Lager et Fair (8)
de Saguilan



Brokeback Mountain


Des revendications, en la matière, Armand en eut au sortir de la séance d'un western gay relatant les difficultés à s'aimer et à vivre ensemble de deux hommes, Brokeback Mountain, qui avait eu un lion d'Or au festival de Venise. Malgré cela les critiques cinématographiques à son sujet étaient mitigées et il lui plut dans son ensemble à une chose prête.
Voici la séquence incriminée: La première scène d'amour expéditive et qui suppose un coit fait à la va-vite à cause du plan séquence continu.
Sans rentrer trop dans les détails techniques, Armand protesta de vive voix contre cette réduction de la sexualité homosexuelle.
Laurent, qui voyait de quoi il retournait corrobora cela:
— C'est vrai!
Armand l'avait traîné au cinéma. Se fut bon gré, mal gré pour le blond qui ne connaissait rien des films gays mais, il eut plus de deux mots à dire sur la sexualité des hommes qui préféraient hommes:
— On peut se dire qu'il a voulu faire ressortir le côté rustre des cow-boys!
— Côté rustre ou pas, il aurait pu montrer par la suite des moments de tendresse un peu plus marqués entre Jack et Ennis.
— Ce que tu aimerais voir sur grand écran avec caresses et longs baisers seraient bien plus choquant pour les gens que ça.
— Et sûrement plus dur à jouer pour les acteurs…
— C'est aussi vrai.
— Peut-être qu'il faut faire des films avec des vrais gays, en conclut Armand.
Puis, il laissa tomber l'affaire, car il n'avait jamais rencontré de cow-boy pour s'entretenir de sexualité. Il s'adoucit et fit une croix sur sa volonté de normaliser les rapports humains à l'extrême.
Avec plus de six milliards d'individus sur Terre, dont au moins un pour cent de gay, il ne fallait pas être un nouveau dictateur régnant sur les minorités. Il y avait des types comme lui, d'autres un peu éloignés, on ne pouvait rien changer.

Noyés dans le flot de leurs rencontres, ils n'avaient pas remarqué qu'ils avaient parcouru eux aussi un mont: Montmartre.
Brokeback mountain, qui en rajoutait un peu sur la longueur…

… s'offrit des scènes de plus pareilles à des rushes inédits dans un rêve de Laurent.
Jack est sur son cheval, torse nu, les santiags aux pieds. Il tourne autour d'Ennis qui a un lasso à la main, lui aussi torse nu. Il piège son ami qui tombe de cheval et se retrouve, on ne sait trop comment dans les bras du premier.
Pierre se réveilla en sursaut. Il était chaud, mais était-ce depuis le début du rêve ou des doutes qui l'assaillaient?
Ceux-ci, étaient évidents, vu son contenu…
Avait-il des pulsions pour le même sexe?
C'était la première fois que ça lui arrivait.
Aucune sensation de plaisir. Aucune érection. Est-ce que ça voulait dire que c'était anodin?
Le moins du monde, rien n'était anodin; même le fait de ne plus avoir d'érections depuis des mois à cause de la bière, ne le tranquillisait pas.
En conséquence, il prit la décision de se masturber en pensant à sa femme, au plein milieu de la nuit, comme il l'avait fait à plusieurs reprises pour qu'elle lui reste désirable en dépit de tout.
Pas sur une autre, il ne voulait plus qu'elle.
Elle ne porte que des sous-vêtements rouges. Aux grands maux, les grands remèdes; il ne fallait pas traînailler. Au revoir les pré-préliminaires!
Elle s'allonge sur un lit aux draps de satin blanc. Tout doucement, Pierre parcourt son corps de la pointe des pieds jusqu'au ventre. Il redescend au sud du nombril, sent la peau à travers la culotte, et il jouit.
Pour du rapide, c'était du rapide! L'alcool retardait plus volontiers son éjaculation.
Même cette substance qui la différait, bien connu des spécialistes, des éjaculateurs précoces, à prendre à petite dose pour ne pas être victime de l'impuissance, n'avait aucune emprise sur le trop plein de désir de se prouver sa virilité d'homme gillette.


La chute

Un samedi de début de février, Armand flana dans le parc de Choisy du 13ème. Il y était allé avec Julie quelques temps auparavant à cause d'un redoux atypique pour la saison. C'était une situation qui se confirmait et même les arbres commençaient à bourgeonner. Certains oiseaux gazouillaient et, soit n'avaient pas migré, soit revenaient trop tôt de régions méridionales. Il y avait aussi les oiseaux sauvages qui revenaient des glacées:cygnes et oies et, faisaient flipper tout le monde à cause de la grippe aviaire. De nombreux cas avaient été décelés outre-Rhin. « Quand allait-elle débarquer en France?», n'était qu'une question de semaines.
Une possible contamination à un élevage de poulets ou de dindes avait modifié quelque peu les comportements alimentaires, pendant les fêtes, de façon déraisonnée.
A Paris intra-muros, comme il n'y avait pas de faune sauvage susceptible de s'arrêter en plein vol, faute de grandes étendues d'eau, Armand était assez serein devant des pigeons qui roucoulaient sur le banc public où il était assis.
Ils n'avaient pas l'air de sentir qu'une catastrophe sanitaire était à l'ordre du jour.
Et comme l'un d'entre eux, il profita des rayons du soleil qui perçaient ça et là dans le ciel, sans aucun souci, jusqu'à ce qu'il décida de rentrer.
Armand fit un angle droit et se retrouva à quelques mètres de la station de métro au niveau de la Rue de Tolbiac lorsqu'il entraperçut une silhouette familière devant le distributeur de la poste lui faisant face, celle de Laurent.
Comme il était près du quartier chinois, on pouvait supposer qu'il voulait se faire des nems ou acheter deux-trois bricoles asiatiques.
L'idée qu'il l'avait peut-être découvert grâce à lui, après la rencontre avec Julie, traversa l'esprit d'Armand.
L'étudiant le regarda passer sans qu'il le remarquât en remontant la rue, une fois son retrait terminé.
Chose bizarre, il s'éloignait de ce qui faisait la réputation de l'arrondissement et attirait les badauds.
Allait-il se rendre au parc? Non, il continua tout droit.
Armand se mit à ses trousses. Laurent tourna à droite dans une ruelle puis composa un code à l'entrée d'un immeuble. Il y disparut, ce qui n'empêcha pas le jeune de rester médusé.

Il était rentré dedans sans utiliser l'interphone. Ca ne pouvait que signifier que son chez soi s'y trouvait.
Mais pourquoi avait-il toujours emprunté la ligne A du RER vers la banlieue ouest quand il s'en allait après leurs sorties communes? L'une des dernières avait été Brokeback Mountain, au cinéma des Halles, quinze jours auparavant.
Il y avait un monde entre ça et une ruelle du 13ème!
S'il avait déménagé durant ce court lapse de temps, il lui aurait dit et, l'immeuble paraissait trop onéreux pour un bouleau alimentaire!
Il avait été très allusif sur ce dernier et, Armand, très étonné que ce garçon sensible eût un côté écorché vif, vivant dans une précarité relative pour son âge.
Il lui avait menti non seulement sur son habitat mais aussi sur son métier.
Pourquoi?
Une esquisse de réponse se dessina quand l'étudiant remit tous les bouts dans l'ordre.
Le 13ème, c'était là aussi où habitaient Anne et Julie.
L'une vivait toujours séparée de son mari dont elle portait toujours le nom, l'autre se morfondait car elle était loin de son père même si elle en avait pas parlé beaucoup.
Et sa couleur de cheveux fut la preuve sans appel, irréfutable, qu'il était son père
Etre blond était relativement fréquent, mais être blond et raconterdes bobards qui s'avéraient démesurés, gros comme une montagne, ça faisait automatiquement de lui le chaînon manquant de l'histoire.
Armand comprenait maintenant pourquoi Julie avait demandé ce qu'il faisait avec son copain Laurent et s'apercevait que plus rien n'avait des allures de synopsis de film gay avec rencontre gratuite.
Laurent, comment s'appelait-il d'ailleurs? Son nom de père était tellement tabou qu'il n'avait jamais osé le demander.
Julie l'avait-elle dit?
Pas à sa connaissance.
Un Laurent qui n'existait pas…
Plus de provinciaux ersatz d'étranger sur lequel il s'était bien gardé de fantasmer.
La chose aurait été encore plus mélodramatique s'il s'était laissé aller à l'aimer.
Et que restait-il de leur lien, lui qui pensait qu'il le saisissait car il était aussi différent?
Il s'étonna que, sans cette différence, il est perduré si longtemps.
Etait-il si bon acteur pour s'octroyer le statut de gay?
S'il avait joué à son insu, Armand se jura d'être un autant bon acteur en interprétant lui aussi un rôle… de composition.

Armand sortit de son porte-disque un DVD qu'il n'avait pas du tout choisi au hasard: mambo Italiano. Le personnage principale y avait de la verve et se faisait rouler par un petit-ami qui n'assumait pas sa sexualité et préférerait convoler en justes noces avec une charmante demoiselle.
Il le chargea dans son ordinateur, le lança et proféra:
_Tu vas voir, ça va te plaire!
Il laissa le film marcher une demi-heure, ce qui était suffisant pour saisir sa trame et le coupa.
— En fait, j'ai pas très envie de voir ce film; minauda-t-il.
— Mais, c'était bien, protesta Laurent qui était venu pour cela à son invitation.
— Maintenant que j'ai vu le début, tu vas me laisser sur ma fin; lui reprocha-il encore.
Et l'étudiant lunatique de s'expliquer:
_Chais pas pourquoi mais, aujourd'hui, j'ai envie d'action. C'est pas une journée pour regarder des films.
— Tu m'a dit que c'était ta passion? fit perplexe le « provinciaux».
Sans aucune transition et comme s'il s'agissait d'une banale formalité administrative, Armand suggéra:
— Ca te dirais de faire l'amour? J'ai tout ce qu'il faut à la maison.
Pierre resta pantois tout en croyant qu'il avait mal entendu.
Voyant son embarras, il dit « tu es sourd ou quoi? » et en remit une couche:
— Depuis que t'es à Paris, ça doit te démanger de goûter les spécialités locales!… Au fait, tu l'a déjà fait? Allez, réponds-moi!On est entre nous.
— Non-le mot sortit instinctivement de la bouche de Laurent comme si sa loyauté ou sa fidélité envers Armand devait être maintenu, qui n'était pourtant à ses yeux qu'un ami.
Et ce dernier les chamboulait dans sa tête, les rendait désuètes, d'une autre époque.
Ses propos crus reflétaient un visage nouveau, non pas hors la loi, car il était majeur et vacciné, mais hors d'eux, de ce qu'il avait fait ensemble.
— Ca ne te ressembles pas-d'autres mots du cœur.
Armand en fut tellement touché qu'il vacilla deux secondes, si lui ne savait plus trop qui il était, le père de Julie avait gardé certains souvenirs du passé, peut-être même des certitudes.
Mais coûte que coûte, vaille que vaille, il essaya de reprendre les reines de son jeu scénique, là en face de son lit où Laurent était assis:
— Voyons, tu m'a pris pour les frères de la charité version gay. En te voyant, je savais qui avait un coup possible à se faire. Tu me connais mal!
Là, il sur-jouait et avait été pressé par la dernière réplique de son interlocuteur.
Le résultat fut une grande tristesse de la part de Pierre. Il fallait qu'il abandonne ses illusions vis-à-vis d'Armand. Son corps voulait bouger, mais il était paralysé. Sa bouche n'avait plus rien à dire, il avait tout dit. Ses yeux se troublèrent.
Voyant qu'il était peut-être allé trop loin, l'étudiant souleva la véritable cause du problème, en laissant tomber le cynisme:
— Et toi, qui es tu?
— …
— Tu n'es pas bourguignon, tu n'es pas gay, tu habites Paris. Je sais qui tu es.
Le sang de l'homme démasqué ne fit qu'un tour. Il éprouva une honte bien plus forte que lorsqu'il avait loupé son cours de dessin et pourtant, il croyait que pire, ça n'existait pas.
Sur ce, comme dans une mauvaise pièce de théâtre, il quitta les planches, accablé par son acte tragique, en ne faisant que penser: « excuse-moi».
Était-il appelé à devenir final? Seul le temps le dirait.
Et s'il l'avait aimé?


Épilogue

Si Armand s'y était pris autrement, peut-être que Pierre aurait craqué. Mais, considérer quelqu'un comme un demeuré, n'était pas une bonne façon de l'inciter à faire l'amour. Le blond croyait désormais qu'il avait fait une autre victime de ses charmes. Il en dénombrait trois à son palmarès:Anne, Marion et Armand. Trois en 27 ans d'existence; ce n'était pas un bourreau des coeurs à ses yeux, c'était trop peu pour prétendre l'être. Il oubliait toutes celles qui avaient rêvé de lui la nuit, dans l'anonymat le plus total, car elles n'avaient pas été dans la même classe où le croisaient seulement dans la rue. Ainsi, il y avait entre autres une Maude qui avait lorgné sur lui dans la classe de 4ème 6, s'était renseignée sur lui et avait couvert son journal intime de petits poèmes qu'il ne lirait jamais; Marie, en maternelle qui aimait bien le regarder et plus chastement la boulangère du coin, plus toute jeune. Le bilan était donc plus lourd mais, au moins, celles qu'il avait côtoyées pouvaient se targuer d'avoir pénétrer son mystère, sa personnalité. Et celui qui avait le plus excellé en la matière avait été Armand, lui arrachant même l'aveu qu'il voulait vieillir. Arrivaient loin derrière Anne et Marion.
Pierre formula le souhait de ne plus jamais se faire aimer: ça faisait trop souffrir et, c'est grâce à lui qu'il remonta la pente. Quand il allait chez Anne, il pensait que la séparation était consommé. Il n'essaya plus de se battre contre des moulins à vent, se disant que l'amour n'était pas finalement sa tasse de thé. Il y avait des gens pour qui c'était facile, des surdoués nés avec des doigts bénits pour jouer du piano, des peintres ahurissants, des polyglottes parlant plus de 5 langues et les nuls.
Au moins, il l'avait vécu autrefois et, plein de sagesse, il en était arrivé à la conclusion que ça avait été bon le temps que ça avait duré.
Il avait arrêté de boire ou plutôt se limitait à quelques verres par jour car il s'était adapté à la routine de ne voir Julie qu'en fin de semaine. Ça lui suffisait pour l'instant, mais, s'il trouvait un petit nid pour l'accueillir chez lui, pas très loin, il serait aux anges.
Pierre avait changé du tout au tout. Son ordalie lui avait été bénéfique et la vie se décidait à le se réinsérer dans des projets futurs. Sur son échafaud, ce qui était mort, s'en était une certaine vision, pas lui. Sa purification était passé uniquement par son rôle de papa-poule à défaut de celui de mari. Il n'y avait pas que les saints qui survivaient. La perspective d'un divorce ne lui faisait plus peur-mais les choses devaient se mettre en place lentement.
Après tout, on était qu'en Mars.
Tout s'arranger. Un seule regret, ne pas avoir dit au revoir à Armand et une interrogation: « comment a-t-il découvert qui je suis? », menant au scrupule de ne pas tout avoir fait pour le mieux. Tout n'était pas maîtrisable, il avait été dans une situation inextricable où tout été couru d'avance, obligé de se dissimuler mais ne pouvant pas le faire, comme un serial-killer rodant sur les lieux de son crime ou un joueur de poker malade de son addiction jusqu'à la ruine.

Désormais, Pierre composait le digicode sans complexe, il ne rentrait plus en ennemi et il avait quelques fois Julie tout le week-end. Il voyait même d'un bon œil qu'Anne trouve quelqu'un d'autre pour remplir sa vie.
C'est ainsi qu'il alla chercher Julie pour voir Kirikou, une surprise.
Anne l'accueillit sans lui faire la bise alors que c'était redevenu normal.
Pas de cris:encore une fois, Julie n'était pas là.
— Assis-toi, j'ai quelque chose à te dire.
Le ton devenait solennel et Pierre imagina qu'un incident lui était arrivé.
— Il ne lui est rien arrivé?
— Non, je ne lui ai pas dit que tu venais. Elle est dehors.
— Quoi?
— Il faut qu'on parle de nous.
« De nous », qu'est-ce que ça voulait bien dire?
— J'ai envie que l'on reprenne tout comme avant.
Comme son deuil avait déjà fait, Pierre ne ressentit pas la possible résurrection du passé sur le coup. Une page avait été tournée et Anne voulait en tourner une autre, mais tout avait changé et, comme il fallait dire quelque chose, il dit:
— C'est soudain.
(Lui qui avait tant attendu et ne s'attendait plus à rien!)
— Oui, mais c'est ce que je veux.
— J'aurais voulu avoir une raison…
— Il y en a dix-mille:tu manques à Julie, cet appartement est trop cher et puis je n'ai pas fait l'amour depuis presque un an.
— Oui mais on est pas bien maintenant? On est plus ennemis, on se fait même la bise.
Pierre n'en voyait plus qu'à continuer ainsi.
— As tu fais l'amour depuis qu'on s'est quittés?
— Non, je crois que je ne suis pas doué en amour.
— Tu as tort… Il y a une autre raison:Armand m'a parlé. Je vais te passer les détails hallucinants que tu connais aussi bien que moi.
— Armand?
Il existait donc encore un peu pour lui.
— Je résume:alors que tu aurais pu te servir de lui pour revoir Julie, tu as sympathisé avec. C'était pas très futé de ta part. On a parlé des heures ensemble. J'ai eu l'impression de parler avec une bonne copine. On a fait l'inventaire de tes défauts et de tes qualités. Les secondes sont plus nombreuses que les premiers.
— Est-ce que j'ai fait, ça n'a pas d'importance?
— Non…
Anne revoyait un visage pris dans son innocence, juste beau. Au diable les pourquoi, quand ils ne mentent pas, quand on décèle sous la patine ce qui n'a jamais changé! Il suffit de passer l'éponge non pas sur ce que l'on a dans la tête et qui nous a fait mal, car cela reste, on oublie pas, mais sur ce qui ternit l'argent pour ravoir sa splendeur d'origine.
La souffrance est nécessaire si l'on apprend d'elle, si l'on voit que derrière la claque que l'on a reçue, il n'y a personne, juste des faits de quelques secondes, des pulsions brutales qui voudraient prolonger leurs courtes vies, des éphémères à l'étrange faculté de tisser des toiles pour y emprisonner certaines victimes consentantes.
Pierre se leva et Anne sentit les battements de son coeur s'accélérer. Il la saisit par la taille et l'embrassa langoureusement. Il s'arrêta plusieurs fois pour reprendre sa respiration et pour lui dire merci.
Alors que son désir était au summum, il se stoppa net.
— Il faut que je le remercie!
Anne eut un sourire en coin malicieux et ne maugréa pas:
— Vas-y , ça fait des mois que j'attends. Je peux attendre ce soir. Lui il est déboussolé, il a aussi besoin de te voir.
— Je t'aime.
Un dernier bisou et il partit.

Ligne 7, 6 et B. Dans sa tête c'est l'effervescence. Des petites bulles roses éclatent dedans comme dans un bon champagne rosée. Là, cette alcool est à consommer sans modération et elles pétillent à l'image de son amour retrouvé.

Rose, couleur de l'amour mais aussi de la gay-té, seul cliché à garder d'elle.
Un autre interphone. Pierre hésite, il y a peut-être le sentiment amoureux…

Appuie et laisse-lui te dire que rien est grave, qu'il ne t'a pas aimé, que tu est un archétype sur lequel il n'a fait que fantasmé, un « Oliver kimisé ». Il a juste joué à l'arroseur arrosé.
Appuie et laisse lui te montrer que ta différence n'est pas une faiblesse. C'est en elle que tu vis, c'est un cadeau. Un monde où tout le monde serait pareil, ça serait triste!
Appuie et laisse-le te rendre fort. Il est digne de confiance et t'apportera la confiance personnelle, ce que tu croyait irréalisable. Il ne bronche pas quand on l'attaque, solide comme un roc ou un éléphant à la peau épaisse insensible aux piqûres de moustique!
Appuie et laisse-le égayer ta vie. Tu as retrouvé ta femme et ta fille mais un bon ami, ça sera la cerise sur le gâteau!

Il sonne-Oui-Armand je viens te remercier pour ce que tu as fait et surtout parce que je crois que tu es mon meilleur ami…
Un OK comme si de rien n'est, un BIP, mais il lui réserve quelques douces remontrances comme dans un vieux couple.

Vous ne saurez rien d'elles, et nous clôturons notre histoire ici car il devait construire la leur dans un monde où le rush de la coupe du monde se profilait et ou les Mac Laren s'étaient transformées presque en avion, tout métallisé et zébré de rouge pour la nouvelle année de formule 1, plus félines encore car les moteurs avait régressé de vitesse. Des V10, on était passé aux V8, obligeant à gagner sur l'aérodynamisme pour être rapide malgré tout. Lors de la première étape Kimi était arrivé en troisième position après avoir eu une casse moteur aux essais-pour changer.
Quant aux autres protagonistes, les parents de Pierre allaient se rabibocher avec lui, red, allait trouver une occupation, à sa mesure: manifester contre le CPE et Julie lisait ses premières phrases.
A ceux qui voudrait la faire durer, regardez la formule 1, pensez au fait que le mot blond en anglais, «fair», signifie aussi juste et que celui pour bière blonde est « lager ».
Ainsi, vous ne serez jamais très loin des Pierre, des Armand et des Laurent.

À suivre


Retour au sommaire de Textes Gais


Diffusez votre publicité sur nos textes pour tous publics en 468x60 ou 728x90, nos textes pour adultes en 468x60 ou 728x90
Les textes diffusés ici sont la propriété de leurs auteurs respectifs et de TextesGais.com. Tous droits réservés.
Site muni du tag ICRA pour la protection des mineurs.
Editeur : Editions textes gais. Hébergeur : Olf Software.
(c) Textesgais.com