Journal d'un apprenti (4/8) de JMB
vendredi 19 février 2010, 21:15 - JMB - Lien permanent
<< - C'est la première fois ? - Oui, la première fois pour tout. - Je m'en doutais. Promis, tu n'auras pas mal. On va mettre ce qu'il faut pour que ça glisse tout seul. Tu verras, c'est truculent. Bien sûr, un homme s'y prendrait mieux qu'une femme. Tu serais choqué si un homme le faisait sur toi ? >>
JOURNAL D'UN APPRENTI
de JMB
4ème partie
Ce récit relate des faits en partie véridiques, datant des années 1970. Pour cette raison, aucune mention du préservatif, dans ce récit, préservatif dont on ne parlait pratiquement pas.
Trois nuits par semaine, Bernard m'offre les joies de son corps. Cadeau que je lui retourne avec la fougue adéquate. Il ne me cache pas posséder femme et cinq enfants, jure qu'il n'aime les hommes que pour passer le temps durant les chantiers ce qui, croit-il, ne consiste nullement à cocufier l'épouse au foyer. Il ajoute, consciencieux, que je suis le premier qu'il enfile avec une telle assiduité n'ayant, auparavant, eu que des mâles rétribués. Je veux le croire. Toutefois, au début j'étais fier d'avoir détourné un hétéro pur et dur, rêve de tout homosexuel qui se respecte (j'en suis sûr). Ce plaisir m'est supprimé. Du détournement d'hétéro, je passe au détournement de micheton ! Je lui pardonne cette légère déception. En baise, il se renouvelle, m'enseigne divers petits trucs insoupçonnés. Une seule fois je montre un mécontentement certain. Alors qu'il me saute allègrement, que je râle mon bonheur de sentir sa matraque dans mon tréfonds, il commence à m'interpeller au féminin, décrétant que je suis sa "petite poule de luxe", "sa cocotte d'amour". La réaction s'avère des plus efficaces. Ouste la bite de mon cul. Ouste moi du lit. Le Bernard, queue rubiconde, dressée, dégoulinante de ses secrétions, bouche bée, se demande ce qu'il y a de blessant à être qualifié par des expressions aussi tendres, alors qu'on se fait enculer. Vertement, je lui accorde les explications qui se résument en une seule phrase :
<< - Je suis un gus, je tiens à être traité comme un gus ! >>
Les couilles pleines, il opine précipitamment, impatient d'en revenir au but de notre entretien : me foutre la bite au cul et se finir le mieux du monde. Il cède à mon exigence bien qu'il n'ait pas compris mon attitude.
Ces élans cessent alors que le chantier s'achève. Je regrette mon Bernard, jugeant le côté pratique d'avoir à sa disposition une machine à baiser comme lui. Nous profitons de notre ultime nuit pour initier le gros julot aux joies de la sodomie, celle que l'on subit, pas celle que l'on fait subir. Il me le demande déclarant vouloir satisfaire une certaine curiosité. Il m'assure :
<< - Si je veux dire que j'ai fait l'amour avec un mec, faut que j'ai tout essayé, pas vrai ? Si je me fais pas enculer, j'aurais pas tout tenté. Logique, non ? - Et à qui comptes-tu dire que tu baises avec des garçons durant tes chantiers ?
- Façon de parler.
- Dis plutôt que ça te démange d'avoir une queue entre les fesses. >>
Je n'épilogue pas plus longtemps, trop désireux d'être aux ordres de Monsieur ! Beaucoup de salive, beaucoup de patience, n'aboutissent qu'à un échec complet : contracté le quémandeur de bite. Un petit verre de prunelle de derrière les fagots et l'homme oublie qu'il est un homme comme il croit l'être. Salive à nouveau, patience encore, tout ça avec une bonne giclée d'huile d'olive (la seule que je possède, pas de beurre), et mon engin file le parfait amour dans cet anus vierge jusqu'à ce jour. J'apprécie d'autant ce cul poilu aux fesses musclées, joliment rondes. Maintenant, ça coulisse à merveille, dans ce trou un peu serré. Le nouvel enculé se détend au fur et à mesure du pistonnage. Je le vois secoué par des spasmes montrant qu'il éjacule sur le drap. Je ne tarde pas à décharger dans son cul, heureux de lui offrir mon sirop de corps d'homme. Alors que nous faisons une pause, je demande :
<< - Comment te sens- tu ?
- Sais pas trop, difficile à dire. Je reconnais que c'est vachement bon et j'ai pas eu mal. T'es un chef de la baise. Mais je pense pas que je repiquerai au truc très souvent. Ça me gêne, tu comprends.
- Alors tu es devenu ma petite poule.
- Oh doucement ! Crois pas… ah d'accord ! C'est l'explication pratique du pourquoi t'aime pas qu'on t'appelle comme ça en baisant. - Maintenant tu sais que se faire enculer ne veut pas dire avoir changé de sexe.
- Pigé mon mignon ! En attendant, faut que j'aille vider le trop plein sinon les draps vont en prendre un coup. J'ai pas l'habitude et je peux plus me retenir. >>
Ses ablutions achevées, Bernard se colle contre moi. Nous ne dissertons pas sur la virilité, trop pressé de la mettre en action, cette virilité. Sa belle tige s'insère dans mon anus qui l'accueille avec délices. Quatre assauts complémentaires viennent à bout de notre résistance d'autant que chacun d'eux équivaut à une dure bataille. Au petit matin, Bernard plie bagages, enfin les siens à la maison, ceux de son entreprise chez mon patron. Avant de partir, il vient me faire ses adieux, prenant l'attitude d'un timide ne sachant comment faire :
<< - … Promis, je passerai te voir dans pas longtemps. J'ai laissé mes coordonnées de boulot. Si tu veux me joindre, on sait jamais, pas de problème. Tu sais, j'ai un peu le béguin pour ta pomme, Daniel. C'est vrai ! Je jure !
- Alors restons-en là. Dans le cas contraire, je risquerais de tomber amoureux de toi et toi de moi. Tu as une famille et je ne suis qu'un passe-temps. Trouve-toi d'autres passe-temps dans tes futurs chantiers. Ce sera plus raisonnable.
- Dommage, j'étais bien avec toi.
- Moi aussi, j'étais bien avec toi. Pour toi, c'était baiser en toute sécurité, sans plus.
- Y'a de ça. Pas de complication entre nous deux. Mais je m'y suis attaché.
- Tu en trouveras d'autres, ça ne manque pas… >>
Quelques paroles apaisantes, gentilles, grivoises, accompagnées d'une dizaine de pelles plus ou moins appuyées d'attouchements coquins voire polissons et nous voilà séparés à jamais. Une petite boule irrite ma gorge. J'aperçois les yeux humides de Bernard.
D'un coup, la maison me semble vide. Je cherche des yeux la brosse à dents qui n'est pas la mienne : plus rien dans le verre que je me promets de ne jamais laver. Le boulot distrait mes humeurs : les patrons débarquent samedi prochain pour cause de pendaison de crémaillère avec tout le gratin de leur connaissance, donc grand ménage, rangements divers.
Une nouvelle visite inopinée d'un Adrien aux petits soins m'apporte un peu de changement. Nous parlons de nos deux dernières rencontres. Lui m'a éjecté de sa vie sans donner aucune raison. Il se dit tout marri, regretter son manque d'honnêteté. Il n'avait plus envie de moi, me trouvant mièvre, trop accaparé par des questions psychologiques qu'il juge existentielles donc inutiles. Moi je l'ai imité par nécessité ne tenant pas à ce qu'il rencontre Bernard, en même temps je tenais un moyen de vengeance. Il s'inquiète de ma relation avec ledit Bernard. Je ne lui cache rien. Au demeurant, il n'y a rien à cacher. Il paraît soulagé, tout au moins je veux le croire. Il l'est, me le confirme :
<< - J'avais peur que ce soit du sérieux, avec lui.
- D'une certaine façon, ça l'était, sérieux. Mais momentanément.
- Tu en pinçais pour lui ?
- Disons que nous étions bien ensemble. >>
Le sujet est abandonné au profit d'une occupation toute autre. Sans que nos têtes commandent, nos mains se palpent, nos doigts se croisent. Adrien connaît mon point faible : un bout de langue dans mon oreille, un bisou dans le cou. Je cède volontiers mettant mon corps à sa disposition sachant qu'il en usera merveilleusement. Au petit matin, il me quitte m'annonçant un adieu qu'il veut définitif. Peu m'en chaut ! (comme disaient nos ancêtres).
Le trac m'envahit. Nouvelle première : inspection patronale de mon travail personnel mais également de mes actes en tant que son délégué envers ses fournisseurs. J'entends nombre de voitures pénétrer dans la propriété. Durant cette réception, je n'aurai aucun rôle à jouer si ce n'est celui de me faire discret, rester dans mon coin à attendre un éventuel appel en cas de besoin. Je reste à disposition, en quelque sorte. Tout se déroule sans anicroche. Le boss est content, moi également. Durant la journée de samedi, personne ne me rend visite. Par contre, le dimanche matin, aux alentours de 5h30, je suis réveillé par des rires, des éclats de voix. Des jeunes, j'en jurerai. Je ne me trompe pas. Deux zigotos, mon âge à peu près, se tiennent par l'épaule, tentant de mettre un pied devant l'autre sans trébucher. L'un d'eux bégaie :
<< - Tu crois qu'il dort, le gardien ? J'aimerai bien voir la tête qu'il a.
- Tu t'intéresses aux employés, maintenant ?
- Simple curiosité. Toi, par contre …
- Faut voir. Ce n'est pas parce qu'on est de la jaquette qu'on couche avec tous les mâles de la terre.
- Et ce n'est jamais bon de partager son lit avec un membre du personnel.
- Tu as raison ! Faut que je me domine. Allez, on y va quand même ?
- Non, fichons-lui la paix. On aura vite une occasion de voir son minois. D'abord un bon dodo pour deux beaux hommes fatigués. - Petite nature, va ! >>
Les deux lascars s'éloignent. Je décide de les provoquer un peu, enfile presto un short, sort :
<< - Vous désiriez quelque chose, Messieurs ? >>
Ils se retournent dans un ensemble quasi artistique exposant à mes seuls yeux deux parfaits spécimens du genre masculin, selon mes critères personnels, si l'on excepte la démarche vacillante et le regard un peu vitreux. Ils restent immobiles, surpris par mon interpellation. Ils bredouillent un non hésitant tout en reprenant leur chemin. J'ai juste le temps de capter une appréciation à mon sujet :
<< - Je contemplerai bien cette personne de plus près, dès que possible. >>
Donc, mes appâts attirent les jeunes de la grande maison qui, si je comprends bien, ne sont autres que membres de cette famille. La barrière, genre position sociale, calme mes ardeurs, ce qui n'est pas plus mal.
Je ne m'éloigne pas de la maison de toute la journée, comme convenu avec le patron. Mais rien ne vient me distraire de mes occupations routinières alors que je m'attèle à la réparation de deux chaises imitation premier an pire (sic). En début de soirée, j'aperçois mes deux gaillards du petit matin, accompagnés d'une jeune fille boulotte : une sœur probablement. Les garçons se présentent après s'être excusés pour ce qu'ils qualifient d'incongruités matinales. De rien, de rien, aucun mal à s'amuser, telle est ma réponse. Arielle minaude en me jetant des œillades évocatrices d'instants cochons pendant que Théo joue les indifférents alors que tout le désigne comme membre assidu de la confrérie des homosexuels. Pourquoi n'est-il pas venu seul ? Veulent-ils me faire passer un genre de test ? La gamine s'aventure à me frôler. Je juge indispensable de rafraîchir ses élans. Dès que l'occasion se présentera… et elle se présente, l'occasion. Alors que nous bavardons de tout mais surtout de rien, elle me complimente sur mon physique et souhaite à haute voix que mon intellect soit à l'identique, à savoir au mieux. Je la remercie gentiment, non sans rougir un soupçon car je suis flatté de voir que l'on s'attarde sur ma personne, puis j'ajoute :
<< - … Malheureusement, il ne sert à rien de pousser vos investigations et vos attentions à mon égard. Comme votre père ne l'ignore pas, mes élans affectifs se dirigent vers les garçons, les hommes devrais-je plutôt dire. Pardonnez ma franchise un peu brutale mais j'aime à ce que les choses soient claires. >>
Luc s'esclaffe, désireux de laisser croire que mon bon mot le fait se tordre de rire. Théo approuve d'un signe de tête accompagné d'un sourire entendu. Arielle, conclue :
<< - J'avais raison ! Vous avez perdu, les garçons, envoyez la monnaie. >>
Sans barguigner, Luc et Théo s'exécutent, tendant chacun à la jeune fille un billet de 100 Francs qu'elle fourre prestement sous son corsage, entre ses seins. Elle fait un petit signe de la main dans ma direction et regagne la grande maison. Dès qu'elle est hors de vue, Luc croit bon de préciser :
<< - Je ne suis pas des vôtres, vous savez.
- L'attaque est un moyen de défense, dit-on. De plus, pas très gentil pour Mr Théo que vous désignez sans donner son nom. Remarquez, vous n'aviez pas besoin de le faire, j'ai entendu votre venue très tôt ce matin.
- Je vois que Mr notre gardien n'a pas les oreilles bouchées et le cerveau endormi. C'est que ça réfléchit, cette jolie petite tête ! - Eh oui ! Le bas peuple s'instruit ! Veuillez m'excuser, mais j'ai pas mal de choses à faire. Maintenant que vous avez vu la curiosité du jour, à savoir le gardien, peut-être pourriez-vous me laisser vivre ma vie dans mon humble logis. Messieurs, je vous souhaite le bonsoir. >>
Sur ce, je rentre en fermant doucement la porte derrière moi. Luc et Théo s'en retournent d'où ils viennent, fiers d'eux-mêmes mais un peu dépités d'avoir perdu leur pari. Je ne suis pas mécontent de les avoir taquinés.
Le crépuscule ne tardera plus. J'admire les ultimes rayons rouges du soleil qui profitent des espaces laissés par les feuillages touffus des arbres, pour éclairer le sous-bois voisin. Au bout d'un moment, je note le léger brouillard qui donne un aspect cotonneux à la plaine que supplante la colline sur laquelle est érigée la propriété. Je fixe quelques minutes la rosée s'écoulant d'une feuille tandis qu'une araignée s'apprête au travail (tout au moins je l'imagine). Deux écureuils s'activent, pressés et certainement apeurés par une présence qu'ils n'apprécient guère. Personne à l'horizon. Les occupants de la maison de maîtres se restaurent, ajoutant des excès à ceux des repas précédents.
Après une nuit pleine de beaux rêves, je me lève, me ballade à poil comme à l'accoutumée, histoire d'humer l'air du jour. Toilette puis habillage précèdent un costaud petit déjeuner que je prends dehors devant la porte, tout en observant les frémissements du matin. Je rêvasse, pensant à Bernard, me demandant ce qu'il devient, quel genre de personnes lui apportent le soutien affectif dont il est friand lors de ses déplacements. Fille ? Garçon ? A-t-il vraiment pris goût à se faire sodomiser ? Je regrette presque de ne pas avoir accepté de le revoir. C'était bien, tous les deux. On ne se marchait pas dessus, on ne s'étouffait pas. On baisait divinement, sans se compliquer la vie. Y avait-il des sentiments entre nous ? Je le crois mais n'ai pas voulu le voir par peur. Peur de quoi ? Là encore, je n'en sais rien. Doucement je glisse dans une somnolence bienfaitrice, Bernard très présent dans mes pensées. Un appel me sort de la torpeur dans laquelle je baignais. Théo, affolé, essoufflé, hurle :
<< - Vite, Luc est blessé. Vous avez le téléphone ?
- Non, la ligne ne sera branchée que dans une quinzaine de jours minium. Qu'est-ce qui s'est passé ? - Nous marchions à la recherche de champignons. Un pari entre nous que nous trouverions des champignons là où l'on a peu de chance d'en trouver. Enfin bref ! J'ai entendu Luc qui criait. Je me suis précipité et je l'ai vu allongé, se tenant la cheville. Je crois qu'un serpent l'a mordu. Arielle est pétrifiée, ses parents sont absents. - C'est loin ?
- Non, juste derrière, là-bas.
- Bon, allons-y. je suppose que vous n'y connaissez rien en serpent ? Pas même distinguer une vipère d'une couleuvre ? - Ben non… >>
Je m'empare de la trousse de secours que je garde à portée de mains. Je remarque le regard de Théo qui s'attarde sur mon anatomie mais n'y attache aucune importance pour le moment. Quelques minutes plus tard, nous sommes près de Luc terrorisé qui ne sait que dire :
<< - Le venin, je vais y passer ! >>
Évidemment, il se déclare incapable de me décrire de quel reptile il s'agit. Je le calme, lui annonçant que j'ai le vaccin adéquat avec moi, qu'il n'a rien à craindre. Plus serin, il tente de se remémorer l'incident. Théo s'occupe en regardant les alentours. Il m'apostrophe, me montrant du doigt deux vipéreaux se faufilant entre les pierres. Le nid ne doit pas être loin à en juger par le sol pierreux que chauffe le soleil. Les bestioles se cachent, effrayées par le bruit que nous faisons. Tandis que je prépare la seringue, je note :
<< - Parier, c'est amusant, mais faut quand même se renseigner sur les risques possibles. >>
Je remarque un livre sur les champignons, gisant non loin à côté du blessé. Décidément, ils sont totalement irresponsables, ces deux là ! Je ne leur fait aucun reproche mais Théo comprend mon haussement d'épaules. Il bredouille, penaud :
<< - On s'ennuie ici, alors on cherche à se distraire. >>
Je le gratifie de ce que je considère être mon plus beau sourire, pendant que Luc grimace alors que l'aiguille s'enfonce dans sa chair. L'opération soins achevée, je décrète :
<< - Maintenant, on va vous ramener chez vous. Seulement vous ne devez pas marcher. Tout au moins c'est ce qu'on dit. Je vais vous porter. >>
Je ne suis pas peu fier en constatant le regard admiratif d'un Théo obnubilé par ma personne. Je l'impressionne, le citadin ! Pas de doute, je l'ai dans mon lit pas plus tard qu'aujourd'hui, foi de Daniel ! Il hisse Luc sur mon dos et nous voilà partis. Une dizaine de minutes suffisent amplement pour arriver à bon port. Dans le même temps, la voiture du patron est de Madame s'arrête devant le perron. Brouhaha dans la maisonnée en apprenant la gravité supposée de l'événement. On s'inquiète, on papote, on téléphone, on moleste le personnel toujours trop lent à réagir en cas d'urgence selon des maîtres éternellement exigeants. Luc semble dans les vaps. Simple contrecoup psychologique. Bien entendu, le médecin arrive, jette tout le monde hors de la chambre, sauf moi. Je le renseigne sur la vipère probable, lui montre le type de vaccin injecté. Il me complimente et déclare qu'il n'y a plus rien à faire, ordonne le repos complet, promettant de repasser demain en fin de matinée. Il répète à la famille ce qu'il a dit au patient, délivre une ordonnance en précisant que c'est juste pour apaiser Luc. J'en profite pour m'éclipser. Alors que je passe la petite porte donnant sur le chemin qui mène à mon logis, Théo me rattrape, timide, le visage rosi par son audace :
<< - Tu sais, il ne faut pas croire que Luc est un ingrat.
- Pourquoi dis-tu ça ?
- Il ne t'a pas remercié.
- Il n'a pas à le faire. Secourir une personne en difficulté c'est normal. Rien à ajouter. Tu t'es dérangé uniquement pour me transmettre la Parole de Luc ? - Entre autres. Alors tu n'es pas vexé par son attitude ?
- Que nenni ! Tu sais, Théo, j'ai toujours l'habitude de dire ce que je pense vraiment. >>
Nous continuons de marcher sans mot dire. Je devine Théo m'observer du coin de l'œil. Il n'ose faire le premier pas, celui qui coûte le plus. Alors je passe à l'action en m'approchant de lui. Je prends sa main dans la mienne. J'écarte mes doigts, il écarte les siens entre les miens. Nous fermons le tout, les uns enchevêtrés sur les autres. Un sourire, une œillade prouvent notre contentement. Faire entrer en ma demeure un être aussi beau me donnerait des complexes. Il mériterait mieux qu'une petite baraque au fond d'un parc ! Tout juste un palais lui siérait-il. Selon mes critères, Théo représente le dieu de la beauté. Comment le décrire ? Impossible ! Tout est charme, sensualité. Il irradie une splendeur indéfinissable dont je m'estimerais indigne si je couvais quelque complexe que ce soit. Je romps enfin le silence :
<< - Luc, c'est ton petit ami ?
- Non, il n'est pas comme ça, tu l'as bien entendu.
- Je n'y crois pas trop. Enfin, s'il le dit et toi aussi …
- Pourquoi, tu penses que nous mentons ?
- Non, simple intuition de ma part. Dommage car vous allez très bien ensemble, tous les deux. Tu as le béguin pour lui ? - Plus maintenant. Je l'ai eu, à une époque. Allez, laisse Luc, c'est toi qui m'intéresse en ce moment. >>
Ce disant, il plaque sa bouche contre la mienne. La saveur de sa langue parfume la mienne. J'oublie Luc et mes questions à son sujet afin de me consacrer au plaisir de déguster Théo. Ses doigts électrisent mon corps. Ses lèvres oignent mon visage. Ses jambes s'entrecroisent avec les miennes permettant ainsi à nos bas-ventres de se coller l'un contre l'autre. Je sens deux barres qui se cherchent, se taquinent. Les mains œuvrent au déshabillage durant lequel nous nous évertuons à nous séparer le moins possible. Maintenant, les queues se croisent, s'humidifient. Deux doigts coquins s'agitent aux alentours de mon anus pendant qu'une langue s'en vient congratuler le bout de mes seins. Doucement, Théo m'allonge sur le canapé. Il reste debout à me contempler un moment. Une inquiétude effleure mon cerveau : s'il s'apercevait d'un coup que je ne suis pas le garçon qu'il souhaite ? Il sourit puis se place sur moi, me présente sa bite énorme et gobe la mienne. Rassuré, fier de ce qu'il me désire, je lui inflige la meilleure fellation possible. Il n'est pas moins fervent à la tâche. Nos élans charnels exigent une totale réciprocité. Sans nous consulter, nous savons que nous éjaculerons dans nos bouches, que pas une goutte de sperme ne sera perdue. Nous giclons à l'unisson, dans un concert de manifestations sonores prouvant notre bonheur. Après une pelle qui nous permet de goûter à nos semences, nous procédons à une longue suite de câlins plus langoureux les uns que les autres, parsemés de baisers que l'on voudrait éternels. Nous ne débandons pas une seconde, frottant nos braquemarts entre nos corps, jeu que nous interrompons souvent afin d'éviter une jouissance trop précoce. Un doigt puis deux commencent une fouille savoureuse de mon anus, bientôt rejoints par deux autres puis par le cinquième. Théo s'agenouille entre mes jambes que je relève. Il continue l'inspection manuelle de mon cul, comprend vite que je ne suis pas spécialement adepte de ce qu'il appelle "fisting profond pour bras entier". Toutefois, je ne cache pas ma joie de le sentir continuer à trifouiller digitalement, d'autant que je ne tarde plus à réclamer autre chose que des phalanges. Soucieux de mon bien-être, il approche son engin qu'il insère dans mes entrailles avec beaucoup de maestria. Je me retiens pour ne pas hurler tant le plaisir m'envahit, fait tressauter mon corps devenu la proie de sa queue. Je lui enjoins d'aller plus à fond, de m'enfiler avec ardeur, de me culbuter vigoureusement. Il accède à mes demandes, poussant des "han" de plus en plus forts, de plus en plus rapprochés. Je pressens que l'apothéose ne tardera guère et m'apprête mentalement à le suivre. Sa main s'empare de ma bite qu'elle masturbe sur un rythme lent. Je lui annonce que ça monte. Ses lèvres se crispent, il est victime de plusieurs spasmes éjaculatoires. Ses jets de foutre noient mes intestins. Aussitôt, mes giclées de crème à spermatozoïdes aspergent nos ventres. Le jus dégouline risquant de tâcher le tissus du sofa tout neuf. Théo prend son caleçon, essuie les "coulées" avant de s'affaler sur moi et de coller une nouvelle fois ses lèvres aux miennes. Nous somnolons. Des coups à la porte nous sortent de cette torpeur dans laquelle nous nous complaisions. Je ressens beaucoup de mal à sortir du brouillard de béatitude vécue au cours de ces deux dernières heures. Par une fenêtre j'aperçois mon patron qui patiente tout en regardant autour de lui, comme si les lieux lui étaient étrangers. Averti, Théo tient à ce que personne ne sache sa présence chez moi. J'enfile rapidement un pantalon, un polo, priant mentalement de ne pas trop sentir l'odeur du rut et du foutre. En ouvrant, je lui annonce que je m'apprêtais à prendre une douche, en guise d'excuse pour ma tenue et l'attente. Il se confond en remerciements pour avoir sauvé son fils, selon lui. De rien, voyons, de rien ! Il se retire, sa gratitude renouvelée. Sans trop savoir pourquoi, cette visite, ces politesses, me mettent mal à l'aise. Afin de dissiper cette impression, je file me plaquer contre Théo, à peine les vêtements retirés.
Seul, à nouveau, le coin me semble désert, sinistrement désert même. J'erre dans la grande maison vide plutôt que de procéder au ménage. Dans la chambre qu'occupait Théo je trouve sur le lit un caleçon avec une enveloppe. Le mot qu'elle contient me remet un peu de baume au cœur : " Je passe te voir vendredi soir pour dîner et dodo. En attendant, hume mon caleçon qui a essuyé le résultat de nos débordements juteux. Ces effluves t'aideront à te souvenir de moi. Pelles magistrales. Théo."
Deux journées entières pour tout remettre en ordre chez les patrons. Je bosse sans me presser, sans forcer. La vie me paraît douce, heureuse.
Comme mon travail me laisse pas mal de temps libre, je vais aider mes autres patrons, les occasionnels. Aujourd'hui, je me rends chez l'ébéniste. Il vient d'embaucher un apprenti qui, je crois, a largement passé l'âge courant des débutants dans la vie professionnelle. Un ancien taulard, me dit-on. Le patron donne dans l'action sociale. Soit ! Je n'y vois aucun inconvénient d'autant que ledit vieil apprenti se présente fort agréablement. Appétissant, le Monsieur ! Peut-être un peu maigrelet, ce qui lui donne cet air sévère, presque mauvais. Mais il dément rapidement cette opinion en me décochant un magnifique sourire et en palpant mes fesses à deux reprises, par inadvertance bien sûr. Des frissons parcourent mon dos en sentant ses doigts fleureter avec mon arrière-train. C'est qu'il en voudrait, le salace ! Pourquoi pas ? Une petite gâterie avant le grand festin du week-end prochain ne me fera aucun mal. Ce ne sera pas trompé Théo, ce sera patienter. Tandis que l'on déguste notre apéritif au bistro de la poste, Mario me conte ses déboires judiciaires. Il ne cèle pas ses responsabilités dans les fautes commises, fautes qui lui valurent deux séjours en taule, le premier de trois mois, le second d'un an. Il jure vouloir entrer dans le droit chemin qu'il n'a jamais connu à ce jour. je veux bien le croire, même si cela ne m'intéresse guère. Seule sa personne physique présente un attrait pour moi. Pas joli, peut-être, mais c'est ainsi ! Vingt minutes plus tard, finis les bavardages, nous passons à la découverte de nos corps. Par précaution, nous batifolons dans une grange désaffectée. Pas question de lui faire visiter mon "sweet home", au loustic, question de simple prudence. Cela dit, nos ébats ne valaient certainement pas les honneurs de ma demeure. Je le pipe tandis qu'il me regarde faire sans prendre la peine de baisser son pantalon, braguette ouverte, pas de caresse, ses mains derrière son dos. Au bout de trois minutes, il jouit sur ma figure, passe ses doigts dans mes cheveux, se reboute, déclare :
<< - T'es chouette môme. À la revoyure ! T'as un don pour bouffer les bites ! Ça c'est sûr ! Tu sais, petit, c'était juste pour me dégorger le poireau, tu comprends. Les gonzes, ça m'intéresse pas. Ça rappelle trop le cabanon. Mais faut bien se vider les couilles. Excuse-moi mais plus je peux pas. >>
En voilà un que je raye immédiatement de la liste des amants à suivre de près. Je ne lui cache pas ma déception sans omettre de le remercier de sa franchise, tout en m'essuyant le visage avec mon mouchoir. Soyons bons copains, que je propose. Il acquiesce.
Les jours s'écoulent, monotones, lamentablement longs. Notre ébéniste de patron jubile : son apprenti s'avère être une perle qui ne rechigne pas au travail. Le beau Mario me propose une virée, pour jeudi soir, histoire de se distraire. Je refuse gentiment lui annonçant que je dois prendre un repos complet afin d'être le plus dispos possible en vue d'un week-end que je prévois chargé.
Les soirées d'automne restent encore chaudes. Aussi je dîne dehors. Je réfléchis à prendre un chien. Le propriétaire n'y voit aucun inconvénient, bien au contraire. Cela renforcera la garde de la propriété. Comme s'il s'agissait d'un coffre-fort contenant d'incommensurables réserves d'or ! Une voix interrompe mes cogitations au sujet de la race de l'animal. L'arrivée d'Adrien qui réitère ses venues à l'improviste :
<< - Salut, toi !
- Salut l'éternel partant pour toujours. Faudrait savoir : on se sépare à jamais ou pas ?
- Bon, d'accord, je foire souvent. On ne va pas en faire tout un drame, non ?
- C'était juste pour dire. Que me vaut l'honneur ?
- Disons que je m'ennuyais. Ça te va ?
- Valable comme raison mais pas flatteur pour moi.
- Allez, Daniel, tu charries un peu. C'est vrai, je ne savais pas quoi branler. J'ai pensé que tu serais content de me revoir. Je sais que tu m'aimes bien malgré tout. - Tu en as mis du temps pour t'en apercevoir. Maintenant, c'est peut-être trop tard. >>
Adrien se jette sur moi, applique ses lèvres contre les miennes pendant que ses mains batifolent sous ma chemise, dans mon pantalon. Je bande, oublieux de ma résolution de repos, oublieux du lendemain vendredi. Résonne alors une autre voix, plus sourde, celle de Mario :
<< - Tu devais pas te reposer ?
- Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi tu es là ?
- Je m'emmerdais tout seul. J'ai pensé que ça t'emmerderait pas si je venais faire un peu la causette avec toi. Le patron m'a dit où que tu pieutais. Bath la masure ! N'aies crainte, je chouraverais rien chez tes bourges. C'est pas mon genre de mettre les potes dans la merde. >>
Adrien observe, gourmet, un Mario mis en appétit par notre position plus que lascive. Une main s'agite, dans une des poches de l'arrivant qui, à l'évidence, ne branle pas le mérinos mais bien sa queue en éveil. Mario s'approche de nous, sort sa bite. Je ne cède pas à la partouze qui s'annonce, je la réclame de tout mon être, comme s'il y allait de ma survie. Mario me fait comprendre que je serais bien plus à l'aise agenouillé devant lui pour le sucer. Sans se consulter, Adrien et moi lui imposons quelques préliminaires, condition sine qua non pour aller plus avant. Il grogne, mécontent, hésite puis se laisse câliner condescendant même à tâter nos bites. Petit à petit il se met au diapason. Ses lèvres daignent s'entrouvrir. Deux minutes plus tard il n'a plus aucune réserve et se donne totalement aux prémices sexuelles. Adrien, plus expérimenté que nous dans le domaine des trios, prend la direction des opérations. À mon grand étonnement il passe directement aux actes sérieux en tendant ses fesses, offrant ainsi sa pastille à l'énorme vit hyper tendu d'un Mario alléché par la proposition gestuelle. Tout en pénétrant l'anus d'un Adrien plus qu'émoustillé, le Mario en question me fait signe de l'enfiler prestement. Autre surprise. J'obéis. Il sait y faire, le gredin ! Il m'ordonne presque de ne pas bouger, promettant d'agir pour trois. Nous procédons avec fougue mais avec méthode : Adrien sodomisé par Mario qui s'encule sur ma queue en ébullition. La pression monte pour enfin trouver un exutoire dans l'éjaculation. Trois corps s'avachissent sur le sol de la cuisine, un tantinet frais. Nous gagnons la chambre, à poil, les queues dégoulinantes de foutre non essuyé. Nous terminons de nous dévêtir. Nos yeux brillent dans l'espoir de nouvelles actions salaces, d'ébats prometteurs de jouissances. Je tempère mes acolytes en leur annonçant que je dois me coucher tôt, dormir tôt, pour cause de lendemain fort chargé. Nous cantonnons les prouesses coquines à quantité de pelles, de caresses voire quelques introspections anales avec un ou deux doigts. Las ! Ces agaceries m'agacent vraiment et m'obligent à céder, une nouvelle fois, tant elles sont agaçantes ! Nous voilà affalés sur le tapis, gémissant notre bonheur de mêler nos chairs. A mon tour de subir la queue de Mario qui ne se fait pas prier pour recevoir celle d'Adrien. Les anus reçoivent quelques giclées de sperme tout comme le tapis. Je me promets de ne pas garder ces deux là pour la nuit : me faut du repos, quand même ! Promesse non tenue. Une fois grignotés les restes du frigo, nous repiquons aux séances cochonnes. Cela commence par le visionnage d'une revue porno (hommes exclusivement) apportée par Mario qui, j'en conclue, venait me voir avec une idée de derrière les fagots. Fait rarissime, l'histoire est assez plaisante, les photos sensuelles et sexuelles. Les modèles présentent bien, tous bandants aux appâts avantageux. Les textes brefs s'insèrent dans des bulles discrètes. Mario tourne les pages d'une main tandis que l'autre fourrage vers nos bites. Résultat, les doigts de chacun visitent les queues des autres. De là à nous retrouver les uns sur les autres il ne se passe que quelques minutes. Nous délaissons la lecture, trop accaparés que nous sommes. J'entends Mario grommeler "Putain, je deviens pédé !" Nous ne relevons pas la remarque, nos corps étant sur le point de cracher le reste de foutre qu'ils possèdent. Vers minuit, nous sommes trois allongés sur le lit, dans les bras de Morphée et ceux des uns et des autres. Deux heures plus tard, peu habitué à dormir en compagnie, je me réveille, me glisse doucement hors de la couche et de la chambre pour gagner ce que j'appelle présomptueusement la serre, espace couvert par une véranda mais non encore complètement clos, sous lequel je fais pousser plusieurs variétés de fleurs. Une couverture sur moi, je somnole sur une chaise longue.
Un bruit attire mon attention : Mario, habillé, s'approche :
<< - Je me barre. Merci pour la soirée.
- Pas de quoi. Quand tu veux.
- C'était la der des ders pour moi. Faut comprendre.
- C'est vrai que tu as peur de virer pédé.
- Ouais ! Seulement comment faire ? Les bonnes femmes baisables, c'est rare dans le coin !
- Rare mais pas inexistant. Qu'est-ce qui t'empêche de tenter ta chance ?
- Elles ont les jetons quand elles me croisent. Je te rappelle que je sors de taule, garçon.
- Ça, c'est toi qui le croit. Personne ne sait d'où tu viens. Le patron n'a rien dit, moi non plus. Ce n'est pas écrit sur ton front. Dis plutôt que tu n'oses pas ou que tu n'en a pas très envie. Possible que tu sois à voile et à vapeur, Mario. Tu ne rechignes pas à te faire sauter ! C'est un signe.
- Tu sais, en taule, y lorgnent de préférence les jeunes bien tendres, à la peau douce et sans poil. C'était mon cas. On sert de femme aux plus costauds qui nous protègent. Y'a pas, faut y passer si on veut être peinard.
- Je l'ai entendu dire. Mais tu continues. Peut-être que tu aimes ça, au fond.
- Possible ! Bon, faut que je me casse ! >>
Un signe de main en guise d'au-revoir et il quitte la maison. Le besoin de vérifier s'il n'a rien volé s'empare de moi. La nouvelle télévision couleur et le magnétoscope made in Japan avec passage à la douane de Poitiers, représentent une certaine valeur. J'hésite à me lever. Je me contrôle et me rendors. C'est Adrien qui me réveille, prêt au départ :
<< - Salut beau gosse ! Je décampe vite fait. Je suis à la bourre.
- Tu as pris un café ?
- Ne t'inquiète pas pour moi. La cafetière est au chaud. Ciao ! >>
Grosse pelle et il s'enfuit presque. Je me traîne jusqu'à la chambre, me faufile entre les draps où je reprends ma nuit dans les effluves de nos chairs assouvies.
Tout en petit déjeunant, je cogite sur les gonzes. Mes pensées vagabondent. Quel type de mâle je préfère ? Aucun. Je les aimes tous, à vrai dire. Enfin tous ceux que je connais. Quoique … aimer, n'est pas le verbe exact. Baiser avec eux me convient parfaitement, sans plus. Souvent, je soupire après Bernard. Il représentait la stabilité, une sécurité qui, aujourd'hui, me manquent. Peut-être une petite préférence pour Adrien, le plus ancien parmi mes relations amoureuses, le premier aussi, celui que l'on n'oublie jamais en somme. Mario n'est pas mal du tout. Au fait, la télé et le magnétoscope sont toujours là. Quel idiot, je fais, de l'avoir soupçonné. Son aspect de brute ne me déplaît pas, au contraire il aurait tendance à m'exciter. Mais le must c'est bien Théo. Une splendeur pour moi, un chef d'œuvre. Quand à ses capacités au lit, je le classe parmi les virtuoses. Bien qu'Adrien … et Mario qui s'y met … En définitive, j'éprouve de menus sentiments pour chacun d'eux. À l'évidence pour moi, baiser implique un petit quelque chose de plus que le sexe. Cela me sied à ravir. Je suis content de les avoir trouvés, ces trois hommes. Encore une petite pointe de regrets en pensant à Bernard. Je me lève, vais farfouiller dans le tiroir "à papiers", retrouve la feuille de carnet sur laquelle sont inscrites les coordonnées de ce brave garçon. Je décide de l'appeler cet après-midi, de la poste, lorsque j'irai faire les courses pour le tête-à-tête amoureux de ce soir avec prolongation durant tout le week-end.