L'Amour Partagé (7)
par Kévin H.
-= 7. Le Soleil Au-Dessus Des Nuages =-
Résumé du chapitre précédent : J'ai rencontré un mec adorable dont je crois être tombé amoureux
Youpi ! Samedi soir ! J'ai tout briqué à la maison, le barbecue est prêt, j'ai concocté une méga salade composée à ma façon, sucrée-salée, il n'y a plus qu'à attendre !
Surprise, je vois débouler deux voitures
La vieille Saab de Maxime et la Clio de Franck
- Maxime doit repartir demain en fin d'après-midi
C'est con, on a dû venir à deux bagnoles
Je n'écoute même pas les explications de Rody, je suis subjugué par Franck
Il est toujours aussi beau ! En une semaine, il n'a pas changé ! Étonnant, non !?
Une soirée sympa, un petit tour à Quiberon en boîte, et hop retour à la maison !
- C'est idiot, tu ne va pas déplacer ton bureau, je peux bien dormir avec toi ! A moins que cela ne te pose un problème
J'ai installé Maxime et Rody dans le canapé, j'avais prévu de faire dormir Franck dans mon bureau où j'ai un petit clic-clac
J'hésite pourtant
- T'es sûr ? On n' en a pas pour longtemps
- Terminé ! Fin du débat ! Je dors dans ta chambre
J'abandonne, avec une jubilation intérieure
Franck dans mon lit ! Quel bonheur !
Un petit rayon de soleil me sort de ma douce nuit
Un coup d'il au réveil, il est près de 9h00
Je ne vais pas travailler ce matin, un petit arrangement avec David
Pauvre David, il serait blême s'il voyait ce qu'il y a en ce moment à côté de moi dans MON lit
Franck est allongé sur le ventre, la tête vers moi, son bras est à quelques millimètres de ma main
Il est éveillé, ouvre un il, me regarde et sourit
Pas un bruit ne nous parvient de la salle de séjour, nos amis doivent dormir encore
Je connais trop bien mon canapé, le moindre mouvement, il couine
Alors pour les galipettes, bonjour la discrétion
Maxime et Rody ont fait une tentative en se couchant, mais ils ont rapidement abandonné
Tout le monde a été très sage cette nuit
Même moi !
Nous restons les yeux dans les yeux pendant un long moment, il n'est rien qui puisse être dit
Tout est dans le regard
Qu'il est beau ! Je souris en repensant au premier soir où je l'ai rencontré ! Pauvre idiot que je suis, j'ai failli ne même pas le regarder
Ma main frôle le biceps offert, puis le bras entier
Franck referme les yeux, comme soulagé
Je reste ainsi un long moment à le caresser doucement, le bras, l'épaule, le haut du dos puis de nouveau le bras
Sa peau est douce, ses muscles sont soyeux et fermes à la fois
Du pur délice ! Je bande comme un fou, mais je ne veux pas gâcher ce moment
Franck doit aussi être légèrement gêné quelque part, car il bouge pour se mettre sur le coté
Je peux ainsi continuer mon exploration sur le flanc, le torse sans un poil, sans jamais descendre sous le nombril
Je suis le dessin des cotes, les abdominaux que je le soupçonne de contracter exprès
Franck entreprend une exploration identique, me caresse les joues et le cou
L'instant est magique ! Tout n'est que douceur, sensualité et pudeur à la fois
Nous restons ainsi près d'une heure, sans bruit les yeux dans les yeux, sourire aux lèvres
Nous sommes arrachés de notre petit nuage par le grincement du canapé, léger d'abord puis irrégulier, mais qui nous laisse deviner qu'il se passe des choses par très catholiques à côté
Franck pouffe de rire et se penche sur mon oreille :
- On les laisse continuer ? Connaissant Maxime, ça risque de durer un moment !
Je le regarde, attristé par ce que laisse supposer sa remarque
Il se corrige aussitôt :
- Rassure-toi, je ne le connais que de réputation
Pourquoi ai-je besoin d'être rassuré ?
Il nous semble percevoir un gémissement étouffé. Un profond soupir nous parvient puis plus rien
Franck est toujours penché au-dessus de mon visage, il tend l'oreille puis m'embrasse légèrement sur les lèvres
Il me sourit
J'hésite une fraction de seconde, puis lui rends son baiser et lui souris à mon tour
- On se lève ?
- Oui, je crois que c'est fini à côté, allons-y !
- Kévin ?
- Oui ?
- Non, rien
Nous marquons un moment d'hésitation avant de nous lever puis, sans nous concerter, nous sommes pris d'un irrésistible fou rire ! Nous avons un léger problème : impossible de nous lever dans cet état ! Nous n'avons que nos caleçons, nous ne sommes pas présentables, loin s'en faut ! La situation est plutôt comique... Il va pourtant bien falloir décoincer... Je tends le bras jusqu'à la commode toute proche et je réussis à extirper un tee-shirt deux fois trop grand pour moi que David a laissé ici... C'est parfait, il descend suffisamment pour masquer mon érection... Je regarde Franck qui est toujours planqué sous le drap, écroulé de rire...
- Maintenant, je te laisse te débrouiller !
- Salaud !, me dit-il à voix basse
- Je blague ! Tiens attrape ça...
Je lui lance une chemise suffisamment longue pour dissimuler provisoirement ce que j'ai pu effleurer tout à l'heure... Coquin, je reste debout à le regarder se lever...
Mon dieu, qu'il est beau... !
Il s'approche de moi et me prend dans ses bras... Il m'embrasse tendrement dans le cou et me chuchote :
- Je t'adore !
Nous sortons avec suffisamment de bruit pour faire comprendre à nos coquins qu'il va leur falloir adopter une tenue décente ! Nous passons dans le séjour, Maxime et Rody sont toujours au lit !
Maxime est hilare :
- Pipe du matin, plus de chagrin !
- Gorets ! Dans mon canapé en plus
- Rassure-toi Kévin, on n'a rien sali ! Et vous, vous avez été sages ?
Je me sens rougir
C'est Franck qui vient à la rescousse
- Occupe-toi de tes fesses Rod !
- Ah non, ça c'est mon boulot !, rétorque Maxime
- Allez debout bande de fainéants ! Maintenant que vous avez fini vos turpitudes !
J'appelle rapidement David afin de m'assurer qu'il n'a pas besoin de moi sur le port. Non, il se débrouille, je peux prendre ma journée comme convenu
Nous passons ce dimanche entre la balade et la plage. J'en profite pour montrer les alignements de menhirs, mais en ce mois d'août il y a trop de touristes, nous renonçons à nous approcher...
- Vous croyez que c'était des godes pour mammouths ?
- Pfff, Maxime, t'es toujours aussi crétin !
- Bah, vous êtes pas drôles !
Nous déjeunons dans un petit resto sympa que je connais à Erdeven à quelques kilomètres puis nous revenons à Carnac pour nous changer et aller nous baigner... Chaque instant est mis à profit pour frôler Franck, il cherche ma main de temps à autre en se faisant le plus discret possible... Rody et Maxime semblent ne rien voir de notre manège, ils roucoulent depuis ce matin... Ils ont eu une période de vie commune voici trois ans, je crois et il semble que le beau fixe soit revenu entre eux ! C'est bien ainsi, j'en suis heureux pour mes amis...
L'après-midi sur la plage est une véritable torture et un réel moment de bonheur. Franck a un comportement assez curieux que je ne comprendrai que plus tard
Il ne cherche en rien à m'allumer, alors son corps parle pour lui. Il agit de façon naturelle, mais évite soigneusement toute attitude provocatrice, comme s'il ne voulait pas éveiller mon désir. J'en suis simplement surpris car ses yeux disent exactement l'inverse. Il est comme moi, il attend impatiemment le moment où nous serons enfin seuls.
De retour chez moi, chacun prend une douche. Je préfère rester à une distance respectable de la salle de bains lorsque vient le tour de Franck ! Je crains de ne pas avoir le courage de résister !
Maxime me prend à part quelques instants,
- Je vais repartir après manger, ça te dérange pas si Rod rentre avec moi ?
- Non pas de problème, je pense que Franck repartira demain matin, s'il ne souhaite pas rentrer ce soir
Sale hypocrite, Kévin !
- Quelque chose me dit qu'il ne se fera pas prier
Ne nous prends pas pour des bufs mon petit Kévin !, ajoute-il en souriant.
Je crois que nous sommes grillés !
Nous nous installons sur la terrasse où, malgré la fin de l'après-midi, il fait encore une douce chaleur. Comme à mon habitude, je profite de la discrétion de mes lunettes de soleil pour détailler Franck sous tous les angles. Mon dieu qu'il est beau. Ses yeux pétillent de bonheur. Son sourire me fait fondre, j'ai envie de croquer dans cette bouche qui hurle l'appel à l'amour ! Je me sens rougir lorsqu'il me fait un clin d'il. Il sait que je l'observe...
Un bruit de moteur caractéristique m'arrache à ma contemplation. Le chacal ! Je m'en doutais ! C'est le 4x4 de David ! J'avais, en aparté, émis un doute auprès de Rody :
- Il serait surprenant qu'il ne trouve pas un prétexte pour me passer un coup de téléphone au beau milieu de la soirée.
L'apéritif à peine commencé, il a même trouvé mieux ! S'inviter !!!
Il s'installe avec tant d'assurance, qu'il donne l'impression d'être chez lui !
Je n'ai pas caché à mes amis la relation que j'entretiens avec lui... Je les sais suffisamment intelligents et perspicaces pour pouvoir compter sur leur discrétion...
Les présentations sont rapides, David et Rody se sont déjà rencontrés chez moi en juin dernier.
Je suis affreusement triste. David veut montrer que tout ce qui me concerne l'intéresse. " Qu'avez-vous fait aujourd'hui, que manges-tu ce soir... ? " Il étale sa possessivité avec arrogance. Je suis au bord de la crise : Dois-je le virer, lui faire comprendre que j'ai besoin d'être seul avec mes amis ? Je connais sa susceptibilité maladive, je ne veux pas qu'il se montre trop désagréable. Franck tente de sourire, de plaisanter. Je vois bien qu'il se force, cela me fait mal au ventre.
Maxime n'est pas dupe et comprend mon embarras. Je le vois froncer le sourcil, un sourire coquin apparaît au coin de ses lèvres. Je connais mon Maxime, je sens qu'il mijote quelque chose... Cela ne se fait pas attendre. Profitant d'une boutade de Rody à propos de ma table de jardin légèrement bancale :
- A propos de bancal, Kévin, il faudra que tu te décides à remplacer ton canapé !
Je flaire la plaisanterie de mauvais goût.
- Il est bien mon canapé ! Tu as mal dormi ?
- Dormir ça va, mais pour le reste, il grince trop, bonjour la discrétion...
Rody, faussement gêné que soit ainsi évoquée sa vie intime, s'apprête à faire taire son ami. Un regard appuyé l'incite à rester complice.
- Hier soir en rentrant, je me serais bien fait un petit cul de Rody ! J'ai dû abandonner, c'est lamentable !
David est muet. L'évocation de la vie sexuelle masculine le dérange au plus haut point. Il n'assume pas son homosexualité. Il refuse de l'évoquer même avec moi. Donc, écouter de telles choses est pour lui difficilement tolérable...
Franck a pigé !
- Vous vous êtes rattrapés ce matin, si j'en crois le bazar que vous avez fait...
- Ça ne compte pas ! Ce n'était qu'une mise en bouche !
David se tortille sur sa chaise. J'essaie de masquer ma jubilation !
Rody et Maxime se relaient pour évoquer, par allusions à peine voilées, leurs différents dérapages chez les uns et les autres... Ils en rajoutent un peu, rient de bon cur. Franck sourit. Il évite d'entrer dans un jeu où le vainqueur sera celui qui aura déballé le plus d'expériences douteuses. David est carrément mal à l'aise, ces histoires de pédés le rebutent.
Il se décide enfin.
- Kévin, tu m'excuseras, mais je dois rentrer, il se fait tard...
- Un petit dernier ?
Je suis un monstre d'hypocrisie !
- Non merci. Bonsoir, tout le monde A demain, Kévin ?
Je l'accompagne près de sa voiture.
- A demain David !
- Bonne fin de soirée mon cur, fais attention à toi.
Son cur ?? J'appelle ça un coup vache, mais bon, c'est de bonne guerre !
Le 4x4 parti, je regarde Maxime :
- Tu charries un peu ! Le pauvre ! Que va-t-il penser de vous ?
Puis dans son oreille,
- Merci Maxime, je t'adore !
-=§=-
Nos amis sont partis vers 22h00, je me retrouve enfin seul avec Franck
Nous sommes sur le pas de la porte, nous les regardons s'éloigner
- C'est bien s'ils se remettent ensemble, non !?
- Oui, ils s'accordent bien, et le calme de Rody va compenser la fougue de Maxime !
- Kévin ?
- Je t'écoute
- J'ai un truc à te dire qui n'est pas facile
-
- Rentrons d'abord
Je suis un peu inquiet
Nous fermons soigneusement la maison puis nous nous installons sur le canapé avec un verre
Franck se tourne vers moi et me regarde dans les yeux :
- J'ai un petit problème, c'est la première fois que ça m'arrive
-
Je préfère le laisser vider son sac, je suis légèrement angoissé
Que va-t-il m'annoncer ?
- J'ai très très très envie de toi, mais j'ai peur
J'ai peur de rater l'examen de passage, peur que tu sois déçu, peur de tomber en panne, peur de mal faire
Peur ! Tout simplement
peur de toi peut-être
Tu sembles si fragile
et je crois que je t'aime
Je suis bouleversé. Je le regarde, je crois que mes yeux sont embués
Voilà qui est plutôt inattendu ! Lui, si sûr de lui, si fort
- J'ai ressenti un peu les mêmes choses aujourd'hui
Je crains d'être tombé un peu amoureux
. Allez, ne dis plus rien !
Je me penche vers lui et l'embrasse tendrement sur les lèvres. Il conserve les siennes fermées, puis me rend mon baiser avec une douceur infinie
Il s'écarte légèrement, me regarde dans les yeux puis attire ma tête vers la sienne pour m'embrasser à nouveau. C'est un déchaînement subit ! Sa langue part à l'assaut de ma bouche avec voracité, le combat dure, dure ,dure
Je ne tiens plus, je le déshabille en un tour de main puis enlève mes vêtements à mon tour pour me précipiter à nouveau sur sa bouche
Nos mains reprennent l'exploration de ce matin, mais cette fois sans mettre de barrière au niveau du ventre ! Je découvre un sexe dur comme une barre de fer, son désir est si fort que j'en suis ému
Je suis dans le même état ! Nous roulons par terre sans cesser de nous embrasser, j'ai la tête qui me tourne, c'est fabuleux
J'arrive à échapper à sa bouche pour entamer une exploration minutieuse de son bas-ventre à grand coups de langue et de baisers
Je ne peux pas résister, j'aurais voulu le faire languir, l'amener à me supplier de le prendre dans ma bouche mais, je ne peux pas ! Il me le faut le plus vite possible, j'ai trop attendu ce moment ! J'enfourne un véritable morceau de volupté ! Il est si bon ! Je ne peux m'en lasser, son goût est divin !
Un rapide mouvement de reptation et Franck, pressé de me rendre la pareille, se retrouve la tête entre mes cuisses ! Je ne peux m'empêcher de réprimer un gémissement lorsque sa bouche s'empare de moi
Nous restons une éternité ainsi, chacun sa friandise, l'instant est un pur bonheur
Je dois l'arrêter car je ne peux plus me retenir
Je me relève pour l'embrasser à nouveau, trouver sur ses lèvres le goût de mon sexe et lui faire apprécier le sien
Nous gagnons la chambre, pour reprendre là où nous nous étions interrompus
Je voudrais tant qu'il me prenne mais je repense fugitivement à ses craintes
Tandis qu'il s'active de nouveau sur mon sexe, je pars à l'exploration de son illet
Il frémit et semble aimer ce que je lui fais
Je m'enhardis, le prépare, il pousse quelques gémissements
De façon générale, je préfère avoir le rôle inverse même si celui auquel je me prépare maintenant est également très agréable ! Mais à cet instant, j'ai très envie de prendre mon Franck, et je le sais prêt pour ça... Il se trémousse de plus en plus et m'inflige un traitement auquel je ne vais plus pouvoir résister. Je le repousse doucement et le tenant par les hanches l'incite à rester à me tourner le dos. Lorsque je pénètre en lui, je ressens comme un immense soulagement... Il est beau, je l'aime et il est à moi ! Je profite longuement de la douceur de son corps, essayant de me retenir le plus longtemps possible. Je surveille ses réactions, je le sens pleinement heureux. Je le suis tout autant ! M'activant en lui, je l'attrape pour l'aider à faire monter son plaisir, si besoin en est... Sentant venir sa jouissance, il retire ma main, tourne la tête pour m'embrasser, ses yeux sont brillants de joie :
- Arrête Kévin ! Pas tout de suite, j'aimerais inverser les rôles...
C'est au-delà de ce que j'espérais ! Je suis sur le dos, Franck est sur moi, j'ai relevé mes jambes sur ses épaules
Il s'active lentement, ses yeux rivés dans les miens surveillant la montée de mon plaisir
Face à l'arrivée imminente du bonheur annoncé, il accélère le mouvement pour me rejoindre dans le feu d'artifice, le bouquet final ! J'ai réussi à lui attraper la tête pour l'embrasser avec fureur, je sens des larmes qui coulent sur mes joues mais ce ne sont pas les miennes
Nous restons un bon moment ainsi, soudés, collés l'un sur l'autre
Lorsque enfin nous reprenons nos esprits, Franck me regarde tendrement :
- Merci mon amour ! Tu a fait sauter mon verrou ! C'était merveilleux
J'avais si peur de ne pas être à la hauteur
- Comment un mec aussi canon peut-il ainsi douter de lui ?
- Parce que je t'aime vraiment très fort, j'aurai été si malheureux de tout gâcher
Tu es si mignon
Il m'embrasse à nouveau et nous allons prendre rapidement une douche
De nouveau, j'ai le bonheur de lui arracher sous le jet quelques larmes de bonheur ! C'est merveilleux un mec qui pleure quand il jouit !
Il n'a pas vu que je pleurais aussi
-=§=-
La fin de la saison est là, il me reste maintenant à faire un bilan rapide avant le prochain salon du bateau, le Grand Pavois à La Rochelle en ce mois de septembre pluvieux
Comme tous les ans, David et moi y allons pendant trois ou quatre jours.
Franck n'est pas revenu chez moi. Oh ! Pas de panique ! Tout va bien, ou presque
Si ce n'est les séparations inévitables
Après notre premier week-end " à nous ", je suis allé le week-end suivant à Nantes, j'ai dû revenir le dimanche matin pour travailler au port
Il me téléphone tous les jours, lorsque ce n'est pas moi qui appelle le premier ! Puis, il a dû honorer un voyage prévu de longue date, deux semaines de vacances en Sicile. Je l'ai accompagné à l'aéroport, le cur en miettes.
J'espérai parler à David avant notre court séjour à La Rochelle, je n'en trouve pas la force
Il doit sentir que quelque chose se trame. Rarement il ne m'a autant répété qu'il m'aimait que ces derniers jours
Je suis morose. Pour la seconde fois en peu de temps, je vais être séparé de Franck pour quinze jours. Il est parti en formation aux USA, dans une célèbre société d'informatique, pour travailler sur un projet auquel je n'ai rien compris ! C'est son truc, sa vie, j'ai des difficultés à suivre
Je ne suis pourtant pas trop con mais là, je décroche !
J'ai les boules, il est absent pour deux semaines en tout et je ne le verrai pas avant le salon
J'ai réservé une chambre dans un petit hôtel sympa à Chatelaillon Plage, à 15 mn du port des Minimes
.
C'est, depuis plusieurs années, notre nid d'amour, notre refuge
Cette année, je sais avec certitude que c'est la dernière fois que j'y viens
J'ai réussi à faire admettre à David que notre présence sur le salon pendant trois jours n'était pas essentielle, il a transigé pour deux jours, nous ne resterons qu'une seule nuit
Une seule nuit ! Je suis lâche, j'ai cédé
David minaude, me fait les yeux doux pendant le repas, il réussit à me faire craquer
Je voudrais essayer de me concentrer sur Franck, je n'y arrive pas
Je me venge sur lui de mon manque de volonté ! Alors que pendant toutes ces années j'ai toujours été sa chose, je décide ce soir de prendre l'initiative et de lui faire découvrir un Kévin nouveau ! Je sais comment il fonctionne, il attend toujours que je déclenche son désir pour ouvrir les hostilités
C'est un jeu entre nous, mais ce soir les dés sont pipés ! Une fois couchés, je décide d'attendre, je ne donnerai pas le signal du départ ! J'ai autre chose en tête
Et enfin, il se décide et sa main vient à la recherche de mon sexe
Il me caresse un moment, je me laisse faire, sa bouche vient remplacer la main
Je ne fais rien, je mûris mon idée
J'ai déjà aperçu un préservatif au coin de sa table de chevet
mais il n'a pas vu le sachet de gel que j'ai sous l'oreiller !!!
Je l'interromps un peu brutalement, le bascule pour le coucher sur le ventre. Il m'observe par-dessus son épaule. Lorsqu'il me voit sortir le gel, il me regarde d'un air étonné, mais ne dit rien
Je ne lui fais pas l'amour, je le baise ! Il gémit, mais j'ignore si c'est du plaisir
Mais il ne proteste pas, et finalement, explose avant moi
J'ai honte de l'avoir fait, je me dégoûte ! Je m'en veux de ne pas avoir eu le courage de lui dire non, d'avoir même préparé mon sale coup !
Sa réaction m'enfonce encore plus dans mes remords :
- Je ne sais pas trop pourquoi, mon cur, mais c'était génial ! Ça faisait longtemps que tu ne m'avais pas pris, c'était super !
Rien à ajouter, mais je ne veux plus qu'il m'appelle son " cur " ! Comment lui dire ?
-=§=-
Nous passons la deuxième journée au Grand pavois sans avoir le temps de discuter, nous devons rencontrer nos fournisseurs en un temps record, je suis trop pressé de rentrer
Nous sommes au milieu de la semaine et le week-end prochain je vais récupérer Franck à l'Aéroport ! Chouette !
A son retour des Etats-Unis, je me sens revivre ! Il est mon soleil, mon homme à moi !
Maxime et Rody viennent chez moi, avec Franck bien sûr, pour le week-end à venir, je nous prévois encore un grand moment de gaieté mais si différent du dernier
Car Franck et moi sommes officiellement ensemble aux yeux de nos amis, ils en sont ravis !
Franck, Franck, Franck
C'est décidé, je vais lui parler de l'avenir ! Je veux vivre avec lui, je ne conçois plus de ne le voir que par épisodes !
- J'attendais ce moment depuis si longtemps !
Franck est rayonnant !
- Tu as parlé à David ?
- Non pas encore, je n'y arrive pas
Il sait que je suis transformé mais il ignore pourquoi
Je lui parlerai la semaine prochaine, je te le promets mon amour !
-=§=-
-= Épilogue =-
Lorsque David sort de ma maison, sans un mot, je me sens complètement vidé mais aussi profondément soulagé... Je voudrais appeler Franck, mais je dois d'abord faire le vide, sécher mes larmes, retrouver un semblant de sérénité...
Ces longues années de bonheur partagé, mais toujours dissimulé, ne peuvent être gommées de ma vie. Elles font partie de moi, j'ai eu de merveilleuses choses à partager avec David, tant de souffrance intérieure aussi, de solitude dont il m'arrivait souvent de le tenir pour responsable... Quel est le fautif de nous deux, si faute il y a...?
Puis Franck est entré dans ma vie... Par la petite porte, sans faire de bruit, il n'ignorait rien de ma relation hors normes, il ne cherchait pas à s'installer... Mais l'amour est entré par la grande porte, nous a enveloppés de son voile de bonheur et j'ai compris qu'il me fallait faire ce choix si douloureux pour David... Et pourtant, j'étais à lui, je ne vivais que par lui, espérant qu'il soit un jour entièrement à moi...
Aurait-il quitté sa femme ?
Je l'ignore encore maintenant, je ne lui ai jamais demandé !
Aujourd'hui, David et Marie vivent à l'étranger. Nous avons vendu notre affaire, bien vendu même, et je suis parti m'installer avec mon amour dans le Sud-Ouest
Vincent est resté en France pour ses études, il vient de fêter ses 20 ans avec Franck et moi...
J'aimerais lui dire un jour à quel point j'ai aimé son père, et combien il me l'a rendu...
Mais je pense sincèrement qu'il le sait déjà...
Fin
Kévin H
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