Fortune (2)
de Othello


19h45, je suis en avance. Je ne voulais pas le faire attendre. Je regarde dans tous les sens espérant apercevoir quelqu’un qui se détache de la foule. Derrière moi, les grilles du jardin se sont refermées. Face à moi, se déroulent les Champs Elysées avec son flot de voitures et de touristes. Les klaxons incessants des voitures, les conversations anodines des passants n’ont aucun effet sur moi. Mon cœur s’emballe. Il va bientôt arriver. 19h55, je le vois qui s’approche, le temps s’arrête. Il est encore plus beau que sur la photo. A vue d’œil, il doit faire environ 1m85, pour 80kg environ. Il porte un jean noir et une chemise couleur fuschia et un long manteau noir qui lui arrive à mi-cuisse. Dieu, ce qu’il est beau ! Quelle allure ! On ne dirait pas qu’il marche mais qu’il flotte au-dessus du sol.
- Salut Antoine , dit-il en me serrant la main. Le contact de ma peau avec la sienne m’électrise, je le mange des yeux. S’en est-il aperçut ? Cela fait longtemps que tu attends ?
- 5 minutes environ. Tu es comme sur la photo, c’est-à-dire très beau. Les derniers mots sont à peine audibles.
- Content de te rencontrer enfin.
- Itou
- Tu veux aller quelque part en particuliers ? Me demanda-t-il.
- Je sais qu’il y a un Paradis du Fruit pas très loin, j’adore les fruits et la cuisine à base de fruit, si cela ne tente.
- Je ne connais pas, mais j’aime bien les fruits aussi, on peut y aller.

Je suis content, très heureux. Son sourire illumine son visage. On parle de tout et de rien, de nos désirs les plus profonds, de la rose qui offre ses pétales aux rayons du soleil, du vertige de la goutte de rosée qui s’accroche à l’épine de pin pour ne pas tomber. Ce n’est pas la même chose que nos découvertes épistolaires c’est différent, il y a davantage d’interactivité. Tantôt, je l’écoute parler, tantôt il m’écoute. Je l’apprécie énormément, et je crois que cela est réciproque.
A l’entrée du restaurant, un énorme bananier accueille les clients. En poussant la porte, un zouk se fait entendre donnant l’impression d’entrer dans un autre univers. Il n’y avait pas trop de monde, juste quelques couples qui sirotaient des coktails. La découration est simple mais bien agencée. Derrière le bar, des bouteilles de Rhum au fruit invitaient à la dégustation. Une énorme corbeille de fruits tropicaux faisait saliver. Une serveuse nous accueille avec un fort accent des antilles.
- Bonsoir Messieurs.
- Bonsoir, répondis-je, une table pour deux s’il vous plaît
- Fumeur ou non fumeur ?
Je me tourne vers Alexandre pour lui demander son avis .
- Non fumeur , répondit-il. Cela te va
- Pas de soucis pour moi.
La serveuse nous mène jusqu’à une table. L’ambiance est agréable, pas trop bruyante. On pouvait discuter tranquilement. La serveuse nous laisse nous installer et revient avec deux cartes.
- Tu es mon invité, dis-je à Alexandre, tu prends ce qui te fais plaisirs.
Il protesta mais aucun de ses arguments ne ne firent plier. Et à contre cœur, il se résigna à se faire inviter en jurant que la prochaine fois ce sera pour lui.
Il était là, face à moi, son regard plongeait dans le mien. Ce mec me fascine j’avais du mal à cacher mes émotions, ne laisser rien paraître lorsque que l’on a l’impression que le volcan qui se trouve au fond de soi est prêt à cracher sa lave.
Il s’est levé, s’est excusé et il est parti aux toilettes, je le regardais descendre les escaliers. Féline était sa démarche, chaque pas respirait la grâce, l’élégance. J’avais l’impression qu’il avait chorégraphié sa façon de bouger, mais non, tout se faisait de manière très naturelle. Je le regarde disparaître et au fond de moi, c’est l’explosion, mon rythme cardiaque s’accélère, j’ai des bouffées de chaleur, je me sens frémir, j’ai l’impression que tout s’écroule. En l’espace de quelques secondes, je ne sais plus qui je suis, où je suis. Il faut que je me reprenne car le voilà au bas des escaliers. Une forte inspiration et mon visage s’illumine lorsque mon regard croise le sien. Ce garçon me met dans mes états.
A postériori, je m’interroge sur cette admiration, cette fascination sans bornes qu’il exerce sur moi. Pourquoi ? Comment ? Je ne sais pas. Cela me fait penser à un poème de Francisco Brines, Causa del amor, où le poète s’interroge sur le lien qui le relie à son bien aimé. Les deux premiers vers sont les plus parlants et reflète l’état d’esprit dans lequel se trouve l’auteur :
« Cuando me han preguntado la causa de mi amor
Yo nunca he respondido : ya conoceis su gran belleza »
Tout le poème est une déclinaison des causes qui peuvent justifier un amour et la conclusion du poète en est que l’amour c’est accepter l’autre comme son alter ego, avec ses défauts et ses qualités. On trouve dans l’autre, les qualités suffisantes pour combler ses propres défauts. Il est pour moi l’être parfait, celui auquel je veux ressembler.
Tout chez lui inspire la grâce, la façon dont il prend la paille entre ses lèvres et les joues qui se creusent lorsqu’il aspire son jus de fruit. Le moindre détail prend son importance, le col de sa chemise rabattu conscencieusement sur lui-même, la façon dont ses doigts glissent sur le verre, ajoute une note de sublime à cet être. Amusé, je me suis imaginé en Frédéric Moreau rencontrant pour la première fois madame Arnoux, sur le bâteau qui de Paris les emmenait à Nogent. Flaubert, en une phrase, résume tout ce que je ressens : « Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu’elle avait portées, les gens qu’elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans un curiosité qui n’avait pas de limites. » J’étais là, suspendu à ses lèvres pour ne perdre aucun son de sa voix enchanterresse. Moment mystique où plus rien n’a d’importance, moment de communion avec l’être parfait. J’éprouvais au fond de moi une très grande plenitude. J’étais paralysé par ce que j’éprouvais et en même temps, j’avais envie de courir, de crier tout mon bonheur. Je sentais un frisson me parcourir lorsque ma jambe frôlait la sienne, mes poils se hérissaient sur ma nuque et sur mes bras. J’étais électrisé, cloué sur place et tout ce que je pouvais dire me semblait banal face à sa vivacité d’esprit.
La soirée avancait et pour se dégoudir les jambes on avait décidé de faire un tour. Sans avoir d’iténiraire précis nos pas nous menaient là où nos discussions nous emportaient. Soudain, dans la fraîcheur, de la nuit s’élevait une douce odeur de pomme, de vanille, je me suis retrouvé projeté dans les ruelles d’Istambul, avec l’odeur des narguilés. On a poussé la porte du café, la décoration était rustique, quelques banquettes, un porte-manteau, une vitrine qui offrait à la vue quelques patisseries orientales, des copains, dissimulés derrière un nuage de fumée, étaient confortablement affalés dans une banquette, avec, devant eux, l’objet de notre convoitise. De même, on s’est installé, et a demandé le narguilé tant désiré. J’aspire en premier, je sens dans ma bouche s’engouffrer la première bouffée, je détache mes lèvres de l’amboue, je jette ma tête en arrière, et recrache toute la fumée. Je sens sur moi son regard. Je lui tend le serpentin, il le porte à sa bouche, et aspire, il toussotte un peu, je retiens un fou rire et il me le tend à nouveau. Sa salive et ma salive vont se mélanger, je pose mes lèvres là où les siennes se sont posées quelques minutes auparavant, moment d’extase.
L’heure avance, il va falloir nous quitter. Je le raccompagne jusqu’à une bouche de métro. Moment de détresse, va-t-on se revoir ? A-t-il passé une bonne soirée ? Je sais que je ne supporterais pas de ne plus le revoir. Il est entré dans ma vie et il est impossible qu’il en ressorte.
- Veux-tu qu’on se revoit ? Me demande-t-il ? Je n’attendais pas tant.
- Ce serait avec joie, repondis-je en ayant du mal à cacher ma joie.
- Vendredi ou Samedi prochain car je m’en vais demain voir mon copain à Germesez et je ne rentre que Mercredi ou Jeudi.
Ces derniers mots ont été comme un coup de massue. J’ai la tête qui tourne, je me sens mal. Il a un copain, mon dieu. J’ai envie de pleurer, j’ai envie de crier ma haine. Alexandre à bien vu que j’étais pas bien, et me demande ce que j’ai. Que lui répondre ?
- Mes parents sont morts dans un accident de voiture à Germeusez , lui répondis-je. Pourquoi je lui ai dit cela, je ne sais pas. Il fallait que je trouve quelque chose afin de ne pas dire que de savoir qu’il a copain me broie totalement. Son visage s’assombrit.
- Je suis désolé me dit-il.
- Ce n’est pas grave tu ne pouvais pas le savoir.
- Il faut que j’y aille car demain je me lève tôt, je t’appelle dès mon retour.
- D’accord, lui dis-je, amuse toi bien .
Il descend les marches et avant de disparaître totalement, il se retourne et me décoche un sourire qui me fait fondre davantage.

Depuis deux jours, je broie que du noir. Simone, s’inquiétant de me voir ainsi, me chouchoute plus que d’habitude. Sait-elle qui je suis, je ne le pense pas, elle m’a été conseillée par Henri et il est vrai que je n’ai pas à me plaindre d’elle. Il faut dire aussi, que je n’hésite à gonfler son salaire. Il s’est instauré une vraie complicité entre nous. La règle d’or est de me poser aucune question sur mes origines, je pense qu’Henri a dû la mettre au parfum. Mes sociétés fonctionnaient plutôt bien. Tout en légant la gérance à Henri, j’étais tout de même soucieux de leur fonctionnement. Une chose sur laquelle j’étais pointilleux, était le bien-être de mes employés. Il m’arrivais parfois, de faire une visite surprise à une entreprise avec Henri pour constater par moi-même. Tout le monde me prenait pour son fils, ce qui me garantissait en même temps l’anonymat. Je savais que je pouvais lui faire confiance, mais l’idée de me faire connaître me trottait dans la tête depuis un petit moment mais j’avais le temps, rien ne presse.
Alexandre, il n’y avait plus que ce nom dans la tête. Il avait un copain, qui plus est n’habite pas la même ville que lui. Je me laissais croire que lorsqu’il me connaitra un peu mieux et en se voyant régulièrement, il finirait par tomber amoureux de moi. Si je me faisais connaître au grand jour, il s’apercevrait que je suis un bon parti et qu’il n’aurait plus de soucis financiers. La fin justifie les moyens. Mais m’aimera-t-il pour mon argent ou pour la personne que je suis ? Je n’arriverai peut-être jamais à le savoir. J’ose enfin le dire, je l’aime. Ma tête est sur le point d’éclater, je n’arrive pas à me décider. Faut-il que je lui déclare ma flamme ? Faut-il que je me taise ? Et si je lui demandais de vivre avec moi. Ce n’est pas la place qui me manque. Comme cela je l’aurai auprès de moi chaque jour. Mon immeuble particuliers comporte trois étages, il occuperait le deuxième étage. Il y a tout ce qu’il faut. Chambres, salles de bain. Pour les repas, Je demanderai à Franck, mon cuisinier, de cuisiner pour deux personnes au lieu d’une. Comme cela, il n’aura plus de frais. Il sera là, auprès de moi. Les projets allaient de bon train dans ma tête. Mais fallait-il qu’il accepte cette proposition. Il n’avait rien à perdre mais tout à gagner.

J’ai eu Alexandre au téléphone tout à l’heure, il est rentré de Germeusez, il voudrait qu’on se voit. Il m’invité à prendre un café chez lui. Et j’ai accepté. J’allais découvrir son univers, la façon dont il vit. Elle est où son adresse, je l’avais noté sur un bout de papier. Il m’a dit métro ligne 4, station Odeon. Qu’est ce que je fais, je prends le métro, ma voiture ou un taxi. Je n’aime pas conduire à Paris, il y a tout le temps des embouteillages. Prendre le métro ? Il est quelle heure, 17h, heure de pointe, je me rabbats sur un taxi.

Trente minutes plus tard, je suis devant un immeuble style fin XIXe début XXe siècle. Le quartier est plutôt agréable. Je tappe le code de la porte d’entrée, Alexandre me l’avait donné, quatrième étage m’avait-il dit. Les escaliers sont en bois et cela fait un bruit pas possible à chaque pas malgré la moquette rouge qui était censée amortir les bruits. Quatrème étage, troisième porte à droite. Je tappe, j’entends des bruits de pas, la clef qui tourne dans la serrre, la porte s’ouvre et il est là, devant moi. Encore plus beau dans son jean et sa chemise entre ouverte, qui laisse apparaître un torse musclé.
- Excuses moi, me dit-il, j’étais en train de me reposer un peu, et je ne suis pas très présentable.
- Ce n’est pas grave , luis répondis-je.
Il me fait avancer jusqu’à sa chambre.
- C’est un meublé que je loue, ici c’est mon univers, ce n’est très grand mais je m’y fais. Je partage la cuisine avec le propriétaire, il est absent pour le moment. Il n’est pas facile de se loger sur Paris et de trouver des loyers raisonnables .
- C’est vrai , répondis-je,
C’est petit, vraiment petit. Je ne pourrais jamais tenir dans un truc pareil. Un lit, une armoire et un bureau constitue le mobilier. Au mur, une réprésentation des tournesols de Van gogh, constitue le seul élément de décoration. Dans un coin, une étagère où s’entasse pêle-mêle des livres. Une fenêtre donnant sur la rue, laissait entrer la lumière du jour.
- Assieds-toi, ou tu peux, me dit-il, Tu veux un café ?
- Volontiers.
Il disparaît dans la cuisine ce qui me laisse le temps de mieux observer son univers et revient avec un plateau ave deux tasses.
- C’est chouette chez toi, lui dis-je.
- Ce n’est pas le grand luxe, mais j’aime bien. De plus, le propriétaire n’est pas trop con et je peux recevoir assez facilement.
M’imaginer dormir à deux dans à peine 10 m2, me semble inconcevable, ma chambre en fait quasiment 4 fois plus.
- Tu sais, lorsque Luc, passe me voir sur Paris, c’est vachement pratique.
- Luc ? lui demandai-je
- « C’est mon copain, je t’ai bien dit que j’avais un copain ? »
Comment aurais-je pu l’oublier. Si tu savais combien cela me fait souffrir.
- Oui, tu me l’as dit, mais tu ne m’avais pas donné son prénom. Et comment va-t-il ?
- Bien, mais il était un petit peu triste lorsque je suis reparti. Tu sais, on ne se voit pas souvent. Nos emplois du temps sont différents.
- Et il fait quoi ?
- Il est étudiant en droit, il veut devenir avocat.
Cette conversation me mine, je sais que je ne peux rien espérer lorsqu’il me dit combien il l’aime et que personne ne pourra les séparer. J’ai mal, mais il faut rester stoïque, ne rien monter, c’est ma seule porte de salut.
- Depuis le temps qu’on se côtoie, je ne sais pas grand chose de toi
- Tout simplement parce qu’il n’y a rien d’intéressant à dire. Que veux-tu savoir ?
Il va falloir la jouer serrer.
- Dans quel coin de Paris es-tu ? Habites-tu seul ? As-tu quelqu’un dans ta vie ?
Il fallait bien que cela arrive un de ces jours, et puis, si je voulais l’avoir à mes côtés, il faut préparer le terrain.
- Pour être totalement sincère avec toi, je n’ai personne dans ma vie, je ne suis jamais tombé amoureux, là je mens bien car il a l’air de me croire. J’habite un immeuble particulier, rue de Rivoli, pas très loin de l’hôtel de ville.
J’ai du mal à décrire son expression mi étonnée, mi amusée.
- Oh ! me dit-il.
- Tu sais il n’y a rien d’exceptionnel, j’ai hérité de cet immeuble lors du décès de mon père qui le tenait lui-même d’un oncle qui n’avait pas eu d’enfant.
Je suis impressionné par la faculté que j’ai à mentir. Pourtant cela n’est pas dans mes habitudes. A force de se forger des personnages, on finit par devenir les personnages qu’on crée. On passe facilement de l’un à l’autre. Le mensonge finit par devenir vérité, et la vérité mensonge. Si je veux forger une amitié sur la vérité c’est mal parti, mais en même temps, je suis obligé de mentir. Je ne mens totalement mais j’omets certains aspects de ma vie. Je n’ai pas envie de parler de moi, cela me mets mal à l’aise.
- Si tu n’as rien de prévu ce soir, je t’invite à manger chez moi ce soir.
- C’est gentil, mais je n’aime pas m’imposer comme cela à la dernière minute, me dit-il.
- Il suffit juste que je prévienne mon cuisinier
- T’as un cuisinier personnel ?
- Oui , lui avouai-je doucement, je vais lui téléphoner tout de suite .
- Je te laisse deux minutes me dit Alexandre en se dirigeant vers la porte.
Je prends mon téléphone et compose le numéro.
- Allo , me répondit une voix féminine
- Simone, c’est Monsieur, tu peux prévenir Franck, que l’on sera deux pour le repas ce soir ? et je veux un repas de fête.
- D’accord Monsieur, je le préviens tout de suite
- A tout à l’heure
Alexandre entre de nouveau dans la pièce.
- C’est réglé pour ce soir, tu es mon invité, le temps d’appeler un taxi et on y va.
- Tu sais, on peut prendre le métro ? On ira plus vite.
- C’est vrai, tu as raison.
Je me laisse guider par Alexandre, car il faut avouer que je ne prends pas souvent le métro. Trente minutes, plus tard, on est devant mon immeuble.
- C’est chic ici.
Je ne lui répond pas et le précède. J’ouvre la porte, elle donne directement sur le salon. Alexandre à l’air ébahi par les lieux.
- Ici, c’est le premier étage avec le salon, la salle à manger, la cuisine.
- Premier étage ? Il y en a combien ? , me demanda-t-il.
- Trois lui répondis-je, je te ferai une visite guider plus tard.
- Bonsoir, Messieurs, lança Simone qui venait d’entrer dans la salle.
- Alexandre, je te présente Simone, ma femme de chambre
- Bonsoir madame dit Alexandre en tendant la main à Simone.
- Simone, et ce que tu peux préparer l’apéritif pendant que je fasse visiter la maison à Alexandre.
- Bien Monsieur.
Pendant que Simone se dirige vers les cuisines, Alexandre et moi gravissons les marches jusqu’au deuxième étage.
- Cet étage, je l’utilise rarement, c’est plus pour les rares invités qui me rendent visite. Il y a quatre chambres avec leur salle de bain attenante. En revanche, le troisième étage est mon domaine. Je l’ai un peu emménagé comme je le voulais. Ma chambre avec sa salle de bain. Une pièce qui me sert de garde-robe. J’ai renoncé aux armoires, car je ne pouvais pas tout y ranger, et encore, cette pièce ne comporte que le tiers de mes vêtements, parfois c’est un vrai casse tête de s’habiller.
- On se croirait dans un magasin , me dit Alexandre en rigolant.
- Crois-moi, ce n’est pas aussi rigolo que cela. La pièce d’a côté est mon bureau avec ma bibilothèque.
- Waou , dit-il en voyant bibliothèque.
- Je suis un passionné de livres anciens, dès que j’en trouve un qui me plaît je l’achète. Et à côté, il y a une pièce avec différents appareils de musculation.
- Sois franc avec moi, ce n’est pas seulement un héritage que tu as eu. Un cuisinier, une femme de ménage, un immeuble particulier dans le quartier le plus chic de Paris. Je ne suis pas totalement idiot, » me dit gravement Alexandre.
Suite

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