Naïm (3) de Bravery
vendredi 17 mars 2006, 22:40 - Bravery - Lien permanent
J'osai soutenir un instant encore son regard opaque dont la noirceur quelque peu menaçante semblait vouloir me jauger.
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2006-01-04
Cela faisait dix jours déjà que j’y réfléchissais. Dix jours que je me demandais si devais l’appeler. Le visage de Naïm ne voulait simplement pas disparaître de ma tête. A chaque fois que je rentrais à pied de la station de métro, j’observais du coin de l’œil les jeunes de la cité voisine qui traînaient souvent en bande dans la rue, en espérant y reconnaître son faciès taillé au couteau ou sa stature musclée. Mais en vain. Plus le temps passait, plus j’oubliais la peur qu’il m’avait alors inspirée en pénétrant chez moi. Les menaces qu’il avait proférées se dissipaient insensiblement dans mes souvenirs même si un parfum de danger embaumait toujours ce corps viril qui avait su prendre possession de moi avec tant de violence. Il était inutile de me mentir, je l’avais dans la peau.
L’horloge de mon portable indiquait déjà minuit quarante, mais la torpeur qui s’était abattue sur Lyon était bien trop écrasante pour que je pusse aller me coucher. Je regardais l’écran vide de mon téléphone. Qu’avais-je à perdre ? Qu’avais-je à gagner ? Mes doigts pianotèrent finalement avec agilité sur les petites touches rapprochées du clavier, puis appuyèrent sur envoyer. Dès lors, mon sort était scellé, j’avais fait mon choix.
Il mit vingt minutes à me répondre. Vingt minutes durant lesquelles toutes les pensées imaginables m’étaient venues à l’esprit, mais la réponse était bien là, en petites lettres noires sur le fond bleuté de mon nokia. Le sms contenait sommairement un horaire et quelques indications pour trouver mon chemin. Il voulait que je le retrouvasse dans son immeuble, à deux heures du matin. La perspective de traîner si tard dans sa cité n’était pas pour me réjouir, mais l’envie que j’avais de lui était plus forte.
Une heure à attendre. Une heure pour patienter, désirer, craindre, regretter, patienter, puis désirer à nouveau… Mon cœur battait déjà la chamade alors que je n’avais pas encore quitté mon appartement. Je ne sus bientôt plus si j’aurais le courage de me pointer au rendez-vous. Je m’allumai alors un petit joint, roulé avec une seule feuille afin de taire les inquiétudes qui me rongeaient sans pour autant tomber en léthargie. Quelques bouffées profondément inhalées suffirent à débrancher mon cerveau. Seule ma queue avait dorénavant le droit de parole.
Le parking au pied de l’immeuble était complètement désert, tandis que la plupart des fenêtres étaient plongées dans l’obscurité. Un silence un peu inquiétant régnait dans le lotissement. Je dus passer devant plusieurs halls d’entrée avant d’apercevoir le 113 bis. Comme il l’avait annoncé, la lumière brûlait faiblement dans la cage d’escalier. Suivre la lumière et les portes ouvertes… De toute évidence, il me fallait descendre les marches. Je m’engouffrai alors d’un pas un peu hésitant dans le corridor mal éclairé, aux murs ornés de graffitis. Mais au premier sous-sol, je ne trouvai aucune porte ouverte. Je continuai donc mon chemin, un étage plus bas bien que l’éclairage y fût plus faible encore, et effectivement sur la gauche, une porte en métal attendait ma venue. Elle donnait sur un long couloir si sombre que je pouvais à peine distinguer en quoi le sol était fait, mais au loin brillait réellement une ampoule. Je m’y engageai et compris rapidement que je me trouvais dans les caves du bâtiment. De chaque côté de cette artère principale partaient à intervalles réguliers d’autres couloirs plus étroits, mais aucun d’eux n’était illuminé. Alors que l’entrée par laquelle j’étais passé disparut derrière moi dans l’obscurité, j’aperçus sur ma droite, au fond d’un de ces petits corridors, une porte entrebâillée de laquelle filtrait une clarté jaunâtre. Je tendis l’oreille mais aucun son n’en provint.
Je m’aventurai alors timidement dans le ténébreux passage aux odeurs de renfermé tandis que le bruit de mes pas semblait résonner excessivement dans la vastitude de ces labyrinthes souterrains. Je poussai la porte qui s’ouvrit, en grinçant lugubrement, sur un étroit caveau poussiéreux sans ouvertures et aux murs décharnés. Au milieu de la pièce, je reconnus enfin Naïm qui se tenait flegmatiquement debout, les fesses posées sur le rebord d’une table. Je m’avançai alors vers lui, mais à peine avais-je pénétré le compartiment qu’une silhouette informe sauta de l’ombre et saisit violement mes poignets qui furent énergiquement ramenés dans mon dos, tandis qu’un violent coup de pied dans le pli des genoux me força à tomber à terre, avant même que je pusse me défendre. Agenouillé, les mains liées, je ne pus même pas distinguer mon agresseur.
- Vas-y ! Fissa, file-moi les menottes !
La voix qui retentit gravement dans mon dos avec un clair accent de banlieue s’adressa explicitement à Naïm qui ne montra aucun signe de surprise.
- J’t’avais dit qu’on s’le choperait facilement, lança-t-il alors en tendant deux jeux de menottes à son compère.
Tandis que l’homme à la voix profonde me passait les bracelets métalliques, j’entendis Naïm fermer la porte à clé et lancer un CD de Lunatic dans une chaîne hi-fi en prenant soin de bien augmenter le volume.
… C'est des héros mes Khos, enferme les chbebs dans la soute et roule …
Le second homme s’avança alors dans le faible halo projeté par le plafonnier et je pus enfin discerner sa stature. Plus grand que Naïm, il portait également un survêtement et un large sweat-shirt à capuche qui cacha d’abord sa tête. Puis, il découvrit son crâne rasé et j’aperçus soudainement l’expression menaçante de son visage à la peau aussi noire que l’ébène. Ses traits assez réguliers lui prêtaient une beauté provocatrice et sauvage que ses lèvres charnues parfaisaient outrageusement. Au dessus de son nez robuste aux larges narines brillaient deux grands yeux noirs légèrement enfoncés dont les pupilles dilatées inspiraient la terreur.
Ignorant ce à quoi Naïm était en train de jouer, je lui envoyai, un peu apeuré, des regards interrogateurs mais il se contenta de me sourire arrogamment sans rien révéler de ses intentions. Son calme placide n’eut certes rien de rassurant, mais à cet instant, je craignis davantage les allées et venues que son complice effectuait nerveusement autour de moi, comme s’il ne pouvait contenir la violence qui le rongeait.
- Alors, sale bâtard, on voulait dealer avec la racaille ? C’est pas le zouk des céfrans ici, y’a des règles à respecter, sale raclure de merde ! T’as besoin d’une sévère correction, là ! On va te maraver ta face de rat grave que tu vas pas gaulé c’qui va t’arriver !
Au fur et à mesure que le black déblatérait sa haine, je sentis que cela n’avait rien d’un jeu pour lui et j’essayai brusquement de libérer mes mains des menottes mais elles étaient fixement attachées. Remarquant ma tentative, Naïm se pencha alors sur moi et cramponna ses doigts à mes cheveux qu’il tira brutalement en arrière tout en collant sa bouche à mon oreille.
- Sois soumis et y t’arrivera rien que tu ne veuilles pas, susurra-t-il alors d’une voix à peine audible.
Puis, il se redressa et mollarda effrontément mon visage sous les yeux approbateur de son pote.
- Sale bolos, reprit-il cette fois-ci sur un ton plus élevé, si tu veux pas qu’on te charcles la gueule, va falloir nous faire une faveur…
Le black eut alors un sourire tout aussi entendu que narquois et attendit impatiemment que Naïm poursuivît, pendant que celui-ci commença significativement à se palucher le sexe à travers son survêt.
- On est pas chéman, tu sais… Si t’acceptes de nous donner du bon temps, on va pouvoir s’arranger… Une belle gueule comme la tienne, on la bastonne pas. Allez, viens sentir l’odeur de ma teube !
Et sans attendre, il m’empoigna par les cheveux et plaqua autoritairement mon visage contre son bas-ventre. Je me débattis quelque peu mais ma révolte dérisoire ne récolta que leur raillerie.
- Regarde-moi ça ! Le céfran croit qu’il peut nous entuber.
- Va falloir lui apprendre la vie alors…
- Allez, salope, fais des efforts !
- Plus tu te rebiffes, plus ça veut durer longtemps…
- C’est déjà mieux…
- Il se soumet, le yenche.
- On lui offre deux belles pines, y peut pas refuser.
- C’est qu’il pourrait y prendre goût.
- Vas-y, bien ! Mate la puissance !
Puis sans montrer la moindre pudeur, Naïm sortit sa queue qui n’était qu’à moitié bandée et la fourra dans ma bouche obéissante, pendant que son pote ne manquait pas une miette du spectacle qui s’offrait à lui. Contraint et forcé, je décidai de ne pas faire la fine bouche et m’appliquai à sucer soigneusement le beau morceau de chair qui m’obstruait délicieusement le goulot. Bien que j’eusse si longuement désiré ce moment, je ne parvenais pas encore à me laisser aller tant la situation était ambiguë, mais de toute évidence, Naïm n’éprouva pas l’ombre d’un remords. Au contraire, cela sembla même l’exciter tout particulièrement et à peine avais-je commencer à titiller son sexe de ma langue fouineuse que je le sentis distinctement s’épaissir dans mon antre.
- C’est qu’il turlutte bien, le céfran ! Regarde-moi comment il s’la donne !
Le grand black à la langue bien pendue parut un peu surpris de voir la docilité avec laquelle j’obtempérais, mais au bout du compte il n’en fut que plus émoustillé et la nervosité qu’il avait manifestée auparavant se transforma bientôt en un écrasant sentiment de supériorité. Agitant sa main avec indécence, il se mit également à tripoter fiévreusement son entrejambe, dont le paquet aux apparences bien fournies ne tarda pas à se dessiner distinctement sous le fluide tissu de son survêt et la trique qu’il semblait se taper n’avait rien de timoré. Naïm dont le membre pouvait à présent se prévaloir d’une fière rigidité préféra de loin se repaître des doux glissements de sa matraque entre le sillon de mes lèvres pincées et à force de m’engorger sur son manche, je commençai moi-même à ressentir d’agréables picotements au devant de mon slip.
- Il sait bouffer !
- C’est qu’il est bien chaudasse, le beau gosse… J’ai le barreau grave.
- Il a l’air d’assurer à max….
- Allez, Matthieu, viens tremper ton braquos !
Le second lascar s’approcha alors de nous et défit la fermeture éclaire de son sweat-shirt qui s’ouvrit sur un débardeur dont la fine étoffe blanche moulait athlétiquement son buste aux formes musclées. Puis il glissa son pantalon sous ses couilles et découvrit orgueilleusement le bel engin d’un brun noirâtre dont il était doté. A en juger par la raideur de son membre, le vaillant pompage que j’avais effectué sur la queue de Naïm devait l’avoir bien excité et il venait maintenant réclamer son dû. Plus long encore que le mien ou celui de Naïm, son braquemart en imposait autant par sa largeur que son charisme. Partant de ses burnes à la peau rugueuse et noire comme du charbon, sa solide hampe s’élançait en l’air en s’éclaircissant légèrement avant d’être recouverte d’un beau macaron à la surface lisse et plus rosée. Tout au long de son chibre à l’alléchante couleur d’ébène serpentaient de saillantes veines toutes gonflées. De mater ces deux queues splendides me surplomber de toute leur virilité me remplit malgré moi de désirs et à cet instant précis j’eusse souhaité qu’ils me détachassent les mains afin que je pusse empoigner vigoureusement leurs mâts charnus. Mais à défaut de pouvoir les toucher de mes mains, ma bouche se chargerait de les gober d’autant plus goulûment.
Naïm qui ne lâchait toujours pas prise, me tira les cheveux avec brutalité en dirigeant pressement ma tête vers le long pieu dodu aux saveurs africaines que Matthieu s’empressa d’emmancher avidement en moi. A contrecœur, je dus constater qu’il était trop long pour l’avaler jusqu’à la garde et je me contentai dans un premier temps de pourlécher sensuellement son gland au goût un peu rance, mais son ténébreux possesseur en parut d’abord amplement satisfait. Puis, tout en faisant glisser mes lèvres le long de sa tige chocolatée, je parvins pas à pas à m’engager de plus en plus loin. Sa châtaigne me chatouilla la luette mais je conservai mon sang-froid et elle put enfin s’aventurer dans mon gosier. Hochant la tête en avant, je réussis à l’aspirer victorieusement jusqu'à toucher les poils drus et crépus de son pubis. Matthieu ne put alors réprimer un profond soupir de contentement et se laissant gagner par le plaisir, il entreprit bientôt lui-même les va-et-vient de son sexe dans le fourreau de ma gorge.
- Vas-y comment il te la bouffe, ce chbeb ! Il a la bouche bien auche, le gourmand !
Le beau salaud d’arabe à la verve intarissable chercha mon regard et après l’avoir trouvé, me scruta avec une crâneuse arrogance comme si le fait de me voir faire limer la bouche par la bite de son pote l’excitait au plus haut point. S’étant mis entre-temps à ses aises, il exhibait à présent son torse imberbe aux pectoraux bien ramassés et à la tablette de chocolat parfaitement définie. Sans détacher ses yeux un seul instant de la rossée bien gutturale que me flanquait le black, il continua en toute impudence à caresser son membre outrageusement tendu, comme s’il matait un film de boule. Plus il me regardait de haut, plus je me surprenais à le désirer. De ma propre initiative, je délaissai un instant le long mât d’ébène et m’attelai à engouffrer de nouveau le beau chibre doré qui me faisait tant saliver. Constatant qu’ils n’avaient plus à me forcer le moins du monde pour que je m’occupasse activement de leurs queues, ils se sentirent alors d’autant plus légitimés à abuser ignominieusement de mon corps et ils furent loin de s’en priver.
Tandis que la queue de Naïm me raclait savoureusement la gorge, son compère me flagellait sadiquement le visage de sa lourde matraque baveuse, comme pour m’en faire sentir toute la rudesse. Et à mesure que la chaîne hi-fi crachait son texte aux rythmes éloquents, je m’abandonnai entièrement aux délices procurés par la divine succion de ses deux grosses queues si appétissantes, passant indifféremment de l’une à l’autre dans une étourdissante confusion des sens. En proie à la même griserie, mes deux agresseurs perdirent également les dernières onces de pudeur qui leur restaient et essayèrent impatiemment de bourrer en même temps leurs glands plantureux dans la béance de mon orifice suceur. Ce fut à peine si je pouvais respirer tant leurs imposantes matraques de chair m’emplissaient le gosier, mais loin de m’oppresser, leurs ardeurs cavalières ne faisaient qu’attiser mon insatiable appétence de bites qu’ils surent satisfaire à merveille. Pendant que l’une se frottait savoureusement dans ma cavité buccale, l’autre embaumait mes narines de ses grisantes odeurs, tout en caressant ma peau humide de sueur, avant qu’elles n’échangeassent leur rôle sans même que je n’eusse le temps de fermer la bouche. A genoux par terre, les mains enchaînées dans le dos et la mâchoire démantelée, j’étais devenu à la fois prisonnier de leur joug et esclave de leurs désirs. Le traitement humiliant et pervers qu’ils m’infligeaient avec une complaisance ouvertement affichée, me combla si violemment que mon slip parvenait à peine à contenir mon sexe bandé. Et même s’ils s’efforçaient de se donner de la contenance en lâchant des commentaires plus assassins les uns que les autres, je reconnus au son de leurs voix et à la fébrilité de leurs queues qu’ils subissaient autant que moi l’emprise des plaisirs virils dont je les pourvoyais.
- Ça le fait kiffer autant que nous, le céfran…
- C’est nous qui finissons par lui faire une faveur alors, rétorqua Naïm.
- Hein salope, que ça t’plait ?
- Y’a qu’à regarder sa chetron.
- J’parie qu’il a le gourdin grave.
- Z’y va, vérifie !
Le bel étalon noir défit alors entièrement sa veste qui tomba sur ses larges épaules carrées, tandis que les biceps volumineux et parfaitement tracés lui prêtaient une carrure terriblement baraquée. Les deux hommes glissèrent alors tant bien que mal leurs sexes dégoulinant de salives dans le pantalon de leur survêtement et pendant que Naïm qui s’était placé dans mon dos, m’obligea à me mettre debout en me prenant brutalement par les bras, Matthieu parvint facilement à faire sauter les boutons de mon jean, malgré mes débattements, et fourra impunément sa main à mon entrejambe. Ses doigts butèrent alors fatalement contre mon pieu tout raidi qu’il empoigna virilement comme pour en contrôler la dureté.