Atif ou le bel au bois dormant (2)
de Saguilan



Il fut très attaché à son petit capuchon et il s'en sépara alors qu'il le découvrait. Tout aurait été moins cruel s'il n'y avait pas eu le satané dépistage de la lèpre auquel il dut se plier comme tout ses camarades de classe en cm2, toujours en Martinique. Dans ces lointaines contrées exotiques, il ne pouvait échapper à ça.
On lui passa tout d'abord un film explicatif sur les ravages de cette maladie qui ronge les extrémités. Il rappelait quelques règles élémentaires de santé et ce qu'il fallait faire pour qu'elle ne se propage pas. Mais ce qui le marqua le plus se furent les visages grenus d'individus qui étaient d'ailleurs de tous les coins de la terre où elle sévissait ainsi que les pieds sans doigts. Les cas extrêmes montraient carrément des moignons.
Pour la suite des réjouissances, les filles et les garçons eurent droit à des examens poussés. Les filles avec décence, une par une dans une pièce isolée, tandis que les garçons passèrent à la casserole à la queue leu leu, comme à l'armée. Lorsque se fut son tour, il sentit la pression augmenter. Il s'assit et devant lui une antillaise et un français lui demandèrent son état civil et celui de ses parents. Le non de son père déclencha un rire incontrôlé chez l'homme. Feyazudin? Qu'est-ce que ça avait de rigolo? On peut concéder que c'est pas facile à prononcer mais enfin…
Le même interne regarda les membres puis, lui demanda de se retourner et lui examina les fesses en le dé-culottant, Atif se retrouvant le cul à l'air les yeux dans les yeux avec tous les autres garçonnets qui attendaient leurs tours.
Et ce qu'il appréhendait était sur le point d'arriver, on allait regarder son sexe. On essaya de le décalotter mais il y avait quelque chose qui coinçait et qui avait l'air de donner du souci au médecin. Sur le coup, Atif eut une sensation étrange comme quand on tente de décrocher un velcro que ça soit la pression ou lorsque l'on passe le doigt sur les petits piquants. Impossible de dire si c'était désagréable ou non mais ça donnait le frisson.
En conséquence, le docteur, énigmatique, fit un mot à ses parents. On ne lui expliquait rien et il venait de voir des membres atrophiés. Il n'avait pas montré de sexe rongé par la lèpre mais Dieu seul savait si ça existait! Et, c'est peureux qu'il rentra chez lui en montant comme d'habitude dans le bus qui ramenait les enfants de militaires.
Une fois arrivé chez lui, la perspective de quelque chose de grave le rongeant, c'est le cas de le dire, il mit du temps à montrer le fameux mot. Il avait auparavant essayé de le déchiffrer, ce qu'il lisait ressemblait à BRENOSES. Il ne savait pas ce que c'était, une variante de la lèpre? Plus grave que ce qu'il disait dans le reportage, un cas rare?
Lorsqu'il se décida enfin à montrer le message, la mère questionna le père sur son silence. Atif se crut un moment incurable, condamné à mourir, à être brûlé par de l'acide en commençant par le meilleur bout, le plus petit et le plus précieux.
Après un pic d'intensité de quelques secondes, Feyazudin dit en ourdou: « ça ne fait rien, de toute façon il va être opéré». Sur cette phrase laconique qui ne le rassurait guère, Atif partit vaquer à ses occupations.
Et puis, il se rappela dans son lit que sa mère lui avait raconté que le prophète avait dit que les hommes devaient être circoncis. C'était donc ça! Il n'allait pas être amputé de son sexe. Ce que la mère lui confirma de nouveau, en étant moins allusive que son mari et en lui disant que rien n'était grave. Toujours est-il qu'il s 'était mis martel en tête à cause de ce qui s'appelait en fait phimosis. Il chercha par ses propres moyens d'en guérir:
Chaque jour, il effectua des pressions plus grandes sur son sexe malgré la sensation de velcro et lorsqu'il décalotta quelques semaines après, il éprouva une sensation de joie. Et il continua à faire glisser son prépuce sur le gland comme dans un jeu, de manière naïve, à un âge pré-pubère.
Cela continua jusqu'à l'épisode de la balançoire et même après. Et ce qui arrêta tout cela fut le retour en France coïncidant avec le raccourcissement.
Double deuil, deuil des goyaves juteuses qu'il ne mangerait plus et de son prépuce. Il n' a rien retenu de la fête qui fut préparée, des cadeaux, des chemises et des montres. Fort heureusement, la chose n 'avait pas été faite en Inde. Ces parents avaient quand même un cœur et comme beaucoup de Mehmood étaient en France ça ne posait pas de problème. Il y avait toujours quelqu'un pour célébrer l'événement! Le pire dans cette histoire, c'est que ce qu'il avait vécu comme une mutilation ne l'autorisait plus à se décalotter mais aussi simplement à se caresser à cette endroit pendant un mois. Le médecin, le prenant à part lui conseilla de ne pas trop toucher sur la cicatrice, ni à son sexe.
La chose le traumatisa tellement qu'il fallut attendre plus de 10 mois pour qu'il y retourne à la charge.
Mais tout était différent, il sentait la rugosité de ses mains accrochés sur sa peau.
La puberté fut, une demi-délivrance car il découvrit que son sexe pouvait devenir humide quand il pensait à certaines choses, bizarrement des choses de garçons, des super héros comme flash Gordon, sans entraîner d'éjaculation.
Tout ceci était suffisant pour se stimuler en retrouvant un peu de sa glisse d'antan.

Aujourd'hui, il reste avec des sensations corporelles d'adhérence et avec tout ce qu'il a vécu, c'est aussi psychologique, pas seulement physique. Il a l'impression de ressentir en 10000 fois plus fort celles-ci et il ne sait pas si les autres musulmans sont dans le même cas. C'est ainsi que son gel à l'eau est devenu son meilleur ami.
Cette fois, il est encore à ses côtés même dans un trip solo. Il se sent venir, n'essaye pas de ralentir sa cadence car ça fait plus de 20 minutes qu'il s'active. Il se laisse aller et voit 36 chandelles. Son rythme cardiaque commence à ralentir. C'était bon.
Qu'on lui pardonne s'il le fait toujours à son âge mais au bout de trois, on ne peut plus attendre. Il se fait une règle d'or de ne pas coucher tout de suite, d'avoir des sentiments et, quand il n'y en a pas avec plusieurs hommes de suite, de peur de se refaire une virginité, il se tâte en solitaire comme un adolescent. C'est un garçon très scrupuleux et il ne le fait qu'une fois que ses relations tournent court-par respect. Beaucoup ne s'embarrasseraient pas autant. D'autres, au contraire feraient vœu de chasteté intégrale avant le grand amour. Lui, il coupe la poire en deux tout simplement car il est sensible et qu'il a une grosse libido à la fois. C'est une étrange bête qui ne sait pas trop où se ranger, ni ange, ni démon ou, ce qui revient à la même chose:mi-ange, mi-démon.

Il s'est assoupi. On l'appelle. Sa mère. C'est l'heure de manger devant ses parents, pas dans son petit chez soi car on est en intérim, parce qu'on est pas en couple, puisqu'on est homo… C'est sa vie et Dieu seul sait si ça va changer…


Le samedi 14 avril 2007, un grand jour. Une soirée « desi », c'est-à-dire du pays est organisée. Atif a demandé pour l'occasion à sa meilleur amie indienne de l'y accompagner. Elle s'appelle Séverine, et est chrétienne. Heureusement qu'il n'est pas misogyne car dans ce genre de soirées il faut montrer pattes blanches et être au bras de personnes de la gente féminine.
La soirée commence à 23 heures et c'est une heure plus tôt qu'il a donné rendez-vous à son amie à la Défense. Atif y va pour le fun et la musique mais Séverine y va pour trouver un prince charmant voire plus, « un maplé»-comprenez par là un futur mari.
Pour Atif c'est couru d'avance, il ne trouvera pas de garçon homosexuel indien clair ou foncé, petit ou grand, beau ou moche. A sa connaissance, il est seul à l'être. Tout le monde est dans le placard, donc personne ne sait si d'autres personnes comme soi existent. En tout cas, dans aucune famille, on trouve de vilain canard, d'individu qui s'affiche et qui colle la honte à tout le monde.

Avant la soirée dansante, il y avait un dîner mais Atif et Séverine n'y sont pas allés. Ils se pointent à la station quai de la Gare, là où se trouve l'établissement qui l'organise. Pas trop longue queue d'attente, ils vont entrer assez vite. Le videur les autorise à passer, non sans avoir auparavant dévisager Séverine. Apparemment, on peut être sûr de son orientation. Comme, il se sent un peu protecteur, Atif a eu envie de lui faire quelques remarques mais c'était peut être hypothéquer la suite de la nuit. Protecteur, il l'est encore plus avec elle parce qu'il a deux sœurs plus grandes que lui sur qui il n'a pu exercé de rôle de grande frère. Dans la famille, c'était toujours lui le surprotégé et c'est seulement maintenant qu'il semble éprouver une forme de bon ascendant sur une femme. Il est certain qu'il ne laissera pas la moitié d'un imbécile s'aventurer prés de sa « petite sœur ».
On descend au sous-sol après avoir mis au vestiaire vestes et sac. Un air de Bhangra, sorte de musique rythmée avec un je-ne-sais-quoi de jamaïquain qui rappelle les sonorités du raggae.
On entre dans l'arène et l'on remue son arrière train. Il y a un peu de tout sur la piste des français, des indiens et des réunionnais, la Réunion étant une terre de métissage de ses deux composantes avec des populations noirs. Dans un mouvement de déhanchement, son regard croise l'un de ses derniers. Il est beau mais il est bien obligé de ne pas le dévisager et de toute façon quel gay viendrait s'éclater dans une soirée indienne… a part lui. Ce n'est pas assez rentable. On amortit même pas les 18 eu de l'entrée avec quelques gestes allusives, le phantasme que l'on a plu à quelqu'un.
Comme nous l'avons dit plus haut? Atif a connu sa période de névrosé sagement nymphomane. Il pensait que tout le monde était gay mais maintenant, il sait qu'il y a moins de 1% de gays et la pensée comme personne ne l'est tout le monde peut l'être s'est soldée par un constat négatif: il y a peu de chances mais vraiment très peu de chances qu'un garçon qui me plaise dans la rue, dans le supermarché, ou à côté de chez moi, le soit.

Mais, à cause d'Atif, les statistiques les plus élaborées vont quelque peu mentir cette nuit…

C'est d'abord Séverine qui le remarque accoudé au bar, entrain de boire son vodka-orange. Elle a essayé de l'ignorer et continuer tranquillement à commander sa consommation mais, comme une grosse épave il était là, avec probablement plus d'un verre dans le nez.
Ca y est, à présent il l'a dans sa ligne de mire. Il ne l'a vu que de rares fois mais c'est suffisant pour se rappeler d'une aussi belle femme, même s'il est homosexuel. Par nervosité, elle remue ses cheveux, car elle pense que ce n'est pas bon de faire ressurgir les démons du passé. Atif a cicatrisé, pas lui, apparemment.
L'épave retrouve une certaine vigueur, se métamorphose en bombardier et amorce sa descente vers la cible.

— Bonjour, Céline!
Elle ne peut plus l'ignorer.
— Salut Matthieu!
Ils s'embrassent.
— Tu as oublié mon nom, moi c'est Séverine; rectifie-t-elle.
— Autant pour moi. Si j'étais un de tes anciens amants, tu me prendrais sans doute pour un goujat.
— Je te pardonne.
Atif a, par le passé, beaucoup parlé de Matthieu à Séverine, très peu de Séverine à Matthieu.
— Tu es venu seul? questionne Séverine.
— Non, je suis venu avec une cousine éloignée de passage à Paris. J'ai voulu lui faire découvrir le culture indienne et lui transmettre le virus.
— Elle est où?
— Oh, elle doit être entrain de se dépenser sur la piste. Elle a l'air d'apprécier les rythmes orientaux.
Il boit une gorgée de son verre qu'il tient à la main.
— Tu es venue avec lui? ajoute-t-il.
Séverine hésite à répondre puis dit:
— Oui, mais je ne crois pas que ça soit une bonne chose que vous vous voyiez.
— Ca, c'est à moi d'en décider.
— Ca fait plus d'un an et demi.
— Mais, pour qui vous vous prenez, vous séduisez des blancs, leur faites tourner la tête avec votre sauce curry et vos murruke(sorte de bretzel indien) et puis vous les jetez comme de vieilles chaussettes! s'écrie Matthieu en incluant dans le lot Séverine.
— Tu as trop bu, calme-toi! Je te rappelle que tu as cassé parce que tu ne supportait pas qu'il ne te présente pas à ses parents.
— Oui, et à ce sujet y'a deux-trois choses que je dois lui dire.
— Mets-toi à sa place! C'est compliqué.
— Tu nous présentes!
La cousine est venue chercher de quoi se désaltérer et se sent gênée car elle a bien vu de loin que le ton montait.
— Oui!
Matthieu se calme et procède à des présentations en bonne et due forme:
— Isabelle, je te présente Séverine.
— Enchantée!
— Moi de même!
— Bon, je dois m'absenter, je vous laisse faire plus ample connaissance.
— Où vas-tu? s'inquiète Séverine.
— J'ai des conseils à donner à quelqu'un.

Elle le voit s'éloigner, ne pouvant le stopper.

Atif sent une main d'homme lui agripper le poignée. Ca le fait se retourner. Mais, on le conduit déjà comme un enfant puni on ne sait où. Il ne voit qu'une silhouette floue devant lui car les stroboscopes plongent tout dans un jeu d'ombres et de lumières. Amusé, il ne se débat pas mais se demande qui ça peut bien être. Une fois hors de la piste, le garçon qui l'a emmené par le bras lui fait enfin face.
Feignant l'indifférence il lance un « Ah, c'est toi!»
— Qui d'autre?! répond froidement Matthieu.
— J'avais pensé à un ami de Séverine. Je suis venu avec elle.
— Je sais, je l'ai vu.
Contenant son émotion, Atif demande s'il va bien.
— Je suis toujours accro à la cuisine indienne, mais je me soigne, fait semblant de plaisanter l'ex.
L'indien sourit.
Je ne dis pas ça pour plaisanter, souligne Matthieu.
_T'es toujours dans la même boîte?
_Oui, toujours.
— Tu es venu seul?
— Non, avec de la famille.
— Pas tes parents j'espère!
— Non mais comme tu cuisines bien ils t'auraient adoré. En fait si tu n'étais pas aussi trouillard et compliqué tout le monde t'adorerait.
— Nous y voilà encore! après un an et demi, tu ne peux pas tourner la page? rouspète Atif.
— Je n'aime pas comment ça c'est terminé.
— Ca s'est terminé parce que tu m'as posé un ultimatum: te présenter à mes parents, sinon tu me quittais.
— Et ta vie amoureuse, ça va?
— Oui, ne t'inquiète pas à ce sujet.
En y pensant Atif se sent amer. Il lui pose la même question.
En guise de réponse, un « ça baigne» décontracté.
— Ben, ok à la prochaine!

Atif ne ravale pas sa fierté, car dans l'affaire c'est Matthieu qui a tout gâché pour lui avec ses histoires d'officialisation. A l'époque, il sortait ensemble depuis plus de six mois, tout allait pour le mieux entre eux, mais Matthieu, se rendant compte qu'Atif était l'homme de sa vie, voulut officialiser la chose. Dans son esprit, c'était aussi le moyen de ne pas trop vivre dans le péché et de mieux faire passer la pilule à des parents musulmans. Après tout, les pratiquants, les catholiques conservateurs se font un point d'honneur de rester vierge avant le mariage. Il s'agissait de ne pas faire trop de cochonneries dans le dos des gens, de demander de se pacser avec son beau basané pour le meilleur et le pire.
De leur histoire, le meilleur est passé et il ne reste que le pire, un long deuil avec lequel il faut désormais vivre.

— Je crois qu'on va devoir passer un bout de la soirée ensemble parce que ma cousine a sympathisé avec Séverine.
— Ah bon.
— Avant de les rejoindre j'ai quelque chose à te dire. Je t'ai aimé et je ne veux que ton bonheur mais si tes parents n'accepteraient pas facilement un homme dans ta vie, cherche un musulman, un rebeu. Ca les choquera moins.
— C'est entendu.

Sur ce, ils partent rejoindre leurs compagnes sans avoir vraiment fumé le calumet de la paix, avec leur doutes, leurs larmes et leurs regrets. Ils ne disparaîtrons pas malgré le côté bon enfant du reste de la soirée.
Même les bords de la Seine à côtés desquels ont patienté Atif et Séverine avant de prendre le premier train du matin, n'y change rien . Les eaux ne coulent pas sous les ponts, c'est toujours le même mélange saumâtre que l'on voit. Rien de limpide et clair.


Alors qu'il se repose dimanche matin pour rattraper sa nuit de sommeil manqué, il repense au gros du problème qu'il a occulté depuis toujours. Ca ne réparera pas ce qui s'est passé mais peut-être que ça va l'aider dans le futur et c'est la rencontre de Matthieu qui le laisse face à sa propre vérité.
Ils étaient heureux mais, là où ça bloquait, c'était bien la famille. Il est bien conscient à présent qu'aucune histoire d'amour ne peut durer longtemps si on est entre deux chaises.
Lui, pris dans ses contradictions, a fait le choix de quitter son amour. Et, s'il y en a d'autres, les quittera-t-il aussi?
Voilà le complexe de l'indien musulman romantique: chercher l'amour fébrilement tout en sachant que ça ne durera qu'un temps, que l'on participe à quelque chose qui va droit dans le mur.
Et qui sait, Atif provoque peut-être les ruptures inconsciemment. Vouloir et ne pas pouvoir, que cela est frustrant! A 25 ans passés de quelques années, il est déjà impotent comme un grabataire, de manière imagée.

Pourquoi Romi n'accepterait pas? Parce que c'est une bonne maman musulmane qui ne jure que par les petits-enfants. Et Atif doit en avoir comme tout le monde, avec une musulmane, il va de soi. Si elle n'est pas musulmane, elle pourrait faire quelques concessions mais pas un homme; ça la déboussolerait complètement-d'autant plus qu'elle a gardé certains bijoux de famille à son intention! Ses sœurs auraient pu en profiter mais ils ne serviront à personne à moins qu'Atif se marie quand même…
Elles ont épousé des musulmans, l'une par conformité, l'autre pour rentrer dans le moule. Leurs époux ne sont pas terribles physiquement par rapport à elles ce qui justifie cette loi inéluctable: plus on met des critères, moins on trouve(quelque chose de bien). Ils sont tellement contraignants que l'une d'entre-elles a pour époux un garçon d'une autre région de l'Inde que le Tamil Nadu(pays des Tamoul). Dans les deux cas, ce sont des histoires de love mariage(mariages d'amour), même si Nazara c'est un peu forcée.
Lorsque ces romances furent dévoilées, Romi dit à toutes ses autres copines que les temps changeaient et qu'il fallait lâcher du lest, ne pas imposer des mariages arrangés. Et pour ne rien gâcher, ils avaient des positions sociales élevées.
Séverine a plus de choix, ses parents ne sont pas sur son dos du tout. Elle peut sortir avec un hindou, un musulman ou un chrétien. Même un français. Mais par envie, elle préfère faire sa vie avec un indien. Trouver l'homme de sa vie n'en reste pas moins une tâche ardue.
Alors avec tout ça, la suggestion de Matthieu lui apparaît judicieuse, trouver un musulman et comme même ses sœurs ont eu du mal pour en trouver des indiens, ça ne pourra être qu'un arabe ou un turc. L'idée lui fait l'effet d'un bon bol d'air frais.
Pourquoi n'y a-t-il pas pensé plus tôt?
-Turc ou arabe pour le teint-
Musulman pour les parents.
Tout le monde y trouve son compte.
Et le petit détail qui le dérange?
Ce n'est pas grave, on utilisera deux fois plus de gel. Les marchands de lubrifiant ne feront pas faillite avec eux!

Alors qu'il a ce détail en tête, il repense à la fête, au moment où Matthieu lui demanda s'il ne vivait pas trop mal l'interdiction de fumer en discothèque.
« Pas trop mal, j'ai tout simplement arrêté! », répondit-il.
Mots écrits au passé, car il doit tourner la page comme il a arrêté de fumer. Il le remercie de l'avoir aimé, de l'aimer toujours, de l'aider et, phantasme de nouveau sur son musulman.
Il espère qu'il aimera la pop arabe comme lui aime la pop indienne.
Et avec un peu de chance, il aura vu un film hindi, car on en montre sur les chaînes arabes du satellite.
Il espère qu'il ne l'a utilisé que pour ça et pas pour voir si les chaînes gay de sexe oublient de crypter leurs programmes.
Qu'il soit un gentil garçon.

Atif se lève et allume son ordinateur à la recherche d'une perle qu'il voudrait pas si rare.
Et comme disent les musulmans de l'Inde: MASHALLAH, non pas INSHALLAH…
…Avec une nouvelle question…
…Trouvera-t-il ça intéressant?


Suite

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