Journal d'un apprenti (5/8) de JMB
vendredi 26 février 2010, 19:57 - JMB - Lien permanent
<< - C'est la première fois ? - Oui, la première fois pour tout. - Je m'en doutais. Promis, tu n'auras pas mal. On va mettre ce qu'il faut pour que ça glisse tout seul. Tu verras, c'est truculent. Bien sûr, un homme s'y prendrait mieux qu'une femme. Tu serais choqué si un homme le faisait sur toi ? >>
JOURNAL D'UN APPRENTI
de JMB
5ème partie
Ce récit relate des faits en partie véridiques, datant des années 1970. Pour cette raison, aucune mention du préservatif, dans ce récit, préservatif dont on ne parlait pratiquement pas.
J'attends … j'attends … je m'énerve … je désespère. Les bougies se consument, coulent sur la nappe. Les fleurs semblent se faner anormalement. La bouteille de vin perd de sa magie. La table fait grise mine. Dans le four gît une pintade farcie que j'estime déjà trop cuite et en voie de sécheresse avancée. L'heure tourne, mon festin aussi, ma soirée vire au drame. Ainsi donc, le beau Théo ne viendra pas, premier gus à me poser un véritable lapin. J'y croyais, je croyais en lui. Lui ne croit pas en moi. La preuve : il ne vient pas. Pourtant, c'est lui qui s'est proposé de venir, je ne lui ai rien demandé même si j'en rêvais. La colère m'envahit. Les questions affluent qui embrouillent totalement mon esprit déjà bien encombré par la rancœur. Néanmoins, je reste aux aguets, guettant le moindre bruit provenant de l'extérieur. Enfin j'entends un moteur : une voiture s'approche. Théo arrive. En l'observant descendre du véhicule, je me demande pourquoi cette peur de ne pas le voir. Simplement mon amour-propre qui en prendrait un coup dans le cas d'un lapin ! Je me crois donc irrésistible au point de me persuader que nul ne m'infligera une telle vexation ! Va falloir que je me raisonne et me fasse à l'idée qu'un jour, certainement….
Les bras de Théo enserrent ma taille tandis que ses lèvres s'emparent des miennes. J'oublie tout le reste, ne prête aucune attention à ses paroles, savourant chaque seconde de cette pelle merveilleuse que je n'espérais plus. Les jambes s'entrecroisent, les mains s'activent. Les pantalons tombent sur les chevilles laissant toute liberté aux queues en effervescence. Les frottements des corps contre corps provoquent une montée de sève qui ne tarde pas à glisser le long des cuisses. Les lèvres laissent échapper un gémissement de plaisir bien qu'elles ne se désunissent pas. Nous entrons dans la maison, les mains tenant le pantalon relevé de sorte qu'il n'aille pas essuyer les dégoulinés de foutre. Nous rions de notre exploit, comme deux gamins après une farce. Douche langoureuse, friponne, coquine, salace. Je rugis de bonheur en sentant la bite de Théo émoustiller mes entrailles. Je frémis de joie en le pénétrant. Les jambes flageolent pendant les éjaculations. Nous nous lavons mutuellement, laissant notre sperme s'écouler sur le carrelage de la paroi. Les pieds se taquinent durant le dîner dont nous ne nous préoccupons guère trop accaparés par nos agaceries sensuelles. Abandonnant promptement les victuailles, nous nous retrouvons sur le lit, enlacés. Théo susurre :
<< - Je suis bien, avec toi. J'aime ton corps, j'aime ta queue. Je veux baiser toute la nuit avec toi. >>
Inutile de répondre. Je lui prouve mon accord par des gestes appropriés. Nous voilà partis pour un 69 endiablé. Nous bouffons nos queues comme des affamés avant de bouffer nos culs. Plusieurs doigtés permettent d'assouplir les anus avant de les sodomiser langoureusement, profondément, et de les asperger de mâle jus.
Petite pause, histoire d'avaler le dessert et plusieurs gorgées de vin, le tout accompagné d'inévitables mutuelles papouilles et autres galoches. La nuit se déroule pour deux hommes inséparables, embrochés l'un dans l'autre ou l'autre dans l'un et vice-versa. Les bouches fonctionnent à plein régime tout comme les langues qui ne cessent de titiller un sein, une bite, une rosette, un orteil. Les poses, de plus en plus acrobatiques, apportent un supplément non négligeable de sensations. Enfin, allongés côte à côte, nous épions l'aube naissante, épuisés, rassasiés. Lentement, le ciel pâlit, bleuit. Le soleil écarte la brume. Les paupières s'alourdissent, les corps s'assoupissent. Main dans la main, nous sombrons dans le sommeil, comblés.
La lumière éblouissante nous réveille. Je n'avais pas fermé les volets. Premiers gestes, premiers baisers, premiers attouchements. Nous ne prenons pas garde à l'odeur de nos haleines, n'ayant qu'un seul désir : s'accoupler une nouvelle fois. Les sexes turgescents, délicatement masturbés, sont prêts aux pénétrations qui ne tardent plus. Suivent dix minutes de pistonnages réciproques qui font tressaillir les tripes des sodomisés. Les éjaculations, redevenues un peu plus abondantes, maculent les ventres, les draps. On se lève, heureux de soi, heureux de l'autre.
Durant le petit déjeuner pris sur la terrasse, Théo annonce :
<< - Mille pardons pour le retard, hier au soir. Un problème de dernière minute au bureau. Autre chose : Luc va nous rejoindre. Je lui avais dit que je serai ici, avec toi. Ça ne t'ennuie pas ?
- Qu'il sache pour nous deux ? Pas du tout. Mais je croyais que nous devions passer la journée en tête-à-tête.
- Ne t'inquiète pas, il ne restera pas longtemps. Il a insisté en prenant pour prétexte de venir chercher un truc oublié à la maison. En réalité, je le soupçonne de vouloir vérifier si c'est vrai entre toi et moi.
- Ne me dis pas que vous avez parié là-dessus.
- En quelque sorte, si. Mais c'était avant qu'il ne se fasse piquer par le serpent. Je te le jure, Daniel.
- Je vois. Quand Luc va arriver, il faudra qu'on se mette au lit, à poil, pour qu'il constate son pari perdu. Je me trompe ?
- Dans un sens oui. Tu as pu juger, cette nuit, que j'étais venu pour d'autres raisons que ce pari, non ?
- Bon, d'accord, j'oublie le pari. Mais j'aimerais ne pas être l'enjeu de ces paris entre vous deux. >>
D'un signe de tête, Théo donne son accord. Petite pelle pour sceller la disparition de cette légère ombre qui venait entacher ce merveilleux week-end.
Luc apparaît en début d'après-midi alors que nous effectuons une sieste bien méritée, nus, enlacés sur des couvertures au milieu d'un plan herbu à une vingtaine de mètres de la maison. Il ricane :
<< - La pose est parfaite, on y croirait presque. >>
Dans un ensemble parfait, moi et Théo ouvrons les yeux, nous détachant l'un de l'autre et montrant chacun une indubitable érection prouvant nos envies du moment. Le visiteur, gêné, bredouille :
<< - Oui, bon d'accord, vous baisez ensemble ! Maintenant mettez quelque chose sur vous. Inutile d'en rajouter. >>
Un tantinet émoustillé par la vision de mon amant au vit sublimement tendu, je provoque Luc :
<< - Pourquoi, ça t'excite de voir deux types à poil qui bandent ?
- Non, pas du tout. Qu'est-ce que tu crois ? Je ne suis pas pédé, moi !
- Ou tu penses ne pas l'être ou ne veux pas l'être, ce qui n'est pas pareil.
- Arrête tes conneries, Daniel. Il n'y a pas que des pédales sur terre. Et puis, on pourrait vous voir.
- Nous voir ? Tu veux rire ! Ce petit recoin, je l'ai spécialement aménagé pour n'être vu de personne. Et je n'attends personne. Cela dit, bander parce qu'on regarde deux mecs à poil avec la queue raide, ce n'est pas forcément être pédé.
- Je ne bande pas. C'est plutôt le contraire, oui.
- Prouve-le, Luc. Vas-y prouve que tu ne bandes pas !
- Ça ne va pas, non !
- Tu as bien exigé des preuves pour moi et Théo, c'est que quelque part tu avais envie de voir. Tu ne penses pas ?
- Normal que l'on vérifie le résultat quand on a parié. Vous faites une montagne d'un rien, vous les tantes.
- Et toi tout un foin pas possible parce que tu vois deux types à poil bander. Tu fais du sport, je crois. Alors ne me dis pas que tu n'as jamais vue une queue en érection. Mais peut-être que tu es gêné uniquement parce que tu vois Théo dans cette situation. Serais-tu jaloux, par hasard, Luc ?
- N'importe quoi ! Qu'est-ce que tu vas imaginer !
- Rien que de très banal. Supposons que tu en pinces pour Théo, sans même t'en rendre compte …
- Eh bien ! Supposition erronée, Monsieur le psychologue !
- Alors prouve-le. Montre que tu ne bandes pas.
- Je ne bande pas. Même si je vous regardais baiser ensemble, ça ne me ferait pas bander. >>
À ma grande surprise, Théo prend la relève :
<< - Daniel a raison. Prouve que tu n'as aucun élan homosexuel, puisque tu es si sûr de toi.
- Pas toi, Théo. Tu sais bien …
- Je ne sais rien, mis à part ce que tu me dis.
- Tu vois bien que je sors avec des filles, quand même !
- Sortir avec des filles ne précise pas ce que tu fais avec elles. Après tout, tu passes plus de temps avec moi qu'avec tes copines. Ce n'est pas vrai ? >>
Luc blêmit, l'écume au bord des lèvres, la rage dans les yeux. Il lance :
<< - Vaut mieux que je me taille d'ici, ce sera plus sûr pour tout le monde. >>
Théo insiste :
<< - Donc, même si tu ne bandais pas en nous voyant, tu as peur de faiblir ou que tu as peur parce que tu as faibli.
- Non, je ne bande pas ! Non je n'ai pas bandé ! Je suis vexé parce que toi, mon meilleur ami tu mets ma parole en doute. Je croyais que tu me faisais confiance. - J'ai confiance en l'ami, pas en l'hétérosexuel, nuance, Luc. En matière de cul, les hétérosexuels n'aiment guère dévoiler leurs pulsions homosexuelles s'ils en ont. >>
Luc s'éloigne, grommelant des paroles inintelligibles. Alors qu'il s'apprête à disparaître derrière les arbres, au tournant, il rebrousse chemin, nous lance sur un ton de défi :
<< - Parfait ! Je vais vous prouver que je ne bande pas en regardant deux types baiser. Ça vous va ? >>
Estomaqué par ce revirement, ne sachant trop quelle attitude adopter, je laisse à Théo le soin de répondre :
<< - OK. Disons ce soir, vers 23h, ici. >>
Luc opine du chef avant de partir pour de bon. Un peu inquiet, je déclare :
<< - Tu ne crois pas qu'on a poussé le bouchon un peu loin ?
- Rassure-toi ! Il ne viendra pas. Il trouvera une excuse bidon. Je lui enverrais une vanne ou deux quand on se retrouvera la prochaine fois et puis on oubliera. Cependant, jamais je n'aurais pensé qu'il accepterait un tel défi. Moi qui croyais bien le connaître, c'est raté. >>
Nous chassons Luc de nos têtes afin de nous consacrer exclusivement à nos deux personnes sans pour autant faire de folies avec nos corps que nous mettons au repos, exceptions faites des gâteries et autres mignardises d'usage inhérentes à deux jeunes êtres soucieux de se mélanger dans d'innocentes effusions sensuelles.
Dîner sobre mais reconstituant. La nuit tombe de plus en plus tôt. Aussi effectuons-nous une brève promenade sous les ultimes rayons du soleil avant de regagner mon logis, alors qu'un voile sombre recouvre le côté est et qu'une rougeur disparaît côté ouest. Quelques étoiles scintillent pendant que nous débarrassons la terrasse avant de rentrer définitivement. Nous prononçons peu de paroles, trop occupés à nous admirer mutuellement. Détente sur le canapé tout en regardant notre Président de la République citer un philosophe, en réponse à une question sur les relations estimées coupables que peut entretenir un (ou une) professeur avec un (ou une) élève. On frappe à la porte d'entrée. Je regarde l'heure : 23 heures pétantes ! Luc tient parole au grand dam d'un Théo fort embarrassé qui propose :
<< - Bon, ça va. Nous te croyons, Luc. Inutile de faire une démonstration. Le fait que tu sois venu prouve ta bonne foi. Allez ! On boit un coup et on oublie. - Pas question ! Tu as mis mon honnêteté en doute. Je tiens à prouver que vous avez tort.
- Ça risque mal finir, cette histoire.
- Alors c'est toi qui te dégonfle, Théo ? Et toi, Daniel, tu en penses quoi ? >>
Le Daniel en question ne pense rien. Une seule envie l'accapare : se barrer vite fait. Néanmoins je tente une manœuvre :
<< - On plaisantait. C'était de mauvais goût, je te l'accorde, mais c'était histoire de te bousculer gentiment. On ne voulait pas te blesser. >>
La mine que j'étale doit lui faire grande pitié tant elle doit être miteuse. Il condescend à annuler l'épreuve, comme il appelle ce que nous projetions de faire. Illico, un doute s'insinue en moi : il ne devait attendre que ça, qu'on le supplie d'annuler. En tout cas, soulagement général. Luc déguste son armagnac tout en reconnaissant :
<< - … J'avoue que mes certitudes s'amenuisaient à l'approche de l'instant crucial. Je n'étais plus si sûr de moi. Je ne suis pas pédé mais je ne connais pas mes réactions physiologiques si je voyais deux types baiser ensemble. Seulement, je peux vous jurer que cet après-midi, quand je suis arrivé et que je vous ai vu à poil la queue en l'air, ça ne m'a pas fait bander. Aucune réaction de ce côté-là. >>
Le sujet est clos. Du coup, la conversation se poursuit sur le sexe, les pratiques diverses et variées, ce qui plaît ou pas, les fantasmes. La bouteille de vieil armagnac décline à vue d'œil. Notre sagesse s'évanouit. Luc, assis sur un fauteuil, face au canapé, semble absent. Je remarque la bosse non négligeable pointant sur le bas-ventre d'un Théo quelque peu émoustillé à la vue de la proéminence qui point sous le mien de bas-ventre. Luc propose, mi-figue, mi-raisin :
<< - Faites comme si je n'étais pas là, les gars. Ne vous gênez pas, allez-y ! Je vois que vous en mourrez d'envie. Comme ça, je passerai le test malgré tout. >>
Cette invite provoque chez nous une certaine réserve, réserve que nous avions perdue un moment. Nous reprenons une tenue dite décente, tout comme l'est la conversation qui dévie sur un sujet à l'opposé du porno. Aux environs de deux heures du matin, Luc, légèrement grisé, dort dans le fauteuil. Un clin d'œil à Théo et nous voilà tous les deux dans la chambre, refermant soigneusement la porte et nous jetant sur le lit dans les bras l'un de l'autre, toutes lumières éteintes. Les langues se chevauchent dans des bouches avides de baisers. J'arrive à murmurer :
<< - J'en crevais d'envie depuis un sacré moment ! >>
À l'intensité de la pelle que Théo me roule, je comprends que lui aussi en mourrait d'envie. Nos corps collés cherchent à s'aimer. Les prémices anodines passées, nous entamons un 69 que nos lèvres goulues effectuent amoureusement. Ma tête enfouie entre les cuisses de Théo, la sienne enfouie entre les miennes de cuisses, nos oreilles n'entendent que les bruits de succions entrecoupés de doux gémissements attestant de la volupté du moment. Nos escapades buccales vont jusqu'aux rosettes que nous taquinons ardemment. Alors que je prends position dans la perspective d'une sodomie, jambes en l'air, prêt à recevoir le gourdin vénéré, je devine comme une silhouette bizarre non loin de la porte. Elle reste figée tout en dégageant une existence bien réelle. J'allume la lampe de chevet. Luc, assis sur un tabouret, nous enjoint :
<< - Continuez ! Faites comme si je n'étais pas là. C'est bien ce qui devait se passer, n'est-ce pas ? >>
Les vapeurs d'alcools et de rut nous obligent à ignorer la présence de l'intrus. Toutefois, cette présence met du piment dans nos ébats. Le voyeur nous excite un chouia de plus. Théo serait davantage satisfait de savoir son meilleur ami non loin de nous, que cela ne me surprendrait pas. Nous constatons que Luc vient de tomber pantalons et slip. Il s'extirpe de sa chemise et de son maillot de corps. Nu, il nous interpelle :
<< - Voyez ! Je ne bande même pas ! Qu'est-ce que vous en dites ? >>
Nous n'en disons rien, trop occupés à autre chose de bien plus jouissif. Nous reprenons notre position. Théo, bouche contre la mienne, langue sur la mienne, me pénètre hardiment. J'enserre sa taille avec mes jambes, l'attire encore plus contre moi à l'aide de mes bras. Je le veux entier en moi ! Il ahane puis pousse de petits cris qui se rapprochent, annonçant l'ultime pallier de la jouissance, l'explosion des sens. Je jouis à l'unisson. Mes cordes vocales le clament. Notre voyeur ne cache pas sa honte, ou se qu'il croit telle : il expose à nos regards quasi indifférents ses mains engluées de foutre. Il n'a pu maîtriser ses pulsions. Selon lui, une envie irrépressible de se branler s'est emparée de lui après avoir constaté qu'il bandait alors que la bite de Théo s'enfournait entre mes fesses. Nous ne commentons pas l'événement, laissant Luc gagner la salle de bain afin d'y procéder à quelques ablutions. Il revient, revêtu de son slip, portant nos verres dans lesquels il verse le reste de la bouteille d'armagnac. Nous buvons en silence, oublieux de nos doigts (les miens et ceux de Théo) qui s'aventurent sur nos parties intimes respectives. Ma bite se rebiffe, désireuse d'embrocher mon Théo qui ne demande que cela puisque mon index s'insinue dans son anus qu'il trémousse à l'envi. Je crois rêver en voyant le contenu du slip de Luc, contenu qui déborde et laisse entrevoir un braquemart le plus joliment membré. Il se recule, soucieux d'éviter tout contact avec nous. Nous posons nos verres à même la moquette et reprenons nos amours charnelles. Sans plus attendre, sans ambages, j'encule Théo. Mes regards se dirigent vers un Luc au bord de l'apoplexie. Il se débarrasse de son slip, caresse généreusement sa queue que je ne me prive pas d'admirer. Comme j'aimerais la sucer tandis que j'enfile mon amant ! Comme s'il devinait mes pensées, Luc avance ses attributs vers moi comme s'il voulait enculer mon visage. Je sens le gland humide sur ma joue. Il ferme les yeux dans l'attente du passage à l'acte de ma part. Il ne fera pas le premier pas, je le sens, même s'il en meurt d'envie. Théo assiste à cet échange muet. Il sait que j'hésite malgré mon pressant désir. Alors il décide de briser la barrière que nous pensions infranchissable quelques instants plus tôt. Ses lèvres happent l'énorme engin qu'elles lèchent avidement. Je me penche afin que ma bouche rejoigne la sienne et apporte sa contribution au plaisir de Luc dont la queue se meut entre quatre lèvres. Il procède à un va et vient qui lui tire des gémissements. D'un commun accord, sans nous consulter, moi et Théo procédons à une manœuvre visant à présenter mon anus juste en face de la bite enviée. Luc n'ose bouger. Sautera-t-il ce second pas ? Je l'espère, bien que je sois satisfait de l'avoir sucé. Une fois de plus, Théo précipite les événements. Il se contorsionne afin de s'emparer de la queue de Luc qu'il attire au bord de ma rosette. Ensuite, il me pousse afin que la pénétration débute. Luc n'opposant aucune résistance, je m'embroche sur son vit, non sans glousser de bonheur. Luc se campe solidement sur ses jambes, laissant ses bras pendants le long de son corps, débute un pistonnage effréné mais bien trop rapide à mon goût. Je comprends, aux spasmes qui le secouent, qu'il crache son foutre dans mon trou. Je savoure cet instant magique que je ne revivrai probablement plus jamais. Il s'avachit sur moi, soucieux de ne pas trop gêner mes mouvements. Je continue d'enculer Théo qui ne tarde plus à jouir. Je l'imite peu de temps après. Nous restons collés deux bonnes minutes. Je sens toujours cette barre combler mes tréfonds. Elle ne débande pas. Nos désirs s'éveillent une fois encore. J'oscille mon bassin. Luc reprend son balancement, provoquant le mien dans le cul de Théo. Ce dernier manifeste un besoin de changement. Nous voilà, moi et lui, suçant l'énorme engin de l'invité, léchant ses couilles velues, allant taquiner son anus vierge. Surpris par l'initiative, Luc se contracte subitement. Nous n'insistons pas et en revenons à la bite dont nous nous régalons. Luc se couche sur le lit, mains derrière la tête, appréciant la séance. Théo cesse la fellation, me demande de mettre mes fesses à sa disposition, ce que j'agrée. Je me délecte de cette queue vibrante en moi. Luc se croit abandonné, ne sachant quelle attitude prendre. Alors Théo s'assied sur lui, enfournant le gros braquemart entre ses fesses et délaissant les miennes. Je le suce tandis qu'il procède à un lever-baisser laissant augurer de futurs plaisirs. Passées quelques minutes, il s'allonge sur Luc, me fait signe de joindre ma bite à celle de son actuel enculeur. Double pénétration que semble approuver un Luc aux anges. Je m'active dans cet anus en feu. J'exulte en sentant ma queue frotter sur une autre, toutes deux enveloppées par les chairs anales accueillantes. Nos spermes se mélangent. Celui du bel enfilé nous asperge. À aucun moment Luc ne nous a caressés. Il évitait tout contact qui n'était pas nécessité par la fellation ou la sodomie. Jamais nous n'avons tenté de l'embrasser ou de l'obliger à toucher à nos sexes, par exemple. Il se comportait comme tout bon hétérosexuel en manque qui tire un coup vite fait avec un autre type afin de se soulager : séance hygiénique en quelque sorte.
Le moment le plus délicat arrive : celui pour un hétérosexuel ayant fauté avec un homosexuel, de l'après, du juste après l'acte. En fait, mes craintes sont infondées. Luc se comporte fort bien. Il demande la permission d'utiliser la salle de bain, s'y rend et ferme la porte à clé nous interdisant ainsi de le rejoindre. J'enlace Théo, je l'embrasse. Il laisse un doigt errer aux environs de ma rosette. Nos queues se relèvent. La sienne va se nicher dans mon habitacle anal qu'elle bourre un peu brutalement mais merveilleusement. Je subis l'assaut avec reconnaissance. Luc revient, habillé, annonce :
<< - Je dois rentrer. À demain. >>
Le ton me paraît neutre, ferme, sans animosité, sans peur mais sans chaleur. Il s'en va, sans attendre notre réponse que nous sommes incapables de lui formuler étant dans le feu de l'action. Pout la énième fois, les giclées de foutre s'écoulent dans mes intestins ou sur les draps. Un peu éberlués par les prouesses de la journée et de la nuit, nous nous endormons l'un dans l'autre.
Ma tête va exploser. Certes, l'armagnac était d'une qualité irréprochable, d'un âge plus que respectable, mais il n'en reste pas moins que d'en avoir abusé se paye en cette matinée grisâtre. Ajoutons à cela les nombreux assauts dans nos ébats et nous avons les raisons de ce réveil quelque peu douloureux. Théo ne paraît pas mieux en forme. Il se jette sur le tube d'aspirines, en avale deux avec un grand verre d'eau. Je ne résiste pas à l'interroger :
<< - Comment tu crois qu'il réagira, Luc, après la séance de cette nuit ?
- C'est la grande question, la grande inconnue, plutôt. Je n'en sais fichtre rien. Agissons comme si de rien n'était. On verra bien. Cela étant, il était très calme en partant, je ne l'ai pas trouvé complexé ou quelque chose du genre.
- Tu regrettes ? -
- Pas du tout. Pour dire vrai, j'en avais envie depuis que je le connais. Qui n'en aurait pas envie avec lui ? Un parti comme ça, on ne le laisse pas filer sans rien tenter. Malheureusement, il a toujours été intraitable et j'ai essuyé refus sur refus. Je me suis fait une raison, ou presque. Dans le cas contraire, c'en était finie de notre amitié. Et ça s'est produit, à cause de toi en partie.
- Tu as poussé à la roue, toi aussi.
- Évidemment ! Tu as ouvert la voie. J'en ai profité Je n'allais pas laisser passer une telle occasion. Bon, si on pensait à nous deux, Daniel ? Un câlin, ça te dit ? >>
Sa proposition me procure un immense plaisir. Nous limitons nos exploits à des jeux érotiques fort anodins mais fort plaisants. Puis petite virée dans les environs campagnards avec cueillette de champignons à la clé, le soleil s'étant levé. Ceps et girolles ne manquent pas dans la forêt avoisinante, appelée forêt brûlée. Si jamais elle l'a été, brûlée, c'était il y a très longtemps. Aujourd'hui, elle est verdoyante au possible, couverte d'arbres en pleine santé. J'aime cet endroit. Nos deux paniers remplis, nous nous asseyons sous un chêne. L'air doux appelle à la tendresse. De nombreux baisers parsèment cette courte pause. Main dans la main, nous regagnons la maison tout en continuant de nous bécoter. Parfois un doigt effleure une braguette ou une fesse. Notre petit jeu cesse lorsque nous apercevons Luc assis à la terrasse, un gros paquet posé sur la table. Nous le saluons avec beaucoup de réserve dans notre attitude et nos paroles. Il semble décontracté, annonce non sans une certaine fierté :
<< - J'ai perdu mon pari. Je reconnais ma défaite. Bien qu'aucune mise n'ait été définie, je tiens à faire amende honorable. Normal quand on perd un pari. >>
Tout en parlant, il ouvre le carton, en sort des victuailles très appétissantes : bloc de foie gras, trois splendides magrets de canard, champagne (Dom Pérignon SVP !), une bouteille de Nuits Saint Georges, plateau de fromages. Il ajoute :
<< - Daniel, tu as bien quelques pommes de terre pour accompagner la viande, de la salade pour le fromage et des fruits pour le dessert, n'est-ce pas ? >>
Nous montrons notre récolte et nous mettons de suite aux fourneaux. Pendant que je m'affaire à confectionner un clafoutis aux poires, Luc et Théo préparent les champignons selon mes directives. Les discussions se font rares. Cependant, aucune gêne ne plane. Rien de malsain ne règne entre nous. J'ai une furieuse envie de connaître les pensées de Luc. Toutefois, je sens le regard de Théo qui m'impose de ne rien tenter. La pâtisserie au four, je sors afin d'installer un coin où faire un feu pour griller les magrets. Au bout de quelques minutes, Théo me rejoint prétextant qu'il ne trouve pas l'engin pour égoutter la salade. Il ajoute :
<< - … Laisse faire, ne le provoque pas. Je le connais. Il se retient pour ne pas exploser. >>
C'est l'instant que choisit Luc pour venir près de nous. Il s'enquiert :
<< - Je suis prêt à parier que vous complotez à mon sujet. Ne dites rien, je sais : comment va réagir Luc après la soirée d'hier ? Eh bien ! J'accepte les faits, ne les renie aucunement. Je suis même prêt à les réitérer aujourd'hui si cela vous dit. Ensuite, j'aimerais que nous n'en parlions plus jamais. Mon amitié pour Théo ne changera pas. Quant à toi, Daniel, j'apprécie ta compagnie. Voilà, vous êtes satisfaits, j'espère ? >>
Nous ne répondons pas, continuant à sembler captivés par nos occupations. Aussi nous contentons-nous d'un hochement de tête.
Le repas se déroule dans la bonne humeur.
Une sieste s'impose, dans le petit coin isolé où j'ai tendu une grande couverture. C'est là que, pour une ultime fois, Luc me saute accompagné de Théo, dans une double pénétration torride. Nous ne pouvons remettre le couvert, comme on dit. Les corps n'en peuvent mai. En fin d'après-midi les deux plus beaux garçons de la terre quittent mon logis.
Seul, je me trouve désemparé. Je constate, pour la seconde fois, mon horreur du vide : aucune compagnie, cela me désole. Depuis toujours je vis avec quelqu'un. Mes parents d'abord puis un amant à la suite de mon indépendance. Les premières semaines écoulées ici, dans cette maison, sont passées très vite, occupé que j'étais par l'installation des lieux, le travail, les visites à la famille. Maintenant je connais la liberté de recevoir alors j'aimerai garder un amant auprès de moi. Pas forcément le même, mais en avoir toujours un à mes côtés. Mes pensées s'envolent vers Bernard à qui j'ai omis de téléphoner comme je me l'étais promis. Mario pourrait également participer à ce que je nomme ironiquement mon harem. Sans omettre Théo pour qui j'éprouve une grande amitié doublée d'une attirance physique plus qu'irraisonnable. Et le bel Adrien ? Reviendra-t-il ? Lui, je ne dois pas le brusquer. Surtout ne pas lui quémander sa présence. Il ne supporterait pas et ce serait le seul moyen de le perdre définitivement.
L'automne avance à grandes brassées de feuilles mortes. Les matinées fraîches ne me rebutent pas. Dès l'aurore, je m'empare de l'outillage adéquat et nettoie les allées du parc, les pelouses. Au téléphone, Bernard m'a promis une visite, lundi prochain. En parlant de téléphone, ma ligne n'est toujours pas branchée : trop de demandes dit-on. L'après-midi, je joue de la varlope, du ciseau à bois, avec comme apprenti un Mario studieux surtout quand se présente la possibilité de me caresser la croupe ou quand il savoure mes phalanges sur sa braguette. Lui, par contre, aimerait bien venir dormir dans mon lit. J'hésite. Certes, il paraît s'être assagi, ne plus penser aux vols, aux bagarres. Mais est-ce définitif ? Je me juge idiot. Cependant, il persiste à vouloir courir après la gueuse, ce qui lui réussit ces derniers temps. Mais il estime trop rares les occasions de satisfaire son besoin de chairs féminines et voudrait combler ce manque avec moi de façon plus régulière. En parlant de manque, il en est un que j'ai beaucoup de mal à surmonter : Théo. Il m'a littéralement envoûté. À ceci près que, depuis son départ en compagnie de Luc, celui-ci s'impose à ma mémoire. Le souvenir de ce corps athlétique, au vit puissant, ne cesse de me taquiner. J'arrive à me rappeler chaque instant de nos ébats, tout au moins les plus chauds. Évidemment, Théo est le roi de la baise, incomparable dans l'art de la galipette cochonne ! Doux, langoureux, dispos, soucieux du plaisir de l'autre, ne rechignant jamais à de nouvelles expériences, il se présente comme l'amant parfait. Concernant Luc, il en va tout autrement : le gros jules par excellence, sans aucune douceur, sans aucune attention pour le partenaire. Bien sûr, pour lui c'était une entorse à sa sexualité. Il tenait à sauvegarder son quant-à-soi, comme on dit. J'aimerais beaucoup recommencer avec lui, en tête-à-tête, toute une nuit, tout un week-end et pourquoi pas toute une vie ? Je serais sa chose, son épouse, son amante, sa maîtresse, sa putain s'il le fallait. Je conserverais Théo comme ami, consolateur … Bon, voilà que je galèje !
Bernard répond présent à mon appel. Comme prévu, il vient passer quatre nuits consécutives avec moi. Il travaille sur un chantier non loin du village. Je le retrouve aussi vaillant dans l'action friponne qu'auparavant. Il reconnaît fréquenter plus assidument les garçons depuis qu'il m'a rencontré. Pas peu fier le Daniel, d'avoir détourné un faux hétérosexuel du droit chemin ! À deux reprises, Mario nous rejoint. Les soirées sont très agréables, les nuits brèves et épuisantes.
Tous les samedis, Théo se pointe, je dirai bite en avant ! Dès qu'il m'aperçoit, il me serre contre lui, plaque sa bouche contre la mienne et fourre sa langue entre mes lèvres pendant que ses mains folâtrent sur ma peau prestement mise à nu. J'aime son engouement. Il est là, devant moi, prêt à me sauter, prêt à se faire sauter. S'agissant de Luc, il déclare :
<< - Je ne le vois plus beaucoup depuis l'autre fois, ici. Il m'évite mais ça lui passera.
- Il a honte ?
- Non, je ne crois pas. En fait, il se pose pas mal de questions, à mon avis. Je pense que nos séances à trois remettent en cause son appartenance au sexe mâle, selon lui bien sûr. À propos, chaque fois que l'on se voit il me demande de tes nouvelles. Tu vois, ce n'est pas un cas définitivement perdu.
- C'est quand même gentil. Remercie-le de ma part, quand tu le verras.
- Tu serais pas un peu épris de lui, par hasard Daniel ? Tu sais, ça ne me gênerait pas. Tu me parles souvent de lui.
- Non, pas spécialement. Disons que je garde un excellent souvenir de notre équipée en chambre close. >>
D'un geste affectueux, Théo me ramène à la réalité du jour : prendre notre pied tous les deux.
Mon amant préféré parti, le bel Adrien montre le bout de son nez, la mine déconfite. Il demande l'asile pour quelques jours, me supplie de ne lui poser aucune question. Je lui fais confiance, lui désigne la seconde chambre, celle qui me sert de bureau. Il renâcle :
<< - Pourquoi tout chambouler dans la maison ? Tu ne veux plus de moi dans ton lit ? >>
Mais si, je veux bien de lui. Simple discrétion de ma part. Rapidement, il en vient aux confidences. Notre ancienne patronne n'est jamais totalement sortir de sa vie. De temps à autres, il l'honore copieusement, même s'il râle parce que Madame refuse de se faire enculer par autre chose qu'un gode, comme il dit. Qu'importe ! Elle compense son manque de compréhension par quelques présents monétaires non négligeables. Chacun sait que, laborantin même en chef, ne paye guère. Il faut bien vivre confortablement ! Et le bel Adrien aime bien vivre luxueusement. Seulement, depuis plusieurs semaines, Madame s'incruste. Madame, divorcée récemment, se trouve bien seule et en voie d'être fauchée. Monsieur son ex n'a pas mégoté pour mettre tous les torts sur elle, lors de la procédure de divorce. Madame ne pouvait se retenir d'aller se fourvoyer dans des lits qui n'avaient rien de matrimoniaux et frisaient parfois le mal famé. Ce que des enquêtes ont indubitablement prouvé. Maintenant, elle se retrouve presque sans rien et tient la dragée haute à un Adrien auquel elle reproche ses déboires conjugaux l'accusant de l'avoir entraînée dans le ruisseau ou peu s'en faut. Lui est incapable de prendre quelque décision que ce soit, allez savoir pourquoi ! Depuis une semaine, il se dégoûte, refusant obstinément de la baiser. Elle menace de se suicider à tout moment. Que dire ? Rien, et je ne dis rien. Seuls certains gestes de consolation lui apportent un embryon de soulagement. Ils provoquent même, chez lui, l'oubli immédiat de Madame et permettent un redressement progressif de la situation sous la braguette d'Adrien. La mienne aussi, de braguette, subit ce genre de métamorphose. Sans prendre le temps de nous dévêtir, nous tombons à même le parquet afin de nous infliger une fellation salvatrice suivie, par lui, de la prise de possession de mes arrières et de leur pénétration avec éjaculation in situ.
Alors qu'Adrien se confine dans mon lit, Mario me visite à deux reprises ce qui nous donne l'occasion de s'ébattre à trois, jeu non dédaigné par ces deux gredins. En fin de semaine, comme annoncé, Adrien regagne ses pénates, bien décidé à virer Madame et ses appâts jugés un soupçon fanés mais surtout au porte-monnaie estimé friser une platitude désespérante. Pas sensible, ni moral, mon Adrien favori ! C'est son charme, pourrait-on dire.
Heureusement ! Ce départ tombe à pic car voilà qu'arrive l'homme du samedi, à savoir Théo. Mais aujourd'hui il ne vient pas seul. Luc l'accompagne, plus radieux que jamais. Je fronce les sourcils : vont-ils m'annoncer qu'ils s'aiment et comptent vivre ensemble ? Je tremble à cette idée. Si cela était, je perdrais mes illusions concernant le bel hétérosexuel, mes envolées sexuelles avec le trop magnifique Théo. Rien de tout cela. Simple reprise de contact après quelques temps de réflexion. J'en suis fort heureux. La présence de Luc provoque chez moi un surcroît de chaleur, un nouveau besoin de me blottir dans des bras non faits pour un mâle. Durant toute la matinée, mes regards en dessous ne cessent de l'observer. Parfois ils frôlent sa braguette sous laquelle j'essaie de deviner la chose, celle qui me mènerait au paradis. Pas gentil pour Théo qui, tout à sa joie de retrouver son meilleur ami comme auparavant, ne soupçonne pas mon malheur. Car malheureux je suis de ne pouvoir posséder ce qui n'est qu'à quelques dizaines de centimètres de moi. Je note que Luc me sourit, profitant de ce que son ami s'occupe ailleurs ou s'absente. Est-ce illusion de ma part ou réalité ? En y regardant de plus près, je constate que le plus radieux de tous c'est bien Théo qui, au cours du déjeuner, m'annonce faire juste un bref passage, trop occupé qu'il est pour rester jusqu'à demain. Des œillades complices entre mes visiteurs me paraissent sujettes à interprétation. Mais quelle interprétation ? Je ne sais plus quoi penser, passant d'un espoir fou quand les yeux de Luc me fixent, à une peur panique lorsqu'ils prennent la direction de Théo. Je soupire presque de soulagement lors de leur départ. Un nouvel espoir s'empare de mon cerveau : Luc va revenir seul, sûr et certain ! Espoir déçu lorsque j'entends les deux voitures quitter la propriété. Pas question de finir ma journée sur un malaise. Aussi j'enfourche la mobylette, direction le village où je retrouve Mario qui, par chance pour moi, n'a personne de tout le week-end. Afin d'oublier ce que je considère comme une déconvenue nommée Luc et/ou Théo, je me jette dans les bras de l'ex-taulard qui se donne à fond et dans mes fonds durant près de deux jours, me laissant pantelant le lundi matin lorsqu'il part au travail.
Quelques jours plus tard, Bernard prend la place de Mario entre mes draps. Adrien succède à Bernard dont le chantier est achevé. Les amants de passage ne manquent pas : la période hivernale ne connaît aucune faiblesse dans la fréquentation touristique de notre région. Ce défilé se déroule dans la meilleure entente possible mais ne satisfait en rien mon petit cœur qui palpite pour un Théo désormais absent et un Luc que j'estime intouchable. Je les aperçois parfois qui semblent accaparés par quelques mondanités mais qui ne viennent plus me voir, se contentant rarement de me faire un petit signe de la main que je qualifierais d'obligation de politesse. Ce qui provoque en moi une terrible souffrance surtout côté amour-propre. Plus je souffre, plus j'ai de types dans mon lit, moins je passe de nuits en solitaire.
Commentaires
je confirmer ce que je disais en 2/8, j'aime ce récit qui me plait beaucoup