LA MARQUE DES FORCEPS
par Andrej Koymasky © 2008
écrit le 8er Mai, 1985
Traduit en français par Christophe

CHAPITRE 1
LA NAISSANCE ET L'ENLÈVEMENT DU PRINCE NIELS
Il était une fois un roi nommé Harold. Il était très aimé de ses sujets et respecté des monarques voisins. Gertrude, sa Reine, était aimée de tous pour sa beauté et sa bonté. Mais le Roi Harold avait atteint quarante ans sans que la reine ne lui ait encore donné un héritier.
A la cour, on lui suggéra de répudier la Reine, mais Harold l'aimait profondément, et ne voulut pas en entendre parler. Le Roi déclara qu'il adopterait plutôt l'un des fils de ses sœurs, le faisant ainsi l'héritier du trône. Mais d'autres conseillers s'y opposèrent au motif que ses sœurs ayant épousé des monarques voisins, cela pourrait créer un dangereux précédent, et qu'un jour, un roi voisin pourrait réclamer la terre du neveu ainsi adopté.
Alors le Roi Harold, écoutant le conseil d'une dame d'honneur de la Reine, décida de tenter un ultime recours.
Avec la reine, il se rendit en pèlerinage au Mont de l'Aigle où vivait un saint homme, célèbre pour sa clairvoyance. Le cortège royal arriva aux pieds de la montagne. Le roi les fit tous arrêter, et retirant son manteau et son or, il se vêtit de bure et retirant les voiles de son épouse, il l'habilla de même. Puis, pieds nus, ils se rendirent seuls jusqu'à la grotte du saint ermite.
"Roi Harold, Reine Gertrude, qu'est-ce qui vous conduit chez moi ?" demanda le saint ermite dès qu'il les vit se présenter devant la grotte.
L'ermite n'avait encore jamais vu le Roi et la Reine et ce n'était certainement les vêtements de bure qui pouvaient lui avoir fait comprendre qui étaient ces deux visiteurs. Le roi demanda donc au comble de la stupeur, "Comment sais-tu qui nous sommes, Brett, saint homme?"
"Le Dieu de cette terre m'a annoncé en rêve votre visite, mais également la raison pour laquelle vous venez. Vos prières seront exaucées, Majesté, et vos espoirs comblés, ma Reine. Vous aurez deux fils. Tous deux vous seront, de manière différente, la source de grands chagrins. Malheureusement, ce sont les choses telles que je les vois."
"Mais mon héritier sera-t-il un bon roi ?"
"Oui, Sire, un très bon roi."
"Cela me suffit, saint homme. Même si mon épouse et moi devons souffrir, cela me suffit. Comment puis-je te remercier pour ces bonnes nouvelles, saint homme ?"
"Je ne suis que le messager. Remercie le Dieu, mon Roi, en consacrant ton aîné au Dieu Niel et en lui donnant son nom. Sais-tu ce que signifie vouer un garçon au dieu Niel ?"
"Qu'il ne pourra jamais s'unir à à une femme, sous peine d'encourir sa colère. Mais alors, comment aura-t-il un héritier ?"
"Le Dieu y pourvoira aussi, si ton fils lui est fidèle."
"Très bien, cela aussi sera fait." répondit le Roi en s'inclinant devant le vénérable vieillard.
L'ermite plaça alors ses mains sur la tête de la Reine, puis sur celle du Roi, à deux reprises.
"Ainsi, ton fils premier né verra le jour dans deux ans, précisément, et le cadet dans cinq ans, également à cette date anniversaire. Vous saurez ainsi que le Dieu veille sur votre maison, malgré les épreuves qui suivront. Toi et ta fidèle épouse devrez vous unir à la nouvelle lune, au premier quartier, à la pleine lune et au dernier quartier, mais à aucun autre moment. Vous devrez disposer à proximité du lit matrimonial d'une bassine d'eau de source et d'un rameau de houx. Alors le Dieu vous donnera les fils promis. Vous pouvez aller, à présent, avec la bénédiction du Dieu."
Le Roi et la Reine rentrèrent heureux à la Cour et le Roi annonça à ses conseillers le jour de la naissance de son hériter. Ces derniers, passablement dubitatifs, décidèrent de patienter les deux ans que le Roi leur avait annoncés.
Au bout de quinze mois, la Reine annonça joyeusement qu'elle n'avait pas eu ses règles, et que donc elle attendait son premier garçon. En compagnie de ses suivantes, elle se mit à coudre le trousseau du nouveau-né, sûre que ce serait un garçon. Le Roi commanda une médaille d'or portant le signe du Dieu Neils, auquel il consacrerait son fils, le jour de sa naissance, par une cérémonie solennelle.
Le jour de l'accouchement arriva. Les douleurs de l'enfantement furent terribles, et il semblait que le garçon ne voulait pas sortir. La sage femme décida de se servir de forceps pour faciliter la naissance du bébé. Il apparut, grand et fort, beau malgré le travail, et lança immédiatement un vigoureux vagissement de bon augure. Toutes les dames rirent de bonheur et battirent des mains.
Mais les forceps avaient laissé une marque sur le côté gauche du bébé, trois profondes marques rouges, trois stries verticales, juste sous l'aisselle. La pauvre sage-femme se désolait de ces marques, craignant le courroux du roi, mais il était si heureux de l'arrivé de son premier né qu'il le lui pardonna. Prenant son fils dans ses bras, il vint à la fenêtre du château et le présenta aux nobles et aux chevaliers assemblés qui acclamèrent le prince avec des cris de joie.
Alors le Roi déclara, "Je consacre mon fils premier-né, mon héritier au Dieu Niel et ainsi son nom sera Niels. En signe de cette consécration, je pose cette médaille autour de son cou. Soyez-en mes témoins, vous, mon peuple !"
De nouveaux cris de joie accueillirent cette annonce du Roi et tous s'exclamèrent, "Longe vie au Prince Niels !"
Le petit Niels fut alors emmailloté dans des langes du lin le plus fin et rendu à la Reine qui lui donna son premier repas. Le nouveau-né tétait avec vigueur, alors que les suivantes commentaient avec plaisir ce nouveau signe d'espoir.
De tous les royaumes voisins, des rois qui aimaient le Roi Harold et de ceux qui le combattaient, arrivèrent des présents pour le nouveau-né. Même le Roi Oder fit parvenir des cadeaux précieux, malgré l'ancestrale rivalité entre les deux royaumes. Harold les accepta de bonne grâce et avec des paroles de paix pour les messagers de ses voisins.
Niels grandissait, fort et sain. Pour son premier anniversaire, le Roi décida de le conduire chez le saint homme sur la montagne, pour qu'il le bénisse, et pour le remercier de nouveau pour cet héritier promis. La Reine Gertrude ne voulait pas être séparée de son fils et reçut la permission d'accompagner le petit. Le cortège réduit se mit en route sur les chevaux, escorté de cinq suivantes et sept chevaliers.
Mais quelqu'un, à la Cour du Roi Harold, payé par le roi Oder pour espionner lui envoya immédiatement un message sur ce voyage qui conduirait le cortège à proximité de la frontière des deux royaumes. Oder choisit alors dix de ses meilleurs hommes, les habilla comme les brigands qui infestaient les montagnes et les envoya attaquer le cortège. Il voulait prendre Niels en otage pour forcer le Roi Harold à lui abandonner une bande de territoire vers la mer, que sa famille voulait depuis des générations mais n'avait pu prendre malgré de nombreux combats.
Les hommes du Roi Oder se cachèrent en embuscade à un endroit propice du chemin, arrêtèrent le convoi et l'attaquèrent. Ce fût une brève et violente bataille. Trois des hommes du Roi Oder arrachèrent le petit des bras de sa mère en pleur. La Reine s'évanouit. Les trois hommes s'enfuirent au galop dans les montagnes, pendant que les sept autres se battaient contre les sept chevaliers du Roi Harold.
Quand la bataille fut finie, les sept hommes d'Oder et quatre chevaliers d'Harold étaient morts et deux autres chevaliers étaient gravement blessés, mais il n'y avait plus trace du petit Prince.
La Reine, les suivantes et les trois malheureux chevaliers survivants rentrèrent immédiatement à la Cour. Le Roi Harold convoqua ses chevaliers pour décider quoi faire. Cependant, les trois hommes du Roi Oder avaient traversé les montagnes et rejoint l'endroit où le bébé princier devait être gardé prisonnier et où deux suivantes le l'épouse d'Oder attendaient pour prendre soin de l'enfant. Mais en chemin, les trois hommes furent attaqués et tués par de vrais brigands qui pensaient qu'ils portaient un trésor
Quand les brigands virent que le fardeau sur la quatrième monture n'était qu'un bébé que les hommes d'Oder avaient vêtu de vêtements ordinaires, ils ne soupçonnèrent pas qu'ils avaient un Prince entre leurs mains et restèrent perplexes.
"Un morveux ! Trois hommes d'armes pour convoyer un morveux ? C'est bizarre. C'est dommage qu'on les ait tués, on ne peut même plus leur demander qui est ce mioche. Probablement le fils d'un riche marchand kidnappé pour une rançon. Là; il ne nous sert à rien." dit le chef en secouant la tête, l'air mécontent.
"Laissons-le dans les bois et partons. On a déjà gagné quatre bons chevaux et des armes magnifiques," dit un des hommes.
"Il va mourir, si on l'abandonne ici." dit un autre homme.
"Quelle importance ?" répondit le premier.
"Non, je ne veux pas souiller mes mains pas la mort d'un bébé, ça porte malheur !" dit un autre.
"Alors portons-le au prochain village et laissons-le près du puits. Une femme s'occupera de lui... ou d'elle..." décida alors le chef.
"C'est un gars, regarde un peu cette biroute !" dit un des hommes en dénudant le bébé. Les autres regardèrent en s'esclaffant. L'homme continua, "Je suis sûr qu'une femme s'occupera bien d'une queue pareille !"
C'est ainsi que Niels, de nouveau enveloppé dans ses guenilles, fut remis dans le couffin bâté sur son cheval, et les brigands le conduisirent jusqu'au village suivant, dans le pays du Roi Oder. Quand ils arrivèrent en vue du village, un des brigands démonta, prit le couffin et le posa près d'un puits. Puis ils s'enfuirent au galop.
Au village, on avait vu avec inquiétude arriver la bande de brigands et on fut heureux de les voir repartir. Au bout d'un moment, un groupe de femmes, encore inquiètes, vinrent tirer de l'eau au puits. Si les brigands revenaient, elles savaient qu'elles seraient violées. C'était déjà arrivé. Comme ils étaient venus et repartis en se laissant voir, les villageois pensèrent qu'ils ne leurs tendraient pas d'embuscade.
Quand les femmes s'approchèrent du puits, elles virent le couffin. Curieuses, elles se rapprochèrent et virent le bébé, blanc et rose, les cheveux blonds comme des rayons de soleil, les yeux du bleu d'un ciel clair, le garçon regardait tranquillement les visages qui arrivaient et leur souriait.
"Un bébé !"
"Par les Dieux, comme il est beau !"
"Regardez-le, on dirait un elfe..."
"Pourquoi l'ont-ils abandonné ici ?"
"Si petit, il ne doit même pas être sevré..."
"Regardez son sourire tranquille..."
Bien que le village fût très pauvre, plus d'une femme supplia son mari d'accueillir le bébé. A la fin, il fut décidé de le donner à une femme qui allaitait encore son dernier enfant, et dont le mari ne souleva pas d'objections.
Cependant, les hommes du Roi Harold recherchaient le petit prince, mais sans résultat. Loin du lieu de l'embuscade, ils retrouvèrent les langes du Prince et sa médaille, mais même après avoir passé les environs au peigne fin, ils ne trouvèrent pas trace des ravisseurs. Pendant longtemps, le Roi Harold attendit une demande de rançon, peut-être de la part des bandits, mais les mois passèrent. Après un long hiver glacial, le printemps reparut sans nouvelles du petit Niels. Le Roi et la Reine firent leur deuil et tous pensèrent que le petit héritier était mort.
Une année se passa et, conformément à la prophétie, la Reine retomba enceinte d'un second fils.
"Ce fils sera mon héritier, il pourra se marier et avoir des enfants. Peut-être était-ce l'idée du saint homme, ma douce Gertrude... Nous devons accepter le destin."
Le nouveau-né fut appelé Bjorn. Lui aussi était blond mais ses yeux avaient la couleur de noisettes dorées. La Reine Gertrude, tous les mois, jetait dans la rivière une couronne de fleurs, à la pleine lune, incapable d'oublier son fils Niels, priait les Dieux du fond de son cœur qu'il soit toujours en vie, et qu'Ils le protègent.



Cependant Niels, qui portait à présent le nom d'Olaf, grandissait, dans un village isolé dans les montagnes, avec les autres enfants, apprenait de petites tâches, à reconnaître les herbes et les racines, les feuilles et les fruits, à garder les chèvres du village, à tresser la paille pour faire des chaussures pour l'hiver. L'hiver était long, avec juste quelques heures de jour, et chacun restait dans sa masure couverte de neige, et préparait le travail pour la belle saison. Les femmes filaient, les hommes préparaient les outils, les enfants jouaient près du feu en écoutant les vieux leur dire des contes.
Olaf grandissait, fort et beau. C'était un bon garçon, joyeux, obéissant et serviable et tout le monde l'aimait. Il était devenu habile à la fronde et parfois il arrivait à toucher un animal qu'il ramenait fièrement à la femme qui lui servait de mère, pour qu'elle le fasse cuire.
Un printemps, alors qu'Olaf avait onze ans, un de ses frères adoptifs, Drach, qui avait treize ans, alors qu'ils étaient assis sur une pierre près d'un lac, gardant les chèvres, vint près de lui et sans un mot, mais avec un sourire malicieux, se mit à lui tripoter le caleçon.
"Eh, mais qu'est-ce que tu fais, tu me chatouilles !" dit Olaf en riant.
"Je vais t'apprendre un jeu amusant... Toi aussi, tu peux jouer avec mon truc..."
"Pourquoi ? C'est quoi comme jeu ?" demanda le petit garçon, curieux.
Ils se baignaient souvent nus, ce qui ne gênait en rien Olaf. Il fit ce que son frère lui demandait, et bientôt les deux garçons, baissant leurs pantalons, avaient en main le membre de l'autre. Celui de Drach était dur et dressé.
"C'est quoi, comme jeu ?" demanda de nouveau le garçonnet, en regardant le membre, pas encore complètement développé, mais déjà porteur de quelques poils de son frère adoptif.
"C'est un jeu drôle auquel les garçons jouent entre eux. Tu me caresses la mienne i, et moi la tienne. C'est bon, et à la fin, il sort un lait blanc..."
"Du lait ? D'ici ?" demanda le garçon incrédule, mais en le caressant comme l'autre lui faisait.
"Ben en fait, c'est pas vraiment du lait, mais ça ressemble. Je ne sais pas si ça va sortir pour toi, mais moi si. Moi, je deviens un homme."
"Qui c'est qui t'a appris ce jeu ?"
"Mon cousin Welle. Il m'a fait lui tirer son lait. Mais maintenant Welle a arrêté avec moi. Il a une copine et il le fait avec elle."
"Mais les filles n'ont pas le truc, comment elles peuvent faire ?"
"Elles ont un trou. Et alors, le garçon la lui met dedans jusqu'à ce que le lait coule. C'est comme ça qu'on fait les bébés."
"Avec du lait blanc ?" demanda le garçonnet, mais sentant venir un léger plaisir aux manipulations de l'autre.
"Le lait blanc va dans la femme et nourrit le bébé qu'elle a en elle, alors il grandit, et finit par naître... ou quelque chose comme ça... Dis, ça te plait ?"
"Oui, plutôt..."
"Moi, j'aime. Quand tu grandiras, tu aimeras beaucoup quand tu pourras faire sortir du lait."
"Mais tu y joues aussi avec d'autres ?"
"Des fois. C'est un jeu auquel les garçons jouent ensemble, avant de le faire avec les filles. Ooooh, voilà... Ça va venir..." dit Drach, soudain tendu.
Olaf le vit frémir et vraiment, du bout du jeune membre, jaillirent quelques gouttes d'un liquide blanc.
"Oooh, c'est bon, Olaf !" soupira le garçon, en répandant sa semence sur l'herbe.
Olaf en prit une goutte au bout de son doigt, le frotta entre deux doigts, puis testa le goût du bout de la langue. "Mais ça n'a pas le goût du lait." dit-il pensivement.
"C'est pas vraiment du lait, je te l'ai dit. Ça y ressemble seulement."
"Et quand ça sort, c'est bon ?"
"Oui, vraiment bon. Tu verras quand tu pourras aussi, que c'est vraiment bon." dit le garçon en remontant son pantalon.
Olaf aussi se rhabilla rêveusement. Il avait ressenti un peu de plaisir, mais rien d'extraordinaire.
A partir de ce jour, quand Drach la sortait et commençait à se caresser, Olaf venait silencieusement à ses côtés et le caressait jusqu'à ce qu'il jouisse, pendant que l'autre le caressait aussi.
L'hiver revint, et comme les deux garçons partageaient la même paillasse, hors de vue des autres, dans l'obscurité, ils jouèrent souvent à ce jeu, quand Drach, le caressait entre les jambes, lui faisant comprendre ce qu'il voulait. Et finalement, une nuit, alors qu'Olaf avait douze ans, les premières gouttes coulèrent de sa petite verge et le garçonnet gémit en signe du plaisir.
"Chut !" lui intima son frère adoptif en lui posant la main sur la bouche.
"C'est sorti..." murmura Olaf, troublé.
"Oui, je l'ai senti. Toi aussi tu deviens un homme."
"C'est vraiment bon !"
"Je te l'avais dit, non ?"
Le printemps revint, et à présent en pleine nature, quand ils étaient seuls, c'était parfois Olaf qui la sortait le premier, et l'autre l'imitait, se rapprochant avec un doux sourire, et ils se satisfaisaient mutuellement. Parfois, ils faisaient un concours à celui qui l'enverrait le plus loin. Et Olaf, en grandissant, s'aperçut qu'il aimait de plus en plus ce jeu.
Olaf avait treize ans quand Drach se mit avec une fille et cessa de le faire avec lui. Olaf était triste que Drach ne joue plus à ça avec lui, mais même s'il en avait envie, il n'osa pas le proposer à d'autres garçons à cause d'une pudeur naturelle, et puis Drach lui avait dit que les adultes ne comprenaient pas ce jeu, même s'ils y avaient joué plus jeune. Mais les adultes oublient. Olaf se dit que lui, il n'oublierait jamais une chose si agréable. Alors, rêvant de retrouver un ami avec lequel le faire, il se contentait de le faire seul.
Il avait quatorze ans la première fois qu'une fille le toucha entre les jambes. Au début, ça l'excita, mais quand à son tour, il souleva les vêtements de la fille et ne trouva rien, son érection retomba. S'il ne pouvait pas toucher un joli membre bien dur, quel plaisir pouvait-il y avoir, se demanda-t-il ?
Alors, il se tint à l'écart des filles. C'était mieux de le faire seul qu'avec une fille. Il n'arrivait pas à comprendre comme Drach et les autres garçons plus grands puissent aimer autant ça.
Olaf avait quinze ans quand son beau-père mourut sous un éboulement. Puis sa belle-mère se décida à se remarier. Mais l'homme y mit la condition que les enfants devaient vivre ailleurs parce qu'il ne voulait pas chez lui d'un enfant qui ne soit pas le sien. Drach, le plus jeune des fils légitimes, avait à présent dix-huit ans. Il se maria et eut sa propre maison.
La femme conduisit Olaf dans la vallée, à la ville, et lui trouva du travail comme mitron chez le boulanger, qui était cousin éloigné de son premier mari.
"Je suis désolé de devoir te laisser, Olaf, mais je suis encore jeune, je dois penser à ma vie. En plus tu es grand, maintenant, et tu apprendras un bon métier," lui dit la femme avec un air un peu coupable.
"Oui, je comprends, mais ça va," répondit Olaf, mais il se sentit abandonné par cette femme qui était comme une mère pour lui. La femme lui dit au revoir et retourna au village pour se marier.
Le boulanger s'appelait Petre, et ne restaient chez lui que ses deux derniers fils qui n'étaient pas encore mariés. Lukas, dix-huit ans, et Jan, vingt. Petre dormait avec sa femme au-dessus de la boutique, les deux fils au rez-de-chaussée dans une petite pièce derrière le four. Ils partageaient une large paillasse. Dans un coin, le boulanger en ajouta une petite pour Olaf.
Jan et Lukas traitaient Olaf comme un serviteur, mais le garçon se rendait volontiers disponible pour les centaines de tâches qui lui étaient demandées, toujours prêt et souriant. La vie à la ville paraissait un rêve à Olaf, comparée à la misère du village. Et puis la nourriture était bonne et abondante, avec du pain frais à satiété. Petre était un homme revêche et peu bavard, mais il était généreux. Il donna à Olaf quelques vêtements trop petits pour ses fils; qu'Olaf trouva merveilleux, moelleux et légers, même s'ils étaient rapiécés par endroits. C'était la belle vie, par rapport au village.
Il était chez le boulanger depuis environ trois mois quand, une nuit, il fut réveillé par des bruits bizarres. La lanterne qui était éteinte au coucher, était de nouveau allumée.
Lukas et Jan étaient assis, à moitié nus, sur leur paillasse et se masturbaient mutuellement, et ils rigolaient.
"... de toutes façons, la mienne est plus grosse, Lukas."
"Mais la mienne est plus longue..." répliqua l'autre dans un murmure.
Olaf fut excité à la vue des membres des jeunes gens agités avec vigueur, et instinctivement, il sortit le sien et se mit à se masturber à son tour, souhaitant les toucher, qu'ils le touchent, comme il faisait plus petit avec Drach.
Un grincement soudain de sa paillasse attira sur lui l'attention des deux frères qui se tournèrent vers lui.
"Hé, le gamin qui nous espionne !" dit Jan en sautant de sa paillasse, le membre dur bondissant, et il se dirigea vers la paillasse du garçon, immédiatement suivi de Lukas. "Qu'est ce que tu regardes, hein ?"
"Je... rien..." répondit Olaf intimidé.
D'un seul geste, Jan repoussa la couverture et regarda, entre les cuisses du garçon, la main toujours serrée autour du membre qui se recroquevillait rapidement de peur.
"Regarde, il se branle... en nous matant..." dit Jan en se moquant.
"On va lui donner une bonne leçon, pas vrai, Jan ?"
"Une leçon, quelle leçon ?"
"Enlève-lui son pantalon. S'il aime tellement les bites, on va lui donner ce qu'il attend, non ?" dit Lukas en se caressant lentement et en s'approchant de la paillasse d'Olaf.
"Ah, oui, bonne idée !" répondit Jan avec un sourire en biais. Il se pencha et en quelques gestes, il arracha le caleçon du gamin.
Ce dernier, tremblant, le laissa faire, sans comprendre où ils voulaient en venir. Le fesser peut-être ?
Jan se mit à genoux sur la paillasse d'Olaf et le fit coucher sur le ventre, puis il se coucha sur lui, et tenta de le pénétrer. La garçon sentit une vive douleur et tenta de s'échapper. Lukas monta sur la paillasse et l'immobilisa pendant que Jan le bâillonnait de sa main pour l'empêcher de crier, puis il tenta de nouveau de le pénétrer. Olaf était terrifié et avait mal. Il tenta encore de s'échapper, mais ils étaient sans pitié, et Jan avec de fortes poussées, le viola. Olaf se débattait en pleurant pendant que les deux frères le tenaient en riant et Jan le montait brutalement. Quand enfin, l'ainé fut assouvi, Olaf pensa qu'ils allaient le laisser tranquille, mais ils changèrent de place. Pendant que Jan le tenait fermement Lukas aussi abusa de lui et son frère l'encourageait à voix basse en riant. Puis ils le laissèrent et retournèrent dans leur lit après avoir soufflé la lanterne.
"C'était une bonne baise, pas vrai, Lukas ?"
"Oui, et on l'aura sous la main, toutes les nuits. Qu'est-ce que tu en penses, c'est pas bien ?"
"Oui, c'est vrai. Pourquoi on n'y a pas pensé plus tôt. Tu t'étais déjà tapé un gamin avant, Lukas ?"
"Oui, l'apprenti qu'on avait l'année dernière. Et toi ?"
"Non, c'est la première fois. Tu ne m'avais pas dis que tu te l'étais fait, ce garçon..."
"Je ne savais pas si tu serais d'accord. Je pensais que tu n'aimais que les filles."
"Oui, mais... le petit cul d'Olaf me plait bien, je me le taperai encore."
"Ben oui, maintenant qu'on l'a, on ne va pas le laisser filer, non ?"
Olaf écoutait ces échanges en tremblant. Au bout d'un moment, il décida de s'habiller pour se couvrir. Son derrière était douloureux et le lançait à chaque mouvement. Son cœur battait la chamade et il ne pouvait pas dormir. Pourquoi les deux frères lui avaient-ils fait ça ? Parce qu'il les avait regardés se caresser ? Mais Drach ne l'avait jamais traité comme ça. Au contraire, il était toujours gentil. Ils lui avaient fait mal, vraiment mal... mais ils disaient que c'était bon, qu'ils voulaient recommencer. Peut-être que s'il évitait de les regarder, ils lui pardonneraient et ne le traiteraient plus comme ça. Enfin, il s'endormit.
Le matin suivant, les deux frères le traitèrent comme d'habitude et Olaf pensa qu'ils lui avaient pardonné. Seule la douleur lancinante entre ses fesses qu'il ressentait lui rappelait à chaque pas ce qui s'était passé la nuit précédente. La journée passa normalement et Olaf se mit en quatre pour bien faire et être prêt pour les moindres désirs de Petre et des deux frères. Le soir arriva, ils dînèrent puis vint l'heure d'aller au lit.
"Olaf, vient donc ici..." dit Lukas sans éteindre la lampe, d'une voix mielleuse.
"Oui..." dit le garçon d'une voix hésitante, en se levant de sa paillasse et en s'approchant des deux jeunes hommes.
"Viens, monte sur la paillasse, là, entre nous..." dit Jan en lui faisant une place.
Olaf, en voyant leurs sourires, s'installa entre eux plutôt rassuré. Mais dès qu'il s'allongea, Lukas entreprit de le déshabiller et Olaf comprit.
"Non, s'il vous plait... ça me fait encore mal..." gémit le garçon, terrifié, mais Lukas lui arracha brutalement ses vêtements.
Olaf tenta de se relever, mais Jan le retint et dit durement, "Ecoute, petit con, tu la fermes, pas un mot, pas un bruit, ou tu le regretteras. Tu te tais et tu ne bouges pas, tu as compris ?"
Olaf acquiesça en tremblant. Il sentit Jan se glisser sur son dos, puis de nouveau, la douleur déchirante quand le jeune homme le pénétra.
Les larmes coulèrent, mais il ne fit pas un bruit. Il vit le sourire moqueur de Lukas qui le bloquait pour le bénéfice de son frère qui le besognait avec son énergie habituelle.
"Allez, Jan, élargis-le bien, comme ça, je pourrai lui défoncer le cul. Tu aimes ça, hein, frérot ?"
"Ouaiis... Il est si chaud et étroit..." haletait Jan, tout en continuant avec jouissance et brutalité.
Pendant ce temps, Lukas tâtait le membre mou du gamin.
"Quoi, il ne bande pas ? Tu n'aimes pas, Olaf ? Et dire qu'à nous, ça nous plait tellement, pas vrai, Jan ?"
"Oui, mieux qu'une fille. Et aucun risque de le mettre enceinte !" s'esclaffa l'autre en continuant à la besogner énergiquement.
Quand Jan eu déchargé, ils retournèrent Olaf dans l'autre sens. Jan le tint pour Lukas qui l'empala avec autant de force que son frère.
Jan lui demanda, "Dis-moi, qui était le meilleur, le garçon d'avant, ou Olaf ? Hein, lequel ?"
"Olaf est meilleur. Il est plus étroit. L'autre avait pris trop de bites, trop souvent."
"Mais je suis sûr qu'il ne pleurnichait pas comme une gonzesse, non ?" demanda Jan en regardant le figure ravagée de larmes du garçon sanglotant.
"Non, il aimait ça. Il aimait vraiment les prendre dans le cul. Il me suppliait de la lui mettre plus souvent."
"Et bien ça plaira aussi à notre cher Olaf; tu verras. C'est juste une question de temps..."
Après que Lukas se soit satisfait, ils le laissèrent retourner sur sa paillasse, endolori et humilié. La nuit suivante, ils le firent se déshabiller avant de le coucher entre eux et le prirent l'un après l'autre. Les jours passaient et ils ne semblaient pas se lasser de leur cruauté et même, en plein jour, quand personne ne pouvait les voir, ils se mettaient à tripoter ses petites fesses et à faire des allusions obscènes.
Olaf ne pleurait plus, la douleur était devenue moins vive, plus sourde, et chaque nuit, il supportait cette double violence avec une résignation désespérée. Le garçon devint renfermé, replié sur lui-même. Il avait perdu son sourire insouciant et sa joie de vivre.
Un jour, alors que Petre et sa femme était parti acheter de la farine chez le meunier, Jan dit au garçon, "Va dans la chambre et déshabille-toi, j'ai envie de te baiser."
"Mais il faut nettoyer la boutique..." protesta Olaf.
"Je t'ai dit d'aller dans la chambre et de te déshabiller !" cria Jan en lui mettant une forte taloche.
"Non, Jan, s'il te plait... attends ce soir, pas déjà ce matin..."
"Qu'est-ce qui se passe ?" demanda Lukas, attiré par les cris.
"C'est le gamin. Il ne veut pas se laisser mettre !" dit Jan, furieux.
Lukas s'énerva et hurla. "Quoi ? ?" et il se mit à battre Olaf.
"Non, non, d'accord... arrête... pitié... j'y vais, j'obéis..." gémit le garçon en pleurant et il se précipita dans la petite pièce, se déshabilla et se jeta de lui-même sur la paillasse des frères, à plat ventre, apeuré et tremblant.
Les frères entrèrent et, d'abord Jan, puis Lukas, ils le violèrent avec encore plus de violence que d'habitude. Et quand Olaf tenta de se relever, Jan le repoussa brutalement et le prit de nouveau.
Lukas éclata de rire. "Hé, tu y prends goût, Jan ?"
"Oui. C'est l'idée qu'il ne veuille pas mais qu'on la lui mette quand même qui m'excite. Tu es notre esclave, Olaf ! Tu le sais ? Tu ne peux pas refuser. Tu n'as aucun droit. Tu la prendras chaque fois qu'on voudra baiser. C'est clair ? Et tu dois nous remercier de bien vouloir jouir de ton cul, c'est clair ?"
Olaf était pétrifié par la violence de la voix, de la contenance de Jan, et par le rire de Lukas. Il sentit soudain son esprit se vider, comme si le corps qui supportait cette violence n'était plus le sien, et il s'évanouit.
Jan le sentit soudain se détendre, et pensant simplement que le garçon avait cédé à l'inévitable, il continua à le chevaucher longuement jusqu'à l'orgasme.
"Ah, j'ai vraiment aimé ! Tu veux lui en mettre encore, Lukas ?"
"Non, plus tard, peut-être. Tu peux te rhabiller maintenant, Olaf, et aller faire le ménage dans la boutique." dit Lukas en lui donnant une claque sur les fesses. Mais le garçon resta immobile. "Allez, lève-toi, ne reste pas là à perdre ton temps !" insista Lukas. Il le secoua et s'aperçu qu'il restait inerte. "Merde, Jan, il est mort, cet imbécile ?" dit-il d'un ton inquiet. Jan se pencha sur le garçon, un peu troublé.
"Non... personne ne meurt de se faire baiser..." dit l'aîné. "Aide-moi à l'habiller, maintenant, et mettons-le sur sa paillasse. Il est juste évanoui... Peut-être que ça lui a trop plu..." ricana-t-il en le portant sur sa paillasse.
Quand Olaf reprit conscience, il se sentit très faible. Il ouvrit les yeux et vit Jan qui le regardait.
Quand le jeune homme vit que le garçon ouvrait les yeux, il lui dit avec un sourire mauvais, "Bienvenue parmi nous, Olaf. Détends-toi, Lukas reviendra te baiser tout à l'heure."
"Non, pitié... arrêtez..." supplia le garçon d'une voix faible, pâle et tremblant.
Jan le saisit par le col de sa chemise, lui soulevant la tête du poing. "Ça te suffit pas, comme leçon ? Il faut qu'on te fouette pour que tu comprennes que ton cul nous appartient et qu'on peut le prendre quand on veut ? Tu es notre esclave, c'est clair ou pas ? Et puis d'ailleurs... Lukas, viens voir ! Olaf veut encore sentir ta bite dans son cul !" cria-t-il en commençant à déshabiller le gamin.
Lukas arriva, une expression réjouie sur la figure, et se remit à baiser le garçon.

CHAPITRE 2
OLAF APPREND COMMENT OFFRIR SES SERVICES
La vie d'Olaf était un cauchemar permanent. Petre s'aperçut que le garçon avait changé et lui demanda ce qui n'allait pas, mais le garçon, voyant le regard de Jan n'osa rien lui dire.
Et l'hiver arriva, avec ses nuits si longues et ses jours si courts.
Un jour, Lukas eut une idée. Une nuit, après avoir comme d'habitude joui du gamin, il suggéra à Jan, " Ecoute, Jan, certain de mes amis seraient prêts à payer pour sauter Olaf. Le problème, c'est de trouver un endroit, alors on pourrait se faire pas mal d'argent. Qu'en penses-tu ?"
"La vache ! Oui ! Je pense aussi que mes amis seraient d'accord. On pourrait faire livrer le pain par Olaf à notre place. On peut arranger ça. Gerth vit seul, on peut le laisser sauter le gamin à l'œil s'il nous laisse utiliser sa maison. Olaf porterait le pain chez Gerth, et ceux qui voudraient pourraient venir, le baiser et prendre leur pain..."
"Tu crois que Gerth serait d'accord ?" demanda Lukas avec excitation.
"Je pense. Quand j'étais gamin, il a essayé de me sauter. Je lui demanderai demain."
"Il a essayé avec toi ?" demanda Lukas avec curiosité.
"Ouais, mais il est monté comme un âne et j'ai eu peur, j'ai dit non. Et puis, ça ne m'excitait pas de le faire avec un homme. Mais je pense que ça lui plait toujours. Gerth a trente-six ans et il n'est toujours pas marié... il dit que c'est un vœu..." ricana Jan.
Olaf écoutait cela depuis sa paillasse en tremblant. Il n'en voulait pas du tout ! Mais que pouvait-il faire ? Comment s'y opposer ? Devait-il tout dire à Petre ? L'homme, qui était tout entiché de ses fils le croirait-il ? Probablement pas ! Que faire, alors ? Il ne lui restait qu'une seule possibilité : fuir.
Mais où ? Il ne connaissait rien du monde, il n'était jamais sorti de la ville. Il avait juste entendu dire qu'il y avait une grande ville sur la route de la côte. Aller vers la mer, oui, c'était peut-être une bonne idée. Il voulait voir la mer, il en avait seulement entendu parler.
Il s'endormit après avoir pris sa décision, se sentant mieux. A la première occasion, il fuirait. Il devait seulement ne donner aux deux frères aucun soupçon. Peut-être devrait-il attendre jusqu'à ce qu'ils l'envoient chez Gerth, livrer le pain, et au lieu d'y aller, il fuirait en prenant le pain, comme ça, il aurait à manger pour un moment. Après, il pourrait mendier. Parfois, il y avait des mendiants en ville et les gens leur donnaient une pièce ou un peu à manger. Il irait dans une ville loin d'ici, où ils ne pourraient pas le retrouver, et puis il chercherait du travail.
Quelques jours plus tard, il entendit que Gerth avait volontiers accepté l'idée.
Jan lui tendit la panière et l'envoya, "Porte le pain chez Gerth. C'est pour mon ami Wald. Il l'a déjà payé. D'abord, tu laisses Wald te baiser, et puis Gerth, et puis tu reviens. Tu ne fais pas d'histoire; compris ?"
"Oui, Jan." répondit le garçon d'une voix soumise.
"Bien. Va et ne perds pas de temps en route. Fais ce que Wald et Gerth veulent sans te plaindre ou je te le ferai regretter !"
"Oui, Jan comme tu voudras..." dit le garçon, le cœur au bord des lèvres.
Il prit le panier avec le pain tout chaud enveloppé d'un linge épais, mit ses bottes fourrées pour la neige, et sortit à pas rapides. Il se dirigea vers la maison de Gerth, mais comme il passait devant la Vieille Tour, il tourna, sortit des murs de la ville et, aussi vite qu'il pouvait, il prit la route en direction de la mer. Il marcha, marcha, se demandant combien de temps il avait avant qu'ils ne lui donnent la chasse. Il ne voulait vraiment pas être repris. Il ne voulait plus de cette vie. Plutôt finir gelé dans la neige. Il devait faire attention à ne pas être vu, surtout tant qu'il était encore près de la ville.
Il marchait vite. Quand enfin il se retourna, la ville était hors de vue. La neige épaisse rendait sa marche difficile, mais il était déterminé. Il y avait encore quelques heures de jour, puis la longue nuit commencerait. Il se demanda s'il serait capable de marcher dans l'obscurité ou s'il devait s'arrêter.
Mais où s'arrêter ? S'il se couchait dans la neige, allait-il mourir de froid ?
Il passa devant une auberge. Par la fenêtre passaient des rais de chaude lumière et le son des voix joyeuses. Il fut tenté d'entrer, mais il pensa qu'il était encore trop près de la ville, et que l'aubergiste connaîtrait peut-être Petre et sa famille. Il décida de continuer son chemin sans s'arrêter, sans se faire remarquer.
Il faisait sombre et la route était à peine visible. Il mangea avec plaisir un peu de pain et poursuivit son chemin. Ses jambes commençaient à être lourdes, mais il ne voulait pas encore s'arrêter. La route était déserte et il n'avait encore rencontré personne.
Il était derrière un arbre pour se soulager quand il entendit du bruit. De la ville arrivait un cheval au galop. Le cavalier passa devant l'arbre et disparut dans la nuit. Le cherchait-il ? A cette heure, ils devaient être sûrs qu'il s'était enfui. Il n'avait pas reconnu le cavalier, mais le cheval était bai. Petre possédait un cheval noir. C'était peut-être celui d'un de ses amis ? Un des amis de Petre avait-il un cheval noir ?
Olaf reprit son chemin, regardant devant et derrière, inquiet que quelqu'un arrive, quelqu'un qui pourrait le reconnaître et le dire à Petre.
Il arriva devant quelques maisons, un hameau au coin de la route. Aux fenêtres brillaient des lumières et de la fumée montait des cheminées, droit vers le ciel, disparaissant dans la nuit. Olaf poursuivit son chemin, malgré la fatigue et le froid qui engourdissaient ses membres. Au loin, une meute de loups hurla, le faisant frissonner de peur. Il se remémora les contes où des loups affamés attaquent des passants, les mettent en pièces et les dévorent...
Il était épuisé, presque incapable de faire un pas de plus et se demandait s'il n'allait pas se coucher sur le bord de la route quand il vit une petite maison isolée, avec de la lumière à la fenêtre. Il décida qu'il était à présent assez loin de la ville. Il demanderait l'hospitalité pour la nuit. Ils pouvaient lui demander qui il était, ce qu'il faisait ainsi, seul dans la nuit, avec tout ce pain... Quelle histoire leur raconter ? Il ne savait pas, il s'en fichait, il était trop fatigué.
Il frappa à la porte de la petite maison.
Une voix rauque demanda, "Qui c'est ?"
"Un passant."
"Que veux-tu ?"
"L'hospitalité. Je suis fatigué, j'ai froid."
La porte s'entrouvrit à peine et un visage bougon, hirsute le dévisagea. "Mais... tu n'es qu'un gamin ! Que fais-tu dehors à une heure pareille ?"
"Je vais vers la mer, chercher du travail." répondit Olaf.
'L'homme ouvrit un peu plus la porte et le regarda des pieds à la tête.
Puis il dit brusquement, "Entre vite, ou toute la maison va refroidir." S'effaçant pour le laisser entrer, il referma derrière Olaf.
L'homme le regarda. "T'es-tu enfui de chez toi ?"
"Mes parents sont morts, je suis orphelin. Les gens chez qui j'étais étaient méchants, alors..."
"Et qu'est-ce que tu as dans ce panier ?"
"Du pain..."
"Du pain ? Seulement du pain ?"
"Oui... Regardez..."
L'homme prit une miche dans sa main. "Mmmm, encore frais. Tu me donnerais une miche ? Ça fait des mois que je n'ai pas mangé de bon pain."
"Bien sûr, servez-vous..." répondit Olaf.
L'homme en prit deux et en mordit une. Puis il fit signe au garçon d'avancer vers la table. "Assieds-toi. Comment t'appelles-tu ?
"Lukas..." mentit le garçon, encore un peu méfiant, mais reconnaissant pour la chaleur qui commençait à revenir en lui."
"Enlève ta veste, il fait chaud, ici. Alors tu as fui la maison. Ils étaient méchants, c'est ça ?"
"Oui..."
"Et maintenant, tu va chercher du travail vers la mer. Tu veux devenir marin ?"
"Je ne sais pas encore. N'importe quel travail qui me permettra de manger ira bien. Je n'ai jamais vu la mer..."
"Moi aussi, quand j'étais petit, je me suis enfui de la maison et j'ai travaillé sur un bateau. D'abord comme mousse, et puis comme marin, pendant presque vingt ans. Avec mes économies, j'ai acheté cette petite maison et le champ, derrière. Maintenant, je peux vivre tranquille."
"Vous êtes seul ? Vous n'êtes pas marié ?"
"Si, je me suis marié. Mais après seulement trois ans, elle est partie avec le petit. Elle est retournée dans sa famille. Elle ne supportait pas de vivre si isolée, sans une commère pour potiner. Mais moi, je suis bien, tout seul. Tu veux un coup de gnole ? Faite maison, elle est bonne."
"J'ai pas l"habitude de boire. Je préfèrerais de l'eau..."
"De l'eau ? Oui, bien sûr... Mais de l'eau... Prends un petit coup de gnole, ça te fera du bien. Ça va te réchauffer les os."
"Je ne sais pas, je n'en ai jamais bu, c'est trop fort pour moi. Je préfèrerais de l'eau."
"Bon, voilà. Commence par ton coup de flotte. Et puis tu me tiendras compagnie, une gorgée dans ma tasse, ça ne peut pas te faire du mal."
Olaf étancha sa soif avec la bonne eau fraîche et prit la coupe que l'homme lui tendait.
"Prends-en un bon coup, tu verras que ça fait du bien." dit l'homme avec un sourire.
Olaf opina et avala une gorgée. Elle lui brûla la gorge et fit monter ses larmes. Il devint rouge comme la braise.
L'homme rit. "Quand j'avais ton âge, j'avalais comme de l'eau une tasse comme ça. Alors, comment te sens-tu ?"
La tête d'Olaf lui tournait légèrement, mais il sentait aussi une agréable chaleur l'envahir. "Bien, mais c'est fort..."
"Mais ça te fait du bien, non. Ils te faisaient trop travailler ? C'est pour ça que tu t'es sauvé ?"
"Non, j'aimais bien le travail."
"Ils te battaient ?" insista l'homme.
"Non, seulement une fois ou deux..."
"Et bien alors ? Pourquoi tu t'es sauvé ? Ils ne te donnaient pas à manger ?"
"Non, on mangeait bien."
"Je ne comprends pas. Ils ne te battaient pas, te donnaient à manger, tu aimais le travail... mais tu es parti. Pourquoi ?"
"Et bien... j'ai honte de le dire..."
"Tu as volé ?"
"Non ! En fait, juste ce pain quand je suis parti."
"Alors quoi ? Qu'est qui te fait si honte ? Tu as mis leur fille enceinte ?" dit l'homme en riant avec un air farceur.
"Non. Il y avait deux fils plus vieux que moi. Je suis parti à cause d'eux. Ils me faisaient faire des choses que..." reprit Olaf en rougissant de nouveau.
L'homme le regarda puis hocha la tête. "Tu veux dire que les deux fils se tapaient ton petit cul ?" lui demanda-t-il gentiment. Olaf rougit de nouveau. "Oui, c'est ça ? Tu sais, j'ai pris un sacré paquet de bites, sur le bateau, comme mousse ! Et puis ça a été à mon tour de baiser. C'est la vie. Et puis, ça ne me déplaisait pas. Je veux dire, baiser ou être baisé. Mais tu n'aimais pas alors tu t'es sauvé, c'est ça ?" demanda-t-il.
"Ils me faisaient mal. Et puis le pire, c'est qu'ils ont décidé de faire payer leurs amis pour me baiser. Alors je suis parti."
"Bien sûr, je comprends. Oui, se faire baiser, ça peut être bon, mais ça peut aussi être terrible. Ça dépend comment, avec qui... Il y avait des fois où j'aimais, d'autres non, c'est vrai. J'ai eu de la chance que le premier qui me l'a mise était un jeune marin, et qui savait y faire, alors j'ai aimé. Je saurais te le faire aimer. Non, Lukas, ne t'inquiète pas, je ne te toucherai pas si tu n'as pas envie. Tu m'as demandé l'hospitalité, et l'hôte est sacré. Je n'ai qu'un lit, tu devras dormir avec moi. Mais je ne te toucherai pas, je te le promets, même si tu me plais beaucoup." dit l'homme en lui caressant doucement les cheveux.
"Merci." dit Olaf qui sentait instinctivement qu'il pouvait faire confiance à cet homme.
"Encore une gorgée, allez... et puis on ira dormir." dit l'homme en lui tendant de nouveau la tasse.
Olaf prit une nouvelle gorgée et rendit la tasse à l'homme qui la vida. Le garçon se sentait la tête légère, si légère, et la chaleur qui revenait dans tout son corps. L'homme le conduisit sur sa paillasse et ils se couchèrent l'un à côté de l'autre.
L'homme tira sur eux une couverture de fourrure, souffla la lampe et dit, "Bonne nuit, Lukas; fais de beaux rêves."
"Bonne nuit... Comment vous-vous appelez ?"
"C'est vrai, je ne te l'ai pas dit... Beof, je m'appelle Beof."
"Bonne nuit, Beof, et merci."
"Est-ce que je peux te tenir dans mes bras ? Je dors toujours seul, je voudrais juste profiter de ta chaleur."
"D'accord." répondit tranquillement le garçon.
L'homme le serra dans ses bras et Olaf se glissa contre lui. La chaleur de son corps était si agréable.
Beof caressa ses cheveux, "Dors tranquille, Lukas, dors tranquille."
Olaf glissa doucement dans le sommeil, pensant confusément qu'il aimait cette chaleur qui l'entourait, tendre, protectrice, puissante. Quand il se réveilla, il faisait encore nuit. Il sentit contre lui le corps chaleureux de l'homme, et aussi autre chose... L'homme avait une forte érection qui battait contre lui.
"Beof ?" murmura Olaf en se demandant s'il dormait.
Il ne reçut pas de réponse, seulement ce membre dur qui poussait contre lui à travers les vêtements. Olaf se poussa d'instinct contre l'érection, et fut excité à son tour. Elle n'était pas menaçante, comme celles des deux frères, mais chaude et plaisante, comme celle de Drach, son demi-frère, quand ils étaient plus petits. Glissant sa main entre les deux corps, il la descendit pour caresser le membre dur, chaud et viril. Il fouilla délicatement la braguette, jusqu'à trouver la peau nue du vigoureux pieu de chair. Il le caressa avec plaisir, le sentant palpiter.
Puis il sentit la main de Beof sur la sienne et l'homme murmura, "Lukas, qu'est-ce que tu fais ?"
"Vous ne voulez pas ? demanda le garçon intimidé.
"Si, au contraire... mais comme ça, tu vas me rendre très difficile ma promesse de ne pas te toucher.
"Vous pouvez, si vous voulez."
"Mais tu n'as pas dit que tu n'aimais pas ça ?"
"Avec vous, je pense que j'aimerais ça." murmura Olaf doucement, bougeant la main le long du membre, excité et ému.
"Tu es sûr ?" demanda Beof en tendant la main pour toucher le garçon entre les jambes et trouver son érection, "Tu veux vraiment faire l'amour avec moi, mon garçon ?"
"S'il vous plait..." répondit Olaf en poussant son sexe en avant contre la main qui l'enveloppa, forte et douce.
Alors, l'homme commença à déshabiller lentement le garçon, le caressant sur tout le corps avec tendresse et désir. Pour Olaf, c'était une impression complètement nouvelle et merveilleuse. Il sentit que l'homme remuait un instant puis son corps entièrement nu se posa sur lui, poitrine contre poitrine, ventre contre ventre, sa forte érection poussant à côté de la sienne, ses jambes entrelacées avec les siennes.
"Oh, je te veux, Lukas..." murmura l'homme avec émotion. A présent, Olaf, était désolé de lui avoir donné un faux nom. Il se faisait l'effet d'un menteur. L'homme frottait son corps contre le sien, réveillant dans le garçon de fortes et plaisantes sensations. "Tu me plais, tu es frais comme une fleur de printemps. Je te veux..."
"Prenez-moi." murmura Olaf, et il sentit qu'il le désirait de tout son être.
L'homme se souleva légèrement, se plaçant sur les coudes et les genoux. "Tourne-toi..." lui dit-il doucement.
Olaf se mit sur le ventre et l'homme se coucha sur lui. Le puissant pieu fouillait entre ses fesses, reposant sur le petit trou qu'il agaçait, il finalement, il commença à le pénétrer. C'était complètement différent de ce qu'il avait connu avec Jan et Lukas. Cette fois, le garçon avait du plaisir. Il ressentait encore une légère douleur, c'est vrai mais il la supportait volontiers parce qu'il sentait que l'homme ne profitait pas de lui. Pour la première fois, il ressentait un intense plaisir de cette pénétration qui arrivait avec une douce intensité.
"Ooooh, oui..." gémit le garçon.
"Alors, tu aimes ?" demanda l'homme, ému, en commençant à bouger dans le garçon, avec de lents allers-retours.
"Oui... c'est bon..." murmura Olaf, saisi par le plaisir qu'il éprouvait. L'homme glissa ses mains sous la poitrine du garçon et caressa ses tétons.
"Ooooh... c'est bon..." murmura de nouveau Olaf, en frissonnant.
Quand l'homme arriva en lui au sommet du plaisir, il se retira et le fit se retourner. Il le masturba doucement jusqu'à ce que le garçon jouisse en gémissant de bonheur.
Alors, tirant sur eux la fourrure, l'homme le prit dans ses bras et lui dit joyeusement, "Dormons un peu, Lukas."
Quand il se réveilla, Olaf était seul dans son lit. La lampe était allumée et l'homme était debout, habillé, en train d'attiser le feu. Il entendit le garçon bouger et se retourna pour le regarder. "As-tu bien dormi, Lukas ?" dit-il avec un sourire.
"Oui, très bien." répondit le garçon en s'étirant et en frottant sa poitrine nue.
"Je vais te préparer quelque chose à manger. Habille-toi ou tu vas attraper froid."
"Oui."
"Merci pour cette nuit, Lukas." dit l'homme en regardant le corps nu avec un doux sourire.
"Merci à vous Beof... et... mon vrai nom est Olaf, pas Lukas. Je vous ai menti, pardonnez-moi."
"J'imagine bien. Un garçon qui s'enfuit tout seul ne dit jamais son vrai nom. Mais je te remercie de me le dire maintenant. Tu as vraiment aimé la nuit passée ?"
"Oui, ça m'a beaucoup plu. C'était complètement différent de ce qu'ils me faisaient. Je sentais que je n'étais pas seulement un cul à baiser, vous voyez ce que je veux dire ?"
"Bien sûr. Tu es un gentil garçon. Veux-tu vraiment aller jusqu'à la mer ? Tu ne préfèrerais pas rester avec moi ?"
"Merci, mais je veux aller dans la grande ville au bord de la mer. Dès qu'il fera jour, je reprendrai mon chemin."
"Comme tu voudras, mon garçon. Mais à présent, mangeons un morceau."
Dès que le jour fut levé, Olaf dit adieu à Beof. Il lui laissa la moitié de son pain et l'homme lui donna à emporter un peu de viande séchée. Puis il lui souhaita bonne chance et resta à la porte jusqu'à ce qu'Olaf disparaisse au tournant de la route. Il recommençait à neiger légèrement mais le garçon marchait d'un bon pas. Il pensait à la nuit qu'il avait passé avec l'ancien marin et à ce qu'ils avaient fait. Ça lui avait vraiment plu. Il ne l'avait pas utilisé comme un objet, pour son plaisir, mais comme un cadeau précieux à recevoir avec gratitude. Oui, ça valait la peine, c'était bon. Il avait retrouvé en Beof la douceur de Drach, mais en plus mature, plus complète.
Olaf croisa une caravane de trois ânes chargés de marchandises, et trois hommes qui auraient pu être un père et ses fils. Ils lui firent un geste de la main, sans s'arrêter.
Il traversa un village dont les habitants profitaient des quelques heures de jour pour vaquer à leurs activités. Il demanda un peu d'eau à une fille. Elle lui tendit une pleine mesure avec un gentil sourire, puis il poursuivit son chemin. Il recommençait à faire sombre, mais la neige avait cessé. La route et les champs sur les collines étaient blancs et tout était silencieux. Une petite cascade murmurait au bord de la route, créant une brillante colonne de glace sur laquelle courait l'eau. Il aurait voulu avoir un récipient pour en prendre. S'il se servait de ses mains, il avait peur de les geler. Il continua. Il espérait trouver une autre maison. Il perdait espoir quand il vit une lueur devant lui. Il accéléra le pas. C'était une auberge. Il entra et une grosse femme le regarda des pieds à la tête en lui faisant à peine un salut.
"Excusez-moi, je n'ai pas d'agent, mais... si vous me donnez un abri pour la nuit, je peux travailler pour vous. Je vous en prie, dehors il fait si froid."
La femme le regarda et grommela, "Ici, mon beau, c'est une auberge. Pas d'argent, pas de service. Et je n'ai pas de travail pour toi, alors..."
"Mais où je vais aller, cette nuit ?" demanda Olaf d'une vois étranglée.
"Qu'est-ca que j'en sais ? Tu ne devrais pas voyager sans argent. Tu ne peux pas prétendre avoir les choses pour rien."
J'ai un peu à manger... je vous en fais cadeau contre un abri." tenta encore Olaf.
"Non, non !" répliqua la femme ennuyée," Va-t-en, mon garçon, tu commences à m'agacer !"
"Allons, laisse-le se réchauffer un moment, ça ne coûte rien !" dit l'un des hommes qui mangeait assis à une table. Puis, s'adressant au garçon, il lui dit, "Approche, assieds-toi à côté de moi. Je t'offre le dîner. Apporte une assiette au garçon, c'est moi qui paye !"
"On paye d'avance, alors !" dit sèchement la femme.
L'homme lui jeta une pièce et fit asseoir Olaf à côté de lui. Le garçon s'assit et posa son panier sur le sol, à côté de lui. "J'ai à manger, monsieur, merci. Vous n'avez pas besoin de payer pour moi."
"Non, tu as besoin de quelque chose de chaud, mon garçon. Il fait trop froid. J'ai payé mon lit pour la nuit, tu pourras dormir avec moi."
"Oh, non, mon petit monsieur, si vous y dormez à deux, ça vous coûtera plus cher." dit la femme en posant une assiette fumante devant le garçon.
"Ça suffit ?" demanda l'homme en attrapant une autre pièce qu'il donna à la femme. Elle acquiesça en l'empochant et partit s'occuper des autres clients.
"Merci beaucoup, monsieur. Pourquoi vous donnez-vous tant de peine pour moi ?" demanda Olaf en commençant à manger la soupe chaude avec plaisir.
"Parce que tu me plais, mon garçon. Et parce que la nuit va être longue et que je n'ai pas envie de la passer seul. Finis ton assiette, et nous irons dans ma chambre pour discuter. Et puis je ne suis pas un monsieur. Je suis juste un marchand de marmites qui va à la capitale pour la foire."
"Vers la mer ?"
"Non, pourquoi ?"
"Je veux aller à la mer."
"Oh. C'est une longue route. Ça te prendra plusieurs jours à pied. Quelqu'un t'attend là ?" demanda l'homme.
"Oui, mon frère. Il travaille sur un bateau." mentit Olaf, car il ne voulait pas dire la vérité.
"Ah, je vois. Bon, on peut y aller. Prends ton panier et viens."
La chambre au premier étage était petite mais un brasero la tenait chaude. Le lit n'était pas recouvert d'une peau de bête, mais d'une douce couverture en laine de chèvre tricotée.
"Déshabille-toi, mon garçon, et puis on pourra se coucher," dit l'homme en commençant à retirer ses vêtements. Il était grassouillet et portait des sous-vêtements de chanvre d'une couleur incertaine. Olaf ne portait pas de sous-vêtements, aussi resta-t-il torse nu, avec son pantalon. "Enlève ça aussi," dit l'homme.
"Je n'ai rien, dessous." dit Olaf un peu gêné.
"Et bien tant mieux !" dit l'homme en riant. "Qu'est-ce que tu as ? Tu as honte de me montrer ta zigounette ? On est entre hommes. Regarde, je commence..." ajouta-t-il en retirant ses sous-vêtement de chanvre.
Olaf regarda le membre mou qui pendait entre les jambes de l'homme, surmonté d'un épais buisson de poils roux, et en fit autant.
L'homme s'assit sur le bord du lit, les jambes écartées. "Viens-là, mon garçon, quel âge as-tu ?"
"Seize ans, monsieur."
"Et bien pour seize ans, tu es bien déjà bien pourvu," dit l'homme en tendant les mains et en l'attrapant, le soupesant.
Olaf frissonna et rougit en sentant venir une érection à ce contact. L'homme le masturbait tranquillement.
"Viens sur le lit, mon garçon, et mets-toi à genoux à côté de moi. Voilà, c'est bien. Oui, tu as une belle queue, elle me plait." dit l'homme. Au grand effarement d'Olaf, il commença à la lécher avec un plaisir évident.
Olaf frissonna de plaisir. Cette bouche chaude, ces lèvres douces, cette langue agile lui donnaient de puissantes sensations.
L'homme continua un moment, puis dit au garçon, "Maintenant, mets-toi entre mes jambes et suce-moi. La nuit va être longue, amusons-nous."
Olaf n'était pas sûr que ça lui plairait, mais il avait laissé l'homme lui faire ce plaisir et il ne pouvait plus reculer. Il se pencha et fit se que l'homme voulait. Au début, la sensation de cette chair molle dans sa bouche ne lui donna pas de plaisir mais ne le gêna pas. C'était seulement bizarre. Et puis, en la sentant durcir entre ses lèvres, il commença à apprécier la sensation. En fait ce n'était pas aussi bon que quand l'homme le suçait mais c'était bon.
L'homme l'arrêta, et recommença à sucer le garçon. Puis il demanda à Olaf de le sucer encore, échangeant plusieurs fois leurs rôles. Chaque fois, Olaf aimait davantage, et il remarqua que l'homme en tirait au moins autant de plaisir. Cette façon de se donner du plaisir en employant la bouche lui semblait étrange mais fascinante à la fois. Et l'homme ne semblait pas le moins du monde intéressé par son cul. Tout à coup il sentit l'homme vibrer et son membre pulser dans sa bouche et comprit qu'il était en train de jouir.
Il tenta de se reculer, mais l'homme lui tint la tête à deux mains, la retenant contre son sexe, en lui disant d'une voix rauque, "Ne bouge pas, bois tout, allez, c'est ma liqueur."
Olaf sentit sa bouche se remplir et eut un haut le cœur, mais l'homme le tenait avec force et il dut tout avaler. Quand l'autre le lâcha, Olaf toussa, et ses joues étaient pleines de larmes.
L'homme sourit. "Ne me dis pas que c'est la première fois, mon gars. Je pensais que tu étais un de ces garçons qui gagnent leur vie en se vendant dans les auberges.
"Non, c'est la première fois..." dit Olaf en essuyant ses larmes et en tentant de contenir les haut-le-cœur qui continuaient à le secouer.
"Et tu n'as pas aimé ? Viens ici, je vais te montrer comment faire. Moi, j'aime beaucoup, et maintenant c'est mon tour de boire ton précieux nectar, l'élixir de jouvence ! Viens, mon gars."
Olaf obéit docilement, et l'homme se remit à le sucer jusqu'à ce qu'il arrive au sommet du plaisir et l'homme but avidement. Le garçon eut un orgasme plus fort que tout ce qu'il avait déjà connu.
Il s'étendit, haletant, et l'homme caressa son sexe qui dégonflait rapidement. "Dormons un peu. Après, on pourra recommencer, et encore demain matin... Tu verras, tu vas aimer."
Olaf opina en silence. Il pensa qu'il était prêt à essayer de nouveau ce plaisir intense, et même à le boire. Il avait encore le goût de la crème de l'homme, et après un moment, il décida que ce n'était pas si désagréable. Il ne s'agissait que de s'y habituer. Il était évident que l'homme aimait boire la sienne.
Il sentit la chaleur de l'homme à côté de lui. Il n'était pas beau, et pourtant cette chaleur lui plaisait. Il s'endormit.
"Tu dors, garçon ?" demanda l'homme plusieurs heures plus tard.
Olaf se réveilla à cette question.
"Non."
"Attends, alors, j'allume la lampe... et puis..."
Les choses recommencèrent à peu près comme la première fois, mais cette fois, Olaf était prêt et parvint à avaler sans difficulté les jets qui fusaient du manche du marchand. Puis l'homme s'occupa à son tour de lui donner du plaisir.
"Tu es un gentil garçon. C'est dommage que tu ne veuilles pas venir avec moi à la capitale. Tant pis ! Allons manger, et puis je devrai y aller. Habillons-nous, allez !"
Après qu'ils aient mangé et que le marchand ait payé pour eux deux, Olaf s'offrit à l'aider à charger les ânes. Le marchand lui donna une pièce. Olaf lui demanda s'il pouvait lui donner une coupe ou une louche pour prendre de l'eau sur sa route. Le marchant lui donna une tasse de cuivre martelée. Ils se saluèrent et prirent des directions opposées.
Olaf réfléchit à ce que le marchant lui avait dit sur les garçons qui allaient d'auberges en auberges en vendant leurs corps contre un lit et un repas. Il lui avait demandé comment ils faisaient. Ils entraient comme lui, en disant qu'ils n'avaient pas d'argent, mais ils ne parlaient pas à l'aubergiste, mais aux clients, leur proposant d'être leur hôte en échange de leurs "services".
A la tombée de la nuit, Olaf entra dans la première auberge qu'il trouva sur la route, et s'adressa aux clients, "L'un d'entre vous voudrait-il aider d'une pièce un pauvre garçon ? Je ne sais pas où passer la nuit, et si l'un de ces messieurs voulait m'aider, je serais heureux de lui offrir mes services..."
Ça marcha. Un soldat lui fit signe d'approcher.
"Tu peux venir avec moi, garçon. As-tu mangé ?"
"Pas encore, soldat." répondit Olaf en s'asseyant à ses côtés.
L'homme lui palpa les fesses avec insistance en souriant d'un air satisfait.

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