My angels Darren and Skin (2)
de Saguilan
J'aurais pu m'en tenir à ce constat si je n'avais pas découvert un chanteur russe au nom de Vitas sur le satellite. Il fait dans le pop-opéra et on dit de lui qu'il a une voix de castrat, qu'il est gay aussi. Mais tout cela est ambigu. Sauf pour un homo qui sait lire entre les lignes. Ce qu'il vit, je le vis aussi.
Le premier couplet de son dernier single est plus que troublant:
« Combien de fois me suis-je demandé
Pourquoi je suis né et ai grandi dans ce monde
Et pourquoi les nuages flottent dans l'air et la pluie tombe à verse.
On ne devrait rien attendre de ce monde. »
Dans le clip, Vitas a une interprétation sincère sur le haut d'un pont enneigé.
Il a fait une dépression en 2006.
Je le comprends: être une star non seulement en Russie mais aussi en Chine et ne trouver aucun alter ego dans une communauté où l'on doit se cacher. Et même s'il trouvait l'aimerait-on vraiment pour ce qu'il est ou pour son argent?
Entre Anges Volants et Anges déchus, je ne sais plus où me situer. Et les Anges Déchus sont peut-être plus près du Paradis qu'on ne le pense. Je perds de mon optimisme.
Mais dans mon malheur, Vitas m'a rappelé par son physique l'étudiant du bus. Leur ressemblance est saisissante. Ils ont les mêmes traits de visage, le nez long et droit par exemple.
Est-ce un nouveau signe des anges qui passent dans ma vie?
J'aimerais tant.
Mais mon gaydar n'est affûté que pour les stars
quoique
Pourquoi ne marcherait-il pas dans la vie de tous les jours?
L'étudiant du bus a des allures de minet, toujours bien habillé, mais ça peut simplement être dû à sa formation« technico-commerciale » . Il se mouche avec des kleenex parfumés à la menthe.
Il a redoublé et j'ai eu la chance de le revoir une année de plus. Qui sait s'il aura les mêmes horaires à la rentrée?
Nos regards ne se sont pas trop croisés et pour cause: il est sublime de profil, et moi, c'est de _ gauche que je suis le plus beau. Pas facile d'envoyer un message dans ces conditions. Mais, j'ai cru qu'il me regardait de temps à autre.
Une chose est sûr, j'aurais essayé quelque chose si j'avais été plus jeune pour ne pas rester sur un regret.
Il a aussi des airs de Mans Zelmerlow, le gagnant 2005 de la Nouvelle Star en Suède qui, pour sûr, n'est pas gay. Et ils doivent avoir le même âge: 21ans, vu que l'on redouble au moins une fois avant le bac. Enfin, Mans avait 21ans en 2005...
Le garçon du bus, je préfère qu'il soit hétéro, je préfère finalement qu'il le soit pour qu'il ne souffre pas, pour qu'il ait un petit nid d'amour avec une femme, même avec sa camarade qui prenait le bus, relativement moins belle que lui.
Mais, on me dira que tous les gays ne souffrent pas. Y'en a qui s'en donnent à cur-joie sur msn. Moi, je reste sur les sondages qui montraient que le taux de suicide chez les homo était plus élevé que chez les gens normaux. Peut-être qu'Internet a fait baissé tout ça. Moi, si je devais faire quelque chose, je serais de la vieille école, mais, c'est sûr qu'il faudra que je change, m'initier à l'informatique. De toute façon, c'est mon cousin qui est tout le temps sur le net et il m'en laisse pas l'occasion.
Et s'il souffrait?
Je n'attendrais pas une seconde pour lui dire qu'il pourrait rendre heureux quelqu'un, peut-être pas moi, mais quelqu'un.
Sur le plan physique, je crois que si je devais sortir avec un homme, il lui ressemblerait de toute façon. C'est étrange, je ne suis pas très attiré par les garçons qui me ressemblent trop. Si je sortais avec une femme, elle me ressemblerait trait pour trait comme Mahima Chowdry, une actrice indienne;visage rond, petit ou nez moyen. A l'inverse, les Brad Pitt, les Leonardo Di Caprio ne m'attirent pas. Je trouve ça bien d'aimer quelque chose de différent de soi, en l'occurrence un nez plus long et un visage plus allongé, le tout restant très doux.( Les femmes sont toujours différentes des hommes par leurs attraits féminins. Y 'a toujours un peu de différence!).
Passons maintenant à un sujet épineux, celui des garçons qui appartiennent à son ethnie. Doit-on les aimer. Ne pas les aimer? Les aimer autant que les occidentaux?
Cette question prend toute son ampleur dans le cerveau d'un garçon un peu frustré sexuellement, même beaucoup
Je rappelle ici que je suis frigide et que j'éjacule sans plaisir. Oui, je sais ça fait bizarre d'entendre ça, mais c'est mon histoire et je ne peux pas la changer. Alors dira-t-on, comment tu sais que tu es homosexuel si tu n'as pas de plaisir? Il y a du plaisir avant(je crois qu'il est tout à fait normal dans certaines situations) et surtout il y a des rêves qui me mitraillent parfois la tête, même souvent si je ne me masturbe pas. La sexologue que j'ai consultée qu'une fois car elle a déménagé m'a dit que je faisais des rêves car j'étais frustré.
Ces rêves sont analogues à ceux que l'on fait dans l'adolescence, mais, pour moi, ils n'ont jamais cessé. A mon âge, c'est pas très jolie de se masturber, pourtant je me suis résolu à le faire, car je vous assure que se réveiller 4 jours de suite parce qu'on est mouillé, ce n'est pas agréable.
Je ne sais pas si c'est bien de raconter toute sa vie, de déverser toute ces ordures comme si on était une poubelle. Mais je le fais, même si je peux passer pour l'être le plus glauque de la terre.
Alors, je parlais des occidentaux. C'est eux que je vois dans 95% de mes rêves. Est-ce normal?
Pas ou peu d'indiens. Les fois où j'ai vu des indiens se comptent sur les doigts de la main.
J'ai une de mes cousines qui vit en France. Je lui ai révélé mon homosexualité. Elle m'a dit qu'elle avait un gay dans sa promotion. Comme il n'était pas français mais étranger, je lui ai dit que je recherchais un petit occidental. Et je n'étais pas prêt à contracter un pacs blanc.
En tant qu'indien, j'aimerais une parité50/50 entre indiens et européens, mais Dieu seul sait comment fonctionne un cerveau qui est déjà un peu givré.
Un cousin de mon beau-frère que j'ai vu dans une fête indienne m'a demandé mes préférences. Je lui ai répondu que c'était comme les antibiotiques, pas automatiques. Résultat, je fais un rêve avec lui! Je ne vais pas le détailler, mais c'était presque tout le contraire de ce que j'ai dit.
Je ne sais pas où est ma sexualité exactement mais elle est quelque part.
Et cette chose dont je suis sûr, on ne me l'octroie pas. Les regards extérieurs qui se posent sur moi dans mon cercle familial me questionnent « Comment tu sais? T'ai déjà tombé amoureux?». Il y a de quoi perdre toutes ses convictions, sa foi de gay.
Même avec toutes les images érotiques que j'ai vu, je suis, pourrait-on dire équilibré, un autre n'y aurait pas survécu.
Je ne suis pas un monstre, mais ce que j'endure est affreux. Et lorsque que je recherche du soutien ou de la compassion auprès de ma famille, c'est un florilège:
Ma sur marié avec un blanc: « Tu te rends compte, tu préfères te confier à une étrangère(ma psy)plutôt qu'à nous!». La même sur les larmes aux yeux :« J'ai une collègue qui a un cancer. Elle a une fille d'un an et elle va mourir. Toi tu peux guérir! »
Avec de tels réactions contradictoires, elle se demande pourquoi je ne me suis pas confié à elle! Qui lui dit que je peux guérir? Et quand j'ai ajouté que je rassemble tous les paramètres susceptibles de rendre frigide, elle me répond que c'est de la parano!
Mon autre sur: « Tu ne souffres pas, celui qui souffre, c'est l'Africain qui attend qu'une goutte de pluie tombe du ciel »
Mon père: « Il faut que tu ailles voir un andrologue, que tu fasses quelque chose. Après trente ans, c'est fini»
Toutes ces personnes considèrent que mon problème est un non-problème, que c'est physique et que ça va se régler par des pilules. Ca serait si bien, ça dédouanerait tout le monde. On ne considère même pas que j'ai une maladie! Un sexologue m'a dit que j'ai 80% de chances de guérir, mais si j'étais dans les 20% d'incurables? Je suis déjà dans les 1%d'homo. Les petits pourcentages, ça me connaît! Et si je ne guéris pas, ce que j'ai est bien plus grave qu'un cancer. C'est ce que j'ai expliqué à ma sur; si on meurt d'une maladie, on en souffre plus, on a plus aucune sorte de sensation.
Mais, je suis peut-être un peu trop pessimiste. On(le médecin sexologue que j'ai vu en premier) m'a fait comprendre que je suis beau et que je devrais être bien baisé un jour, l'un devant entraîner l'autre
Tout dépend de ce que l'on entend par bien baisé. Avec ou sans sentiment? Fidèle ou pas? Pour un jour ou pour toujours? Par quelqu'un d'aussi beau ou intelligent?
Avant d'aller plus avant dans ces réflexions, je dois avant tout faire mon mea culpa.
Sous le coup de la colère, j'ai dit de très méchantes choses sur l'homosexualité. J'ai pris conscience que ce n'était pas une bonne méthode à suivre si l'on veut être lu et relativement apprécié.
Tout d'abord, je rectifie quelque chose de très important, les homosexuels ne sont pas plus bêtes ou intelligents que le reste de la population. Il faut de tout pour faire un monde, même si je peux affirmer qu'il y a virtuellement beaucoup plus de lecteurs pour une uvre populaire que pour une uvre engagée. Et c'est un fait avéré qu'il y a certainement plus de diversité dans l'édition gay anglo-saxone vu les différents publics intra-communautaires. Je n'apprends sûrement rien à personne.
Mais ceci n'est pas si grave en regard de petits pays qui essayent de faire vivre leurs littératures nationales tout court. Tout est relatif.
Un autre point sur lequel j'ai dit des conneries, c'est sur l'absence de beaux gays intellectuels. J'ai simplement voulu dire que quand on additionne plusieurs critères très sélectifs, il est difficile de trouver beaucoup de monde. Et de toute façon, c'est aussi une évidence que dans mon domaine de prédilection, les lettres, il y a plus de filles que de garçons et les gays sont bien des garçons, non?
A la fac, j'ai bien vu des gays littéraires mais ils ne me plaisaient pas. Je pensais que je n'étais pas désespéré au point de me jeter sur tout ce qui bouge. Et je ne voulais pas sortir du placard, j'étais trop préoccupé par mon image, sans compter mes troubles sexuels.
Avant d'entrer en maîtrise, j'ai bien fait la rencontre d'un Rouennais qui aurait pu l'être. Du moins, il aurait pu me contenter car il me plaisait physiquement. C'est lui qui m'a parlé en premier alors que j'étais dépité devant le tableau des rattrapages parce que j'avais loupé une épreuve(où plutôt je ne m'étais pas pointé à l'examen). En se dirigeant vers la gare, il m'a fait un clin d'oeil, ce que j'ai trouvé suspect. Puis après, on s'est revu dans un cours annuel de philosophie sur Levinas. Il m'a offert un café à 20francs(oui, c'était encore l'époque des francs, ça ne me rajeunit pas). On a parlé de nos sujets de maîtrise respectifs. Il a ri à mes auto-vannes. Il a vu que j'avais de l'esprit et que je ne me prenais pas au sérieux. Mais problème, au cours de l'année, il a dû retourner vivre à Rouen sa tante ne le logeant plus sur Paris. Il avait gardé auparavant ses enfants en échange du logement. Résultat, il était désormais pressé pour prendre son train après les cours.
Mon gaydar s'était affolé parce que c'était un garçon plutôt réservé.
Et ses clins d'il? Une simple façon de dire au revoir à la rouennaise?
Comme j'étais vraiment mal, je n'ai pas passé l'examen sur Lévinas et l'humanisme de l'autre homme. Qui sait, on aurait pu échangé nos numéros après l'épreuve. Peut-être encore une illusion ou quelque chose qui aurait pu devenir réel. Qui sais, J'aurais pu vivre « ma vraie vie à Rouen »(nom d'un film gai) avec un garçon qui ressemblait à Melvil Poupaud? Et qui me ressemblait peut-être un peu trop physiquement mais j'aurais revu à la baisse mon envie d'autre. Quant à la Philosophie, même s'il avait des résultats un peu plus bas que moi, je crois qu'il a eu sa maîtrise.
Comme je ne me suis pas présenté à mon examen, une camarade qui habitait non loin de chez moi m'a appelé pour voir si tout allait bien, Céline une antillaise avec qui j'aurais voulu plus que je ne pouvais. Mais il y avait des limites à ne pas outrepasser. Un peu avant, j'avais vu un film avec Jennifer Aniston où elle tombe amoureuse de son ami gay. Le film n'était pas une réussite, avec des éléments plus que douteux comme un vieux prof d'université sortant avec un étudiant, cependant pour moi, il y avait quelque chose à retenir de cette histoire. Dans une scène, le meilleur ami gay dit à son amie qu'elle a un nez en forme de tulipe et j'aurais voulu revivre celle-ci dans ma vie. Dire à quelqu'un qu'il a un nez en forme de tulipe, n'est-ce pas romantique? Mais on ne peut pas être romantique avec tout le monde.
J'aurais voulu revoir Céline après nos années de fac pour lui parler du plus beau métis que j'ai jamais vu: Franck Dalma l'ex-présentateur du journal de la culture sur Arte! Et pour sûr, lui c'est un intellectuel!!!
A la même époque, on pensait que je sortais avec la plus belle fille de la promotion qui était le portrait craché de Gwyneth Paltrow. On m'a même demandé ce qu'il fallait faire pour sortir avec elle. J'ai répondu qu'il fallait aimé « friends » puisqu'elle aimait cette série.
Mais bien avant tout ça, il a eu ce qui aurait pu décidé du sort de ma vie entière. L'année qui avait précédé mon entrée en fac, une association à but non lucratif s'était créée:« étudions gayment ». Et quand je suis entré à la fac, un stand avec des ballon m'attendait à l'entrée de mon Bâtiment Paul Ricoeur. Une fille et un garçon était là pour accueillir les jeunes homos. Que n'aurais-je pas fait s'il n'y avait pas eu à côté de moi deux camarades pour décrier l'homosexualité! Comme il y avait deux gouines dans la promotion qui nous précédait, le problème a ressurgi lors d'une conversation très « philosophique ». Les uns soutenaient que l'homosexualité n'était pas quelque chose de naturel. Les autres, (en fait moi seul) défendaient tout le contraire. Ceux qui s'y connaissent un minimum en documentaire animalier n'ont-ils pas vu des bonobos mâles entrain de se faire des fellations? Mes contradicteurs pensaient que c'était impensable. Moi, je jouissais enfin de ma double casquette de littéraire et de scientifique. Je suis passé par une première S avant d'atterrir en terminale L, d'où mon intérêt pour la zoologie. J'ai fait le fameux « transfert » parce que j'étais bon dans les matières littéraires.
A tout jeune gay ou bi: quand tu vois un stand avec des ballons, un jeune garçon et une jeune fille, pense que c'est la chance de ta vie, que tu peux gagner une peluche comme au stand de tir d'une fête foraine. Ce n'est que du bonheur. Et avec un peu de chance, tu ressortiras avec le gros lot: soit la fille, soit le garçon! Ne pense pas aux autres, tu es ce que tu es!
Mais comment être soi-même quand les sensations ont déserté le corps?
Je vais tempérer mes propos parce que sinon je vais faire peur à tout le monde. Les sensations avant l'éjaculation sont là, sinon je n'en aurais pas(d'éjaculation), mais depuis quelques temps elles me paraissent plus fortes quand je regarde des images à contenu relativement érotique plutôt qu'en faisant appel à mon imagination. Le problème, c'est que je n'ai le signe principal d'excitation, à savoir, l'érection(ou presque). A l'époque, déjà, je pouvais regarder des choses puis m'arrêter et avoir l'impression que je regardais un dessin animé!
Tout ça n'a rien de normal mais n'a rien de surnaturel. Ca existe. Je ne suis pas un cas isolé.
La solution serait simplement de sortir avec un garçon. Mais dans ma situation, on n'a pas confiance en soi, même si tout ça peut passer. Et je pourrais être ce qu'on appelle un sujet anhédonique c'est à dire qui a besoin d'un fort stimulus(un beau garçon ou des images plus contrastées de 30%) pour être stimulé. Je n'invente rien, c'est scientifique. Alors, exit certains garçons qui auraient pu faire l'affaire si j'avais été normal.
Je ne peux certainement pas tenir le discours : il n'y a que les sentiments, et je n'y peux rien. Je ne fais pas exprès, c'est mon corps qui est comme ça. Je n'ai rien demandé à personne.
Mais, d'un autre côté, je ne peux pas dire que les sentiments ça ne compte pas. Vous comprendrez que cela découle de mon entourage. Je cherche l'humain mais ne le trouve nulle part. Imaginez-vous même que l'étudiant en psychologie qui m'est proche(le frère de mon beau frère) n'a pas daigné lire le roman que j'ai écrit et publié à mes frais dans un délai raisonnable! Je vais certainement rien toucher en échange des 3000euros que j'ai investi dans une entreprise plus que douteuse et pas très claire. La maison d'édition dans laquelle j'ai signé fait passer des contrats à compte d'auteur pour des contrats où le risque est partagé entre elle et l'auteur! le futur psy m'a lancé:« t'aurais pu t'en douté que c'était une affaire pas très nette ». Oui, et toi tu aurais pu me lire!
Je pense qu'il y a beaucoup de légèreté dans tout ça et si je peux encore une seule fois critiquer une partie des homo en même temps sans crime de lèse-majesté, beaucoup de personnes ne sont pas sensibilisées à la dimension socio-culturelle de l'homosexualité à travers les pays, les âges, à ce qui fait certainement sa profondeur. Même pas les psy qui ne nous accompagnent pas dans le Marais sous prétexte qu'ils pourraient se faire droguer et violer!
Néanmoins, je ne pense pas que les garçons que l'on trouve sur les sites olé-olé soient particulièrement bêtes où se trompent de voie. Ils ont même plutôt l'air heureux, toujours souriants. Cela est corroboré par un film que j'ai visionné pour me tenir au courant de tout: « Beefcake», un film-documentaire sur l'érotisme des années 50. Certains ex-acteurs y racontent que c'étaient les meilleures années de leurs vies!
Finalement, on en revient à ce constat banal, quand on est heureux, on est heureux; quand on est malheureux, on est malheureux. Et ne dites pas à quelqu'un qui souffre qu'il ne souffre pas! Ca serait le prendre pour un fou!
« Seul le passé ne peut pas être changé», voici la morale d'un film israélien qui s'intitule « Tu marcheras sur l'eau». Mon film préféré
car il y aussi un personnage gay dans cette histoire, le petit-fils d'un ancien officier nazi qu'un agent du Mossad doit retrouver. C'est réaliste pour moi, car quand il y a autorité, il y a souvent un vilain petit canard qui sort. Je retrouve cela dans mes lectures, même Jerry l'ex-voisin gay de Seb, mon copain de Nantes, a eu un père pas très commode. De là à en vouloir à son père, il n'y a qu'un pas.
L'avenir peut-il être changé? Je m'étais donné une année pour tomber amoureux, ma 29ème année. C'est un âge qui a une portée toute particulière: Le Bouddha a choisi de vivre sa vie à ce moment. Il est devenu ascète. C'était aussi pour moi une possibilité, seulement je ne crois pas que mon corps suivrait. Il est têtu et veut aimer, plus trivialement mon inconscient désire jouir. J'ai bien tenté d'être « abstinent », mais toujours ses rêves.
Il ne me reste plus que 4 mois avant mon prochain anniversaire et il faudrait un miracle pour que ma situation change. Et je ne comprends pas pourquoi on ne veut pas m'accompagner au Marais. Pour moi, ça ne mange pas de pain. Quand j'ai demandé pourquoi on ne m'accompagnait pas, pour toute réponse on m'a dit:« c'est tellement loin de moi ». Un peu d'empathie, ça ne fait de mal à personne!
Et maintenant comment terminer? En disant que je lance une bouteille à la mer avec un SOS à l'intérieur? Je suis peut-être trop fier pour le faire.
En disant que ce ne sera mon dernier texte, mais l'avant dernier. J'aimerais écrire une étude sur le cinéma gay.
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