Journal d'un apprenti (8/8) de JMB
vendredi 19 mars 2010, 18:51 - JMB - Lien permanent
<< - C'est la première fois ? - Oui, la première fois pour tout. - Je m'en doutais. Promis, tu n'auras pas mal. On va mettre ce qu'il faut pour que ça glisse tout seul. Tu verras, c'est truculent. Bien sûr, un homme s'y prendrait mieux qu'une femme. Tu serais choqué si un homme le faisait sur toi ? >>
JOURNAL D'UN APPRENTI
de JMB
8ème partie
Ce récit relate des faits en partie véridiques, datant des années 1970. Pour cette raison, aucune mention du préservatif, dans ce récit, préservatif dont on ne parlait pratiquement pas.
La famille, que je surnomme "tuyau de poêle", s'en est allée retrouver son logis parisien ce qui me permet de respirer un peu en attendant de nouveaux ennuis que ne manqueront certainement pas de nous infliger les frères. Dans la série des bonnes nouvelles, le retour de Bernard parmi nous pour une durée de plus d'une année, construction d'une autoroute oblige avec bretelle de sortie pour notre joli patelin, ce qui devrait nous apporter pas mal de touristes supplémentaires. Autre nouvelle excellente pour Mario : finalement il vient de trouver un emploi sérieux, avec rémunération et avancement intéressants, sous réserve de gagner, lui aussi, la capitale, ce qu'il fait sans barguigner. Je suis un peu tristounet de ce départ sans pour autant être véritablement peiné : je m'habitue aux changements.
Augustin, fidèle à lui-même et à moi-même m'honore le plus souvent qu'il peut à savoir presque chaque soir. Je ne rechigne pas à sa présence bien que je craigne qu'elle ne devienne un jour insupportable. Parfaitement au courant de mon opinion, il a une réponse :
<< - Quand je serais de trop, tu le dis, je me ferais plus discret. >>
Cette abnégation ressemble un peu à de la veulerie, je crois. Il ne se bat pas pour conquérir, il se contente d'espérer et d'attendre. Cependant, je n'ai pas à juger car je suis responsable de cette situation. Je devrais être plus clair avec lui comme avec moi : ou nous vivons carrément en couple, ou nous nous séparons définitivement. Or je veux continuer à profiter de sa gentillesse, de ses qualités en tous genres, sans connaître les inconvénients d'une vie à deux, le poids de ses sentiments pour moi tout en ignorant les miens pour lui. Je repense à Adrien qui trouvait que je me posais bien trop de questions ce qui me compliquait et compliquait mes relations avec autrui.
Le retour de Bernard s'effectue dans une ambiance chaleureuse. Prévenu de cette arrivée, Augustin s'efface quelques temps, profitant de mouvements de personnel aux PTT pour effectuer une autre tournée durant un mois ou deux. Cela devrait me permettre d'éclaircir mes idées. Dès le premier jour, Bernard reprend ses habitudes avec moi. Ses journées de travail durent parfois plus de 12 heures, ce qui le rend facile à supporter même s'il a tendance à me prendre pour bobonne qui sert son divin époux. Une occasion se présente qui m'autorise à le remettre en place, sans heurt, mais avec énergie. En effet. Adrien me câble son désir de résilier le bail de son appartement chez nous. Il assure être parfaitement heureux aux USA, vouloir y passer le restant de sa vie. Il demande de me charger de tout. En échange il se propose de m'offrir des vacances près de lui pour, précise-t-il, achever ma formation gay. J'accepte le marché. Sans donner quelque raison que ce soit à Bernard, je lui signifie simplement que je vais m'absenter deux ou trois jours et ce, à plusieurs reprises. Il a l'autorisation de continuer à résider chez moi. Il me paraît abasourdi par ce qu'il entend. En riant, j'ajoute :
<< - Eh Bernard, nous ne sommes pas mariés ! J'ai ma vie, en dehors de toi. Tu sauras te débrouiller ici. >>
Cette perspective ne l'enchante guère. Ce dont je ne tiens aucun compte. Trouver à me libérer de mon boulot ne présente aucune difficulté.
Lors du premier bref séjour en ville, j'effectue diverses démarches pour le compte d'Adrien, muni d'une procuration en bonne et due forme. Le soir, je hante les bois profitant de l'arrivée imminente du printemps. L'air doux domine en ce début mars, les beaux garçons effectuent une timide sortie étrennant leurs nouveaux habits légers ou semi-légers. Bon, je ne suis pas là pour admirer la tenue de ces messieurs mais plutôt pour admirer ce que contiennent ces tenues. Dans le même temps, j'apprends la sexualité sauvage, en pleine nature, dans un endroit public. La faune fréquentant ces lieux me fascine. Tous âges, tous types, tournent, virent, observent, tâtent, poussent, repoussent, sucent, prennent, se font sucer ou prendre. Les rencontres furtives ne s'encombrent pas de circonvolutions en préliminaires, sauf en de très rares cas. La solitude n'est jamais de mise, tout se déroule sous l'œil scrutateur de voyeurs ou de candidats à la participation. Deux choix se présentent : ou se barrer ou se mêler aux autres. Le second choix me sied et j'y vais sans réfléchir. Les premiers assauts sur ma personne ne tardent pas. C'est l'occasion de constater la rapidité, la ruse, dont font preuve les hommes d'un âge certain pour arriver les premiers. C'est aussi l'occasion de leur montrer avec tact, que je ne suis nullement attirer par leur plastique. Passées plusieurs minutes à trier, je peux enfin me consacrer aux plaisirs des chairs. Tandis qu'une bouche avide gobe ma queue toute roide, mes mains câlinent chacune une bite pendant qu'une bouche s'appesantit sur mes lèvres. Régal des partenaires multiples qui ne s'occupent que de moi, même s'ils fricotent entre eux. D'autres doigts agiles s'insèrent sous mes boules avant de s'aller taquiner mon anus. J'écarte les jambes afin de laisser un passage plus aisé : des phalanges pénètrent dans mon trou alors que ma queue lâche la purée qui arrose mon suceur dont je devine à peine le visage. Je suis content de cette première. Je remonte mon pantalon, enfile ma chemise dedans, ferme mon blouson et part continuer la visite des lieux. Des soupirs attirent mon attention. Un jeune gars, plaqué contre un arbre, cul à l'air, provocant, semble attendre. Au moment où je m'apprête à l'aborder, un type entre deux âges me double, queue en main, qu'il fourre dans l'anus exposé. Mouvements en balançoires, maints va et vient sans aucune chaleur, sans aucune sensualité. L'enculeur bougonne deux ou trois mots, secoué par les spasmes de l'éjaculation. Le voilà qui se retire, sa queue rapidement essuyée avec un mouchoir. Tandis qu'il se rhabille, un autre baiseur prend sa place. Le jeune ne bouge pas, ne regarde pas qui l'encule. Fasciné par le spectacle, j'assiste au "passage" de quatre gus. Scénario identique pour tout le monde. Alors qu'un cinquième se présente, le jeune fait signe de patienter. Il s'éloigne, revient deux ou trois minutes plus tard, reprend sa place. L'autre le fourre illico. Un sixième, un septième, un huitième. Dégoûté, je vais faire demi-tour lorsque le jeune me fait signe. Curieux, mais pas du tout attiré à lui offrir ma bite, je m'approche de lui. Il ricane :
<< - Qu'est-ce tu restes planté là ? Où tu me baises, ou tu te barres. - Tu trouves du plaisir à te faire enfiler comme ça ? - Question con, mon grand. Si je ne prenais pas mon pied, pourquoi je le ferais, hein ducon ? Allez ! Fous le camp ! >>
Je ne sais que dire. Par contre, en voyant dégouliner un filet humide suspect sur une de ses jambes, je sais quoi faire : m'éloigner vite fait. La prestation du gars me rebute à un tel point que je décide de changer d'air. Je l'entends murmurer un qualificatif peu flatteur à mon égard, ne m'en soucis guère. Très vite mon écœurement disparaît car certains souvenirs d'un séjour au sauna resurgissent dans lesquels la pute se nommait Daniel. En sortant du bois, j'entrevois une tête connue. Si j'en juge par son aspect, il cherche un soulagement vite fait, genre "tourne ton cul que je m'y abrite". J'hésite : peut-être qu'il n'appréciera pas de me voir. Cependant, l'espérance de me faire culbuter chaleureusement, avec grand jeu, me tente énormément d'autant que le spectacle de tout à l'heure m'a coupé l'envie de continuer les aventures sur un tel terrain. Donc, un seul moyen pour être certain de ne pas le froisser : faire celui qui ne le voit pas quand je le croiserai. L'idée me paraît géniale sauf que Mario se rend compte de mon manège, s'approche :
<< - Alors, on fait sa mijaurée avec le beau Mario ? Tu sais que tu m'emmerdes jamais. Un appareil à baise comme le tien ça se refuse jamais. Ça te dit ? - Je te croyais à Paris. - Eh non ! Déménagement oblige. Y'a pas mal de trucs à faire avant de se barrer d'ici. Pas facile avec bobonne et mon bout de chou. Eux sont là-bas. Moi j'y vais après-demain. Mais qu'est-ce tu fais en ville ? T'es libre ? On peut se la donner tous deux avant que je me taille ? Qu'est-ce t'en penses ? - Je liquide l'appartement d'Adrien. Il reste aux USA définitivement. Ok pour passer ces deux jours dans le même lit. - Ça me botte et ça m'arrange, mec. Tu sais, hier je me demandais si j'allais faire une virante dans ta turne, histoire de me soulager les burnes. Ça fait 4 jours que bobonne est partie avec mon lardon alors j'ai les couilles un peu pleines. - Je m'en doutais, puisque tu traînes ici. - Ouais j'étais jamais venu mais j'aime pas trop. Si je t'avais pas trouvé, je crois que je me serais taper une queue vite fait en regardant les mecs s'embrocher. C'est plus prudent, à mon avis. - Pourquoi tu ne cherches pas une fille ? - On voit que c'est pas ton rayon, les bonnes femmes ! Trop compliquées la drague avec elles. Sauf les putes, c'est vrai, mais j'y tiens pas. Surtout que le beau gosse que je suis peut tirer un coup avec un beau petit gars comme toi. >>
Le gros flatteur ! Je suis heureux de cette rencontre et des perspectives qu'elle engendre. Petit dîner en amoureux, avec apéritifs, vins et digestifs à volonté : faut bien finir les bouteilles ! 48 heures de ce régime devraient nous donner suffisamment de forces pour affronter les efforts qui nous attendent. Alors qu'il procède à mon déshabillage, j'observe Mario. Moins maigre que lorsque je l'ai connu, plus sûr de lui, assumant mieux ses qualités, ses défauts ou ce qu'il pense tels. Reste bel homme. Je suis surpris de voir l'attachement qu'il éprouve pour ma pomme. Comme s'il lisait dans mes pensées, il déclare, sur un ton légèrement suppliant :
<< - Quand je serai bien installé à Paname, tu viendras me faire reluire de temps en temps ? Oh ! Pas trop souvent, on risquerait y prendre goût, mais juste histoire que moi et toi … enfin tu comprends ce que je veux dire … ça serait dommage que je t'oublie et que tu m'oublies. T'es mon seul vrai pote, Daniel. - D'accord pour le séjour dans la capitale. T'inquiète ! Je n'irais pas souvent, je ne suis pas riche, tu sais. - Qui te parle de payer quelque chose ? C'est moi qu'invite, c'est moi qui raque ! >>
Je me plaque tout contre lui alors qu'il s'empare de mes lèvres, que sa langue croise la mienne, que ses mains s'appesantissent sur mes fesses. Je sens sa queue frétiller sous ses vêtements. Il murmure :
<< - On se fait le grand jeu, hein ? Faut que le souvenir reste dans mon crâne jusqu'à ce que tu viennes à Paris. >>
Rien à dire, juste passer à l'action. Nu devant Mario qui me contemple, l'œil humide, déjà un peu triste. Je lui roule une pelle, déboutonne sa braguette, sort la queue raide que je masturbe doucement tout en disant :
<< - Tu ne vas pas tomber amoureux de moi maintenant, dis Mario ? Tu as femme et enfant, je te le rappelle. - Je sais plus trop. C'est bizarre la vie. On attrape toujours le contraire de ce qu'on veut. Tu m'écoutes, Daniel ? - Ouais, vas-y. Parles tant que tu veux, moi je m'occupe de ta bite. >>
De fait, je le suce délicatement, lovant ma langue autour de son gland, avalant l'engin dans son entier, léchant les couilles velues et bien pendantes malgré la bandaison impressionnante. Mario continue :
<< - Quand j'étais en cabane, j'ai juré de plus jamais troncher un gonze et encore moins me faire troncher par un gonze. Et voilà que je suis tombé sur toi, mignonne petite gueule, beau cul, belle bite. Je sais pas ce qui m'a pris de repiquer au truc pédé. Maintenant j'en suis là, à plus m'en passer. C'est con, non ? La vie sûrement. N'oublie pas de passer ta langue entre mes couilles et mon trou. Je suis un sensible de l'entre cul comme j'appelle ce coin. Voilà ! Bien ! C'est bon… Continue… Attends, je me baisse un peu et t'as mon trou à lécher. Ouais, comme ça ! Le pied, mon gars ! Qu'est-ce je disais ? Ah oui ! Je t'ai rencontré. De suite, j'ai compris que j'en pincerais un jour pour ta petite gueule. J'ai rien fait pour l'éviter. Peut-être que c'est le naturel comme on dit. Vas-y, mets les doigts, enfonce-les à fonds, ma petite gueule. Putain, t'as l'art de me faire fondre. J'ai cru pendant longtemps que c'était pas vrai. Maintenant, je sais. Enlève les doigts, fourre ta queue, d'un coup, que je la sente bien. Tu baises comme un dieu. Vas-y, n'aie crainte ! Elle me remplit le cul comme j'aime. Pistonne-moi à la brute ! Ouais …. C'est bon, continue… doucement, jouis pas trop vite, je veux la sentir longtemps me bourrer… Tu vois, petite gueule, pour moi c'est ça être heureux. Quelqu'un de bonne compagnie, giron, bien tourné, bien fourni, qui se monte pas le bourrichon quand faut s'éclater. C'est toi, quoi ! Remarque, ma gisquette aussi elle est pas mal question festivités du cul. Attends, sors pas, on va se faire un petit plaisir en plus. J'ai ce qu'y faut dans mon sac. >>
Nous avançons, ma bite dans son cul, jusqu'au canapé. Il prend son sac, en sort un ravissant gode qu'il mouille dans sa bouche avant de le glisser gentiment aux côtés de ma queue, dans son trou. Il reprend ses commentaires :
<< - Dommage que c'est pas une vraie. Une fois en taule, deux m'ont enculé. Au début je couinais comme un porc qu'on égorge mais vite j'ai pris un super pied ! Dans les autres cellules, y croyaient que des matons me refilaient une rossée. N'hésite pas, enfonce ça bien comme y faut… Ralentis, je vais cracher. Comme ça, la jute redescend… Branle-moi… Ce soir, y'a que moi à passer à la casserole… Je suis ton trou à jus … Demain, on verra… Putain c'est bon ! Frotte pas trop mon gland dans ta main sinon ça va gicler ! J'aime quand tu mords mon cou, mes oreilles… T'as la baise dans le sang, c'est chouette ! Ça y est, tu vas lâcher la purée ? Je te suis, petite gueule… Vas-y à fond la cale ! Tu branles comme un chef ! Ça y est, c'est parti ! Ah !!!!!!! Laisse-toi aller ! >>
Je me laisse aller, inondant copieusement les intestins de Mario ainsi que le gode qui accompagne ma queue.
La séance se reproduit plusieurs fois durant les deux journées, avec de nombreuses variantes. Nos ébats tendent à virer au vraiment salace, allant jusqu'à nous uriner mutuellement dessus, alors que nous sommes dans la baignoire puis à nous envoyer en l'air, ainsi humidifiés. J'ai droit au gode vibrateur, à une double sodomie comme celle subit par Mario, bien d'autres innovations pour moi trop longues à énumérer et, à dire vrai, pour lesquelles j'éprouve quelque honte. Lui semble content de lui, de moi. Lorsqu'il quitte l'appartement, au petit matin, pour gagner la gare, sa voix tremblote, la mienne aussi. Comme s'il voulait clore ses confidences du début, il demande :
<< - Dis, Daniel, qu'est-ce tu penses de mézigue ? - Tout le bien possible, sinon je ne serais pas là et je ne t'aurais pas promis d'aller te sucer à Paris un de ces quatre. - Ah … c'est tout alors ? - Vaut mieux pour nous deux, Mario. Ce qui te chagrine le plus, c'est de ne plus m'avoir sous la main, comme ici. Mais ça ne m'empêche pas d'être triste de te voir partir loin. J'ai peur de perdre un bon copain avec qui je baise super. - Bon, on arrête les trémolos sinon on va se mettre à chialer. Pédés, mais pas des gonzesses, hein ? >>
Il quitte la maison. Je ne l'accompagne pas, à sa demande. Il n'aime guère les adieux sur quai de gare, mouchoir agité.
Retour à la maison où une surprise m'attend : le linge sale de Bernard délicatement déposé près de la machine à laver avec un mot écrit de sa main que je pourrais intituler : recommandations pour une lavandière. Monsieur a eu la flemme de mettre lui-même ses frusques dans la machine ! Quant à la vaisselle… j'ai de quoi faire. Gonflé non ? Nous sommes samedi, il revient lundi soir. Il retrouvera sa salopette dégueulasse, comme il l'a laissée. Et le reste aussi.
Pas content le Monsieur ! Bobonne n'a pas obéi. Il ne dit mot, étalant ses vêtements de travail tout en maugréant :
<< - Tu te rends compte, j'ai été obligé d'en emprunter. J'allais pas mettre ces trucs pourris. - Bernard, baiser ensemble, t'héberger en compensation, ça ne veut pas dire que je suis ta bonne. Ça, mon grand, pas question. Tu t'occupes de tes affaires, moi des miennes. Vendredi soir, quand tu es venu prendre ta douche et te changer avant de partir chez toi, tu avais largement le temps de mettre tes habits dans la machine puis de les étendre. Au moins ça. - Oui, je sais, mais j'étais à la bourre ! Et puis, ça te coûte rien de faire ça pour moi. - Non, rien. Mais je vois que tu te comportes comme si j'étais ta femme au foyer, te contentant de mettre tes pantoufles quand tu es là. Qui se tape ménage, cuisine, vaisselle ? Bibi ! Toi tu te tapes le fauteuil, la télé, tu bâfres ce que je cuisine, tu baises avec moi et basta ! - Ben quoi ? Je fais plus de 10 h sur le chantier et l'aller-retour. Tu trouves pas que ça suffit ? - Une question, Bernard : tu fais pareil avec ta légitime ? - Impossible, elle travaille comme une dingue à l'hôpital. Toi t'as le temps pour gâter ton amant préféré. - Crois ce que tu veux mais dorénavant ou tu mets la main à la patte où tu fous tes pieds et tes valises ailleurs. Je ne plaisante pas. Je bosse moi aussi, même si c'est plus décontracté. Alors fais un effort si tu veux rester. >>
Je sors en claquant la porte. Dans l'appentis emménagé en buanderie, je trie mon ligne. J'entends des pas. Deux bras entourent mon cou, un corps se plaque derrière le mien. Bernard susurre :
<< - Le prends pas comme ça, Daniel. Jamais je t'ai pris pour ma bonne. Je sais bien que je pourrais faire un effort. T'as raison là-dessus. J'essaierai, promis, juré ! >>
Afin d'appuyer cette bonne résolution, il déboutonne mon pantalon tout en entamant un joli suçon sur mon cou. Que récriminer dans de telles conditions ? Il n'a pas tort, lui non plus. Il reste absent plus de 12 h par jour. quand il rentre, son seul souci est de se reposer. Et quand il est chez lui, c'est que ses horaires sont moins chargés ; en outre, il n'est presque jamais chez lui les jours ouvrés. Il me dévêt entièrement, honorant la moindre parcelle de peau avec sa langue ou ses lèvres. Puis, mine de rien, sa barre à mine me pénètre à fond, coulisse. Ses doigts enveloppent ma bite, soupèsent mes burnes ou rejoignent la queue dans mon anus. Plus aucun reproche à émettre. Seuls des compliments me viennent aux lèvres, compliments sur la façon qu'il a de me sauter gaillardement. Tout en continuant de farfouiller dans mon anus avec son engin, il enlève chemise et maillot de corps, baisse complètement son pantalon, laissant ainsi à ma disposition sa poitrine à la douce toison que j'aime tant sentir contre moi. Ses jambes enserrent les miennes. Petite gymnastique pour permettre quelques pelles savoureuses avant de me pencher afin que la chose me pénètre encore plus, que je la sente toute entière en moi, s'accoquinant avec les doigts d'un Bernard maintenant au bord de l'éjaculation. Il hurle sa jouissance pendant que je grogne la mienne. Une longue paix vient d'être scellée. Ensemble, nous nous dirigeons vers la cuisine, à poil, afin d'y préparer communément le repas.
Tout en dînant, nous racontons nos faits durant ces derniers jours. Le sujet épuisé, avant d'en entamer un autre aussi anodin que le précédent, Bernard confie :
<< - Tu sais, je parle souvent de toi à ma femme. Attention, elle croit que t'es seulement un bon collègue de travail qu'habite tout près du chantier, c'est tout. - Oui, et alors ? - Ben ça prouve que je te prends pas pour une pute que je baise pour qu'elle me loge, comme tu l'as dit tout à l'heure. J'ai du respect pour toi. C'est tout ! - Je le sais. Seulement parfois tu te conduis comme si je n'existais que pour ton confort. En plus, je suis assez susceptible. Alors je m'emporte au lieu de m'expliquer calmement. - Ouais, j'ai vu. Ça te dirait de venir avec moi, vendredi prochain, si t'es libre ? Tu resterais avec nous à la maison et retour le lundi. - Chez toi ? Dans ta famille ? - Ben ouais, pourquoi pas ? Ça te dérange ? Je t'ai dit que je parle de toi à la maison. Maintenant, ils sont habitués. C'est ma femme qu'a proposé de t'inviter. Je suis content d'exécuter son ordre. Alors, tu viens ? - Non, je préfère que nous restions comme nous sommes. Pas d'interférence entre tes deux vies. C'est plus sage. - Dommage ! J'espérais que tu accepterais. On n'en parle plus. >>
Je suis énormément sensible à l'invitation de Bernard. Cependant, je la refuse non par crainte d'une gaffe ou d'un geste malheureux pour cette famille, mais uniquement parce qu'une pointe de jalousie trouve à se nicher dans mon esprit. Là-bas, ils partagent tout, dans leur famille. Moi seulement quelques nuits volées avec interdiction d'en révéler quoique ce soit à qui que ce soit. Elle possède tout de Bernard, moi si peu. Pourtant, je ne m'estime pas amoureux de lui. Sa femme, je ne la considère pas comme une concurrente, une rivale. Alors ? Ce refus est d'autant plus étrange que j'ai accepté d'aller à Paris rendre visite à Mario qui, lui aussi, possède famille. Pourquoi deux poids, deux mesures ? Probablement à cause de la date trop proche proposée par Bernard. Concernant Mario, c'est une éventualité, un lointain projet avec condition qu'il soit définitivement et bien installé. Par ailleurs, Bernard c'est le casanier parfait. Le voir dans son milieu, dans son nid, serait attenter à leur harmonie familiale. Je me vois mal tenant le crachoir à son épouse sachant que dès la première parole je serais contraint de mentir. S'agissant de Mario, mon sentiment diffère. Il me paraît plus frivole, moins attaché au foyer dans la mesure où sa femme connaît ses aventures même si elle les pense féminines. Certes, je mentirais obligatoirement, si je veux cacher nos véritables relations entre son mari et moi. Mais je ressens une sérieuse différence entre les deux familles sans pouvoir la déterminer avec exactitude. Et, bien évidemment, j'éprouve également une pointe de jalousie envers la femme de Mario qui, selon moi, le possède entièrement quand je n'en n'ai que quelques bribes. Tout ceci me démontre la saveur d'une relation avec un Adrien, garçon attachant qui ne s'attache pas et fait en sorte que l'on ne s'attache pas à lui. Dans tout cela, que devient Augustin ? Je n'oublie pas mon doux facteur, son effacement momentané dans l'attente de ma décision. Que devient-il ? Il ne donne aucune nouvelle et moi je ne me donne aucune peine de lui en envoyer. Peut-être qu'il a trouvé chaussure à son pied, comme on dit ? Ce serait vraiment dommage pour moi. Quel genre de bonhomme plairait à Augustin ? Soyons sérieux, je ne suis pas le seul à lui convenir ! La petite pointe de jalousie revient lorsque j'imagine Augustin rentrant chez lui, retrouvant un amant devenu attitré, oubliant jusqu'à mon existence. La peur s'empare de moi : suis-je un jaloux invétéré ? Autre chose : je suis pour ainsi dire seul. Je n'entretiens aucun lien amical avec les gens chez qui je travaille : ils m'aiment bien, comme ils disent. Restent mes parents qui, de loin en loin, veillent sur moi mais se gardent bien de me questionner peu désireux d'entendre mes turpitudes et moi de les leur révéler. Donc, s'il n'y avait pas Bernard, je me retrouverais seul avec, comme épée de Damoclès, les deux frères cochons toujours susceptibles de me faire une vie pas possible voire de me faire perdre mon emploi. A ce propos, je suis étonné de n'avoir aucune nouvelle de mes patrons si ce n'est téléphoniquement : ils n'éprouvent guère l'envie de venir couler quelques jours sereins dans leur propriété secondaire. Donc je dois me faire de nouveaux amis et, pourquoi pas, tenter une approche avec Augustin.
Mi-juin. La saison estivale commence sous un ciel des plus cléments. Les touristes, moins nombreux cette année pour cause de crise pétrolière, n'en sont pas moins agréables à regarder pour certains d'entre eux. Quelques mâles avenants passent dans mon lit, y laissent leurs spermatozoïdes, heureux de cette aventure sans lendemain. Pour moi, si ces galipettes apportent un soulagement certain à ma libido, elles ne servent en rien ma recherche d'amis. À plusieurs reprises j'ai commencé à écrire une lettre pour Augustin (dont l'absence dure beaucoup plus que prévu). Impossible de la finir tant je ne trouve pas les mots que je voudrais utiliser. Un soupçon de fierté, aussi, m'empêche de terminer : après tout, pourquoi ce serait moi qui ferai le premier pas ? Dernier dimanche du mois, je vais en ville achever la liquidation de l'appartement d'Adrien. J'ai pris beaucoup de retard pour cause de boulot. Tout est fermé dans cet appartement. Je retire l'étiquette portant les noms et prénoms de l'ex locataire et vais rendre les clés à l'agence ouverte même les jours fériés. Les nouveaux doivent emménager dans le courant de la semaine à venir.
Avant-hier, j'ai sauté Bernard dans la buanderie. Il m'a enfilé peu après dans la cuisine et nous avons conclue la séance dans la baignoire à coups de godes. Ces ébats précipités passés, il a fait son bagage et rejoint les siens. Aujourd'hui, ils doivent faire la queue sur la route des vacances. Il sera de retour le dernier lundi de juillet.
Lundi, triste journée. Personne à la maison à m'attendre. Je n'attends personne. Heureusement, toujours à me suivre, mon Voyou de chien ne cesse de réclamer son dû de caresses. Dans la soirée, je reçois un coup de fil de mon patron : il loue la propriété à la semaine, la seconde de juillet et les deux premières d'août, à des amis. Il m'explique longuement que, pour des raisons personnelles, il viendra le moins souvent possible en attendant de vendre. Un peu obséquieux, il s'engage à me recommander auprès des futurs acheteurs dès que cela sera possible. Mes parents, avec qui je partage mes inquiétudes concernant mon emploi, me rassurent : ils sont toujours là, prêts à me porter secours. Du coup, je reste quelques jours chez eux, négligeant ma maison qui se trouve à moins de deux km. Ensuite, reprise de mon poste de gardien. Une société envoie du personnel pour un grand nettoyage quand je vérifie que tout fonctionne sans problème. Je suis un tantinet anxieux : qui va venir cohabiter, en quelque sorte, avec moi ? Ces différents événements me poussent à, enfin, prendre contact avec Augustin. Oh pas de longue lettre ! Non ! Juste une carte postale, sous enveloppe, portant ces mots : " Coucou ! C'est Daniel qui pense à toi et espère que tu penses à lui. Plein partout de gros poutous. ". L'attente fébrile commence.
Normalement je dois prendre trois semaines de vacances en septembre. Petit mot à Adrien qui me donne son accord pour que j'aille le voir. Il écrit se charger de tout pour le voyage. Je décide de partir deux jours avant, pour Paris où je resterais chez Mario en attendant de prendre l'avion. D'une pierre deux coups, en somme ! D'ici, là, je me morfonds, niquant du touriste qui me nique. Rien de bien palpitant. Je crois que je me suis coincé tout seul dans une sorte de cercle formé d'Adrien, Mario, Bernard, Augustin. Sorti de ces quatre là, je ne vis pas. Idiot, non ? Je me sens pour ainsi dire orphelin de famille gay ! La nostalgie des amants perdus ou partis se trouve revigorée lorsque je reçois un courrier d'Augustin. Deux pages d'une écriture serrée, recto-verso. Il se déclare éperdument amoureux de moi mais ne pouvant me voir papillonner en dehors de lui. Je trouve qu'il s'exprime joliment car avec des mots touchants tellement ils sont simples, ordinaires diraient certains. Il ne me pose aucun ultimatum. Pour lui, attendre ne veut pas dire ignorer ce qui n'est pas moi. Si quelqu'un se présente, il n'hésitera pas à se lancer avec cette personne. Deux phrases rappellent certaines câlineries bien spécifiques qui m'arrachent deux ou trois larmes vite réprimées. À mon tour de me lancer dans les écrits. Je raconte mes soucis du moment, mes espérances lui laissant comprendre qu'il tient une grande place parmi elles sans préciser laquelle puisque je ne le sais pas moi-même. J'annonce ma virée aux USA et lui propose de nous retrouver dès mon retour. La réponse ne se fait pas attendre : il reprend son secteur de distribution de courrier, à savoir mon coin, dès septembre, et me promet de faire une incursion chez moi dès mon arrivée. Mais surtout, il m'envoie de très tendres pelles sur mes jolies fesses ! Ouf ! Je me considère comme sauvé !
Les locataires successifs de la propriété ne sont ni embêtants, ni exigeants. Les premiers, un couple de gens âgés, passent leur temps sur une chaise longue, à l'ombre. Le soir, ils se couchent tôt, le matin ils se lèvent tard. Les seconds débarquent avec une nombreuse nichée. Je prête attention à ce qu'ils ne détériorent rien. Les troisièmes ne viendront pas : annulation de dernière minute. Mon patron voudrait que je remette mes vacances afin de servir de guide aux visiteurs candidats à l'achat. Il n'apprécie guère mon refus poli mais ferme. Nous arrivons tout de même à nous entendre : il remet à octobre l'opération vente.
Déjà fin juillet. Que le temps passe vite malgré mon impatience de partir sous d'autres cieux, en farniente. Bernard, de retour, bronzé plus qu'à l'accoutumée, me comble de ses chairs comme s'il voulait rattraper un retard. Je lui annonce mon départ en vacances, dans un mois :
<< - Adrien m'invite là-bas, il paye le voyage et l'hébergement. - Tu vas t'envoyer en l'air façon GI ? - Façon Adrien, oui c'est sûr. Ton invitation à passer un week-end chez toi, ça tient toujours ? - Je veux, oui ! Ma femme m'a même demandé de te relancer. - Je reviens de Boston le vendredi 28 vers 20h à Roissy. Je peux faire une halte chez toi et je rentre ici avec toi. - Eh ben voilà ! Quand tu veux, tu peux, mon lapin ! - Par contre, tu vas devoir chercher à te loger avant mon départ. Mon patron vend tout. Je ne sais pas si les nouveaux me garderont. En attendant, personne que moi ici. - T'en fais pas ! Je savais bien que ça pouvait pas durer. Je reviendrai à l'hôtel, comme avant et comme les autres ! >>
La conversation s'achève culs à l'air, bites en l'air, foutre fusant dans l'air histoire de voir qui en a le plus et qui gicle le plus loin. Gamins va ! On s'endort museau-museau, bites en mains.
Les plus réticents à ces vacances lointaines sont les parents, cela va de soi. Que vais-je faire là-bas ? Dans quelle ville ? Surtout pas New York, il s'y passe trop d'horreurs etc. Je calme mon petit monde, leur rappelant Adrien, un rat de laboratoire qui exècre les situations dangereuses, comme les lieux à risques. Papa se dit content de garder Voyou tandis que maman peste par peur de voir son beau mobilier servir de nonos au jeune toutou.
La veille du départ, Bernard emballe toutes ses affaires. Pas mal d'affaires en vérité. Nous discutons des derniers détails pour les retrouvailles puis dînons léger. Une fois au lit, les baises de circonstance bien appliquées, j'ai beaucoup de mal à dormir, imaginant ce que seront les prochaines semaines. En tout cas, je les vois plus que sensationnelles, emplies de choses merveilleuses, de moments excitants, Adrien en est le garant selon moi. Bernard se réveille à deux reprises, s'évertue à me calmer par une médication de son cru logeant sa tête entre mes jambes et sa bite devant ma bouche ou casant sa queue dans mon trou quand ce n'est pas la mienne dans le sien. Résultat, au petit matin, deux gars pantelants, les yeux bordés de valises innommables, tentent d'entamer une journée qui s'avère chargée et pénible.
7h30 du matin : Paris sous la brume. Mario, galant homme, prend mon sac de voyage, constate :
<< - C'est tout ce que t'emmènes ? - Les laveries, ça existe. Pas besoin de 36 malles. - T'as amené tes outils de baise avec toi ? - Tu es fou ! Et la douane ! Tu me vois passer avec ça ? >>
Une question me taraude : où vais-je crécher les deux prochaines nuits ? La voiture se dirige vers le périphérique. Mario me raconte sa vie de famille, les exploits de son fils, exploits géniaux selon lui. Enfin, il précise :
<< - Bobonne est dans sa famille. Elle rentre demain après-midi. On fera un gueuleton tous ensemble demain soir. Le programme prévu est foutu. J'ai des trucs qui me sont tombés dessus et rien à faire pour les éviter. Je te laisse à la casbah et on se retrouve vers 7h ce soir. Scuse pour ces changements, pas ma faute. >>
Arrivé sur place, juste quelques pelles. Mario me montre ma chambre, laisse un jeu de clés et s'en va. Je me retrouve gros jean comme devant, ne sachant que faire. Nous sommes en banlieue et je ne sais même pas où prendre les transports en commun. Après une douche rapide, je sors acheter un plan, quémander quelques renseignements. Me voilà aventurier, tentant d'aller visiter deux ou trois monuments. Direction le Louvre que je rêve d'explorer depuis longtemps. Je sais que je ne verrai que peu de choses mais ça ne fait rien. Arrêt Concorde. Adrien m'a parlé de ce jardin des tuileries. Je le traverse lentement. Il n'est que 10h, peu de gens se baladent. Dix minutes plus tard je marche à grands pas dans les galeries afin d'en voir un maximum. Je suis un peu déçu par la Joconde mais ouvre de grandes mirettes en face de la Vénus de Milo. 13h, mon estomac crie famine. Où manger ? Sous les arcades rue de Rivoli, je vois un petit restaurant portant l'autre nom du célèbre tableau ci-dessus nommé. Une vingtaine de tables, beaucoup de monde. J'attends qu'une place se libère. Une femme derrière la caisse, un barman au comptoir, deux serveurs dans la salle. La démarche du personnel masculin ne laisse aucun doute quant à leur orientation sexuelle. Aucun d'eux ne cache son penchant pour les hommes. Pourtant la clientèle se compose essentiellement de couples mixtes, probablement des personnes travaillant dans le quartier. Déjeuner rapide. Ici, on sert très vite et bien. Au moment de payer l'addition, le serveur, Ismaël, m'offre un digestif. La clientèle déserte le lieu. Je discute avec le serveur qui, sans ambages, me propose la botte dans son studio non loin d'ici. J'accepte. L'affaire est rondement menée, l'homme se dit pressé ne bénéficiant que d'une coupure de 1h, exceptionnellement. Je ne suis pas en très grande forme. La nuit passée dans le train, impossible de dormir. La déception suite à l'accueil de Mario. La nervosité éprouvée parce que je me trouve perdu. Malgré tout, j'admire le corps d'Ismaël. Il mériterait sa place dans une des galeries du palais d'en face. Que dire de son pénis ? Un chef d'œuvre ! Dommage que je n'ai pu en profiter comme il se doit. Lui se dit satisfait de notre rencontre. Simple politesse ou est-il réellement content de moi ? J'ai peine à le croire. 16h jardin des tuileries. La faune homo pullule. Des habitués pour la plupart. Ils se saluent, taillent une bavette en attendant de trouver la perle qui les fera monter au 7ème ciel. Ma personne fait l'objet de bien des regards et, probablement, de bien des conversations. Je suis tout nouveau, alors … Mais je ne drague pas, pris par une espèce de trac pas possible à cause du demi-fiasco subi avec Ismaël. Alors je déambule sur les champs Élysées, ruminant de mauvaises pensées. 18h je prends le métro puis le bus pour rentrer. Ces transports en commun me guérissent à jamais d'habiter une grande ville et, à fortiori, Paris !
Nouvelle douche, je m'allonge. Mario me réveille gentiment en se lovant contre moi, bisous dans le cou. Alors que je m'apprête à une corrida cochonne, je me rends compte que Mario ne réagit pas comme il se doit. Il déclare :
<< - J'ai pas eu le courage de te le dire mais je bande plus pour les mecs. Je croyais qu'avec toi ça serait différent. Scuse de pas être à la hauteur, Daniel. Mais je t'ai quand même à la bonne, mon petit mec ! >>
Pas besoin de longues explications. Nouvelle déception ! Ce voyage commence décidément mal. Alors, je décide :
<< - Je comprends. On en reste là. Je vais à l'hôtel, ce sera bien mieux comme ça. >>
Mario ne dit mot, la tête basse. Il me laisse partir, inerte. Que s'est-il passé ? Je me dis que ce n'est pas important, juste les aléas de la vie. Pourquoi ne pas être resté ? Il n'avait pas l'air de tenir spécialement à ce que je reste. Mes préoccupations dérivent vers l'immédiat : se loger. Je trouve un hôtel dans mes cordes monétaires, pas trop moche et propre. Restaurant histoire de se consoler, où je retrouve Ismaël qui me propose de passer la nuit chez lui. Tant pis pour l'hôtel. On se rattrape de cet après-midi, et je sais ce que se faire bourrer veut dire. Nous nous endormons au petit matin alors que la pâleur de l'aube pointe à l'horizon.
10h réveil. Ultimes câlins, séparation définitive. Un peu abasourdi par ces dernières 24 heures, je me rends à Orly, prends une chambre à l'hôtel de l'aéroport, envois un télégramme à Adrien pour le prévenir de mon arrivée, comme convenu. Je n'ai envie de rien. J'erre dans cette chambre, comme un crétin. D'un coup, un éclair de génie traverse mon esprit. Que fais-je ici ? Partir aux USA, oui, mais pourquoi ? Voir Adrien, évidemment. Tient-il tellement à me voir débarquer chez lui, comme je l'ai fait chez Mario ? Depuis combien de temps on ne s'est pas vu, parlé, avec Adrien ? J'ai le sentiment qu'il a accepté ma venue uniquement pour respecter un engagement pris lors de la liquidation de son appartement chez nous. Mario aussi avait pris un engagement mais au titre de l'amitié sous réserve que cela ne dérange en rien sa vie de famille. Alors ? Je demande les Etats Unis, le numéro d'Adrien. Je lui annonce l'annulation de mon voyage. Il se dit soulagé parce qu'ayant beaucoup trop de travail. On se fait la promesse d'une revoyure prochaine. Tant pis pour le beau passeport tout neuf avec visa US ! Je récupère quand même une bonne partie de l'argent avancé pour le voyage.
De l'aéroport à la gare : un train part dans 1h. J'appelle Augustin, lui annonce mon intention de rentrer. Il pousse un cri de joie, promet de m'attendre à l'arrivée. Au tour de mes parents qui s'étonnent de ce revirement tout en s'inquiétant de savoir si quelque malheur ne s'était pas produit dans ma vie privée.
Du coup, le cœur léger, l'âme sereine, je m'offre un retour en wagon lits, 1ère classe après m'être restauré dans une "gargote" aux multiples étoiles.
Détendu, je me retrouve sur le quai. Papa, maman, sont là accompagnés d'un Voyou fort bruyant, fort remuant en reconnaissant ma voix. Gros câlins à tout ce petit monde. Alors que nous sortons de la gare, j'aperçois une voiture des PTT et un Augustin appuyé contre le capot qui hésite en constatant que je suis en famille. Suivis par la parentèle, je m'approche de lui, le présente à mes parents tandis que Voyou manifeste son contentement. Maman insiste pour que nous déjeunions tous ensemble. Papa hésite puis :
<< - On s'est déjà rencontré, n'est-ce pas ? - Oui, Monsieur, on se voit quand vous avez un recommandé ou un colis. Je suis votre facteur. Mais ces temps-ci j'ai fait une autre tournée. >>
Papa hoche de la tête tandis que maman sort sa bourde coutumière :
<< - Un fonctionnaire c'est mieux qu'un ancien bagnard, n'est-ce pas mon fils ? >>
Comme quoi tout se sait dans notre patelin. Papa lui file un léger coup de coude en nous enjoignant de ne pas "faire attention". Durant tout le repas, j'ai comme l'impression d'être la fiancée qui vient de présenter son fiancé à ses parents. Les miens posent nombre de question à un Augustin qui ne rechigne pas à répondre même si, souvent, il reste évasif. En fin d'après-midi, papa et lui sont copains comme cochons (fans de sports et de voitures) tandis que maman ne cesse de combler Augustin de compliments pour lui avoir réparé sa machine à tricoter. Agréé par les miens, mon homme !
Je me sens tout drôle en débarquant à la maison, Voyou sautillant de joie en retrouvant ses habitudes et Augustin s'attelant à préparer un apéritif. Afin de reprendre contenance, je vide mon sac. J'entends, venant de la cuisine :
<< - Alors, qu'est-ce tu vas branler durant tes vacances ici ? - Toi, si tu veux bien. - Chouette programme ! Mais je bosse, moi, même si je suis fonctionnaire, faut pas croire - Je t'attendrai en te préparant de bons petits plats, si tu es d'accord. - Ouais ! La classe, un gonze à la maison ! Seulement, avant faut qu'on cause. Qu'est-ce tu comptes faire avec moi ? - Comment ça ? - Je suis le régulier ou un bouche-trou en attendant que tu reconstitues ton harem ? - Si on faisait un essaie? Mes vacances ratées serviront à ça. Qu'est-ce que tu en penses, Augustin ? - Donc c'est que t'es pas sûr de toi. - Sûr, je ne sais pas. Mais mon annulation pour les USA montre que je ne tiens pas particulièrement à partir loin d'ici. Mario n'est plus là, Adrien non plus, Bernard reparti à l'hôtel. Alors, à ton avis, pourquoi suis-je revenu ? >>
Augustin apporte deux martinis. Les verres posés sur un coin de table, il entoure ma taille avec ses bras :
<< - D'accord, on fait un essai, comme tu dis. Chez toi ou chez moi ? - Ici, on sera mieux. Personne ne viendra nous embêter. Après, eh bien on décidera ! N'oublie pas que j'ai de grandes chances de me retrouver à la rue. - J'hébergerais ce joli petit clochard à l'anatomie inoubliable. Daniel, je t'aime pour de bon. Dingue de toi ! J'étais malheureux ces derniers mois. Plus d'une fois j'ai failli t'appeler. >>
Il me renverse sur le lit auprès duquel nous étions revenus. Sa bouche voluptueuse enveloppe la mienne, sa langue se fourvoie avec la mienne. Il est beau mon Augustin ! Je le lui dis d'une voix toute chose. Je redécouvre son corps musclé qui enserre le mien. Je suis comme frêle à ses côtés malgré ma corpulence non négligeable.
Je devine l'avenir serein : aucune obligation, une attache soumise à condition, un homme à mes côtés le temps que je voudrai.
La bouche se faufile entre mes jambes pour aller s'accoquiner avec ma rosette. Mes fesses se trémoussent au contact humide et tiède.
Je viens, sans m'en rendre compte, de rayer trois amants de ma carte des amours. Les trois plus anciens.
La queue énorme s'enfourne entre mes lèvres. Je la déguste tout en continuant mon délire mental.
Ces trois amants se sont rayés eux-mêmes de cette liste, comme si nous n'étions plus utiles les uns aux autres, effaçant un passé afin d'entamer un avenir totalement différent pour chacun de nous, séparément.
Le présent se manifeste en m'envoyant plusieurs giclées de sperme au fond de la gorge. J'avale un maximum n'empêchant nullement une coulée aux commissures. Augustin essuie le trop plein avant de s'asseoir sur moi, empalé par ma bite qu'il rudoie fort agréablement.
Suis-je "marié"', en quelque sorte ? Tout y est, y compris présentation à la famille.
Ma matraque coulisse à merveille dans cette caverne de la jouissance. L'amant embroché se plie afin de porter ses lèvres aux miennes. Sa queue mouillée frotte sur mon ventre, bande de nouveau. Je la devine tressautant contre ma peau. Je pousse la mienne afin de mieux pénétrer l'homme qui me fait l'honneur de rester à mes côtés.
A moins, l'horizon s'éclaircit. Plus besoin de questionnements sur mes envies, mes choix. Dorénavant, un seul cas me préoccupe : Augustin. Encore qu'il n'y est aucune difficulté à vouloir s'efforcer à vivre avec un être aussi charmant. Efforcer n'est peut-être pas le mot. Disons chercher à le garder le plus longtemps possible.
Mon corps se tend laissant un geyser de foutre inonder les entrailles d'un Augustin qui se crispe sous sa propre éjaculation. Essoufflés, nous passons aux mignardises de l'après. Il murmure de tendres mots, je lui en susurre. Comme deux jouvenceaux, nous nous amusons à nous aimer.
Épilogue
Deux semaines après ce voyage "désorganisé", je reçois un cadeau d'Adrien : toute une garde-robe en jeans. Il dit regretter ma non-venue tout en la saluant : pincé le gars, par un jeune noir aux yeux de biche, selon sa description. Mes remerciements seront les derniers mots que nous échangeront.
Mario s'accroche à sa famille qu'il complète avec deux jumeaux, des garçons. Lorsqu'il repasse dans la région, une envie subite de revenez-y le mène jusqu'à notre logis. Il s'ébat toute une nuit entre Augustin et moi. Ensuite, il regagne ses pénates pour toujours.
Bernard reprend sa vie d'hétérosexuel. De temps à autres, il vient nous tenir compagnie, le temps d'un repas, tout en faisant en sorte qu'aucune idée friponne ne nous effleure : il reconnaît ressentir une petite jalousie, comme si Augustin avait pris sa place.
La propriété ne se vend pas. Mes patrons, après mûres réflexions, la conservent et moi par la même occasion. Les frères ne réapparaissent plus dans le coin, trop occupés par leurs affaires, au ravissement de leur mère, au grand dam de leur père. Ces deux derniers me comblent de louanges, acceptant la présence permanente d'Augustin, chouchoutant Voyou qui ne demande que cela.
Quant à nous deux, moi et Augustin, nous vivons ensemble dans une entente faite de libertés. Ses écarts compensent les miens. Il s'est habitué à cette idée qui, au demeurant, ne semble pas lui déplaire.
Maintenant, se pose la question suivante : vais-je continuer à végéter ainsi ou tenter une aventure afin de connaître une destinée un peu plus glorieuse ? J'y pense et Augustin m'y encourage tout en espérant que, lui aussi, cherchera à grimper les échelons, comme on dit. En cas de réussite, notre couple résistera-t-il ? Nous sommes conscients de cela et c'est sûrement pour cette raison que nous hésitons à passer le Rubicon. Et puis, nous avons tant d'autres expériences à connaître, seuls ou en couple….
- FIN -
Commentaires
cette histoire comme toutes celles de JMB que j'ai déjà lues par le passé m'a beaucoup plu. Que nous réserves-tu maintenant ?
Un texte superbe, bien conçu, bien écrit, truculent.
Bravo !
J'ai beaucoup apprécié ce récit, bien écrit, plein d'idées. Je ne me suis en rien lassé des turpitudes de Daniel et j'ai presque tout lu d'une traite, attendant avec impatience de connaître la suite. Je n'ai qu'un regret c'est que la description physique des intervenants soit tellement édulcorée que j'ai eu du mal à les imaginer. Ca aurait aidé à renforcer le fantasme.
J'ai eu l'impression de voir se dérouler une vraie tranche de vie. Très crédible.
A quand la suivante ?
histoire très bien écrites, pas un seul moment de lassitude, tout s'enchaine facilement
un grand merci JMB
Magnifique apprentissage ... et un immense plaisir à en lire le récit.
Merci JMB