gamin du même âge que Vincent ! Éric fait partie de notre " classe ". Il est aussi depuis 5 ans le meilleur ami de David... C'est un garçon plein d'humour, parfois un peu lourd, toujours de bonne humeur et, ce qui ne gâte rien, plutôt beau gosse pour un barbu ! Je n'ai jamais éprouvé d'attirance pour la barbe, mais là, je ferai bien un effort... Grands dieux, non ! J'ai mon David...

David, David...
Nos regards ne cessent de se croiser, j'en ai des frissons... La tendresse que je lis dans ses yeux me fait regretter les doutes que j'aie éprouvés brièvement tout à l'heure...
Je suis légèrement barbouillé, je préfère décliner l'offre d'un apéritif... Éric et David sont morts de rire ! Je me sens rougir : mon David se moque de moi ?! Mais son regard chargé d'amour me rassure...

Éric m'astique un peu :
- Il ne tient pas la marée le marmot ! Évidemment ! Trois ans de marine et ça veut déjà jouer dans la cour des grands !
- Éric, fous-lui la paix ! Les grands couillons comme toi, ils ont besoin de ses lumières en ce moment ! Toi autant que moi...
- Fais gaffe David, avec sa gueule de bois, cet après-midi, il va nourrir les poissons notre Kévin !
- Cet après-midi ?
- ÉRIC !!! Tais-toi !!!
- Oups ! Sorry Sir !

Marie et Eliane nous interrompent
- A table les garçons !
- Si vous voulez partir de bonne heure, ne traînez pas trop !

J'ignore ce qui se trame, David me rassure d'un clin d'œil. Oh que je t'aime, toi !
Le repas sera animé par les sempiternelles plaisanteries de notre Eric, qui ne rate pas une occasion pour me moucher... Heureusement, je commence à connaître le phénomène sinon je pense que cela se terminerait en pugilat oratoire !

Fin du repas, j'apprends qu'Eric emmène les filles et les marmots faire les boutiques pour satisfaire aux inévitables achats de Noël... Ouf, David et moi ne sommes visiblement pas de la partie !
Pour une fin décembre, il fait une température estivale, probablement dans les 20°, quelques petits nuages viennent à peine troubler un soleil superbe !
Nous prenons ma voiture, David m'indique la route à suivre... A peine partis, sa main est posée sur mon genou, me caressant doucement, comme machinalement...
Curieusement, nous ne parlons que de banalités, comme si nos sentiments n'étaient pas à l'ordre du jour ! Je ressens un léger malaise, le doute m'installe à nouveau quelques fractions de secondes... David a senti mon trouble, sa main remonte le long de ma cuisse se faisant plus pesante...

- Je ne vais pas te faire languir : Regarde, nous arrivons au port de Hyères, j'ai un copain qui a ici une base de location de voiliers, il m'en prête de temps en temps... Tout est déjà prêt ! On fait un petit tour et on fait en sorte de rentrer pour 19h00... Ça te va ?
- Oh, David, c'est génial ! Tout seuls, tous les deux ?
- Oui, mon cœur ! Toi et moi...

Si l'idée de faire de la voile m'aurait séduit dans des circonstances différentes, je préfère aujourd'hui échafauder un petit stratagème pour ne pas décoller du quai et rester enfermés dans la cabine... J'ai trop envie de lui pour penser à autre chose !
Il doit lire en moi, car il reprend aussitôt :

- En même pas une demi-heure, on est dans une anse abritée et on se met à l'ancre...

Il n'est pas utile d'en rajouter, je lui jette un regard tendre, nous nous sommes compris !

Ces 30 minutes durent un siècle ! David me confie la barre et se démène comme un diable pour régler ses voiles et gagner quelques précieuses minutes sur son timing... Occupé par la manœuvre, il ne nous est même pas donné le temps d'un baiser ! Le bateau nous attendait, le copain en question paré à nous larguer... J'ai à peine eu le loisir de faire une rapide visite ; C'est spartiate mais fonctionnel. Une petite table centrale, deux banquettes de part et d'autre, une mini-cuisine à l'américaine et un coin-navigation avec la traditionnelle table à cartes ; à l'avant une cabine uniquement occupée par une grande couchette triangulaire.
Moi qui espérais un acompte avant l'appareillage, raté !
35 mn pile poil, David, en quelques gestes rapides et surs, affale tout, le voilier coure sur son erre.
Je le regarde faire, béat d'admiration :
- Je dois faire quelque chose ?
- Quand je te le dis, tu pousses la barre toute à gauche pour faire pivoter le bateau et c'est tout ! Je m'occupe du mouillage !
- A tes ordres Cap'tain !

En deux minutes, le bateau est stoppé, l'ancre est prise sur le fond, la chaîne et le cordage raidis...

David jette un coup d'œil alentour, d'autres voiliers sont mouillés suffisamment loin...
Il s'approche de moi et me prend par la main et sans prononcer un mot m'entraîne dans la cabine en contrebas.
Sans dire un mot, il me sert contre lui sans rien faire d'autre que me caresser le dos... J'ai ma tête dans son cou, je lui dépose quelques petits baisers, mes mains se glissent sous son pull à la recherche de ses tétons... Lorsque je les ai trouvés, ce simple geste suffit à le déchaîner ! Sa bouche vient à la rencontre de la mienne, nos langues se mêlent, tandis que ses mains entreprennent de me débarrasser de mon pantalon... Quelques secondes de plus et nous nous retrouvons entièrement nus sur la couchette avant...
Nous roulons l'un sur l'autre sans cesser de nous embrasser dans un étourdissant mouvement de roulis qui n'en finit pas ! Sa peau est douce, ses muscles sont fermes, Oh que mon David est beau !
Je le sens maladroit, trop empressé, je dois reprendre le dessus... Le plaquant sur le dos, j'abandonne sa bouche pour entreprendre une exploration méthodique de la totalité de son corps avec mes lèvres et ma langue... Je le sens tendu comme un arc, je ne suis pas moins impatient, mais je fais durer le plaisir au-delà de la raison... Le torse est minutieusement nettoyé, les tétons ont droit à un traitement de faveur qui ne le laisse pas indifférent...
J'éprouve un malin plaisir à lécher cette zone dont je raffole, entre le nombril et l'orée de la petite forêt pubienne... De temps en temps un sexe impérieux, long et fin, vient cogner ma figure... Je sais être hyper sadique quand je veux ! Deuxième traitement spécial pour l'intérieur des cuisses en effleurant au passage les boules qui, comme leur vecteur directeur, appellent "au secours" ! J'ai beaucoup de mal à me retenir, je le torture, mais c'est moi qui suis au bord de l'explosion ! D'une main, j'explore le ventre tandis que l'autre est occupée à empêcher les mains de David de s'approcher de mon bas-ventre... Il se tortille de plaisir, je sens que je ne vais pas tarder à devoir céder... Lorsque, je remonte la langue sur les bourses puis lentement le long de sa verge, je perçois que David a bloqué sa respiration... Un coup de langue sur le gland humide de désir et tout aussi lentement je m'efforce d'avaler la plus longue partie possible de ce merveilleux sucre d'orge ! David laisse échapper un profond soupir, je lui lâche la main lui permettant ainsi de se défouler à loisir ! C'est le déchaînement ! Quelques minutes plus tard, installé à califourchon, empalé sur lui, les yeux dans les yeux, je me sens emporté par le tourbillon du plaisir, me déversant à longs jets sur le torse de mon amour... David me rejoint dans la tornade dans les secondes qui suivent, je sens les spasmes qui l'agitent en moi, regrettant furtivement de l'avoir obligé à mettre un préservatif...

- Maintenant, tu es complètement à moi, tu es mon Kévin à moi tout seul...

Je le fais taire d'un long baiser, évitant les phrases stupides que l'on peut entendre parfois, même si elles sont souvent empreintes de sincérité...

Un siècle plus tard, nous reprenons le chemin du retour, uniquement au moteur, pour pouvoir rester serrés l'un contre l'autre.

La soirée sera un moment de bonheur et de gaieté...
Un repas joyeux et animé en compagnie d'Eliane et Eric où le premier sujet de conversation est ma première journée de voile qui semble m'avoir vidé selon les commentaires de Marie et Eliane... Je le suis c'est clair ! Mais les pauvres chéries, si elles pouvaient savoir... Je réunis des montagnes de volonté pour éviter le regard de David. J'ai trop peur que tout l'amour que mes yeux peuvent exprimer ne soit trop perceptible par d'autres...
Une fin de soirée autour d'un Monopoly et je regagne l'appartement voisin pour un sommeil réparateur !

La journée de demain dimanche sera bien fade, je resterai sagement au Centre, faisant semblant de reprendre mon train-train, mais je sais par avance que le cœur n'y sera pas... Mais qu'y faire ?
Je me prépare à éteindre. Un coup léger est frappé à la porte.

- Oui ?

C'est Marie.

- David t'a dit que demain nous étions chez des amis ? Tu ne veux pas nous accompagner ?
- Non, merci Marie, c'est très gentil, mais je dois travailler un peu...
Quel menteur !
- J'ai déjà passé une agréable journée, je t'en remercie, mais il ne faut pas abuser des bonnes choses...
C'est peu de dire que, au contraire, je voudrais user et abuser encore et encore... !
- Comme tu veux, mais c'est avec plaisir... et David semble très déçu que tu ne restes pas avec nous demain...

Je souris...

- S'il te plait, ne me fais pas le coup du " et Vincent aussi va s'ennuyer sans son nouveau tonton " ! Je t'assure, c'est bien comme ça...
- D'accord, je n'insiste pas. Dors bien Kévin !
- Bonne nuit à toi aussi Marie, à demain...

Secrètement, j'espère que David va venir tenter de me faire revenir sur ma décision, et connaissant un argument précis dont je ne me lasse pas, je sais qu'il y serait arrivé... Mais non, il est plus prudent que je ne le voudrais... et je m'endors avec la douce sensation de l'avoir encore en moi...

-=§=-

Kévin H

Suite

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