Amours intemporels (4)
de Spike


Je tenais vraiment à me reposer, mais comment rester de marbre a coté d’Aristide. Impossible de le calmer, mais c’est vrai, je n’ai pas trop insisté pour dormir. De plus il est insatiable, mon beau grec. Après cette gymnastique façon Aristide. Il me laissa dormir quelques minutes, le temps de préparer la leçon d’équitation.
« — Alors mon beau rouquin, est-il prêt pour réapprendre à monter à cheval?
— Ben, tu m’as déjà donné un aperçu pendant la sieste. Si on peut appeler ça une sieste !
— Tu crois ? Bon on va voir si ça a porté ses fruits ! Suis-moi, j’ai préparé ton cheval, celui dont tu es tombé.
— Ah oui c’est vrai que j’ai un cheval, j’avais oublié.
— Il t’attend dehors, avec le mien. »
Je suivis Aristide devant sa maison où deux chevaux nous attendaient.
« — Lequel est le mien ?
— Ben, regarde celui qui a l’air content de retrouver son maître.
— Le cheval noir ?
— Oui c’est le tien, de plus je suis un peu jaloux, de l’amour qui te porte. Mais, vraiment il te ne rappelle rien ?
— Non, mon pauvre Pinas !!! » À peine ai-je dit ça, que le cheval se mit à hennir.
« — Pinas, c’est son nom ?
— Faut croire que oui, ta mémoire est en train de revenir.
— Pour le moment je me souviens de mon prénom et celui de mon cheval.
— C’est déjà un début. Aller, je me lance. »
Je m’approchais de Pinas, et là le cheval me donna un petit coup de tête comme pour m’encourager. Et là, comme par enchantement, je sautai sur son dos comme si j’étais né sur un cheval.
« — Philippe
— Oui Aristide ?
— Soit le petit cours pendant la sieste a porté ses fruits, ou c’est un miracle.
— Pourquoi ?
— Je ne sais pas comment tu es tombé de cheval, vu la façon dont tu le monte.
— Je ne sais pas, et franchement j’aimerais que ma mémoire me revienne, quoique depuis mon réveil, je suis heureux.
— Mon pauvre Philippe, comme j’ai dit à Tèlémakhos, je m’occuperais de toi, et essaierai de te faire retrouver ta mémoire, quitte à te perdre.
— Pourquoi je te quitterai ?
— La seule chose que je sais, ce n’est pas la première que tu fais l’amour à un garçon, et même tu le fais très bien. Tu as peut-être un homme qui t’attend ?
— Oui peut-être. Mais vivons le moment présent, fais-moi visiter un peu le coin.
— Le temps de monter sur Avia, je te fais visiter mon domaine. »
Et nous voila parti, on a mis à peu près une heure, pour visiter son domaine. Il n’était pas grand, mais au trot, il semblait immense. Et Aristide était heureux, de me le montrer.
« — Voilà, mon domaine s’arrête à ce bosquet d’olivier, que tu vois là-bas.
— Tu dois avoir des parents qui sont bien vus sur Ithakè.
— Non, pas du tout, c’est Tèlémakhos qui m’as donné ces terres.
— Tèlémakhos ?
— Oui, quand je suis arrivé sur Ithakè, il avait 16 ans et son moral n’était pas très haut, le fait de ne pas avoir de nouvelles de son père et les prétendants qui profitaient du palais et qui courtisaient sa mère. J’ai réussi à lui parler, à l’écouter et à le faire espérer que son père était toujours vivant. Et pour me remercier, il m’a donné ce domaine.
— Comme ça, juste en lui parlant ?
— Heu... C’est vrai, on a eu une relation, l’adolescent de 16 ans est devenu un homme au bout de 6 mois. Mais je n’ai pas abusé de sa jeunesse. Il avait besoin de quelqu’un qui pouvait l’écouter, le comprendre et avait surtout de tendresse masculine. Pour lui maintenant, quatre ans après, je suis comme un frère, a ses yeux. Bon assez parlé de moi. Il faut que je montre une cabane de berger, qui est derrière le bosquet. Tu la vois ?
— Oui, mais qu’est-ce qu’elle a de spécial.
— Le premier arrivé donnera un gage au perdant.
— Je vois le genre de gage que tu voudras de ma part si je suis perdant.
— Et j’ai l’intention de gagner. Allez Avia montre ce que tu sais faire. »
Avant même que je réagisse, Aristide était parti au galop. Heureusement, mon fidèle Pinas, se mit à galoper et réussi à dépasser Aristide, au moment où j’arrivai aux niveaux du bosquet, Aristide se mit à crier :
« — Philippe ! Philippe fait attention à la branche !!! »
Je me retournais, pour comprendre ce qu’il voulait me dire, mais trop tard, je sentis un énorme choc, a l’endroit même où j’avais ma bosse.
«— Philippe, Philippe ça va ?
— Oui, je suis juste un peu sonné ? Wouah, qu’est-ce qui s’est passé?
— J’ai essayé de t’avertir que tu allais droit sur une branche d’un olivier, mais trop tard. Tu peux marcher ?
— Oui, je crois, le bandage a amorti le choc. Je suis juste sonné.
— Viens jusqu’à la cabane, je vais regarder ça. On va laisser les chevaux se reposer. »
Au bout de deux minutes, on arriva à la cabane. Il y avait du foin tout frais, Aristide y installa une couverture, et me fit asseoir, pour regarder ma seconde bosse qui était sur la première. Franchement, j’ai la tête dure. Au moment où, Aristide enleva mon pansement, la vision d’un garçon blond au sourire jovial m’apparut.
« — Aristide !
— Je te fais mal ?
— Non au contraire, je sais qui est Wilfrid.
— J’ai peur de la réponse ...
— Je vais te rassurer, c’est un ami, un très grand ami.
— Un de tes anciens amants ?
— Non, un très grand ami, mais c’est la seule chose que je sais. Et, j’ai l’impression qu’il veut m’aider à trouver quelque chose, mais je ne sais pas quoi. C’est confus. Aristide, prends- moi dans tes bras, j’ai mal au crâne en cherchant ce passé qui m’échappe.
— Tout de suite après avoir refait ton bandage. »
Aristide me refit le pansement avec toute la délicatesse qu’il pouvait me donner, et ensuite il me prit dans ses bras, je dirais même que c’est moi-même qu’il le prit.
« — Aristide, ça va ?
— Oui et non, dans tes bras, ça va mais je peur de te perdre.
— Une chose dont je suis sûr, Aristide
— Laquelle ?
— C’est que je suis amoureux de toi, comme jamais je l’ai été.
— Comment tu peux savoir, ta mémoire n’est pas revenu.
— La mémoire peut-être, mais les sentiments sont ancrés dans la chair et non dans le cerveau.
— C’est vrai ?
— Oui, et je vais te le montrer. »
Je le couchais doucement, lui enleva sa tunique, et je commençai à l’embrasser chaque parcelle de son corps. Et je ne pus continuer, car Aristide et sa virilité dominèrent la situation. Qui de nous deux avait perdu ? Aucun. Et qui avait gagné ? Tous les deux, et le trophée fut l’amour que chacun de nous deux, en se le prouvant l’un à l’autre, dans des ébats, que je ne pourrais pas décrire ici. Car l’amour se partage à deux.
Combien de temps ont duré les preuves d’amours suivit du sommeil, je ne saurais pas le dire.
« — Philippe, réveille-toi. On nous regarde.
— Quoi ? Qu’est ce que tu dit ?
— Je te dis qu’on nous regarde. »
Je me retournai et devant la porte, je vis Pinas et Avia. Je fus pris d’un fou rire suivit d’Aristide.
« — Je crois qu’il est l’heure de rentré, de plus si on arrive après la nuit, Eurydice ne va pas être contente.
— Quand je pense que je vais boire, sa mixture affreuse.
— Tu pourras monter ton cheval ?
— Oui, ça va mieux, surtout depuis que nous avons fait l’amour. Mais je préfère rentrer à pied.
— Philippe.
— Oui
— Je t’aime.
— Je t’aime aussi Aristide. »
Aristide pleura en m’embrassant, ce fut un duel de langues dans nos bouches respectives, qui furent interrompus par le hennissement de Pinas.
On rentra main dans la main, suivi de nos chevaux. Arrivé devant la demeure d'Aristide, on vit Eurydice sur le pas de la porte avec une coupe fumante.
« — C’est seulement maintenant que vous rentrez ? Le soleil est presque couché.
— Tu vois, Philippe, je t’avais dit de pas trop flâner.
— Quoi ? c’est moi qui ...
— Je vois que vous êtes en meilleure forme, Philippe. Mais Buvez ceci, le traitement n’est pas fini.
— Il le faut vraiment.
— Je tiens à ce que vous soyez présentable et en bonne santé devant notre roi.
— D’accord Eurydice, je vais boire votre potion. »
J’avalai la boisson d’un seul trait, et je fis une grimace qui a fait rire jusqu’aux larmes, Aristide.
«— Maintenant, je vais changer le pansement
— Désolé, ma douce Eurydice, on va d’abord prendre un bain, et changer de tunique. Après tu pourras t’occuper de mon hôte.
— Donc Philippe prend son bain en premier, et comme ça je m’occuperais de lui pendant que tu prendras le tien.
— Je ne crois pas qu’on prendra un bain séparément. N’est-ce pas Aristide ?
— J’allais le dire. Mais promis Eurydice, je ne vais pas le fatiguer ton blessé. Tu viens Philippe, je vais te donner une nouvelle tunique, et après le bain et je vais te frotter avec de l’huile. Eurydice peux-tu préparer le bain et, le repas ? Tu serais une déesse.
— Promis tu me le ne fatigue pas.
— J’ai promis, je n’ai qu’une parole. »
Aristide me prit par la main, pour aller dans la chambre pour me choisir une de ces plus belles tuniques. Ensuite il me dirigea vers la salle des bains. Il y avait une grande baignoire en marbre, où fumait une eau odorante. Une baignoire où l’on aurait pu mettre quatre personnes.
« — Je vais te nettoyer, et te masser avec de l’huile. » Me dit Aristide
« — Vraiment ? Tu as promis à Eurydice qu’on serait sage.
— J’ai dit ça je m’en souviens plus.
— Ça, c’est plus que de l’amour ?
— Ah oui ? C’est quoi alors ?
— Je ne sais pas, mais je veux me baigner avant que l‘eau refroidisse. »
Je me jetai sur Aristide pour lui retirer sa tunique, le problème ou le bonheur, il avait eu la même pensé, je me retrouvai nu comme un ver suivit d’Aristide, et vu l’état de nos sexes, le bain allait être très chaud. Aristide a dû me faire tous les massages qui existent, et termina à me passer de l’huile, qui rend la peau si douce. Je n’en restais pas là, je lui rendis tous les prodiges qu’il m’avait donnés. En sortant de la salle des bains il y avait plus d’eau à l’extérieur de la baignoire que dedans.
« — Quels gamins que vous faites tous les deux, le repas est prêt, mais avant je m’occupe de Philippe.
Asseyez vous, le temps que j’applique le cataplasme et que je mette un nouveau pansement. Mais la bosse n’a pas dégonflé ? C’est bizarre, je vais mettre un peu plus de cataplasme. Voilà C’est fait. Je vous libère, je pense qu’Aristide s’impatiente. »
Quand je rentrai dans la salle des banquets, je vis Aristide à demi allongé avec plein de victuailles sur la table. Je vis surtout ses yeux bleus qui brillaient de plaisir et remplient d’amours. Ce regard me fit fondre, que j’en pleurais de joie et de tristesse.
« — Qu’est-ce qui t’arrive ?
— Je suis si heureux, que c’est moi maintenant qui a peur de te perdre.
— Mon amour, je serais toujours à tes cotés, quoi qu’il arrive.
— Je t’aime tant Aristide
— Et moi alors ? Moi aussi je t’aime plus que tu puisses imaginer, j’ai déjà aimé des garçons, mais c’etait des amants. Toi c’est différent, il n’y a pas que le sexe, c’est autre chose. Je n’arrive pas à expliquer. Viens près de moi. Et mangeons, après je te montrerai à quel point je t’aime. »
On dit “vivre d’amour et d’eau fraîche”, maintenant je comprends. Car nous avons peu mangé. L’envie de nous prouver, nous avait coupé appétit, mais pas celui d’être l’un près de l’autre, pour ne faire plus qu’un. Ce fut encore une nuit encore plus belle que les autres. Mais mon cerveau gâcha mon sommeil, je rêvais des choses tellement réelles, était -ce ma mémoire qui me revenait par bribes ou simplement un rêve. Quand je me réveillai, je me blottis près d’Aristide, pour réfléchir a ces rêves. Puis tout commença à s’emboîter, ma mémoire me revenait. Je poussai un cri qui réveilla mon amour qui était beaucoup plus vieux que moi, mais que j’aimais.
« — Philippe, ça va ?
— Oui, Aristide, juste un mauvais rêve. Ne t’inquiètes, près de toi il s’est envolé.
— Tu as beaucoup bouger pendant ton sommeil. Tu es sûr que tout va bien ?
— Oui, oui je t’assure.
— Alors embrasse-moi pour me le prouver. »
Je me ne fis pas prier, et je lui fis le grand de baiser. Ce qui réveilla son bas-ventre, et évidemment c’etait reparti pour un sport en chambre. Après cet interlude charnel, on se reposa, mais pas longtemps, car Eurydice rentra dans la chambre avec son horrible mixture.
« — Allez les garçons, debout !!! Il faut vous préparer pour le festin qu’Odysséus a préparé pour fêter son retour. Mais avant tout, Philippe buvez ma potion contre les bosses.
— Il le faut vraiment !!!
— C’est ça ou je vous retiens ici. C’est comme vous voulez.
— Alors, je n’hésite pas, je bois. »
Je me mit à boire, mais c’etait encore plus horrible que les deux autres. Je me bouchais le nez pour pouvoir boire. Je fis une telle grimace de dégoût, qu’Aristide partit dans un grand fou rire suivi d’Eurydice. Je ne sais quelle tête je faisais, par le fait d’être vexé, mais l’hilarité repartit de plus belle, si bien que je me mit à rire aussi.
« — Je vous ai préparé deux bols de lait de chèvres frais et du fromage, pour vous fortifier. Manger pendant ce temps la je vous prépare votre bain.
— Merci Eurydice. Qu’est-ce que je ferais sans toi ?
— Je ne sais pas, mon petit Aristide, je ne sais pas. »
Dès, le départ Eurydice, nous partîmes nous restaurer. À ce moment, la Eurydice :
« — Aristide, un jeune homme demande un repas, puis-je le faire entrer pour qu’il partage votre repas du matin.
— Oui, invite le. »
Eurydice fit entrer dans la salle, un jeune homme de 25 ans à peu près, barbu avec des yeux bleus magnifiques, différents des yeux bleus d’Aristide.
« — Bonjour, je suis Aristide et voici mon ami Philippe.
— Bonjour, je suis Homère, je suis venu pour écouter les histoires d'Odysséus.
— Ça tombe nous allons au palais aujourd’hui. On pourra y aller ensemble si vous le souhaitez.
— Je souhaite juste me nourrir, car j’ai encore un bout de chemin à pied.
— Ben, vous arriverez bien après le festin. Si vous voulez, je vous prête un cheval. Vous Savez monter à cheval?
— Oui, quel grec ne sait pas monter à cheval?
— C’est décidé, Philippe et moi-même, nous terminons ce repas. Eurydice, peux tu t’occuper de notre hôte, pendant que nous préparons.
— Pas de problèmes Aristide. Mais dès que vous êtes prêt, je voudrais voir la bosse de Philippe.
— On vous rejoint dès que nous sommes prêt, et après je te prête Philippe, si tu me le rends.
— Allez filez.»
Elle n’eut pas besoin de nous le dire deux fois. Nous nous dirigeâmes vers la chambre, pour choisir une tunique.
« — Philippe, je vais t’habiller pour que tu sois le plus beau avec moi. Voici cette tunique qui vient d’Athéna, ainsi que ce manteau et ces sandales. Ah, que j’y pense et cette épée.
— Heu ! L’épée est indispensable. Tu sais moi les armes, je les ai en horreur.
— Tu auras juste à porter, pas te battre avec, puis c’est l’usage.
— Bon, si c’est l’usage, je me plie. Mais à contre-cœur.
— T’inquiètes pas, je serai près de toi. Je te ne quitterais pas d’un pied. Bon, allons nous laver, avant que l’eau soit trop froide ; ça serait embêtant.
— Pourquoi ?
— Ben , froid, ça arrête pas mal de chose.
— C’est bien ce que j’ai dit hier c’est plus que de l’amour.
— Allez, viens vite que je te bichonne. »
En sortant du bain, il y a un peu moins d’eau en dehors que la veille. On s’habilla, et l’on alla rejoindre notre hôte qui avait fini de manger.
« — Homère, la salle des bains serait prête, si vous souhaitez.
— J’ai peur d’abuser de votre hospitalité.
— Non, je vous assure. Le temps de changer l’eau et...
— Ramassez celle qui a débordée. » Dit Eurydice
« — Oui, je vous accompagnerais, juste aux portes. Je ne voudrais pas que ma nourrice, me martyriser mon Philippe. Avez-vous, des vêtements propres ?
— Oui, pas de problèmes. Je vous remercie de votre hospitalité et de votre générosité. »
Dix minutes plus tard, Aristide revint. Entre temps, Eurydice avait changé mon pansement.
« — Sympathique cet Homère n’est ce pas Philippe ?
— Serais-tu intéressés par hasard?
— Philippe, je ne t’aurais pas connu, j’aurais volontiers passé une nuit avec, mais pas plus. Mais il y a plus de jeux, puisque je suis heureux. Heureux et amoureux. Philippe, je t’aime.
— Prouve-le-moi.
— Avec plaisir. »
Aristide m’embrassa avec toute la passion qu’il pouvait donner.
« — Je te crois, je t'aime aussi. Par contre il y a un fait qui me chiffonne. À moins que ça soit ma mémoire qui me joue des tours, mais il y a un lien entre Homère et Odysséus. Je n’arrive pas à voir lequel ?
— Je ne pense pas qu’ils se connaissent, vu la différence d’age.
— Messieurs, je suis prêt à vous suivre jusqu’au palais. » Nous dit Homère. C’est vrai qu’il était intéressant. Les chevaux préparés nous partîmes pour le festin chez le roi d’Ithakè. Si j’avais su la suite, je serais resté dans la demeure de mon amour pour toujours.

Suite

Spike

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