L'HISTOIRE DE CHAKI LE MAURE
par Andrej Koymasky © 2006
écrit le 21 Juin, 2002
Traduit en français par Christophe.

CHAPITRE 1
Chaki , enlevé comme esclave par les diables blancs
Chaki attendait dans les buissons que son frère lui fasse signe de sortir. Son frère était un grand guerrier et un grand chasseur, la fierté du village. Chaki, l'admirait beaucoup. Bien que son frère soit l'aîné, lui le cadet et que dix ans les séparent, il y avait toujours eu entre eux deux une affection particulière et, souvent, ils allaient ensemble à la chasse. A treize ans Chaki, venait de passer le rite d'initiation qui le faisait entrer dans la société des adultes. Et comme son frère n'était pas encore marié, ils dormaient à présent ensemble dans la hutte des célibataires.
Parfois, la nuit, son frère échangeait sa place avec un ami, de sorte que chacun puisse faire l'amour avec le frère de l'autre, comme il était de coutume chez les jeunes avant le mariage. Chaki aimait bien Kenta, un jeune homme de dix-neuf ans, pourvu d'un membre long et mince et, quand il le pénétrait, il lui causait un plaisir intense qu'aucun autre ne pouvait lui donner. A ce moment-là Kenta était un peu plus loin, accroupi. Chaki pouvait voir le beau membre flasque qui pendait entre les jambes minces et musclées et espérait que ce soir, après le retour, Kenta viendrait le voir. Peut-être pourrait-il demander à son frère d'échanger sa place avec Kenta, pendant que son frère prendrait le petit frère de Kenta qu'il aimait bien.
Un peu plus loin, il pouvait aussi apercevoir Aruri, le premier à faire l'amour avec lui. Aruri était fort, à vingt-six ans, il était le plus ancien dans la hutte des célibataires. Il avait aussi été le premier de son frère et nombreux étaient les garçons à passer sur sa natte dans la hutte. La rumeur courait qu'il avait refusé toutes les femmes parce qu'il préférait les garçons... Quand Aruri avait pris Chaki, il l'avait fait avec une certaine rudesse et Chaki avait pleuré. Mais après, le jeune homme l'avait longuement consolé, très tendrement. Il aimait bien Aruri mais il préférait Kenta.
Chaki pensait à ça quand tout à coup un jeune guerrier accourut du village en criant. La proie s'échappa et les chasseurs en colère se relevèrent en se tournant vers l'intrus importun.
Mais en entendant ses cris, leur colère s'envola, "Les diables blancs, les diables blancs !" criait le jeune homme.
Ils se précipitèrent tous vers le village en brandissant leurs lances.
Les diables blancs... La dernière fois qu'ils étaient venus, Chaki avait six ans, mais il se les rappelait bien. Ils étaient arrivés tout d'un coup, nombreux, sur leurs chevaux, avec leurs robes blanches flottant au vent, armés d'épées et de bâtons tonnants. Ils avaient saccagé le village et emmené tous les hommes et les femmes jeunes entre douze et vingt ans qu'ils pouvaient attraper, tuant les hommes qui tentaient de les arrêter, ne laissant en vie que les femmes et les enfants pour le prochain raid. Ils étaient sans pitié, ces diables blancs.
Quand ils arrivèrent au village, la bataille faisait rage. Le groupe de jeunes guerriers se jeta sur les diables blancs, mais ceux-ci, plus nombreux, avaient du haut de leurs chevaux une nette supériorité sur les gens du village. Les femmes hurlaient, les vieux criaient, les enfants appelaient... Les diables blancs frappaient souvent du plat de leurs épées scintillantes sur la tête des jeunes pour les assommer, mais de la pointe, ils tuaient les hommes. Chaki vit Kenta tomber, son oncle mourir, puis après un coup porté à la tempe il perdit connaissance.
Quand il revint à lui, il était au sol enchaîné avec d'autres jeunes du village. Les diables blancs fouillaient à présent dans toutes les huttes, arrachant à bras-le-corps les jeunes qui s'y étaient cachés et les enchaînaient.
"Et Dokko ? demanda Chaki encore sonné à son voisin.
"Ils l'ont pris, il est vivant." répondit-il.
Chaki, chercha son frère du regard et le vit, toujours allongé sur le sol, mais il ne portait aucune trace de sang. Il tira sur la chaîne métallique. Ils lui avaient attaché les poignets, et un collier avec deux chaînes le liait aux deux garçons à côté de lui. Un peu plus loin, les filles étaient attachées de la même façon, et elles pleuraient et se lamentaient bruyamment.
Les diables blancs les firent lever et les entraînèrent au loin. Il y avait des cadavres dans tout le village. Chaki marchait en colonne avec les autres, le cœur lourd, se demandant ce que les diables blancs allaient faire d'eux. Dans les soirées autour du feu, quand on racontait les histoires des diables blancs, les uns disaient qu'ils seraient pris comme esclaves, pour travailler jusqu'à la mort, d'autres qu'ils seraient engraissés pour être mangés. Mais dans tous les cas, rien de bon...
En partant, Chaki se retourna pour regarder une dernière fois son village entre les deux files de diables à cheval. C'étaient des hommes imposants, à la barbe noire et touffue, à la peau pâle comme s'ils étaient malades. Leurs yeux brillaient férocement. Contrairement à son peuple, qui ne portait jamais rien d'autre que les décorations rituelles, les diables blancs portaient des vêtements blancs de la tête aux pieds et leurs jambes étaient glissées dans des sortes de tuyaux noirs. Chaki pensa avec dégoût qu'ils avaient honte de montrer leur propre corps.
Ils marchèrent pendant six jours, jusqu'à ce qu'ils campent à proximité de grands rochers. Une autre caravane de diables arriva avec d'autres prisonniers d'un autre village, mais qui parlaient une langue qu'ils comprenaient. Les diables blancs, au contraire, parlaient un langage incompréhensible, sauf ceux qui les commandaient. Ils mangèrent et s'allongèrent pour dormir, gardés par les démons qui se relayaient.
Le lendemain matin, ils reprirent leur chemin. Ils marchèrent neuf jours, jusqu'à ce qu'ils arrivent dans une ville au bord de la mer. C'était une ville étrange, aussi grande que deux fois trois ou quatre villages, mais les maisons étaient en pierre blanche et au milieu, il y avait une maison ronde si grande, étroite et en haut, un homme hurlait des choses. L'homme devait être important, parce que tous les diables blancs s'inclinèrent ensemble, en répétant des mots dans une étrange psalmodie.
Puis ils montèrent sur un bateau, énorme, plus grand que la plus grande hutte du village de Chaki. Le bateau portait de grands tissus blancs tendus par le vent. Ils naviguèrent onze jours, avant de débarquer dans une ville encore plus grande que celle où ils avaient embarqué. Ils furent emmenés dans une immense salle où il y avait d'autres noirs, qu'ils n'avaient jamais vus, et qui parlaient des langages qu'ils n'avaient jamais entendus.
Pour la première fois Chaki put s'approcher de son frère. "Qu'est-ce qu'ils vont faire de nous ?" demanda-t-il avec inquiétude.
"Je ne sais pas. Nous ne pouvons que prier les ancêtres pour qu'ils nous protègent," répondit son frère avec un air maussade.
"Tu crois qu'il vont nous manger ?"
"Qui sait ? Pour le moment, ils ne nous ont pas donné à manger comme s'ils voulaient nous engraisser. Peut-être qu'ils vont nous faire travailler. En traversant la ville, çà et là, j'ai vu des gens comme nous, noirs et qui portaient des choses, pas toi ?" dit-il pensivement.
Un homme arriva qui commença à examiner les prisonniers un à un. Puis il donna l'ordre que les prisonniers soient divisés en trois groupes. Chaki fut séparé de son frère et de Kenta. Il remarqua que dans son groupe, ils avaient tous à peu près son âge. Les deux autres groupes étaient manifestement triés sur la base de leur force. Les plus musclés d'un côté, les autres à part.
Puis le groupe des plus jeunes fut enchaîné et conduit en colonne hors de la grande salle. Ils étaient un peu plus de deux fois cinq. On les emmena dans un autre bâtiment non loin de là, dans une pièce. Là, on leur retira les chaînes et ils trouvèrent quelque chose à manger. Puis la nuit arriva, et ils s'allongèrent sur la paille, d'un coté de la grande salle, pour ne pas sentir le froid du sol de pierre et se serrèrent instinctivement les uns contre les autres.
Au matin un démon arriva qui parlait leur langue et aboya des ordres, les choses à faire et à ne pas faire, en faisant claquer un fouet, et il déclara que ceux qui désobéiraient seraient punis puis il les fit aligner en ligne. Vint alors un diable, qui se mit à les examiner un à un. Il leur fit ouvrir la bouche, regarda les dents, toucha le corps, les organes génitaux, testa d'un doigt le trou entre les fesses des garçons puis il dit quelque chose à un autre diable qui traça des signes mystérieux sur une tablette avec une sorte de bâtonnet de métal. Enfin, il mit au collier de chaque garçon une bande blanche avec des signes mystérieux.
Plus tard, arriva un autre diable avec un tas de bandes de tissu qu'il distribua à chaque garçon et le diable qui parlait leur langue leur expliqua comment le placer autour de la taille et entre les jambes. A l'avant de la toile était dessiné en noir le même signe qui se trouvait sur la bande blanche. Chaki se demandait ce que cela signifiait. Il se sentait bizarre avec le tissu autour de la taille et entre les jambes.
On les emmena dans une autre pièce. Un autre homme, noir comme eux, leur expliqua qu'il s'agissait d'une sorte d'école, qu'ils devraient y apprendre le langage des démons et d'autres choses pour leur plaire, puis ils seraient vendus comme esclaves à d'autres démons (maîtres, comme dit l'homme), pour leur plaisir. En d'autres termes, Chaki comprit clairement qu'ils seraient vendus pour donner du plaisir sexuel aux hommes qui les achèteraient pour cela. Ils devaient donc apprendre à la fois la langue et les habitudes de leurs futurs maîtres.
Un entraînement intense commença. Il fallut d'abord comprendre et exécuter des ordres simples, comme : Viens ici, vas-y, arrête-toi, debout, assis, couché, retourne-toi, déshabille-toi, rhabille-toi, entre, sors. Et ils devaient répondre, Oui, Maître. Mais ensuite, peu à peu on leur apprit d'autres mots, d'autres ordres et d'autres réponses. Ils durent apprendre à se laver, à se parfumer, à mettre et enlever d'étranges vêtements, à manger d'une certaine manière, à s'incliner, à se prosterner. Il leur semblait que cet apprentissage ne finirait jamais. Et à la moindre erreur, ils étaient battus.
Mais la chose qui frappa le plus Chaki, furent les enseignements sur le sexe. Ils durent apprendre à toucher, caresser, lécher, masturber, sucer et la façon de s'offrir et d'être pénétré. Les professeurs étaient des hommes jeunes, vieux, gros, maigres, doux, violents ... et après chaque leçon, les garçons recevaient une note qu'un homme inscrivait dans un livre.
Le chef de l'école les instruisait. "Vous devez apprendre comment plaire à votre maître, c'est la seule chose qui fait la différence. S'il est heureux avec vous, si à ses yeux vous êtes désirables, vous aurez la belle vie. Sinon, vous serez battus, vendus pour faire des travaux sales, pénibles."
Chaki écoutait attentivement.
"Alors il faut que vous appreniez à plaire à votre maître. Vous êtes des esclaves de plaisir, et n'oubliez jamais, pas le vôtre, mais celui du maître. Votre plaisir ne compte pas ! Vous devrez montrer du plaisir, même si ça ne vous plaît pas, même si ça fait mal."
En fait, la plupart du temps, ce qu'il devait faire avec ces hommes ne gênait pas du tout Chaki. Ce n'était pas très différent de ce qu'il faisait avec Kenta et d'autres dans la hutte des célibataires, même si Kenta était plus gentil. Au début, il trouvait difficile d'utiliser sa bouche pour boire le liquide qui sortait, mais bientôt il en prit l'habitude et fut même capable de reconnaître le goût des hommes qui l'instruisaient.
On lui apprit à éveiller le plaisir d'un homme, à l'augmenter, à le faire durer. Parfois, ils s'exerçaient aussi entre eux et quand ils mirent Chaki avec un garçon d'une autre tribu, appelé N'Goa, Chaki aima beaucoup, de sorte que parfois, la nuit, en cachette, ils faisaient tous deux l'amour. N'Goa était un garçon doux et passionné, au corps svelte et fort et ils se prenaient mutuellement avec un grand plaisir, en appliquant consciencieusement ce qu'ils apprenaient de leurs professeurs. Avec N'Goa, il aimait aussi se servir de sa bouche et il lui trouvait un goût excellent. N'Goa parlait une autre langue, de sorte qu'entre eux, ils ne pouvaient communiquer qu'en utilisant la langue des maîtres.
Le jour vint où les plus dégourdis des garçons, dont Chaki, furent emmenés au marché aux esclaves et vendus. Ils avaient revêtus des habits neufs. On lui avait donné une paire de pantalons blancs bouffants et une courte veste rouge. On les conduisit sur la place du marché, sous une tente où ils attendirent les clients qui arrivèrent enfin et se mirent à les examiner. Presque toujours, on leur baissait le pantalon sur les cuisses et on les palpait entre les jambes, on leur testait l'anus d'un doigt mouillé de salive puis la fermeté des muscles, la douceur de la peau, et ainsi de suite. Puis on marchandait le prix dans des discussions sans fin.
N'Goa fut acheté par un homme maigre à la barbe noire en pointe, à l'air sévère. Avec un certain regret Chaki le regarda partir avec son nouveau maître. Lui fut acheté par un homme assez gros, aux yeux perçants, toujours un sourire faux sur les lèvres. Il ne plut pas à Chaki, mais il savait que ça n'avait pas d'importance.
Pendant qu'il l'emmenait, Chaki se demanda ce qu'il lui demanderait, comment il le traiterait, quel maître il serait. L'homme le prit sur son cheval et partit au galop. Chaki, sentait son bras qui le tenait en selle, sa respiration contre sa nuque, et bientôt il sentit l'érection de l'homme presser contre son derrière... Au bout d'un moment, l'homme arrêta son cheval sous un arbre et descendit avec Chaki.
"Avant de te conduire à ton nouveau maître, je dois voir ce que tu sais faire. Viens ici. Comment t'appelles-tu ?"
"Chaki, Maître."
"Eh bien, Chaki, occupe-toi de moi, suce-moi, mon garçon !" dit l'homme en ouvrant ses vêtements et en tirant un énorme pénis en érection.
Chaki regarda l'énorme pieu avec respect, et tout en s'agenouillant devant l'homme il espéra qu'après, il ne voudrait pas le pénétrer car il n'avait jamais rien vu de tel, sauf entre les jambes des chevaux !
Le tenant entre ses mains, il se pencha pour le lécher, mais tout de suite, l'homme le poussa jusqu'au fond de la gorge, lui tenant fermement la tête entre les mains. Chaki dut garder la bouche grande ouverte pour arriver à tout avaler. L'homme commença à pénétrer sa bouche avec force et Chaki, se souvenant des leçons, caressait le lourd sac des testicules et l'intérieur des cuisses. L'homme gémit de plaisir tout en continuant à baiser sa bouche avec un plaisir évident.
Au bout d'un moment, Chaki sentit que l'homme approchait de l'orgasme et l'aspira avec plus de vigueur encore, prêt à tout avaler sans en perdre une seule goutte, comme il avait appris à faire. Il sentit l'homme trembler puissamment, se tendre et puis il reçut les volées de sperme épais, chaud, en une succession rapide, tandis que l'homme gémissait comme un animal blessé. Rapidement, Chaki avala tout, tandis que l'homme, profondément secoué par les derniers intenses frissons, haletait. Il continua à lécher et sucer, même quand tout fut fini, jusqu'à ce que l'homme l'éloigne d'une poussée, et rentre son membre encore partiellement dressé dans son pantalon.
"C'est bien, Chaki, ils t'ont bien dressé. Allons-y, à présent," dit l'homme en remontant à cheval et il le prit de nouveau devant lui.
Chaki avait encore le goût âpre dans la bouche et sentait sa mâchoire et le coin de ses lèvres un peu engourdis, tellement il avait dû garder la bouche grande ouverte. Mais l'homme semblait content de sa performance.
Il savait au moins une chose, ce n'était pas son nouveau maître. Qui était-ce alors ? Ils arrivèrent à une ville et entrèrent au trot. La ville semblait encore plus grande que celle du marché, avec des maisons encore plus belles. Mais l'homme traversa la ville sans s'arrêter devant aucune maison. Il ressortit de l'autre côté, tournèrent dans un chemin à travers les arbres jusqu'au sommet d'une colline et ils se trouvèrent face à un élégant bâtiment, en partie dissimulé dans la verdure.
L'homme, sans descendre de cheval, passa une grille ouverte, surveillée par deux gardes armés, qui le saluèrent avec un grand respect. Il passa deux cours et démonta dans la troisième, posa Chaki au sol et confia la monture à un esclave. Il conduisit Chaki par une porte puis un couloir jusqu'à une pièce. Il y avait là une femme.
"Azuleide, ce gamin est mon cadeau pour l'anniversaire du maître, étrille-le bien et habille-le des plus beaux atours que nous ayons. Je le présenterai ce soir après le dîner. Je ne veux pas qu'il me fasse honte."
"Oui, mon époux, fais-moi confiance." répondit la femme.
Quand le mari fut parti, elle fit entrer Chaki dans une chambre. Le garçon n'avait jamais rien vu de tel. Tout était de carrelage bleu et vert, avec des marches qui descendaient et le dernier niveau trempait dans l'eau qui jaillissait d'une roche en saillie, sculptée en forme de fleur. La femme le poussa dans un coin, le fit se déshabiller et prit un seau de cuivre, une brosse et une pâte blanche. Elle arrosa le corps de Chaki et avec la brosse douce trempée dans la pâte, elle se mit à lui frotter vigoureusement le corps. Chaki fut bientôt entièrement couvert d'une mousse blanche et douce, légèrement parfumée. La femme le lavait avec des mouvements experts.
"Dis-moi, mon garçon, mon mari t'a-t-il essayé sur le chemin ?" demanda-t-elle soudain.
"Essayé ?" demanda le garçon sans comprendre.
"Oui, je parie qu'il t'a demandé de le sucer.
"Ah, oui... Il me l'a fait sucer." répondit Chaki.
Il reçut immédiatement un coup sur la tête avec le manche de la brosse. "Première leçon, ne jamais dire, ne jamais parler de ce que tu fais avec d'autres ! C'est clair ?"
"Oui, madame," répondit Chaki, perplexe.
La femme le lava soigneusement puis elle prit un peigne de bois et une paire de ciseaux, le peigna énergiquement et coupa les cheveux plus courts. Elle le rinça de nouveau et lui ordonna de descendre dans l'eau.
"Reste à tremper un moment, mon garçon, et ne bouge pas de là. Je reviens bientôt," déclara la femme d'une voix autoritaire en sortant de la pièce.
Chaki, descendit les marches. L'eau était chaude et parfumée, agréable et montait jusqu'au nombril. Il s'assit et se laissa aller. Si c'était toujours comme ça, sa vie ne serait pas si difficile. Peu de temps après la femme revint avec un grand panier.
Elle en sortit une grande pièce de drap immaculé qu'elle étendit sur une sorte de large et haut gradin à côté de la porte.
Puis elle prit un autre tissu et dit, "Sors de là et sèche-toi bien avec ça. Et puis couche-toi là."
Chaki sortit de l'eau, prit le tissu que la femme lui tendait et se mit à se frotter tout le corps.
La femme le regardait attentivement. "Tu devrais plaire au maître. Si tu es bon au lit... Peut-être que cette fois, Abdul a bien choisi. C'est bon ? Couche-toi là, maintenant." lui ordonna-t-elle.
Chaki grimpa le haut gradin et se coucha sur le drap blanc. La femme prit un vase en céramique dans le panier, ouvrit le couvercle et plongea la main dedans. Puis elle se mit à étaler une crème irisée sur le corps du garçon, le massant avec habileté. Elle le massa longuement, tour à tour sur toutes les parties du corps, y compris sur les parties génitales qui durcirent. Chaki en était gêné, mais elle ne parut pas en faire cas.
Le garçon éprouvait une sensation de bien-être dans tout son corps, il se sentait bien. Il se dit que si c'était ça, être esclave, ce n'était pas si mal, après tout. La femme poursuivit le massage sur tout son corps jusqu'à ce que sa peau ait absorbé la crème qu'elle avait étalée.
"Descends." lui intima-t-elle.
Chaki obéit et sauta agilement. La femme prit un pantalon de fine toile dorée dans le panier. Le garçon n'avait jamais rien vu de si beau et si précieux. Elle lui demanda de l'enfiler et arrangea les jambes bouffantes sur ses chevilles. Puis elle lui tendit une sorte de chemise blanche à manches bouffantes, serrée à la taille par une ceinture de soie bleue. Enfin, elle lui fit enfiler des chaussons de souple cuir bleu damassé. Elle le regarda. Elle reprit le panier et fouilla dans une boîte. Elle en sortit des rubans ornés de perles colorées et choisit cinq blancs et rouges. Elle en accrocha deux à ses chevilles, deux aux poignets et un plus long autour du front. Puis elle les enleva, insatisfaite du résultat. Elle en prit d'autres, jaunes et bleus et les lui mit.
"Voilà, c'est bien. Maintenant, prends le panier et suis-moi," dit-elle
Chaki obéit. La femme le conduisit dans une autre pièce, lui fit poser le panier et prit un instrument de musique à cordes et commença à en jouer,
"Sais-tu danser ?"
"Je ne sais pas, madame..."
"Déplace-toi au rythme de la musique."
Chaki, essaya, mais il ne put prendre le rythme de cette musique un peu triste. Il était habitué au rythme des tambours de son village et alors, ils sautaient et dansaient joyeusement, mais cette musique était différente, insaisissable.
La femme reposa l'instrument, "Non, non... Je ne peux pas t'apprendre pour ce soir... Voyons si tu peux au moins servir à table. Arrive ici.
Elle le guida dans une autre pièce, dressa une table et lui dit, "Verse-moi à boire.".
Chaki pensa que c'était facile, mais elle l'interrompit. "Non, non. Quel lourdaud ! Regarde comment on remplit un verre et essaye d'apprendre..." dit-elle sèchement.
Ils passèrent un long moment à essayer encore et encore des choses variées jusqu'à ce qu'elle semble partiellement satisfaite. "Il faut tout t'apprendre ! Abdul aurait quand même pu t'acheter un peu plus tôt... Et puis comment t'appelles-tu ?"
"Chaki, madame.
"Si le maître te le demande, tu devras répondre, le nom de ton humble serviteur est Chaki, mon seigneur et maître. Répète !" Et puis elle demanda, "Quel âge as-tu ?
"Quatorze ans, mon seigneur et maître."
"Non, non, tu dois dire treize... Tu n'as que treize ans, d'accord ? Répète !"
"J'ai treize ans, mon seigneur et maître..." répéta Chaki abasourdi.
Ils passèrent ainsi tout l'après-midi, jusqu'au retour d'Abdul qui fut content de l'aspect de Chaki.
"Amène-le ce soir après le dîner, quand tout le monde présentera ses cadeaux. Je pense que mon cadeau devrait beaucoup plaire au cheik, cette fois. Mets-lui aussi un peu de parfum. On le présentera comme je te l'ai dit. Mussa et Selim vont t'aider, ils sont au courant. Maintenant, il faut que j'y aille, la fête va commencer." dit-il en se frottant les mains de satisfaction et il sortit.
"Espérons que tu ne vas pas tout gâcher !" dit la femme d'un ton sévère, "C'est vrai, tu es mignon, et le maître aime les jeunes garçons noirs. Mais qu'est-ce qu'il leur trouve ? Il a toutes les plus belles femmes de la région... Et puis on ne discute pas des goûts, surtout de ceux du Cheikh. A présent, voyons si tu sais faire une révérence. Je suis le maître, quand on t'offrira à lui, tu devras t'incliner... Montre-moi comme tu fais... Mais non, idiot, tu dois faire comme ça, regarde. Essaye avec plus de grâce, tu ressembles à un sac de linge sale, comme ça. Voilà, tu comprends ? Encore une fois..." grommela la femme qui continua de lui faire essayer différents types de révérence.
Au bout d'un moment deux esclaves arrivèrent. L'un était noir, grand et fort, tout en muscles, l'autre semblait métis, d'une grande beauté, le regard pénétrant.
"Est-ce que le petit esclave est prêt ?" demandèrent-ils à la femme.
"Espérons. Qu'en pensez-vous ?"
"Humm ! Il devrait plaire au maître... Tourne-toi... Il a un joli petit cul, oui. Bon, où est le tissu que nous utiliserons ?
"Ici !" dit la femme en leur tendant un brocart de soie bleue.
Ils le déplièrent et le disposèrent autour du jeune garçon qui fut alors complètement dissimulé.
"Marche au même pas que nous." dirent-ils.
Ils essayèrent à plusieurs reprises.
"Parfait. Quand nous enlèverons le voile, tu compteras lentement jusqu'à cinq, tu peux faire ça ?"
"Oui"
"Très bien. A cinq, tu salueras. Essaye."
Ils traversèrent la pièce puis soulevèrent la toile et Chaki se mit à compter, "Un... deux..."
"Mais non, imbécile ! Tu ne dois pas compter à haute voix, mais en silence. Recommence."
La deuxième fois fut la bonne et les deux hommes encadrèrent Chaki et s'éloignèrent. Ils prirent un couloir, et passèrent dans des salles qui laissèrent Chaki bouche bée. Si celles d'où il arrivait lui avaient parues belles, celles-ci lui semblèrent irréelles. Immenses, hautes, décorées de stuc doré, brillant à la lumière des lustres suspendus aux plafonds aux décors d'arabesques, pourvues des meubles les plus beaux. Et comme ils allaient de salle en salle, le luxe semblait augmenter.
Ils s'arrêtèrent devant une porte. De l'autre côté parvenaient des voix et une joyeuse musique. Chaki était submergé par tant de beauté et la richesse. Cet homme devait être un roi très puissant, pour vivre dans un tel palais, pensa le garçon.
Soudain, tout devint silencieux derrière la porte. Puis quelques voix s'élevèrent à tour de rôle. Chaki ne comprenait pas ce qu'elles disaient mais après chaque discours, plusieurs voix se levaient pour parler. Cela dura un bon moment.
Puis Chaki reconnut la voix de l'homme qui l'avait acheté et immédiatement, les deux esclaves remirent le tissu autour du garçon et murmurèrent, "Vite, on va bientôt entrer."
Chaki se tendit, il devait faire attention à tout ce qu'il venait d'apprendre. Dans quelques instants, il verrait son nouveau maître, celui dont il devait égayer les nuits. Dans son cœur, il espérait qu'il ne soit pas aussi bien monté qu'Abdul. Il entendit la porte s'ouvrir et ils s'avancèrent. Chaki conserva parfaitement le rythme et quand ils stoppèrent, il s'arrêta immédiatement.
Abdul déclara, "Voilà, mon Seigneur, le don que ton humble serviteur ose te présenter. Daigne l'agréer, malgré sa bien faible valeur."
A ces mots, la toile fut retirée et Chaki compta en silence jusqu'à cinq et s'inclina.
Il avait à peine eu le temps d'apercevoir un homme d'environ quarante ans, assis sur un coussin derrière une table basse, vêtu d'or et de pierres précieuses étincelantes, au visage orné d'une barbe fine et d'un chapeau à plumes blanches fixées par une grosse pierre précieuse. Il entendit les voix des invités qui lançaient louanges et commentaires dans un doux murmure.
"Oh, Abdul ! Toi aussi tu connais mes goûts, à ce que je vois. Relève-toi, mon garçon." Chaki se releva. "Approche-toi".
Chaki s'avança et fit une autre révérence.
"Non, viens-là, à côté de moi. Je veux mieux te voir."
Chaki fit le tour de la table et s'approcha de son maître. Ce dernier le regarda attentivement, le fit tourner sur lui-même et lui demanda quel âge il avait, quel était son nom. Chaki répéta les phrases qu'il avait apprises et du coin de l'œil, il vit l'air comblé d'Abdul.
"Eh bien, que vous dire, amis fidèles ? Cette année, vous vous êtes dépassés. A qui vais-je donner mon poignard en récompense du plus beau cadeau ? A toi, mon grand financier ? Cette grenade d'or et de rubis est un ouvrage précieux, digne de celui qui garde mon trésor. A toi, le Cadi ? Ce Coran enluminé est magnifique et doublement précieux car c'est un livre sacré. A toi, Capitaine de ma garde ? Je m'attendais à une autre épée et tu m'as surpris avec ce brocart somptueux, digne d'un roi. A toi, mon chambellan ? Tu sais bien comme j'aime les objets exotiques et ce secrétaire en marqueterie de Florence est un régal. Ou peut-être à toi, mon secrétaire et sage conseiller ? Ce jeu d'échecs en ivoire et ébène est un travail merveilleux qui illuminera mes instants de loisirs. Ou enfin à toi, le fidèle chef de mes esclaves ? Ce garçon semble un fruit prêt à cueillir... Mais je dois l'essayer pour pouvoir le comparer aux autres cadeaux. Ainsi, mes amis, je vais ajourner ma décision jusqu'à demain. Mais dès maintenant, je vous remercie. A demain, donc."
Tous semblèrent assez déconcertés, mais cette invitation à se retirer était très claire et ils se levèrent et s'inclinant, ils se retirèrent à reculons vers la porte. Seuls restaient le cheikh et Chaki. Quand la porte fut fermée, le cheikh frappa dans ses mains et un serviteur entra.
"Emmène le garçon dans ma chambre et prépare-le. Je vais prendre mon bain comme d'habitude et j'arrive. Et fais ranger cette pièce avant ce soir en veillant à ce qu'ils ne fassent pas de bruit."
"Comme tu le désires, mon seigneur et maître," dit le serviteur qui s'inclina et il prit Chaki par le bras et l'emmena vers une autre porte.
Ils passèrent une petite pièce, sortirent dans une petite cour avec au milieu une fontaine jaillissante, traversèrent et entrèrent dans une autre pièce et de là dans une luxueuse chambre éclairée par d'élégante lanternes, avec au centre un grand lit bas, entouré d'une double épaisseur de voiles.
"Déshabille-toi, mon garçon," dit le serviteur en écartant le voile sur le côté.
Chaki obéit. Le serviteur le fit coucher sur le ventre et lui écarta les jambes. Puis, sur un doigt, il prit une pommade parfumée dans un pot et le plongea dans le garçon. Il se mit à le masser longuement. Chaki ressentit une agréable sensation.
"Tu es étroit, c'est très bien. N'oublie pas que le Cheikh n'aime pas jouir vite, et qu'il aime les garçons chauds et serviables qui ne pleurnichent pas. S'il te fait mal, ne le montre pas. Quoi qu'il te fasse ou te demande de faire, montre que ça te plait beaucoup, que tu es content de le faire. Et fais-le bien. Et quand il te laissera dormir, couche-toi là, à ses pieds, prêt à lui obéir s'il voulait recommencer pendant la nuit. Il ne se satisfait rarement d'une seule ou de deux reprises. Surtout si tu lui plais. Notre maître est la virilité faite homme. Et souviens-toi de ne parler que quand il te pose des questions directes," dit l'homme en continuant à lubrifier l'étroit canal. Après un certain temps, l'homme ajouta, "Bien, à présent, couche-toi là, sur le dos, comme ça... Et prends garde qu'il ne te trouve pas endormi. Je te laisse..."
Chaki se sentait bien, le grand lit était incroyablement confortable, souple, mais pas trop. Par les rideaux arrivait une douce et agréable lumière. Tout était silencieux. Peu après, il entendit une porte s'ouvrir. Il n'osa pas se retourner pour regarder. Il retint son souffle et attendit en tremblant...


CHAPITRE 2
Chaki est offert au consul de France
Les rideaux s'écartèrent et il vit le cheikh entrer dans le lit. Vu d'en bas, habillé d'une longue tunique de soie blanche, il semblait encore plus imposant, plus grand que quand il était assis dans la salle à manger. L'homme le contempla avec plaisir, laissa glisser le vêtement le long de son corps et se dressa, totalement nu, devant le garçon. Son corps était sec et puissant. Entre ses jambes, un membre long et majestueux se dressait. Heureusement, il n'était pas trop gros, pensa le garçon en commençant à s'exciter. Il lui rappelait Kenta. L'homme s'agenouilla à ses côtés avec un sourire sensuel et caressa son corps.
"Mets-toi à genou, mon garçon. Comment dis-tu que tu t'appelles ?"
"Votre humble serviteur se nomme Chaki, mon seigneur et maître," dit le garçon qui regardait fasciné le membre qui était à présent tendu, entièrement érigé.
"Il te plait ?" lui demanda le cheikh avec une certaine fierté.
"Oui, mon seigneur et maître," murmura le garçon en se demandant s'il avait donné la bonne réponse.
"Alors embrasse-le, caresse-le, adore-le. Il est ton vrai seigneur et maître." dit l'homme.
Chaki, accroupi sur ses talons, tendit les mains et le sentit chaud et palpitant. Il se pencha et se mit à l'embrasser, à le lécher. Il sentit l'homme frissonner. Ce membre sentait bon. Le garçon y posa les lèvres et la langue, tout au long, s'attardant sur le gland lisse et brillant, palpant délicatement les fermes testicules.
L'homme caressa les cheveux doux et crépus. "C'est bien, bravo, continue, Chaki... J'aime bien ton nom."
Le garçon continua jusqu'à ce qu'il sente que l'homme voulait quelque chose de plus excitant. Il le prit alors délicatement entre ses lèvres, bougeant rapidement sa langue. Il la laissa glisser dans sa bouche, jusque dans la gorge, en caressant le ventre, l'entrejambe, l'aine, les cuisses et les testicules de son maître.
"Oh oui, c'est bien... Comme ça, Chaki, comme ça... Suce-la, suce-la..." haleta l'homme, d'une voix rauque de plaisir.
Chaki était heureux, son maître paraissait content.
"Ah, vous les noirs êtes nés pour le sexe ! Maintenant lèche-moi tout le corps." ordonna l'homme en se couchant avec les jambes écartées.
Chaki se pencha sur le corps puissant de l'homme et commença à l'embrasser, à le lécher, à le sucer et à le caresser partout, essayant de se rappeler à quels endroits son maître semblait le plus jouir de ses attentions. Les tétons durcis, le creux du coude, la hanche, l'aine, l'intérieur des cuisses, sous les testicules, la plante des pieds... Chaki se focalisa sur ces points et bientôt le maître était sous l'emprise d'un plaisir intense, croissant.
L'homme se redressa et attrapa le garçon qu'il se mit à mordiller ici et là, le caressant d'une façon rude mais agréable, alors que Chaki continuait à lui donner du plaisir. Puis il l'attrapa à bras le corps et le posa sur ses cuisses, sur son pieu palpitant, face à lui et le laissa descendre. Chaki n'avait jamais été pris de cette façon. C'était agréable, il le sentait pousser sur l'anus, le dilatant petit à petit, dur et chaud, et commencer à pénétrer.
L'homme observait les émotions sur son visage. "Tu aimes, hein, Chaki?"
"Oh oui, mon seigneur et maître."
"Oui, tu aimes... Tu sens comme il est dur ?"
"Oui, mon seigneur..." dit Chaki en proie à un puissant plaisir.
L'homme lui fit croiser les jambes autour de ses hanches et le serrant dans ses bras il se leva doucement, en équilibre sur ses jambes puissantes. Le corps du garçon, était ainsi complètement posé sur membre profondément enfoncé en lui. Le cheikh se mit à marcher sur le grand lit, et à chaque pas le corps de Chaki bougeait de haut en bas, empalé sur le pieu frémissant.
"Chaki, ton petit cul est magnifique. Doux, étroit, ajusté comme le fourreau d'une épée... Mais à présent, le jeu est fini... Maintenant..." déclara le cheik en s'arrêtant au milieu du lit.
Il s'agenouilla et, le tenant toujours fermement contre lui, il se pencha jusqu'à ce que le dos du garçon repose sur le matelas, puis écartant largement les genoux, il se mit à le marteler avec force. A présent Chaki sentait une légère douleur, mais il réussit à la cacher.
"Tu aimes ça, mon garçon ?"
"Oh oui, mon maître!" gémit Chaki.
"Dis-moi comment tu l'aimes ?"
"C'est merveilleux... tu es fort comme un lion..." haleta le jeune garçon.
Il regarda le corps puissant de l'homme, courbé sur lui, glissant à chaque poussée. Il caressa les tétons dressés, les hanches étroites, en murmurant, "Oui... oui..." à chaque coup.
Cela semblait augmenter le plaisir et l'énergie de l'homme, qui le montait à présent dans une sorte de galop fou.
Alors, l'homme s'arrêta et se retira lentement du garçon. "Je veux profiter longuement de toi, Chaki. A côté du lit il y a un petit bassin avec de l'eau et des mouchoirs parfumés. Nettoie-moi et recommence à me lécher." dit-il en se recouchant, les jambes écartées.
Chaki réussit à nettoyer la verge glorieuse en donnant du plaisir à l'homme qui apprécia aussi ce moment. Puis se remit à le lécher et le sucer en faisant attention à ne pas le conduire trop près à l'orgasme, se souvenant de l'avertissement du serviteur qui l'avait préparé.
Ils continuèrent ainsi, alternant des moments de passion fiévreuse et les intermèdes agréables. Puis le Cheikh décida de mettre fin à ce tourment exquis et monta Chaki sans se retenir, et enfin, avec un long gémissement de plaisir, déchargea en tremblant dans les profondeurs chaudes et accueillantes du garçon. Enfin Chaki le nettoya pour la dernière fois, avec une attention délicate.
Puis le cheikh s'allongea et dit, "C'est bien, tu peux dormir pour l'instant, mon garçon. Repose-toi un peu. Tu me plais. Cette fois, Abdul a fait un bon choix... Dors tranquillement... au moins un moment."
Chaki se coucha aux pieds de son maître. Il avait un peu mal mais il était heureux. Si le cheikh était content de lui, il le traiterait bien. Et sa vie s'annonçait agréable. Lentement, doucement, il glissa dans le sommeil. Rien que ce lit compensait la perte de sa liberté.
Pendant la nuit, l'homme le réveilla deux fois pour recommencer à faire l'amour avec chaque fois une vigueur renouvelée et un désir profond. Chaki répondit avec un enthousiasme sincère, même s'il se sentait un peu fatigué, et la deuxième fois son plaisir fut si intense qu'il eut un orgasme sans même s'être touché.
Cela sembla plaire à l'homme qui lui dit, "Alors, tu aimes que je te prenne."
Le lendemain matin, son maître le caressa longuement, le gardant près de lui, mais sans le prendre de nouveau, même si Chaki y était prêt. Quand les serviteurs entrèrent, Chaki s'habilla pendant qu'ils habillaient le cheikh.
"Ali, conduis le garçon dans la salle des glycines, ce sera sa chambre. Mets-y des meubles et fais-lui choisir des vêtements dans la garde-robe des serviteurs." dit-il à l'un des serviteurs.
Chaki se demandait à qui le cheikh donnerait le prix et il espérait qu'Abdul le recevrait, non pas parce que l'homme lui plaisait, bien au contraire, mais parce que cela voudrait dire qu'il avait vraiment apprécié cette nuit avec lui.
Comparée aux autres pièces du palais, la chambre des glycines était petite, mais elle était aussi grande que la hutte de la famille de Chaki. On l'appelait ainsi parce qu'à l'extérieur, les deux fenêtres étaient entourées de glycines parfumées. Elle était vide, avec des murs d'une lumineuse couleur crème et des pilastres dorés qui montaient jusqu'au plafond en dôme. Le serviteur le conduisit dans un magasin, et avec l'aide de deux autres esclaves, Chaki, transporta un matelas, des oreillers, une table basse hexagonale, un coffre à vêtements, des lampes et d'autres meubles. Tout de suite, la pièce prit une apparence agréable. Puis le même serviteur l'emmena choisir des vêtements.
Soudain, Chaki se sentit riche. Les esclaves de cet homme puissant, fort et plutôt beau qui avait pris son plaisir de lui avaient une vie plus agréable que bien des hommes libres. Il était encore trop étourdi par tous les événements pour regretter sa liberté. Parfois, il pensait à son frère et à Kenta et un peu de nostalgie le prenait, il se demandait où ils pouvaient bien être, ce que leur capture et leur asservissement leur apportait.
Le chef des esclaves, un noir de vingt-sept ans, nommé Benuf, se prit d'amitié pour Chaki.
Un jour, il lui dit, "Tu sais, Chaki, quand j'avais ton âge, et notre Maître vingt-quatre ans, j'étais comme toi. Il m'a gardé dans son lit pendant trois ans, je lui plaisais beaucoup. Mais quand j'ai eu seize ans, je suis devenu trop vieux à son goût et il a pris un autre esclave, un garçon de Venise. Mais il était content de moi, alors il m'a gardé comme esclave, et peu à peu, il m'a donné des fonctions plus importantes et je suis maintenant le chef de tous les esclaves. Toi, tu peux avoir une belle vie, si tu te consacres à lui corps et âme pendant les années qui arrivent. Le Vénitien n'a duré qu'un an et puis il s'est lassé de lui et l'a donné au chef des gardes, un homme brutal."
"Mais comment je peux faire pour plaire au maître ?" demanda Chaki.
"Je pense que tu lui plais. Fais-lui voir que tu es heureux de ton sort, reconnaissant d'être dans son lit quand il t'appelle. Obéis rapidement. Prends grand soin de ton apparence physique, fais attention à ne pas grossir, à rester svelte. Sois toujours impeccablement habillé et parfaitement propre. Et si tu as un problème, viens me voir."
Benuf était prodigue de conseils et Chaki le regarda bientôt comme un grand frère et se prit d'amitié pour le jeune homme. Celui-ci, pendant ses temps libres, l'éduqua, lui apprit à lire et à écrire. Chaki apprenait vite, et moins d'un an après son arrivée au palais il parlait couramment un arabe élégant. Le Cheikh aimait beaucoup sa compagnie si bien qu'il le voulait souvent à ses côtés, et pas uniquement la nuit. Chaki se blottissait à ses pieds et l'homme le caressait, le cajolait tout en discutant avec ses conseillers.
Chaki avait appris à comprendre et à prévenir les moindres désirs de son maître, et avec joie, il le comblait totalement au lit. Le Cheik commença à lui faire de petits cadeaux. Benuf lui avait dit que c'était un bon signe, le cheik faisait très rarement de cadeaux à un serviteur, et encore moins à un esclave. Chaki remplaça l'esclave qui lavait le cheik dans sa salle de bain tous les soirs avant d'aller au lit. Le cheik ne le voulait pas tous les soirs dans son lit, il allait souvent passer la nuit dans le harem, avec ses femmes et ses concubines. Cependant son inépuisable appétit sexuel faisait qu'il rejoignait souvent Chaki.
Mais Chaki grandissait, il devenait plus mature et comme avait dit Benuf, il savait que tôt ou tard, le cheik ne le trouverait plus intéressant et qu'il irait chercher un autre esclave pour ses nuits de plaisir. Quel serait son sort, une fois qu'il serait fatigué de lui ?
Mais, en attendant, il connaissait des nuits passionnées quand le cheik le prenait dans son lit. L'homme s'unissait à lui de manières variées, goûtant longuement le garçon sensuel. Chaki avait appris à faire d'un simple regard comprendre au cheik qu'il le désirait et à réveiller son excitation. Le cheik aussi appréciait de se sentir aimé, de savoir que sa virilité était appréciée. Chaki, quand il apercevait son érection ne pouvait lui résister mais le garçon savait comment le montrer pudiquement, faisant semblant d'avoir honte et de le cacher. C'était comme un jeu plein d'érotisme.
Mais un jour, Chaki eu dix-sept ans, et même si dès le début il avait prétendu avoir un an de moins et qu'officiellement il n'avait que seize ans, son corps suivait les étapes inéluctables. Alors, vint le jour où l'on offrit au Cheik un esclave de douze ans, un jeune Espagnol esclave depuis l'âge de quatre ans et qui avait été élevé par le bey de Cadix à cette fin.
Benuf expliqua à Chaki que le Cheik l'avait destiné au service de sa table. Il n'était plus le jouet favori de son maître. Cela fit quelques changements. Il dut quitter la chambre aux glycines et aller dormir dans l'une des salles communes des esclaves, avec cinq autres compagnons. Il ne choisissait plus ses vêtements, mais portait la livrée des esclaves. Il n'était plus libre dans la journée, mais devait se plier aux heures normales de travail. Quand il ne servait pas la table du cheik, il devait la dresser, la débarrasser, faire briller les plats.
Parfois, la nuit, dans sa chambre, il arrivait qu'un autre des esclaves se glisse dans son lit pour faire l'amour. Un esclave de vingt ans, un beau grec au nom de Nikolaos qui, comme lui, servait à table plaisait particulièrement à Chaki. Pendant la journée Nikolaos semblait distant, réservé, mais au lit il était volcanique, passionné et il aimait beaucoup sucer Chaki pendant que ce dernier le suçait. Il aimait aussi le jeune et joli Ghali, un esclave libanais de seize ans, qui avait demandé à Chaki de le prendre. C'était la première fois que Chaki pénétrait quelqu'un, et ça lui plut beaucoup.
Et puis, un jour, le cheik donna une grande fête en l'honneur du consul de France, un noble seigneur de quarante-deux ans. Chaki qui servait à table, remarqua que l'étranger ne le quittait pratiquement pas des yeux. Instinctivement, le garçon se mit à le regarder d'un œil séducteur. Ce jeu d'œillades sensuelles mais discrètes dura pendant tout le dîner. Puis, vers la fin du somptueux dîner, l'inconnu murmura quelques mots au Cheik, qui regarda Chaki et sourit en hochant la tête.
Après le dîner, Benuf appela Chaki. "Le maître t'ordonne d'aller cette nuit dans la chambre de l'hôte et d'obéir à ses désirs. Le noble invité apprécie les garçons de ton âge. Ne fais pas mentir l'hospitalité de notre maître."
Chaki hocha la tête. "Qu'est-ce que l'étranger aime faire ?"
"Qui sait ? Tâche de le comprendre et de lui plaire, Chaki. En fait, c'est juste un homme qui veut jouir et je ne pense pas que dans un lit, il soit très différent des autres."
Chaki, après avoir pris un bain et s'être soigneusement préparé, fut introduit dans la chambre du seigneur français. Assis à une table, il écrivait quelque chose.
Benuf s'inclina. "Noble Seigneur, mon maître t'envoie ce garçon pour égayer ta soirée. Tu peux l'utiliser à ta convenance, il est à ta disposition."
"Approche, mon garçon," dit l'homme dans un arabe fluide quand Benuf se fut retiré.
Chaki, s'avança.
L'homme lui toucha le corps avec un sourire appréciateur. "Assieds-toi sur mes genoux," dit-il.
Chaki obéit. Les caresses de l'homme se firent plus intimes et Chaki s'excita. Heureux, l'homme sourit et Chaki sentit une puissante érection à travers ses vêtements.
"Déshabille-toi et viens au lit," dit l'homme en se dressant.
Chaki obéit promptement. Il regarda l'homme se déshabiller. Il avait un corps incroyablement clair, ni beau ni laid, et son pénis non circoncis était en érection. C'était la première fois que Chaki voyait un membre non circoncis. L'homme éteignit toutes les lampes sauf une et s'approcha du lit. Chaki lisait le désir dans les yeux.
"Tourne-toi..." ordonna-t-il en avançant sur le lit.
Il le fit mettre à quatre pattes, se mit à genoux derrière lui, l'attrapa par les hanches et le pénétra sans préliminaires.
L'homme le monta brutalement, longuement, en lui caressant la poitrine, le ventre et son membre tendu. Chaki pensa qu'en fait cet homme ne savait pas faire l'amour, mais il simula un plaisir intense.
"Oui, tu as un beau cul, mon garçon, un vraiment beau cul !" souffla l'homme en continuant à le pistonner avec vigueur.
Chaki bougea légèrement sous lui pour augmenter son plaisir, fit palpiter son anus et l'homme sembla apprécier ces manœuvres habiles. Il se mit à le pénétrer avec plus de force. Contrairement au cheik, il semblait presque pressé d'atteindre l'orgasme et de fait, peu de temps après, avec quelques coups désordonnés et vigoureux, il se vida en lui.
Chaki se demanda alors ce qu'il devait faire. L'homme se retira lentement de lui. Chaki chercha le bassin pour le nettoyer, mais n'y en avait pas. L'homme s'essuya lui-même puis il prit alors Chaki dans ses bras et s'étendit.
"Tu me plais, mon garçon. Comment t'appelles-tu ?"
"Le nom de votre humble serviteur est Chaki, puissant seigneur..." répondit le garçon.
"Chaki... eh bien dormons à présent," dit l'homme en continuant à le serrer contre lui.
Chaki le sentit s'endormir. La prise se desserra un peu mais le garçon n'osa pas bouger de peur de le réveiller. Cet homme ne savait rien des joies du sexe, pensa-t-il un peu déçu en se sentant lentement gagné par le sommeil.
Il se réveilla au matin en sentant l'érection de l'homme presser contre lui.
Lorsque le français vit que Chaki avait ouvert les yeux, il lui demanda avec un sourire plein de désir, "Es-tu prêt à être pénétré, mon garçon ?"
"Certainement, seigneur."
"Très bien, c'est agréable de bien commencer la journée. Tourne-toi, alors..." dit-il et tout se passa comme le soir précédent.
Chaki aida ensuite l'homme à mettre d'étranges vêtements de soie fine, et s'habilla à son tour.
"Tu peux partir à présent." dit l'homme.
"Merci, seigneur. J'espère que vous êtes satisfait de votre humble serviteur."
"Satisfait ? Oui, bien sûr. J'espère qu'Omar te fera revenir ce soir." dit le noble français en lui donnant une petite tape sur le derrière, "J'aime ce petit cul musclé."
Chaki retourna dans le lit du consul de France cette nuit-là et la suivante. Et chaque fois les choses se répétaient exactement à l'identique. L'étranger n'avait aucune imagination. Mais ce n'était pas à Chaki de juger, surtout si l'homme semblait satisfait. Et le consul l'était réellement, de sorte que le Cheik, alors que son invité allait repartir vers la France, décida de lui offrir Chaki en cadeau, un cadeau que l'homme accepta immédiatement avec reconnaissance.
Chaki dut alors se préparer à partir.
Le cheikh lui fit donner quelques-uns des plus beaux habits et, avant de partir, dit à Chaki, "Le comte de Bayeux est un ami très cher, essaye de ne jamais lui déplaire. Ne me fais pas regretter de t'avoir offert à lui!"
"Vous pouvez compter sur moi, mon seigneur et maître!"
"Je l'espère. Tu es un garçon intelligent. Puisse Allah te protéger."
Chaki embarqua sur un grand bateau qui traversa la Méditerranée, le menant jusqu'en France. Sur le navire aussi, il passait ses nuits dans la cabine et le lit du consul.
Ce dernier lui expliqua, "Dans mon pays ce n'est pas comme là d'où tu viens. On n'admet pas qu'un homme couche avec un garçon. Alors, officiellement, tu es mon serviteur, rien de plus. Personne ne doit soupçonner ce que nous faisons la nuit dans mon lit. Sous aucun prétexte, est-ce clair ?"
"Bien sûr, seigneur." dit Chaki, étonné par les mœurs de ce nouveau pays.
"Et tu dois apprendre le français, rapidement. Jacques, mon serviteur, t'instruira. Il m'attend avec le carrosse. C'est le seul qui sait que j'aime baiser des garçons. C'est lui qui me les amène. Il m'est fidèle," dit le comte.
Ils débarquèrent à Marseille, les bagages du comte furent chargés sur quelques charrettes et le convoi se dirigea vers le nord. Chaki était seul dans un carrosse avec Jacques, un homme de trente ans aux yeux vifs et au visage sévère comme ceux de son maître, mais il ne parlait pas un mot d'arabe. L'homme commença à lui enseigner les premiers mots de français en pointant des objets dont il lui disait nom. Chaki répétait. Dans la soirée, ils s'arrêtèrent dans une auberge. Chaki entra dans la chambre de son nouveau maître, l'aida à se déshabiller, puis alla avec lui sur le lit et le comte le prit avec sa précipitation habituelle et s'écroula endormi en le serrant dans ses bras.
Ils reprirent leur voyage vers le Nord. La journée était pluvieuse. Dans le carrosse, Jacques continuait patiemment ses leçons. Chaki était partagé entre le désir d'observer ce nouveau pays et l'attention qu'il devait à l'enseignement du serviteur. Tout à coup, Jacques ferma les rideaux du carrosse et Chaki pensa qu'il ne voulait pas qu'il se laisse distraire.
L'homme prit Chaki par le bras et le força à s'agenouiller, "A genoux!" dit-il, puis il le repoussa sur le siège, "Assieds-toi !" dit-il.
Il répéta plusieurs fois jusqu'à ce qu'il ait compris ces ordres.
"A genoux!" ordonna Jacques et Chaki le fit sans que l'homme ne le touche.
Content, Jacques sourit mais cette fois, il défit son pantalon, tira son pénis en érection et le montra en disant, "Bite."
Le garçon pense que ce mot signifiait "suce", et se pencha pour le faire, mais Jacques le repoussa.
Puis il fouilla dans le pantalon de Chaki, en sortit son membre et répéta, "Bite."
Il montra de nouveau la sienne et répéta le mot, puis vers celle du garçon qui se dressait et répéta. Chaki comprit et répéta le geste et les mots.
"Suce-la !" dit Jacques en attirant la tête du garçon entre ses jambes.
Cette fois, Chaki comprit et commença à sucer avec art le pieu dressé du valet. Il sentait augmenter le plaisir de ce dernier.
Mais très vite, Jacques lui dit, "Ça suffit !" et Chaki, qui connaissait déjà ce mot, s'arrêta.
"Lève-toi," dit le serviteur et Chaki se dressa.
"Tourne-toi." dit l'homme.
Il lui baissa le pantalon sur les hanches, se leva, l'attrapa par la taille et le pénétra en le plaquant contre le siège. Il n'était plus question de leçon de français, à présent... Pendant que l'autre glissait lentement d'avant en arrière et le baisait avec force en gémissant légèrement de plaisir, il se demanda si le maître savait que Jacques était en train de profiter de lui... Le carrosse qui cahotait sur la route augmentait les effets de la pénétration. Chaki pensa que le serviteur était meilleur que le maître. Mais aucun n'était aussi bon que son cheikh.
Ils arrivèrent enfin à Paris et les carrosses s'arrêtèrent dans la cour d'un grand palais. Les serviteurs déchargèrent les charrettes et Jacques conduisit Chaki à l'intérieur. Les chambres étaient grandes et luxueuses, comme celles du palais du cheik, mais décorées de grandes images, de statues et meublées des meubles massifs et lourds, disgracieux.
Jacques le conduisit dans une grande chambre avec un lit à baldaquin et, de là dans une petite chambre toute simple avec un petit lit, communiquant avec celle qu'ils avaient traversée. Il ouvrit une autre porte... et c'était un placard, où ils rangèrent les vêtements de Chaki. Le garçon pensa qu'il dormirait là et que la grande chambre avec le grand lit était celle du maître. Sa chambre avait une autre porte qui donnait sur un couloir moins beau que les autres. De là, Jacques le guida vers une autre chambre qui devait être la sienne.
De fait, le serviteur dit, "Là, Jacques." Puis revenant dans la minuscule chambre, "Là, Chaki." Puis, dans la grande pièce, "Là, le Comte. Viens." ajouta-t-il.
Il le conduisit dans une pièce où se trouvait le comte, avec une femme et trois jeunes. Tout en désignant Chaki, le comte dit quelque chose aux autres qui le dévisageaient avec une curiosité manifeste. Les trois jeunes étaient les enfants du comte, un jeune homme de vingt-deux ans, du nom de Louis-Michel, un autre de dix-neuf, Jean-Rhémy et une demoiselle de seize ans, Sophie Martine. La femme, la comtesse Marianne, avait environ quarante ans.
Chaki ne comprenait toujours rien de ce qu'ils disaient. La jeune fille lui tourna autour, le regardant avec attention et dit quelque chose qui fit rire ses frères. Chaki était un peu intimidé. Il pensa que les femmes dans ce pays jouissaient d'une grande liberté. Dans le palais du cheik, on ne voyait jamais de femmes en dehors du harem. Ici, même les servantes se déplaçaient librement sans se couvrir le visage.
Jacques le reconduisit jusqu'à sa chambre. Et les leçons de français recommencèrent. Au soir, il le conduisit dans la grande cuisine où mangeaient les domestiques et lui montra comment se servir des couverts. Chaki était le centre d'intérêt de tous car c'était la première fois qu'ils voyaient de près un homme noir. Le fait de ne pas comprendre la langue de ces gens le troublait.
Mais Chaki était éveillé et intelligent, et peu à peu, grâce à son assiduité aux leçons de Jacques auquel le comte Michel-François l'avait confié, il commença à comprendre et à parler cette nouvelle langue. Le comte se rendit à la cour du Roi, à Fontainebleau, faire rapport sur sa mission et fut absent plusieurs jours. Jacques en profita pour mettre chaque nuit le garçon dans son lit et en jouir tranquillement.
Pendant la journée, Chaki allait parfois dans le parc avec les enfants du comte, où ils jouaient avec une balle. Son travail consistait à aller chercher la balle quand elle partait trop loin et à la ramener. Cela l'amusait. Louis était fort et agile, il avait un regard hautain et donnait des ordres autoritaires aux autres, à lui, aux serviteurs. Sophie était jolie mais parfois insolente. Elle éclatait souvent d'un agréable rire cristallin. Rhémy était beau, fin et élégant, et avait une apparence aimable qui plaisait à Chaki.
Un jour, Louis s'énerva contre Chaki parce qu'il ne comprenait pas un ordre, et Rhémy vint à sa défense et lui expliqua patiemment ce que voulait son frère aîné. Chaki se sentit reconnaissant envers ce garçon âgé de deux ans de plus que lui, qui avait pris la défense d'un esclave. Rhémy lui souriait souvent et Chaki lui répondait d'un timide sourire.
Quand Louis et Sophie partirent à cheval, Rhémy déclara à Chaki, "Louis n'est pas méchant, mais il ne comprend pas que tu sois encore un peu perdu."
Chaki ne comprenait pas tout ce qu'il lui disait, mais la gentillesse du ton lui fit plaisir. "Toi bon," dit-il.
"Ça doit être difficile pour toi, dans un monde que tu ne connais pas, que tu ne comprends pas, mon pauvre Chaki," répondit Rhémy en souriant.
"Difficile, oui, mais Chaki travaille, apprend, lentement, lentement," dit le garçon.
Le comte revint et Chaki reprit son "service". Son travail consistait à habiller et déshabiller le comte, ranger sa chambre et ses vêtements, vider et nettoyer le pot de chambre, à venir dans son lit quand il le lui demandait et le faire jouir. C'étaient des tâches simples et faciles. Dans la journée Jacques continuait à lui donner des leçons et même parfois à le baiser. Parfois, il devait également servir les enfants du comte quand ils jouaient dans le parc, aller chercher pour eux boissons et collations ou ramasser et ranger les jeux.
Dans ces moments-là, il arrivait de plus en plus souvent que Rhémy lui parle. Chaki comprit qu'il plaisait au second fils du comte. Il ne le traitait pas comme les autres, surtout les serviteurs, avec détachement et condescendance, mais avec chaleur. Il saluait les progrès qu'il faisait en français, l'encourageait, parfois juste d'un sourire en passant.
Le glacial hiver arriva. Rhémy dit à son père qu'il vaudrait peut-être mieux que ce soit lui et non Jacques qui donne ses leçons à Chaki. Le père le prit comme un caprice, un passe-temps pour son fils et accepta. Ainsi, chaque jour, Chaki montait deux ou trois heures dans la chambre de Rhémy pour apprendre la langue. Ce dernier commença à lui apprendre à lire et à écrire et fut étonné de la facilité avec laquelle Chaki apprenait. Le fait est que Chaki, outre le talent qu'il avait pour les études et une prodigieuse mémoire, était amoureux du beau Rhémy. Il voulait lui faire plaisir et il travaillait donc de toutes ses forces.
Chaki était au palais depuis environ un an quand le comte organisa une fête et le fit servir à table. L'esclave noir devint célèbre dans la capitale. D'autres nobles voulurent avoir un esclave noir. Le comte François décida alors de s'entendre avec le cheik pour commencer un lucratif commerce de jeunes esclaves noirs pour la noblesse de la capitale. Alors, quand le roi l'envoya de nouveau en mission, il partit avec cette idée.
En l'absence du comte, Chaki était resté au palais et avait été affecté au service des deux fils. Rhémy continuait à lui apprendre le français. A présent, Chaki était très bon et toujours plus attaché au jeune comte.
C'était la mi-automne. Louis était à la cour avec sa mère, Sophie était allée chez une tante et seul Rhémy restait au palais.
Un jour ce dernier ordonna à Chaki, "Prépare une corbeille de linge propre et à manger et à boire. Aujourd'hui, il fait beau, nous irons nous baigner dans l'étang au fond du parc."
Chaki prépara tout comme les autres fois. Ils traversèrent le parc, firent le tour de l'étang jusqu'à une petite plage au soleil, à côté d'un kiosque de jardin encore fleuri. Chaki étendit la toile qu'il avait apportée.
"Déshabillons-nous et allons dans l'eau," dit gaiement Rhémy.
Il ôta ses vêtements, sauf sa culotte de soie blanche et plongea. "Tu ne viens pas ? L'eau est délicieuse !" demanda-t-il en souriant.
Chaki se déshabilla, gardant lui aussi une courte culotte de chanvre et plongea. Il trouvait curieux de garder un vêtement dans l'eau, mais il avait remarqué que tout le monde semblait hésiter à se montrer nu.
Ils jouèrent un peu dans l'eau et ressortirent. Couché au soleil, Rhémy semblait excité, heureux et Chaki ne put s'empêcher de remarquer comme la culotte mouillée collait à la peau si claire du beau garçon, soulignant clairement la forme du beau sexe.
Rhémy remarqua la direction du regard du garçon et lui demanda d'un ton joueur en rougissant un peu, "Qu'est-ce que tu regardes ?"
"Vous êtes très beau." dit Chaki, assis à côté du beau corps étendu.
"Toi aussi, tu es très beau." dit Rhémy, qui leva un bras et fit une douce caresse sur la poitrine de Chaki.
Le garçon frissonna, excité.
"Tu me plais, tu sais..." dit le jeune homme presque à voix basse, en lui caressant le flanc.
"Vous aussi, beaucoup."
"Tu as envie de me toucher ?"
"Oui, maître, si vous ça ne vous gêne pas."
"Fais-le, alors," murmura Rhémy.
Presque timidement, Chaki, effleura la poitrine et du coin de l'œil, il remarqua l'érection qui soulevait la culotte mouillé.
Rhémy sourit. "J'aime bien la façon dont tu me touches. Tes mains sont chaudes, délicates. Couche-toi près de moi."
Chaki s'allongea, Rhémy le prit dans ses bras et l'attira à lui. Il croisa ses jambes avec celles du garçon en poussant son érection palpitante contre lui. "Tu sens l'effet que tu me fais ?"
"Vous me faites le même effet, maître." lui répondit Chaki qui lui fit sentir la sienne.
Rhémy sourit. "Oui, je la sens et ça me plait," murmura-t-il en le regardant, les yeux brillants. Il lui caressait les flancs et le dos, l'embrassait sur la bouche avec passion.
C'était la première fois qu'on embrassait Chaki et il trouva que ce contact intime était délicieux. Il se sentit fondre d'émotion et rendit le baiser en imitant les mouvements de la langue de l'autre.
"Veux-tu faire l'amour avec moi, Chaki ?"
"Oh, maître, comme vous voudrez."
"Mais toi, ça te plait ?"
"Oui !"
Rhémy se plaça à genoux sur le bassin du garçon, et ce mit à lui sucer un téton.
"Ooooh..." gémit Chaki frissonnant de plaisir.
Il sentit les mains de l'autre baisser sa culotte et souleva son bassin pour faciliter le passage. Rhémy saisit le membre palpitant du garçon qui eut un sursaut et se mit à trembler.
"Tu me plais." murmura Rhémy.
"Oui, maître," murmura Chaki au paradis. Comme c'était bon, encore meilleur qu'avec le cheik. Il n'avait jamais connu une telle douceur, autant de plaisir.
Rhémy se débarrassa de sa culotte et se coucha sur le corps fort et lisse de Chaki, frottant son érection contre celle du jeune esclave noir, l'embrassa et le caressa. Chaki passa ses jambes autour des hanches du garçon en l'étreignant et les croisa dans une prière silencieuse et pleine d'espoir...

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