Felix ascensoris (1/4) de AbiGaël
vendredi 26 février 2010, 20:00 - AbiGaël - Lien permanent
Bonheur dans l’ascenseur ou ascension vers le bonheur ?
(1) – Visito erotico
Bernard est employé de la grande compagnie Ascinctorix. Il est vérificateur de la conformité des ascenseurs et des obligations créées par les nouvelles réglementations de 2004, sur les contrôles périodiques. Son job consiste donc à s’assurer de la bonne fermeture des portes palières, de l’accès sans danger à la cabine, de la présence des gardes pieds, des protections contre les chocs de fermeture, de vérifier les dérèglements de vitesse et la présence de parachute, la précision d’arrêt aux étages, la présence de moyens d’alerte en cabine, la protection des circuits électriques, les accès aux locaux de la machinerie, etc. C’est un boulot ni particulièrement passionnant, ni spécialement rebutant, alimentaire dirons-nous. Il implique de nombreux déplacements à l’intérieur de la capitale où en banlieue, parfois lointaine. Il connaît donc son lot quotidien d’ennuis liés aux transports et à l’utilisation de sa fourgonnette : difficultés de stationnement, PVs, bouchons sur les routes et horaires à tiroir. Mais, bof, il faut bien vivre. Alors faire ça ou autre chose…
Pour tout dire, Bernard est au bord de la dépression. Sa femme l’emmerde avec ses jérémiades permanentes. Leurs deux enfants, maintenant majeurs, ont quitté le nid familial depuis un certain temps et sont partis vivre au loin. Il faut dire que les disputes quotidiennes de leurs parents ne favorisaient pas leurs désirs de rester plus longtemps dans ce douteux cocon que constitue leur appartement, somme toute étriqué. Aussi Bernard est-il parfois satisfait de devoir ronger son frein dans les embouteillages ; ça lui fait un bon prétexte pour rentrer tard sans avoir sa mégère sur le dos. Il regrette seulement de ne plus pouvoir en ce moment passer quelques temps dans un bar en sortant du boulot avec son ex collègue, comme il le faisait autrefois avant de rentrer. Môssieu a pris sa retraite ! Alors, depuis plusieurs mois, Bernard rame maintenant tout seul, assisté de jeunes intérimaires non motivés et qui défilent. Ils ne connaissent rien à rien et lui font perdre plus de temps qu’ils ne lui apportent d’aide réelle.
Justement, ce matin, son chef d’exploitation lui annonce une nouvelle tête. Encore une ? Si Bernard est bien content de s’être débarrassé du petit con qu’il s’est colleté péniblement toute la quinzaine passée, il en a marre de devoir tout recommencer à zéro à chaque fois. Formation par le B-A-BA sans aucune certitude d’assimilation et de durabilité. On ne parle même pas de pérennité ! Comme à chaque fois, il s’attend à un gamin à peine dégrossi, en rupture de collège ou de lycée professionnel, à qui il devra tout apprendre. Sa surprise est grande de découvrir un adulte, du genre bogosse, qui semble plutôt sûr de lui, et qui lui adresse un large sourire. Il se force à être aimable.
- Salut ! C’est toi le nouvel intérimaire ?
- Oui. Mission de quinze jours dans un premier temps. Mais, bien sûr, je cherche une position stable, si je conviens pour le boulot. J’essaierais de faire de mon mieux. C’est avec vous que je vais travailler ?
- Tu t’y connais en ascenseurs ?
- En ascenseurs, pas vraiment. Du moins pas encore, mais je compte apprendre vite. En mécanique générale, oui. J’ai un CAP de mécano. J’ai travaillé dans un garage, puis en chaudronnerie, et ces derniers temps j’étais contremaître dans un atelier de serrurerie à Vannes.
- C’est pas mal la Bretagne. Pourquoi t’as lâché le poste ? Qu’est-ce que t’es revenu foutre à Paris et dans nos banlieues pourries ?
- Disons… Problèmes familiaux…
- Ah !... Bon. Et ben …bienvenue. J’espère qu’on va faire une bonne équipe, tous les deux.
- C’est quoi, ton prénom ?
- Albert.
Sourires.
- Pourquoi vous vous marrez ? Ça n’a rien de drôle ?
- Oh, pour rien. Excuses-moi. Ce prénom me rappelle toujours la vanne idiote du mec sur son île déserte. Tu connais ?
- ? ? ?... Ben… non. J’vois pas.
- C’est l’histoire d’un mec qui a fait naufrage. Il se retrouve seul rescapé sur une petite île déserte, avec des cocotiers sur la plage, des rochers, des arbres à l’intérieur, un cours d’eau, des herbes et quelques animaux sauvages. Bref tout ce qu’il faut pour survivre, sauf de la compagnie. L’île est loin des lignes régulières de navigation commerciale et aucune voile ou cheminée n’apparaît jamais à l’horizon. Alors il se résigne et organise sa vie comme il peut.
Une dizaine d’année passent, et un jour il aperçoit enfin un navire, au loin. Il fait un grand feu et tente d’attirer l’attention. C’est gagné. Le navire se déroute et s’approche. Le commandant envoie une chaloupe. Plusieurs hommes débarquent. Le naufragé se jette dans leurs bras avec émotion. A côté de lui se trouve un petit garçon bien sage.
Le Robinson raconte son histoire et sa petite vie avec les chèvres sauvages qu’il a réussi à domestiquer.
Mais … Vous étiez …tout seul en arrivant ?
Oui, oui, bien sûr !...
Alors l’un des homme d’équipage, très surpris, s’adresse au garçonnet et lui demande son âge :
Dix ân-ân-ân-ans
Puis il lui demande son prénom :
Albêêêêêêêrt… Albêêêêêêrt
Rires
- Ah, je comprends le sourire !… Sympa ! Je la ressortirais. Mais j’aimerais pas que vous m’apelleliez Albêêêrt. Et puis, j’ai jamais eu de surnom, alors surtout pas Bébert !
- Va pour Albert. C’est parfait. Moi c’est Bernard, et on se tutoie, s’il te plait.
Le jeune homme est vêtu sans ostentation mais proprement. Le blouson de cuir est sobre ; ni ruisselant de quincaillerie, ni élimé. Les cheveux sont courts, l’économie de coiffeur est assumée. Aucun des signes distinctifs qui peuvent dénoncer une personnalité excentrique ou en recherche d’elle-même, tels que piercing, tatouages ou bijoux gothiques. Pour Bernard, c’est plutôt bon signe. La poignée de main est solide et franche, comme le regard et l’attitude générale de leur possesseur. Bernard y répond sans appréhension et se dit qu’il va peut-être enfin retrouver un collègue fiable avec qui faire équipe.
- Bon. Ce matin, on va à Levallois. Trois grimpe-couillons à contrôler. Ceux là sont clean. Pas de souci, c’est du billard. Juste à gratter sur le cahier d’entretien après quelques vérifs d’usage. Allez, on y va.
Arrivé dans la cour de l’immeuble, Bernard apprécie que le gars attrape la caisse à outils sans attendre qu’il lui en donne l’ordre. Son jeter de sangle de portage sur l’épaule est franc et viril, pour ne pas dire athlétique. Beau mec ! Vraiment… Bernard se demande bien pourquoi il se sent si troublé. Il se tâte l’entrejambe, négligemment, comme pour vérifier… Mais oui ! Il bande ! Comment cela se fait-il ?
La journée passe comme un éclair. Albert est attentif. Il sait parfaitement utiliser, tant sa clef à molette, que son crayon. Juste la pression nécessaire sur la pompe à graisse pour ne pas en foutre partout : ni trop ni trop peu. Il comprend vite et n’a pas besoin de se faire répéter les choses deux fois. Bonne recrue ! Ce matin, Bernard a pris plaisir à le voir enfiler son bleu de travail. Le sandwich avalé à midi dans la fourgonnette est l’occasion de faire un peu mieux connaissance. Albert reste discret sur sa vie privée, mais se révèle un agréable compagnon, relativement cultivé et plein d’humour.
Bernard le regarde avec moins d’hésitation lorsqu’en fin de journée il se change et se met en slip sans pudeur, dans la fourgonnette atelier devenue vestiaire temporaire. Il ne savait pas que la serrurerie conduisait à produire de si beaux abdos et lui en fait la remarque.
- C’est que je faisais beaucoup de voile, de wind-surf et de kite, en Bretagne. Ça muscle de lutter contre le vent, tu sais ! Et je m’entraînais aussi dans un club de sport.
- Je vois ça…
Et ta femme, elle fait aussi de la voile ?
Bernard tente de prêcher le faux pour savoir le vrai, mais ne s’attire qu’un regard buté et une réponse à l’emporte pièce.
- Y-a pas de madame !
L’ancien n’en saura pas plus ce soir. Un trouble certain l’envahit lorsqu’Albert renfile chemise et pantalon. Le pull ample qu’il porte sous le blouson lui avait occulté sa plastique d’Apollon et il n’avait pas remarqué jusque là combien les jambes musclées de son nouvel arpète remplissait aussi bien ce jean qu’il renfile avec peine. Lorsque le jeune se penche pour mettre ses godasses, Bernard se sent plus troublé encore par la vision de ce postérieur beau à graver dans le marbre. Mais qu’est-ce qui lui arrive ? Le voilà perturbé par la vue d’un beau gosse, maintenant ? C’est nouveau !… Faut dire que ses précédents intérimaires, avec leur futal en tire-bouchon, à la braguette tombante à hauteur de genoux, avec leurs piercings et leur parler racaille n’avaient rien de particulièrement sexy. Par ailleurs et jusqu’à maintenant, lorsque la vue d’un beau chassis l’attirait, Bernard s’obligeait à détourner le regard… Il est marié, tout de même !
Mais ce soir, marié ou pas, il se sent tout chose. Il est à nouveau particulièrement tendu dans son slip. Faut qu’il fasse baisser la tension qui l’assaille. Il n’ose rien faire pour retenir Albert, mais, bien qu’il soit resté seul après l’avoir déposé à une bouche de métro, il rend visite quand même à son troquet favori avant de rentrer. Il descend surtout au sous-sol pour s’isoler un moment avant de remonter siroter son demi. Ouf, cela va mieux… L’incandescence de la jouissance s’estompe alors qu’il se retrouve au comptoir à faire tourner machinalement le pied de son verre sur son carton.
N’est-ce qu’une « rencontre érotique » ? Ou bien est-il en train de « reconsidérer sa conception de l’érotisme » ? Les deux …c’est sûr : Il s’est pignolé en pensant à Albert ! Il le voyait encore quasi-nu devant lui ...si beau ! Comment a-t-il fait pour ne pas bander à ce moment là ? Il ne sait, mais il s’est bien rattrapé dans les toilettes… Ooourgh, ça ne lui arrive pas souvent dans la journée, mais c’est trop bon ! Ce soir il pourra bourriner madame sans éjaculer trop vite. Pour une fois, c’est elle qui arrêtera avant lui en le repoussant sur le côté, qu’il ait joui ou pas. Peut-être même pensera-t-il à Albert en la baisant ?
Fulguris cupiditis
Ce matin, Albert est à plat ventre dans le décaissé technique du rez-de-chaussée, sous la cabine d’un ascenseur, envoyé tout en haut. Toutes les portes de la cage d’escalier ont été bloquées, sauf celle du rez-de-chaussée, qui a été maintenue ouverte mais balisée par le croisillon rituel rouge et blanc. Il revisse l’assise des gros ressorts arrêtoir-tampons de la cabine, qui bougent un peu. Bernard observe l’action depuis l’une des trappes de visite latérale de la trémie, au premier étage ; Il vérifie de son côté que la plaque tampon de sécurité qui la ferme est bien fixée. C’est l’une des nombreuses vérifications qu’il doit effectuer, mais justement la trappe bascule et tombe à l’étage en dessous. Merde ! Un hurlement lui répond, d’en bas.
- Aillle, aillle, aille ! Salaud ! Qu’est-ce que t’as fait tomber ? Tu m’as tué la cuisse, con !
Haaaoooohh ! Ouillle…
Oooohhh, putain que ça fait mal… Aillle…
Merde ! Tu pouvais pas faire gaffe ? …Connard ! J’ai plus de guibolle…
Bernard est consterné et culpabilise un max. Il avait le regard trop fixé sur le paquet et la braguette de son acolyte qui s’activait en gesticulant en bas sous ses ressorts, et qu’il lorgnait depuis la trappe. C’est justement pour éviter cela que la réglementation exige cette vérification ! Il a lâché la goupille et s’en mordrait les doigts de honte… Il se précipite quatre à quatre par l’escalier et rejoint Albert dans son réduit. Le jeune homme se tient la cuisse, la bouche tordue sous la douleur, dans une mimique maintenant muette mais très explicite. En bredouillant des excuses très empruntées, Bernard le tire un peu à l’écart et tente d’inspecter les dégâts. Au dehors du jean, on ne voit rien. La plaque, assez lourde mais heureusement non tranchante, repose au sol à côté. Bernard écarte les mains d’Albert, tétanisé de douleur, il dégrafe la ceinture et ouvre la braguette pour lui tirer doucement le futal. A la naissance du fémur droit, une sérieuse marque rouge zèbre la cuisse en creux, mais cela ne saigne pas.
- Tu crois que c’est cassé ?
L’interrogation de l’ancien est timide et inquiète. Il passe la main dans le creux de l’aine, cherchant à percevoir un éventuel problème anatomique, et n’ose appuyer trop fort.
- Putain, ça fait un mal de chien, mais je pense que ça va aller. Faut juste que la douleur passe…
- Bouge pas, j’ai une trousse de premiers secours dans la fourgonnette, je vais la chercher. Je crois qu’il y a de la pommade anti contusions dedans.
Bernard revient quelques instants plus tard et ouvre le tube de pommade. Il masse maintenant doucement la zone endolorie. Son action sur cette cuisse magnifique se fait plus ferme. A chaque passage de la main dans le creux de l’aine, il effleure le slip et sa poche qui semble bien remplie… Il sent Albert tressaillir sous ce furtif contact et décide d’enfoncer le clou, un brin provoc.
- Et là, t’as mal ? T’as été touché ? Tu pourras continuer à t’en servir ?
- J’sais pas… Faut p’têt voir…
La poche est maintenant tendue, sous les frôlements insistants, et Bernard empaume carrément l’objet pour une palpation en règle. Sous la caresse clairement érotique, le slip tourne à la tente d’indien.
- T’as pas l’air d’avoir mal, en tous cas !
- Mal… non. Mais besoin de soins… Peut-être !
Albert le regarde avec des yeux brillants, et lui décoche un sourire empreint d’une certaine gourmandise.
- Puisque tu m’as fait du mal, tu peux peut-être maintenant me faire un peu de bien, non ? Depuis le temps que tu rêve de mettre la main là dessus !
- Mais… Co… comment ?… Qu’est ce qui te fait croire ça ?…
- Tu crois que je ne te remarque pas, quand je me change et que tu me mate comme un perdu ? Je croyais que t’étais marié !
- Oui. C’est vrai. Mais j’sais pas ce que j’ai en ce moment… T’es si beau quand t’es presque nu ! Ça me fait bander, j’comprends pas.
- T’es tout simplement bi, mon cher. Tu ne serais pas le premier ! T’as jamais rien fait avec un mec ?
- Non. Mais j’ai jamais vu un mec aussi bien foutu que toi. Tu dois faire craquer toutes les filles que tu veux, avec ta carrosserie de play-boy, non ?
- Oh, les filles… Si tu savais ! …Moi je suis gay, mon pote !
Gay pur sucre !
Et je viens de me faire larguer par mon mec, à Vannes. Alors les mousqués, c’est pas demain que j’vais me mettre à les r’garder…
Tu vois, je suis franchement en manque… Eh bien, va-y. Suces la ! Qu’est-ce que t’attend ?
Bernard est estomaqué ! Rien dans l’attitude de son nouvel adjoint ne pouvait le lui laisser penser. Pour lui, gay, égal folle, égal attitudes maniérées, égal tapette, égal sous-mâle, surtout… Rien qui puisse correspondre à ce grand beau mec viril, qui lui annonce soudain qu’il veut se faire téter la queue ! Un afflux de testostérone assaille Bernard brutalement, des couilles au cerveau. C’est comme un vertige qui lui fait aussi trembler le pubis d’émoi. Il y a bien longtemps que Bernard n’a pas subi une telle pulsion érotique.
Envie fulgurante ou fulgurance du désir ? Les deux, bien sûr !
Il fait glisser avec hésitation et sensualité le morceau de tissu qui le privait d’une vue magnifique. Oui, un objet vraiment magnifique pointe maintenant vers lui en pleine majesté. Un objet qui palpite dans la demi-pénombre du réduit, luisant, tentateur, et que Bernard se penche pour embrasser avec émotion. Le sourire d’Albert se fait plus intense.
- Allez. Va-y. Il est pour toi. T’en meurs d’envie.
Alors Bernard se lance et embouche l’espar vertical qui, effectivement, l’obsède depuis un bon moment. Il n’a jamais sucé une bite de sa vie. Mais il en a parfois rêvé. A bien y réfléchir, il en a même souvent rêvé, notamment chaque fois que sa bonne femme lui faisait la gueule en prétextant le mal de crâne habituel. Alors Bernard se déchaine. Il se l’enfile dans le larynx jusqu’au haut le cœur. Il pince ses lèvres sur ce magnifique sucre d’orge en remontant le long de la hampe avec délectation. Le gland, ce gros bonbon qui lui remplit la bouche, le ravit. Tour de langue sensuel tout autour, une fois, deux fois …plein de fois ! Il ressort pour mieux l’observer et le réemboucher avec avidité. Albert commence à se tortiller.
- Arrête ! Tu va me faire jouir !
- Et c’est pas ce que tu voulais ?
Depuis le temps que j’ai envie de goûter à un autre sperme que le mien. Je tiens enfin l’occasion… Vas-y ! Crache-moi ton jus de mâle, mon beau mécano…
Sans qu’il s’en rende compte vraiment, la pratique de Bernard est digne d’un expert. Il aspire, frictionne, suce et pompe sa proie avec une dextérité qu’il n’eut pas soupçonné lui-même.
- J’adore sucer ta clef anglaise ! Faudra que je revienne te soigner plus souvent, mon cher Albert.
Albert ne répond pas, trop occupé à contenir sa montée vers l’extase et son envie de lâcher les vannes. Oooougggh ! Son rictus de jouissance se transforme en gémissement incontrôlé. Ça part ! Il inonde le palais et la glotte de l’ancien qui ne lâche rien, les deux mains cramponnées sur la base de son morceau de chair palpitante. Bernard avale…
- J’avais oublié ce goût là depuis longtemps - lâche-t-il en se pourléchant les babines- Depuis l’époque où j’essayais de me tirer le mien, la tête en bas… Ça ratait souvent !
Et toi ? T’arrive à viser ?
- Pas besoin. En général, y-a toujours quelqu’un qui s’en occupe, et souvent très bien, …comme toi en ce moment, mon Bernard !
- Et en ce moment, t’as quelqu’un ?
- Ben… Justement, non. Pas vraiment eu le temps de chercher, et puis je ne connais encore personne à Paris.
Je pensais un peu à toi, précisément. J’me d’mandais si t’arriverais à franchir le pas. Pour un senior, t’es bien conservé, mon pote. T’es regardable ! Moi aussi, je t’ai observé torse nu.
En fait, je t’ai un peu aidé, tu sais ?
J’avais pas si mal que ça, tout à l’heure…
- Salopard ! Tu m’as fait peur, mon con ! Tu mériterais que je te la morde…
- Déconne pas ! Ça t’a fait bien trop plaisir de la sucer… Tu va pas casser ton nouveau jouet ? Laisses-le moi entier s’te plait !
T’inquiètes, je te la redonnerais à sucer, ma clef anglaise. J’suis bien content que tu puisses prendre un peu le relai de mes cinq doigts sur mon chibre.
- Ça pour un bâton de relai, c’est un vrai bâton de relai, mon canard !
Et à propos de relai, ce serait pas ton tour, des fois ? Regarde ! …là !
De fait, Bernard a discrètement ouvert sa braguette depuis un moment et se paluche de la main gauche. Son étendard viril est maintenant déployé sous les yeux d’Albert, amusé.
- Dis donc… T’es bien monté toi aussi ! Doit pas se plaindre, ta femme !
- Bof… Tu sais, ma femme, c’est pas souvent qu’elle en réclame. Alors je me relève avec la gaule, quand elle s’est endormie, pour aller me pignoler tout seul comme un con. Mes cinq doigts connaissent bien le chemin, tu vois…
- Ben ce soir, t’auras pas à le faire. Je vais te gâter, mon Nanard.
De fait, Bernard a encore le bas ventre en feu, lorsqu’un peu plus tard ils rassemblent tous deux leurs outils pour quitter les lieux. Sans tituber vraiment, il se masse machinalement le pubis comme pour raviver encore son plaisir comblé, dans un grand sentiment de plénitude. Il s’installe au volant et récupère tranquillement pendant qu’Albert range l’arrière de la fourgonnette.
Restricto calientae cabinae
Le lendemain, direction La Défense. Là, dans ces immeubles de grande hauteur, on ne rigole pas avec les ascenseurs. Y-a un vrai boulot. Il y en aura bien pour la journée. Premier geste après les formalités d’accueil et d’autorisation de travail par les responsables des Services Techniques locaux : Afficher le dérangement et l’indisponibilité de l’ascenseur à tous les étages, pour la journée. Visite de la machinerie et de la cabine des poulies. Peu de place pour s’ébattre ! Mais le travail d’abord. Chacun des deux membres du nouveau tandem connaît maintenant les tâches qu’ils se sont réparties, et les enchaînent avec l’habitude des économies de geste, d’énergie, de paroles et de temps.
Arrive la fin des vérifications, juste avant la remise en service de la machinerie. Ils peuvent enfin s’accorder un moment de douceur.
Cette fois ci, le coup de la panne d’ascenseur est parfaitement assumé ! Entre deux étages, ils sont seuls au monde, Bernard regarde Albert dans les yeux. Il le regarde ensuite avec les mains. Oh ces mains qui courent partout sous le Lacoste… Qu’est-ce qu’elles parlent bien ! Mais c’est qu’il est expert en caresses sensuelle notre Bernard… Il nous avait caché ça ! Albert en frissonne de bonheur, en continuant à se déshabiller ; il se laisse faire, subjugué par l’érotisme torride dégagé par les attouchements de l’ancien. Leurs bouches se sont jointes.
- Tu sais, faire gonfler une paire de seins et ériger un clito ou bien faire bander un beau braquemard, c’est pareil ! Suffit de les caresser doucement comme ça, tient…
La paume de Bernard enroule le tube d’amour d’Albert et le presse doucement entre leurs deux torses joints. Il pince délicatement le prépuce entre son pouce et l’index et en fait rouler le gland, bloqué sous ses doigts habiles. Branlette subtile… Le chibre lui grossit sous la main. Le gland pousse le prépuce qui se tend, à mesure que se déploie le gros calibre qui palpite. Fermé ! Pas sortir ! La calotte est tendue à se déchirer sous les doigts coquins. Pas décalotter, non ! Bernard s’amuse… Il a tellement l’habitude de se gâter de la même façon. Albert couine d’une voix geignarde.
- Tu me fais mal ! Laisse mon bout sortir s’te plait. Tu ferais mieux de l’embrasser au lieu de le tenir en prison !
Bernard rit et se recule. Il se penche et lâche la peau. Le gland lui saute sous les yeux comme un diable qui sort de sa boite. Le col roulé se tend complètement le long de la hampe du zob d’Albert, sous l’afflux sanguin qui s’exerce d’un coup sans gène, à pleine pression. Ah le bel objet, pourpre, luisant, assailli du désir de se faire câliner. Commence alors l’experte turlutte du pompier N° 1. Quelque temps plus tard, Pompier N° 2 inverse les rôles et s’agenouille à son tour devant la virilité de l’ancien. Faire durer les choses. L’art de s’arrêter juste à temps…
Aujourd’hui, les deux hommes ont trop d’étoiles dans le regard pour en rester là. Il va se passer quelque chose. Ils le savent tous les deux en se fixant les yeux dans les yeux : Pourquoi ne pas aller plus loin ? Leur entente est si parfaite. Ces deux chibres l’un contre l’autre, lentement masturbés par une main de velours, n’appellent-ils pas d’autres sensations ?
- Vas-y. Prend moi – Albert se retourne et pose les mains sur la rampe qui fait le tour de la cabine.
Bernard est déjà en place. Quelle belle paire de fesses, fermes et musclées, que prolongent des cuisses à tomber ! Il en palpite d’émotion, il les palpe, les masse et les savoure de la main et des yeux. C’est si beau, un cul masculin bien moulé ! C’est sa première fois ; Bernard se lance avec un peu d’appréhension. Il n’a jamais vu faire, mais il a déjà feuilleté quelques revues… Feuille de rose. Il surmonte son dégoût, puis continue avec les doigts en crachant dessus. Pour la première fois de sa vie, il rentre vraiment dans son fantasme… Ça y est… il est rentré ! Il s’y sent tellement mieux que dans le vagin de sa femme… C’est plus chaud, plus étroit, plus étrange, surtout… Albert a retourné la tête pour l’encourager et l’embrasser en souriant de plaisir. Bonheur !
Bernard commence à bouger. Albert commence à geindre. Heureusement qu’il n’y a pas de détecteur d’incendie dans la cabine : Érotisme en irradiation ! Les deux corps sont maintenant en transe, soudés l’un contre l’autre par leur sensualité exsudée à fleur de peau. Oh oui ! L’équipe de choc est bien soudée : Soudée l’un dans l’autre…
Au dehors de la cage d’escalier, c’est l’heure de pointe de la sortie des bureaux. Bernard et Albert perçoivent les murmures d’exaspération de ceux qui ne peuvent prendre l’ascenseur à leur gré. Ils s’amusent d’entendre le clic-clac des talons aiguilles agacés qui butent sur les marches d’escalier, pendant qu’eux s’adonnent à leurs coupables soubresauts. L’ascenseur est bien secoué : A l’étroit dans une cabine torride ? Ou je réduis le chauffage de la cabine ? C’est assurément la première version. La torride cabine tient bon. Heureusement. L’ascenseur sera bon pour le service !
Albert et Bernard forment maintenant une équipe inséparable. Ils sont d’une efficacité redoutable et s’attirent les éloges de leur chef d’exploitation. Chaque jour, ils commencent par leur travail, effectuant leur job avec zèle. Pendant leurs vérifications, chaque fois que l’un passe devant ou derrière l’autre, une discrète caresse sous, ou entre les jambes, est leur manière de se dire l’un à l’autre « Tout à l’heure, je te fais ta fête ». Les sexes sont nus sous la combinaison de travail, glands décalottés en contact avec la rugueuse étoffe… Alors les braguettes restent gonflées, dans l’attente de la fête promise… Arrive l’heure enfin, sous prétexte d’ultimes vérifications, où ils peuvent s’adonner à un nouveau corps à corps rituel. Chaque nouvelle intervention dans la journée, sera l’occasion de permuter les rôles. L’un dans l’autre ou l’autre dans l’un. Chauds… Chauds, les ascenseurs !...
Albert s’est pris de passion pour ce métier qui lui autorise des face-à-face si torrides dans ces cabines closes, suspendues entre ciel et terre, bien à l’abri des regards. Lorsqu’ils se déposent mutuellement à la porte de chez eux, tantôt l’un, tantôt l’autre, un long baiser les unit avant qu’ils ne se séparent.
Au motif que son épouse avait trop souvent mal au crâne, le soir, Bernard a décidé de faire chambre à part. Il peut enfin ne plus faire semblant de ne plus pouvoir jouir. Il peut reposer tranquillement le matériel… Jusqu’au lendemain.
Commentaires
Oh, Abigaël comme je suis heureux de te lire à nouveau, cela me plaît beaucoup, vivement la suite.
super bien racontée cette histoire !