Journal d'un apprenti (7/8) de JMB
vendredi 12 mars 2010, 18:45 - JMB - Lien permanent
<< - C'est la première fois ? - Oui, la première fois pour tout. - Je m'en doutais. Promis, tu n'auras pas mal. On va mettre ce qu'il faut pour que ça glisse tout seul. Tu verras, c'est truculent. Bien sûr, un homme s'y prendrait mieux qu'une femme. Tu serais choqué si un homme le faisait sur toi ? >>
JOURNAL D'UN APPRENTI
de JMB
7ème partie
Ce récit relate des faits en partie véridiques, datant des années 1970. Pour cette raison, aucune mention du préservatif, dans ce récit, préservatif dont on ne parlait pratiquement pas.
Faute de moyen de transport pour cause de tempête de neige, Mario séjourne à la maison durant tout le week-end. Afin de calmer les angoisses de sa Dame, il lui envoie un nouveau télégramme téléphoné. Dès le dimanche, elle appelle d'une cabine de bistro (lieu de pauses journalières de Mario). Ils décident de rendez-vous téléphoniques. L'accouchement ne devrait plus tarder, huit jours maximum selon leurs calculs. Raison pour laquelle Mario semble tristounet par moments. Il serait très déçu de ne pas assister à cette naissance qu'il attend avec une impatience non dissimulée. Mes patrons, quant à eux, lavent leurs linges sales sans moi. D'ailleurs ils m'ignorent. J'ai entrevu les voitures des frères polissons. Ce qui m'a donné le courage de demander un congé d'une douzaine de jour : demande acceptée avec une précipitation non contenue. On ne tient pas à ma présence dans les parages durant ces fêtes, nul doute là-dessus. Au demeurant, je ne suis guère candidat à la revoyure avec les frères cochons et ce durant une longue, très longue période.
La présence de Mario, qui se prolonge de deux jours pour des motifs identiques aux précédents, m'apporte un soupçon de sérénité. C'est vrai qu'il a changé, l'ex-taulard ! Devenu attentif aux autres, le mignon ! Le mariage, à coup sûr, la venue proche de la descendance certainement. Il passe son temps à couper du bois pour la cheminée, de quoi l'approvisionner l'hiver durant ou presque. Il nettoie et range la cave puis le grenier. Ceci entre deux galipettes avec mézigue. Les nuits il m'épuise avec son gros braquemart. Insatiable, quand il finit de me taquiner la prostate il épuise le mien de braquemart (appellation exagérée en ce qui me concerne) en se le fourrant au contact de la sienne de prostate. Devient partageur, le croquignolet. Et de bonne compagnie, avec ça : drôle, pas trop couillon, à mon niveau en somme. Lorsqu'il me délaisse afin de regagner ses foyers, je me sens bien tristounet. Il me promet des heures cochonnes au-delà de toute imagination, quand il reviendra prendre son travail non loin de moi. Pas tout de suite, évidemment : naissance oblige. J'en rêve d'avance.
L'occasion des fêtes se conjugue avec cartes de vœux. J'en reçois une d'Adrien, très suggestive : une jolie bouche virile dépose un baiser baveux sur un gros paf. La bouche c'est la sienne, le paf c'est le mien, écrit-il. Flatteur, va ! Il expose son existence : comblé côté cul, mal à l'aise dans cette fournaise humaine où tout est money, gigantisme, selon son expression. Je réponds illico par une demi-douzaine de phrases aux allures pornographiques non sans lui donner des nouvelles de tous les jours. Dans le même courrier, une longue lettre de Bernard. Style étriqué, conventionnel. À peine une allusion à nos soirées de luxure : "… ton hospitalité plus que chaleureuse … " qu'il précise. Il dit repasser par chez moi d'ici peu, pour raisons professionnelles et compte venir me saluer à cette occasion. Il signe de son prénom après m'avoir assuré de ses "… sentiments vraiment très amicaux … ". Je lui adresse une carte des plus mondaines : prudence, c'est un honorable époux avec enfants à charge. Augustin s'absente plusieurs jours. Lui aussi passera les fêtes en famille, à Paris. Je le devine déjà frémissant de joie en regardant ses futures victimes dans quelque boîte à pédés. Je l'aime bien. Brave garçon, pas compliqué pour deux sous, honnête, bon baiseur. Des qualités qui posent indubitablement son homme ! En fait, ils sont tous comme ça, mes quatre hommes (je n'oublie pas le bientôt papa). On dirait que je les ai choisis issus d'un moule identique. Avant de partir, mon beau facteur m'a gratifié de trois ébats salaces en deux heures. Un cadeau éreintant mais inoubliable. Ensuite, il m'a proposé le sempiternel calendrier PTT pour lequel j'ai volontiers versé mon obole appelée étrennes du facteur. Il ne perd pas le nord, le très cher. Toutefois, il s'est presque excusé prétextant la coutume, n'est-ce pas… Lorsque j'ai ouvert ledit calendrier, j'ai trouvé deux places de théâtre pour le début janvier, en soirée. Jamais je n'ai mis les pieds dans un tel endroit. Je ne me doutais pas qu'Augustin était un fervent de la déclamation artistique en public. Son attention me touche et provoque une petite tristesse : la compagnie d'une présence virile comme la sienne, celle de Bernard, de Mario ou d'Adrien m'aurait beaucoup plu en cette période. Jamais je n'ai passé de noëls avec un amant, pas plus qu'un nouvel an. Je rêve d'un tête-à-tête d'amoureux. Nous égrènerions les minutes, juste avant minuit, tout en savourant le velouté de nos épidermes, la douceur de nos systèmes pileux, la roideur de nos vits en ébullition. Quant les douze coups de minuit sonneraient, on se mettrait en 69 avant de se bouffer mutuellement l'arrière-train pour s'achever dans de bonnes enfilades suivies d'éjaculations en quantité façon geyser. Ces pensées me donnent un petit coup de blues accentué par le fait que je me demande quoi faire durant les vacances déjà commencées. Mis à part les réveillons chez maman et papa, la journée qui les suit, je n'ai strictement rien de prévu. J'avale une grande rasade de pastis afin de remettre les humeurs optimistes en marche. Opération réussie puisque la lumière éblouit mon cervelet : je résiderai en ville pour mon congé. Adrien m'a confié les clés de son appartement qu'il conserve par mesure de précaution. Il m'a autorisé à l'utiliser aux fins d'amener quelque gredin assoiffé de sexe avec ma personne. Par la même occasion, cela aérera les pièces, a-t-il précisé.
Réveillon du 24 décembre dans le cocon familial. Quel cordon bleu, maman ! Quel sommelier, papa ! Je joue aux clients qui se laissent aller. Ils aiment ça, mes géniteurs. Ma mère, vers 11 heures du matin, jour de noël, me porte le petit déjeuner au lit, dans ma chambre de jeunesse. Elle en est toute émue. Moi, j'apprécie un maximum ce séjour que je me promets de réitérer plus souvent que par le passé. C'est agréable de se replonger dans l'ambiance des temps jadis de son enfance. Par contre, le petit lit ne s'entend plus guère avec ma carcasse habituée à un grand lit pour deux.
Comme toujours, ces agapes de noël exigent une période de remise en forme, juste avant de repiquer à la ripaille du nouvel an. Cette période de diète ne dépasse pas une journée, en ce qui me concerne. Tout en me baladant dans la campagne enneigée, histoire de digérer, j'organise mentalement mon programme concernant les jours à venir. Je me fourvoierai dans des lieux orgiaques, promis ! Pour cela, je conserve en mémoire les lieux visités avec mon premier amant, un certain chef laborantin vaguement gigolo à ses heures, il y a déjà bien longtemps à mon goût. Plusieurs gouttes glacées tombent sur moi qui ne ralentissent pas ma marche. Alors que je passe sous une rangée d'arbres, je reçois un paquet de neige dont une partie se faufile entre mes vêtements et ma peau du cou. Je m'ébroue et rentre à la maison : pas le moment d'attraper un rhume ! Le soir, mon bagage prêt, je me couche tôt après avoir ingéré un grog bien tassé. La nuit, au chaud, je dors comme un nouveau-né.
Mise en route du chauffage et du cumulus. Dépoussiérage rapide des meubles. Je trouve, sur la table basse du salon, un guide pour homosexuels en goguette. Très attentionné mon Adrien adoré ! Passage de l'aspirateur un peu partout. Courses dans l'hypermarché du coin (le seul). Là, je m'attarde quelque peu. Ce n'est pas que je sois un inconditionnel de la mode, du in, loin de là ! Cependant, ma garde-robe se réduit à peu de choses. La compléter ne sera pas du luxe. Toutefois, pas question de passer des heures à magasiner, comme on dit là-bas, bien loin de chez nous. Je fais le tour des rayons histoire de repérer ce qui m'intéresse. J'observe, j'enregistre. Ensuite je procède à un second passage afin de prendre ce que je pense être le mieux pour ma pomme. Enfin, essayage avant le passage en caisse. Tout se réalise en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire (façon de dire que je fais fissa). Vêtement, boissons, mangeaille, remplissent le chariot. Retour à l'appartement : vêtements neufs dans la machine à laver puis dans le séchoir avant un coup de fer à repasser. Entre temps, déjeuner sur le pouce, enfin bien assis quand même avec ce qu'il faut dans l'assiette et le verre. Petite sieste histoire de reposer la bête, douche, rasage, habillage, un peu de "pue-bon" sur la jolie tronche du monsieur (tout le monde la trouve jolie, ma figure, et pas que mes parents) et me voilà paré à affronter les virils assauts de la gente mâle. En premier lieu : le sauna.
L'extérieur de l'établissement est tel que mon souvenir : mur vétuste, lépreux, enseigne borgne (manque plusieurs lettres). Je sonne. Un œilleton s'ouvre puis la porte. Le préposé à l'ouverture croit bon de proférer une mise en garde s'agissant du type de clientèle exclusivement masculine qui fréquente l'endroit et le genre d'activités qu'on y pratique. En réalité, il se contente de signaler qu'ici c'est un club privé réservé aux seuls mâles. Rien de bien intéressant durant mon déshabillage : aucune âme en vue. Un peu tôt, me dis-je. Je procède à une séance de hammam, douche, sauna, douche, suivant les conseils d'Adrien. La pépie me contraint à fréquenter le bar où sévit un monsieur au visage grassouillet, comme le reste de sa personne, sans âge, sourire commercial, voix haut perchée, gestes de dame hôtesse de grande maison. Il se croit tenu d'entamer la conversation : oui la clientèle ne commence à affluer que vers 16h, probablement plus tard aujourd'hui compte tenu de cette période de fêtes. Il continue, me complimentant sur mes charmes qu'il juge inoubliables, non sans jeter dans ma direction certaines œillades se voulant provocatrices et excitatrices. Je le remercie pour ses bons offices et me dirige vers la piscine afin d'y crawler deux ou trois longueurs. Malgré la nouveauté, pour moi, de ce genre d'équipée, je trouve que je m'en sors pas mal, persuadé que nul ne verra en moi un néophyte.
La piscine contient un seul poisson qui s'ébat à forces brassées. Sa tête sort de l'eau au rythme de son avancée. Je m'aperçois qu'il dirige ses regards vers mézigue, dès qu'il le peut. Il stoppe au bord, s'ébroue, m'interpelle :
<< - Daniel ! Quelle surprise ! Comment allez-vous ? >>
Malotru de moi, je plonge, effectue une remontée, m'approche du gaillard qui reprend :
<< - Vous ne me reconnaissez pas ? Je ne me trompe pas, vous êtes bien Daniel, le copain d'Adrien parti aux States ?
- Oui, c'est bien moi.
- Gilles, je suis Gilles, l'ami de Jules. Tu es venu à la maison. >>
La mémoire me revient. Le gentil couple que je voyais comme étant l'autre côté de la médaille gay, le bon côté. Nous effectuons certains mouvements dans l'eau afin de rester la tête en dehors. Résultat, nos pieds taquinent nos jambes. Sourires entendus mais timides de ma part : cet homme est pris ! Comme si ce fait était un empêchement pour moi. Enfin, j'hésite quand même malgré la trique qui me prend et que ne saurait voiler ma nudité complète. Ces yeux en disent long sur ses intentions au Gilles. Je regarde alentours : personne. Comme s'il lisait dans mes pensées, il annonce :
<< - Depuis plusieurs semaines, Jules et moi prenons certaines libertés l'un vis-à-vis de l'autre, histoire de rafraîchir notre couple, si tu vois ce que je veux dire. >>
Je ne vois rien, je devine vaguement. Le seul résultat clair et net, positif, c'est que je peux y aller. Et j'y vais. Main au paquet dudit Gilles afin d'évaluer le volume, la pesanteur, la rapidité d'érection : test positif, la queue se dresse à une rapidité de bon aloi. La fesse me semble avenante. La bouche tentatrice de pelles se signale à la mienne. Toutes deux épanchent leurs besoins d'affection. Je sens que je vais passer un moment fort agréable. Nous décidons de nicher nos amours dans une cabine avec fermeture. Installés, nous reprenons nos jeux de corps. Une énorme déception m'attend : le ravissant Gilles joue les rois fainéants ! Impossible de le faire bouger. Il est là, allongé, les yeux au plafond, les bras le long de son corps que je jubile de caresser. Aucune réponse à mes soins que je prodigue du mieux de mes connaissances. Plus j'accomplis d'effort, moins il réagit. A telle enseigne qu'arrive un moment où je le vois les yeux clos et que je me demande s'il ne s'est pas endormi : bingo ! Il roupille comme un bienheureux. Je l'abandonne, vexé au possible, outragé dans ma dignité de mâle ! En un mot, mortifié. Je gagne les vestiaires, presqu'immédiatement rejoint par le malotru qui se confond en excuses, arguant un grand manque de sommeil. Je lui lance, hargneux :
<< -… Dans ce cas on reste chez soi à dormir.
- D'accord, j'ai tort. Mais ça n'est pas une raison pour partir. Les occasions ne manquent pas qui te satisferont. C'est moi qui m'en vais. Pour me faire pardonner, je t'invite à la maison. - Avec Jules ? Ça sent le trio ton invitation.
- Pourquoi, ça te fait peur ?
- Pas spécialement. D'accord pour l'invite ! Quand ?
- Disons demain soir vers 19h. Ça te va ? >>
Ça me va et lui s'en va. Je ne suis pas mécontent de le voir décamper. Sa faiblesse physique m'a décontenancé. Bon ! Réagissons ! Il y a là quelques belles pièces humaines qui viennent tout juste d'arriver. Je dois les attirer car la plupart (une dizaine) tournent autour de moi. La nouveauté ! Je suis la nouveauté ! Profitons-en ! Je repère un magnifique athlète à la peau naturellement bronzée. Son accent me dit qu'il vient de quelque île lointaine dont les rivages me font rêver. Je passe rapidement du rêve à la réalité, les longs doigts agiles qui me palpent en sont la cause. Quelle dextérité dans le maniement des corps ! Il murmure à mon oreille qu'il exerce la profession de kiné : vous m'en direz tant ! Il prouve son savoir-faire et moi je sursaute à chaque nouvelle "manipulation" érotique. Non loin de ma bouche, une serviette tombe au sol dévoilant une matraque d'une longueur exceptionnelle (27cm me dit-il) et d'un diamètre plutôt petit en comparaison. J'ai comme l'impression de contempler un genre de saucisse sèche que je consomme immédiatement, Jean-Serge comme il se nomme gloussant en guise d'approbation. Un délice, cette queue que je ne couperais certainement pas en fine tranches ! Je me régale, salivant de plaisir. En m'y prenant bien, je devrais arriver à l'avaler entière. Je m'y emploie et réussis. Ce qui provoque de ma part quelques spasmes étranges et me font recracher la douceur que je tentais d'ingurgiter. Je recommence plusieurs fois. Le magnifique antillais approuve et se garde bien de forcer les manœuvres. Il continue de me gratifier d'un doigté magistral, raison pour laquelle mon anus mouille tant et plus. Je n'y tiens plus, je la veux pénétrant entre mes fesses, enfoncée jusqu'à la garde ! Première pelle ! Autre éblouissement lorsque ces lèvres s'emparent des miennes. La langue entre en conquérante dans ma bouche. Les mains malaxent mes fesses quand elles ne taquinent pas ma bite qui n'en peut mai. Jean-Serge précipite les événements. Il me retourne, m'allonge sur la couche, fourre son long engin dans ma tuyauterie interne, ce qui cause des cris et gémissements de chacun de nous. Il me fourbit avec brio, sort à maintes reprises pour mieux rentrer. Mon cul procède à un genre de balancement visant à augmenter notre plaisir. Il souffle, griffe mon dos, mord mes lobes, enserre mes jambes avec les siennes très musclées. Enfin, ses bras m'enveloppent tandis qu'il inonde mon anus de sa crème intime en bécotant mon cou puis en lui infligeant un suçon. Bisou sur mes lèvres, il s'excuse mais se dit très en retard, et file, me laissant comme un con, ma bite plus que turgescente. Je sens un liquide fuir de mes arrières, ce qui me donne une idée de la quantité de foutre qu'il m'a inoculé, le bougre ! En partant, il laisse la porte entrouverte. Aussitôt, une tête vient voir. Elle semble potable. Surexcité, je lui fais signe d'entrer. Seconde séance de sodomie que m'inflige un quelconque bonhomme entre deux âges. Comme le beau Jean-Serge, il jouit puis s'en va sans même un petit bisou d'adieu et un mot d'excuses. Décidément, il est dit que je n'arriverais pas à jouir à moins d'en appeler à la Veuve Poignée, un comble dans un endroit pareil avec tout le monde qui, tout à l'heure, me poursuivait d'assiduités. Je m'apprête à quitter la pièce afin de procéder à quelques ablutions, lorsqu’un ravissant petit africain, bien noir de peau, mignonnet comme tout, s'approche timidement du lit, caresse une de mes cuisses, remonte jusqu'aux couilles qu'il triture amoureusement. La trique repart. J'aperçois le visage tout sourire. Rien à jeter chez ce charmant jeune homme. Ce serait vraiment dommage de lui exprimer mon opinion par un corps à corps luxurieux alors que je suis maculé des vestiges laissés par ses deux prédécesseurs. Je m'assieds sur la couche, tends mes bras afin de prendre l'arrivant par la taille. Il apprécie le geste, s'avance, perd l'équilibre, tombe sur moi, s'arrange pour que nos bouches se contactent. Pas mal, l'exotique ! M'a-t-il vu subissant les assauts précédents ? Pas farouche, il répond gentiment à ma question. Il vient juste d'arriver et procédait à son premier tour histoire de voir la qualité et de se faire une idée. Bien, bien ! Aucune envie de lui manifester en ce lieu ma bonne opinion sur ses charmes. Je lui offre donc gîte et couvert jusqu'au lendemain s'il le désire. Il pousse un grand éclat de rire, comme s'il n'avait rien entendu d'aussi comique depuis fort longtemps, puis accepte sous réserve de se faire une séance hammam et une séance sauna au préalable. Patatras ! Ce bel ébène tient, avant de m'honorer, à courir le guilledou, un rodage en quelque sorte, me dis-je. Eh bien non ! Il me propose de l'accompagner. Allons-y gaiement ! Buées, vapeurs, chaleur, suées, ne nuisent en rien au bon fonctionnement des mécaniques corporelles en marche pour les agaceries coquines. C'est qu'il embrasse merveilleusement, mon nouveau compagnon ! Et que dire de ses câlineries ! Tout simplement adorables, excitantes au point que je dois mettre un bémol à sa frénésie. Douche à deux sous l'œil brillant d'envie de quelques quinquagénaires (ou plus) libidineux et bedonnants que nous ignorons. Habillage non sans une nostalgie en voyant disparaître nos peaux sous le tissu de nos habits. Dans le taxi, nos mains s'empoignent pour ne se séparer que lorsque nous arrivons devant la maison. Dans l'ascenseur, nous ne nous préoccupons pas, ou peu, des étages. A telle enseigne que nous redescendons au sous-sol. Nous sommes attristés quand les portes s'ouvrent, offrant un spectacle inhabituel à une grand-mère :
<< - Ah la jeunesse ! Toujours impétueuse ! Mais attendez au moins d'être chez vous. Deux jeunes hommes, ce n'est guère un spectacle pour le commun ! >>
Nous obtempérons en nous décollant l'un de l'autre. La dame sourit et nous souhaite beaucoup de bonheur lorsqu'elle nous quitte. Deux étages plus haut, une fois dans l'appartement, moi et Régis recommençons nos congratulations pornographiques. Nous manquons d'air. Il convient de reprendre notre respiration. J'en profite pour admirer mon compagnon. Un peu plus petit que moi, un soupçon poupin, d'immenses cils recourbés vers le haut, des yeux d'un bleu profond, un petit nez épaté avec charme, des lèvres que je mordillerais sans interruption, un adorable menton, fossette à chaque joue. Et toujours ses yeux rieurs, comme sa bouche. Il respire la joie de vivre. Nous revoilà nus comme des vers cherchant le point faible, celui qui fera tressaillir nos chairs. Coquin, après une lichée baveuse entre mes fesses, il dit :
<< - L'ouverture est faite, je vais pouvoir m'y loger sans coup férir !
- Ce qui veut dire ?
- Que je ne suis pas le premier du jour.
- Effectivement, c'est vrai. Cependant tu es le meilleur. >>
Il tape doucettement sur mon cul, en riant. Pas bégueule, il me plaît vachement. Mes yeux se portent sur ce qui va se loger sans coup férir. La belle bite que voilà ! Longue, épaisse, droite, elle aussi baveuse : il a faim le gars ! Je vais le rassasier. D'ailleurs, il ne demande pas, repique au truc de la lichette anale avant de combler mon anus avec sa matraque dont il se sert fort habilement. Tout debout que nous sommes, ses va-et-vient n'en sont pas moins amples. Ses doigts se crispent sur mes hanches. Je me colle plus à lui, tourne la tête le plus possible pour nous permettre d'effectuer une pelle maison. Il agrée mon initiative, sa langue roule contre la mienne, pendant que je devine les giclées de sperme arroser mes intérieurs et que ma queue éjecte plusieurs jets très fournis ce qui étonne Régis :
<< - Pour une rebelote, tu en as du jus.
- Je n'ai pas joui au sauna. >>
Mon aveu le désarçonne. J'explique mes demi-mésaventures, ou mes demies aventures, comme on voudra. Très à l'aise, il me fait signe qu'un bref séjour à la salle de bain ne serait pas inutile. "Cul lavé n'est pas cul baisé", disait une mienne aïeule, si je me fie aux confidences paternelles. Donc nous sommes redevenus vierges si l'on en croit ce précepte. Toujours aussi décontracté, Régis se dirige vers la cuisine, inspecte le frigo et les placards et se met aux fourneaux. Je ne le laisse pas seul, trop soucieux de le divertir et de me divertir. Dès que l'espace le permet, je me glisse devant lui, à genou, gobe sa bite que je suçote avec délectation. Que dire du dîner ? Rien puisque je n'ai pas vu ce que je mangeais trop préoccupé à savourer les appâts de mon invité que je complimente, néanmoins, pour ses talents culinaires. Comme j'aimerais le garder durant mes vacances ! Malheureusement, il doit repartir dès le surlendemain, en début d'après-midi, pour Paris où l'attend sa famille : réveillon de la saint Sylvestre oblige. Alors, peut-il rester jusqu'à son départ ? Il accepte. Un point noir vient ternir ma joie : demain soir je suis invité chez Jules et Gilles, comment décommander ? Je ne m'en sens pas le courage. Tant pis, je n'irais pas, nul besoin de les avertir ! Alors que moi et Régis procédons à la corvée de vaisselle, dans une parfaite collaboration, le téléphone sonne : sauvé grâce à Gilles qui demande un report sine die de notre soirée à trois. Il m'explique longuement ses différents avec Jules, différents qu'ils ne peuvent plus se masquer. Je compatis, tente de le consoler tout en sachant bien que mes paroles ne sont que vent pour lui. Du coup, je saute sur Régis qui en fait tomber le plat en inox qu'il essuyait. Nous plaquons nos lèvres les unes sur les autres, nos langues l'une autour de l'autre, nos mains sur fesses et queue, ne tenant aucun compte du vacarme produit par l'ustensile qui vient de choir. La nuit sera longue, la journée de demain également sans omettre la nuit suivante. Ensuite …. Nous verrons, ne pensons pas aux adieux alors que tout commence à peine.
Éreinté, le Daniel ! Épuisé le Régis ! Nous nous séparons sur le quai de la gare. Je regarde le train s'éloigner cherchant à voir le visage du partant, petit point noir qui diminue. Les boules qu'il a, le Daniel ! Ce régis, j'en ferais bien mon esclave, mon amant, mon amoureux, ce qu'on voudra pourvu que l'on soit ensemble ! Non, je serais son esclave, son amant, son amoureux, son amour éternel ! Quelle tendresse du cœur ! Quelle fermeté de la chair ! Quel enthousiasme de vivre ! Quel talent de baiseur ! Et un cul à faire pâlir de jalousie tous les humains de la terre. Des fesses à croquer ! Je remue tout cela dans ma tête d'animal blessé par ce départ. Malgré le peu de sommeil de ses deux derniers jours, je me dirige vers le sauna.
Une fois sur place, je récupère de mes excès avant d'en commettre d'autres. Légèrement requinqué, je fouine dans toutes les pièces afin d'y dénicher la perle qui soulagera ma solitude. Je pénètre dans un endroit où règne la pénombre. Tout juste si l'on distingue quelques silhouettes. Pas question de voir en détail à qui l'on a à faire. Ça soupire, ça suce, ça baise, ça roule des pelles, ça palpe, ça éjacule, ça gémit, ça glapit… ça nique à tout va, en somme. Et je me jette dans la cohue des bites en effervescence. A peine entré dans l'arène du vice, ma bouche est accaparée par une autre puis une main énergique m'oblige à me baisser et une bite remplace la langue. Je suce fougueusement. Mon cul ne reste pas longtemps inoccupé. Un petit rossignol veut s'y nicher. Pas bien méchante la chose qui s'agite avant d'asperger mes fesses. Dans le même temps, mon visage reçoit une lancée de foutre. Je n'ai pas le temps de réagir que déjà mon cul fait la connaissance d'une matraque plus que bien fournie, une langue lèche ma figure puis me fait goûter au festin. Une autre bouche s'occupe avidement de ma bite. Ensuite, je ne sais plus. Les sodomies se succèdent, les fellations également. Je suce, on me suce, on m'enfile. Pas le temps d'essayer de deviner avec qui je partage ces émotions, tout se déroule trop vite. Quand je sors de cet antre, les jambes flageolantes, le cul dégoulinant de mélanges innommables, les lèvres et la queue en feu, une sorte de nausée m'envahit : la honte. Je cours vers les douches, rasant les murs, évitant de fixer les personnes que je croise. Un seul désir : fuir de ce lieu ! Jamais plus je n'oserais affronter les regards d'un Adrien, d'un Bernard, d'un Régis, d'un Augustin, d'un Mario. Je suis une pute, rien de plus ! Voilà ce dont je me persuade en rentrant à l'appartement. Non, pas une pute, elle se fait payer. Une salope, un trou à bites, une décharge à foutre, une lavasse que l'on baise et que l'on jette. Dégoûté, le Daniel ! J'évite de me regarder dans les vitrines. Il me semble que tous les passants savent la traînée que je suis devenu. Que je devais être sans le savoir. Et mes parents, que penseront-ils ? Comme si j'allais leur raconter ça ! Je dois me calmer. J'ai tout bonnement eu un coup de folie, rien de plus. L'ambiance, un brin de cafard suite au départ de Régis, un hasard, que sais-je encore … Rien de bien méchant si je raisonne convenablement. Ce serait grave si cela se reproduisait souvent. Mais une fois en passant … Surtout, je m'en veux du plaisir que j'ai pris à cette frénésie de sexes.
Tout en marchant, je passe devant une animalerie. Cela m'oblige à repenser à l'adoption d'un chien. Alors, afin de m'occuper l'esprit, je pars en quête d'un chiot. Pas question d'en acheter un. Je trouve dégueulasse d'acheter ou de vendre un animal de compagnie. Le premier cabinet vétérinaire dans lequel je pénètre affiche nombre d'annonces concernant des chiots. J'en choisis deux, sur les conseils de la secrétaire auprès de qui j'ai pris des renseignements. Appels téléphoniques, prise de rendez-vous. Le premier propose un teckel, qualifié de pure race : je décline l'offre. Le second me montre une boule de poils, baptisée "Voyou". Charmante bestiole qui, lorsque je la prends dans mes bras, s'empresse de me pisser dessus. Oh ! Pas grand-chose, juste quelques gouttes. Comme pour s'excuser, elle me lèche la main tandis que je la caresse, tout en la grondant joyeusement. Les propriétaires s'inquiètent de savoir où je vis, ce que je fais, etc. Par bonheur, ils connaissent mes patrons qu'ils rencontrent souvent lors de mondanités. Un petit coup de fil histoire de leur demander ce que je suis, et nous tombons d'accord : je prendrais possession de Voyou le 31 en fin d'après-midi, juste avant mon retour au bercail. Dernière caresse, dernière lichette sur ma main, et me voilà redevenu tout guilleret.
Deux journée de repos complet avec visites de la ville, restaurant le midi, dîner à l'appartement accompagné d'un des films porno dont regorgent les étagères d'Adrien. Même pas envie d'une petite branlette en zieutant les cochonneries filmées. Tout juste un début d'érection que je ne m'emploie pas à exploiter. Passée cette période d'abstinence, je fréquente assidûment les parcs et jardins, malgré le grand froid. Personne, évidemment. Je me rabats sur les boîtes, ou plutôt sur une boîte que m'avais particulièrement recommandée Adrien. Après un délicieux repas dans une gargote nommé "Le fumet du Roy", je me pointe dans ce lieu aux environs de 23h. Dès l'entrée, on comprend que faire un pas dans cette cohue ressort de l'exploit. Tant pis, je me risque. Quelques évanescents m'apostrophent. Suivant les conseils d'Adrien, je souris, remercie, mais passe mon chemin dans la mesure où je peux avancer. On crie mon nom, afin de couvrir le bruit de la musique. Qui peut bien me connaître, ici ? Théo ! S'il y a quelqu'un que je ne voulais pas voir, c'est bien lui ! Et en plus, il est accompagné de Luc. Ils sont attablés avec une ribambelle de jeunes et moins jeunes voire plus jeunes du tout. On se gausse, on s'esclaffe, on esbroufe. Très peu pour moi. En outre, je n'ai rien à dire aux frères. Alors je m'esquive, retourne vers la porte de sortie. Le préposé ne retient pas un "Déjà ! Dommage ! ". Je ne réponds pas. Dehors, tandis que je m'apprête à regagner l'appartement, une voiture klaxonne. Je regarde : Mario et sa Dame. Il stoppe sur le trottoir. Poignée de mains virile, permission de Monsieur pour faire le bisou à Madame. Quelle surprise de se rencontrer ici ! On se congratule et on se sépare vite fait : la future maman revient de la clinique suite à une fausse alerte, le bébé ayant décidé de reporter son entrée dans le monde. J'ai tout de même eu le temps de dire à Mario que je créchais chez Adrien et de lui glisser l'adresse à l'oreille. Pas très gentil pour Madame. Je rentre donc me coucher.
Réveil en fanfare : Mario est papa d'un petit garçon, Florent, pesant près de 7 livres. Il m'annonce la nouvelle au téléphone, très matinalement, relatant les événements de la nuit, le retour à la clinique deux heures après l'avoir quittée, la naissance à peine la parturiente mise sur la table de travail. Heureux Mario qui explose de joie, me promet de passer la soirée en ma compagnie faute de pouvoir rester auprès de sa progéniture et de son épouse pour il ne sait trop quelle cause. Je m'inquiète de savoir s'il va passer la journée à toaster, avalant verre sur verre à la santé du bébé et de la maman. Eh bien non ! Le tout nouveau père se met à l'ouvrage des faireparts, auprès de son épouse, tout en ne cessant d'admirer ce qu'il nomme son œuvre, à savoir le petit Florent. Il me rejoint, vers 19h. Je suis un tantinet mal à l'aise, dans mes petits souliers. J'ai presque honte de le voir ici, en slip, gesticulant en narrant la naissance du fiston, pétant la joie, la queue balançant lourdement entre les jambes. Je suis attiré par lui tout en me reprochant cet élan que j'estime putassier. Mario comprend que je ne suis pas dans mon assiette. Je lui conte mes aventures lubriques, mes hésitations à le dévoyer, lui le tout nouveau papa. Il me rassure, déclarant :
<< - Qu'est-ce tu crois ? Avec bobonne, ces derniers temps, c'est pas le grand saut salace. Elle veut pas. Alors je reluque ailleurs. C'est que je lui ai pas dit pour les gonzes. Ça je peux pas. Mais elle sait que je fricote à droite et à gauche en attendant que ça se passe pour elle. Ça, oui, je lui ai dit. Elle dit s'en foutre du moment qu'elle voit pas. Te fous pas le crâne au court-bouillon, mon gars ! Viens sucer la bite à Mario, c'est pour notre bien à tous deux. >>
Puisqu'il le dit… Je me mets à l'ouvrage sans plus de questionnements. La vue du bel engin chasse toutes les mauvaises pensées qui me chagrinaient. Puisque j'aime baiser, baisons sans retenue, sans complexe ! Et Mario de me sauter en levrette tout en assurant que ce n'est qu'un début. Je dois reconnaître qu'il me fait virevolter dans toutes les positions, qu'il se donne à fond dans mes fonds. Toutefois, il refuse catégoriquement que je l'enfile : virilité retrouvée puisqu'il est père de famille, certainement. En quatre jours et quatre nuits, nous baisons une dizaine de fois, après de très longs préliminaires, d'éternelles "post-éjaculations". Pelles savoureuses, et je ferme la porte de l'appartement, mon bagage à la main. Mario rejoint sa douce moitié et son tendre rejeton.
J'enfourche la mobylette, direction animalerie où j'achète un nécessaire à chien. Je fixe le panier devant. Vers les 17h je récupère mon futur compagnon qui frétille de la queue en me voyant : certainement qu'il a reconnu un effluve de son pipi sur moi. Caresse, lichette, recommandations des futurs ex propriétaires, apéritif, au-revoir et merci non sans leur avoir donné mes coordonnées téléphoniques au cas où ils aimeraient savoir ce que devient la boule de poils.
Dans la soirée, je retrouve mes pénates, penaud de n'avoir pas vécu mille vies durant ces vacances. Voyou aboie, montrant ainsi que je suis chez lui et que je dois me plier à ses besoins. Va falloir que je surveille cet animal sinon il deviendra le maître et moi le chien.
Le train-train routinier reprend, sauf la peluche vivante nommée Voyou qui ne cesse de grandir, de bouffer mes pantoufles, mes chaussures, les pieds des meubles, la liste n'étant pas complète. Question propreté, il n'a pas mis longtemps à voir où était son intérêt. Question espace non plus : chambres interdites, salle à manger coucher au sol. Pas question de s'arroger l'exclusivité des fauteuils, et autre canapé. Il apprend aussi vite qu'il grandit. On m'avait prévenu qu'il deviendrait énorme. Avertissement réaliste quand on voit les pattes du "nounours". Et vorace avec ça ! Il ne mange pas, il engloutit. Heureusement pour moi, il adore attraper quelques petites bestioles dont il se fait un festin. Trop occupé à élever mon monstre à quatre pattes, je ne m'inquiète pas du non-retour d'Augustin. Quand enfin je m'en aperçois, il est là, campé sur ses deux jambes, la sacoche posé sur la table de la cuisine, la braguette largement ouverte, quémandant de ma part des vœux de bonne année. J'aimerais bien me plier aux coutumes mais cela m'est impossible. Plié, je le suis, mais la bouche pleine donc parler n'est pas poli. Ça me procure un énorme plaisir que d'avoir cette bite entre mes lèvres et je m'attache à le faire savoir à son propriétaire qui m'envoie la purée sans crier gare. Pendant que j'essuie les dégâts (plaisants), Augustin me présente ses fesses en guise de bonne année. Il me signale également qu'il n'a pas trop le temps. Mon pantalon sur les chevilles, j'embroche mon facteur et m'évertue à le bourrer convenablement afin qu'il débute l'année dans les meilleures conditions possibles. Lorsque mes giclées noient son tréfonds il se tord pour me rouler la pelle concluant les ébats éclairs. Il file, à peine revêtu, en me criant qu'il me téléphonera dans la soirée. En effet, vers les 20h il m'appelle. Le ton est mystérieux : il désire venir à la maison du samedi après-midi au lundi matin (lever 5h !). Bien sûr que j'accepte. Il annonce avoir à me parler de choses sérieuses. En attendant cet événement, il me promet de reproduire la séance de ce matin à chacun de ses passages. Perspectives magnifiques qui me mettent en joie. Peu de temps après, c'est au tour de Gilles de m'appeler. Je ne me souviens pas lui avoir donné mes coordonnées téléphoniques. Qu'importe ! Il me raconte sa rupture définitive d'avec Jules : drame pour tous les deux qui, déclare-t-il, supportent difficilement cette séparation. Dans ce cas, demandais-je, pourquoi se séparer ? Ils ne se comprennent plus. Telle est la réponse. Et Gilles voudrait que moi je comprenne ! Je l'écoute longuement. Il parle sans arrêt de personnes que je ne connais pas, de faits que j'ignore, ajoutant quelques connaissances en matière de psychologie dont je n'ai aucune notion. Il termine son quasi-monologue, persuadé d'être dans son bon droit, comme il dit. Un peu irrité par cette certitude de la part de quelqu'un que je croyais plus que raisonnable, je lui décoche :
<< - Si Jules est aussi compliqué que toi, alors votre rupture est inévitable et aurait même dû se produire beaucoup plus tôt. Vous cherchez midi à quatorze heures là où vous n'aviez qu'à faire chacun un effort vers l'autre. Peut-être que vous aviez déjà trop fait d'effort depuis que vous vous connaissez et qu'un de plus s'avérait impossible …. >>
Et je continue sur ma lancée précisant, en résumé : intellectuel ne veut pas forcément dire compliqué, or la mode chez les intellectuels c'est le compliqué et le couple est tombé dans ce piège depuis longtemps déjà. Je ne sais pas si j'ai raison, mais c'est tout ce que je trouve à lui répondre pour tenter de l'amener à réfléchir autrement que d'habitude. Il me propose un rendez-vous que je m'évertue à refuser gentiment parlant de remettre ça à plus tard. Au demeurant, je ne comprends pas le pourquoi de sa démarche envers moi qui ne suis pas un de ses, ou de leurs, intimes. Cette conversation ne m'empêche pas de dormir, bien au contraire. Je passe une nuit délicieuse, rêvant d'Augustin et des agaceries envisagées. Agaceries qu'il exécute avec brio, comme toujours, chaque jour de la semaine puisqu'il amène du courrier. Nous varions les plaisirs. Tantôt c'est lui qui me suce en virtuose puis qui m'enfile, tantôt on se sodomise chacun notre tour et bien d'autres variantes compte tenu que nous procédons debout, juste les pantalons baissés. Du rapide, vite fait sur le gaz, comme on dit. Mais ça me plaît assez, ces galipettes sur le pouce ! Surtout, elles me permettent de patienter jusqu'à samedi après-midi.
Samedi matin : tout émoustillé je m'apprête à passer une moitié de journée très longue. Alors je m'occupe comme je peux : toilettage de Voyou dans la grande bassine en fer blanc, puis changement des draps du lit et des serviettes dans la salle de bain. Enfin, préparation du déjeuner que je prends seul avec à mes pieds, un museau langue pendante attendant impatiemment que je laisse tomber quelques morceaux de victuailles. Ensuite, jeux en compagnie de Voyou qui prend goût à ce moment en tête-à-tête avec son maître. Enfin, retour à la maison, préparation du Daniel qui se fait le plus beau possible. Installé dans le canapé, je patiente non sans regarder toutes les cinq secondes à travers la fenêtre. La mobylette pétarade de façon inquiétante. Pas facile de venir avec un engin pareil sur des routes enneigées. Augustin, essoufflé, rouge, transi, pénètre dans la maison, grognant :
<< - Putain de machine : faut qu'elle tombe en panne juste maintenant ! >>
Je comprends que ce n'est pas la mobylette fournie par l'administration des PTT. Bisous langoureux, je lui ôte sa doudoune, nouveaux bisous encore plus langoureux. Il stoppe les effusions :
<< - J'ai la pépie, Daniel. Si je bois pas, je vais ressembler à un hareng séché. >>
Désaltéré, il revient, s'assied sur mes genoux, déclare sur un ton décidé :
<< - Bon ! Faut qu'on parle tous deux. Voilà de quoi y retourne. Tes deux copains, Théo et Luc, m'ont dit que tu t'es pas emmerdé pendant les vacances. Je m'en fous, comme je leur ai dit. Mais ça m'a fait quelque chose, quand même, de savoir que je te suffis pas. Remarque, j'ai pas été un saint non plus. Dix jours sans baise c'est pas possible, t'es d'accord hein ? Un cousin, dans un coin, vite fait, deux fois, rien de bien méchant quoi ! Voilà, tu sais tout !
- Pourquoi me raconter ça ?
- Ben parce que je veux rien te cacher et je voudrai que tu me caches rien.
- Si ça peut te faire plaisir, allons-y ! >>
Je narre mes hauts faits en vacances, sans rien lui celer mais sans trop insister sur certaines joies tout en appuyant sur les déceptions. Il tique, quand même, jugeant que mes "incartades" sont autrement plus nombreuses que les siennes. Je le devine à son regard. Alors que je m'attends à des reproches que je suis prêt à rabrouer, il m'annonce :
<< - J'ai pas tout dit, Daniel, excuse. Je suis là depuis samedi dernier où j'ai fait une tournée qu'est pas la mienne. Je suis tombé sur Luc. Lui dit que c'est par hasard, moi je crois pas. Lui et Théo, y me cherchent, c'est forcé ! Je les rencontre trop souvent. Enfin, on a bu un pot dans un café puis chez un de ses copains qu'y m'a dit. Théo était là. Après, ben … après je les ai sautés tous les deux. Y voulaient me baiser, j'ai refusé. Ça, c'est réservé à mon Daniel, que je leur ai dit. Y rigolaient tous les deux, sûrs que tu te foutais de moi, qu'y z'étaient. C'est là qu'y m'ont dit pour la boîte où y t'ont vu. Après, les deux ont parié que moi et toi ça ne durerait pas plus d'un mois encore.
- Eh ben dis-donc ! Pour le pari, c'est bien leur genre. Pour le reste, je crois que tu peux juger par toi-même. Oui, je cours le guilledou ailleurs mais je suis toujours aussi heureux à chaque fois que je te vois et je me rends disponible à chaque fois que tu le demandes. Tranquillise-toi, Augustin, je t'apprécie plus que tu ne le penses. Comme ça, tu t'es fait les deux frangins !
- Tu charries ! Y sont cousins, pas frangins !
- Non, frangins, c'est Théo qui me l'a dit. Les parents confirment.
- C'est dégueulasse ! Y baisent ensemble et moi j'ai baisé avec eux ! Beurk !
- Tu n'es pas le seul. Moi aussi je suis tombé dans leur piège. Allez ! Ne fais pas cette tête ! Tu en verras d'autres ! >>
Afin de lui remettre les idées en place, je soulève sa chemise, son maillot de corps, approche mes lèvres de ses tétons que je suçote doucement. Il ferme les yeux, s'allonge, libérant mes genoux. Délicatement, mes doigts se faufilent sous sa braguette une fois ouverte. Elle est là, la dévergondée, pleine de jus prêt à s'éjecter. C'est le moment que choisis Augustin pour achever sa "conversation sérieuse" :
<< - Je crois que Luc et Théo veulent plus que moi et toi on se voit. >>
Je me fous complètement de ces deux là. Qu'ils y viennent et je leur arrange le portrait même si ça doit coûter ma place. Passons à autre chose, à ce que nous sommes occupés actuellement. Mais Augustin n'a guère la tête aux faits de chairs. Il s'accroupit pour caresser Voyou tout heureux que l'on s'occupe de lui et qui cesse de bouffer mes chaussures que j'ai omis de planquer. Mon doux facteur me regarde, grand sourire aux lèvres, décrète :
<< - On va s'occuper de toi, comme y faut, le chien. Je vais t'apprendre plein de trucs.
- Pas question ! Ce n'est pas un chien de cirque. Je veux juste qu'il obéisse pour notre sécurité à tous, sans plus. >>
Augustin ne cache pas sa déception. Cependant il se relève, m'enlace, constate :
<< - Tu vois, le chien, Daniel est jaloux quand je m'occupe de toi. C'est un exclusif, comme on dit. >>
L'exclusif ne répond pas, la bouche remplie d'un pénis royal.
Les ébats mis en sommeil, Augustin suggère :
<< - Si on habitait ensemble ? Tu crois pas que ça serait mieux ?
- Je ne sais pas trop. Je ne dis pas non. On verra d'ici quelques temps. Tu veux bien ?
- D'accord, j'attendrai. >>
J'espère sincèrement pouvoir lui dire oui un jour. Mais avant, j'aimerais connaître beaucoup de trucs.