Évasion (4/8) de JMB
vendredi 23 juillet 2010, 18:39 - JMB - Lien permanent
Afin de faire participer Aubin aux joies du bain matinal, il se jette sur lui, le serre dans ses bras, dans ses cuisses, lui roule une pelle. L’autre renâcle au contact de cette peau froide et humide puis se laisse aller tant cela devient agréable. Les ébats sont rapides. Modeste, en grande forme, s’emploie seul à donner du plaisir aux deux.
ÉVASION
de JMB
4ème partie
Tout en marchant, Gus met au point le scénario. Il arrive chez le gonze : bisous, papouilles, grand jeu. Pas question d’exiger de suite ce qu’il veut savoir. Du temps, de la patience. Ce mec peut encore servir et on a toujours besoin d’un gars comme lui dans la manche. Gus ne se fait aucune illusion quant à sa propre personne. Il se sait casseur minable mais le champion des enjôleurs. Aubin le lui a plusieurs fois jeté à la figure ce qui a malheureusement provoqué une remise aux valeurs entre maîtres et soumis, assez cocasses. Ce rappel des faits lui remémore sa récente résolution : plus jamais il ne le frappera, promis, juré ! Encore doit-il le retrouver. Dans cette perspective, depuis quelques jours il drague dur pour s’accointer avec le corps frère susceptible, en même temps, de l’aider dans sa quête. Bingo ! Gautier, candidat parfait au rôle de poire, s’est pointé sans que Gus lui demande quoi que ce soit. Depuis le temps que le chauffeur du préfet lorgnait en direction du beau mâle, sans osé l’aborder, la connexion devait bien se produire un jour. Elle se produisit par un hasard habilement provoqué. Gus entendit parler du sieur Gautier, de ses mœurs sexuelles mais également de ses mœurs en matière de luxe. Un accro à tout ce qu’il y a de beau, de chic, de cher. Dommage pour lui que la paye ne suive pas. Alors il complète son compte bancaire par quelques aides rémunérées à des personnes plus ou moins angéliques. Justement Gus a besoin d’aide, de beaucoup d’aide que le Gautier en question rechignera peut-être à fournir contre quelques splendides coups de queue dans son joli fion, certes, mais non accompagnés de monnaies.
Interphone, ascenseur et un étage complémentaire à pince. Le studio au fond du couloir avec écrit sur la porte le nom du gagnant : Gautier. Ce dernier ouvre. Empressé, Gus le prend par la taille, le pousse à l’intérieur, plaquant ses lèvres sur les siennes et refermant la porte à l’aide de son pied. Plus veloutée que jamais, la langue de l’arrivant occupe la bouche de l’autre, s’y complet, laissant les mains faire un petit tour d’inspection sur le corps offert. Gautier est aux anges ! Depuis des mois il guette le bonheur de coucher avec la coqueluche du quartier, voire des alentours. La semaine passée, juste après leur première rencontre, il s’est vu infligé un aperçu des qualités sensuelles de son invité : pipes gloutonnes, baisers avides, geysers de foutre lâchés dans les taillis du parc. Gus ne joue pas les amoureux, seulement les baiseurs consciencieux de donner et de prendre du plaisir. Il réussit à chaque joute. Le voilà occupé à sucer un téton tout juste découvert, laissant sa main droite glisser sous le jean et le caleçon de l’autre et aller soupeser les couilles pleines qu’il compte bien vider jusqu’à la dernière goutte. Gémissements, balancements du bassin accompagnent l’opération dite des approches. La bouche de Gus savoure le cou de Gautier puis ses lèvres avant de se jeter sur la queue sortie qu’elle aspire. Le suceur prend un énorme plaisir à déguster l’engin de taille moyenne, courbée vers le bas, agréable à regarder tout comme le reste du personnage. Le chauffeur du préfet est un homme type latino, 1h70 pour environ 65 kg. Cheveux bruns, bouclés, courts avec mèche à la Tintin au dessus du front, peau basanée, pomme d’Adam saillante. Au menton une espèce de début de bouc pas déplaisant. Les yeux noirs immenses, ombragés de cils très longs, scintillent au moindre intérêt. Corps nerveux, peu musclé. Visage rieur à l’ovale parfait. Deux minuscules grains de beauté sur l’aile droite d’un nez aux proportions ravissantes. Vraiment pas moche comme mec mis à part ses gestes et sa voix un tantinet efféminés. Pas le genre de gars avec qui Gus se baladerait en public. Pour ça, jamais personne ne devine qu’Aubin est pédé en le voyant marcher ou en l’écoutant parler. Ça non. Gautier se jette sur l’énorme bite qu’il vient d’extraire de la braguette de Gus qu’il taquine manuellement. La tige se développe pour atteindre des proportions peu communes. Malgré sa grosseur, elle se tient raide, droite, magnifique. Les lèvres remplacent les doigts. Le sucé en profite pour retirer blouson, t-shirt, et se débarrasser du jean à ses pieds ainsi que du slip. Le voilà nu, offert aux œillades émerveillées d’un Gautier soûl de bonheur. La bouche n’avale au maximum qu’un tiers de l’engin qu’elle malaxe du mieux possible. Gus juge le moment venu de partager d’autres jeux, estimant que pour cette première grandeur nature il doit garder en réserve quelques agaceries. Aussi propose-t-il un emboutissage sur canapé sans plus attendre. Gautier ne saurait résister. Illico il achève de se dévêtir, entraîne l’autre dans la chambre où débutent les ébats sérieux. D’une voix suppliante, le futur enculé réclame une séance préalable afin de se dilater l’anus pour permettre une intromission moins douloureuse de l’imposante matraque. Gus est bon. Jamais il ne blessera un mec en le baisant. Il concède la diversion en se proposant d’enfiler lui-même le gode. Gautier, couché, lève les jambes en l’air écartées, après une onction de lubrifiant entre les fesses. Gus oint le braquemart artificiel avant de l’introduire prudemment dans l’anus. Quelques centimètres et déjà des soupirs de bonheur résonnent dans la pièce. Gus joue, enfonce, retire, tourne la chose, sa main libre branlant sa queue afin de la conserver prête à l’emploi. Lorsqu’il estime que Gautier est prêt à la recevoir, il pose la capote et le pénètre doucement, en plusieurs étapes. Les entrailles peinent à faire de la place. Plusieurs giclées de lubrifiant sont indispensables avant que l’engin ne soit absorbé complètement. Commence alors un pistonnage langoureux qui provoque de multiples sensations plus érotiques les unes que les autres. Les amants ne pensent qu’à jouir de leurs corps. Gautier crache la purée dans une série impressionnante de convulsions qui éjectent la grosse bite de son cul. Chagrin, il maugrée :
<< - Vas-y, donne moi une douche de sperme ! >>
Gus ne refuse jamais ce genre de coquetterie. La capote enlevée, debout, il laisse la main de Gautier assis devant lui le masturber tout en léchant le gland par moments. Il faut du temps pour que la montée de jus explose en de longs et généreux jets. Gautier, le visage trempé comme son torse et ses épaules, étale la crème avec sa main libre, l’autre main continuant à branler.
Gus arrête les ébats, rappelant l’heure de reprendre son boulot. Rendez-vous est fixé pour le surlendemain. Gautier a eu droit au minimum, juste pour l’appâter. La prochaine fois, il aura droit à un bouffage de cul en règle, en plus du reste. Chaque séance se verra augmentée d’une douceur. Revenu chez lui, il se demande où peut bien se trouver Aubin, l'appelant de tous ses vœux. Au même instant, loin de là, l’intéressé partage ses nuits entre Modeste et Mikael.
Passées deux semaines de rendez-vous amoureux, comme prévu dans son plan, Gus joue les attristés, sans trop en faire. C’est un artiste dans son genre ! Gautier s’apitoie : un frère disparu, envolé, sans raison, il comprend que l’on soit affligé. Oui, il aidera Gus volontiers. Jadis, il est intervenu auprès du Préfet pour une amie employée au service des personnes disparues, ce qui tombe bien. Elle lui est redevable. Coup de fil pour signaler la disparition du frère avec signalement et pedigree. La machine policière est lancée. Dès le lendemain, la nouvelle arrive : Aubin se porte comme un charme, se pavane dans une région paumée mais ne désire pas communiquer le lieu où il se trouve. Nouvelle tentative auprès de la gendarmerie du coin précité : Aubin vient juste de quitter les lieux pour une destination inconnue, on poursuit les recherches. Deux jours plus tard, un avocat appelle les gendarmes, assure que son client, Aubin, veut qu’on lui fiche la paix et qu’on l’oublie le plus vite possible. Message transmis à la copine de Gautier qui le passe à un Gus déconfit. Cela ne l’arrête nullement. Muni de l’adresse dudit avocat, il déduit logiquement la ville où réside son amant favori. Gautier acceptera-t-il de l’aider à nouveau ? Ce dernier refuse: pas d'argent à la clé pour ses services; en outre il n’a aucune relation chez les flics qui permettrait d’enquêter discrètement afin de dénicher le frangin prodigue. En réalité, Gautier doute des raisons invoquées par Gus et surtout des motifs concernant la fugue de ce frère. Plusieurs remarques laissent supposer que le frère serait plutôt un petit ami fort mal traité. Pour lui, cette affaire sent la magouille, pour le moins. Prudent, Gus remercie, assure le service de lit, selon son expression en tronchant le chauffeur de maître de telle façon qu’il ne puisse plus s’asseoir durant plusieurs jours. En réalité, il le baise à fond, longuement, sans ménagement. Ce sera leur ultime sauterie grivoise. Gautier comprend qu’il n’était qu’un pion dans les projets d’un Gus aux visées estimées malsaines. S’enrichir en tripatouillant quelque peu, soit, mais pas au-delà. Le courage n’est pas le fort de Gautier ni les aventures dans le grand banditisme. Ce qui le console grandement de la perte de cet amant fabuleux.
___
Près de sept mois se sont écoulés depuis son départ. Aubin pense avoir réussi à semer Gus. L’avenir s’annonce radieux d’autant que le printemps inonde l’atmosphère de soleil et de douceur la journée, de pluie la nuit. Déjà, un peu partout, on pense aux vacances, les parcs se remplissent de promeneurs, les lieux de drague également. Justement, il fait la connaissance d’un charmant jeune homme, le coince derrière une haie, lui présente ses fesses aux fins d’intromission pénienne. L’heureux inconnu s’exécute, une fois la capote revêtue. Son vit s’enfonce merveilleusement dans l’anus et le comble durant dix bonnes minutes avant de subir les spasmes de l’éjaculation. Poli, le mec montre ses arrières, soucieux de renvoyer l’ascenseur, ce qu’apprécie énormément Aubin. Nouvelle sodomie avec aspersion au foutre des buissons environnants. Calmés, les deux hommes se rhabillent, se présentent et confirment leur jeune amitié par deux pelles goulues. Rémi, l’élu du moment, ne paye pas de mine. Gringalet, à la tignasse généreuse et ébouriffée (gel oblige) selon la mode, le personnage se présente tout en long : long visage, long nez, longues jambes, longue verge. La bouche retient le regard avec la lèvre supérieure portant une cicatrice signe d’un ancien bec de lièvre. L’ensemble n’en reste pas moins intéressant voire attirant. Rien de bien défini chez ce garçon, disent certains. Quelqu’un de décontracté, sans complexe, content de vivre sa vie. L’oiseau rare à un moment pareil pour un Aubin aimanté par l’aura de Rémi. Ils se revoient pour le plaisir d’être ensemble, négligeant de s’adonner aux plaisirs sexuels devenus superflus : ils s’estiment intellectuellement, mentalement, cela leur suffira dorénavant. Lors d’un dîner au restaurant, ils se racontent. Apprenant qu’Aubin est libre de tout engagement professionnel, Rémi lui propose de le seconder dans la gestion de son camping : il cherche quelqu’un depuis plusieurs mois. Aubin ne dit pas non, demande une journée de réflexion. Financièrement, son pécule s’amenuise. Le séjour chez Mathilde et Paulin ne lui a pas coûté un centime. Depuis qu’il les a quittés, près d’un mois, il mène une vie normale de citadin : sorties chaque soir d’où baisse vertigineuse de ses réserves monétaires. A cette allure, jamais il ne passera son année sabbatique entière. Finalement, il accepte. D’abord pour renflouer son portefeuille, ensuite pour se terrer dans un endroit où Gus ne viendra pas le chercher. Jamais il ne l’imaginera employé dans un camping !
Le couple Aubin – Rémi s’entend à merveille. Chacun mène sa vie amoureuse de son côté. Aubin loge dans un bungalow muni de tout le confort, jusqu’à une petite kitchenette. Il apprend vite. Au demeurant, rien de bien compliqué. En effet, il ne s’agit pas d’un terrain de camping avec tentes mais qui reçoit uniquement des caravanes et loue une vingtaine de bungalows. La saison s’annonce très bonne, les vacanciers affluent très tôt, on affiche complet rapidement. Pas loin de quatre mois à satisfaire les grincheux, les râleuses, les sympas, les luronnes, les libidineux, les faux-cul et autres genres humains. De temps à autres, Paulin et Mathilde donnent de leurs nouvelles. A demi-mot ils font part de leurs vies dorénavant séparées, les corps bien sûr. Pas de mot précis, que des allusions. Aubin tente de faire face aux dragueurs qui aimeraient bien plonger dans son lit. S’il les écoutait, il passerait son temps, fesses et queue à l’air en compagnie de mâles en ébullition. Il se raisonne, n’acceptant que ce qu’il juge de qualité supérieure. Toutefois, rien de notable dans ces amourettes fugaces, rien d’original, juste du passe-temps plus ou moins agréable car bien foutu ne veut pas forcément dire bon baiseur. L’automne démarre comme celui de l’an passé : chaleur, sécheresse. Le terrain ne désemplit pas, au contraire des bungalows qui, eux, se vident. En cette fin de saison, l’avenir préoccupe beaucoup Aubin. Dans quelques jours, Rémi n’aura plus besoin de lui. Il pense faire un tour vers F… et ses environs, revoir Modeste avec Mikael. Très vite il abandonne cette idée. Il en parle à Rémi qui s’étonne :
<< - Comment, tu en as assez de ma pomme ?
- Non, mais ici c’est fini pour la saison.
- Je t’ai déjà dit que les places de caravanes étaient occupées quasi à l’année. Les bungalows vont se remplir de nouveau les week-ends et pour les fêtes. Moi, je ne peux pas rester. Je dois superviser les travaux du nouveau camping à M…. j’aimerai compter sur toi pour rester ici. C’est assez peinard, tu verras. Pour l’été prochain, tu seras sur place. Alors, ça te branche ? >>
Aubin accepte volontiers. Cette vie n’est pas désagréable, après tout.
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Rémi parti, Aubin se retrouve seul muni de plusieurs feuillets de recommandations. La vie s’écoule gentiment, presque tristement. Pas de merveilles à l’horizon, seulement des ventripotents, des grisonnants ridés, des friqués d’un autre âge. Il passe la plupart de son temps au camping, sauf pour l’approvisionnement qui le mène à la ville un après-midi par semaine. Il prend son mal en patience espérant qu’un bon génie lui enverra la perle de son cœur. Bien lui prend ! La perle arrive sous forme d’un homme, la quarantaine environ, stature imposante, gueule virile de macho pur jus, démarche idoine. La brute dans tout son éclat, se dit Aubin dont la langue lèche déjà ses babines en observant le personnage venir vers le bureau. Poli, le Monsieur qui demande si Aubin connaît un certain Aubin que l’on dit travailler ici. L’intéressé, alerte maximum dans son cerveau, rétorque :
<< - De la part de qui ?
- Un ami de son frère. >>
Aubin tente de conserver son calme. La voix du mec lui procure certains frissons dans le dos : profonde, grave, belle en somme, comme il les aime. D’ailleurs, tout le bonhomme lui plaît. Bien qu’ébloui, la peur s’empare de lui. Donc, Gus l’a retrouvé, lui envoie un costaud afin de le ramener par la peau des fesses s’il y a lieu. Tant pis, finissons-en pense la future victime ! Aubin s’apprête à se présenter mais l’inconnu l’en empêche :
<< - C’est toi, Aubin. Je ne me trompe pas. Gus m’a montré plusieurs photos. Il m’a chargé de te rectifier le portrait pour la vie, façon pluri-boutonnières surtout au visage. Mais ce serait dommage d’abîmer un si beau spécimen de la nature mâle. Je préfère le contempler plus en détail afin d’en jouir du mieux possible. On fait un marché tout les deux ?
- D’accord, viole-moi de suite qu’on en finisse rapidement, si c’est ce que tu veux.
- Qui parle de viol ? J’aime qu’on me résiste, juste le temps de m’exciter un max, mais pas plus. Tu as du cran, petit. Tu chies dans ton froc mais tu la ramènes quand même. Non, pas de saloperie entre nous. Je vois bien que tu m’as à la bonne. Tu me plais. Alors profitons de la vie et de ce qu’elle nous offre.
- Et Gus ?
- Si tu lui dis rien… il faudra juste que tu me donnes un objet pour prouver notre rencontre à tous les deux. Rien de plus. Alors, marché conclu ?
- Pourquoi tu ferais ça ?
- Parce que Gus est un gros connard, un petit truand à la manque pas même capable de faire le maquereau. J’ai accepté ses 5000 euros pour te bousiller la tronche, juste histoire de me refaire un peu, d’autant qu’il m’a donné du fric en plus pour le déplacement et les frais. C’est une bonne occasion de lui rendre la pareille.
- Dans ce cas, aucun intérêt puisqu’il ne le saura jamais. Ce n’est pas moi qui irais lui raconter ça.
- Je me fous qu’il sache ou pas. Le principal, c’est que moi je sache que je l’ai baisé, cet enculé. Tu comprends ? Bon, alors ?
- Ok pour une soirée polissonne. Tu devras attendre ce soir, Monsieur l’inconnu.
- Stanislas pour l’état civil, Stan pour les intimes. >>
Un éclatant sourire illumine la face quasi patibulaire d’un Stan aux anges tout de patience rempli.
Dîner dans le bungalow privé d’Aubin. Ils se dévisagent longuement. Effeuillage langoureux avec pelles vigoureuses. Ils se détaillent minutieusement. La grosse queue de l’un frotte la grande bite de l’autre. Des gouttes de « precum » perlent sur les glands avant de tomber en formant un fil translucide ou de s’étaler sur les ventres collés. De ses mains aux doigts géants, Stan couvre les fesses d’Aubin qu’il malaxe tendrement sans négliger une petite visite à l’anus presqu’ouvert. La voix profonde suggère :
<< - Je vais te baiser comme jamais. Tu en redemanderas, promis. >>
Les mains se dirigent sous les aisselles, soulèvent un Aubin transi d’amour et le posent sur la table de la cuisine avant de s’aller farfouiller une fois encore l’anus humide. Stan baisse la tête, gobe la queue, lui inflige une fellation énergique. Les doigts ne cessent pas leur fouille anale. Le suceur monte sur la table, devient le sucé. La longue tige s’enfonce prudemment dans le gosier qu’elle pistonne ardemment, sans trop s’enfoncer. Aubin se branle, soucieux de maintenir ses attributs en forme. Seulement la pression devient trop forte : le manque de câlineries de ses dernières semaines en est la cause. Deux longues giclées de foutre arrosent le sol. Stan ne tarde pas à se lâcher sur le visage de son amant. Sourires complices de deux êtres pas complètement repus de leurs corps. Essuyages sommaires avant mise en place de la capote sur le long vit déjà roidi. L’enculeur s’allonge à même le carrelage. L’enculé s’assied sur lui, introduisant la queue entre ses fesses, se penchant aux fins de pelles goulues. Le cul se lève, se baisse, à maintes reprises. Les mains de Stan prennent entièrement possession du corps d’Aubin en le caressant, le titillant. Les muscles se crispent, les spasmes annoncent les éjaculations simultanées. Sous le coup de la jouissance, les amants roulent sous la table, s’enlacent. Stan est un ancien sportif, incontestablement. Aujourd’hui, son physique démontre qu’il n’en est plus rien, léger embonpoint oblige. Cela étant, le gars présente bien. Près de 1m90 pour 81 kg, épaules larges, bras musclés tout comme jambes et cuisses. Poitrine saillantes à la pilosité chatoyante. Aubin passe ses doigts dans la toison pubienne de Stan à qui il demande :
<< - Comment il a su où j’étais, Gus ?
- Je ne sais pas. Tu es déclaré, ici ?
- Oui. Mais il n’a pas accès aux administrations.
- Va savoir !
- S’il n’a pas de tes nouvelles, il risque se pointer.
- Non, il ne viendra pas. Sinon, il serait là, à ma place. T’inquiète ! J’ai ma petite idée. Que dirais-tu d’un réchauffement de nos ardeurs ? Je sens pointer un désir de baise. >>
Sitôt dit, sitôt fait. La langue de Stan inspecte minutieusement, délicatement, la rosette d’Aubin qui glousse de bonheur. Les réjouissances se prolongent tard dans la nuit.
___
Commence un rythme de vie que l’on pourrait assimiler à celle d’un couple d’amoureux passionnels. Durant la fin de l’automne, une grande partie de l’hiver, Aubin et Stan ne se quittent pas, se touchent à tout moment, en tout lieu, se cachant à peine lorsqu’ils vaquent en ville. Le premier rayonne de bonheur : pour lui, la vraie vie commence, celle durant laquelle on aime et on est aimé. Le second ne rechigne pas à donner un coup de main, jouant les julots maison soucieux du plaisir de sa douce moitié. Toutefois, la fidélité n’est pas de mise, de part et d’autre. Si une occasion se présente, on déguste la nouveauté, discrètement, à l’abri des regards possiblement jaloux du dorénavant "régulier". Bien sûr, on se garde bien de faire confidence des écarts tacitement consentis sous réserve de n'en jamais parler.
Mi-mars, le patron du camping revient afin de préparer la saison. Déjà, nombreux sont les vacanciers présents. En outre, des travaux d'agrandissement débutent: 10 places pour caravanes et 5 bungalows complémentaires. Rémi accepte sans broncher le compagnon d'Aubin: deux bras en plus ne seront pas superflus.
Cette magnifique entente dure quelques semaines. Les "campeurs" affluant de plus en plus, le travail augmente. Ce qui était un jeu pour Stan vire à la corvée pour cause de manque de temps libre. Il rechigne à aider, émet le souhait de partir. Aubin, atterré par cette nouvelle attitude, tente de le raisonner et Rémi ne refuse pas de l'embaucher officiellement avec rémunération. Stan cède à contre cœur, jurant que s'il n'aimait pas follement Aubin, il serait parti depuis longtemps. Ce qui n'est pas fait volontiers, est mal fait, disait un ancêtre. Le nouvel employé bâcle son travail, n'embauche jamais à l'heure, trop souvent finit de travailler avant l'heure. Rémi intervient, menaces de renvoi à l'appui. Aubin supplie Stan de faire un effort: sans aucun résultat probant. Cette désaffection au boulot s'accompagne d'une désaffection au lit. Là encore, Stan délaisse ses "devoirs" d'amant, invoquant mille excuses, oiseuses pour la plupart. Aubin demande une explication, l'autre rétorque:
<< - Je m'ennuie, ici. Et puis cette vie routinière, ce n'est pas pour moi. On fait couple plan-plan, Aubin. Un peu de piment serait le bienvenu.
- Tu ne m'aimes plus, c'est ça?
- Non! Bien sûr que je t'aime toujours. Mais cette vie m'étouffe. Tu comprends?
- Qu'est-ce que tu proposes?
- On pourrait, par exemple, faire une partie à trois. Qu'en penses-tu? >>
Chagriné par ce qu'il considère comme un reproche, Aubin accepte cette éventualité de partouze. Au demeurant, il n'est pas contre la perspective.
Vers 22h, Stan pénètre dans leur bungalow accompagné d'un homme, la cinquantaine, bien physiquement malgré une calvitie dévorante, mais très quelconque de visage. Présentations, dégustations de bière avec palabres insignifiants. Les trois semblent gênés. Aubin parce que baiser avec le nouveau venu ne l'enchante guère. Ce dernier car il ne sait trop par où commencer et avec qui. Stan parce qu'il se demande comment sortir de cet embarras créé par ses soins. L'invité s'approche d'Aubin, passe une main sur sa braguette et tente de lui rouler une pelle. Ce que voyant, Stan prend la poudre d'escampette, laissant les deux autres en tête-à-tête. Aubin repousse le "vieux" qui renâcle sévère:
<< - Dis-donc, jeune freluquet, j'ai payé! Alors, si tu ne veux pas faire l'amour avec moi, tu me rembourses les 500 euros que j'ai donnés à ton copain. >>
Une enclume tombe sur la tête d'Aubin qui ne sait que répondre. L'autre comprend le malaise, questionne, reprenant le vouvoiement:
<< - Vous ne saviez pas? Vous n'étiez pas au courant? Je suis désolé.
- Il m'a vendu, c'est ça?
- Oui, enfin non… je croyais que c'était entendu entre vous deux. Je croyais que…
- Que je faisais la pute et que c'était mon souteneur. C'est ça?
- À peu de chose près, oui.
- Bien! Je vais arranger ça. Restez là, le temps que je récupère votre fric. D'accord?
- Je ne sais pas trop…
- Vous ne risquez rien, promis. >>
L'homme écarte les bras de son corps en signe de résignation. Aubin se précipite au bureau où il retrouve Stan face à Rémi à qui il réclame quelques jours de congés. En voyant Aubin pénétrer dans la pièce, telle une furie, il comprend que les choses tournent à l'aigre. Costaud, le Stan, mais froussard dès que le danger se présente. Il sent comme un froid sur l'échine, des picotements sur la nuque. Aubin, tout juste entré, ferme la porte à clé, met la clé dans sa poche, vitupère:
<< - Comme ça tu veux que je fasse la pute pour ton compte. Tu te prends peut-être pour un maquereau génial, pauvre tâche? >>
Sans crier gare, il assène un magistral gnon sur la bouche de Stan qui s'affale. Rémi ne demande aucune explication supplémentaire: il a compris de quoi il retournait. Il se propose de donner un coup de main à son ami. Cinq minutes plus tard, la tronche en sang, le visage couvert d'horions aux multiples possibilités de coloris, Stan répond aux questions de Rémi:
<< - Alors, c'est Gus qui t'a envoyé, vraiment?
- Non. Il m'a payé pour autre chose. J'ai voulu le niquer. Il ne sait pas où je suis. J'étais dans le coin, chez des potes. J'ai vu Aubin, par hasard, dans la galerie marchande où il faisait les courses pour ici. Sa tête me disait quelque chose. Je me suis rappelé que c'était le môme à Gus. Je les ai vus ensemble plusieurs fois. Je ne savais pas qu'ils s'étaient disputés. Pour moi, j'avais l'occasion de faire un second coup fourré au Gus en sautant son môme.
- Une fois l'affaire faite, pourquoi tu es resté?
- J'avais besoin d'être au vert quelques temps. Et puis, je me suis accroché à Aubin. C'était sympa, tous les deux. On a passé de bons moments, non?
- Je suppose que ta paye ne suffisait pas?
- Ben non.
- Tu es un mac?
- Ben, quand l'occasion se présente, je ne dis pas non. >>
Nouvelle volée de coups de la part de Rémi. Aubin, anéanti par ces révélations, ne bouge plus. Il se contente de bougonner rageusement:
<< - Laisse-le partir avant que j'en fasse de la bouillie. Allez, Stan, rends-moi le fric. >>
Sans broncher, Stan obtempère. Il ajoute:
<< - Je vais prendre mes affaires quand le vieux sera parti. Pendant ce temps, Rémi fera mon compte pour le travail que j'ai fait. >>
Aubin, qui s'apprêtait à sortir, se retourne, hurle:
<< - Tu auras queue dalle! C'est moi qui récupère ton blé, comme dédommagement et intérêts. Si tu n'es pas d'accord, j'appelle les flics. A trois contre un, tu es bon pour le cabanon républicain avec barreaux en prime. Rémi, surveille-le. Je reviens avec ses fringues. >>
Stan tente de se relever. D'un coup de pied, Rémi l'en empêche:
<<- Coucher ! Tu te relèveras pour foutre le camp d'ici. Et ne t'avise pas de nous chercher des noises. Nous savons où tu niches habituellement. On pourrait bien aller raconter que tu aimes te faire baiser par des mecs. Mauvais pour le panache du mac! Pas vrai? >>
Aubin rend l'argent au "client" qui s'enfuit presque, sans demander son reste. En quelques minutes, le bagage de Stan est bouclé, ses vêtements jetés dedans sans précaution. Peu de temps après le faux vrai mac quitte les lieux, heureux de s'en tirer à bon compte. Jamais il n'aurait cru que des fiottes soient capables de le rosser. Il se sait lâche. En conséquence, il fait confiance à l'ingéniosité des lâches en matière de vengeance. S'ils s'étaient contentés de le virer, il n'aurait rien dit. Il avait tenté un coup, l'avait raté, rien d'exceptionnel. Mais ils l'ont tabassé, ne lui ont pas payé ce qu'ils devaient pour le boulot. Et ça, il ne le pardonnera que lorsqu'il sera vengé.