Quelle drôle d'idée !!!?
de Spike
- Monsieur Spike ! On demande Monsieur Spike au téléphone
- C'est moi !
- Veuillez me suivre, s'il vous plaît.
`
Je suivais le groom, qui m'emmena dans une petite cabine capitonnée de l'Hôtel du Grand Lac. Je décrochai et j'entendis mon majordome :
- C'est vous Albert ! Que se passe-t-il ?
- Que Monsieur m'excuse, il se passe quelque chose de grave !!!
- Mais, quoi ?
- Monsieur David est ici !
- Quoi ? Il est à Paris ! Qu'est-ce qu'il fait à Paris ?
- Il est en train de tout casser dans votre appartement !!!
- Comment ? Mais, pourquoi fait-il ça ?!!
- Il veut savoir où vous êtes. Il faut OUCH !...
- Allô ! ! Albert...
- Allô ! C'est vous Spike ? Où êtes-vous ?
- Albert !!! Qu'est-t-il arrivé à Albert ?
- Il a reçu le vase de Monsieur de Travir sur la tête.
- Comment ??
- Vous avez très bien compris. Maintenant, répondez à ma question ! Ou êtes-vous ?
- Je me trouve en Suisse.
- Mais, que faîtes vous las bas ?
- Je me lance dans le chocolat.
- Vraiment, mon cher, quelle drôle d'idée ! Vos usines ne vous suffisent plus, vous voulez vendre du chocolat.
- Que voulez-vous, mon cher, j'adore le chocolat. Voulez-vous me rejoindre ? J'ai acheté un superbe chalet du côté de Rion.
- Oh ! Quelle bonne idée !
- Pendant, que vous y êtes, amenez les domestiques !
Je raccrochai avant d'entendre sa réaction.
Pour une fois, Monsieur David de Lacoudray, venait de tomber à point. Il était la couverture idéale pour un agent des services secrets français. Il faut que je vous éclaircisse la situation.
Je suis Spike, un millionnaire (réellement), mais la vie de riche est vraiment très ennuyeuse. Il se trouve qu'un jour, je fus mêlé à une histoire d'espionnage, malgré moi. Ça remonte à six mois, mais je vous la raconterais une autre fois. Depuis, ce jour fatidique, je suis devenu un agent des services français. Je pense être un des plus jeunes agents. J'ai vingt et un ans, et cet âge-là, on pense plutôt aux garçons. Mais, la plupart de ces jeunes garçons pensent plus à mon héritage, que mes parents m'ont laissé le jour de leur décès ; j'avais deux ans. Mais, il serait trop long de raconter mon enfance et le début de mon adolescence.
Pour en revenir à nos moutons, le seul qui s'est intéressé vraiment à ma personne, c'est David de Lacoudray. Allez savoir ce qui s'est passé dans sa tête, le jour où je lui ai fait découvrir la sexualité entre garçons (juste une fois). Depuis il ne me lâche plus, il me suit pas à pas ; ou presque !
Il y a deux jours, nous avons retrouvé un de nos agents au fond du lac Leman. Il n'était sur aucune affaire. Ils m'ont envoyé, ici, pour enquêter de plus près, me sachant dans le coin.
D'après, la police locale, qui était au courant de ma véritable fonction, Jacques Berthy se serait suicidé. Le rapport du médecin légiste était formel ; j'en etais complètement convaincu, mais tout s'écroula lorsque que je vis la photo du corps : Jacques portait un smoking !!!
Jacques me disait toujours qu'il n'aimerait pas mourir dans un smoking ! C'est bête, mais c'est comme ça ! Il avait une collection de smoking, et d'après moi, il ne se serait jamais suicidé avec un smoking.
Vous devez penser, que mon raisonnement est complètement farfelu : il se trouve que je le suis. Une preuve : Monsieur David de Lacoudray !!!
Sur ce je décidai d'aller visiter l'appartement de Jacques. J'eus du mal à obtenir les clefs par la concierge, mais dès qu'elle sut qui j'étais (le célèbre) millionnaire Spike, les choses se sont bien arrangées ; moyennant billets.
Ils sont bien payés, ces agents secrets. Il avait des deux pièces duplex, un peu désordonné son appartement ! Je dirais même : un vrai foutoir ici.
Des personnes sont venues chercher quelque chose !? Bon ! Regardons voir, s'il y a quelque chose d'intéressant. Tiens ! Le téléphone qui sonne ! Décroche ou ne décroche pas ? Allez, je décroche :
- Allô, Jacques ?
- Non, je suis désolé Monsieur !
- Excusez-moi, j'ai dû ...
- Non, non, vous êtes bien chez Jacques Berthy.
- Puis-je lui parler ! S'il vous plaît !
- Je crains que ça ne soit pas possible !
- Quoi ? Il lui est arrivé quelque chose ?
- Si l'on peut dire. Si vous voulez, je peux vous l'expliquer devant un café et ...
- Non, je viens !
- Non, non ! Surtout pas !
- Pourquoi ? Et puis, qui êtes-vous ? Et, que faites-vous chez Jacques ?
- Grand Dieu ! Que de questions ! Je m'appelle Spike. À qui ai-je l'honneur ?
- Damien Clémat. Heureusement que Jacques m'a parlé de vous ! Mais rien ne prouve que vous êtes ce que vous prétendez être. Pour en être sûr, je vous retrouve dans cinq minutes, au café qui se trouve au coin de la rue. Il n'y en a qu'un ! Vous ne pouvez pas vous trompez ! Clic ...
- D'accord ! Tiens, il a déjà raccroché !
J'avais quatre minutes devant moi. J'entrepris de continuer mes recherches. Je n'ai rien trouvé à part le double des clefs de l'appartement. Ça me permettrait de revenir pour faire de plus amples recherches.
Je descendais, quand la concierge m'interpella :
- Vous avez trouvé quelque chose Monsieur Spike ?
- Non, seulement le double des clefs. Mais, je reviendrai !
- Je vais devenir millionnaire, si ça continue comme ça !!!
- À moins que vous fassiez de la prison !
- Oh ! Mon Dieu ! Pourquoi ?
- Entrave à la justice ! Voici ma carte.
C'était mon laissez-passer pour le salon du chocolat avec les couleurs du drapeau suisse.
- Oh ! Excusez-moi. Bon, ben, je vous laisse les clefs !
- D'accord, mais motus et bouche cousue ?!
Je sortis de l'immeuble et je me dirigeais vers le café. Je me demandai, comment j'allai reconnaître ce Damien Clémat, lorsqu'un garçon de rêve, un ange descendu de je ne sais pas où me dit :
-Monsieur Spike, je présume !
- Damien Clémat ?
- Oui ?
Je n'en revenais pas. Il savait choisir ses petits amis ce Jacques.
- Je vous ai reconnu grâce à votre couleur de cheveux, et les roux ca ne courent pas les rues !
- Vrai ?! Plus je vous regarde, plus je comprends pourquoi Jacques aimait la Suisse !!!
- Je ne suis pas suisse, mais d'origine canadienne. Mais, je suis venu pour parler de ce qui est arrivé à Jacques, pas de ma nationalité !!!
- Vous, au moins, vous êtes direct ! En fait, on a retrouvé Jacques au fond du lac Leman.
- Comment ? Ce n'est pas possible !!!
Je lui laissai reprendre son souffle et dis :
- Étiez-vous un ami de Jacques ?
- Oui...
- Intime ?
- Non ! Juste, un ami ! Rien d'autre !
- Vous en êtes sûr ?
- Oui ! J'en suis sûr !!!
- Excusez-moi.
- Il n'y a pas de mal.
- Le rapport de police dit qu'il s'est suicidé.
- Ce n'est pas croyable ! Quand je l'ai quitté, la semaine dernière, il était la joie même de vivre. À moins que ...
- À moins que, quoi ?
- Rien ! Vous y croyez, vous, au suicide ?
- Non !
- Non ? Faîtes-vous partie de la même organisation que Jacques ?
- Quelle organisation ? Gay et fier de l'être ?
Il sourit jusqu'aux oreilles et s'approcha et dit tout bas :
- Mais, non ! ... Celui des services secrets français !
- Ben, ... Oui !
J'aurais dû dire non, mais, son parfum m'en a empêché.
- Vous prendrez bien quelque chose, Monsieur Clémat !
- Oui, mais, appelez-moi Damien !
- Moi, c'est Spike ! Alors, que prenez-vous, Damien ?
- Un chocolat, Spike !
Si, ça continue, je vais craquer...
- Garçon, s'il vous plaît ! Deux chocolats, merci !
- Dites-moi, Spike, pourquoi ne croyez-vous pas au suicide ?
- Parce que Jacques portait un smoking !
- Comment ? Quelle drôle d'idée !!!
- Oui, je m'explique. Jacques respectait les smokings. Il trouvait que ce n'était pas une tenue pour mourir. De plus, son appartement a été fouillé. Je pense qu'on l'a aidé à prendre son dernier bain... Oh ! Nom de Dieu !!!
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Cachez-moi vite ! Voilà, monsieur de Lacoudray !!!
- Qui est-ce ?
- Mon soi-disant fiancé !!!
- Soi-disant ?!
- SPIKE ! Vous voilà ! Ah ! Je vois comment vous aimez le chocolat ! Avec un gigolo !!!
- DAVID ! Un peu de tenue, je vous prie ! De plus, vous vous méprenez
- Comment ça, je me méprends ?
- Oui ! Monsieur, qui se trouve à mes côtés, vient d'apprendre la mort d'un de ses amis, qui lui était cher.
- Je ne vois pas ce que vous venez faire dans cette histoire !!!
- C'est moi, David, qui lui fis connaissance du décès. C'était un de mes amis. Alors, s'il vous plaît, rentrez à l'hôtel. Je vous y rejoins, dans quelques minutes, juste le temps de régler les modalités pour l'enterrement.
- Pourquoi ? Il ne peut pas les faire tout seul ?
- DAVID !!!
- Bon, d'accord ! Mais, attention Spike, si dans cinq minutes vous n'êtes pas là, je casse tout.
Je donnais rendez-vous à Damien dans la soirée (tiens, je l'appelle déjà Damien), et partis rejoindre monsieur de Lacoudray (celui-là, je le retiens).
Il m'attendait, dans le hall de l'hôtel, montre en main.
- Ah ! Vous voilà Spike ! Il faut que je vous parle. J'ai pris une grande décision.
- Ah oui ! Laquelle ?
- J'aimerais vous en parler dans un lieu plus discret. Disons notre chambre.
- Notre chambre !!!!?
- Vous semblez étonné ? On est amants ! Non ?
- On n'a fait ça qu'une fois !
- C'est suffisant, de plus j'étais innocent et puceau de surcroît !!!
- Bon, alors allons dans notre chambre.
Je me demandais, comment j'allais me tirer de ce mauvais pas. Le pire, dans cette histoire, c'est que je n'avais pas du tout avancé dans mon enquête. Une fois, arrivé dans la chambre, David prit une grande inspiration et me dit :
- Voilà ! J'ai pris une grande décision, qui vous enchantera. Ne me coupez pas la parole !... Notre position ne peut plus durer : on doit se pacser !
- QUOI !????
- Oui ! On doit se pacser
Je n'en revenais pas. Il était complètement fou, ce David. Il m'a semblé être frappé par la foudre. Je me suis évanoui (Hé ! Je suis un grand émotif). Imaginez un peu. Du coup, je me suis réveillé à la clinique. La première personne que j'ai vue, c'était David : il pleurait. J'ai cru, sur le coup, que j'étais mort et que je quittais ma partie charnelle, mais la sensation d'une piqûre dans le bras m'a fait revenir à la réalité. Je poussai un cri, chose que je n'aurais jamais dû faire, car David se jeta sur moi (Façon de parler, bien évidemment) et me couvrit de baisers (AU SECOURS !). Heureusement, une infirmière arriva à la rescousse, et me délivra de ce fou. On dut l'évacuer. Il voulait tout détruire dans la clinique. Je suis sorti une heure plus tard. Hélas, il était là. Dès qu'il me vit, il accourut vers moi ...
- Ah ! Spike, vous êtes réellement vivant. J'ai cru que vous étiez mort.
- Non, David, je m'étais seulement évanoui.
- Oh ! Spike ! Vous savez que vous me faites réellement plaisir.
- Ah ! Oui ? Pourquoi ?
- Je ne savais pas que vous m'aimiez à ce point là !
- Mais vous n'avez rien compris, David. JE NE VOUS AIME PAS !!
- QUOI ?
- OUI, et de plus je vous déteste, vous êtes un pitre amant, j'en ai connu pour qui c'était la première fois, qui étaient meilleurs que vous !!!
- Vous avez reçu un coup sur la tête en tombant. Venez, je vous ramène à la clinique.
- Mais, David, vous ne comprenez pas !
- Si, si, allez venez !
- NON ! NON ! JE NE VEUX PAS, LAISSEZ-MOI ...
- Spike ! Spike ! Réveille toi !
- Hein !? Qu'est-ce qui se passe ? Ah ! C'est toi Damien !
- Tu as fait un cauchemar.
-Ah ! Oui ! Tu te rends pas compte, je suis retourné 40 ans en arrière.
David voulait absolument se passer avec moi.
- David ?
- Tu ne te rappelle pas David de Lacoudray !
- Ah oui ! Un de mes rivales.
- Et c'est toi que j'ai choisi.
- Tu le regrettes ?
- Tu sais bien que non ! Je me demande ce qu'il est devenu.
- Mais quelle drôle d'idée de rêver de lui !
- Oui, quelle drôle d'idée !!!
Le matin même, je lus, dans le journal à la rubrique nécrologique ceci :
« Monsieur David de Lacoudray est décédé à la suite d'une crise cardiaque à l'age de 61 ans. »
Fin
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