L'histoire de Chaki le Maure (2/5) de Andrej Koymasky
vendredi 25 juin 2010, 10:59 - Andrej Koymasky - Lien permanent
Chaki se déshabilla, gardant lui aussi une courte culotte de chanvre et plongea. Il trouvait curieux de garder un vêtement dans l'eau, mais il avait remarqué que tout le monde semblait hésiter à se montrer nu.
L'HISTOIRE DE CHAKI LE MAURE
par Andrej Koymasky © 2006
écrit le 21 Juin, 2002
Traduit en français par Christophe.
CHAPITRE 3
Chaki vendu à un marquis allemand
Ils roulèrent sur le drap, enlacés. Chaki réussit à se baisser un peu pour sucer les tétons de son jeune maître, qui gémissait en proie à un plaisir intense. Chaki voulait lui donner le plus de plaisir possible, non parce qu'on l'avait dressé à ça, mais parce qu'il était amoureux de Rhémy. Et, ébahi, il comprit que Rhémy aussi essayait de lui donner le plus de plaisir possible, ce qui ne lui était jamais arrivé. Même quand il faisait l'amour avec d'autres esclaves, chacun voulait assouvir son plaisir sans se soucier de l'autre. Chaki sentit confusément, mais sans le moindre doute, que cette fois, c'était différent.
"Chaki, oh Chaki, c'est trop bon." chuchota Rhémy en se reculant tout en continuant à le caresser.
Il prit le sexe tendu entre ses mains et se pencha pour le lécher goulûment. Chaki sursauta, puis il se retourna pour se placer entre les cuisses de son jeune maître, et commença à son tour à le sucer de tout son cœur. Ils gémirent, grognèrent, frémirent de joie en se suçant mutuellement avec passion.
Rhémy se recula, se coucha sur le dos et il écarta ses jambes relevées, et très excité, il s'offrit au garçon noir en disant, "Prends-moi !"
Ahuri, Chaki, le regarda. "Moi, maître ? Mais c'est à vous de me prendre !" murmura-t-il.
"Plus tard, Chaki, après. Maintenant, c'est toi qui me prends."
"Oh, maître !" murmura le garçon, très ému et excité.
"Allez, rends-moi heureux."
"Oui, bien sûr." dit Chaki et il se mit à genoux, les jambes écartées, il approcha son pénis dur et dressé des petites fesses du jeune maître qui lui semblaient de l'ivoire poli et appuya la pointe frémissante contre la rosette de chair palpitante.
"Attends," chuchota Rhémy et du doigt, il se couvrit l'anus de salive. "Allez, vas-y, maintenant, prends-moi !"
Chaki commença à pousser, presque inquiet. Il le sentit peu à peu céder sous la pression, tremblant, s'ouvrir devant lui, l'accueillir. L'expression sur le visage du jeune maître était belle, pendant que le membre de chair dure du jeune esclave noir faisait son chemin en lui.
"Oh, Chaki, comme c'est bon... Allez... oooh oui..." gémit joyeusement le jeune français en lui effleurant les tétons, la tête renversée en arrière, les yeux remplis d'une évidente expression de plaisir intense.
Chaki était plein de joie. C'était lui qui donnait un tel plaisir à son jeune maître bien-aimé, c'était son corps qui lui causait tant de bonheur, tant de plaisir. Et lui aussi éprouvait des émotions incroyablement belles, telles qu'il n'en avait encore jamais connues dans sa vie. Il aurait voulu lui crier, "Je t'aime !" Mais il n'était qu'un esclave, il n'osa pas.
Pendant qu'il le pompait lentement, il se pencha pour l'embrasser et Rhémy l'enlaça et répondit à son baiser avec passion.
"Je ne peux pas lui dire que je l'aime, mais je peux le lui faire comprendre..." pensa le garçon ému en continuant à donner et à prendre plaisir avec ce corps si blanc et si beau.
Il le caressait, l'embrassait, l'effleurait, en continuant à le prendre avec une adoration silencieuse. Et enfin, dans une longue, forte secousse, il atteignit le sommet du plaisir et poussa avec force en Rhémy qui le serrait étroitement.
"Maître, prenez-moi, maintenant." haleta le garçon.
"Oui, Chaki." murmura le jeune comte.
Toujours sur le tissu, les deux corps roulèrent, échangeant leurs positions. Rhémy lui mouilla l'anus de sa salive et le prit avec la l'énergie de sa jeunesse.
Chaki gémit dans les affres du plaisir. "Oh, maître, c'est bon !"
"Tu aimes, Chaki ?
"Oh oui, vous êtes fort, passionné et beau comme le soleil ! Comme c'est bon de vous sentir en moi, d'être à vous."
"Tu me plais tellement, Chaki. Je t'aime !" dit Rhémy.
A ces mots, le garçon fut si ému qu'il se mit à pleurer de joie en silence.
"Tu pleures ?" Je te fais mal ?" demanda Rhémy avec inquiétude en s'arrêtant.
"Non, Maître, je suis heureux."
"Tu es heureux et tu pleures ?"
"Vous avez dit que vous m'aimez."
"Bien sûr que je t'aime, Chaki. Je veux que tu sois mon amant."
"Oh, maître !"
"Non, plus de maître, Rhémy, rien que Rhémy."
"Prenez-moi, faite-moi sentir que je suis à vous, s'il vous plaît." demanda le garçon en souriant à travers ses larmes.
Rhémy commença à bouger en lui avec une vigoureuse tendresse, souriant, le caressant et l'embrassant. Chaki se sentit au paradis. Il le sentait en lui, autour de lui, qui le pénétrait, l'enveloppait, et pour la première fois, il comprenait la vraie différence entre baiser et faire l'amour et il en fut reconnaissant à son jeune maître. Le prendre avait été beau, au moins autant qu'être pris. Bien qu'ils soient si différents, l'un blanc et l'autre noir, l'un maître et l'autre esclave, c'était comme si cet acte avait aboli toute différence. Chaki sentit qu'ils étaient devenus un être unique.
Il épia avec joie l'approche de l'orgasme du jeune comte, l'accompagna pour le magnifier, qu'il en jouisse pleinement. Et quand Rhémy s'abandonna en haletant profondément sur son corps, il l'étreignit entre bras et jambes, attendant que son souffle et les battements de son cœur reprennent leur calme.
Rhémy l'embrassa doucement. "Veux-tu être mon amant, Chaki ?"
"Je suis à votre père," répondit le garçon dans un murmure timide.
"Mais tu m'aimes ?"
"Je vous adore."
"Moi aussi. Alors tu seras mon amant secret, d'accord ?"
"Merci, maître."
"Non... Quand nous sommes seuls, tu m'appelleras Rhémy, pas maître. Pour les autres, je peux être ton maître, mais nous saurons que ce n'est pas vrai, parce que nous nous aimons. Je t'aime, Chaki, vraiment. Ce n'est pas juste un caprice. Peu à peu, j'ai appris à te connaître et à t'aimer. Maintenant, nous nous appartenons l'un à l'autre, toi à moi et moi à toi."
"Vous m'appartenez ?" demanda le garçon, incrédule.
"Bien sûr. A cause de l'amour qui nous unit. L'amour nous rend égaux."
Une période belle et difficile commença pour Chaki. Au retour du comte, il dut se remettre à le satisfaire. Il aurait voulu pouvoir l'éviter, il aurait voulu le dire à Rhémy, mais il ne pouvait pas, il avait appris à ne jamais dire à l'un ce qui se passe dans le lit de l'autre. Mais à présent, être utilisé par le comte lui pesait. Et Jacques, parfois, exigeait sa part. Il n'y avait que dans les bras de Rhémy qu'il se sentait bien, mais il se sentait coupable de ce qu'il devait faire avec les deux autres hommes.
Si seulement il avait pu en parler à quelqu'un, demander un conseil. Mais ici, même s'ils faisaient pareil que les Arabes, tout semblait devoir rester secret, faire sans le dire était la règle. Même l'amour de Rhémy semblait devoir rester un secret, un secret jalousement gardé. C'était un monde étrange, et Chaki ne le comprenait pas.
Rhémy était toujours plus tendre et passionné et, quand ils étaient seuls, que personne ne les voyait, il le cajolait, l'embrassait, le caressait avec délectation. Ils n'avaient pas beaucoup d'occasions de faire l'amour, mais ils profitaient de chacune et leur amour grandissait, devenait plus fort. Souvent, ils faisaient l'amour l'après-midi, quand Sophie était avec son précepteur, le comte et Louis à cheval dans le parc et que la comtesse tenait salon. C'était le moment le plus sûr, les domestiques ne seraient jamais entrés dans la chambre de Rhémy sans frapper et attendre d'être invités à entrer.
Mais un après-midi, alors qu'ils faisaient l'amour dans la chambre de Rhémy, ils furent surpris par Louis dont le cheval s'était mis à boiter. Il était alors revenu avec l'idée de tirer l'épée avec son frère. Rhémy le supplia en vain, implora son frère de se taire. Tous deux n'eurent que le temps de s'habiller avant que Louis ne revienne avec son père. L'homme était furieux.
Mais ce qui surprit Chaki fut le fait qu'il n'était pas furieux que son esclave l'ait fait avec d'autres sans sa permission, mais qu'il se soit mis à hurler "...ces choses ignobles sous mon toit sont intolérables "
Il parut surpris, voire choqué que son fils fasse ce qu'il avait si souvent exigé de Chaki.
Le comte appela Jacques, et malgré les protestations de Rhémy, il enferma Chaki dans les caves du palais. Le pauvre garçon était désemparé, triste. L'hypocrisie du comte était pour lui incompréhensible. Il aurait compris la colère du maître à voir son esclave utilisé par d'autres, bien qu'il se soit rendu compte qu'en fait le comte savait que Jacques profitait de lui et il n'y trouvait rien à redire.
Il demanda à Jacques de le lui expliquer, mais l'explication amusée de ce dernier ne fit qu'accroître son désarroi. "On ne devrait pas faire ça. Si on le fait, il faut que personne ne le sache. Et si ça se sait, on est puni !" répondit-il comme si c'était logique.
Chaki resta dans la cave pendant près d'un mois. De temps en temps, Jacques, quand il venait lui porter à manger, saisissait l'occasion pour lui faire baisser son pantalon, le coucher sur la table et le prendre. Chaki apprit que le comte avait envoyé Rhémy chez son frère, l'évêque de Reims, pour qu'il "s'amende" et qu'il étudiait la façon de se débarrasser de Chaki en le vendant à quelque noble de province, de sorte que Rhémy, de retour au palais, ne le retrouve pas.
Et de fait, après seulement un mois, Jacques lui dit que le comte l'avait vendu à un noble allemand en visite à Paris, le marquis de Von Kruge, un émissaire de l'Empereur Charles Quint au Roi de France, François 1er. Le marquis était un homme de cinquante ans. Depuis sa jeunesse, c'était un amateur passionné de jeunes garçons. Son amitié avec le comte de Bayeux datait de l'époque où ils étaient tous deux étudiants à la Sorbonne. Ils partaient à la recherche d'un garçon du peuple pour l'emmener dans leur chambre et profiter de lui ensemble, en échange de quelques pièces.
Ainsi Chaki eut un nouveau propriétaire. Quand le marquis retourna dans son pays, il prit Chaki dans son carrosse.
"Eh bien, le nègre. Apparemment, tu as un talent pour le plaisir des hommes. Mes amis vont être heureux de cette nouvelle acquisition, si ce qu'on dit de toi est vrai. Montre-moi de quoi tu es capable. Sors-la moi et fais-moi jouir !" dit-il en écartant les jambes.
Chaki se mit à genoux entre les jambes de l'homme, ouvrit la braguette et sortit le membre encore flasque et se mit à le caresser et à le lécher. Il avait une odeur aigre que Chaki n'appréciait pas, mais il fit semblant de rien. Il savait qu'il devait tout faire pour plaire à son nouveau maître. Le membre de l'homme durcit et Chaki le prit dans sa bouche et le suça. L'homme lui prit la tête et imprima un rythme plus soutenu et plus rapide, gémissant de plaisir jusqu'à jouir dans sa gorge avec un grognement.
"Oui, tu n'es pas mauvais. Plus tard, je testerai aussi ton cul noir. Ça changera un peu le menu de mes amis."
Dans la soirée, ils s'arrêtèrent dans une auberge et le marquis le prit dans son lit. Il le prit sans aucun préliminaire et le baisa longuement.
"C'est bien, tu es souple mais encore assez étroit, et tu sais bien la prendre. Je crois qu'on va beaucoup te demander. Et s'il faut que je paye les autres garçons, toi tu seras gratuit. Il faudrait que je pense à acheter d'autres esclaves..."
Le voyage dura plusieurs jours et se termina enfin dans un château juste à l'extérieur d'une petite ville. Le marquis vivait là. À son arrivée, il confia Chaki à un domestique. Ces gens parlaient une langue totalement différente, et le serviteur, à la différence du maître, ne parlait pas français. L'homme le conduisit dans une grande chambre à plusieurs lits au sommet d'une tour. Il trouva là six autres garçons âgés de seize à vingt ans. Quand l'homme le fit asseoir sur un lit et s'en alla, les garçons se mirent à lui parler. A l'évidence, ils étaient surpris, l'un toucha ses cheveux crépus, un autre caressa sa peau.
Un des garçons lui posa une question et il répondit en français, "Je ne comprends pas."
Un autre garçon lui demanda dans un français passable, "D'où es-tu ? Comment se fait-il que tu sois noir comme l'un des Rois Mages ?"
"Je suis né en Afrique. Mais j'arrive de France. Et vous ?"
"Lui est l'espagnol, ces deux-là sont allemands, lui polonais, lui danois et je suis italien. Tu ne parles pas allemand ?"
"Non, seulement français, arabe et la langue de mon peuple."
"Il vaudrait mieux que tu apprennes l'allemand. Même si plusieurs des seigneurs parlent français."
L'Italien, un garçon de dix-sept ans nommé Ranuccio, expliqua à Chaki qu'ils avaient été embauchés par le marquis pour avoir des relations sexuelles avec ses invités quand il donnait des fêtes. Ils devaient d'abord se laisser toucher, tripoter pendant la soirée et le dîner. Puis il y avait une vente aux enchères. Les invités offraient de l'argent pour conduire dans leur chambre un des garçons et vingt pour cent allaient au garçon choisi qui devait passer la nuit dans le lit de celui qui avait emporté l'enchère et être prêt à faire tout ce que le seigneur demanderait.
"C'est pas mal. En général, il faut les sucer et les laisser nous baiser, mais des fois, ils nous demandent de les sucer et même de les enculer. Habituellement, ceux qui demandent Kim veulent se faire mettre. Klaus et Andy sont frères, ils sont allemands. Miklav est polonais. Miklav est très populaire, il a l'air d'un gamin, mais il une bite d'homme !"
"Mais vous, le Marquis vous a acheté ?"
"Acheté ? Non, pourquoi tu dis ça ? On a baisé avec lui pendant un de ses voyages et il nous a proposé ce boulot. Moi, par exemple, j'étais cuistot dans une auberge de Milan. Qu'est-ce qui t'a fait penser ça ?"
"Ben moi, il m'a acheté, je suis un esclave."
"Peut-être parce que tu es un nègre. C'est sûr qu'avec toi, il va gagner bien plus".
Les "fêtes" avaient lieu une fois par semaine. Quand le marquis se déplaçait, ce qui lui arrivait assez souvent, le connétable prenait sa place, un autre amateur de garçons. A chaque fois, on invitait six nobles. Les garçons devaient porter une livrée composée d'un collant ajusté et une courte veste. Chaque garçon était vêtu d'une couleur différente. Chaki était vêtu de blanc. Ils servaient à table et devaient se laisser tripoter tranquillement, de sorte que bientôt tous avaient une visible érection. Présents à des fêtes précédentes, certains invités connaissaient déjà les garçons. Après le dîner, ils se rendaient dans une sorte de salon où les hommes prenaient les garçons sur leurs genoux, les embrassaient, les caressaient ou tout ce qu'ils voulaient, mais sans les déshabiller.
Chaki attira immédiatement l'attention de tous. Il apprit rapidement les mots clefs en allemand, même si parfois on lui parlait en français.
"Viens ici, mon garçon.
"Tu as une belle barre entre les jambes."
"Hmm, voilà un beau cul bien ferme."
"Tu as des lèvres qui semblent faites pour sucer." déclaraient les hommes et des appréciations similaires montaient pendant que l'atmosphère s'échauffait.
Le marquis commença la vente aux enchères. Chaki fut le premier à être demandé par trois hôtes qui se le disputèrent en faisant monter les prix. Un premier, puis un autre, se désistèrent. Le gagnant, après avoir payé le Marquis, emmena Chaki dans une des chambres où il s'enferma.
Il déshabilla le garçon et lui mit un doigt dans le derrière pour le tester. "Oh, je pense que j'ai fait une bonne affaire. Veille à me satisfaire, le nègre !"
"Oui, seigneur." murmura Chaki.
L'homme se déshabilla lentement. Il avait un corps massif et un membre bien proportionné.
Quand il fut nu, il resta debout, les jambes écartées, et ordonna. "Lèche-moi tout le corps, mais tu ne dois pas toucher ma queue jusqu'à ce que je te le dise. Fais-moi bander !"
"Oui, seigneur." répondit Chaki en commençant à s'activer.
Il lui lécha tout le corps, en essayant de comprendre où il était le plus sensible, puis il se concentra principalement sur ces points. Il vit l'érection de l'autre monter rapidement.
"Oui, tu sais y faire. A genoux, et supplie-moi de baiser ta bouche maintenant !"
Chaki obéit.
"Lèche-moi les boules mais ne touche pas encore à ma queue !" ordonna l'homme, en écartant les jambes. Puis, brusquement, il saisit sa tête et se mit à la frapper avec son membre. "Tu la voudrais dans la bouche, hein ? Tu aimes ça, hein ?" dit-il presque férocement.
"Oui, s'il vous plaît, seigneur, baisez ma bouche !" dit Chaki en devinant ce que l'autre voulait entendre.
L'homme la lui poussa enfin entre les lèvres, dans la gorge et il se mit à le baiser sauvagement. Comme un animal en rut. Puis il se sépara de Chaki, l'attrapa et le jeta sur le lit où il tomba sur le ventre. Il le fit se mettre à quatre pattes et se mit à lui lécher l'anus. Chaki frissonna. C'était bon.
"Prépare-toi, maintenant. Je vais t'enculer jusqu'à te faire hurler de douleur !" annonça-t-il en se plaçant sur le lui et il le pénétra avec violence. Bien que ça ne lui fasse pas mal, Chaki, cria, comme s'il avait mal.
Il avait deviné. Cela excitait l'homme. "Oh, ça fait mal, hein ?"
"Oui, seigneur, assez, par pitié." simula Chaki.
"Non, tu vas subir le supplice du pal, tant que j'en aurai envie."
"S'il vous plaît, seigneur, j'ai trop mal." mentit Chaki en serrant son sphincter avec force, ce qui excita l'homme encore plus.
"J'ai payé cher, alors maintenant j'en veux pour mon argent !" souffla l'homme en le forçant brutalement. Sous lui, Chaki geignait en faisant semblant de grimacer de douleur et de se plaindre.
L'homme était très excité. Il lui pilonnait les fesses en agrippant ses hanches de ses mains moites et brutales. Il haletait comme un soufflet, le lit craquait à chaque coup et Chaki poussait pour la forme une plainte brève. Et enfin, l'homme s'écroula en beuglant sur lui. Il poussait comme un fou et déchargea en gémissant comme un animal blessé.
"Eh bien..." haleta l'homme, qui se retira de lui et se laissa retomber sur le lit. "Et maintenant, une petite pause et puis je te baise encore, mais en attendant, lèche-moi," commanda-t-il.
Courbé sur le corps massif, Chaki lécha le corps en sueur. Mais il remarqua que, très vite, l'homme avait sombré dans un profond sommeil. Il s'arrêta alors et se coucha dans un coin en se disant que ces gens étaient vraiment bizarres. Et il pensa, plein d'une douce nostalgie, à son cher Rhémy. C'était si beau, avec son jeune maître et, malheureusement, c'était fini. Il devait complaire à des hommes inconnus, lubriques, tant qu'ils le trouveraient désirable. Et puis après ? Qu'adviendrait-il de lui ?
Il se réveilla en sentant qu'on lui tirait les cheveux. L'homme le tirait entre ses jambes pour qu'il le suce en lui disant de se préparer à une nouvelle baise mémorable. Chaki s'activa et l'homme, quand il fut à nouveau excité, le prit avec la même brutalité qu'avant. Chaki se demanda ce que faisaient ses compagnons. Il s'ennuyait. Il espérait que la nuit finisse vite.
Le lendemain matin, de retour dans la grande salle, il questionna Ranuccio.
"Pour moi, ça s'est bien passé, j'ai été gagné par un juge qui voulait se faire baiser. Klaus et Andy, quand leurs hommes ont découvert qu'ils étaient frères, ont fait l'amour à quatre, mais d'abord, ils se sont amusés à les faire baiser ensemble. Mais Klaus et Andy baisent ensemble depuis qu'ils sont gamins, alors... C'est Andy qui a appris à Klaus quand ils avaient quatorze et treize ans. Miklav est tombé sur un romantique, tu sais, le gros qui a voulu le sucer toute la nuit, maintenant il est crevé, il a dû jouir quatre fois ! Kim s'est fait mettre par le duc, le borgne, et José est allé avec l'évêque qui voulait seulement qu'il le suce. Il aime bien José, l'évêque. Et toi, avec le comte ? Il aime baiser, hein ?" demanda joyeusement Ranuccio.
La fois suivante les invités étaient différents. Chaki fut gagné par un prince, un jeune homme efféminé, deux ou trois ans plus vieux que lui, qui, avant de se déshabiller le suça goulûment. Puis il lui demanda de le pénétrer mais il lui interdit de jouir.
Le jeune prince couinait comme un chiot blessé et disait des phrases du genre, "Oh, grande brute, tu me fais mal ! Tu me tues ! Oh, quel homme... Tu es une bête, un animal. Tu me déchires..." Mais gare à Chaki s'il ne mettait pas toute son énergie. "Allez, mauviette, ramolli ! Je ne serais pas tombé sur un impuissant, par hasard ? Force un peu !"
Au bout d'un moment Chaki se fatigua, et sans faire attention, il lui dit, "Fermez-la ou je vous la plante dans la bouche !" et immédiatement, il se mordit la langue.
Mais l'autre, rayonnant, dit: "Oh oui, viole-moi, grande brute !"
Chaki comprit alors ce que l'autre désirait. Il se retira donc, s'assit sur sa poitrine, le saisit par les oreilles et la lui entra de force dans la bouche. L'autre grogna de bonheur et le suça goulûment en se masturbant rapidement.
"Ça suffit, je ne veux pas encore jouir !" dit Chaki en reculant.
"Oh non ! S'il te plaît, étalon, j'ai encore envie."
"Suce mes tétons !"
"Oh ouiiiiii..."
Chaki, n'en revenait pas, le prince agissait comme s'il était esclave et semblait excité, heureux. Il a décida d'en profiter. Fais-ci, fais-ça, et l'autre obéissait immédiatement. Quand il le prit, se mit sur lui pour le baiser, l'autre semblait au septième ciel.
"Non, ne jouis pas encore."
"Tais-toi. Je jouirai quand je voudrai. Et puis, avant demain matin, je te baiserai au moins deux fois encore."
"Ooooh c'est bon. Tu es meilleur que Kim, toi ! Je t'adore. Baise-moi, grande brute, baise-moi."
Ce monde est fou, pensa Chaki, Je suis l'esclave et il s'amuse à faire semblant que je sois le maître.
Mais Chaki n'aimait pas cette nouvelle vie. Quand il n'y avait pas d'invités, les autres garçons allaient se promener en ville, mais lui devait aider à panser les chevaux, à porter des fardeaux, à faire mille tâches, à moins que le Marquis ou le connétable le fassent venir dans leur chambre. Au moins, il était bien nourri, dans la cuisine avec les domestiques. Mais il ne cessait de repenser à Rhémy avec une infinie nostalgie. La seule chose intéressante était l'apprentissage de l'allemand avec l'aide de Ranuccio et en écoutant les serviteurs.
Un peu plus de quatre mois avaient passé, quand un soir, alors que les garçons rentraient de la ville, Kim s'approcha et lui chuchota: "Chaki, j'ai un message pour toi."
"Un message ?"
"Oui, un chevalier français, à la taverne. Il dit qu'il s'appelle Rhémy."
"Rhémy ? Il est là ?" demanda-t-il, en écarquillant les yeux.
"Chut... Le marquis le connaît, alors il ne peut pas venir ici. Il veut te voir mais je lui ai dit que tu n'avais pas le droit de sortir. Il a dit qu'il allait se déguiser et essayer de se faire embaucher au château. Quand tu le verras, s'il réussit, fais semblant de ne pas le reconnaître."
"Oh, merci, tu es gentil, Kim."
"Ben, il m'a bien payé. Mais qui c'est ?"
"Rhémy est le fils de mon ancien maître. Nous avons été surpris ensemble, et c'est pour ça que j'ai été vendu au marquis."
"Une histoire d'amour ? Alors, j'espère que vous pourrez vous retrouver."
Quelques jours passèrent. Et un jour, au déjeuner, Chaki vit un nouveau domestique servir à table. Au début, il ne le reconnut pas. Il avait les cheveux noirs, et semblait plus mince et moins grand que Rhémy, mais ses yeux et son sourire effacèrent tous ses doutes. Il fit semblant de ne pas le reconnaître, mais le regard qu'il lui jeta était éloquent.
Plus tard, alors que Chaki était à l'écurie, Rhémy s'approcha de lui. "Chaki," chuchota-t-il.
"Rhémy !"
"Ici, on m'appelle Otto. Comment ça va ?"
"Maintenant, je vais bien... Mais vous ? J'ai failli ne pas vous reconnaître."
"Je t'ai tant cherché. Je me suis enfui de la maison pour te retrouver. Je ne savais pas où mon père t'avait envoyé, alors j'ai essayé de savoir auprès des domestiques qui était venu dans la maison pendant que je n'étais pas là. Je n'ai trouvé qu'un noble allemand qui est venu. Mon père n'en connaît que trois donc j'ai fait le tour et puis..."
"Vous vous êtes enfui de la maison ? Pour moi ?"
"Bien sûr, tu as oublié que je t'aime ?"
"Non, Rhémy."
"Et toi, tu m'aimes ?"
"Oui, bien sûr, même si maintenant... Mais vous savez ce que je fais ici, non ?"
"Oui, mon pauvre Chaki, je sais. Mais je suis venu te chercher. Donne-moi juste un peu de temps pour trouver comment organiser ta fuite et puis on partira ensemble."
"Mais où on ira, Rhémy ? On ne peut sûrement pas rentrer chez vous et là..."
"On trouvera un endroit tranquille où nous pourrons vivre tous les deux."
"Mais on fera quoi ?"
"On travaillera."
"Mais vous faites ça pour moi ? Vous avez renoncé à..."
"Je n'aurais pas pu renoncer à toi. C'était impossible, mon gentil Chaki."
Rhémy resta dix jours au château, pendant lesquels ils purent aussi faire l'amour à deux reprises. Rhémy observa les tours de garde, la topographie du château, les habitudes et les horaires.
Et il put enfin échafauder un plan. "Les lendemains de fête, vous remontez dans la tour, mais toi, tu descendras à l'écurie et de là, tu grimperas sur le mur qui donne sur la forêt. Je t'attendrai là. A cet endroit, les gardes ne passent jamais, ils guettent depuis la tourelle. Mais j'ai remarqué que le soldat dans la tourelle fait sa ronde sur le côté opposé. Regarde bien. Dès qu'il sort, escalade le mur. Je vais préparer un tas de branches et de feuilles, tu sauteras en bas. Et alors on se sauvera."
C'est ce qu'ils firent. Quand le noble fut satisfait et lui dit qu'il pouvait se retirer, Chaki marcha en silence vers la tour, mais alors, vite, il sortit le cœur battant, jusqu'à l'écurie. Il se glissa vers le mur et l'escalada rapidement. Il observa, bien caché, la tourelle. Le soldat regarda par la fenêtre, puis sortit et marcha dans la direction opposée. Chaki sortit de sa cachette, se rendit sur le mur et fit le cri du coucou auquel Rhémy répondit immédiatement. Il l'aperçut au pied du mur et Rhémy lui montra l'endroit où sauter. Chaki se laissa glisser.
"Tout va bien ?" demanda Rhémy en l'aidant à quitter le tas de feuilles.
"Oui."
"Dépêchons-nous alors, ils peuvent avoir entendu le bruit," dit-Rhémy et ils s'éloignèrent en courant vers la forêt.
Quand ils furent assez loin, Rhémy sortit d'un sac des vêtements pour Chaki qui était encore en cape et collants, puis ils reprirent leur fuite loin du château. Il leur fallait à tout prix quitter les terres du marquis, sa juridiction. Ils se demandèrent si au château on avait déjà remarqué la fuite de Chaki. Evidemment, noir comme il était, le garçon serait facile à identifier une fois que le marquis le ferait rechercher, alors il ne pensa même pas à se déguiser, ça n'aurait servi à rien.
Ils sortirent du bois, et ils descendaient dans la vallée à travers les champs et les bois quand ils entendirent aboyer dans le bois et les cris des soldats du marquis, guidés par ses chiens de chasse. Ils étaient sur leurs traces. Ils coururent comme des désespérés, traversèrent un ruisseau, mais les hommes les avaient vus. Malgré une avance considérable sur leurs poursuivants, ils se rendirent compte que leur fuite était finie quand ils comprirent que les hommes avaient lâché les chiens.
"Ils vont nous dévorer... On ne pourra jamais courir plus vite qu'eux. Il faut grimper dans un arbre et espérer qu'ils rattachent les chiens," s'écria Rhémy.
"Allez-vous-en, c'est moi qu'ils cherchent." dit Chaki.
"Non, on reste ensemble. Je ne te quitterai pas. Vite, grimpe dans l'arbre." dit le jeune homme avec décision.
Ils montèrent et attendirent l'arrivée des chiens.
"Je suis désolé, Chaki, quoi qu'il arrive, Je t'aime, ne l'oublie jamais."
"Moi aussi, je vous aime, Rhémy."
"Arrête de me dire vous. A présent, il n'y a plus de différence entre toi et moi." dit Rhémy avec un doux sourire.
Les chiens arrivèrent et se mirent autour de l'arbre. Ils aboyaient, essayaient de les attraper, mais ils étaient hors de portée de leurs mâchoires. Après un certain temps les soldats arrivèrent.
"Alors, il semble que votre course soit finie, hein ?" dit l'un d'eux d'un air réjoui.
"Il n'y est pour rien, prenez-moi et laisse-le partir !" cria Chaki.
Rhémy et le chef des gardes crièrent "Non !" ensemble et ce dernier déclara, "J'ai ordre de vous attraper tous les deux. Descendez, vite !"
"Rattache les chiens !" cria Rhémy.
"Tu crois ? Oh, peut-être après tout, je crois que le marquis te veut vivant et entier. Attachez les chiens, vous autres !" dit-il aux soldats.
Quand les molosses furent à nouveau en laisse, les deux garçons descendirent et furent immédiatement saisis par les soldats, qui les attachèrent étroitement et les emmenèrent.
CHAPITRE 4
Le donjon du Château
En arrivant au château, les deux garçons, toujours attachés, furent conduits devant le Marquis Von Kruge.
L'homme, assis sur son trône, les regarda et leur dit, "Vous avez osé défier mon autorité, surtout toi, mon garçon, en volant mon esclave. Vous serez jugés pour ça. Aujourd'hui, je vais convoquer ma cour de justice !"
Rhémy tenta alors de jouer sa carte. "Je suis Rhémy de Bayeux, fils du comte de Bayeux, Consul de France. Vous ne pouvez pas me juger, vous n'en avez pas le droit. Et lui est mon esclave, il est à moi, et m'a été pris sans mon consentement. Je réclame donc sa propriété !
Le marquis éclata de rire. "Oui, je te reconnais, tu es vraiment le jeune Rhémy... et j'ai appris que ton père te cherche car tu t'es enfui de chez lui. Mais je ne vais pas lui dire que nous t'avons trouvé. Au contraire, je lui dirais que je t'ai cherché, mais que tu n'étais pas sur mes terres... Et depuis que tu t'es soustrait à l'autorité de ton père, tu n'es plus un de Bayeux, mais juste un hors-la-loi. Alors rabats un peu ton caquet, mon garçon, parce que de toute façon, tu ne peux rien y faire et que ce ne sont sûrement pas tes belles paroles qui te sauveront !"
Von Kruge donna ordre que l'on conduise les deux garçons dans les cachots du château, enchaînés au mur dans une cellule.
"Je regrette tant que, par ma faute, tu sois dans cette horrible situation," déclara Chaki à son amant, dès qu'ils furent seuls.
"Non, mon amour, ce n'est pas ta faute, mais à cause de notre amour et de la perfidie de mon père et de cet homme. Mais tant que nous sommes ensemble, je suis heureux."
"Ensemble, oui, mais enchaînés comme ça... je ne peux même pas te toucher du doigt..." se désola Chaki. "Et puis, qui sait ce qu'il va décider... Tu crois que le marquis va nous condamner à mort ?"
"Je ne sais pas... mais je n'ai pas peur de la mort, parce que même pour le peu que nous ayons vécu ensemble et l'amour que nous avons pu nous donner l'un à l'autre... ça valait le coup."
Ils ne remarquèrent pas que le geôlier, assis à l'extérieur de la grille qui fermait leur cellule, avait entendu leur conversation.
Peu après leur arrivée dans ce cachot, quatre soldats saisirent les deux garçons et les emmenèrent à l'étage. Ils furent introduits dans une salle avec trois sièges. Au centre, sur le plus haut, siégeait le Marquis, sur les autres étaient assis le connétable et le capitaine des gardes du marquis.
Le connétable se leva et lut un papier. "Le serviteur blanc est accusé du vol de biens appartenant au Marquis Von Kruge, seigneur de ces terres, de dissimulation au sujet de sa propre identité et d'avoir abandonné sa tâche sans autorisation, d'avoir utilisé pour son bon plaisir des biens du marquis, d'avoir trahi la confiance placée en lui. L'esclave noir est accusé de conduite immorale, d'avoir agi en complice du serviteur blanc, de s'être échappé du château pour tenter de se soustraire à l'autorité de son seigneur et maître, de s'être donné charnellement à un autre en contrevenant aux ordres de son seigneur et maître."
"C'est grave !" dit le capitaine avec un sourire faux. "Je demande qu'ils soient tous deux punis de manière exemplaire".
"Justice sera faite." dit le marquis. "Je reconnais que toutes ces accusations sont fondées et extrêmement graves. Mais le procès doit être mené avec équité, alors capitaine, vous parlerez pour leur défense ?"
"Avec plaisir, monseigneur. Je vous demande donc la clémence, parce que ces deux infortunés ne sont que les esclaves de leurs désirs sexuels qui les conduisent à ces crimes horribles. Il ne me surprend pas qu'ils soient de la sorte possédés par le diable. Je demande donc qu'ils soient aidés avec sollicitude à se libérer de l'asservissement au mal et à Satan. Peut-être, par la torture par le feu pourrons-nous les libérer du démon, et par cent coups de fouet, purger également cette soif terrible qui imprègne leurs jeunes corps ".
"Je demande la parole, monsieur !" demanda immédiatement le connétable.
"Elle vous est accordée."
"À mon avis, ce n'est pas le feu qui vous chassera le démon hors de leur corps, en fait, le feu est le royaume du mal.... De plus, cent coups de fouet seraient une punition inadaptée à leur passion effrénée. Je pense, sauf votre respect, que c'est la loi du talion qui doit être utilisée dans leur pitoyable cas."
"Et quelle est la loi du talion ?" demanda le marquis d'un air vaguement amusé.
"Ces deux misérables garçons sont affamés de sexe... ils seront donc tenus au pain et à l'eau. En outre, puisque ce sont des sodomites notoires, la loi du talion doit être appliquée pour ce qui leur est le plus reproché. Ils devront se faire enculer tous les jours, plusieurs fois, jusqu'à ce qu'ils se repentent, et fassent pénitence."
"Au pain et à l'eau, je pense que c'est juste," dit le capitaine, "mais pour la loi du talion que le connétable vient de mentionner, et parce qu'ils sont affamés de sexe, je pense qu'ils devraient être nourris de la semence d'un grand nombre d'hommes, jusqu'à ce qu'ils en soient dégoûtés..."
"Mon bon maître Adalberic, ta sagesse et ton érudition ne cessent de me ravir et me surprendre. Et toi aussi, Gundulf, brave capitaine de mes gardes, il est clair que tu es un homme plein d'expérience et de sagesse. Eh bien, je suis entièrement d'accord avec vous, Nous devons aider ces malheureux enfants à se laver de leur péché de frénésie pour le sexe et de la faiblesse de leur chair. Ils sont donc condamnés à être pénétrés plusieurs fois par jour, à la fois dans la bouche et dans le cul, par qui voudra les aider à se débarrasser de ce terrible problème. Tout serviteur ou soldat qui se présentera pour cette besogne recevra une demi-pièce de cuivre à chaque fois qu'il les nourrira de sa semence, et une pièce de cuivre pour chaque vigoureuse enculade comme récompense pour les aider à chasser les démons de leur corps malheureux ! Ceci est ma décision et mon commandement !"
"Monsieur le Marquis, mon bon seigneur, votre justice est sublime !" s'écria le connétable, "Je vais immédiatement avertir tous les serviteurs du château de se rendre dans le donjon pour aider ces malheureux garçons à se repentir et s'amender..."
"Messire von Kruge, votre sagesse et votre magnanimité sont merveilleuses et me laissent sans voix. A mon tour, je vais m'empresser de prévenir les gardes qui, j'en suis sûr, participeront volontiers à cette tâche. Surtout ceux qui ne sont pas mariés !"
"Très bien, mes fidèles. Ramenez ces deux jeunes voyous dans le donjon. Faites installer deux tables pesantes dans une grande cellule des cachots et faites-les enchaîner dans une position telle qu'ils puissent par devant et par derrière recevoir le châtiment mérité, et assurer un réconfort à ceux qui se donneront généreusement pour les aider à revenir dans le droit chemin !"
Les deux garçons avaient écouté cette parodie de procès en silence, sachant qu'il était inutile de parler. Ils furent conduits avec une grande brutalité dans une vaste cellule. On y avait aussi placé deux larges tables de chêne aux pieds massifs munis d'anneaux pour les quatre membres. Puis les garçons furent complètement déshabillés et enchaînés de telle sorte que bras et jambes étaient écartés et immobilisés. Seuls leur tête et leur petit derrière dépassaient de la table.
Le geôlier reçut alors un coffre de pièces de cuivre avec l'instruction d'inscrire sur une feuille le nom de chaque homme qui jouirait de l'un des deux garçons, et de le payer selon la façon dont il abuserait des garçons.
Chaki et Rhémy, une fois seuls, se murmurèrent des mots d'amour en essayant mutuellement de se donner du courage.
La procession d'hommes, serviteurs ou soldats, désireux d'évacuer leurs désirs sur les deux garçons, ou tout simplement pour gagner un peu d'argent commença le jour même. Beaucoup baisaient les garçons brutalement mais vite. Mais certains les prenaient longuement, avec plaisir. Certains attendaient qu'il n'y ait personne dans la cellule et entraient seuls. D'autres, au contraire, semblaient prendre plaisir à le faire devant leurs pairs et souvent, pendant qu'ils les prenaient, ils faisaient de grossières plaisanteries, incitant les autres à les imiter.
Certains s'amusaient à tirer les cheveux des garçons, leurs oreilles, les pinçaient, claquaient leurs corps de la main ouverte, ou brutalisaient leurs testicules exposés. D'autres, cependant, les caressaient et les prenaient avec un plaisir évident, sans violence... Mais c'était pour les deux garçons un châtiment terrible. Le sperme abondant de ces hommes gouttait de leurs pauvres anus martyrisés et de leurs lèvres gercées et bientôt la grande cellule fut envahie d'une forte odeur aigre de sexe et de sueur.
La nuit, quand le geôlier fermait la porte du cachot, les garçons essayaient de se réconforter mutuellement de douces paroles. Mais dans leur cœur, le désespoir et le désir de mourir bientôt pour échapper à cette torture ignoble devenait chaque soir plus fort...
Après quelques nuits, le gardien, après avoir soigneusement fermé la porte de la prison, arriva dans leur cellule avec un panier. Il commença par libérer les deux garçons, mais en leur laissant leur chaîne, afin qu'ils puissent se lever de la table et se tenir debout ou s'asseoir sur le sol, mais sans pouvoir s'échapper. Puis il leur donna, en plus du pain et de l'eau, quelques fruits et un petit verre de vin. Il avait également mis dans le panier un petit vase de crème dont il leur frotta la poitrine et le ventre écorchés par le frottement contre les tables en bois, à cause de la violence avec laquelle les hommes les violaient.
"Pourquoi fais-tu cela ?" lui demanda Rhémy ce soir-là.
L'homme parlait avec douceur et émotion, "C'est malheureusement tout ce que je peux faire pour vous... Vous avez l'âge de mes fils et vous voir ainsi traités de cette façon me fait penser à mes enfants. Même si vous êtes différents d'eux, ça me fait mal au cœur... Je voudrais pouvoir vous aider mais je risque déjà tellement, vous comprenez... Et puis... j'ai entendu les mots doux, plein d'amour que vous échangez, quand vous pensez que personne ne peut entendre, et l'amour qui vous lie m'a profondément ému. Si votre péché, c'est de vous aimer... vous êtes deux âmes innocentes et non deux criminels, à mon avis !"
"Tu es un homme bon de prendre soin de nous et de dire ces mots..." dit Chaki. "Quel est ton nom ?"
"Matyas. Mais je vous demande de ne parler de mon aide à personne, les garçons. Ne me mettez pas en danger..."
"Evidemment, nous ne le dirons à personne. Et si le sort n'est pas trop dur pour nous, nous espérons te retrouver un jour pour récompenser la bonté que tu montres pour nous," dit Rhémy.
"Je ne cherche pas de récompense. Il me suffit de savoir que j'ai pu faire quelque chose pour vous, même si c'est peu, mes pauvres enfants. De toute façon, vous n'avez pas besoin de me remercier. J'espère juste que si un jour, moi ou mes enfants sommes dans le besoin ou le malheur, une bonne âme aura pitié de nous."
"Tu crois qu'un jour le marquis nous libèrera... ou qu'on va mourir ici, oublié de tous ?" demanda Rhémy.
"Je ne sais vraiment pas, mes garçons. Mais je crains, pour autant que je connaisse le marquis..." commença l'homme, puis il se tut, incapable de prononcer les mots qu'il allait dire.
Chaki et Rhémy comprirent ce que l'homme n'avait pas eu le courage de dire. Ils se regardèrent tristement et ne dirent rien pendant un moment. Ils mangèrent des fruits et du pain, burent de l'eau et un peu de vin.
Rhémy demanda alors à l'homme, "Comme tu sais que notre seule faute est notre amour, et comme notre amour est tout ce qui nous reste... Pourrais-tu détendre un peu nos chaînes pour que... que Chaki et moi, nous puissions être dans les bras de l'autre pendant quelques minutes ?"
Matyas ébaucha un léger sourire de compassion. "Ecoutez, les garçons, si je vous déliais et que vous tentiez de fuir, je vous comprendrais, je ferais pareil, à votre place, mais alors je le paierais très cher. J'ai une famille, vous comprenez, je dois penser à elle... Mais... Mais je peux détacher l'un de vous, et puis sortir d'ici et fermer la grille... et ne pas regarder, m'en aller, pendant que vous... vous vous embrasserez. Mais demain matin, quand le clairon sonnera, je devrai de nouveau vous attacher sur la table, avant d'aller ouvrir la porte de la prison. Vous comprenez ?"
"Bien sûr. Tu es vraiment un brave homme. Si nous ne pouvons pas te prouver notre gratitude, j'espère que le bon Dieu te récompensera !" dit Rhémy à l'homme en souriant faiblement.
Matyas détacha Chaki, "Demain soir, ça sera ton tour... Une nuit chacun, d'accord ? Maintenant je pars avec la lampe... Je pense que vous vous sentirez plus libre de faire... de vous consacrer l'un à l'autre..." dit l'homme.
Il retira ses chaînes à Chaki qui resta sur place, prit le panier et la lampe, sortit de sa cellule et referma le verrou de la grille de fer. Puis il sortit par la porte qui donnait sur l'escalier menant à sa chambre, la ferma et alla rejoindre sa famille.
Quand les deux garçons entendirent la porte se refermer et la clé tourner, Rhémy chuchota, "Tu viens, mon amour ?"
Dans l'obscurité, à tâtons, Chaki trouva son petit ami. Ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre et s'embrassèrent avec un tendre désespoir. Ils se caressèrent un long moment sans parler.
Chaki demanda alors, "Tu as très mal, mon amour ?"
"Plus qu'au corps, j'ai mal en moi. Ils me détruisent l'âme. Je préférerais qu'ils ne le fassent que sur moi et qu'ils te laissent en paix, mon pauvre amour."
"Mais moi aussi, mon pauvre Rhémy, je voudrais que personne ne touche ton corps. Je te jure que si seulement les hommes ne profitaient que de moi, je me sentirais moins mal..."
"Je sais... Je sais, mon amour. Mais pourquoi le sort s'acharne-t-il contre nous ? Parfois je me dis que si, le jour où tu es venu avec moi à l'étang, à côté de la tonnelle, je n'avais pas succombé à mon désir de toi, nous ne serions pas là, et tu serais encore en sécurité au service de mon père et que tu ne souffrirais comme ça..."
"Oh non, Rhémy, je ne regrette pas ce jour-là parce que c'est à ce moment que tu m'as fait découvrir et apprécier ce qu'est le vrai bonheur, l'amour véritable que je ne connaissais pas. Moi, depuis le jour où j'ai été enlevé comme esclave, je n'ai été qu'un objet de plaisir dans les mains de maîtres, parfois bons, parfois mauvais, mais qui ne m'ont jamais traité comme un être humain, qui me m'ont jamais donné d'amour... Tu es le seul qui l'aies fait et pour rien au monde je ne voudrais y renoncer !"
"J'aurais voulu savoir te rendre heureux..."
"Et tu l'as fait, mon bien-aimé ! Et tu peux toujours le faire... Si tu veux vraiment me faire plaisir... fais l'amour avec moi, prends-moi, fais-moi tien !"
"Je ne peux pas, après tout ce qu'ils t'ont fait..."
"Il le faut, au contraire. Ces hommes m'ont souillé, je me sens sale, ils m'ont fait sentir moins qu'un animal, un objet... Mais si maintenant tu me prends, alors je me sentirai à nouveau propre, encore un être humain, parce que tu vas le faire avec tout ton amour ! Je t'en prie, Rhémy, s'il te plaît ! J'ai besoin de toi, de ton amour... et j'ai aussi besoin que ton corps adoré me remplisse d'amour."
"J'ai peur de te faire mal..."
"Non, mon amour, n'aie pas peur. La douleur physique n'est rien, si elle peut aider à guérir la douleur de l'âme. S'il te plaît, fais-moi sentir de tout ton corps, et avec ce peau pal, combien tu m'aimes !" chuchota Chaki plein de désir et de passion, en se baissant pour caresser tendrement, mais avec un vif plaisir le sexe encore mou de son beau et jeune amant.
Malgré la crainte du garçon, Chaki réussit peu à peu à l'exciter et quand il sentit que le membre de son bel amant était enfin bandé, palpitant, il se baissa dans l'obscurité, la tête sur les cuisses de Rhémy, et se mit à lécher avec une joyeuse passion la verge de chair frémissante.
Rhémy vibra de la nuque aux talons et poussa un léger gémissement de plaisir. Il caressa la tête crépue de son amant qui fit alors glisser le membre dur et chaud entre ses lèvres jusque dans la gorge et le suça avec une dévotion attentive. Puis il se mit à faire monter et descendre sa tête. De la langue, il travaillait la hampe et le gland aussi lisse que de la soie précieuse. Quand, au bout d'un moment, il sentit la respiration de son amant de plus en plus forte, haletante, et que son membre était aussi dur que le granit, il le laissa lentement échapper de ses lèvres.
"Maintenant, mon amour, enfile-le dans mon trou qui meurt de désir de t'accueillir..." chuchota-t-il.
"Tu es sûr ? Je ne voudrais pas te faire mal ?" demanda Rhémy encore hésitant.
"Evidemment, j'en suis sûr. Et même si ça me faisait un peu mal, ça ne serais rien comparé au plaisir de te sentir danser en moi. Prends-moi s'il te plaît... Si tu m'aimes vraiment, fais-moi ce cadeau..."
Rhémy bougea et les chaînes qu'il portait encore tintèrent légèrement.
Il caressa le corps de son amant de ses mains ferventes et lui demanda doucement, "Comment veux-tu que je te prenne, mon amour ?"
"Sur la table où l'on t'a maltraité, comme ça, demain tu penseras que j'étais aussi là et ce que te feront ces hommes te sera moins pesant. Je vais monter maintenant, me mettre sur le dos et toi, debout, tu me feras enfin tien... D'accord, mon Rhémy ?"
"Comme tu voudras, mon amour..."
A tâtons, Chaki effleura le dessus de table afin de trouver comment s'y hisser et monta. Il se coucha sur le dos et tira ses jambes contre sa poitrine, afin que ses petites fesses affleurent le bord du plateau de bois.
"Je suis prêt... Viens..." murmura-t-il.
Il sentit les mains de Rhémy le chercher dans l'obscurité, puis le membre dur, fort et palpitant de son amant se poser contre ses impatientes petites fesses dures.
"Si tu as trop mal... tu me le diras, hein ?" demanda de nouveau Rhémy.
"Oui, n'aie pas peur. Viens.... J'ai besoin de toi."
Rhémy guida sa verge dressée d'une main. Il frotta légèrement dans le sillon entre les fesses fermes du garçon noir, jusqu'à ce qu'il sente le gland dans la bonne position, pointé droit sur le trou martyrisé.
"Pousse..." le supplia presque Chaki, d'un ton plein de désir.
Rhémy se mit alors à pousser avec précaution et sentit bientôt l'anneau de chair brûlant commencer à s'ouvrir progressivement pour le recevoir. Il se sentait glisser dans l'accueillant canal, et très lentement, il l'envahit graduellement jusqu'à ce que l'épaisse touffe de poils d'or de sa toison pubienne presse contre la chair fraîche et ferme de son amant.
"Oh, Rhémy, c'est bon, c'est vraiment beau ! Enfin, tu es en moi ! Il faut que tu bouges, maintenant. Fais-moi oublier un instant ces horreurs qui nous arrivent. Donne-moi ton amour, éclaire-moi de ta passion, fais-moi sentir que mon seigneur est enfin redevenu le maître de son royaume !"
Rhémy se pencha sur son ami et des lèvres et de la langue, il commença à taquiner les petits tétons durs de Chaki qui vibra intensément et poussa un long soupir de contentement. La gêne qu'avait occasionnée le frottement du bel organe de son amant dans son canal tourmenté sembla enfin disparaître. Puis, des deux mains, il se mit à lui caresser tête, cou, épaules, flancs et dos de son amant, qui continuait à bouger en lui et à le prendre avec une tendresse virile.
"Oui... Comme ça..." murmura le beau garçon noir de plus en plus près de l'extase, "c'est trop bon de te sentir en moi. Je me moque de la durée du supplice que le marquis nous impose si chaque nuit, on peut se rejoindre de cette façon."
"Je t'aime, Chaki, je t'aime plus que ma propre vie ! Oui, tu as raison, béni soit ce jour, au bord de l'étang du parc, où j'ai découvert un bien aussi précieux que ton amour, le trésor unique que tu es. Béni soit aussi Matyas qui nous permet ça ! Dieu, que je t'aime, mon doux Chaki !"
Les deux garçons oublièrent ainsi un instant le sort terrible qui les retenait prisonniers dans le sombre donjon du château, ainsi que l'injustice des hommes. Rhémy continua à danser dans la chaude intimité, douce mais ferme de son amant et il comprit que Chaki avait eu raison de lui demander de faire l'amour.
Le membre dur du garçon frottait contre la prostate de Chaki, lui causant un plaisir plus puissant. Tous deux gémissaient fort à présent, levant un léger écho qui se répercutait dans les corridors sans fenêtres de la prison. L'ombre semblait se muer en couleur et briller comme un arc-en-ciel. L'odeur de moisi et de sexe bestial semblait se dissiper pour céder la place à la douce et subtile fragrance des corps juvéniles excités.
Chaki gémit soudain plus fort, tout son corps se tendit et il se mit à vibrer fortement. Avec un long gémissement il se vida contre le ventre de son amant, l'arrosant de puissants jets tièdes qui semblaient devoir ne jamais cesser. A chaque jet, son anus se serrait puis se détendait autour de la brûlante colonne de chair qui glissait en lui d'avant en arrière, et bientôt Rhémy ne put se contrôler plus longtemps et fut saisi par un orgasme très fort mais doux dans le profond canal, chaud et accueillant de son Chaki.
Plusieurs minutes durant, ils restèrent immobiles, leurs corps toujours unis par cette magnifique union. Leur respiration haletante se calmait peu à peu et dans leurs beaux et puissants torses glabres, leurs cœurs se remettaient peu à peu de cette folle chamade.
Dans un filet de voix, Rhémy murmura, "C'était vraiment beau, mon amour ! Et toi, es-tu heureux ?"
"Oui, mon bien-aimé. Tu m'as vraiment purifié, en me donnant ton amour avec tant de passion. Maintenant, je sais que je peux dormir en paix, dans tes bras, et demain ne me fait plus trop peur..."
"Moi, il me fait encore un peu peur..." avoua timidement Rhémy.
"Non... D'une manière ou d'une autre, tu verras que nous nous en sortirons ensemble, toujours unis... ou libres, ou à jamais dans la même tombe."
"Tu ne crains pas l'idée de mourir ?"
"Non, pas trop. Je n'ai pas non plus peur de vivre ici, qui sait combien de temps. La seule chose qui me fait très peur, qui me terrifie, c'est que nous soyons un jour séparés.... Si cela devait arriver, alors je prierais tous les dieux et les esprits de ce monde et tous mes ancêtres de me laisser mourir."
"Demain soir, ça sera à toi de me prendre ?"
"Comme tu voudras, mon amour. Tu sais que je ferai toujours tout ce que tu me demanderas, ce que je pourrai faire ? Mais maintenant, laisse-moi descendre, me coucher par terre et te prendre dans mes bras. Je veux m'endormir, ton corps contre le mien..."
Le lendemain matin, quand sonna le clairon, le geôlier vint ouvrir la porte qui menait de sa maison aux caves du château, il referma derrière lui et descendit avec une lanterne dans le donjon. A travers les barreaux de la cellule il vit les deux garçons couchés au sol, encore endormis, le blanc dans les bras du noir, et un léger sourire planait sur leurs beaux visages.
Matyas aussi sourit avec une tendre compassion, en disant qu'il avait bien fait de laisser les garçons libres de se montrer physiquement leur amour. Il avait deviné que ça les aiderait à supporter cette terrible situation. Il ouvrit la grille et entra dans la cellule. Puis il les secoua délicatement en appelant doucement, jusqu'à ce que les deux garçons ouvrent les yeux.
"Je suis désolé de devoir vous réveiller, mes enfants... mais il faut que vous mangiez, et puis je devrai vous rattacher sur les tables... je préférerais ne pas le faire..."
"Merci pour ce que tu fais pour nous Matyas. Tu es vraiment un homme bon," dit Rhémy, en se dégageant de l'étreinte de Chaki.
Ils mangèrent, puis Matyas remit ses chaînes au garçon noir et il les attacha tous deux sur la table avec une boule dans la gorge et un nœud dans l'estomac. Il alluma les lanternes qui se trouvaient dans la cellule, puis sortit et alla ouvrir la porte de la cour du château.
Contrairement aux débuts, ne venaient plus à présent dans le donjon que sept ou huit hommes par jour, serviteurs ou soldats. Mais il était de plus en plus dur pour les garçons de supporter cette situation. C'est uniquement la nuit, en faisant l'amour dans les bras l'un de l'autre qu'ils pouvaient rendre moins insupportable le passage des jours.
Parfois, le marquis ou le capitaine descendaient aussi dans le cachot pendant la journée, et chassant les autres, ils profitaient tous deux des garçons à leur guise, avec une violence perverse. Le connétable venait seul et ne prenait avantage que de Rhémy.
Un soir, alors que la saison était devenue plus rude et que le froid mordait les os, Matyas leur apporta une mince paillasse de fibre végétale et une couverture de laine qu'il cachait soigneusement au matin. De plus, le soir, il détachait les deux garçons. Parfois, il pouvait aussi leur apporter à manger quelques restes de viande ou un bol de fèves. Environ trois fois par mois Matyas leur apportait un seau d'eau tiède pour qu'ils puissent au moins se laver sommairement.
Parfois, avant de les laisser seuls, Matyas s'arrêtait un moment pour parler un peu avec les garçons. Il leur parlait de sa vie, de sa famille et il écoutait celle de Rhémy et Chaki. Ils apprirent que Matthias, quand il était petit, était venu de Bohême avec son père qui avait servi sous le père du marquis. Puis il s'était marié avec une des jeunes cuisinières du château dont il avait eu trois enfants, deux garçons et une fille. Connaissant les goûts du Marquis, quand les garçons avaient approché la puberté, il les avait envoyés à Prague, chez un cousin, de peur que le marquis n'essaye de profiter d'eux, car les deux garçons étaient beaux.
Ça faisait environ trois mois que les deux pauvres garçons étaient retenus dans le donjon du château. Le marquis avait finalement cessé de venir, mais le capitaine profitait encore d'eux. Le nombre d'hommes qui descendaient dans le cachot pour assouvir leur appétit sexuel sur eux, et aussi gagner quelques pièces se réduisit encore et se stabilisa à une moyenne de cinq par jour.
Les soins et l'attention de Matyas et leur amour mutuel donnaient un peu de force aux deux jeunes amants malheureux.
Retrouvez les autres textes d'Andrej sur : http://www.andrejkoymasky.com/