L'Amour Partagé (5)
par Kévin H.
-= 5. Rencontre Du Troisième Type =-
Résumé du chapitre précédent : David a quitté la Marine pour m'attendre à La Trinité-sur-Mer, où nous avons monté une petite entreprise de location de bateaux
J'ai quitté à mon tour le service actif pour rejoindre David dans cette petite entreprise... Je viens d'avoir 33 ans ce mois de juillet, mais j'ai gardé mon petit air juvénile et innocent !
Innocent ? Tu parles !
Vincent qui a eu 12 ans en mars est en passe de devenir un beau petit mec
Il est intelligent et je l'aime comme mon propre gosse
Il me le rend bien, il sait que je suis son meilleur rempart contre les colères de son père, même lorsque c'est justifié !
Officiellement, je suis toujours le meilleur copain de David et maintenant son associé. Officieusement, ça ne regarde que nous
C'est l'été, la pleine saison pour l'activité nautique. Il fait un temps superbe, la journée de travail se termine. Notre moment de détente, le premier aujourd'hui, consiste à s'attabler à la terrasse d'un petit bar sur le port de plaisance.
Nous y retrouvons, comme presque tous les soirs, un petit groupe d'habitués, pour l'essentiel des professionnels du nautisme et commerçants voisins...
Les beaux jours me permettent de me livrer à mon activité favorite, observer au travers de mes verres solaires les beaux mecs de tous âges qui se promènent en tenue légère... Beaucoup sont très bandants ! C'est l'avantage des loisirs nautiques, qui nous amènent de beaux skippers ou amateurs bronzés et sans complexe... De temps à autre, je surprends le regard de David qui glisse sur mon torse nu et bronzé... Je sens qu'il a envie de moi et j'adore ça !
Pour ma part je suis plutôt satisfait de mon corps ; lorsque j'ai rencontré mon amour, j'étais plutôt mince, finement musclé et presque totalement imberbe... Les années, avec un peu de sport et l'évolution normale de la morphologie, ont fait de moi un beau petit mâle, musclé et bien proportionné, sans un poil de graisse, avec un système pileux resté à l'état embryonnaire ! Mais si j'en crois les commentaires et les regards, tant féminins que masculins, le résultat ne semble pas être désagréable à regarder... J'en suis heureux, j'aime séduire même si je me réserve presque exclusivement à mon David.
Presque...
Je l'observe à la dérobée... Son sourire et ses yeux rieurs sont toujours aussi craquants...
En revanche si je suis content et fier de mon corps, il m'est difficile d'en dire autant de celui de mon amour ! Une propension héréditaire à s'épaissir, ajoutée à un manque évident d'hygiène de vie, ont eu sur lui un effet qui m'oblige depuis quelque temps à m'engager dans un combat contre le laisser aller, bataille que je sens perdue d'avance.
Mon David est encore très baisable, je ne me prive pas pour lui faire comprendre dès que l'occasion nous en est donnée. Pourtant j'aimerais qu'il ne se laisse pas aller ainsi. Marie semble ne pas se soucier de la diététique, elle aussi a tendance à s'épaissir. Ce n'est pas mon souci majeur ! En revanche, je bataille pour amener David à venir courir de temps à autre avec moi ou à s'inscrire dans la salle de sport locale. Mes efforts ne semblent pas l'amener à plus de raison... Une remarque bien sentie a été récemment accueillie froidement :
- Si Marie n'a plus envie de toi, ce que j'ignore, dis-toi que moi je suis encore là...
- Ce qui se passe chez moi, c'est MON problème, Kévin ! Et pourquoi dis-tu " encore là " ?
- Pour que tu ne l'oublies pas simplement... ! et pour ce qui est de ce qui se passe chez toi, tu as entièrement raison, ça ne m'intéresse surtout pas !
Je ne crois pas qu'il ait senti l'avertissement déguisé...
Il doit sentir que je le fixe car son regard se pose tendrement sur moi. Il me sourit gentiment puis lance au garçon :
- Jacques, tu me notes cette tournée STP, je me sauve ! Bonne soirée à tous ! Kévin, tu rentres chez toi en courant ou je te dépose ?
Je m'arrache de mon fauteuil d'un bond.
- Non, je suis naze, je préfère que tu me ramènes, si le détour ne te dérange pas...
Quel hypocrite je suis parfois !
Je loue une petite maison de trois pièces seulement, située à 2 km du bourg sur la route côtière, à la limite de Carnac... J'ai choisi de mettre un peu de distance entre nos domiciles, afin d'éviter de voir Marie débarquer à pied à l'improviste lorsque David s'attarde un peu...
A peine arrivés, David m'enlace tendrement et m'embrasse avec fougue... Il ne doit pas manquer de sentir mon érection à travers mon jean usé... Je lui rends son baiser avec passion, en attendant qu'il se décide enfin à prendre l'initiative... Notre baiser dure une éternité, je lui masse le dos puis les fesses avec ferveur, mais nous restons ainsi dans les bras l'un de l'autre sans autre chose qu'un gros câlin
Je vais devoir, une fois de plus déclencher les hostilités. Je glisse mes doigts vers son entrejambes. Je suis déçu. David retire ma main, me murmure à l'oreille un doux " je t'aime mon cur " en se détachant de moi,
- Il faut que j'y aille mon Kévin, Marie doit être rentrée du boulot ! A demain ?
Je suis médusé... Frustré, furieux et triste à la fois !
Ce n'est pas la première fois que je reste comme un con avec une envie de lui suffisamment évidente pour qu'il ait au moins la décence de se montrer flatté !
- Mouais ! A demain ! Je ne serai peut-être pas de bonne heure, je pense sortir sur Quiberon ce soir...
L'idée vient de me venir subitement... J'espère qu'il va comprendre le message.
Si je lui avais dit ouvertement " je vais aller me faire sauter ailleurs ! ", il aurait peut-être réagi
Mais non, il me regarde d'un il neutre et me lance :
- On a vachement de boulot demain
Rentre pas trop tard. Bonne soirée !
Je suis scié ! Il s'en fout ou je n'ai rien compris ? Je rage, je n'ai même pas envie de pleurer
David déploie des trésors de gentillesse néanmoins il refuse de voir que la solitude qui m'envahit à la fin de chaque journée, le vide qui occupe la deuxième place de mon lit, ne font que m'aigrir... Peu à peu, mon amour pour lui se transforme en tendresse, en amitié fraternelle. J'étais un garçon doux et aimant, je deviens doucement jaloux et agressif avec Marie... qui me le rend bien d'ailleurs !
Sait-elle ? Je ne le pense pas.
Se doute-t-elle de quelque chose ? Peut-être...
Imprudemment j'ai autorisé un jour David, afin de couper court aux questions habituelles me concernant, à faire comprendre à Marie que j'étais gay... Elle n'a pas tiqué, mais je me suis vite rendu compte qu'elle n'a pas digéré la nouvelle... Malgré ses apparentes amabilités habituelles, je sens que l'atmosphère se tend... Elle préfère éviter tout conflit qui mettrait en danger l'équilibre de son couple. J'ai conscience qu'elle a dû faire un rapprochement entre mon orientation et l'amitié qui me lie à David. Mais elle ne peut pas savoir l'ampleur de l'amour que David me porte... ou qu'il m'a porté, je ne sais plus où j'en suis
Tant pis, j'ai envie de sexe, je décide d'aller me balader du côté de Quiberon ; C'est gavé d'estivants, ce serait bien le diable si je ne trouvais pas un bon gros père de famille qui a envie de s'encanailler un peu
Une douche, un jet d'eau de toilette, un tee-shirt blanc tout propre et hyper moulant, un jean coupé aux genoux et me voilà parti, la hargne au ventre, prêt à me faire baiser par le premier blaireau venu !
-=§=-
Avec cette belle journée, Quiberon est noir de monde
Il est près de 21h00, beaucoup de familles déambulent le long de la plage
Je ne sais pas encore comment agir ; ma colère est retombée, j'essaie de me raisonner, de me dire que c'est à moi de faire des efforts
Pourtant je sais que David m'aime et qu'il est fou de mon corps
Mais j'ai des difficultés à comprendre son attitude
J'ai garé mon petit cabriolet bavarois à l'extrémité du parking, à la Pointe de Conguel, cette mini presqu'île au bout de Quiberon
Assis sur un banc face à la mer, je rumine mes pensées
Bah, oublions l'hypothétique blaireau-père de famille, une fois calmé je rentrerai sagement chez moi
- Excusez-moi, vous n'auriez pas une cigarette s'il vous plait ?
Je sursaute
Une voix de donzelle rendue légèrement rauque par le tabac vient de m'arracher à mes pensées.
Quoi ! C'est quoi cette pisseuse qui vient me taxer quand je suis de si méchante humeur ?
Je me retourne pour virer l'emmerdeuse.
WOUAH !! C'est quoi ça ?
En face de moi se dresse, fier comme un jeune coq, un petit mec qui ne doit guère avoir plus de dix-huit ans, percé de tout coté ! Arcade sourcilière, narine, oreilles ! Il ne doit pas faire plus d'1m70, il est tout mince, plutôt pâlot, un débardeur trois tailles trop grand qui découvre ses aisselles jusqu'aux hanches, un bermuda style tenue de camouflage qui lui arrive à la mi-mollet ! Il est tout mignon, il a les traits fins, les cheveux châtains savamment ébouriffés
- Je ne voulais pas vous faire peur
sorry !
Je me ressaisis :
- Non ce n'est rien, je rêvassais
Il n'y a pas de mal ! Mais je suis désolé mon lapin, mais je ne fume pas
Je réalise ma familiarité, mais cela ne semble pas le perturber
- Pas grave ! De toute façon il faut que j'essaie de diminuer
- Tu fumes beaucoup ?
- Un paquet me fait à peine deux jours
Mais ce qui est chiant c'est l'odeur de tabac le matin quand je me réveille.
- Surtout ici, au grand air, c'est trop con de ne pas en profiter. Tu es en vacances ?
- Oui, je viens d'arriver, il y a deux jours
Et toi ?
Il a adopté le tutoiement, cela me plait
Je commence à le trouver charmant ce gamin
- Moi j'habite ici, à La Trinité de l'autre coté de la baie
J'aurai facilement deviné que tu venais d'arriver en vacances,
Je ris,
- T'es tout blanc ! Je ne te vexe pas j'espère ?
- Pas de risque ! Je suis complètement relax ! Tu peux me charrier, plus rien ne peut m'atteindre
Je viens d'avoir mon bac à la repêche, ça fait la deuxième année que je tente, maintenant que je l'ai, je suis zen
Plus rien ne peut t'atteindre ? T'as qu'à croire mon lapin ! Un rapide calcul, le bac au bout de la deuxième année, il a au moins dix-neuf ans ! En plus il a l'air déluré
Mmmmm !
Ce garçon est rigolo, il me plait bien, j'aimerais qu'il reste un peu avec moi à déconner
- Je ruminai de noires idées, j'ai envie d'aller prendre un verre, ça te dit si tu n'as rien d'autre à faire ?
- Avec plaisir ! Je me vais chier un petit peu
Je suis en camping avec deux copines et leurs mecs, leurs histoires me gonflent un peu ! Les mecs, encore ça va, mais les nanas, pffff ! En plus, les filles c'est pas mon truc !
Au moins c'est clair ! Gonflé le petiot !
Il ajoute malicieux :
- Ça ne te choque pas que je te dise ça ?
- Non, au contraire, ce n'est pas mon truc non plus
En riant, je lui tends la main,
- Moi c'est Kévin
- Arnaud, pour te servir monseigneur
, dit-il en imitant Jean Marais dans Le Bossu
Je suis tombé sur un marrant, ça me fait vachement de bien !
- On va le prendre ce verre ? Ensuite, si tu veux, je t'emmène faire une balade en voiture ou l'inverse
- Je préfère la balade d'abord
J'aime bien quand le soleil se couche
- Alors viens, je t'emmène voir le coucher de soleil à 2 minutes de là
Je connais un coin fabuleux !
Il s'installe dans la voiture, boucle sa ceinture et me regarde de son air mutin :
- Tu as une chouette de voiture ! La décapotable hyper branchée, totale tarlouze ! J'adore ! ajoute-t-il de sa voix haut perchée
- Je n'aime pas trop tarlouze si ça ne t'ennuie pas
- Bah, ce n'est pas méchant ! Moi, je n'ai pas honte de le dire ! Je suis une tarlouze, une folle, une tapette, une petite pédale qui aime les beaux mecs et j'en suis fier ! Et tu sais quoi ?
-
- Tu me plais vachement, t'es super canon !
Sa main est directement arrivée sur ma braguette !!! Je reste coi !
- T'es plutôt mignon aussi, mais ne m'empêche pas de conduire s'il te plait, attends quelques petites minutes et je te propose un petit divertissement face au soleil couchant
- Coooool ! Allez roule ma poule !
-=§=-
Un court chemin caillouteux mais suffisamment carrossable pour ma petite auto
Je me gare derrière un touffu. Un petit sentier nous mène dans une minuscule clairière au bord de la falaise, sur le côté océan de la presqu'île. Le soleil est déjà sur l'horizon, plus que quelques minutes et la nuit commencera à tomber
J'ai emporté une couverture, nous nous sommes installés assis côte à côte face au spectacle rougeoyant
Arnaud le Rigolo est appuyé sur mon épaule, son bras est posé sur ma jambe, son coude frôle mon paquet. Il est subitement plus calme et je suis moi-même complètement serein
Sa gentillesse et son charme ont sur moi un effet bénéfique. Je dois le remercier ! Mais ai-je besoin d'un prétexte ? Je glisse un regard vers son bermuda trop large. Le tissu a pris une forme inhabituelle mais de bon augure si j'en crois le petit chapiteau de cirque ! Le soleil couchant doit avoir sur lui un effet aphrodisiaque. Il doit sentir que je l'observe car il tourne la tête vers mon visage, son coude exerce une pression plus forte sur mon sexe qui s'est réveillé
- J'ai envie de toi ! Tu veux bien me faire l'amour ici ? Maintenant ?
Il n'attend pas de réponse, ses mains sont parties à l'assaut des boutons de mon jean et sa bouche se présente à quelques millimètres de la mienne. Je lui lèche légèrement le bord des lèvres entrouvertes, sa langue vient à ma rencontre pour se lancer dans un petit ballet
Il est frais malgré une légère odeur de tabac, c'est agréable
En quelques instants, il m'a débarrassé de mon jean et de mon tee-shirt. Il est penché sur ma queue, sa langue titille l'extrémité, il me caresse les boules. Je suis aux anges
J'essaie de lui ôter son débardeur :
- Après ! Laisse-moi faire, ensuite tu me baiseras !
Je vais devoir être actif. Pour une fois, cela m'excite vraiment
Il suce divinement bien ! Sa langue est douce et râpeuse à la fois, il avale entièrement mon sexe, le ressort lentement
Je ressens des sensations sur toute la surface, c'est fabuleux
Le gamin est plutôt doué ! Je sais ne pas être trop nul à ce jeu-là, mais j'avoue que le petit Arnaud est plutôt bon !
Je n'en peux plus, je me redresse et d'autorité je lui enlève ses frusques laissant apparaître un adorable petit corps mince et blanc comme un cachet d'aspirine ! Comme il est mignon ! Je suis stupéfait en découvrant une bite surdimensionnée pour un petit corps comme ça ! Il a également un piercing au nombril !
Je me rallonge et l'attire au-dessus de moi, tête-bêche. Il reprend aussitôt son minutieux travail de succion, d'aspiration, de léchage consciencieux. J'arrive à gober l'extrémité de son sexe, mais dans cette position, au-delà du gland, je ne peux pas faire mieux. J'aimerais le basculer sur le côté, mais il semble savoir ce qu'il veut et préfère mener la danse.
L'un léger mouvement, il se dégage de ma bouche et présente sa jolie petite paire de fesses à la hauteur de mon visage ! Je ne peux ignorer l'invite. Je m'applique à titiller du doigt et de la langue son petit illet palpitant, le léchouillant sur toute la surface du périnée... Il allonge le bras vers ses affaires et entre ses cuisses pose sur ma poitrine un petit sachet de gel. Je n'ai pas besoin de dessin ! Je me délecte à en enduire son petit trou, glissant un, puis deux doigts, provoquant un petit grognement de contentement ! A l'autre extrémité Arnaud s'active comme un forcené. C'est absolument délicieux, je suis au bord de l'explosion...
- Arrête, je ne tiens plus...
Il se redresse, attrape son bermuda, sort un préservatif de la poche et s'applique à me l'enfiler AVEC SA BOUCHE !
Il me fixe d'un air mutin, me repousse pour me remettre sur le dos, et avec un soupir à fendre l'âme, vient s'empaler sur moi... Oh que c'est bon ! Il entame une danse tantôt déchaînée, tantôt lascive. Il agite sous mes yeux une superbe érection, que je caresse doucement lorsqu'il n'est pas trop remuant. Je sens que je ne vais pas pouvoir tenir longtemps à ce régime. Je l'attrape par les hanches, l'immobilise et me courbant vers lui, je peux attraper son sexe dans ma bouche... Il gémit, continue à me pousser au paroxysme en jouant à merveille de ses muscles internes.
Il me repousse alors gentiment en arrière, me prends les mains et, me fixe dans les yeux, se penche pour souder sa bouche sur la mienne, et, sans se toucher, se vide sur mon ventre à longs jets... Autour de mon sexe, je sens une série de contractions : C'est plus qu'il n'en faut ! Il se redresse, entame une rapide cavalcade et en quelques secondes me fait exploser ! Le plaisir est trop fort, j'en ai des étoiles dans les yeux... Je reste en lui encore quelques instants...
- Ne bouge pas !
Il se retire puis entreprend de me nettoyer le torse avec sa langue, se délectant de son propre sperme. La caresse m'arrache quelques gémissements. Le nettoyage dure plus que nécessaire, pourquoi m'en plaindre ? Lorsqu'il a terminé, il retire mon préservatif d'un geste rapide, enveloppe tout ce qui peut trahir nos ébats dans un mouchoir de papier et fourre le tout dans sa poche !
Il est adorable ! Il me sourit :
- Je déteste venir baiser dans un endroit déjà souillé ! Faut penser aux suivants, non !?
- Et pourquoi ce ne serait pas encore nous les prochains ?
- Oh non, tu dois avoir d'autres endroits à me faire découvrir, si tu veux bien qu'on se revoit...
- Difficile de dire non après un traitement pareil ! Tu es positivement génial ! Et en plus tu es sympa !
- On va le boire ce verre maintenant ? Il commence à faire un peu frisquet
- On est parti !
Nous sommes debout, il m'enlace et me glisse à l'oreille :
- Merci ! C'était super bon !
Excellent ! Je n'ai rien eu à faire !!! Il est marrant... !
-=§=-
Nous retournons à Quiberon pour prendre un pot à la terrasse d'un bar, face à la plage...
Quelques visages me sont familiers
Un petit groupe de jeunes filles, attablées, me font un signe amical.
- Tu es en vacances pour combien de temps ?
- 3 semaines seulement, je repars à Paris fin juillet, je travaille au mois d'août...
- Tu n'as pas de voiture, je suppose...? J'aurais aimé que tu viennes me voir à La Trinité...
- Si, on est venu avec ma voiture ! Je la laisse à mes amis quand je pars seul dans mon coin comme ce soir, mais si j'en ai besoin, je reprends mes droits, of course ! Je viendrais te voir avec joie si tu es disponible...
- Je le serai pour toi...
- Tu vis seul ? Un beau gosse comme toi n'a pas de petit copain ?
- J'en ai un, mais j'évite d'en parler, je préfère le protéger... Il ne vit pas avec moi, alors je suis célibataire pour mes soirées et mes nuits...
- Bouh, c'est pas rigolo ! Je parie que c'est un mec marié !
- Pas de questions sur lui mon lapin, s'il te plait... Mais tu as tout compris... Chapitre clos !
- Ok m'sieur ! Question sur toi alors ! Personne ne sait que t'es pédé ?
- Si, en principe tout le village ! Il suffit que quelques-uns uns le sachent, et ça va vite... Mais ça ne pose pas de problème apparemment... Je suis catalogué comme " non pratiquant ", personne dans le village ne m'a jamais vu avec un mec... Ça soulage les âmes bien pensantes ! Enfin, c'était vrai jusqu'à ce soir... A quelques tables derrière nous, j'ai aperçu la fille du maire... Mais je m'en fous, je suis bien content de t'avoir rencontré, c'est le principal ! Si ses copines et elle avaient encore un espoir de me mettre le grappin dessus, c'est raté !
- Et bien maintenant, elles sont fixées !
Disant cela, il se penche vers moi et m'embrasse furtivement sur les lèvres...
- T'es fêlé toi, mais je t'adore ! Mais ne recommence pas ça, je veux pas que tu te fasses lyncher dès que j'aurai le dos tourné...
-=§=-
Je l'ai déposé à son camping, il est venu à trois reprises chez moi pendant son séjour... Je l'ai emmené un dimanche en mer, lui faire découvrir les abords de Belle Ile, Houat et Hoëdic, où nous nous sommes mis quelques heures au mouillage... Histoire de me rappeler quelques souvenirs...
Arnaud est reparti pour Paris, me laissant son adresse. Je n'ai pas encore eu l'occasion d'aller le voir, mais nous échangeons des mails assez régulièrement...
-=§=-
L'orage ne s'est pas fait attendre :
- Tu crois que c'est malin ! T'afficher dans Quiberon avec une folle tordue, faire exprès de provoquer la fille G... ! Tu penses aux conséquences que ça peut avoir sur nous...
- Nous ?! NOUS !! De qui parles-tu en disant NOUS ? Sois plus clair, s'il te plait ! Car si NOUS c'est notre affaire, ça n'a aucune conséquence, tout le monde ici sait que je suis pédé ! Si NOUS, c'est toi et moi, je te signale que je ne suis pas seulement un objet décoratif, j'ai aussi besoin de m'éclater, et pour cela il faut être deux ! Il n'y a aucune conséquence à attendre sauf si tu continues à me traiter comme ton jouet...
Il préfère continuer à faire la sourde oreille.
- Et tu penses à Marie et à Vincent ? Tu crois que ça va bien se passer quand ses copains vont le brancher sur son oncle Kévin et sa petite poule !
Soit dit entre nous, je préfère m'afficher avec une petite poule montée comme un âne qu'avec une dinde !
- Je ne te permets pas de juger mes relations ! La réaction de Marie, tu sais déjà ce que j'en pense ! Quant à Vince et ses copains, ils sont certainement moins cons que beaucoup d'adultes de ce bled !!!
- STOP ! On arrête, ça ne sert à rien... Kévin je t'aime et je veux pas te perdre... Essaie simplement de faire un peu attention à toi... S'il te plait mon cur...
OK, l'orage est passé, mais c'est moi, maintenant qui a la hargne ! Mais je préfère abandonner pour l'instant.
Pour se faire pardonner, c'est David lui-même qui aura l'idée de me laisser emprunter un petit voilier pour un dimanche avec Arnaud...
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