Felix ascensoris (3/4) de AbiGaël
vendredi 12 mars 2010, 20:03 - AbiGaël - Lien permanent
Bonheur dans l’ascenseur ou ascension vers le bonheur ?
(3) - Doleo paradisio
Bizarre, bizarre ! Le patron n’est plus aussi présent qu’avant. Il disparaît pendant des heures sans que personne ne sache où il est. Il n’est alors plus joignable, ni sur son organiseur portable, ni sur son téléphone mobile. Même Marielle, sa secrétaire ne sait pas où il se trouve, alors que personne ne l’a pourtant vu sortir de l’immeuble, ni par la porte d’entrée, ni par les parkings en sous sol. Elle n’arrive plus à le joindre. Mais qui donc oserait s’aventurer à lui en faire la remarque ? Il est si irascible depuis quelques temps et tellement imprévisible dans ses coups de gueule… Pendant ses absences, au moins, il n’emmerde personne !
Un jour, Marielle entre dans son bureau pour lui apporter le parapheur. Il y a plusieurs documents urgents à signer. Mais monsieur Alphonse n’y prête aucune attention. Il est vautré les deux coudes sur son bureau, et la tête pressée entre les deux mains, comme assailli par une violente douleur.
- Qu’est-ce qui se passe, Monsieur Alphonse ? Vous n’avez pas l’air d’aller bien ?
Le Boss ne répond pas. Il a les yeux mi-clos, et se masse les tempes en grimaçant. La secrétaire répète sa question.
- Marielle, auriez-vous l’obligeance de m’apporter une aspirine, s’il vous plait ? J’ai une migraine épouvantable.
Ça se voit. La secrétaire se précipite vers sa réserve personnelle et prépare le sachet dans un verre d’eau. Alphonse attrape le verre et l’avale d’un trait. Sa nouvelle grimace n’est due qu’à la douleur intense qu’il ressent, du simple fait d’avoir bougé la tête. La secrétaire s’inquiète vraiment.
- Ne vous inquiétez pas, Marielle. Ça va passer. Ça m’arrive de plus en plus souvent, hélas… Je ne sais pas ce que j’ai.
- Vous devriez voir un médecin, monsieur Alphonse. Voulez-vous que j’appelle SOS Médecin ?
Alphonse ne répond pas. Il ne bouge pas, cloué par la douleur. Marielle continue de l’observer pendant de longues minutes et n’ose quitter le bureau. Son état empire brusquement. Il se tord de souffrance et tout d’un coup sort la langue, incapable de respirer. Il s’affale, à plat ventre sur son bureau et convulse la tête, penchée de l’autre côté vers le sol, en se tenant la gorge. Il bave comme un chien enrabiqué et semble souffrir gravement. Il fait des efforts terribles pour déglutir sans pouvoir y arriver. Il est à la limite de l’asphyxie. Paniquée, Marielle appelle le Responsable des Moyens Généraux, Monsieur Marin.
Marin n’a pas fini de pénétrer dans la pièce qu’il s’affole immédiatement devant l’état du Boss. Alphonse ! Alphonse ! Qu’est-ce qui t’arrive ? Marielle note mentalement cet inhabituel tutoiement des deux cadres supérieurs, mais l’urgence est à lui porter secours. Marin est déjà en train de composer le 15. Appel du SAMU. Ils seront là dans dix minutes.
Alphonse refuse le verre d’eau qu’on lui tend et ne veux surtout pas relever la tête. Il est cramoisi et ne semble respirer qu’avec les plus grandes difficultés. Il est toujours incapable de déglutir, et se maintient tête en bas pour évacuer sa salive, qui bave sur le tapis. Au bout d’un long moment, il essaie quand même de quitter la table pour aller s’asseoir sur son fauteuil ; mais sa jambe droite ne le porte plus. Il se vautre par terre en hurlant. Panique à l’étage directorial ! Tout le monde veut voir, savoir, ajouter son grain de sel. Un Secouriste Sauveteur du Travail arrivé du troisième étage prend enfin les choses en main. Il allonge le patron au sol, en position latérale de sécurité, et fait sortir tout le monde, à l’exception de Marielle. Il pressent un accident vasculaire cérébral et se précipite au rez-de-chaussée pour accueillir les secours. Les voilà. Explications rapides. L’un des deux hommes en rouge retourne au camion chercher la bouteille d’oxygène, puis ils s’engouffrent dans l’ascenseur avec leur civière. On y étend Alphonse par-dessus, puis rapidement on lui plaque un masque à oxygène. Les hommes du SAMU confirment la probabilité de l’AVC. Il faut faire vite. Pin-Pon, Pin-Pon, Pin-Pon… la fourgonnette se faufile entre les embouteillages, jusqu’à l’hôpital le plus proche.
Formalités d’accueil minimales. La secrétaire est là pour y pourvoir. Elle sait qu’il est inutile d’appeler la femme d’Alphonse. Le couple est divorcé depuis longtemps et elle ne lui connaît pas de famille. Elle remplit les premiers documents, puis accompagne son patron en chambre d’observation. Plusieurs blouses blanches sont maintenant autour du Boss. Marielle n’est plus utile et revient au boulot, comme hébétée, après avoir hélé un taxi.
L’immeuble est en ébullition ! Pensez-donc, le Boss emporté à l’hôpital quasiment les pieds devant ! Et monsieur Thierry, qui est absent, en Suisse pour un bon moment. Une signature de contrat… soi disant. Ça ne dure pas un mois ! C’est quoi, cette histoire ? Marin se charge de l’appeler pour le prévenir. Il n’a pas voulu que Marielle assiste à la conversation. Bizarre, bizarre.
Doppler. Scanner. IRM… Toute la panoplie de l’imagerie médicale dernier cri est mise en batterie. Les neurologues de l’hôpital sont sceptiques et ne voient pas grand chose. La mise sous oxygène immédiate des secouristes à largement ressuscité le Boss, qui se porte beaucoup mieux, mais cela masque les plus éclatants symptômes. Cependant, l’AVC est confirmé. Une migraine incessante obsède Alphonse et ne le quitte plus. Surtout, il est incapable de tenir debout. Il n’a plus aucun sens de l’équilibre et s’effondre immédiatement. Haute surveillance pendant huit jours. Nourriture liquide uniquement.
Beurk ! Alphonse tempête comme un perdu pour avoir des repas normaux… mais ici, ce n’est pas lui le Boss ! Il est vrai qu’il n’a retrouvé qu’avec peine la déglutition et serait bien incapable d’avaler un bout de steak, même coupé fin. Alors il souffre en silence, le regard fixé au plafond. Pas bouger la tête ! Trop mal ! Et s’il se la tapait contre les murs ? Au moins ça lui ferait moins mal en s’arrêtant !... Mais il ne peut même plus se lever tout seul pour aller pisser… Il en pleure de honte, de gène et de dépit. Et cette douleur !… Cette nuit, le toubib n’est plus là. L’infirmière ne peut même plus lui donner de sédatif. Alphonse voudrait mourir…
C’est fini. Ils ont enfin trouvé l’origine de l’AVC. L’IRM a fini par confirmer que l’une de ses artères vertébrales était obstruée. Rien à faire d’autre que d’attendre. Attendre que de petites artérioles prennent le relais, si elles veulent bien. Aucune intervention chirurgicale possible. Bien trop risqué ! Aspirine et repos. Ambroise Paré, avec ses décoctions de saule du XVI° siècle n’est pas mort ! On libère Alphonse de l’hôpital, mais avec obligation d’aller au vert. Il se souvient qu’il possède une villa sur les bords du lac de Genève. Il y a plusieurs années qu’il n’y a pas mis les pieds ; depuis qu’il s’est séparé de sa femme, en fait. Il fait prévenir de son arrivée future la société d’entretien qui en assure la maintenance. On prépare la chambre. Il est prévu qu’Alphonse y passe au moins un mois ou deux.
Un VSL emporte le Patron jusqu’à Genève. C’est Marin qui l’accompagne. Marielle s’était portée volontaire, mais, du doigt, Alphonse à tranché : Ce sera Marin. Pas de discussions. La secrétaire est furieuse. Elle commence à se demander quel secret entoure la vie de son Boss, secret qui semble partagé par d’autres chefs de services. Pourtant, quel mal ne se donne-t-elle pas pour attirer son attention ! L’a-t-il seulement jamais regardée avec les yeux qui pétillent ? Non ! Elle en trépigne de dépit. Et qui va le remplacer pendant sa convalescence ? Monsieur Marin n’a rien dit. Vivement que monsieur Thierry, le nouveau directeur adjoint, rentre de Suisse et reprenne les choses en mains. Quoique, lui aussi… Son attitude n’est pas blanc-bleu… Marielle reste songeuse.
Marin a installé son Boss dans la villa, mais il ne peut guère s’attarder auprès de lui. Il lui a trouvé une femme de service pour assurer toute l’intendance quotidienne et, par une agence spécialisée, lui a trouvé un jeune aide de vie masculin pour l’aider dans ses tâches plus intimes. Bien sûr, il s’est assuré de son estampille « arc-en-ciel » et de son absolue discrétion. Marin et Thierry pourront venir les visiter en toute tranquillité.
Quelques jours plus tard, Alphonse tente de remarcher un peu. C’est « Penche à droite » ! Il doit absolument s’équilibrer avec une canne et ses déplacements sont extrêmement limités. Aujourd’hui, c’est soleil dehors et soleil dans son cœur. Thierry le soutient fermement à sa droite, et l’aide à faire quelques pas sur les bords du Léman. Le Numéro Deux a lâché un peu la boite suisse que la compagnie leur a demandé de racheter à Schwitz, et auprès de laquelle il s’investit d’arrache-pied depuis plusieurs semaines. Il est presque venu en voisin ; la Suisse n’est pas bien grande.
De retour dans sa chambre, Alphonse se déshabille, renfile un bas de pyjama, et se recouche sur son lit. Il est presque exténué. Il a donné congé à son aide de vie, tant que Thierry est là. Il attire son homme sur sa poitrine et lui roule un patin. Puis, timidement, avec l’attitude du gamin qui avoue un gros péché, il lui glisse à l’oreille :
- Tu sais… J’peux plus ! C’est la cata !
J’arrive même plus à me branler… J’arrive plus à bander. Ça reste mou et ça vient plus ! J’en pleurerais…
- Je m’en doutais, mon lapin. T’affoles pas. Ça peut revenir. Ça doit revenir, même. On t’aidera.
- Comment ?
- Comme ça !
Thierry soulève le drap et lui enlève complètement le pyjama. La contemplation de la plastique d’Alphonse, qui n’a rien perdu de sa séduction, lui arrache un sourire.
- T’as encore des arguments à faire valoir, sur le marché de la baise, tu sais ?
Et je pense que mes caresses continueront à te faire frissonner, mon minou.
Effectivement, la cavalcade de doigts sur les pecs et les pincements de tétons sont toujours efficaces. Boss frétille et frotte sa barbe non rasée sur le menton de Thierry, en le regardant avec des yeux allumés. Mais les guilis-guilis dans les plis de l’aine produisent moins de résultats. Alphonse à gravement perdu de la sensibilité…
- Tu sens quand je te la touche, quand même ?
Thierry s’amuse à titiller puis à tirer sur la virilité directoriale, qui reste totalement flaccide. Alphonse n’ose pas répondre que, justement, il ne sent plus grand-chose… Alors : Schplouuurp ! Thierry s’en empare avidement, prêt à lui administrer sa plus belle fellation.
La belle endormie se réveille un peu dans sa bouche. Pour Alphonse, c’est bon quand même… ça lui rappelle mentalement tellement de bonnes sensations oubliées !… Dommage qu’il ne sente plus grand-chose. Même si son gland reste quasiment insensible, la charge érotique et sentimentale de cette scène très chaude lui ravive un peu la bandoche. Ça se met à gonfler lentement dans la bouche de Thierry, qui peut enfin la sucer sans être obligé de la maintenir droite avec ses doigts.
- Et bien, tu vois, si on t’aide, elle peut se réveiller, ta petite chérie ! Je crois bien qu’elle aime beaucoup ce que je lui fais.
- Je ne sais pas si elle aime, elle ne me le dit plus ! Hélas…
Mais moi, j’aime aussi beaucoup te la sucer, tu te rappelles ?
Donnes-la moi, sans trop me secouer la tête, mon lapin.
Thierry se déssape rapidement, puis vient encadrer la tête du Boss de ses deux cuisses viriles qui saillent de tous leurs muscles. Les mains d’Alphonse s’en régalent. Elles attrapent le bout de du chibre majestueux et il s’amuse à le faire rebondir sur son nez. A califourchon, Thierry continue de l’aguicher pendant un moment, alors que l’infirme tente de lui attraper le sabre avec la bouche. Le plus jeune essuie consciencieusement son vit qui commence à pleurer sur les joues et la moustache naissante du patron ; il étale sa bave d’escargot en riant. Alphonse proteste :
- Salaud ! Tu m’obliges à secouer la tête, mon con ! T’es pas sympa ! Merde !
Arrête, tu me fait mal !
- Tu sais que t’es beaucoup plus raide, maintenant ?
En riant, Thierry s’est remis en position de 69 au dessus de lui et le laisse attraper sa sucette. C’est lui qui bouge, puisqu’Alphonse ne le peut guère. Il synchronise ses mouvements avec sa propre pipe et continue à jouer avec les couilles de son mec. Les belles boules roulent sous ses mains câlines. Elles semblent encore bien vivantes… Coups de langue. Le braquemard de l’invalide est tendu, maintenant. Ses veines palpitent. Alphonse commence à onduler aussi du cul. S’en rend-il compte ? Tout d’un coup, la bouche de Thierry est inondée. Alphonse a réussi à jouir… sauf qu’il n’a rien senti et qu’il s’en est à peine rendu compte ! Thierry se retourne doucement pour venir lui recracher sa sève dans un guilleret bisou baveux. Alphonse se sent terriblement frustré, mais il est fier d’avoir pu enfin éjaculer. Jouissance sans plaisir, anhédonique, comme disent les sexologues ; mais c’est une éjac quand même ! Alors excité par la bonne nouvelle, il réclame à nouveau la longue sucette du beau Thierry.
- Viens que je te finisse. T’as pas joui, toi !
Thierry se remet à cheval sur le torse du PDG et revient promener sa sensualité à vif sur les lèvres contrites du frustré. Frustré, certes, mais toujours habile de la langue. Ooouaaarouughh ! Au moment de venir, la tête grimaçante de Thierry bascule en arrière pendant qu’il se recule un peu. Une belle salve de jets crémeux récompense leurs efforts et vient finir sa course sur le menton et le cou de l’invalide.
- Tu vois, Alphonse, c’est comme ça qu’on pourra t’aider ! T’as quand même produit ta ration d’hormones, mon bichon.
Douleur au paradis ? Ou Paradis dans la douleur ? Les deux, peut-être…
Les deux hommes finissent amoureusement blottis l’un contre l’autre.
- Que tu sois impuissant ou pas, je suis toujours aussi bien dans tes bras, Fonçounet. Tu m’as manqué tu sais ?
Mais demain, faut que je te lâche un peu. Faut que j’aille voir à Neuilly ce qui s’y passe.
Au fait, il est comment, ton aide de vie ?
- Eh ben… Il m’aide.
- Je veux dire, il est mignon ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Eh bien, Marin l’a choisi exprès pour qu’il le soit, Fonçounet. Lui aussi, il devrait pouvoir t’aider !
- Ah bon ? Tu crois ?...
- Oui, oui. Il l’a bien longue. Marin a vérifié le matériel. Et il prétend savoir s’en servir. Demande-le-lui.
Ça n’a duré qu’une fraction de seconde. Mais une étoile est passée dans le regard d’Alphonse. Thierry s’en amuse.
- Tu me raconteras ?
Les bras d’Alphonse se referment sur la poitrine de Thierry et le serrent très fort.
- T’es bête !...
Vous êtes trop chou avec moi, tous les deux. Oui, je te raconterais …si…
Dementia felicita
Effectivement, Éric, l’aide de vie, est très chou, lui aussi. A bien le regarder, c’est vrai qu’il est mignon ; Alphonse se reproche de ne pas l’avoir véritablement observé plus tôt. Marin a vraiment bon goût. Comme tous les soirs, Éric l’a aidé à s’installer à table et lui a servi le repas préparé par la femme de service. Il est prévenant et attentionné ; il a préparé l’aspirine et les autres médocs.
- Bon. Et bien maintenant, je vais me recoucher. Si tu veux bien m’aider à monter.
Il faut absolument que je fasse installer un monte-escalier. Rappelle le moi quand Marin sera là, s’il-te-plait.
Éric lui donne le bras pour se maintenir droit et le soulève plus qu’il ne l’aide, pour monter l’escalier. Il l’étaye pour gagner sa chambre, lui évitant ainsi la canne dont Alphonse à horreur de se servir. Il a glissé l’avant-veille avec elle sur le parquet et s’est fait très mal. Ce soir, Éric fait la toilette d’Alphonse. Préalablement, il l’a aidé à aller aux WC. Service très professionnel. Il s’exprime avec un accent suisse à couper au couteau, qui amuse beaucoup le Boss.
Alphonse se dévêt sans aucune gêne devant le garçon, qui a l’habitude, et qui est payé pour ça. Il fait chaud. Il s’étend sur le lit sans se recouvrir du drap. Au moment où le jeune homme s’apprête à le quitter, il le retient d’une main hésitante.
- Dis moi, Éric… il paraît que toi aussi tu aimes… - Un reste de pudeur l’empêche de finir sa phrase. Mais le garçon a compris.
- Oui, monsieur Alphonse. Je suis gay, si c’est ça que vous voulez savoir.
Les deux hommes s’affrontent du regard un instant.
- Monsieur Marin m’a dit que vous pourriez avoir un jour besoin de services spéciaux.
Je suis à votre disposition, monsieur.
La voix est parfaitement professionnelle, comme s’il offrait un banal service de bureau. Alphonse est bluffé. C’est lui qui rougit, honteux d’avoir pensé que… Mais Éric enfonce le clou :
- Dès que monsieur se sentira mieux, je serais heureux de vous aider pour ça aussi, si vous le souhaitez. Mais je ne suis pas sûr que vous soyez déjà en état de pouvoir à nouveau…
Éric s’est saisi sans vergogne de la verge d’Alphonse, qui reste sans réaction. Ses manipulations et sa tentative de la décalotter ne sont guère couronnées de succès. L’objet reste aussi mou qu’un morceau de guimauve.
- Vous voyez, monsieur, il semble que l’influx nerveux n’alimente plus beaucoup votre joujou, en ce moment. Je suis désolé pour vous !
- De ce côté-là, oui mon ami, ça ne fait aucun doute. Mais de l’autre ?... Qui sait ?
L’invitation est sans équivoque ; le regard d’Alphonse est très allumé. Éric a parfaitement bien compris. Il se déshabille en trois mouvements et s’approche à toucher le lit, en se laissant observer par l’adulte. Le garçon est très beau. Alphonse est bien content de le voir nu ; il se régale du spectacle de ses abdominaux, qui ne sont pas bidon du tout, et qu’il commence à palper avec gourmandise de ses mains malhabiles. Puis il le fait monter d’un geste sur le lit.
Éric s’approche à genoux entre les jambes de son maître et les lui replie pour accéder à l’antre magique. Problème de hauteur. Surtout, ne pas violenter le malade. Il se saisit d’un oreiller et lui glisse sous les fesses. C’est mieux. Il disparaît un moment de la chambre et revient avec un tube de gel. Il peut commencer son travail préparatoire. Un doigt. Alphonse frétille. Deux doigts. Alphonse gémit. Trois doigts. Alphonse se met à chuinter : Aaaahh par là, je sens bien ! Ainsi encouragé, Éric y va de bon cœur et le Boss continue à couiner de satisfaction.
De son côté, le jeune homme prépare sa bandaison en s’astiquant vigoureusement. Son outil est, là aussi, parfaitement professionnel ! A mouler dans le plastique pour en faire un super godemiché, se dit Alphonse !... Le voilà luisant de gel ; il ne devrait lui faire aucun mal, à l’ancien.
- Vas-y, mon beau. Vas-y ! Prend moi ! Je sens que ça va être divin ! Oohh – Haaahh – Allez ! Entre !
Avec un sourire de gourmandise, Éric relève les jambes de l’infirme et se les bloque sur les épaules. Puis il pointe son membre vers l’objectif Lune, et pousse. Une expression de satisfaction animale, une sorte de rugissement sourd, retentit dans la chambre genevoise : Alphonse a retrouvé toute sa sensation prostatique ! Il beugle de joie lorsqu’Éric se déhanche doucement pour ne pas trop secouer la tête du malade. Mais Alphonse ne retient plus ses cris de plaisir, alors Éric se déchaine avec ardeur. Il pistonne, il se rue dans le cul de son maître handicapé. Non, il le défonce littéralement ! Plus il y va, et plus Alphonse donne de la voix. Le jeune genevois en est tout ému et s’applique mieux encore, ne cherchant plus à retenir ses coups de hanche démentiels qui secouent l’alité comme un prunier.
Démence heureuse ? Ou bonheur démentiel ? Les deux, bien sûr !...
Éric est épuisé. Il a inondé le cul du bel allongé depuis un moment et s’astreint à ne pas débander. Mais Alphonse continue de crier sa joie à tue-tête. Éric n’a jamais donné autant de plaisir à quelqu’un, c’est sûr… Il en est tout ému et continue de pistonner l’Alphonse à la vitesse du son. Un dernier rugissement retentit enfin et l’escargot toujours flaccide de l’ancien se met à dégorger son jus blanc avec abondance sur sa belle poitrine horizontale. Le jeune en est stupéfait. Il contemple l’éruption avec la sensation intense du devoir accompli : Alphonse éjacule sans à-coups, comme une bouteille qui se viderait lentement. Ça n’arrête pas… il y en a plein les draps !... Et cette fois-ci, Alphonse à joui vraiment ! Un sourire ravageur lui déforme les joues jusqu’aux oreilles.
Bloquant son amant pour qu’il ne décule pas, Boss l’attire tout contre lui et lui enserre la poitrine vigoureusement, collée à lui par son jus d’amour.
- Fantastique, mon ami. Tu as été fantastique ! Il y a tellement longtemps que je n’avais pas eu autant de plaisir.
Je t’interdis de quitter mon lit, désormais.
Recommence !
- Ben vous, alors ! Laissez-moi au moins recharger un peu mes batteries, monsieur.
Vous m’avez épuisé, savez-vous ?
Ils finissent la nuit dans les bras l’un de l’autre. Éric y revient trois ou quatre fois. Alphonse a encore chanté de bonheur. Au matin, le jeune n’en peut plus. Il s’est endormi, enroulé comme un petit chat.
Alphonse le contemple longuement, dans la lueur de l’aube nouvelle. Si candide, si jeune, si beau, si vigoureux et si puissant pourtant ! Il l’embrasse en l’effleurant à peine, pour ne pas le réveiller. Il se lève doucement, en s’appuyant au mur comme il peut pour ne pas tomber. Il veut le contempler d’en haut. Il en balbutie d’émotion. Il voudrait capturer ce bel animal et ne plus jamais le lâcher. Ne plus avoir à imaginer qu’il puisse donner du plaisir à un autre que lui. Tout d’un coup, il se rend compte qu’il bande. OUIiiii ! Alphonse bande enfin ! Il bande devant un petit chat qui dort tout nu sous ses yeux, beau comme un ange mais viril à enculer un… un quoi, au fait ? C’est lui qui s’est fait enculer cette nuit ! Une énorme pulsion le ravage tout d’un coup et Alphonse se pignole de sa main libre comme un fou, arqué vers l’avant sous le plaisir qu’il sent venir enfin. Ça vient ! …ça vient ! …ça vient ! …Ouiii ! Ne pas changer de main, ça vient !… Un nouveau jet sort enfin de sa glorieuse, qui vient arroser le petit chat. Cette fois, Alphonse a senti quelque chose ! Il en tremble d’émoi. Son palpitant s’emballe. Il s’assied sur le parquet avec difficultés, pour ne pas tomber et mieux savourer sa jouissance. Petite mort ! Sublime moment du plaisir masculin… Bonheur… Alphonse revit enfin ! Il en pleure de joie silencieusement. Ah, il va le gâter son petit chat, qui a si bien su l’émoustiller !…
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superbe .