La bête et le beau (4/5) de Pierre Dubreuil
vendredi 26 février 2010, 18:32 - Pierre Dubreuil - Lien permanent
Alban était étendu sur le dos. Il ouvrit les yeux et vit Gilles qui le regardait, allongé sur le côté, appuyé sur un coude. Il commença à le caresser. C’était doux. Alban se laissait faire, comme dans un rêve.
Alban loua un petit studio pour une semaine dans un immeuble minable sur le boulevard du Général de Gaulle, au centre du bourg du Gosier. C’était bruyant, étouffant, à la limite du sordide, mais c’était tout ce que ses moyens lui permettaient. En outre, c’était plus discret : pas de réceptionniste, pas de gardien, pas de questions. Il pourrait aller et venir à sa guise.
Alban ne savait pas ce qu’il allait faire, ni dans l’immédiat, ni dans sa vie future. Bien sûr, il espérait trouver l’amour salvateur que lui avait promis sa marraine, mais il ne voulait plus vivre un désastre comme ceux qui venaient de se produire avec Julien, avec Gilles. Et à une déception comme celle que Julien lui avait fait subir, il préférait encore l’humiliation infligée par Gilles. Mais cet amour annoncé, comment le trouver sans trop de souffrance ? Peut-être valait-il mieux qu’il se résignât à la chasteté ? Au moins, il pourrait se faire des amis, oublier cette sacrée queue qui resterait cachée dans son pantalon… Mais s’il optait pour cette solution, il voulait, avant d’en arriver là, tout apprendre sur le sexe, baiser tout son soûl. Ç’avait été trop bon, avec Julien, il voulait connaître d’autres hommes, des quantités d’hommes. C’est pour cela qu’il était venu en Grande-Terre : ce serait sans doute plus facile que dans sa région. Il irait rôder, le soir, sur les quais de la marina. On y trouvait des équipages de yachts en escale, des skippers, des hommes privés de femmes qui n’hésitent pas, aussi hétéros soient-ils, à étancher leurs soifs de chair auprès de jeunes gens… avec son physique, il trouverait des amateurs ; il ne parlerait pas de sa queue, il les laisserait la découvrir eux-mêmes ; et advienne que pourra…
La marina n’était pas un lieu qu’il avait l’habitude de fréquenter. Il n’y était jamais allé la nuit. L’endroit n’avait pas le côté « bout du monde » un peu louche qu’il s’était imaginé : les bars agréables, plutôt chics, se succédaient, fréquentés surtout par les propriétaires de bateaux et leurs équipages. Les marins, souvent privés de femmes à bord, n’avaient ici que l’embarras du choix pour en trouver une, voire plusieurs. La Guadeloupe ne possède pas, à proprement parler, un port de marine marchande où déambulent, la nuit, des matelots aux génitoires archipleins à la recherche d’un trou accueillant où les vider. Il fut un peu déçu mais, ne voulant pas être venu pour rien, promena à tout hasard, le long des quais et dans les rues avoisinantes, ses jolies petites fesses rondes moulées dans un jean ultra-collant et son torse de dieu grec bien visible sous sa chemise déboutonnée.
Soudain, alors qu’il s’était arrêté pour regarder une vitrine d’accastillage, plus machinalement et pour se donner une contenance que par réel intérêt, il sentit quelqu’un s’approcher de lui et une main se poser sur ses fesses. Comme si un fer l’avait brûlé, il se retourna. L’homme était l’archétype de tout ce qu’Alban détestait : les traits mous, bedonnant, le cheveu rare, mal habillé. Le mauvais côté de la quarantaine, ce qui n’eût pas été un problème en soi, mais là, vu le reste… Alban fit un mouvement pour se dégager, mais l’homme le saisit par le bras.
— Ah non ! dit-il à mi-voix, ce serait trop facile. Ça fait une heure que je te suis, que je te regarde onduler des fesses pour aguicher les mecs. Maintenant, il faut aller jusqu’au bout !
Il l’entraîna dans une ruelle sans éclairage encombrée de grands conteneurs servant de poubelles, le coinça entre deux de ces bacs malodorants et le força à s’agenouiller devant lui. Il ouvrit sa braguette, sortit sa queue et ordonna :
— Suce !
Alban eut un haut-le-cœur. Le sexe de l’homme n’était pas appétissant : certes, il était d’une taille convenable et bien bandé, mais il pointait vers le bas, comme s’il avait honte de lui, au lieu de se dresser avec élégance vers le ciel ; aucune veine ne se voyait sur la hampe et le gland avait le même diamètre que la tige ; et puis, il ne sentait pas bon… Alban se demanda quelle odeur était la pire, celle de ce bout de viande avariée ou celle des poubelles qui les entouraient.
— Tu entends ? dit le type, suce avant que je me fâche !
Et, agrippant Alban par les cheveux, il approcha sa tête de son ventre et s’introduisit d’un coup dans sa bouche. Alban faillit vomir : le gourdin avait pénétré jusque dans sa gorge. L’homme lui maintenait la tête et donnait de vigoureux coups de reins. Aux nausées causées par l’engin lui-même s’ajoutaient celles dues à son goût : infect. Alban se rappela la saveur délicate du sexe de Julien, son écœurement s’accentua et des larmes coulèrent de ses yeux. Par bonheur, le supplice ne dura pas bien longtemps : très vite, l’homme se mit à ahaner, son sexe s’agita de soubresauts et plusieurs longs jets tièdes et gluants jaillirent dans la bouche d’Alban. L’homme retira son sexe déjà devenu mou.
— Avale ! Avale bien tout ! ordonna-t-il en saisissant le menton d’Alban et en le maintenant en l’air pour l’empêcher de cracher.
Alban dut s’exécuter.
— Voilà ! Et maintenant, nettoie ma queue, nettoie-la avec ta langue, et qu’il n’en reste pas une goutte !
Quand ce fut fait, l’homme rangea son matériel et referma sa braguette, puis il donna un coup de pied à Alban qui roula sur le sol.
— Sale pédé ! grogna-t-il en s’éloignant, tu ne suces même pas bien !
Alban commença à se relever, mais à peine fut-il à genoux qu’il se mit à vomir.
***
— Je dois être devenu complètement fou, se dit-il quand il se sentit mieux. Qu’est-ce qui me prend de me lancer dans des aventures aussi sordides ?! Je suis bien foutu, j’ai du charme, je peux trouver un mec sans racoler dans la rue habillé et agissant comme une pute !
Il se sentait vidé, épuisé, mais ne voulait pas rentrer se coucher sur cette impression pénible.
— Je vais retourner au bar gay de l’autre jour, se dit-il. Ne serait-ce que pour y boire un verre en regardant des beaux mecs…
Il fit un détour par son studio pour prendre une douche et se changer : il se sentait souillé physiquement et moralement. Une demi-heure plus tard, il entrait dans le bar. La clientèle, du fait de l’heure sans doute, y était plus nombreuse et plus gay que l’autre après-midi. Nombre de beaux garçons étaient là, des touristes pour la plupart. Certains dansaient entre eux, ce qui surprit Alban, qui n’aurait jamais cru voir cela dans son île… Il s’installa à une table. À peine lui avait-on servi sa consommation que Gilles entra, en compagnie de deux hommes ; ils s’installèrent à une table assez éloignée de la sienne. Alban se rendit compte que Gilles l’avait vu : leurs regards s’étaient croisés et chacun avait détourné les yeux.
Tout en sirotant sa boisson, Alban, discrètement, jetait des coups d’œil à la table de Gilles. Ses compagnons étaient beaux mecs, on ne pouvait le nier, un brun et un blond, look hétéro, corps parfaits, sexy en diable avec leur peau dorée, leurs cheveux longs délavés par le soleil. Alban n’eût pas rechigné à faire un petit tour avec eux, ensemble ou séparément… Il remarqua que les garçons le regardaient de temps en temps à la dérobée et supposa que Gilles leur avait parlé de lui. Soudain, celui-ci se leva et vint à sa table.
— Je voulais m’excuser pour l’autre jour, dit-il. Je me suis vraiment conduit comme un goujat. Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai eu peur, je me suis affolé. Tu admettras que j’ai des circonstances atténuantes, ta… enfin, ta… particularité est plutôt inhabituelle.
— Tu as peut-être raison… Je suppose que ça peut effrayer quelqu’un quand il n’est pas prévenu. N’en parlons plus, Gilles. Sans rancune.
— Voudrais-tu venir à notre table ? Mes amis te trouvent séduisant…
— Pourquoi pas ?
Alban alla s’installer avec eux. Il trouva charmants les amis de Gilles, Marc, le blond, et surtout Simon, le brun, qui incarnait son idéal masculin. Il leur parla de sa vie, là-bas, dans les étranges montagnes bleues où les touristes ne se rendent jamais. Ils trouvèrent d’un romantisme suranné et plein de charme ce qu’il leur racontait, cette grande bâtisse en bois précieux perdue dans les bananes, ces domestiques noirs, ces berceuses où sombrer avec nonchalance, tout cet art de vivre qu’ils croyaient disparu depuis la nuit des temps. Ils furent effarés d’apprendre que les aïeux d’Alban, moins de deux siècles plus tôt, possédaient une cinquantaine d’esclaves : l’esclavage, ce n’était donc pas de l’histoire ancienne ?!… Eux, purs produits du métro-boulot-dodo parisien avaient certes moins de choses à relater… Ils passaient de bonnes vacances, ils se félicitaient d’avoir choisi cette île au climat si agréable. Marc et Simon étaient juste copains, même s’ils baisaient ensemble de temps en temps. Ils partageaient un appartement à Saint-François, et profitaient au maximum de la mer, du soleil et de la vie nocturne. Ils aimaient bien passer la soirée au Gosier et y avaient rencontré Gilles quelques jours plus tôt. Depuis, ils ne se quittaient guère. Tiens, au fait, pour le lendemain, ils avaient loué un zodiac, ils allaient passer la journée aux îles de la Petite-Terre. Alban connaissait-il ?
— Oui, dit Alban, j’y suis allé une fois. Deux petits cailloux dotés de plages sublimes : cocotiers, sable blanc, mer turquoise. Autrefois, il y avait un habitant : le gardien du phare. Maintenant, il est automatique, et les seuls insulaires sont des myriades d’iguanes. Le maillot n’est pas indispensable, mais n’oubliez pas chapeau, lunettes et crème solaire : vous reviendriez transformés en langoustes…
— Et pourquoi tu ne viendrais pas avec nous ? lança Simon.
Cette demande était assortie d’un sourire si ravageur qu’Alban sentit sa braguette se déchaîner. Qu’est-ce qu’il était beau, ce type ! Ça devrait être interdit : un véritable appel au viol !
— Pourquoi pas, d’accord ! balbutia-t-il en plongeant son regard dans celui du beau brun.
— Super ! Nous partirons vers dix heures de la marina de Saint-François.
Marc et Gilles allèrent danser, version plutôt kólé séré ; Alban se dit qu’ils allaient avoir sous peu envie de s’isoler. Tant mieux ! Cela lui permettrait peut-être d’arriver à quelque chose avec Simon. Comme s’il avait deviné sa pensée, celui-ci vint s’asseoir sur la banquette à côté d’Alban, qui remarqua, par l’échancrure de sa chemise, que sa poitrine bronzée s’ornait de jolis petits poils frisés. Cela acheva de l’affoler.
— Lui, au moins, il ne doit pas ressembler à un morceau de viande aseptisée ! se dit-il, un peu gêné par l’ampleur de son érection, qui commençait à devenir visible.
— Tu aurais peut-être voulu danser ? demanda Simon. Excuse-moi, mais ce n’est vraiment pas mon truc : j’ai l’air d’un pingouin, sur une piste.
— Oh ! ça ne fait rien ! Je n’ai pas trop l’habitude de danser non plus. On est bien, là, comme ça, à discuter.
— Oui, on est bien.
Il passa son bras autour des épaules d’Alban, l’attira contre lui et ajouta :
— Et comme ça, on est encore mieux.
Leurs regards s’assaillirent, chargés de désir. Leurs visages se rapprochèrent lentement et leurs lèvres se joignirent. Le baiser ne dura qu’une seconde. Ils se sourirent, blottis l’un contre l’autre. Simon posa la main sur la cuisse d’Alban
— Tu me plais, Alban, dit-il, la voix rauque. J’ai envie de toi. J’aimerais bien qu’on aille terminer la soirée chez toi. Ça te dit ? Les deux autres n’ont pas l’air d’avoir besoin de nous… J’espère que tu ne me trouves pas trop direct, trop rapide ?
Alban sentit son cœur s’emballer et se demanda comment les battements ne couvraient pas la musique. Mais soudain, il eut l’impression d’avoir déjà vécu cette scène : son épouvantable expérience avec Gilles avait commencé de la même façon ; il ne voulait pas subir une autre fois cette humiliation.
— Trop rapide ? Non. À quoi bon perdre du temps quand on sait ce qu’on veut. Moi aussi, j’ai envie de toi. J’ai eu envie de toi dès que tu es entré dans le bar. Rien ne me ferait plus plaisir que de t’emmener chez moi. Mais avant, il faut que je sache… Est-ce que Gilles t’a parlé d’une certaine… anomalie que j’ai ?
— Si tu veux parler de ta queue, la réponse est oui. Évidemment, c’est surprenant, et je ne condamne pas tout à fait la réaction de Gilles, qui s’y est trouvé brutalement confronté…
Il embrassa de nouveau Alban et son baiser, cette fois, fut plus long, plus pénétrant et Alban sentit avec délices la langue de Simon jouer avec la sienne.
— Pour moi, a priori, ce n’est pas un problème…
— Ah ? et a posteriori ?
— Je suis à peu près sûr que ce n’en sera pas un non plus. Le meilleur moyen de le savoir, c’est d’essayer. Je te promets de te respecter quoi qu’il en soit. Alors, on y va ? J’ai tellement hâte !…
***
La présence de Simon conféra au studio minable d’Alban un charme qu’il n’aurait jamais cru lui trouver. C’était devenu la plus luxueuse des chambres, et ce lit inconfortable, un paradis où il allait être heureux, où il allait se rouler en compagnie d’un mec sublime. Le studio, du coup, devenait aussi sublime.
Son peu d’expérience rendait Alban timide. Il ne savait trop comment se comporter et restait là debout, indécis. Simon s’approcha dans son dos, se colla à lui, glissa les mains sous son T-shirt et se mit à l’embrasser dans le cou. Alban sentait, contre ses fesses, sa hampe dressée, dure comme du métal. Il remua un peu pour témoigner son accord, pour mieux se l’approprier. Simon poussa un petit gémissement à peine audible et plaça une main sur la braguette d’Alban. Ce qu’il y trouva lui confirma, s’il en était besoin, que ses soins étaient appréciés et il se mit à flatter le bâton caché, à le dessiner du bout des doigts sur l’étoffe du pantalon. Alban tourna la tête vers lui et ils s’embrassèrent. Ce fut d’abord un baiser très doux, presque sage, puis la fougue s’empara d’eux et ils oublièrent tout, hors leurs lèvres qui jouaient, leurs langues qui dansaient. Alban se retourna pour faire face à Simon qui l’enlaça, l’attira à lui, posa les mains sur ses fesses et unit son ventre au sien. À travers le tissu, les deux sexes, pour la première fois, se rencontrèrent, et ils en tressaillaient d’aise. Fébrilement, Simon envoya promener les deux T-shirt. Alban se blottit avec délices contre le torse du jeune homme, velu juste ce qu’il fallait, ni trop ni trop peu : de petits poils frisés couvraient les pectoraux, puis un chemin étroit de poils un peu plus longs descendait les abdominaux avant de plonger, en s’élargissant, dans les profondeurs mystérieuses et fascinantes du pantalon. Alban regretta d’être lui-même glabre, crème dépilatoire oblige, à part une toison qu’il s’était arrangé pour garder autour de son sexe. Il eut peur que Simon, de ce fait, le trouvât moins séduisant. Il parcourut de la main ses pectoraux de Simon, joua dans ses poils, les embrassa, lécha ses tétons. Simon, de son côté, lui dégrafait la ceinture, ouvrait son pantalon. Avec un léger bruissement, le vêtement tomba, suivi du caleçon. Alban s’en dégagea, ôta aussi ses chaussures : il était entièrement nu. Les yeux brillants, Simon s’éloigna un peu de lui et le contempla.
— Tu es beau, dit-il. Tu as une super queue pour un gars aussi jeune !
Il tomba à genoux et posa son visage sur le sexe d’Alban comme pour s’imprégner de son parfum. Il embrassa le gland et lécha la hampe sur toute sa longueur, en la mordillant. Il posa les mains sur ses fesses et en apprécia la rondeur et la fermeté. Il passa les doigts dans la raie, saluant au passage, sans insister, la porte des plaisirs et, remontant encore, trouva sa queue, dont il avait oublié l’existence. Il ne put retenir un tressaillement ; pour s’en excuser, il leva les yeux vers Alban et lui sourit. Puis il serra la queue entre le pouce et l’index. Alban poussa un petit cri de plaisir et son sexe s’agita, allant frapper la joue de Simon. Celui-ci sourit de nouveau, attrapa des lèvres l’impertinent gourdin et l’introduisit d’un seul coup au fond de sa bouche. Alban gémit et sentit un tourbillon qui s’agitait autour de sa tige. Simon, les mains sur ses fesses, tenait toujours sa queue entre ses doigts et la masturbait comme un sexe. En même temps, ses lèvres allaient et venaient à toute vitesse sur la hampe. Dans sa bouche, le tourbillon n’avait pas cessé. Alban sentit le plaisir monter : il n’allait pas tenir longtemps à ce rythme-là.
— Non ! Pas déjà ! se dit-il, et il essaya de se dégager.
Mais Simon le maintint fermement et il explosa dans sa bouche, en longs jets qui lui tirèrent des cris de fauve. Simon but jusqu’à la dernière goutte l’élixir magique, nettoya de la langue le gourdin encore ferme d’Alban, se releva et l’embrassa avec tendresse. Alban découvrit avec délices le goût de sa semence sur la langue de Simon et s’en régala.
— J’espère que tu ne t’es pas offusqué de ma hâte, dit Simon. J’avais vraiment envie de goûter ta liqueur. Et puis, tu comprends, j’ai remarqué que, pour les très jeunes gens, jouir une fois avant de commencer vraiment à faire l’amour les rendait plus performants. Le plaisir en est augmenté pour tout le monde. Maintenant, nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses et prendre tout notre temps. Dis donc, au fait, ça a l’air de te plaire quand je touche ta queue ? Je veux dire, celle de derrière…
Et, joignant le geste à la parole, du bout des doigts il caressa le petit appendice. Le sexe d’Alban, à ce contact, reprit du volume.
— Heureuse jeunesse ! soupira Simon, et il donna à Alban un baiser passionné.
Alban s’attaqua maladroitement à la ceinture de Simon.
— Je veux te voir nu, moi aussi, dit-il, je veux t’admirer.
Simon l’aida. Ceinture et braguette cédèrent, pantalon et caleçon tombèrent et s’envolèrent. Alban posa une main admirative et câline sur la tige majestueuse et l’embrassa.
— Elle est belle, dit-il, elle est grosse, elle sent bon.
Il remarqua l’absence de bourrelet autour du gland et, malgré son peu d’expérience, en devina la raison.
— Tu es circoncis, n’est-ce pas ? C’est très élégant ; ça fait paraître la queue plus longue et le gland plus gros.
Il embrassa encore le bel objet et ajouta, d’une voix rauque, presque inaudible :
— J’aimerais bien l’avoir en moi.
Simon sourit, l’embrassa et le prit par la main.
— Viens, dit-il, allons sur le lit.
Il le fit mettre à quatre pattes et s’installa derrière lui. Alban sentit avec délices la langue de Simon commencer à ouvrir sa caverne, tandis qu’une de ses mains lui caressait le sexe et l’autre la queue. Il était au paradis : on s’occupait en même temps des trois endroits les plus sensibles de son corps. Il dut faire appel à toute sa maîtrise pour repousser le plaisir qui montait ; comme Simon avait bien fait de le soulager avant ! Il sentit un doigt, puis deux, puis trois entrer en lui, travailler sa capsule. Là encore, il frôla l’orgasme. Et puis quelque chose de plus gros, de plus fort, de plus compact, mais aussi de plus doux, quelque chose de vraiment adapté à l’emploi commença à s’introduire. La progression dura longtemps, Simon connaissait son peu d’expérience et prenait soin de lui causer le moins de douleur possible. Chaque centimètre fut une jouissance. Quand enfin il arriva au fond, Simon d’une main lui serra fort la queue et, flattant ses hanches de l’autre, commença des allers et retours, très lents d’abord, puis de plus en plus rapides. Chaque fois que la hampe merveilleuse cognait le fond de ses entrailles, un plaisir indicible submergeait Alban et il poussait un cri. Les ahanements de Simon se faisaient de plus en plus forts, son sexe en Alban de plus en plus gros, de plus en plus vif, de plus en plus frémissant, et Alban comprit qu’il approchait du point de non-retour.
— Attends ! cria-t-il en se dégageant, je veux voir ton regard quand tu jouiras en moi, je veux lire le plaisir dans tes yeux !
Il se tourna sur le dos, admira, dressé devant lui le corps magnifique de Simon, et ce gourdin interminable, brun foncé, le gland presque noir, turgescent, énorme. Il était déjà en manque de lui. Il écarta les jambes.
— Viens ! Oh ! viens vite ! supplia-t-il.
Et le serpent magique entra. Alban comprit aussitôt que, cette fois, il n’allait pas pouvoir se retenir. Son anus fut pris de spasmes désordonnés, incontrôlables, une chaleur intense en jaillit qui inonda tout son corps, et il explosa en jets violents, les yeux dans ceux de Simon qui, dans une poussée ultime et violente, entra lui aussi en éruption. Alban sentit la lave en fusion se répandre, heurter les plus intimes de ses recoins, et cela suscita chez lui une nouvelle vague d’explosions qui lui arrachèrent des cris sauvages. Abasourdis, ils tombèrent l’un sur l’autre, loin du monde. La liqueur d’Alban scella leurs poitrines jointes…
***
La nuit fut courte. Il semblait à Alban qu’il venait juste de s’endormir quand les bruits de circulation sur le boulevard le réveillèrent. Il faisait grand jour. Six heures trente, lui apprit un coup d’œil au réveil. Il se tourna vers Simon. C’était la première fois qu’il se réveillait aux côtés d’un homme, après une nuit d’amour. Comme c’était bon ! Presque meilleur que le plaisir en lui-même, et Dieu sait si du plaisir, cette nuit-là, il en avait reçu ! Machinalement, il passa la main au-dessus de ses fesses, histoire de vérifier : sa queue était toujours là.
— C’est donc qu’il n’est pas amoureux de moi, se dit-il, presque à regret. Remarque, moi non plus. Mais je me réveillerais quand même bien tous les matins avec un beau mec comme ça dans mon lit, quitte à garder ma queue…
Simon était étendu sur le dos, découvert jusqu’à la ceinture. Alban sentit son sexe se réveiller rien qu’à regarder son torse bronzé aux jolis petits poils. Plus bas, le drap révélait les plis de l’aine et les prémices de la toison intime, et modelait, plus bas encore, les contours du pénis au repos. Alban, maintenant en proie à une érection violente, ne put s’empêcher de glisser la main et de le caresser. La souple baguette ne tarda pas à redevenir un fier gourdin et Alban en approcha les lèvres…
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