Une soirée à surprises de Laurent Canny
vendredi 29 novembre 2002, 11:34 - Laurent Canny - Lien permanent
Je deviens très copain notamment avec Teva, juriste comme moi. C'est un tahitien, beau comme sur les cartes postales.
Ami lecteur qui vient sur ce site pour lire des histoires de sexe et de cul, en voici une pour toi. Du sexe, il y en aura, je te le promets, mais sois patient, laisse-lui le temps de venir, laisse-moi raconter mon histoire.
Je te parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. En ce temps-là, l'armée appelait les enfants mâles de la patrie à passer douze long mois à l'ombre de ses drapeaux.
Je me présente, je m'appelle Julien et au moment où commence mon récit, je viens d'achever brillamment ma maîtrise de droit. J'ai 23 ans, je n'ai plus de moyen pour échapper au service militaire et cette perspective me plonge dans des sentiments oscillant entre l'effroi et l'abattement le plus total. J'ai effectué ce que nos pères appelaient « les trois jours », ce qui n'est plus maintenant qu'une longue et morne journée remplie par des occupations aussi passionnantes que des batteries de tests imbéciles, une visite médicale ou le discours sublime d'un adjudant essayant de nous convaincre de faire l'école des officiers de réserve. Bref, le bonheur !
Le seul bon moment fut la douche commune où une quarantaine de mecs à poil se savonnèrent avec ardeur pour éviter d'incommoder les narines sensibles des médecins appelés à les examiner. C'était agréable de voir toutes ses bites au repos et de les imaginer fièrement dressées. J'essayais aussi de deviner lesquels parmi mes collègues douchés avaient les mêmes regards et les mêmes envies que moi… J'essayais surtout de réfréner une envie grandissante de bander, ce qui aurait pu faire mauvais genre, vu les circonstances.
Après cette journée historique, le verdict est tombé sans appel : je suis bon pour le service. À vrai dire, ce n'est pas une surprise. Fraîchement diplômé de l'université, je suis au-dessus du seuil de l'illettrisme et, physiquement, je ne l'ai pas encore dit, mais je suis plutôt bien foutu : dix ans de pratique assidue de la natation me permettent de nager le 100 mètres en 55 secondes et si c'est trop lent pour espérer être champion olympique, ça suffit largement pour avoir un corps élancé, aux muscles finement dessinés et absolument dépourvu de la moindre trace de graisse disgracieuse. Comme au-dessus de tout ça, j'ai une gueule de minet, cheveux blonds, éclaircis par l'immersion prolongée dans les piscines chlorées, yeux bleus comme dans les films, je vais faire taire ma modestie une seconde : je suis vraiment un beau gars et je tombe toutes les nanas et tous les mecs que je veux, alternant les plaisirs avec un bonheur toujours renouvelé.
Mais pour l'instant, l'heure n'est pas aux plaisirs charnels mais à l'angoisse de l'avenir. Le choix est simple : soit je passe douze mois derrière les murs sinistres de la caserne de Limoges, soit je fais seize mois mais en service civil comme Volontaire à l'Aide Technique (VAT) à…. Tahiti ! La comparaison est facile : d'un côté, l'enfer d'une année grise, pleine de journées grises derrière des murs gris, ou alors, le paradis à l'autre bout du monde ! Tout m'intéresse dans cette solution, la perspective d'échapper à l'uniforme et aux jeux idiots qui vont avec, une première expérience professionnelle plus enrichissante intellectuellement que le maniement des armes, la vie sans papa et maman, la découverte d'un nouveau monde, et puis… Tahiti ! Le nom fait rêver, les eaux turquoise, les fleurs et… les nanas ! Rien que de penser aux vahinés mythiques, je bande ! En plus, j'imagine que les mecs doivent être aussi bien roulés que les filles, ce qui me laisse fantasmer sur tous les coups de queue que je pourrais donner là-bas.
Seulement voilà, pour le moment rien n'est fait et je sais qu'il y a dix fois plus de demandes que de places à pourvoir. Mes parents ont fait jouer tout le piston qu'ils pouvaient obtenir et maintenant, j'attends. Nous sommes début septembre, la plupart de mes copains et copines sont en vadrouille quelque part et je me morfonds. La date couperet se rapproche, je dois être incorporé au 1er octobre et je ne sais toujours pas où ! Je guette l'arrivée du facteur comme Sœur Anne en haut de son donjon. Un matin enfin, la lettre recommandée, tant espérée et crainte à la fois, m'est remise par le préposé bedonnant qui comprend mal pourquoi ce simple bout de papier me fait passer par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel… Je m'enferme dans ma chambre, j'ouvre en tremblant et… je deviens fou ! Adieu Limoges et la grisaille, à moi les cocotiers et les lagons ! Je suis pris comme VAT et je pars dans deux semaines.
Ces quinze derniers jours avant le départ sont comme un tourbillon tant j'ai de choses à faire. Les adieux aux copains, la dernière nuit avec Annie, la dernière nuit avec Eric, la dernière soirée en famille, tout va vite… Puis c'est le départ, le Capitole jusqu'à Austerlitz, puis Roissy, la découverte des salles d'embarquement, mon premier gros avion, le décollage…
L'armée a bien fait les choses. Je suis dans un vol régulier d'Air France et nous sommes une vingtaine de VAT tous réunis dans des fauteuils voisins. Nous faisons connaissance. En dehors de deux médecins, un peu plus âgés et déjà mariés, nous avons tous entre 22 et 24 ans et nous sommes tous célibataires et visiblement… bons pour le service ! Les conversations abordent rapidement les sujets de cul et il est clair que je ne suis pas le seul à fantasmer sur les vahinés ! Ceci dit, comme l'autre jour sous les douches militaires, je ne peux m'empêcher de me demander si je suis le seul parmi nous à rêver aussi aux bites tahitiennes…
Après vingt-quatre heures de voyage, nous sommes tous lessivés mais terriblement excités au moment d'atterrir à Faaa, l'aéroport de Tahiti. Je n'oublierai jamais cette arrivée. Dès que je sors de l'atmosphère hyper-sèche de l'avion, je suis suffoqué par l'air humide et chaud de Tahiti. Il n'est pourtant que 5 heures du matin, mais il fait déjà 25° et je transpire vite à grosses gouttes. Je suis aussi étonné par l'odeur de fleurs qui s'insinue au milieu des vapeurs de carburant qui traînent sur les pistes. Le jour se lève et, en marchant jusqu'au bâtiment de l'aéroport, on a le temps d'apercevoir le jour se lever sur Moorea, l'île en face de Tahiti. Ce n'est qu'un premier contact mais je suis déjà époustouflé par la beauté du paysage.
L'accueil est tout aussi étonnant. Une fois franchi les formalités de police et de douane, nous découvrons le hall de l'aéroport, plein d'une foule animée, des colliers de fleurs à la main pour accueillir famille et amis. L'association des VAT a bien fait des choses. Il y a là une vingtaine de nos collègues qui nous couronne, nous prend en main et nous facilite l'installation. Je partage un faré (maison en tahitien) avec deux autres VAT. Je me rends vite compte que notre seul vrai point commun est d'être VAT et que le faré ne sera pour moi qu'un lieu pour dormir et déposer mes affaires.
La vraie vie est dehors où j'ai tant de choses à découvrir. Le boulot, d'abord : je suis engagé comme juriste au service contentieux de la CPS, l'équivalent de notre Sécu. L'ambiance dans le service est super sympa et je suis très vite intégré. Je deviens très copain notamment avec Teva, juriste comme moi. C'est un tahitien, beau comme sur les cartes postales. Il est grand, le torse en V, sculpté par des heures de surf. Il a cette élégance naturelle des types bien dans leur corps et sachant s'en servir. Le moindre de ses gestes est toujours fluide, juste, dans le bon tempo. Même quand il se lève pour vous amener un dossier, on a l'impression qu'il danse un ballet sur une musique qu'il est seul à entendre. Il sourit tout le temps, heureux de vivre, et la blancheur de ses dents, à peine masquées par des lèvres sensuelles, semble encore mieux ressortir tant son visage est hâlé. Non seulement il est beau, mais en plus il est adorable, joyeux, toujours content. Il m'a pris sous son aile et, à ses côtés, je commence à découvrir Tahiti.
En dehors de Teva, il y a aussi la belle Maeva. C'est la secrétaire du service. Ah Maeva…Vous imaginez Tahiti, vous rêvez à une belle fille, vous l'imaginez belle, au corps bien dessiné, votre regard se promène sur une poitrine arrogante, descend sur une taille fine, rebondit sur un cul provoquant et finit sa course sur des jambes interminables, c'est votre vahiné idéale. Eh bien, Maeva est mieux que ça. J'ai eu l'impression d'en tomber amoureux à la première seconde où je l'ai vue. J'ai parlé de son corps, mais je n'ai pas dit ses yeux, marron foncé, si foncé qu'ils en paraissent noirs, aussi noirs que ses cheveux si longs et fournis qu'ils lui recouvrent le dos quand ils sont lâchés, et je n'ai pas dit sa bouche aux lèvres épaisses qui attirent le baiser, et son sourire charmeur… Bon, bon, d'accord, je m'arrête, je sens que je m'emballe.
Nous prenons souvent notre pause-déjeuner tous les trois, Teva, Maeva et moi. Je flirte gentiment, mais Maeva est mystérieuse et si elle reste gentille et plaisante avec moi, elle ne répond qu'à peine à mes travaux d'approche. Je ne me décourage pas et ne suis pas inquiété par la concurrence de Teva. Je sais qu'il poursuit des amours orageuses avec la belle Tehani et qu'elle l'épuise tout autant par des séances de baise acharnées que par des engueulades homériques ! En fait, il n'a pas le choix, s'il veut apprécier « l'épuisement » des parties de jambes en l'air, il faut qu'il supporte les cris incessants de sa copine du moment !
En dehors du boulot, quand Tehani lâche un peu la grappe à Teva, nous nous baladons aussi pas mal ensemble. Le week-end, il m'initie au surf ce qui lui donne l'occasion de bien se foutre de moi. Putain, c'est difficile, mais à force d'efforts je commence à réussir à monter sur cette saloperie de planche qui fait rien qu'à me faire tomber. L'autre plaisir du surf, c'est d'admirer Teva, on a l'impression qu'il est né avec une planche sous les pieds ! Sa grâce, déjà évidente quand il est habillé, est encore plus flagrante quand il est en bermuda sur son engin. Il a un corps d'athlète, bien dessiné, merveilleusement bronzé. Il est vraiment beau, il le sait, mais ça ne le rend pas arrogant. Il est content de lui, de sa vie, des nanas qu'il baise, des copains avec qui il s'éclate. C'est le copain idéal.
Ca fait maintenant trois semaines que je suis là. Tout m'enchante, l'île, les gens, le boulot… La seule chose qui commence sérieusement à me peser c'est que je n'ai encore couché avec personne depuis que je suis là et si je me branle avec acharnement pour vider un peu mes couilles trop pleines, l'exercice finit par me lasser et j'aimerais bien remplacer ma main par n'importe quoi d'autre, bouche, con ou cul ne m'appartenant pas.
Cette fois, je crois quand même que ma période d'abstinence va s'achever. Demain, c'est l'anniversaire de la mère de Teva. Il y a une méga-bringue chez ses parents. Je suis invité et Maeva aussi. Je me fais un serment : demain, elle passe à la casserole !
Dès le matin, je suis chez Teva pour préparer la soirée. Ses parents ont une propriété magnifique à Punaauia, à dix-huit kilomètres de Papeete, la capitale de Tahiti. Ils ont un jardin immense au bord de la plus belle plage de l'île. Le lagon est turquoise sous le soleil matinal et Moorea resplendit à l'horizon.
Teva et moi bossons comme des fous toute la journée. On prépare le veau à la broche, on installe les tables, le buffet, les fleurs, les projecteurs. La journée passe à la vitesse grand V, et vers six heures et demie, alors que la nuit est déjà tombée, tout est enfin prêt.
Nous sommes en sueur tous les deux et on pique une tête rapide dans le lagon pour se rafraîchir. Plus que le temps de se doucher et de se faire beaux avant que les premiers invités arrivent. Teva m'entraîne vers la salle de bains.
- Vite, on se douche ensemble, on a juste le temps !
Je le suis sans rien dire, mais je suis étonné. C'est la première fois que je le vois à poil et si je ne m'attarde pas à l'examiner, j'ai le temps de me rendre compte que sa bite est à la hauteur du reste de son corps. On se savonne rapidement en rigolant mais sans les plaisanteries de cul qui alimentent souvent nos conversations habituelles. Bizarrement, j'ai l'impression que mon Teva est un peu troublé de me sentir nu tout contre lui. Mais bon, je fantasme sûrement, vu le nombre de nanas qu'il a fait passer dans son lit, ce n'est pas un mec comme moi, même superbe (si, si), qui va l'émouvoir.
La douche finie, on se sèche et s'habille en vitesse. Pour ma première bringue tahitienne, je n'ai pas fait les choses à moitié : j'ai un pantalon blanc et une chemise pareo rouge et blanc que je laisse par-dessus le pantalon. À force de suivre Teva au surf, j'ai bien bronzé moi aussi et le mélange de soleil et de sel a blondi encore davantage mes cheveux. Je mets un tiaré à mon oreille droite. Un dernier coup d'œil dans la glace : franchement je me trouve très baisable, si Maeva ne tombe pas ce soir, je fais un malheur.
Les premiers invités arrivent, j'aperçois Teva faire de grands gestes au téléphone. Il raccroche violemment et vient vers moi en tirant la gueule.
- Quelle salope, cette Tehani ! Il est sept heures et demie et c'est maintenant qu'elle me dit qu'elle ne viendra pas, qu'elle n'a pas envie et qu'elle m'emmerde ! Putain, mais qu'est-ce que j'ai fait au ciel pour tomber sur une nana pareille !
Je lui passe un bras autour des épaules et je tente de le consoler.
- Allez, fais pas la gueule ! Elle baise peut-être bien ta gonzesse mais c'est tout ce qu'il y a à faire avec elle ! Beau et sympa comme tu es, t'auras pas de mal à t'en trouver une autre !
- Ouais, sûrement Julien, il me répond, mais pas ce soir. En dehors de Maeva, toutes les nanas invitées seront accompagnées. Et Maeva, t'inquiète pas, c'est ta chasse gardée. Bah, c'est pas grave, je ferai l'orchestre avec mon père et mon oncle !
Et aussitôt il me gratifie de son sourire lumineux qui me ferait craquer tout de suite si j'étais capable de penser à quelqu'un d'autre qu'à Maeva.
Maeva, justement, la voilà. Elle est resplendissante. Elle a une robe longue très décolletée, d'un blanc éclatant, mettant en valeur son bronzage parfait. La robe est fendue sur un côté et chaque pas fait apparaître sa jambe parfaite. Elle porte aussi une couronne de fleurs multicolores qui semble avoir poussé directement sur sa tête. J'ai dit resplendissante ? Non, elle est sublime. Nous nous embrassons comme de vieux amis et elle accepte avec plaisir les compliments que je lui fais. Elle fait le tour des invités et tous les regards ne suivent plus qu'elle.
Je ne veux pas la suivre comme un toutou dès l'apéritif. Je sais que la nuit sera longue et qu'il ne sert à rien de brûler toutes ses cartouches dès le début de la chasse.
J'oublie un moment mes envies de cul et je m'immerge avec bonheur dans cette première bringue polynésienne, si différente de tout ce que j'ai pu connaître en France. Il y a des gens de tout âge et de toute race et tout le monde boit, mange, rigole et bavarde avec bonheur. Le punch de la mère de Teva, délicieusement traître, a été dosé juste avec ce qu'il fallait d'alcool pour que tout le monde soit joyeux sans être saoul. Le veau à la broche est une merveille et sa peau craquante a un goût inoubliable.
On approche de la fin du repas, ça va bientôt être l'heure de la danse. Dans un coin de la terrasse, le père et l'oncle de Teva ont pris leurs guitares et commencent à chanter. Teva, le bel esseulé, s'est approché d'eux avec un instrument unique : deux cuillères à café coincées dans son poing qu'il agite en cadence. Mesdames et Messieurs, voici le batteur de notre soirée !
Il est temps que je me rapproche de Maeva. Je sollicite d'elle un cours de danse tahitienne. Les valses et les fox locaux se succèdent et elle m'enseigne l'art du déhanchement sur les temps forts. Heureusement, j'ai le sens du rythme et bientôt, nous formons un couple entraîné, chaloupant en cadence au gré de l'inspiration du trio musical.
L'heure avance, je ne danse qu'avec Maeva, me collant insensiblement de plus en plus à elle. Cette fois, je la sens réceptive, il ne me reste plus qu'à attendre une série de slows pour pousser mon avantage.
Vers une heure du matin, la musique se fait plus langoureuse. Les premiers slows sont d'une sensualité prometteuse. J'en profite pour pousser mon avantage : une de mes jambes s'insinue entre celles de Maeva. Celle-ci me laisse faire et enroule ses bras autour de moi, enfouissant sa tête dans mon cou et, même, je ne rêve pas m'embrassant doucement l'oreille. Je suis comme électrisé et ma queue se gonfle instantanément avec une vigueur montrant son état de manque. J'appuie un peu plus contre le corps de Maeva comme pour lui montrer la marchandise… Elle réagit en me serrant un peu plus. On ne pourrait plus glisser un ticket de métro entre nous. De temps en temps, j'aperçois Teva qui agite toujours ses cuillères et me fait des sourires complices comme pour m'encourager.
Il est maintenant une heure et demie. Les musiciens se reposent un peu. C'est le moment d'y aller. Je lui souris.
- Maeva, je te ramène ? J'ai envie qu'on soit tout seuls.
Elle me sourit à son tour.
- Oh non, Julien, pas ce soir. Je suis fatiguée, je vais rentrer.
Je suis tellement surpris que la suite se passe comme dans un cauchemar éveillé. Je la vois m'embrasser rapidement sur la joue, prendre son sac, faire un signe de main à Teva et partir sans rien dire. J'ai l'impression que la terre entière me regarde en se marrant. Je fonce vers le jardin maintenant désert, respire à grands coups pour retrouver mon calme et arrive sur la plage déserte et presque lumineuse grâce à la pleine lune qui fait des reflets magiques sur le lagon, ou plutôt que je pourrais trouver magique si j'étais capable de voir quelque chose. Je suis aveuglé par la rage, la déception, la honte et tout un tas de sentiments aussi sympathiques que ceux-là.
- Putain de putain de putain de salope d'allumeuse de merde !!!!
Je sais, c'est pas poli, ma maman ne m'a pas élevé comme ça, mais dans un cas comme ça, ça soulage un peu, pas beaucoup, mais un peu quand même.
D'un seul coup, je sens une main sur mon épaule.
- Allez Julien, t'énerve pas, tu finiras par y arriver !
C'est Teva, j'étais tellement en colère que je ne l'ai même pas entendu arriver.
- Tu sais, Maeva elle est comme ça. Elle allume, elle allume mais pour la faire éteindre c'est vachement compliqué. Remarque, après ça vaut le coup !
- Ah bon, tu sais ça toi ? Tu l'as déjà sautée Maeva ?
- Ben ouais, bien sûr. J'aime trop le cul pour laisser passer une nana comme ça que je voyais tous les jours ! Si tu savais ce qu'elle m'a fait courir ! Après on a couché ensemble deux ou trois fois, c'était super au lit mais une fois la baise terminée on avait pas grand chose à se dire, alors on a préféré rester copains.
- C'est bien beau ça, peut-être que je l'aurai un jour, Maeva, mais en attendant, j'ai envie de baiser moi ! Ca fait trois semaines que je suis au régime sec, ça va finir par me rendre malade !
Il éclate de rire, de ce rire si naturel qui le rend si attirant, mais je suis encore trop déçu pour m'en apercevoir.
- Allez, viens, on va piquer une tête dans le lagon, ça va te faire du bien !
- Mais, je n'ai pas de maillot…
- Arrête tes conneries, on est tout seuls, il fait nuit, on peut se baigner à poil.
Aussitôt dit, il fait voler sa chemise et son pantalon ce qui me permet de voir qu'il n'avait même pas de slip. En un instant, j'oublie Maeva et j'admire le corps superbe de Teva, qui luit sous la lune. Je vois son cul ferme courir vers le lagon et j'apprécie en connaisseur la pureté du style de son plongeon. Je ne réfléchis plus, je me déshabille à mon tour et cours vers l'eau où je plonge avec bonheur.
Elle est si bonne que son contact me nettoie de mes aigreurs et de ma colère. Je retrouve instinctivement le plaisir de la nage et je rejoins Teva d'un crawl puissant.
- Tu avais raison, ça me fait un bien fou. J'en arrive presque à oublier Maeva. Je vais être sage, je baiserai une autre fois !
Teva a toujours le même sourire. Nous sommes dans un mètre cinquante d'eau et il s'approche de moi. Sa main s'approche de ma joue qu'il caresse avec douceur. En un instant, l'atmosphère change. La surprise me coupe le souffle et me transforme en statue. Sa main continue de caresser ma joue et se promène dans mes cheveux. La lune éclaire son visage d'une lueur étrange qui met encore plus en évidence la fulgurance de sa beauté. J'ai d'un seul coup tellement envie de lui que j'en ai les larmes qui me montent aux yeux.
Il sourit toujours et murmure :
- J'ai toujours pensé que tu aimais les hommes aussi !
Ces quelques mots me redonnent vie et mettent fin à ma tétanie.
- Ca prouve que tu es plus clairvoyant que moi. Il m'est arrivé de rêver qu'il se passe quelque chose entre nous mais je voyais ça comme un rêve impossible. J'étais tellement sûr que tu étais hétéro à 100% !
- J'aime trop le sexe pour le réserver aux femmes. Bien sûr, c'est avec elles que je couche le plus souvent, mais il y a aussi tellement de beaux mecs attirants… Je ne peux pas résister.
Il hésite un peu, puis il continue :
- Et puis,… quand on en rencontre un qui est à la fois beau et à la fois tellement ton ami, tu te dis qu'un jour tu ne baiseras pas avec lui mais que nous ferons l'amour longtemps, longtemps, avec intensité et que ce sera merveilleux. Et c'est maintenant.
Cette fois, c'est bien une larme qui coule le long de ma joue mais Teva ne lui laisse pas le temps de descendre. Il pose ses lèvres dessus et l'avale comme un nectar. J'ai l'impression que chaque pore de ma peau est le centre d'un million de cellules nerveuses qui s'agitent toutes en même temps. Ses lèves ont quitté ma joue et ont rejoint les miennes. Nous restons collés ainsi un long moment, nos corps ne remuant qu'au rythme de nos respirations qui ne font bientôt qu'une.
Je le serre fort dans mes bras sans autre envie que de sentir son corps contre le mien, indifférent pour l'instant à nos sexes si durs qui eux aussi ne font qu'un. Je sens sa langue s'insinuer dans ma bouche et elle commence avec la mienne un ballet aussi langoureux et lent que mes slows torrides avec Maeva, tout à l'heure, il y a un siècle. Nous sommes comme une statue de bronze que la lune ferait briller.
La statue commence à bouger doucement. Nos mains, comme actionnées par un signal invisible, se mettent en action en même temps pour caresser le dos de l'autre. Nos bouches restent toujours collées formant un tunnel passant de l'un à l'autre comme pour matérialiser que nous ne formons qu'un seul corps. Aucun mot n'est nécessaire. Nous nous trouvons comme si nous étions un vieux couple, attentifs aux envies de l'autre comme à nos propres pulsions. Je commence à avoir envie de découvrir sa queue que je sens si durement posée contre la mienne mais, en même temps, l'instant est si doux, et les sensations ajoutées de nos langues mêlées, de son dos sous mes mains et de mon dos sous les siennes est si intense, si magique, que je pense fugitivement, poète que je suis, à « la petite seconde d'éternité » de Prévert et je voudrais que cette seconde ne s'arrête jamais.
C'est lui qui prend l'initiative. Il se décolle de moi, prend une de mes mains et, sans rien dire, m'entraîne doucement vers la plage. Je le suis, subjugué, par ce corps parfait où luisent des gouttes d'or allumées par la lune. Au fur et à mesure que le niveau d'eau baisse, nos queues apparaissent, fiers étendards suivis de leurs chevaliers. A quelques mètres du bord, c'est moi qui l'arrête. Mes mains recommencent à arpenter son dos puis descendent vers son cul magnifique maintenant offert à mes yeux. Je caresse ses globes parfaits, si durs que j'ai peine à penser qu'une queue puisse s'immiscer entre eux. Il ne reste pas inactif et ses mains à lui prennent le même chemin que mes mains à moi. Mon cul frissonne sous la caresse et je m'ouvre imperceptiblement comme en attente d'une visite plus approfondie.
Nos respirations se sont maintenant accélérées au rythme de la montée de notre excitation. C'est moi qui craque le premier. Nous ne sommes plus que dans vingt centimètres d'eau et je m'agenouille pour voir enfin de plus près cette queue magnifique, puissante, tellement à l'image de son propriétaire. Il est circoncis comme tous les Tahitiens et si sa bite est un peu plus courte que la mienne, elle est plus massive, couronnée par un gland épais, brillant, dont je devine la teinte brique.
Je lève la tête et croise son regard amoureux posé sur moi. Il a envie que je l'avale, mais il patiente sachant que cette attente est déjà une merveille en elle-même. Avant que ma bouche n'aille y voir de plus près c'est ma main qui caresse la bête en premier. Je joue un peu avec les boules rondes et velues puis je remonte le long de cette hampe, m'extasiant devant ce miracle toujours renouvelé de la découverte d'une nouvelle queue. J'esquisse trois ou quatre allers et retours, comme un simulacre masturbatoire sachant bien que ni lui ni moi ne voulons nous en tenir là. Je me penche enfin et fait glisser ma langue autour de ce gland offert, rencontre espérée enfin concrétisée. J'attends que ses mains se posent sur ma tête pour me donner le tempo mais je sens qu'il préfère me laisser la conduite de notre ballet. Ses mains se promènent sur mes épaules et le haut de mon dos et ce simple contact me fait soupirer de bonheur.
Je suis comme enivré par le mélange d'odeurs et de saveurs qui m'assaillent. Il y a le goût salé de l'océan, les senteurs puissantes de mec viril, de transpiration, de savon… Tout ça se mélange en un bouquet fort, excitant, envoûtant. Sa queue est maintenant entièrement enfouie dans ma bouche qui l'avale et reste immobile. Seule ma langue danse un ballet caressant autour de sa hampe. Je sens palpiter son gland comme s'il respirait doucement.
Je commence à bouger doucement le long de ce pieu si dur, descendant et montant comme un yo-yo au ralenti et laissant ma langue continuer à folâtrer à sa guise. Les soupirs que pousse Teva me font comprendre qu'il apprécie ce que je lui fais et son bonheur suffit à me donner un plaisir intense comme si je sentais sur mon sexe ce que je fais au sien. J'ai envie d'accélérer mais je me retiens et me force à maintenir ce rythme infiniment lent comme si ma bouche ne pouvait pas aller plus vite.
Ce n'est plus une pipe, c'est comme un calumet de la paix, d'une paix profonde et apaisante que nous procure à tous les deux cette caresse partagée. Un long moment passe, calme et doux, puis Teva murmure :
- Arrête Julien, c'est trop bon, trop bon. Je ne vais plus pouvoir me retenir et je ne veux pas jouir maintenant, pas tout de suite, pas tout seul.
Je me relève et nous échangeons à nouveau un long baiser puis il m'entraîne enfin vers la plage. Je m'allonge dans les quelques centimètres d'eau qui bordent le rivage. Je suis sous la voûte étoilée vierge de nuages, avec la bille ronde de la lune qui ne perd pas une miette de nos ébats. Et je vois mon amant magnifique se pencher vers moi et explorer tout mon corps de sa bouche humide et avide de me découvrir.
À son tour, il me procure la plus douce et la plus intense des caresses. Il parcourt ma tête, mon cou, ma poitrine, s'attarde sur mes tétons aussi durs et dressés que ceux d'une femme, descend lentement vers mon nombril qu'il pénètre de sa langue durcie et atteint enfin le but de sa visite. Il prend le temps de me sentir, de me respirer et de s'emplir, comme moi tout à l'heure, des odeurs de sexe qui montent de mon pubis et de ma queue dressée, comme en recherche de la bouche qui va l'accueillir.
Mais Teva n'est pas pressé, il ignore toujours superbement la preuve de mon excitation et lèche avidement mes deux couilles si pleines du nectar que je veux lui offrir. Mes jambes s'ouvrent et il descend fouiller dans mon cul et découvrir la porte où je veux qu'il pénètre tout à l'heure. Sa langue me fouille, entre, sort, se promène et me fait vibrer de mille sensations. Puis il remonte et, sans plus attendre, avale d'un seul coup ma longue tige que je sens butter au fond de sa gorge. Je gémis de bonheur et presque de douleur tant la sensation est forte. L'eau qui clapote autour de moi se mélange avec les étoiles et me donne l'impression d'être en apesanteur.
Teva me suce avec force et puissance comme s'il avait décidé de m'avaler tout entier. Sans quitter ma bite surchauffée, il m'enjambe et vient poser son cul sur ma bouche pour me faire découvrir cette partie de lui qui m'est encore inconnue. Je croyais être au summum du plaisir et je découvre que je peux aller encore plus loin dans le bonheur sans déverser ma précieuse semence. Je mélange le plaisir d'une queue incandescente et la joie d'une langue chercheuse qui arpente sa raie mystérieuse et découvre ce trou où elle s'installe à son aise.
Le contact de ma langue l'électrise et il me donne l'impression de vouloir s'empaler sur elle. Mais ma langue ne suffit plus à Teva. Sa bouche m'abandonne, il virevolte et vient s'asseoir sur moi. C'est lui qui va s'enculer tout seul sur mon mât dressé, lui qui est maître de la situation. Je lui laisse volontiers les commandes, tant je suis bien d'être à la fois acteur et spectateur de ce moment unique où je pénètre mon ami, mon amant, mon amour, mon autre moi-même.
Comme deux pôles d'un aimant qui s'attirent, son cul et mon gland se trouvent d'instinct, comme s'ils s'étaient rencontrés depuis toujours. Il est tellement excité, il a tellement envie que je le pénètre qu'il descend sur ma queue aussi naturellement que sa bouche m'avalait tout à l'heure.
Je suis complètement prisonnier de lui maintenant. Mon sexe est enfoui au plus profond de ce cul si dur que je ne m'imaginais possible qu'une queue comme la mienne eût pu y entrer aussi facilement et s'y trouver aussi bien. Il ne bouge plus, se couche sur mon torse et nos lèvres et nos langues reprennent la conversation que nous avions interrompue.
Il se relève et commence tout seul à monter et descendre le long de mon pieu qu'il emprisonne si divinement. Je sens que l'apothéose est proche, je voudrais bien qu'il me prenne aussi mais ses gémissements et les miens ont augmenté leur cadence et je sens à son regard qu'il ne va plus pouvoir se retenir longtemps.
J'attrape sa queue et la branle en épousant le rythme de plus en plus frénétique avec lequel il se défonce lui-même le cul. Bientôt, je ne contrôle plus rien, tout se mélange en une éruption comme je n'en ai jamais connu, les étoiles, la lune, sa queue, la mienne, tout explose en un tourbillon de jouissance qui me fait presque perdre connaissance.
Nous redescendons doucement, tout doucement, des sommets vers lesquels nous étions grimpés. Je ne sais plus qui a dit que l'homme était triste après l'amour. Là, c'est tout le contraire, j'ai l'impression de ne jamais avoir été aussi bien. Nous sommes dans les bras l'un de l'autre, l'excitation est retombée et nous sommes simplement bien de sentir le contact de nos corps.
Teva me regarde, ses yeux brillent et son visage est à nouveau illuminé par ce sourire unique qui le rend si beau :
- Alors, mec, je t'ai fait oublier Maeva ?
- Oublier, je ne crois pas, mais je ne regrette pas. Ca sera même sûrement un des plus grands souvenirs de ma vie !
Je ne croyais pas si bien dire ! Je n'ai jamais oublié cette nuit-là et pourtant, il s'est passé tant de choses depuis… Mais, ça, ami lecteur, je t'en parlerai une autre fois. Pour ce soir, il est temps que j'aille me coucher. Demain, il y a une bringue énorme à la maison, l'occasion est spéciale : Maeva et moi, nous fêtons nos vingt ans de mariage et les dix-huit ans de notre fils aîné ! Il s'appelle Teva, comme son parrain…