(2) - Laboro vertigo

C’est un grand immeuble de bureaux, très classieux. Nous sommes dans les beaux quartiers, à Neuilly, le long des quais de la Seine. L’immeuble est récent. Il appartient à une grande société de cosmétiques internationale.

Neuvieme étage. C’est l’étage de la Direction. Alphonse de la X de Z y règne en maître absolu. Bien sûr, il rapporte en théorie à la direction de la holding, de l’autre côté du Pacifique. Mais il suffit qu’il passe chaque jour une heure ou deux avec les dirigeants au téléphone, et que les ventes progressent, ce qu’elles font. Il a donc une paix royale. Quand il n’est pas à la bourre, entre deux rendez-vous, deux trains ou deux avions, il lui arrive de s’intéresser à ses collaborateurs. Aujourd’hui, il a remarqué l’expression éteinte, pour ne pas dire apathique de Thierry, son Directeur commercial, qui n’a presque pas ouvert la bouche lors de la réunion du CODIR (Comité de Direction) de ce matin.

19 heures. Il a quasiment fini sa journée. Il se décide à passer un coup de fil à Thierry, qui est probablement encore dans son bureau à cette heure là. Le téléphone sonne. Effectivement, Thierry décroche.
- Thierry, passez donc me voir s’il vous plait. J’ai quelque chose à vous demander.

Zut ! Un appel du patron, c’est un ordre absolu. Thierry, qui rangeait les papiers de son bureau avant de partir, afin de ne rien laisser traîner sous les yeux des femmes de ménages, soupire : Putain, il va encore me tenir la jambe jusqu’à pas d’heures… Avec résignation, il monte à l’étage au dessus et frappe à sa porte.
- Entrez, Thierry.
Asseyez-vous.
Le patron s’est levé de son bureau et est venu s’asseoir dans l’un des fauteuils de cuir du coin salon. Il invite son adjoint à prendre l’autre siège. Ouf, Thierry respire un peu. Ce ne sera probablement pas une engueulade, car dans ce cas il serait resté derrière son bureau.
- Alors ?
- Alors quoi, patron ?
- Alors ! Qu’est-ce qui se passe, Thierry ?
- Mais… Patron …rien de spécial. Rien de plus que ce qu’on a dit ce matin.
- Si !... Je veux savoir !
- Mais, je ne vois pas ce que vous voulez savoir, Patron. Nos ventes progressent, La région PACA reste en tête comme nous le souhaitons, le Maghreb démarre très bien ; La Turquie accroche… Tout va bien, je vous assure !
- NON ! Quelque chose ne va pas bien …vous le savez très bien !
- Mais quoi donc, Patron ?
- VOUS ! …Vous, mon amis, vous…
-  ? ? ? Moi ?… Mais… Je…
- Suivez-moi. Je vous offre un verre. Vous me semblez en avoir besoin.

Thierry est stupéfait. Où donc le patron veut-il l’emmener ? Il l’entraîne vers l’ascenseur. Mais au lieu de descendre, comme il s’y attend, il voit le Boss sortir une espèce de plip et appuyer dessus. A sa surprise l’ascenseur monte ! La porte s’ouvre sur un sas muni d’une porte palière, qu’Alphonse ouvre avec une clef de sécurité.

- Entrez, et mettez vous à l’aise.
Thierry n’en revient pas ! Il croyait que le bureau du Boss était au dernier étage ; il découvre qu’il y a un autre niveau au dessus. Un étage où seul Alphonse a, semble-t-il, accès. Ce ne sont plus des bureaux ; cela ressemble bien plus à une salle de réception, avec bar et salon particulier.
- Asseyez-vous. Mettez-vous à l’aise. Qu’est ce que je vous sers ? Scotch ? Martini ? Porto ? Cognac ?
- Heuhhh… Un scotch, s’il vous plait. Sans eau, sans glace.
- Ah, je reconnais là un vrai amateur, mon cher. Eh bien nous allons trinquer au Glenlivet 18 ans.

Alphonse remplis généreusement deux verres, et sors un bocal d’olives de différentes sortes, qu’il dispose sur la table basse. Un discret fond sonore se fait entendre. Les lumières se sont ajustées toutes seules. Du moins, Thierry n’a-t-il pas remarqué d’intervention d’Alphonse. Il se sent mal à l’aise… Que lui veut donc le Patron ?
- Alors, Thierry, qu’est ce qui se passe ?
- Mais, Patron …tout va bien, je vous assure !
- Non, Thierry. Je connais les hommes. Votre état de stress transpire par tous les pores de votre peau. Vous n’êtes pas dans votre état normal. Je le sais bien…
A votre santé !
- Santé, Patron !
Bon, c’est vrai… J’ai un petit coup de blues ces jours-ci. Mais ça va passer, je vous assure. Ce n’est rien.
- Non. Ce n’est pas rien. Je le sais. Dites-moi ce qui vous arrive.
- Eh bien, Chef … Je me suis fais plaquer… C’est aussi con que cela, vous savez.
Pas de quoi fouetter un chat. Faut juste que j’encaisse le coup…
- Elle est partie pour un autre ?
- Non… Euh… Oui, en fait… C’est compliqué…
- Explique !

A-t-il fait exprès ? Alphonse est passé au tutoiement. Thierry se sent poussé dans ses derniers retranchements et souhaiterais être à cent lieues de là.
- Vous savez, Boss… Y-a des choses qu’on ne peut pas forcément dire à son patron…
C’est très personnel, tout ça…
- Pas si personnel que ça, mon cher. Je te sens complètement abattu. Ton travail va en souffrir. Tu l’aimais tant que ça ?
- Il s’est… - Thierry s’interrompt brutalement ! Il était sur le point de se couper… Il se reprend en bredouillant :
Il… ne m’arrive rien que de très ordinaire, vous savez. Des centaines de mecs se font plaquer tous les jours…
- Ah, c’est IL ? Et IL s’appelle comment ?

Le sourire d’Alphonse est presque carnassier. Thierry est terrorisé, le Boss a compris !... Un vertige le prend !

Vertige au travail, ou travail de l’angoisse ? Les deux, bien sûr !

En fait Alphonse devait se douter de quelque chose depuis un bon moment pour oser le torturer comme ça. Thierry est coincé ; il se met à rougir comme une pivoine. Tassé sur son siège, il ne sait plus où se mettre… Amant, patron : Tous des salauds !…




Altus beaticus

Thierry craque. Il se met à bredouiller. Des larmes incontrôlées lui coulent sur les joues. Son esprit s’évade vers l’arbre où ils avaient autrefois gravé leurs initiales avec son ex, comme des amoureux de Peynet. Quels cons ils étaient ! Maintenant il voudrait bien s’y pendre, à cet arbre…

Alphonse était loin d’être sûr que son adjoint, ce beau gosse viril et si attentionné auprès des secrétaires, soit gay. Mais il a enfin la confirmation de ce qu’il commençait à pressentir. Il est heureux de savoir qu’il ne s’est pas trompé. Il attrape la bouteille et refait le niveau dans les deux verres. Il replace d’autorité le verre de Thierry dans sa main droite et, lui prenant le visage comme un enfant, l’oblige à le regarder.
- Tchin, mon gars. Tu ne comprends donc pas ?
- Qu’est-ce qu’il faut que je comprenne, Boss ?

Alphonse se lève et passe lentement derrière le canapé. Il a maintenant les deux mains sur les épaules de Thierry et pèse lourdement sur elles. Thierry tourne la tête, complètement perdu… La tête d’Alphonse se penche sur lui. Il lui dénoue la cravate et défait les premiers boutons de la chemise. Ses deux mains écartent le tissu et descendent palper puissamment les pectoraux du beau commercial.
- ÇA !
Voilà ce que je veux que tu comprennes !
T’es peut-être plus tout seul, maintenant…
Je peux t’aider à remonter la pente, si tu veux…
Ses deux mains sont remontées pour attraper le visage de Thierry. Sa tête continue à descendre. Patin ! Thierry est pris d’un grand frisson : Se faire rouler une pelle par son patron ! Par the Big Boss himself ! Il en tremble… Thierry est coincé. Comment le repousser ? D’autant qu’il est parfaitement séduisant, le Alphonse. Est-ce que l’on peut refuser une promotion canapé ? … car il y est déjà, sur le canapé ! C’est trop tard, il n’a plus qu’à ouvrir les cuisses, ou les fesses !…

Les mains d’Alphonse descendent vers ses cuisses, justement. La ceinture saute. La braguette est maintenant entrebâillée. Les mains d’Alphonse s’y glissent pendant qu’il lui bécotte le cou… Thierry frémit de nouveau sous la sensualité des caresses. La chemise est complètement ouverte et sortie du futal. Un beau morceau, en train de raidir, sort aussi du slip !... Il est maintenu fermement entre les deux mains concupiscentes d’Alphonse. Sans lâcher sa proie, le Boss bascule sportivement sur le dossier du canapé, pour se retrouver face à Thierry, à genoux entre ses jambes. Sucette magique !

Thierry n’en croit ni ce qui lui montrent ses yeux, ni les sensations qui lui remontent de sa bite ! Il est en train de se faire tailler une pipe par son Boss ! Mordiou ! Jamais il n’aurait osé en rêver… Alphonse sait s’arrêter avant d’en prendre plein la bouche. Ses lèvres remontent manger et raboter la jeune barbe de début de soirée, puis s’en prennent de nouveau à la langue de son collaborateur. Ils sont face à face. Langue contre langue. L’esprit de Thierry s’embrume. Comment aurait-il pu supposer que son patron soit gay, lui aussi ? Alors il se déchaine enfin à son tour. En trois mouvements, il déshabille le Boss. Ses mains cavalent sur les hanches patronales. Poignées d’amour. Elles portent bien leur nom, celles-là !… Il empaume, il masse, il glisse ensuite sur les fesses bien fermes, puis en dessous…. Oh, mon dieu ! Cet afflux d’adrénaline qui l’enflamme brutalement ! Est-ce de l’adrénaline ou de la testostérone ? Il ne sait pas, mais la décharge hormonale le ravage de désir exacerbé. Putain, ce qu’il aimerait tout d’un coup pouvoir…

- Prend-moi !
Ooouups ! Il n’en croit pas ses oreilles… C’est exactement ce que Thierry, dévoré de sensualité brutale, avait envie de faire ! C’est tout juste s’il n’éjacule pas de joie ! Heureusement, il se retient à temps, pour venir à son tour recueillir du bout de la langue la mouille qui bave du vit directorial, maintenant en grand déploiement. Il va le gâter, son Boss… Fellation royale… Alphonse lui tape sur la tête pour l’arrêter. Ça va trop vite ! Il le fait relever, puis s’allonge de lui-même, le dos sur le canapé sans accoudoirs. Il écarte les jambes et sourit. Thierry sait ce qu’il doit faire !

C’est la première fois qu’il pointe la langue dans un cul présidentiel… Mais c’est un cul comme les autres. Très propre et qui sent bon. Thierry y retrouve l’odeur virile de son ex, cette odeur de mec en rut qui lui enflamme la cervelle et les couilles… Sa bite s’allongerait encore de quelques centimètres s’il pouvait bander plus encore, sous l’intensité de son désir ! Mais non, il est déjà raide au maximum. Il n’a plus qu’à la présenter. Boss a levé les jambes, Thierry les repose doucement sur ses épaules et pousse. Han !

Oooups ! Il est déjà au fond et Alphonse pousse un gémissement de plaisir ! Voilà un fondement qui ne se fait pas visiter pour la première fois... Il l’attire à lui et lui roule à nouveau une pelle magistrale, avant de le laisser bouger.
- Vas-y ! Empale-moi. Fais moi jouir comme jamais, Thierry ! Montre-moi que tu es à la hauteur de mes attentes… Depuis le temps que je flashe sur ta petite gueule d’amour…
Ainsi le Boss le désirait, et ne le lui avait jamais laissé soupçonner ! Pour la première fois, il ose enfin le tutoyer à son tour.
- Pourquoi tu ne m’en as jamais rien laissé deviner ?
- T’étais toujours à bisouter les jeunes stagiaires, les minettes de la compta et les secrétaires, mon pote !
Je n’ai commencé à soupçonner que t’étais homo qu’à certains signes, tout récemment. Alors j’ai commencé à enquêter. Sur ton dossier RH pas de mariage. Pas d’enfant à charge. Pas de compagne sur ta mutuelle… Mais un grand appartement de quatre pièces pour un célibataire, c’est bizarre ! Alors, quand je t’ai vu si abattu, j’ai pensé qu’il était temps d’aller plus loin…
Arrête ! Je vais jouir ! C’est trop bon, ce que tu me fais. Faut faire durer…
- Alors, à ton tour de me prendre, Missié Patron !
Je vais montrer à ta petite chérie quels trésors je cache, au fond de moi !

Quelques bisous à la petite chérie pour la faire redurcir un peu et voilà Thierry prêt à recevoir son nouveau mec. Et ce mec est son PDG ! Un nouveau vertige le prend… La vie a parfois des accélérations et des raccourcis extraordinaires ! Et bien oui ! Il sait la bouger, Alphonse. Et il le fait rapidement monter au paradis :

Bien être en hauteur, ou bonheur suprême ? Les deux, bien sûr…

En hauteur dans cet étage secret, où ils se retrouvent désormais tous les soirs vers 20 heures. Alphonse lui a donné un plip. Thierry est devenu SON homme. Il est devenu LE sien… Leurs assauts sur le canapé débordent de sensualité virile. C’est si bon de baiser entre deux mecs qui savent bouger leur cul et n’ont plus rien à apprendre ! Parfois, Ils ne rentrent même plus chez eux. Après un dîner où ils s’évertuent à ne rien laisser transpirer de leurs nouveaux liens, sur les Champs, à Montpar, ou dans un petit caboulot local, ils remontent dans l’étage fantôme. Alors, la cloison du salon, qui cache un lit vertical, bascule au sol. Il y a aussi une douche dans l’étage secret. Bien sûr, ils la prennent ensemble après l’amour… et avant aussi !

C’est curieux, quelques semaines plus tard le premier adjoint d’Alphonse prenait la responsabilité de la région Asie, à l’autre bout du monde. A Neuilly, Thierry devenait publiquement le nouveau chouchou du patron et le numéro 2 de la boite.


Stuprum balneum

14 heures. Bernard et Albert interviennent pour la mise en place d’un nouveau contrat d’Ascinctorix. Vérifications réglementaires dans les ascenseurs d’un bel immeuble de bureau de Neuilly. C’est une nouvelle prestation pour Ascinctorix et c’est la première fois que Bernard intervient dans cet immeuble. Il s’agit de faire bon effet. Après discussion avec le responsable des services généraux, les deux hommes se mettent à pied d’œuvre. Mise en place de l’affichage concernant l’intervention ; Réflexions sur les actions à entreprendre pour pouvoir graisser et vérifier le bon fonctionnement de la machinerie.

Justement, il faut pouvoir y accéder à cette machinerie, qui comme souvent se trouve tout en haut de l’immeuble. Mais le dernier étage ne semble pas communiquer avec la terrasse de toiture. Au neuvième et dernier étage, l’ascenseur ne livre accès qu’aux bureaux des services de Direction. C’est bizarre se dit Bernard. Mais il n’est plus possible d’interroger les Moyens Généraux, qui sont entrés dans leur réunion de service hebdomadaire. Il devra se débrouiller tout seul. Bah, il va bien trouver. Il a l’habitude.

Il démonte le boitier de commande de l’ascenseur ; cela fait partie de ses vérifications électriques : Les circuits et l’emplacement des connecteurs confirment qu’il y a bien un dixième étage avant la terrasse. Avec Albert, Bernard reste perplexe. Ils sont munis de leur lourde caisse à outil et doivent absolument accéder en toiture. Ils cherchent à comprendre. Avec un tournevis, l’ancien fait contact sur ce dixième interrupteur imprévu. A sa surprise, la cabine remonte bien d’un étage, et la porte accordéon s’ouvre sur un sas, fermé de l’autre coté par une porte palière. Ainsi donc, il n’y a pas de bouton, pas de clef apparente pour monter ici. En regardant mieux, le contact livrant accès à ce dixième étage est raccordé à un système radio-RFID. Il s’agit donc d’un étage strictement privatif, par lequel on n’accède qu’avec un plip. La curiosité de Bernard est encore attisée par la présence dans ce sas d’une échelle à crinoline escamotable, qui livre accès à une trappe du plafond. La voilà, la terrasse, pense-t-il : Gagné ! Ils peuvent enfin accéder à la machinerie et faire leur travail, ce qui les occupe un long moment. Pour finir, en fin d’après-midi, Bernard débraye la cabine de sa motorisation, afin d’ajuster au centimètre près la hauteur d’arrêt en palier. Il préfère d’autant mieux le faire ici, sur ce dixième étage fantôme, que personne n’est là pour le déranger. Si l’ajustement est bon ici, ce sera bon pour tous les étages.

Dans son dos, Albert n’a temporairement plus rien à faire. Travaillé par une curiosité certaine, il tente d’ouvrir la porte palière du sas pour voir ce que cache cet étage secret. La porte d’entrée n’est pas fermée à clef. Il la pousse sans bruit et jette un œil. Ce qu’il découvre le stupéfie : Dans un salon, deux mecs à poil sont en position de 69 sur un canapé ; ils se sucent mutuellement avec ardeur et volupté !

Waaahou ! Brutal tressaillement dans son slip ! Il fait alors discrètement signe à Bernard de venir mater aussi par cette porte entrebâillée. Nos deux compères restent scotchés devant le spectacle érotique. Ils commencent tous deux à se masser l’entrejambe, savourant leur irrépressible début de bandaison. Pendant un long moment, ils matent les deux gars en exploration du Kâma-Sûtra gay, et leurs lèvres se joignent ; ils sont fort travaillés par le désir d’en faire autant.

Derrière eux, la cabine temporairement débrayée de ses poulies d’entraînement est alourdie par la caisse à outils des deux contrôleurs. Rien ni personne ne la maintient plus en place. Alors, déséquilibrée, elle commence à bouger lentement. Puis le mouvement s’accélère. Elle disparaît, enfin, de plus en plus vite vers le RDC. Or le limiteur de vitesse et le parachute de sécurité sont également débrayés. La cabine, dans sa chute folle, vient rebondir brutalement sur les ressorts tampons de sécurité, au Rez-de-chaussée, dans un bruit fracassant. Les deux compères, eux, sont piégés dans leur cagibi, entre la trémie béante et le spectacle porno !

Au bruit de la chute, les deux mecs à poil se redressent apeurés et se précipitent vers le sas pour comprendre l’origine du vacarme. Bernard et Albert n’ont pas le temps de refermer la porte ni de rentrer leurs sexes en ébullition. Alphonse et Thierry, complètement nus, flamberge en avant, tombent nez à nez sur les deux contrôleurs qui ont, eux, encore la main sur leur pine à l’air !... Stupeur !

Albert et Bernard se lancent dans des explications très empruntées. S’ils peuvent parfaitement justifier de leur présence à cet étage - et ils ne s’en privent pas - ils n’ont rien à présenter pour leur défense, en ce qui concerne leur posture érotique et leur bandaison inconvenante. Ils mataient une incroyable scène de cul, en se pognant joyeusement ; un point c’est tout ! Mais de leur côté Alphonse et Thierry peuvent-ils justifier leur totale nudité et leur activité érotique en ces lieux ? Peuvent-ils laisser s’ébruiter que le Boss et le Dir-Com sont des pédales ? Bien sûr que non ! Alors il est inutile qu’Alphonse se laisse emporter par la colère noire qui l’assaille, et qu’il essaie de réprimer à grand peine. Par ailleurs, il n’échappe à aucun des quatre protagonistes de cette scène surréaliste que la situation est absurdement comique : Alors qu’aucun d’eux ne le devraient, les quatre mecs se retrouvent face à face avec la pine en bataille, dont deux sont complètements nus !…. Que faire pour sortir de cette situation affreusement compromettante pour tous ? Il n’y a plus que l’humour et le rire… Alphonse se lance :
- Alors, ça vous inspire, ce que qu’on était en train de faire, on dirait ?
Sourires gênés.
Bernard saisit la perche :
- Ben… messieurs… de ce qu’on en a vu, pour le casting du film porno gay, c’est parfait. Les studios Porn-Stars vous félicitent ! Manquait plus que la caméra…
Faut dire qu’on n’a pas souvent l’occasion d’assister à ce genre de scène dans des bureaux !
Bon… Et bien… nous, on vous laisse à vos activités de pompage…
On va essayer de récupérer notre cabine d’ascenseur. Pas vrai, Albert ?
Continuez !... Nous n’avons rien vus, bien sûr ! Amusez-vous bien, messieurs…

Bernard a débandé sous la contrariété de s’être fait surprendre. Il tente de se la rentrer nonchalamment sous le bleu de travail, accompagnant sa précédente diatribe d’un sourire gourmand. Mais Albert, que la vue des deux beaux quadras à poil continue d’exciter, bande toujours comme un âne, même s’il tente de se cacher derrière sa main. Sa combinaison, grande ouverte du haut en bas, exhibe un torse d’athlète parfait, au dessus d’une bite d’anthologie. La ferrure du zip est loin en dessous de son entre-jambe, ce qui l’empêche de cacher son zob comme il cherche à le faire. D’ailleurs, l’objet lui échappe des mains lorsqu’il tente d’attraper la boucle du zip et son braquemard en émoi pointe de nouveau en majesté vers les deux kâma-Sutristes nus et fascinés…
- Et tu vas la récupérer comment, ta cabine d’ascenseur ? Avec ta cane à pêche, mon bonhomme ?
L’incongruité de la question et le ton arrogant d’Alphonse glacent Albert, qui se met à bafouiller. Même à poil, Alphonse reste le patron et le montre.
- Non… non… excusez-moi, Monsieur… Mais vous êtes si…
- Si quoi ?
- Vous… vous êtes …si drôle, à poil, excusez-moi, et si craquant avec votre beau braquemard… que… j’suis désolé, Monsieur, …mais j’arrive pas à débander !...
Rentrez dans votre salon, Monsieur. On ne vous dérangera plus. C’est promis.

Alphonse continue à incendier des yeux le malheureux qui essaie en vain de se replier le zob, en bataillant contre la fermeture éclair restée coincée dans ses poils de couilles. Si Albert est rouge de honte, ses yeux brillent encore de lubricité en dépit de ses efforts désespérés. Son vis-à-vis s’est rapproché et lui attrape la bite à pleine main, avant qu’il n’ait réussi à se décoincer le zip.
- Tu ne vois pas que tu t’es coincé la fermeture éclair, mon gars ? Fais gaffe, tu vas te faire mal, là !
Mazette ! Beau morceau. T’as vu ça, Thierry ?
J’crois qu’on est battu, mon ami !

Albert bande plus que jamais, alors que l’inconnu le tire par le zob vers la lumière. La main est douce, mais très ferme. Le dénommé Thierry, vexé, s’approche et se penche pour voir, puis fait la moue.
- Peut-être, Patron. Mais je suis sûr qu’il ne sait pas s’en servir comme moi !
C’est sûrement un p’tit joueur…
L’expression outrée d’Albert les fait rire tous les trois.
- P’tit joueur ? Moi ? J’peux vous montrer ce que je sais en faire… messieurs !
-  ? ? ?

Alphonse reprend l’initiative.
- Et bien, peut-être en effet, pourrais-tu nous montrer, mon ami ? Entrez, les gars, et fermez moi cette porte ! De toute façon, sans l’ascenseur, vous ne pourrez redescendre d’ici que par la crinoline des chiottes, qui aboutit dans ceux de mon bureau, à l’étage en dessous.

Voila nos quatre compères autour de la table basse. Les combinaisons s’ouvrent à nouveau et tombent au sol. Maintenant, ils sont tous nus. Reprise des hostilités sur quatre pièces anatomiques turgescentes. Quatre beaux morceaux puissamment érigés, oui, vraiment ! Le canapé est désormais utilisé sur toute sa surface.
- Thierry, descend le paddock, si tu veux bien.

Effectivement, s’ébattre à quatre sur un lit à plat est infiniment plus lubrique et pratique que sur un canapé de cuir, si confortable soit-il… Ouhouhou ! Cela se met à gémir, à ahaner sur le lit ! Bruits de succion. Ploc ! Plic ! Ce ne sont pas des bouteilles qu’on débouche. Pas encore ! La température de l’étage fantôme s’élève. Du moins la température interne de ceux qui s’adonnent à cette gymnastique si particulière, qui implique fortement les muscles des cuisses et des fessiers.

Douche de stupre ? Ou, baignade dans le désir ? Les deux, bien sûr…

Nirvanum elevatorum

Au rez-de-chaussée, on croit à un accident. Marin, responsable des services généraux interrompt sa réunion de service. On recherche les ouvriers d’Ascinctorix partout. On ne les voit nulle part, donc on les suppose écrasés sous la cabine. Avec son équipe et des morceaux de madriers, Marin arrive à la relever un peu et à la bloquer. Suffisamment pour inspecter dessous. Personne sous la cabine qui, au passage, semble foutue : Les ressorts butoirs ont à moitié défoncé le plancher ! Peut-être les deux intervenants sont-ils en local des machines, tout en haut ? Il lui revient à l’esprit que ce matin, il ne leur avait pas indiqué le moyen d’accéder en terrasse. Quelle connerie ont-ils bien pu faire, ces deux nouveaux venus ?

Inspection à la lampe, tout au long des trappes de visite en gaine : Aucune trace des vérificateurs ! Personne au dernier étage officiel ! Marin est inquiet. Il lui faut accéder à la terrasse sommitale où se trouve la machinerie. Mais il sait que c’est « Touchy », comme dit le Patron en anglais. Attention, endroit sensible ! Marin sait qu’il est le seul à connaître le moyen d’accès à l’étage fantôme en dehors de l’ascenseur : Par l’échelle à crinoline des WC privés, attenants au bureau du Big Boss. Il frappe à la porte du PDG. Pas de réponse, mais sa porte n’est pas close. Ouf, Marin va pouvoir y grimper. Avec appréhension, il traverse le bureau du Boss. En grimpant sur la cuvette des WC, il attrape et abaisse la crinoline rétractable. Il ouvre la trappe découpée au plafond, puis fait son rétablissement en sortant précautionneusement pour ne pas tomber. Il se trouve aux pieds du WC de l’étage secret, dont il referme la trappe. Il écoute. Derrière la porte il perçoit de faibles bruits, qu’il n’arrive pas à identifier. Il la pousse délicatement.

Stupeur !... Quatre mecs dont le PDG sont en train de s’enculer frénétiquement sous ses yeux, sur un lit rabattable, dans un petit salon cosy qu’il découvre pour la première fois !... Les regards des quatre hommes interrompus dans leur baise se tournent vers lui avec une soudaine anxiété. D’où sort ce témoin fort malvenu de leurs pratiques non-conformistes ? Alphonse reconnaît immédiatement son responsable des Services Généraux.
- Marin ! Mais qu’est-ce que vous foutez-là ? Vous savez bien que je vous ai interdit de pénétrer ici ?
- Patron… Mais …je… je m’inquiétais pour les gars d’Ascinctorix ! La cabine est accidentée ; je les cherche partout…
Mais, Patron… Vous-mêmes… il me semble que… heuhh !…

Les joues de Marin ont viré au pourpre depuis son entrée. La stupéfaction le cloue sur place. Il s’embrouille et n’ose plus dire un mot, devant la vue de son patron …le PDG de la boite, complètement nu, en train d’enfiler son directeur commercial !…

Alphonse reprend doucement son mouvement de baise comme si de rien n’était. Après quelques secondes de réflexion, il lui assène enfin d’un ton péremptoire :
- Mon cher Marin, je ne sais pas si vous en avez conscience, mais vous venez de faire une très grosse connerie ! Cet endroit devient décidément le dernier lieu de rendez-vous à la mode et cela ne peut plus durer… Je n’ai pas besoin de témoins pour baiser !
Alors soit vous restez avec nous, et vous fermez votre gueule à jamais, soit vous êtes virés sur le champ pour faute grave !
Motif : Ne surveille pas ses prestataires en situation de danger grave et imminent.
-  ? ? ? … ! ! !

Marin cherche la parade… Il choisit l’humour.
- Si je comprends bien …Patron… Soit vous ouvrez ma porte pour me la mettre, soit vous me mettez à la porte ? C’est bien ça ?
? ? ? …Rires…
- Mais monsieur Alphonse, je ne vous ai jamais vu aussi sexy. C’est qu’elle m’intéresse bien aussi, votre petite porte à vous… je me verrais bien l’ouvrir également, si monsieur Thierry est d’accord, bien sûr !
Nouveaux rires …gênés, mais rires quand même.
Marin se justifie :
- Vous savez, Patron, quand un homme de quarante cinq ans reste célibataire, en général cela cache quelque chose. Or je suis célibataire, le saviez-vous ? Vous n’avez pas une petite idée du pourquoi ?
- Eh bien, dans ce cas mon ami, montre-nous donc ce que ça cache ! Ne serait-ce pas cette « chose », que je vois gonfler sous ta braguette ? Entre, et ferme la porte.
A propos de « chose » : Ici, après la première intrusion de tes deux amis, il y a dix minutes, on vient de constater qui d’entre-nous a la plus grosse. C’est Albert, ici présent.
- Patron, ma braguette en cache effectivement une bien grosse aussi ! Et elle frétille quand elle voit de beaux pectoraux comme les vôtres, à tous les quatre… Alors, si monsieur Albert veut bien déculer, on va pouvoir comparer …peut-être ?
Rires !

Albert est trop à l’aise dans le fondement de Bernard pour avoir envie de déculer. Mais il s’intéresse immédiatement à la « chose » de Marin, qui ne se cache plus, et qui a tôt fait de prendre une forme horizontale très intéressante pour nos quatre compères. Alors, Bernard et Albert s’interrompent tout de même et entreprennent de désaper l’arrivant. Ce dernier s’avance maintenant, nu, précédé d’un outil parfaitement digne d’un chef des services généraux. Que voilà une autre belle clef anglaise ! Au jeu stupide de la plus belle, il est difficile de dire qui gagne. A genoux devant elle, les deux ascensoristes lui rendent rapidement l’hommage buccal alterné qui convient. Alphonse n’a pas déculé. D’un geste de la main, il fait stopper l’action des deux pipeurs et demande à Marin de s’avancer à côté de lui. Sans cesser son pistonnage, il commence à le branler au même rythme….
- Non, je n’avais jamais remarqué que tu étais célibataire, Marin. –Sourires entendus.
Mais je remarque maintenant que tu ne t’occupes pas seulement de changer les néons du plafond, et que tu les allumes aussi ! Allez, allumes moi avec ton beau tube néon !

Alphonse stoppe tout mouvement en bloquant son amant, puis invite Marin à franchir sa « porte ». Marin ne se le fait pas dire deux fois. Sa clef était bien mouillée par la salive des deux techniciens. Voici maintenant nos trois compères embrochés l’un dans l’autre. Seul Alphonse continue à bouger. C’est lui le maître du jeu. C’est lui le patron… C’est chaud !

Ah, Marin les a trouvés, ses ascensoristes… Oh qu’il est content de les avoir enfin trouvés ! A côté d’eux, ils s’activent à nouveau en levrette, chacun ahanant et grimaçant de conserve.
- On change !
L’ordre d’Alphonse a claqué. Il veut tous les inspecter, tous les vérifier… S’il connaît parfaitement l’anatomie intime de Thierry, maintenant, c’est lui le contrôleur ! Sur la table basse, une boite cartonnée pleine de présos est largement ouverte. Chacun y puise librement. Les latex usagés claquent en quittant les glands chauffés à blanc, avant d’être remplacés. A côté, une belle jarre de céramique les recueille… Dans un autre petit flacon, il y a du popper… La soirée n’est pas finie !
- Thierry, sort le champagne. Tu sais où sont les verres.

Maintenant, Marin n’a plus besoin d’explication sur l’usage de l’étage fantôme. Il sait qu’il la grimpera souvent, la crinoline des chiottes. À moins qu’Alphonse ne lui confie aussi un plip pour l’ascenseur, comme à Thierry ? C’est l’étage du Nirvana.

Élévation au Nirvana ou Nirvana céleste ? Les deux, bien sûr !

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