Mon éveil sentimental (4)
par Naël
Chapitre quatre.
Le week-end passa excessivement lentement. Je passais en effet le samedi après midi à lire et à somnoler (nous n'avions pas eu le temps de beaucoup dormir).
Xavier avait promis de me rappeler dimanche, et, ce jour-là, tout mon être était à nouveau tendu vers le téléphone. Plusieurs fois, Loïc me demanda ce qu'il m'arrivait. Je refusais à chaque fois de lui répondre.
- Ah, je vois, une histoire de cur, finit-il par conclure. Quelque charmante demoiselle t'a promis d'appeler chez toi et tu attends le coup de fil avec impatience
Je restais silencieux, et continuais à arpenter l'appartement dans tous les sens. À dix-huit heures, je n'y tenais plus. Je m'étais levé très tôt le matin, pour être sûr de ne pas louper le coup de fil. Il ne m'a jamais été possible de rester toute une journée à l'intérieur d'un appartement, aussi finis-je par me résoudre à sortir. Le temps était grisâtre, ce qui ne rendit pas la promenade particulièrement agréable, mais celle-ci fût néanmoins bénéfique. Mon esprit n'avait en effet pas encore eu le temps de digérer complètement les derniers événements, et, plusieurs fois, je me surpris à penser que ce ne pouvait être qu'un rêve. De temps en temps, quelques scènes particulièrement chaudes me revenaient en mémoire, ce qui avait pour effet de réveiller mon membre.
J'avais une immense envie de le revoir. Est-ce que je l'aime ? Oui, je crois que oui. Je n'en étais pas sûr car je ne savais pas bien ce qu'on pouvait définir comme étant de l'amour. En tout cas, je savais que je voulais passer le reste de ma vie avec lui. Avec lui ? Mieux, dans ses bras. Mais qu'est-ce qu'aimer après tout ? Est-ce ça, ou est-ce autre chose ? Puis-je vraiment affirmer que je l'aime sans savoir ce que constitue l'amour ? Oh, et puis merde ! Xavier, je t'aime !
Lorsque je revins de ma promenade, j'avais déjà les idées plus en place.
- Un coup de fil pour moi ? demandais-je aussitôt à Loïc, lorsque je revins.
- Absolument rien, joli cur.
En poussant un profond soupir, je m'effondrais sur le lit et j'allumais la télé.
Lundi. Mardi. Mercredi. Toujours rien. Mon désespoir croît à mesure que le temps passe. La configuration est semblable à celle de la semaine dernière, à un détail près : cette fois, il a mon numéro. Par contre, je n'ai toujours pas le sien. La première fois, je m'étais maudit, car je savais que tout était de ma faute, que j'avais été infoutu de lui filer un numéro correct. Et il avait remué ciel et terre pour avoir le bon. Mais maintenant qu'il l'avait, pourquoi ne rappelait t-il pas ? Était-ce de ma faute ?
Lorsque je rentrais le soir, je passais des heures à regarder le téléphone, qui restait toujours obstinément muet. La déprime me gagnait.
Loïc avait remarqué cet était de fait, et avait tenté de me réconforter. Il m'avait même proposé de m'inviter à un match de foot pour me changer les idées. Je n'en avais pas vraiment envie, mais j'ai tout de même accepté, plus pour lui faire plaisir qu'autre chose. À force de se côtoyer, on commençait à s'entendre un peu mieux, malgré toutes nos différences. Bien évidemment, je ne lui avais pas encore dit que j'étais gay. Il restait persuadé que c'est une fille qui me cause autant de déboires sentimentaux.
- Tu sais, m'avait t-il dit une fois, les filles, il ne faut pas vraiment chercher à comprendre leurs réactions, laisse faire le temps, il y en a des tas d'autres
Il va de soi que cette explication n'avait pas réussi à me redonner le moral, néanmoins j'étais touché de voir Loïc commencer à s'intéresser à d'autres choses que lui-même. Peut-être l'avais-je mal jugé ? Il faisait sans doute partie des gens qui gagnent à être connus.
Le mercredi soir, vers minuit, j'étais allongé sur mon lit et je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Les événements défilaient dans ma tête, et je me demandais ce que j'avais bien pu faire pour déplaire à Xavier. J'étais extrêmement malheureux, au bord des larmes. Quand une scène me revint, qui s'était déroulée lors de la fameuse nuit que nous avions passé ensemble.
Il devait être trois ou quatre heures du matin. Nous étions tous les deux dans les bras l'un de l'autre, nus comme des vers. Je sentais son pénis au repos presser agréablement comme ma jambe gauche. Il régnait dans la pièce exiguë une odeur de sueur assez prononcée, preuve de nos ébats passés. Mes bras entouraient ses épaules, et ma joue était pressée contre la sienne. Ma main gauche descendait tout le long de son dos, et la lisière de mes doigts caressait la raie de ses fesses. Sa respiration soufflait à intervalles réguliers contre mon épaule. Cela faisait une bonne vingtaine de minutes que Xavier somnolait. Pour ma part, je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Mon cerveau était en ébullition complète. Nous avions fait l'amour deux fois. J'étais bien dans ses bras, lové contre lui, et je n'avais pas le moins du monde envie de bouger. Malheureusement, une envie soudaine de pisser m'avait saisi. Au bout de quelques minutes, la pression était si forte que je dus me résoudre à abandonner le corps de mon homme pour aller soulager ce besoin naturel.
Je m'étais donc levé, et j'étais passé dans l'autre pièce, qui servait à la fois de toilettes et de salle de bains. Une fois cette envie pressante satisfaite, j'avais passé de longues minutes à me contempler dans la glace, songeur.
C'était toujours moi, le même Damien qu'hier, mais en même temps, je ne savais pas, un léger détail changeait. Peut-être dans le regard ? Je ne pouvais le dire. Oh, bien sûr, j'étais trop mature pour me laisser bercer par le genre de réflexions foireuses à base de "t'es un homme maintenant". Ce genre de réflexions était à mon sens digne d'un Loïc. Après tout, le propre de l'homme n'est-il pas d'aimer la femme ? C'est du moins ce qui était implicitement enseigné, et j'avais toujours trouvé cela complètement stupide. Mais j'avais tout de même l'impression d'avoir gagné quelque chose, d'avoir appris quelque chose. Expérience ? Maturité ? Je ne saurais le dire.
Je ne me souvenais plus au juste ce qui m'avait poussé alors à ouvrir l'armoire à glace qui était au-dessus du lavabo, et dans laquelle je me contemplais. Quoi qu'il en soit, j'avais alors fait une découverte fort singulière. Au milieu des cotons-tiges et du gel pour les cheveux, trônait en effet un tube de rouge à lèvres.
Lorsque j'étais revenu dans la chambre, Xavier était encore en train de dormir. Je ne vais pas lui faire une scène pour ça, me suis-je dit alors. Sans doute une de ses amies qui avait dû dormir chez lui, et qui avait oublié le rouge à lèvres. Particulièrement naïf ? C'est vrai ! Quand je disais que je ne parvenais jamais à raisonner rationnellement dès lors que l'amour était en jeu !
Bref, je m'étais alors promis de lui poser la question le lendemain matin dès son réveil. Mais il s'est avéré par la suite que cette question s'était noyée dans les ébats du matin.
La nuit me fut particulièrement pénible. Je ne parvins pas véritablement à trouver le sommeil, car je me réveillais et me rendormais sans arrêt. Cette partie de l'histoire, qui avait mis une semaine avant de revenir à mon esprit, me trottait à présent sans arrêt dans la tête. Vers cinq heures du matin, je me résolus à tirer cette histoire au clair.
La journée ne fut guère meilleure que la nuit. J'avais été réveillé en sursaut à sept heures du matin par les va-et-vient de Loïc. Après avoir longuement hésité, je me suis finalement rendu en cours. N'avez-vous jamais remarqué que plus vous êtes pressé, et plus l'attente se fait insupportable ? Ce fut totalement mon cas aujourd'hui. Je regardais ma montre toutes les deux minutes, prenant vaguement des notes de manière automatique puisque mes pensées n'avaient absolument rien à voir avec la naissance de la démocratie à Athènes. J'étais en fait surtout occupé à m'assurer une préparation psychologique pour avoir enfin le courage d'aller trouver Xavier dans son appartement.
Un quart d'heure plus tard, je me trouvais en face de la porte de son immeuble. Une vieille femme qui rentrait chez elle me permit d'entrer à l'intérieur. Dans l'ascenseur, j'appuyais sur le bouton du dernier étage. La machine se mit en marche avec un grondement sonore. Au moment où je l'entendis, mes tripes se nouèrent. Qu'allais-je faire ? De quel droit m'imposer ainsi ? Et s'il le prend mal ? Et s'il a trouvé quelqu'un d'autre ? Et si
Et si
Et si
Ding dong. Je restais planté devant la porte à attendre comme un con, mettant mes mains dans mes poches pour me donner une contenance. Pas de réponse. Aucun bruit à l'intérieur de l'appartement. C'est foutu, il n'est pas là. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois.
À l'instant même où j'allais partir, j'entendis la porte s'ouvrir. Une jeune femme qui devait avoir mon âge se tenait en face de moi. Brune, les cheveux coiffés à la garçonne, des petites lunettes. Look sérieux.
- Bonjour monsieur, me dit-elle d'un ton neutre.
Je ne savais plus où me mettre.
- Euh
Je suis un ami de Xavier, bafouillais-je. Puis-je le voir ?
Elle parût légèrement étonnée.
- Xavier ? Mais il n'habite pas ici. Il est chez son père adoptif en ce moment.
- Ah
Euh
C'est qu'il fallait que je le voie, c'est assez urgent en fait
Euh
Vous ne pourriez pas lui dire que Damien a demandé à le voir ?
Elle réfléchit un instant.
- Dites, ce ne serait pas vous qui auriez dormi chez moi, vendredi soir ?
Je devins instantanément rouge comme une pivoine.
- Heu
C'est-à-dire que
Oui
- Vous avez oublié votre mouchoir. Je vais vous l'apporter.
La jeune fille disparût dans son appartement, me laissant sur le seuil de la porte.
Une ou deux minutes s'écoulèrent, que je passais à contempler le paillasson. Je ne comprenais plus rien. Son père adoptif ? Qu'est ce que c'était que cette histoire ?
- Ça y est, je l'ai retrouvé. Entrez, me cria t-elle depuis l'intérieur de l'appart.
J'obtempérais sans un mot. Les lieux m'étaient déjà familiers, et rien n'avait bougé depuis samedi matin. Elle me tendit mon mouchoir (tiens ! je n'avais même pas remarqué son absence !).
- Mais euh, c'est chez vous ici, ce n'est pas chez Xavier ? demandais-je, en proie à un affreux doute.
- C'est plus ou moins chez lui. En fait je suis sa petite amie et
Je n'entendis pas le reste de la phrase. Mon esprit se transforma instantanément en une vrille de douleur. Trahi ! J'ai été trahi ! Le salaud ! Enflure de merde ! Une vague de larmes monta à mes yeux. Je la refoulai avec difficulté. Le sol se dérobait sous mes pas. J'avais encore de la peine à réaliser ce qui arrivait. C'était comme si on m'avait porté un coup à l'estomac.
- Ça ne va pas ??? me demanda-t-elle, inquiète.
- Je
crois que je ne me sens pas bien, réussis-je péniblement à articuler.
Je m'assis péniblement sur le lit.
- Tu veux que j'appelle un médecin ?
Spontanément, elle était passé au tutoiement.
- Non
Merci
Ça ira
Je crois que je ferais mieux de partir, dis-je en me levant brusquement.
Je sortis vivement de l'appartement et me ruai vers l'ascenseur.
Ce ne fut que lorsque j'arrivais dans la rue que je me permis de pleurer. Les larmes ne furent pas longues à venir.
Vendredi, huit heures du matin. La section consacrée aux étudiants en géographie se situait dans un bâtiment à part. Aujourd'hui mes cours commencent à onze heures trente. Je me suis levé spécialement pour pouvoir le voir. Hier, je suis descendu chez un marchand de tabac et j'ai racheté un paquet de clopes. J'avais commencé à quinze ans. Cela faisait neuf mois que j'avais arrêté.
Premier étage : section géographie. Je me dirige vers le panneau d'informations, sors une feuille, et commence à noter tous les horaires de la deuxième année qui concernent le vendredi. Okay. Ils commencent à dix heures. Je note le nom de l'amphi.
S'il faut le faire, je ferai tous les cours de géo de la journée, et tant pis si pour cela je dois sécher les miens. Il ne m'échappera pas. J'aurais cette explication.
Pour tuer le temps, je sors me promener à l'extérieur, et je grille clope sur clope. Les mauvaises habitudes reviennent vite.
À l'heure dite, je me trouvais déjà devant la salle depuis plus d'une demi-heure. Je suis adossé au mur, en train de regarder les étudiants qui entrent et qui sortent de la salle. Quinze minutes plus tard, le cours a commencé, et il n'est pas venu. Sans doute l'aura t-il séché. Ou peut-être était-ce une option qu'il n'a pas prise. Je sortis mon carnet et rayais l'horaire. Puis je me suis reporté au cours suivant de la liste.
Je ressortis me promener. Les environs de ma fac n'avaient désormais plus aucun secret pour moi.
Onze heures trente. Mes cours étaient sur le point de commencer. Peu importe. J'étais posté cette fois à un endroit stratégique. Il y avait un long et vaste couloir qui menait à cet amphi, et c'était le seul moyen d'y accéder. Je me postais entre un distributeur et une colonne, afin d'être certain qu'il ne pourrait pas me voir avant que je ne le voie. Les risques qu'il tourne les talons étaient bien trop grands. La majorité des gens qui passaient par ce couloir me jetaient un regard curieux, se demandant bien ce que je pouvais foutre à cette position. Rien à battre de leurs avis.
Je ne suis pas du genre à apprécier qu'on se foute de ma gueule. Cette explication, tu me la dois, Xavier, et je l'aurai.
Il passa près de moi sans même me remarquer. Il était avec deux de ses copains, en train de rigoler.
- Xavier !
Il se tourna vers moi. Son sourire s'effaça instantanément, il détourna la tête et se remit à marcher. Son regard m'avait fait l'effet d'une douche froide. Mais il était maintenant trop tard pour reculer.
Aussi le rattrapais-je.
- Xavier, il faut que je te parle, annonçais-je.
- Je ne vois pas ce que je pourrais te dire.
Le ton était dur, cassant.
- Xavier, je dois te parler. Et si tu refuses de m'écouter, je te parlerai ici.
Il détourna le regard. Il était clair qu'il n'avait pas la moindre envie que je dévoile nos relations passées devant ses copains.
- Bon, comme tu voudras, dit-il. Il se tourna vers ses deux amis. Jean, tu voudras bien me filer les cours ?
Le dénommé Jean acquiesça. Ses deux amis tombaient des nues.
- Ce ne sera pas long
j'espère, leur dit-il avant de me suivre.
Je l'amenais jusqu'à une salle de TD inoccupée. Nous n'échangeâmes pas un mot durant le trajet.
Lorsque la porte fut fermée, je commençais :
- Xavier, il faut que je te parle. J'ai appris que tu avais une copine et
- De quel droit t'es-tu pointé chez elle comme ça ? me coupa-t-il brusquement.
Cette réplique me décontenança complètement. Je me mis à bafouiller.
- Mais je ne savais pas que c'était chez elle
C'était toi que je venais voir.
- Tu lui as dit quelque chose ?
- Mais non
Je t'assure.
Un long silence suivit cette déclaration.
- Bon, je t'écoute, finit-il par dire d'un ton plus calme.
- Écoutes, je voulais juste te dire que
que
J'avais dû répéter ce que je lui dirais une bonne centaine de fois dans ma tête. Mais arrivé à ce moment, je ne savais plus comment m'exprimer. Je pris une profonde inspiration.
- Que c'est dégueulasse de m'avoir laissé croire qu'il y avait quelque chose entre nous, alors que tu ne voulais que mon cul !
- Attends
Je ne t'ai jamais rien laissé croire. C'est toi qui t'es fait tes films ! T'ai-je dit que je t'aimais ou ce genre de chose ? Non ! Alors lâches-moi avec ton sentimentalisme mièvre !
- Tu ne vas pas me faire croire que tu ne savais pas que je prenais cette histoire au sérieux !
Il soupira.
- Bien sûr que je le savais. Mais tu ne m'as jamais posé la question.
Un tel cynisme me laissa sans voix.
- Attends, finis-je par lâcher, complètement désespéré, je ne vais pas te laisser partir comme ça ! Je ne suis pas un jouet !
- Cette conversation commence à me fatiguer. Au revoir Damien, et portes-toi bien.
Il était en train de se diriger vers la sortie lorsque je lui criais :
- Et si je te le disais à tout le monde, hein ? Tu ferais quoi ?
J'avais lâché ça sous le coup de la colère, et je n'avais jamais eu une quelconque intention de mettre ce projet à exécution. Ce n'est pas dans mes habitudes d'être mesquin à ce point-là.
Toujours est-il que Xavier me prit au sérieux. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, je me retrouvais plaqué contre le mur. Sa main droite enserrait mon épaule, tandis que sa main gauche exerçait une désagréable pression sur ma gorge.
Il me regardait droit dans les yeux. Il n'y avait nulle trace de colère dans son regard, seulement une froide hostilité.
- Maintenant tu vas m'écouter, sale tarlouze, commença-t-il.
Son débit de paroles était extrêmement lent. Il prenait soin de bien détacher ses mots pour que chacun d'eux produise un effet maximal.
- Déjà, il faut que tu saches : je suis pas pédé. Alors tu arrêtes de me courir derrière, okay ? Ensuite : Il n'y a rien eu entre nous qui ne ressemble à des sentiments. Je te l'ai déjà dit, je suis pas pédé. Enfin : si jamais il passait dans ton esprit de pédale l'envie d'aller raconter des cochonneries sur mon compte, je te castre. Et crois-moi, j'en suis capable. C'est compris ?
Pendant toute sa litanie, il avait progressivement serré la gorge. Je commençais à manquer d'air. Je voulus articuler "oui" mais je ne pus y parvenir.
- C'est compris ?
La pression se fit encore plus forte, et je crus réellement que j'allais m'évanouir. J'acquiesçais péniblement.
Il me lâcha enfin, et sortit sans un regard.
Je restais complètement immobile durant plusieurs minutes, seulement occupé à masser mon cou douloureux.
Puis je me suis levé, j'ai ramassé mon sac qui traînait à terre, et je suis parti sans un bruit. En chemin, je me suis arrêté aux toilettes, et j'ai été me regarder dans une glace.
Sa main avait laissé une trace rougeâtre.
Diffusez votre publicité sur nos textes pour tous publics en 468x60 ou 728x90, nos textes pour adultes en 468x60 ou 728x90
Les textes diffusés ici sont la propriété de leurs auteurs respectifs et de TextesGais.com. Tous droits réservés.
Site muni du tag ICRA pour la protection des mineurs.
Editeur : Editions textes gais. Hébergeur : Olf Software.
(c) Textesgais.com