La marque des forceps (3/4) d'Andrej Koymasky
vendredi 4 juin 2010, 18:45 - Andrej Koymasky - Lien permanent
Olaf frissonna et rougit en sentant venir une érection à ce contact. L'homme le masturbait tranquillement. "Viens sur le lit, mon garçon, et mets-toi à genoux à côté de moi. Voilà, c'est bien. Oui, tu as une belle queue, elle me plait." dit l'homme. Au grand effarement d'Olaf, il commença à la lécher avec un plaisir évident.
LA MARQUE DES FORCEPS
par Andrej Koymasky © 2008
écrit le 8er Mai, 1985
Traduit en français par Christophe
CHAPITRE 5
LES ÉTRANGES PROPHÉTIES DU BRETT
Brett continua. "Les apparences sont trompeuses, Guntar. Toutes les étoiles brillent jusqu'à ce que le soleil se lève."
"Je ne comprends pas... Que veux-tu dire ?"
"Ton étoile brillera au-delà de tous tes espoirs, le jour où le soleil te sourira... Et toi, mon garçon, quand ton frère se dressera contre toi, sois magnanime, et les dieux te seront propices, surtout le Dieu Niel qui te protège spécialement."
"Mais je n'ai pas de frère..." répondit Olaf, déconcerté.
"Et que dites-vous sur nous ?" demanda Guntar en coupant Olaf.
"L'amour qui vous lie est béni des Dieux. Il sera parfait le jour le jour où le plus petit se donnera au plus grand."
"Oui, dans quelques semaines, pas vrai, mon Olaf ?" sourit le chevalier. Le garçon acquiesça en souriant.
"Non. Huit mois passeront avant ce moment. Ce sera un matin plein de soleil, à côté d'une cascade. N'oubliez pas ces mots. Allez, maintenant. J'ai dit ce que vous aviez à entendre."
Ils dirent au revoir au vieil homme et rentrèrent au village.
"Je ne crois pas que le vieux avait toute sa tête... Il a dit que j'ai un frère !" s'esclaffa Olaf.
"Et ce n'est sûrement pas dans huit mois que je te ferai mien, pas vrai ?" répondit Guntar avec un sourire.
"S'il ne tenait qu'à moi, ce serait sur le champ, vous le savez bien. Je n'attendrai pas huit mois. Les quelques semaines qui nous séparent de votre adoubement me semblent si longues."
"Elles sont longues pour moi aussi, mon cher garçon..." dit Guntar en l'attirant vers lui pour le serrer dans ses bras.
Leurs lèvres se touchèrent et leurs corps se cherchèrent. Guntar commença à caresser le garçon.
Ce dernier frémit mais s'écarta avec douceur du jeune homme. "Ne rompez pas votre serment. Nous avons attendu, tous ces mois, nous pouvons encore attendre les quelques jours qui restent."
"Ici, le dieu Niel a pris son Brett et il l'a aimé." murmura le jeune homme, les yeux pleins de désir.
"Oui, et puis il l'a abandonné, vous en souvenez-vous ? Je ne veux pas que vous me quittiez !"
"Cet endroit est magique." Soupira le chevalier. "Tu es plus fort que moi, j'ai de la chance mon bel ami. Je t'aime plus que jamais."
"Je vous aime aussi, Chevalier."
Ils reprirent la route. Guntar chevauchait perdu dans ses pensées. Olaf le regardait en marchant à côté de la monture, et se demandait à quoi pensait son aimé. Il aurait voulu pouvoir lire dans son esprit, directement, sans passer par les mots. Pourquoi, se demandait-il, les amoureux ne peuvent-ils pas lire dans leurs pensées ?
Guntar regarda Olaf, vit ses yeux pensifs et sourit. "Pourquoi me regardes-tu de la sorte ?" demanda-t-il d'une voix douce.
"Je me demandais à quoi vous pensiez."
"Des pensées étranges et mystérieuses. Je pensais juste que nous ne sommes que trois fourmis, dans ce vaste monde, toi, Foudre et moi. Une terre où le soleil se lève et se couche sans avoir conscience de nos existences. Et puis je suis sur le cheval et toi à pied. Je suis un chevalier royal et toi un serviteur. Pourquoi ? Qui l'a décidé ? Je t'aime, tu m'aimes, ne sommes-nous pas égaux ?"
"Pour moi, vous êtes plus que le soleil, et je suis sûr de ça. Et je suis heureux d'être votre serviteur, heureux de vous appartenir."
"Et moi, si je t'aime, je ne t'appartiens pas ?"
"Vous... m'appartenir ?" s'exclama le garçon, ahuri.
"Bien sûr, Olaf. N'est-ce pas l'amour que d'être complètement à l'autre ? C'est pour ça que je sais que je suis amoureux de toi. Je veux me donner à toi, complètement. Le désir veut posséder, et je te désire mais l'amour veut s'offrir et je t'aime. N'est-ce pas extraordinaire, mystérieux ?"
"Oui, je comprends ce que vous voulez dire. Oui, c'est vraiment un grand mystère. Comment peut-on offrir et posséder en même temps ?" dit Olaf, pensif.
Ils arrivèrent en ville et Guntar demanda l'hospitalité dans le château d'un noble. On leur donna une chambre et un bain chaud leur fut préparé. Le large baquet de chêne était ovale et Guntar voulut prendre son bain avec Olaf et ils se lavèrent l'un l'autre.
La longue caresse des mains pleines de savon excita leur désir.
"La tentation de rompre mes vœux est très forte, Olaf." murmura le chevalier en caressant intimement le beau corps de garçon, "... Je te veux de plus en plus..."
"Mais nous résisterons," soupira Olaf.
"Oui, mais c'est merveilleux de sentir le désir dans tes mains, de le lire dans tes yeux, de le sentir frissonner sous ta peau, de l'entendre dans ta voix..."
"Combien de jours jusqu'à votre adoubement ?" demanda Olaf en caressant la large poitrine.
"Huit jours exactement. Je me présenterai au Roi. Je lui raconterai ma quête. Il me remettra le bouclier avec mes armes, je pourrai choisir mon écuyer et je serai libéré de mes vœux. Alors, je te ferai mien !"
"Ces huit jours passeront vite."
"Jamais assez..."
Le noble offrit un banquet en l'honneur de Guntar, et Olaf, pour la première fois, le servit à table, et il se fit honneur. Il regardait tous ces nobles réunis à table, vêtus de tissus précieux. Il remarqua comme les jeunes dames regardaient Guntar avec timidité et comme celui-ci était aimable avec elles et se sentit plein d'orgueil. Guntar était le plus beau dans cette salle, le plus admiré. Son chevalier.
Puis les musiciens se mirent à jouer et les danses commencèrent. Olaf n'avait jamais vu Guntar danser et l'observa, extasié. Il était élégant, beau, raffiné.
Olaf était assis dans un angle, le cœur plein d'amour pour son homme, quand une jeune servante s'approcha de lui.
"Comment t'appelles-tu ?" demanda-t-elle ?
"Olaf."
"Sais-tu que je n'ai jamais vu un serviteur aussi beau que toi ?" lui dit la fille en minaudant.
"Merci."
"Si tu étais habillé comme eux, on pourrait te prendre pour un noble. Quel âge as-tu ?"
"Presque dix-neuf ans."
"As-tu déjà une belle que t'attends ?"
"J'ai déjà trouvé mon amour."
"Oh... bon, elle a de la chance, celle à qui tu as offert ton cœur. Te manque-t-elle ? Quand la verras-tu ?"
"Oui, mon amour me manque. Mais nous serons ensemble dans huit jours."
"Si tu te sens seul, je serais heureuse de te tenir compagnie." murmura la fille rougissante.
"Merci, mais je ne me sens pas seul."
"Ton chevalier est vraiment magnifique, et la jeune dame que je sers en est toute fascinée. Elle est sûre de le revoir, une fois son noviciat terminé, et je suis sûr qu'elle l'invitera de nouveau. Alors nous nous reverrons."
"Il n'y a pas que ta maîtresse qui soit fasciné par lui," dit joyeusement Olaf en regardant la fille avec des yeux rieurs.
"C'est vrai que les autres dames le veulent, mais elle est la fille du seigneur, alors elle passe avant toutes les autres. Vois-tu comme elle est belle, quand ils dansent ensemble ? Et si ton maître courtisait ma maîtresse..."
"Les serviteurs pourraient imiter les maîtres ?" sourit Olaf. "Mais j'ai juré à mon amour de lui être absolument fidèle, alors..."
"Tu n'es pas très courtois !" répondit la fille d'un air revêche.
"Je ne suis qu'un serviteur..." rétorqua Olaf d'un ton léger.
Le soir, ils se retirèrent pour dormir. Dans la chambre de Guntar, il y avait une couchette pour Olaf, dressée au pied du lit, conformément à la tradition.
Olaf plia soigneusement les habits de Guntar, puis se déshabilla et se préparait à se coucher quand Guntar lui dit, "Souffle la lampe et viens te coucher avec moi."
"Oui, Chevalier." répondit joyeusement le garçon.
Guntar le serra contre lui, "La servante te faisait du gringue, non ?" demanda-t-il.
"Comme les dames avec vous."
"Je dansais avec elles, mais je dansais pour toi."
"Vous étiez si beau. Je ne vous avais jamais vu danser."
"J'ai vu que tu ne m'as pas quitté des yeux."
"Mais moi, j'ai trouvé que vous ne me regardiez jamais..."
"Au contraire. J'étais impatient que la fête se termine, pour que je puisse te tenir comme ça."
"Plus que sept jours..."
"... et je pourrais te donner tout mon amour..."
"... et me faire votre..."
"Oui, te faire mien..." murmura le jeune homme et il l'embrassa avec tendresse et passion.
Olaf frissonna et murmura, "Mais comme ça, il sera difficile de résister encore sept jours."
"Combien de fois ai-je été au bord de rompre mes vœux ? Mais tu m'en as toujours gardé, et je t'en suis reconnaissant. Dès que le Roi m'en libèrera, la première chose sera de faire de toi mon écuyer. Tu peux coudre sur tes vêtements mon blason, et puis je te ferai mien."
"On ne pourrait pas inverser l'ordre ?" demanda le garçon en se serrant contre lui.
"Non. Je ne peux quand même pas te prendre dans la salle du Trône !" répondit Guntar en riant tout en le caressant.
"Et quel sera votre blason ?"
"Je ne l'ai pas encore choisi. Si l'Héraldiste est d'accord, je le ferai peindre sur mon bouclier."
"Et vous n'avez pas encore décidé ?"
"Avant de te rencontrer, je pensais que ce serait un glaive d'agent sur mes couleurs, mais à présent..."
"A présent ?"
"Une rose rouge sur mes couleurs."
"Une rose rouge ?"
"On dit que dans les pays du sud, c'est le symbole de l'amour. Ainsi, je porterai toujours le signe de ton amour pour moi sur mon armure. Ce sera mon porte-bonheur."
"Et alors ma livrée sera brodée d'une rose rouge. Mais ça sera le symbole de votre amour pour moi, c'est ça ?"
"Oui, bien sûr. Dès que nous arriverons au Palais Royal, j'irai tout de suite voir l'héraldiste pour que tout soit prêt pour le jour où le Roi m'adoubera dans la salle des chevaliers."
"La cérémonie ne sera que pour vous ?"
"Non, nous serons quatre. Les quatre devraient être de retour. C'est ce que j'espère."
"Les trois autres chevaliers sont-ils vos amis ?"
"Oui, mais l'un d'entre eux, surtout. Son nom est Kim, on a presque été élevés ensemble. C'est mon meilleur ami."
"Avez-vous fait l'amour ensemble ?"
"Pendant un moment, quand nous étions écuyers."
"L'aimez-vous ?" demanda Olaf, inquiet.
"Non, on était bien, ensemble, mais ce n'était pas de l'amour. On se faisait confiance en tout, et c'est pour ça que le Roi nous a envoyés dans des directions différentes, lui au sud et moi au nord. Il est plus qu'un frère, je peux lui dire que je t'aime, je sais qu'il me comprendra, même s'il préfère les femmes."
"Et vous ?" demanda timidement Olaf.
"Moi ? J'ai toujours préféré les hommes."
"Préféré ?" demanda Olaf en levant un sourcil.
"Oui, préféré. Maintenant, je n'ai plus de préférences. Je sais que je suis amoureux de toi." répondit tendrement le jeune homme en l'attirant à lui pour l'embrasser.
Ils prirent finalement la route de la capitale. Ils arrivèrent dans la grande ville, dominée par le château royal, la traversèrent et Olaf était fasciné. Elle était plus grande que toutes celles qu'il avait traversées, animée, pleine de belles constructions, de boutiques artisanales, d'échoppes. Ils arrivèrent à la porte basse du château et Guntar se présenta. Le chef de la garde sortit qui le reconnut et il le fit escorter jusqu'à la porte intermédiaire. A cet endroit, le chef de la garde était à un chevalier, ami de Guntar, qui le salua cordialement et voulut savoir comment s'était passé son année de noviciat. Pendant que Guntar parlait avec lui, Olaf, tenant Foudre par la bride, les suivait en regardant les yeux écarquillé le système de fortifications et les soldats aux couleurs du roi, blanc et rouge. Ils arrivèrent à la porte haute et un autre chevalier prit Guntar en charge et le conduisit de la porte du château dans la cour intérieure, où il le confia au chevalier de service. Celui-ci les mena au quartier réservé, où Kim les attendait déjà ainsi qu'un autre chevalier.
Olaf fut conduit aux écuries où il étrilla Foudre, puis dans la chambre où il devait dormir pendant les jours qu'il passerait là. C'était une vaste pièce avec une grande paillasse sur un côté.
Là, il rencontra les écuyers des deux autres chevaliers. L'un, nommé Kuno, écuyer de Kim, avait vingt-trois ans. L'autre, nommé Weis, écuyer du chevalier Erich, n'avait que vingt ans. Kuno avait été pêcheur, un vigoureux gaillard aux cheveux châtains. Weis était grand et élancé, les cheveux blond cendré. C'était le dernier fils d'un chevalier. Weis et Kuno étaient déjà amis et ils accueillirent Olaf avec simplicité et camaraderie. Wies était sûr de devenir l'écuyer d'Erich, et ensuite chevalier à son tour. Kuno par contre savait qu'il resterait serviteur, parce que Kim savait déjà qui prendre comme écuyer après avoir été adoubé. Weis, provenant d'une famille de chevaliers, savait beaucoup plus de choses que les deux autres et les leur expliquait.
"C'est vrai que les chevaliers couchent avec leurs écuyers ou leurs serviteurs ?" demanda Kuno à un moment.
"Oui, ça arrive parfois, sûrement sur la route, ou a la guerre. C'est comme les Princes avec leurs pages. Un homme a besoin de faire l'amour, et quand il n'a pas sa femme, il se fait un garçon, ou un jeune homme, c'est normal. Parce que les serviteurs, les écuyers, les pages dorment dans la chambre de leurs maîtres, ça arrive..."
"Et toi, Weis, as-tu déjà fait l'amour avec un homme ?" lui demanda Kuno.
"Bien sûr, plus d'une fois et avec plus d'un. Pourquoi ?"
"Moi... Je l'ai fait quelques fois avec un pêcheur de mon village. Et toi, Olaf, tu l'as déjà fait avec un homme ?"
"Souvent, et avec beaucoup d'hommes."
"Je ne sais pas... Mon ami, le pêcheur, des fois, il m'a pris pendant la nuit, quand nous étions seuls. Il venait sur ma paillasse, baissait mon pantalon, me baisait, puis me quittait sans un mot. Le jour, il ne voulait pas en parler. En fait. Moi. j'aimais ça sans l'aimer, alors j'ai voulu savoir si vous aimez ou non."
"Je crois que comme ça, je n'aurais pas aimé." dit Weis, "Il y a des hommes qui sont comme ça avec leur femme, ils les prennent pendant le nuit et puis ils ne veulent pas en parler. Mais que ce soit entre hommes ou avec une femme, faire l'amour n'est pas différent. Pour mon premier homme, j'avais quatorze ans, il m'a séduit, il ne m'a pas seulement baisé. Il m'a donné envie de faire l'amour avec lui."
"Et toi, Olaf ?"
"Ma première fois ? J'ai été violé par les deux fils de mon maître. Ils ont parlé tout le temps mais j'aurais préféré qu'ils se taisent." répondit Olaf avec un sourire amer.
"J'aimerais bien le faire avec un de vous deux," dit Kuno en regardant les deux garçons.
"Pourquoi pas ?" répondit Weis. "Ce soir, on sera tous là. On pourrait même le faire tous les trois ensemble."
"Non, faites-le tous les deux, mais pas moi." dit Olaf.
"C'est sûr, après une telle expérience, tu n'as plus envie de coucher avec des hommes," ajouta Weis compréhensif.
"Non, c'est pas ça. Simplement, je n'ai pas envie," dit Olaf, "Mais vous pouvez y aller tranquillement."
Cette nuit-là, Olaf les entendit faire l'amour à côté de lui en murmurant, et Kuno soupira, "Oh, oui, j'aime, comme ça !" et ils gémirent pendant l'orgasme.
Olaf était excité en imaginant qu'enfin, il était avec Olaf, il ne manquait plus que deux jours.
Le lendemain, ils furent appelés pour se préparer à la cérémonie. Olaf retrouva Guntar qui lui sembla le plus beau des chevaliers. Du quatrième chevalier, on était sans nouvelles. Ils ne réussirent pas à parler seul à seul, mais Guntar dit à Olaf que l'Héraldiste avait accepté qu'il prenne la rose rouge comme emblème, puis ils durent nouveau de se séparer.
Cette nuit là, Kuno et Weis firent de nouveau l'amour. Puis Olaf entendit l'ex-pêcheur dire à Weis, "Je suis triste qu'on doive se séparer, tu me plais beaucoup."
"Oui, toi aussi, tu me plais. Mais nos vies ne nous permettront pas d'être ensemble. Demain, je deviendrai écuyer, et un jour, je serai chevalier. Et puis je me marierai et toi aussi."
"Oui, je sais, mais... Pourquoi deux hommes ne peuvent-ils pas se marier ?" demanda Kuno.
"Ne dis pas n'importe quoi ! On se marie pour faire des enfants. Deux hommes ne le peuvent pas, non ? Deux hommes ne couchent ensemble que pour le plaisir." répliqua Weis.
Alors, dans l'obscurité, Olaf lui dit, "Non, ils peuvent aussi le faire par amour. Deux hommes peuvent être amoureux."
"Tu es encore réveillé ? Amoureux, deux hommes ? Allons donc ! Ils peuvent être vraiment amis, être très bien ensemble, faire l'amour, mais l'amour, c'est autre chose. Un homme ne peut aimer qu'une femme, c'est évident !"
"Je n'en suis pas si sûr. Je crois que deux hommes peuvent tomber amoureux, s'aimer vraiment." insista Olaf.
"Moi... je pense comme Olaf." dit Kuno, "Même si je ne suis jamais tombé amoureux de personne, je pense que ça pourrait arriver. Je ne crois pas que ce soit sexuel, c'est juste question d'être avec celui qu'il te faut."
"Mais l'homme est fait pour la femme, et la femme pour l'homme, c'est évident," insista Weis.
"Si tu parles de faire des enfants, je suis d'accord, mais pas pour le reste. Je pense que Kuno a raison, si tu trouves le bon, tu tombes amoureux, que ce soit un homme ou une femme."
"Alors vous pensez tous les deux que deux hommes devraient être autorisés à se marier ?" demanda Weis abasourdi.
"S'ils s'aiment, pourquoi pas ?"
"Mais on se marie pour faire des enfants." insista Weis.
"Ce n'est pas vrai. Mon père et ma mère n'étaient pas mariés, et je suis né, comme mes trois frères et mes deux sœurs." dit Kuno.
"Oui, c'est vrai..." dit Wies songeur.
"Avoir des enfants, être amoureux et se marier, ce sont trois choses complètement différentes." dit Olaf. Il n'y avait pas tellement pensé jusqu'à présent, mais la discussion avec ses compagnons l'avait fait réfléchir.
"Mais si on avait les trois ensemble, ça ne serait pas parfait ?" demanda Weis d'un air triomphant.
"Oui, c'est vrai, mais si tu regardes autour de toi, il y en a beaucoup qui en n'ont que deux sur les trois. Ils s'aiment et ont des enfants sans être mariés, comme les parents de Kuno, ou qui se marient et on des enfants sans s'aimer, ou qui s'aiment et se marient sans avoir d'enfants."
"Et même, qui en aiment une, se marient avec une autre, et font des enfants à une troisième," dit Weis en riant.
Le lendemain, se tint la grande cérémonie, et les rites. Pour la première fois, Olaf vit le Roi, la Reine et le Prince Bjorn dans toute leur splendeur. Bjorn avait quinze ans, il était beau dans ses atours. Olaf l'admira, mais il était particulièrement impressionné par le Roi Harold, majestueux et serein, malgré le léger voile de tristesse sur son expression.
Les trois chevaliers reçurent leurs boucliers peints aux couleurs qu'ils avaient choisies, puis Weis et Olaf furent faits écuyers. Enfin les trois chevaliers se retirèrent, chacun dans une pièce, suivis de leur écuyer ou de leur serviteur. Et enfin Guntar et Olaf furent ensemble, seuls.
"Demain, il y aura une grande fête, un tournoi en notre honneur. Viens ici, Olaf, le Roi nous a enfin libérés de notre vœu de chasteté. Viens, mon amour. C'est le moment que nous attendons depuis un an. Enfin, je peux te prouver mon amour."
"Laissez-moi vous déshabiller." dit Olaf en se penchant pour retirer les éperons de son homme."
Il le déshabilla lentement, progressivement, savourant cette acte qu'il avait fait si souvent, mais qui prenait à présent un autre sens. Guntar le laissa faire, le cœur plein de désir, puis à son tour, il déshabilla son écuyer. Quand ils furent tous deux nus, Olaf admira la glorieuse érection de son homme, et presque en adoration, il la porta à ses lèvres.
"Vous êtes si beau !" s'exclama le garçon, embrassant le sceptre de chair qu'il allait bientôt accueillir en lui.
"Mais tu m'as déjà vu, touché des centaines de fois." murmura Guntar, frissonnant sous la caresse en passant la main dans les cheveux d'Olaf.
"Mais jamais comme ça. Vous êtes plus beau que jamais."
"Et toi, tu es plus désirable que jamais, Olaf."
"Prenez-moi..."
"Oui, viens." dit Guntar en le tirant vers le lit. "Tu es plus beau que jamais."
Guntar coucha le garçon sur le lit et s'étendit sur lui, pressant son érection contre la sienne, le serrant entre ses bras et ses jambes, et il l'embrassa.
"Prenez-moi," supplia Olaf.
"Oui, bientôt. J'ai rêvé de cet instant, Olaf, quand enfin tu serais à moi."
"Prenez-moi," murmura Olaf.
Guntar se glissa entre les jambes d'Olaf et se pencha pour sucer le membre du garçon.
Olaf frissonna comme l'herbe nouvelle sous le vent de Juin. "Oh... Vous aimez faire ça ?" demanda-t-il, ému.
"Bien sûr! Ça te plait, mon amour ?" demanda Guntar, en recommençant à le sucer, à le lécher, à l'embrasser.
"Oh, comme c'est bon, vos lèvres comme ça... Mais... prenez-moi... faites-moi vôtre."
"Tu me veux en toi ?"
"Oui, tellement..."
"Tellement... comment ?"demanda Guntar en soulevant les jambes du garçon et en les repoussant contre la poitrine et les épaules, lui caressant les cuisses, les flancs et la poitrine avec plaisir.
"Enormément... prenez-moi..."
"Guntar prit un flacon qu'il avait rempli d'huile parfumée, et se mit à lubrifier soigneusement le trou de son écuyer, qui frémissait et palpitait sous ses doigts.
"Oh, prenez-moi..." implora le garçon.
"Oui, maintenant..." répondit le jeune homme excité, qui se mit à étendre de l'huile le long du son pieu raide. Il referma le flacon, le mit de côté et écarta les petites fesses fermes du garçon, il guida l'extrémité de son membre sur l'orifice brûlant. "Et voilà, je te fais mien, enfin..." murmura-t-il en commençant à pousser.
"Oh, oui, je vous sens... que c'est beau... vous entrez en moi... oh, oui, oui, je suis à vous, tout à vous..."
"Oui, mon amour... Je t'aime... tu es à moi, enfin, ahhh, que c'est bon..."
Olaf sentit la toison pubienne et les boules gonflées du jeune homme pousser contre ses fesses et le dur et beau membre profondément en lui, chaud, palpitant et eu alors un sourire doux et reconnaissant.
"Vous êtes en moi ! Enfin..."
"Je t'adore... c'est bon d'être en toi... de te faire mien..." murmura Guntar avec délice en commençant à le pomper à un rythme doux mais décidé dans une sorte de danse érotique et passionnée.
Olaf vibrait à chaque poussée et goûtait ce pieu profondément enfoncé en lui, le recevant enfin avec une vigueur virile.
Guntar regardait l'expression béate qui baignait le visage du garçon et sourit. "Tu aimes ?"
"C'est merveilleux de vous sentir en moi, comme ça. Je n'ai jamais rien senti de plus beau. Vous m'emmenez au paradis."
"Et tu me le rends bien, Olaf, je n'avais jamais rien éprouvé de tel. Je suis heureux de t'avoir."
Pendant que Guntar continuait à prendre Olaf, ils se caressaient sur tout le corps, échangeaient des mots d'amour pleins de passion et se noyaient joyeusement dans le regard comblé de l'autre.
"Ooooh, Olaf... Je vais... te donner... ma semence..."
"Oh, oui... je la sens... allez... faites le moi sentir... Je veux la sentir jusqu'au fond... Oh, comme ça... que c'est beau..." souffla le garçon en faisant palpiter son canal tout en se serrant contre lui et en oscillant son bassin dans un mouvement de rotation pour mieux sentir la forte consistance du beau pieu qui se vidait en lui.
Ce qui déchaîna l'orgasme du jeune homme. Il poussa son membre à fond en Olaf, tira à lui le torse du garçon, le remplit de sa crème tiède en gémissant. Tous deux tremblaient à l'unisson, saisi par le plaisir intense. Puis Guntar se retira du garçon et se glissa rapidement pour prendre entre ses lèvres le membre du garçon. Olaf était plus qu'excité et ce contact doux, chaud, le fit jouir immédiatement, cambrant son dos, tremblant. Avec de bruyants gémissements de plaisir, il se vida directement dans la gorge de son homme qui but, tout à grande gorgées goulues.
Quand Olaf commença à se détendre, frémissant, transpirant, hors d'haleine, Guntar s'étendit de nouveau sur lui, et lui murmura en l'embrassant. "Tu as un goût délicieux. A présent, ma semence est en toi, et la tienne est en moi. Ainsi, je fais partie de toi et toi de moi. Je t'aime, oui, tu es vraiment à moi, maintenant. C'est merveilleux, non ?"
Olaf hocha la tête en signe d'assentiment et que les larmes envahirent ses yeux.
Guntar le regarda inquiet. "Qu'est-ce qui se passe ? J'ai dit ou fait quelque chose..."
"Non, on peut aussi pleurer de joie. Je me sens si heureux que... Je suis triste que ça soit fini, c'était si beau !"
"Oh, mon bel amour ! Mais ça n'est que le début. Tu dormiras toujours dans mon lit, dans mas bras."
"Et vous me ferez vôtre chaque nuit ?"
"Pourquoi seulement la nuit ?" demanda doucement le jeune homme.
"Non, bien sûr, chaque fois que vous voudrez." soupira Olaf, embrassant avec dévotion la main qui caressait sa joue, "Je vous appartiens, vous le savez. Je suis vraiment à vous !"
"Oui, je sais, et je t'en remercie."
"Vous m'en remerciez ? C'est à moi de vous être reconnaissant."
"Je t'en remercie parce que tu t'es entièrement donné à moi. Je dois te remercier pour la joie avec laquelle tu m'as accueilli en toi. Je dois te remercier pour ta fidélité et ton amour."
Le lendemain, il y eu le tournoi, puis le grand dîner à la cour pour honorer les nouveaux chevaliers.
Puis Guntar acheta un bel étalon pour Olaf, et rentra avec lui dans sa demeure. Il présenta Olaf à sa famille, et suivant la coutume, un lit fut placé au pied de celui de Guntar. Mais dès la première nuit, ils n'utilisèrent que celui de Guntar qui ne laissait pas passer une nuit sans faire l'amour à son Olaf.
Ils étaient de plus en plus unis, de plus en plus amoureux. Ils s'entraînaient ensemble, dans de longues séances éreintantes, chassaient, galopaient et ne manquaient jamais une occasion de faire l'amour, en pleine nature, et ils adoraient ces occasions.
Olaf avait dix-neuf ans quand, un beau matin, après une mémorable chevauchée dans les bois, ils se baignaient sous une cascade dans les rochers. Guntar prit Olaf dans ses bras et le conduisit dans une clairière entre des buissons et commença à l'embrasser et à le caresser avec passion. Le garçon s'abandonna contre lui, se préparant à être pris. Comme d'habitude, Guntar, commença à sucer le beau membre érigé du garçon.
Olaf s'offrit à son chevalier, tout attente. Mais Guntar le caressa en disant, "Non, pas aujourd'hui. Je ne veux pas te prendre."
"Non ? Pourquoi ? Etes-vous lassé de moi ?" Olaf était inquiet et déçu. Il regarda Guntar dans les yeux.
"Non, pas du tout, mais je ne veux pas te prendre... Depuis un moment, j'ai envie de quelque chose d'autre, alors..."
"Dites-moi ce que vous voulez, quoi que ce soit, et je le ferai pour vous, pour vous plaire, pour que vous soyez heureux." dit le garçon avec des yeux lumineux.
"Aujourd'hui, je veux que tu..." commença Guntar en caressant tendrement son membre frissonnant.
"Que je... Dites-moi..."
"Je veux que tu me prennes."
"Moi ? Vous prendre ? Mais je suis votre écuyer !" dit Olaf avec surprise.
"Non, tu es mon amour, et ça fait un moment que j'ai envie de te sentir en moi. Tu as promis de faire tout ce que je te demanderais, non ?"
"Si... si c'est vraiment ce que vous voulez...."
CHAPITRE 6
COMMENT LE ROI DÉCOUVRE QUI EST VRAIMENT OLAF
"Oui, je le veux vraiment. Et quelque chose d'autre aussi." dit Guntar.
"Dites-moi."
"Que tu arrêtes de m'appeler Chevalier, de me dire vous. Appelle-moi par mon nom, Guntar, comme il convient à deux pairs."
"Mais... vous êtes Chevalier. Moi, je ne le serai jamais. Vous me demandez trop. Et que diraient les autres ?"
"Alors moi aussi, je te dirai vous."
"Ça serait ridicule... " sourit Olaf en secouant la tête.
"Alors appelle-moi par mon nom, si tu ne veux pas que je sois ridicule."
"Ça ne sera pas facile, mais si c'est votre souhait, je vais essayer. Mais pour moi, ce n'est pas nécessaire."
"Mais ça l'est pour moi. Et aujourd'hui, je veux que tu me prennes," ajouta Guntar en se couchant sur le dos et en s'offrant à Olaf.
Olaf était ému. Voir l'homme qu'il aimait, dont le corps magnifique était sous ses yeux, se donner de cette façon, le fascinait. Tremblant, il s'agenouilla devant lui.
Il le caressa timidement, mais il était excité, et il redemanda à voix basse, "Vous me voulez vraiment en vous ?"
"Oui, prends-moi, fais-moi tien. Tu me rendras heureux."
Olaf se pencha vers lui, et Guntar le guida en lui. "Oh, prends-moi, mon amour..."
"Oui..." dit Olaf, qui commença à le pénétrer en frémissant.
"Fais-moi tien..."
"Voilà..." murmura Olaf en sentant Guntar s'ouvrir pour lui.
"Oh, oui... pousse plus fort..."
"Vous êtes si serré..."
"Ça va faire dix ans qu'aucun autre homme n'est entré en moi... Aaaahh, comme ça, oui... Tu aimes, mon amour ?"
"Oui... c'est bon... Aaaah... je rentre... Oh, comme c'est bon... oh, Guntar... Oooh..." gémit Olaf en s'enfonçant dans l'étroit canal brûlant, adapté à son membre comme un gant qu'une main enfile pour la première fois.
Le garçon ressentait un plaisir intense, avivé par l'expression de joie répandue sur le visage de son amant. Il avait eu du mal à le pénétrer, il avait dû pousser fort pour dépasser la résistance d'une porte fermée depuis des années. A l'évidence, Guntar attendait cette invasion, la désirait et avait donc donné à Olaf l'énergie requise pour enfin atteindre le fond de l'étroit passage qu'il lui avait offert.
"Vas-y, mon amour... plus fort... fais-moi sentir comme tu aimes me prendre, comme tu me veux... fais-moi tien, enfin..." l'encouragea passionnément le jeune homme.
"Oui... je te veux... oh, Guntar... ooh... tu me sens ?"
"Oui... tu es si fort, si viril... Oh, c'est bon... Allez, viens, prends-moi... chevauche-moi... possède-moi, mon amour..."
Olaf parvient au fond de l'étroit canal, et se mit à pistonner le cul ferme et brûlant qui s'offrait avec tant de désir.
"Oh, oui, comme ça... c'est beau... Olaf, mon amour... Comme ça, vas-y... va... va..." gémit Guntar en secouant la tête, en proie à un plaisir fou, effleurant du bout des doigts les pectoraux tendus du garçon qui le prenait avec une douce vigueur. "Oh, Olaf, dis-moi que je suis à toi, dis-moi que tu m'aimes."
"Oui, tu es à moi, tu es l'homme magnifique que j'adore..."
"Aimes-tu être en moi ?"
"Oui, c'est merveilleux... Mais après... Après, je te veux en moi."
"Bien sûr, mon amour... Oh, comme c'est bon de te sentir en moi."
"Tu es beau, Guntar."
"Toi aussi, mon amour."
"Oh, Guntar... Je vais... jouiiiir... Oh..." gémit le garçon en le pénétrant de poussées fortes et décidées, et il se vida dans son amant avec un abandon sauvage qui transfigurait son visage.
Guntar accompagnait les poussées de son amant avec de fortes poussées et resserrait les muscles de son sphincter autour du membre de l'autre, frémissant de l'orgasme intense qu'il ressentait.
"Oh, Guntar... comme c'était bon... Est-ce que tu as aimé ?"
"Enormément !"
"Préfères-tu me prendre, ou être à moi ?"
"Les deux. Maintenant, je suis comblé. Nous sommes vraiment égaux, toi et moi. Vraiment une seule chose, toi en moi, et moi en toi."
"Prends-moi, maintenant. Je veux aussi te sentir en moi."
"Oui, mon amour, il est temps à présent que je te fasse mien." dit le jeune homme plein de désir.
Ils changèrent de position et Guntar pénétra le garçon qui l'accueillit avec un large sourire comblé. "Oh, enfin tu es en moi. Ohhh, comme c'est merveilleux !"
"Tu es à moi, et je suis à toi," murmura le jeune homme en prenant le garçon avec une vigueur passionnée et une douce tendresse.
Guntar donna sa semence à son aimé, dans un délire de plaisir et de joie. Ils s'étendirent, essoufflés et heureux, enlacés, s'embrassant mutuellement, pendant que leurs cœurs reprenaient progressivement un rythme normal.
"Je t'aime trop, Olaf. Je ne pourrais plus vivre sans toi, à présent. Tu ne me quitteras jamais, d'accord ?"
"Comment le pourrais-je ?"
"Quoi qu'il arrive ?"
"Quoi qu'il arrive. Mais... comment pourrais-je t'appeler par ton nom, ne pas suivre le protocole devant les autres ? Que penseront-ils ?"
"Il n'est pas si rare qu'un écuyer et son chevalier deviennent des amis inséparables."
"Mais pas un noble, comme toi, et un montagnard comme moi. Je ne deviendrai jamais chevalier, tu le sais bien."
"Ce n'est pas sûr, mais... égoïstement, c'est mieux comme ça. Si tu devenais chevalier, nous ne pourrions plus dormir dans la même chambre, dans le même lit toutes les nuits et faire l'amour dès que nous en avons envie, comme ta condition nous y autorise."
"C'est vrai... oui... je ne veux pas non plus que nous soyons jamais éloignés. Je t'aime, Guntar. Les dieux t'ont mis sur mon chemin, ce jour-là..."
"Peut-être le dieu Niel, parce qu'il aimait aussi un garçon."
"Mais pas autant que nous nous aimons ! Il l'a laissé, dieu sait pourquoi ! S'il l'avait vraiment aimé..."
"Les dieux ont leurs raisons. Peut-être une nuit avec un dieu vaut-elle une vie d'homme, peut-être même plusieurs."
"Qui sait pourquoi les dieux ne voyagent plus parmi les hommes comme aux temps anciens ? Peut-être ne sommes-nous plus capables de les distinguer ? Toi... tu ne serais pas un dieu, par hasard ?" demanda Olaf. Guntar comprit que le garçon ne plaisantait pas, qu'il lui disait à quel point il l'aimait.
Ils rentrèrent à la maison, heureux de leur intimité nouvelle, devisant joyeusement le long du chemin, chevauchant leurs montures. Dès qu'ils arrivèrent, un serviteur s'approcha et dit à Guntar qu'un messager du Roi l'attendait. Descendant de cheval, sans même prendre le temps de se changer, Guntar alla le rencontrer. L'homme lui apportait un ordre du Roi. Il devait immédiatement se rendre à la Cour, pour prendre le commandement de la garde du château. C'était là un grand honneur qui montrait en quelle haute estime le Roi tenait Guntar.
Le chevalier revint prévenir Olaf. "Dépêchons-nous, le Roi m'attend. Prenons tout le nécessaire pour vivre à la Cour. Nous ne reviendrons pas ici avant longtemps. Nous devrions probablement prendre une paire d'ânes, qu'en penses-tu ?"
"Mais à la Cour... pourrons-nous rester ensemble ?" demanda Olaf, inquiet.
"Bien sûr que nous pourrons. Tu es mon écuyer, alors tu dormiras dans ma chambre comme avant."
Ils partirent, salués par toute la famille de Guntar. Son père lui donna aussi un jeune serviteur. Leur petite caravane prit la route, traversant villes et villages, s'arrêtant dans des châteaux et des auberges, jusqu'au château du Roi. Le majordome indiqua ses quartiers à Guntar. Pendant que le serviteur rangeait leurs affaires, Guntar se changea puis alla se présenter au Roi, accompagné d'Olaf.
Le Roi Harold le nomma officiellement Chef de sa Garde Personnelle chargée de sa sécurité dans l'enceinte du château, puis il le présenta aux nobles qui tenaient des charges à la Cour. Cela fait, Guntar prit ses nouvelles fonctions.
On avait affecté trois chambres à Guntar près de la salle des gardes. Dans l'une, il y avait son lit avec au pied celui de son écuyer. Dans la pièce suivante, il y avait celui du serviteur avec les armoires et les malles. Chacune de ces chambres ouvrait sur une troisième où Guntar pouvait manger et recevoir. Cette dernière chambre donnait d'un côté sur un passage secret menant aux appartements du Roi, et le l'autre à l'armurerie des gardes, laquelle communiquait avec les dortoirs où ils dormaient par groupe de six.
Tout d'abord, il fit l'appel de tous ses hommes, pour voir comment ils étaient organisés et comment ils s'acquittaient de leurs devoirs. Le précédent chef de la garde avait fait un bon travail et Guntar ne vit pas de raison de changer, ce qui fit plaisir aux hommes. La seule chose qu'il fit fut d'augmenter le rythme des entraînements dans la cour du château. L'entraînement au combat, avec ou sans armes, mais aussi un entraînement physique pour accroitre leur endurance et leur dextérité. Bien sûr, lui et Olaf s'entraînaient avec les hommes.
La tâche des gardes était de surveiller les issues du château et de fournir une escorte au Roi, à la Reine et au Prince héritier quand ils quittaient le château. Les gardes étaient organisés en trois escouades, chacune commandée par un Chef d'Escouade qui rendait compte à Guntar. Les hommes de la garde étaient choisis parmi les soldats les meilleurs et les plus beaux, et tous avaient la vingtaine. Après cinq années de service, ils étaient transférés à la garde extérieure qui gardait le pont-levis, les glacis du château et les portes extérieures, les meilleurs d'entre eux avec rang de commandement. Les gardes de l'intérieur, contrairement à ceux de l'extérieur, ne pouvait se marier, ainsi le vieux commandant l'expliqua à Guntar, tandis qu'il lui passait les consignes, et que si dans les chambrées il arrivait quelque chose parmi ces jeunes soldats dans la fleur de l'âge et de l'énergie sexuelles, il était de coutume de ne rien remarquer. Guntar s'aperçut vite que cela se produisait assez régulièrement, et que même existait un certain nombre de couples stables. Sans le dire, il en tint compte dans l'élaboration des tours de garde et les hommes en furent très contents.
Quand ils en trouvaient l'occasion, seuls dans leur chambre, Guntar et Olaf faisaient l'amour avec la passion débridée de leur amour croissant. Ils n'avaient aucune chance de faire l'amour pendant la journée. Souvent, Guntar, Olaf et une escouade de gardes escortaient le Roi et le Prince quand ils chassaient dans les bois qui entouraient le château.
Chaque jour, ils s'entraînaient sur le terrain d'exercice entre le château et le premier mur d'enceinte. Un jour, Guntar proposa à Olaf d'intercepter avec sa fronde les flèches qu'il lancerait vers une cible. Les premiers jours, cela semblait impossible, mais Olaf insista pour s'entrainer, et bientôt, il parvint à atteindre sa première flèche en vol. Petit à petit, il affina sa technique et en quelques mois, il fut capable d'atteindre presque toutes les flèches que lançait son compagnon
Avec les gardes, ils s'entraînaient aussi à l'épée, au combat au corps à corps, à la course, au saut, et à se servir d'armes variées.
Parfois, ils participaient à des fêtes à la Cour. Le prince Bjorn qui à presque dix sept ans était fort, décidé et fier plaisait à Olaf.
Un jour, Guntar dit à Olaf, "On dirait que vous vous ressemblez, le Prince et toi. Surtout vos lèvres."
"Allez ! Il a les cheveux ondulés, les miens sont raides. Ses yeux sont différents, sa figure n'est pas pareille. Il est plus beau que moi..."
"Non, sûrement pas. Tu es plus beau que le Prince."
"Tu dis ça parce que tu es amoureux."
"Non, non. Si tu étais vêtu comme lui, et lui habillé en écuyer, personne ne trouverait ça étrange. Tu as quelque chose de noble dans ton maintien, sur ta figure, dans tes manières."
"Allez ! Je ne suis qu'un garçon né dans les montagnes. Je ne pourrais jamais passer pour un prince !"
"Ce n'est pas vrai. Tu as beaucoup changé depuis notre première rencontre. A présent, tu montes à cheval, tu tiens une épée comme un vrai chevalier, tu sais faire la révérence et dire de belles phrases comme un noble."
"Mais je ne serai jamais ni noble ni chevalier. Je suis content de ce que j'ai, surtout tant que je suis avec toi. Je n'envie en rien le Prince Bjorn."
"Ne serais-tu qu'un montagnard, comme tu le dis, Olaf, je t'aime profondément et je ne changerais pour rien au monde, même pour le Prince Bjorn. Je ne renoncerai pas à toi."
"Je l'espère bien." riposta gentiment Olaf.
"Et plus tu grandis, plus tu deviens un homme, et plus tu es beau. J'ai remarqué la façon dont les demoiselles te regardent, ici, à la Cour. Tu fais envie à plus d'une."
"Tant pis pour elles. Mais toi aussi... Je pense que nombre d'entre elles voudraient t'épouser."
'Mais je ne me marierai pas, je t'ai !"
"Même si le Roi te l'ordonnait ?"
"Je renoncerai à être chevalier car je ne pourrais lui obéir."
"Tu lui a juré loyauté et obéissance..."
"Oui, je donnerais ma vie pour mon Roi, mais pas ma fidélité envers toi. Tu passes avant tout le reste."
"S'il t'entendait, il pourrait te le faire regretter." dit Olaf, fier cependant des mots pleins d'amour de disait son amant.
Un jour, alors qu'ils vivaient à la Cour depuis plus d'un an, Guntar et Olaf s'entraînaient sur la place d'armes par un après-midi ensoleillé du début de l'été. Ils s'entraînaient aux bâtons. Il faisait vraiment chaud, alors, d'abord Guntar, puis Olaf, enlevèrent leur tunique et continuèrent leur entraînement intensif. De la fenêtre des appartements royaux du château, le Roi Harold regardait avec intérêt le combat des deux jeunes hommes. C'était une scène plaisante, peine de force, d'énergie mais aussi d'élégance. Le Roi appréciait le nouveau commandant de sa garde et son jeune et vigoureux écuyer.
Il les admirait et décida de descendre pour les observer de plus près. Escorté de quatre gardes, le Roi se rendit au bord de la place d'armes et s'assit sur un rocher, à l'ombre, et les regarda. L'écuyer avait relevé son bâton des deux bras et se préparait à l'abattre vers le chevalier qui para d'une feinte de gauche à droite. Olaf se tourna de côté pour éviter souplement le coup et le Roi eu un sursaut. Sur le flanc de l'écuyer, il vit trois marques rouges, parallèles, sur la poitrine. C'était inimitable. Se contrôlant à peine, il observa cette zone, souvent couverte par les bras de l'écuyer. Oui, il n'y avait pas de doutes, ces trois marques...
Le Roi, tendu, le cœur battant la chamade, appela un des gardes. "Monte quérir la Reine dans ses appartements. Vite. Ne perds pas de temps." ordonna-t-il.
Le garde s'inclina et courut vers le château. Quelques minutes plus tard, la reine sortit, escortée de deux dames de compagnie et de deux gardes.
Elle s'approcha en souriant de son mari et s'inclina légèrement. "Vous m'avez fait appeler, mon époux ?"
"Gertrude... oui... Reculez, vous autres !" dit-il aux deux dames de compagnies et aux gardes. Quand il fut seul avec la Reine, il dit, "Je veux que tu regardes attentivement ce garçon, l'écuyer de Guntar. Regarde son flanc gauche, au niveau du téton, et dis-moi ce que tu vois..."
"Le garçon ? Qu'est-ce que... Oh ! Oh mon dieu, ces marques ! Ce n'est pas possible... Ce sont les marques..." dit soudain la Reine en pâlissant comme un linge.
"Oui, les mêmes... Ce ne peut être une coïncidence ?"
"Oh, Harold... Je savais qu'il n'était pas mort !"
"Attends, nous devons être sûrs... Appelle la sage femme... Et puis on appellera le garçon et on l'interrogera pour être sûr de comprendre qui il était vraiment..."
"Oh, je suis sûre que c'est lui ! Il est toujours vivant... et il est ici depuis des mois... et c'est lui, je le sens... Et regarde comme il est beau !"
"Je pense aussi, mais... Ne nous emballons pas. Viens, appelle la sage-femme et dis-moi quand elle sera là. Fais-la venir dans la salle de Trône, j'y serai. Ne dis rien à personne, pour le moment. Mais... Oui, ça doit être Niels, même s'il porte un autre nom... Il te ressemble, comment ne pas l'avoir déjà remarqué ? Il a tes yeux, tes cheveux..."
"Et tes lèvres, ton nez... Nous sommes bénis des dieux... J'y vais, ne perdons pas de temps !" dit le Reine en faisant signe à ses suivantes de la suivre dans le château.
Le Roi Harold resta à les regarder s'entraîner à la lutte et il admirait le garçon, son fils. Et il était de plus en plus convaincu que c'était vraiment lui... Vingt ans après !
Une dame d'honneur s'approcha du Roi et lui murmura quelque chose. Le Roi Harold opina. Se levant, il s'approcha des deux hommes, qui cessant leur exercice, s'inclinèrent.
"Je suis désolé de vous interrompre, mais le garçon doit me suivre, maintenant," dit le Roi avec un sourire.
"Je dois me vêtir, Majesté et..." commença Olaf.
"Non, comme ça, viens comme tu es. Maintenant." dit le Roi.
Olaf était désemparé et regarda Guntar qui lui fit un signe, se demandant la raison de cette soudaine et curieuse demande.
"Dois-je vous suivre, Sire ?" demanda Guntar.
"Non, Guntar. Attends dans tes quartiers, j'aurais besoin de toi plus tard..."
Olaf suivit le Roi. Il était gêné de ne pas pouvoir se couvrir et se demandait pourquoi le Roi, pour la première fois, l'appelait... Le Roi le conduisit dans la Salle des Sceaux, dans la tour Ouest. Il arrêta les gardes à la porte et entra. Dans la pièce, il n'y avait que la Reine et une femme âgée, un peu enveloppée, vêtue comme une servante.
Le Roi s'assit à la table, près de la Reine. "Quel est ton nom, mon garçon ?"
"Olaf, Majesté."
"Où es-tu né ?"
"Dans un petit village des montagnes, dans le royaume du Roi Oder, près de la frontière de votre royaume, Majesté."
"Quel âge as-tu ?"
"J'ai vingt ans, Majesté."
"Qui sont tes parents ?"
"Je ne les ai jamais connu. J'ai été trouvé enveloppé d'une petite couverture, près du puit du village. Il semble qu'un groupe de brigands m'a abandonné là. Au moins, c'est ce que la femme qui m'a élevé m'a dit."
"Des brigands ? Je vois... Peux-tu lever ton bras gauche et montrer ton flanc à cette femme ?" dit aimablement la Reine en le regardant avec un sourire.
Olaf, abasourdi, s'exécuta.
La femme regarda et pâlit, poussant un cri étouffé. "Par tous les Dieux !"
"Est-ce la marque ?"
"Sans aucun doute, Majesté. Sans aucun doute ! Trois marques comme ça, parfaitement droites, parallèles, exactement là."
Olaf la regarda, interdit, sans comprendre.
Alors le Roi demanda à Olaf, "Peux-tu expliquer comment tu as eu ces marques ?"
"Je crois qu'elles ont toujours été là, Majesté. Peut-être depuis ma naissance, je ne sais pas."
"Non, tu n'es pas né avec, mais c'est cette femme qui te les a faites, au moment de ta naissance. Une erreur, peut-être, mais une erreur bénie !"
"Cette femme ? A ma naissance ? Je ne comprends pas..."
"Montre-lui les forceps." dit le Roi à la sage-femme."
La femme sortit d'un linge un fer qui ressemblait à une paire de grandes pinces. Il avait à une extrémité une palette avec trois profondes cannelures. "Voilà. Voyez-vous, lors de votre naissance, vous ne vouliez pas quitter le ventre de votre mère et j'ai du vous faire venir en utilisant ceci. Mais j'ai du serrer trop fort et je vous ai fait ces marques. Vraiment là, où elles sont." dit la femme, les yeux pleins de larmes.
"Vous avez aidé à me faire naître ? Alors vous savez qui sont mon père et ma mère ? Oh, je vous en supplie, dites-moi !" dit Olaf, profondément troublé par cette annonce.
La femme regarda vers le Roi et le Reine. Ils se levèrent et s'avancèrent vers le garçon.
Le Roi dit, "Ton nom n'est pas Olaf, mais Niels. Voici est ta mère, et je suis ton père !"
Le garçon écarquilla les yeux et pâlit. "Moi... Majesté... Comment est-ce possible ?" murmura le garçon, complètement désorienté.
"Près de la frontière des terres du Roi Oder, des brigands ont attaqué la suite de la Reine et t'ont enlevé. Nous pensions qu'ils t'avaient enlevé contre une rançon, mais nous n'avons plus entendu parler de toi. Je suis certain que c'est toi. Tout correspond, ton âge, la marque, l'endroit où tu as été enlevé puis abandonné. Tu es certainement notre fils aîné Niels. Les Dieux t'ont rendus à ta famille, mon garçon, mon fils !" dit le Roi avec émotion.
Puis la Reine prit le garçon dans ses bras et murmura doucement, "Mon fils, Niels, mon fils."
Niels ne savait plus que dire ou faire. Il était totalement dépassé, confus. Lui, le Prince Héritier ? Lui, le fils du Roi et de la Reine ?
Ils parlèrent et petit à petit, le garçon fut convaincu.
Mais à la fin, il dit, "Si vous me le permettez, je voudrais parler avec Guntar, mon chevalier. Il a pris soin de moi ces deux dernières années, m'a secouru quand j'étais en danger et m'a sauvé. Il m'a appris tout ce que je sais."
"Oui, bien sûr, mais plus tard. Je vais demander pour toi des habits dignes de ton rang et puis... et puis nous ferons une grande fête où tu seras présenté à tous les nobles du royaume. Le vrai Prince héritier, qui n'était pas mort, et qui est revenu parmi nous. Et je vais te faire préparer tes nouveaux appartements, te donner des serviteurs et des gardes... et..."
"Pardonnez-moi, Majesté, mais..."
"Non, pas Majesté. Tu dois m'appeler Père..."
"Oui, Père... Mais je voudrais voir Guntar tout de suite. Maintenant."
"Très bien, je vais le faire quérir. Pendant ce temps, ta mère et moi, nous allons préparer tout ce dont tu as besoin pour ta nouvelle vie. Tu peux l'attendre ici."
Niels resta seul, et s'assit en regardant autour de lui, abasourdi, perdu, profondément perturbé par cette annonce. Il était le Prince Héritier ! Mais il ne voulait pas perdre son Guntar. Il devait parler avec lui, mettre les choses au clair. S'ils voulaient qu'il prenne une place à la Cour, il ne cesserait pas sa relation avec Guntar, ou alors il partirait. Oui, il y était déterminé.
Après quelques instants, Guntar frappa à la porte de la salle des Sceaux. "Entrez !" dit Niels.
"Ah, tu es là ! Tu es seul ?"
"Oui, pour le moment. Ils t'ont dit quelque chose ?"
"De venir immédiatement, rien de plus. Qu'est-ce qui se passe ? Tu sembles ennuyé. Tu as des problèmes ?"
"Oui, Guntar. Un seul mais très gros. Je suis... Je ne m'appelle pas Olaf, mais Niels... Je suis... heu... comment dire ?"
"Niels ? Le fils aîné du Roi qui avait disparu... Oh mon Dieu ! Tu veux dire que tu... Que le Roi... C'est pour ça que... Tu ne te moques pas de moi ? Tu es le Prince Niels ?"
"A ce qui semble..." dit le garçon et il raconta à Guntar ce qu'avait dit la sage-femme, le Roi et le Reine. Puis il continua, "Mais je m'en fiche. Ils veulent que je reprenne ma place, et je serais d'accord, même si ça me fait peur, mais je ne le ferai que si tu restes avec moi. Alors je vais dire au Roi que nous sommes amants et que je ne veux pas te perdre."
"Vous êtes le Prince... Je dois vous dire vous... je ne suis qu'un chevalier, et..."
"Non. Nous sommes amants avant tout, non ? Tu ne voudrais pas tout abandonner ? Tu m'avais demandé de te tutoyer, de te prendre... Je l'ai fait parce que nous nous aimons. Maintenant, c'est à moi de te demander de rester avec moi, de rester mon amant. Nous avons juré que rien ni personne ne pourrait nous séparer. Et bien, ceci ne nous séparera pas Je préférerais renoncer à tout et quitter le château avec toi. Tu ne vas pas m'abandonner, à présent ?"
"Non, je t'aime, que tu sois Prince où montagnard. Olaf ou Niels, c'est toujours toi, mon garçon, mon amour."
"Et tu es mon homme ! Et surtout à présent que j'ai tellement besoin de toi. Ces changements me font peur. Appeler le Roi et la Reine 'Père et Mère', et le Prince 'Frère'... Tu dois rester près de moi, encore plus qu'avant."
"Oui, je le jure, je ne te laisserai pas. Je suis à toi, comme avant. Tu peux tout me demander. Je t'aime, Ol... Niels !"
"Très bien, je vais parler au Roi, mon père, et lui dire ce qu'il en est. Reste près de moi. Ça me donnera de la force, de te voir, dans ce moment difficile."
Ils parlaient encore quand le Roi revint.
Alors Niels parla, d'un ton respectueux, mais assuré, "Avant de pouvoir vous appeler Père et de prendre la place dont vous dites qu'elle me revient, je dois vous dire quelque chose, Majesté..."
"Parle." dit tranquillement le Roi Harold.
"Ces presque vingt ans que j'ai vécus comme un gamin des montagnes, puis comme serviteur et enfin comme écuyer de Guntar, rien de pourra les changer."
"Oh, mais tu t'habitueras vite à ton rang, à ton rôle. Nous t'y aiderons tous. Et le jour où tu deviendras Roi, ces vingt ans t'aiderons à être un Roi équitable envers les pauvres et les faibles..."
"Mais Majesté, vous dites qu'un jour je serai Roi. Mais, voyez-vous, j'aime Guntar, je veux dire, nous sommes amants. Et je ne veux pas me séparer de lui. Je ne renoncerai jamais à lui pour avoir le Trône. Je l'abandonnerais plutôt. C'est mon homme et je lui appartiens, nous nous sommes juré un amour éternel. Et pour rien au monde, je ne trahirais ce vœu."
Le Roi Harold sourit. "C'est une preuve de plus que tu es Niels. C'était écrit dans ton destin, mon fils. Quand tu es né, tu as été dédié au Dieu Niel. C'est pourquoi tu t'appelles Niels. Et celui qui est consacré au Dieu Niel ne peut être uni à une femme. Alors tu dois rester avec Guntar, un homme que je respecte beaucoup. Il n'y a là aucun problème, mon fils."
"Mais un roi ne doit-il pas donner un héritier au trône ? Ne dois-t-il pas avoir une reine à ses côtés pour les cérémonies publiques ?" demanda Niels, encore hésitant, même s'il était rassuré par les paroles du Roi.
"C'est comme ça que ça se passe d'habitude, mais ce n'est pas obligatoire. Tu peux adopter un fils comme héritier, si tu veux, ou prendre à tes côtés une reine, officiellement ta femme et la mère de tes enfants, même si tu ne couches pas avec elle... A la Cour, ou trouve toujours des arrangements. Il suffit qu'elle ait un amant discret et loyal, qui te plaise, par exemple. Ou alors, tu peux adopter un des fils de ton frère... Tu trouveras la meilleure solution..."
"Mais ne serait-il pas plus simple que le Prince Bjorn reste l'hériter du Trône ?" demanda encore Niels
"Non. Tu es l'aîné, et l'héritier légitime du royaume. Même si tout le monde à présent considère Bjorn comme le Prince héritier, il n'a pas encore été intronisé."
"Je vois. Mais avant de m'introniser, ne serait-il pas sage de voir de quel bois je suis fait ? Et de décider en conséquence ? Je suis peut-être l'aîné, mais suis-je le meilleur héritier ?"
"Comme tu voudras. Mais ces mots me rassurent sur la noblesse de ton âme. Et pour Guntar, il t'a ramené vers moi, je ne vais pas l'éloigner de toi ! Maintenant que ces choses sont claires, es-tu prêt à prendre ta place à la Cour, Niels ?"
"Oui, j'accepte, Père." dit simplement le garçon.
"Alors allons d'abord voir tes appartements. Et ta mère prépare déjà la garde-robe qui te revient. Tu devras choisir les serviteurs qui s'occuperont de toi et de tes appartements. Et puis tu devras apprendre les usages de la Cour, l'étiquette." dit le Roi Harold en quittant la pièce, suivit par Niels et Guntar.
Niels fut officiellement présenté à la Cour, dans une magnifique réception. Tout le monde semblait ravi de retrouver le Prince Niels, même son frère Bjorn.
Quand les cérémonies et les fêtes s'achevèrent, Niels commença des études poussées, avec de vraies leçons, des examens... mais il continuait son entraînement au combat avec Guntar.
Guntar avait une chambre proche de celle de Niel mais il passait toutes ses nuits dans le lit du prince et rien n'avait changé entre eux.
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Commentaires
Merci
comme on se sent entouré d'Amour dans ce récit
c'est un vrai conte de fée qui réchauffe le coeur;
vite la suite
Encore mille merci
je t'embrasse