Nous devrions être ennemis (1/5) d'Andrej Koymasky
vendredi 23 juillet 2010, 18:21 - Andrej Koymasky - Lien permanent
On l'avait trouvé nu, né de quelques heures, sur les marches de l'église Saint Simon, il y avait été déposé sur un journal et on l'avait donc appelé Simon. Simon Canard, parce que le journal était le Canard Enchaîné.
NOUS DEVRIONS ETRE ENNEMIS...
par Andrej Koymasky © 2008
écrit le 18 Août 1994
Traduit en français par Eric
CHAPITRE 1
L'Orphelinat
On l'avait trouvé nu, né de quelques heures, sur les marches de l'église Saint Simon, il y avait été déposé sur un journal et on l'avait donc appelé Simon. Simon Canard, parce que le journal était le Canard Enchaîné.
Simon avait souvent pensé qu'il y avait là un signe de chance. S'il avait été trouvé sur le Bulletin Littéraire devant Saint Plotin, il se serait alors appelé Plotin Bulletin....
On l'avait emmené à l'orphelinat des sœurs de l'Enfant Jésus, où il était resté jusqu'à onze ans. Puis, trop grand et n'ayant pas été adopté, il fut transféré aux pupilles de la nation. Pour Simon ce ne fut pas un grand changement, les sœurs étaient remplacées par des surveillants masculins et au lieu d'être avec une vingtaine de marmots, il était avec une cinquantaine d'adolescents entre son âge et dix-huit ans. Et à la place d'une vielle maison réaménagée, il se trouvait maintenant dans une espèce de caserne grise, qu'ils appelaient quand même "la maison". Mais pour l'essentiel, c'était la même nourriture, la même discipline et les mêmes habits de la charité publique.
La première année, les nouveaux arrivants étaient gardés dans la "courette", en observation. Il n'étaient que cinq, à son arrivée. Une année morne, sans rien de spécial. Quelle observation pouvaient-ils faire sur eux, il ne le comprenait pas vraiment. Il avait hâte d'être admis dans la grande maison : il y avait là tant de monde qu'il pourrait même peut-être y trouver un ami. Il regardait par la grille la grande cour où les autres jouaient au ballon, bavardaient en petits groupes, il les entendait rire et il les enviait. Et les quatre autres nouveaux lui semblaient moroses, renfermés et silencieux.
Enfin, à douze ans, il fut transféré à la grande maison, avec tous les autres.
Un surveillant, un homme de la trentaine, avec une moustache tombante et de petites lunettes rondes, l'amena à son dortoir, lui montra son lit et le présenta aux autres : "Voici Simon Canard. A partir de ce jour, c'est un de vos compagnons de chambrée. Expliquez-lui les règles et veillez à ce qu'il ne pose pas de problème. Voici Vincent, le chef de ta chambrée. Tu devras lui obéir en tout et sur tout, c'est compris ?"
"Oui monsieur." Dit Simon, obéissant, en étudiant ce chef : c'était un garçon de seize ans, visiblement costaud et qui le regardait avec un sourire plein de suffisance. Simon avait appris tout petit à dire "Oui, ma sœur", et il lui suffisait maintenant de passer à "Oui, monsieur". Obéir était la meilleure façon de ne pas avoir de problèmes. Les adultes semblent vraiment apprécier ceux qui obéissent.
Le surveillant parti, Vincent lui expliqua les règles du dortoir et de la maison, les horaires et d'autres choses. Simon avait un don : une grande mémoire : il comprit et mémorisa tout. Puis Vincent lui fit faire le tour de la maison, lui montra le réfectoire, les douches, les toilettes, la salle de récréation...
A l'heure du déjeuner, il alla prendre avec les autres sa gamelle et fit la queue pour se faire servir. En mangeant il observa les autres : dans l'ensemble ils lui semblèrent sympathiques. Vincent avait l'air respecté parmi les chefs de chambrée, bien qu'il soit un des plus jeunes. Il avait des manières brusques et décidées et un regard dur.
Après le repas, Vincent fit signe à Simon. Il devina qu'il l'appelait et il alla vers lui.
"Viens." Dit-il en s'éloignant à grands pas. Il l'emmena à une salle dont tous les murs étaient pleins de grandes armoires et avec, dans un coin, une pile de matelas. "Ceci est la garde robe. Ici ne peuvent entrer que les chefs avec un garçon de leur choix pour les aider, c'est clair ? Toi, seul ou avec un autre garçon, tu ne dois jamais entrer ici."
"Je dois t'aider ?" demanda Simon prévenant.
"Oui, bien sûr. Sors-moi la."
"Quoi ?" demanda-t-il sans comprendre.
"Ma bite, mon zguèg, ma quéquette, ou va savoir comment tu appelles ça." dit-il en le regardant, l'air contrarié.
Simon comprit, il savait ce qu'était une quéquette. Il était un peu surpris par la demande, mais il obéit. Il approcha du chef et commença à lui ouvrir la braguette. Mais pourquoi voulait-il qu'il lui sorte la quéquette dans la garde-robe ? Mais un petit ne devais jamais poser de questions à un grand, c'était déjà comme ça avant.
Quand il la sortit, il la regarda, fasciné, comme hypnotisé : il n'en avait jamais vue de si grosse, ni surtout entourée de tant de poils châtain. Avant, entre eux, à l'abri des sœurs, parfois ils se regardaient et il était un de ceux qui avait la plus grande, au moins quand il était parti, mais il n'avait pas de poils. Et autre chose l'étonnait : maintenant qu'elle était dehors, elle grandissait et durcissait. La sienne aussi durcissait parfois, mais elle restait plus ou moins de la même taille.
"Lèche-la." Dit alors Vincent décidé.
Simon le regarda : il ne plaisantait pas, il était sérieux. Il obéit : il se pencha et y passa la langue. Quelle chose étrange. Mais si le chef le demandait, il devait avoir ses raisons.
"Et alors ? Continue à me la lécher, lèche bien, en entier, et t'arrête pas, idiot !"
Simon obéit encore. Mais la quéquette palpitait et frétillait comme un poisson hors de l'eau et lui échappait sans cesse, alors il la prit en main pour la tenir fermement et recommença à lécher. Ça lui faisait une sensation plaisante de tenir en main cette espèce de petite anguille vive et chaude et, à présent, il la sentait frémir sous sa langue, ça lui donnait aussi une sensation agréable. Mais pourquoi le chef lui avait-il demandé une telle chose ? Cela avait-il un sens ? Un but ? Simon ne comprenait vraiment pas.
Après qu'il l'ait léché un moment, Vincent lui donna un autre ordre : "Maintenant, suce-la. Prends-la en bouche et suce. Ne me fais pas sentir les dents, imbécile. Et bouge la langue. Comme ça. Bouge la tête comme ça, pendant que tu suces." Dit-il. Et il lui prit la tête entre les mains et lui imprima un mouvement de va et vient.
Simon n'était pas à l'aise et il se demandait combien de temps allait durer cette chose étrange. Sentir ce bout de chair dans sa bouche était marrant, même plaisant, mais fatigant.
Il s'aperçut d'une espèce de changement chez Vincent : il respirait plus fort, comme quand on court, et sa grosse quéquette frétillait plus fort qu'avant.
"Je vais venir..." dit-il, et sa voix aussi avait changé.
Simon s'arrêta et demanda étonné : "Où ?"
"Dans ta bouche, crétin. Suce, n'arrête pas si tu ne veux prendre une raclée, suce !"
"Venir dans ma bouche ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? Parle français, je ne comprends rien !"
"Bientôt, un lait blanc va sortir de mon zguèg, et tu boiras tout. C'est clair maintenant ?"
"Du lait ? Mais c'est la pisse qui sort par là..." dit le garçon inquiet et dégoûté.
"Mais non, idiot. Il sort une crème blanche quand je jouis. Mais suce, maintenant et ne t'avises pas d'arrêter encore. Allez !"
Simon recommença, hésitant. Il n'avait jamais entendu dire que du lait ou de la crème blanche sortait par là. Vincent serait différent ? Mais il avait l'air normal. A part sa quéquette géante. De toute façon il ne lui restait qu'à obéir, voir ce qui allait se passer et espérer que ce n'était pas un mensonge.
Il se mit à sucer vigoureusement. Le 'zguèg', comme disait Vincent, se remit à frémir. Ça amusa un peu Simon. Un autre soubresaut, il avait l'air plus ferme et plus gros qu'avant et maintenant Vincent haletait comme s'il se sentait mal, mais Simon n'osait pas s'arrêter.
Le chef lui saisit la tête entre les mains et plongea son zguèg à fond et il sentit quelque chose en jaillir et glisser droit dans la gorge, ce qui lui donna envie de vomir, pas à cause du goût qu'il ne sentait pas, mais parce que ça lui chatouillait les amygdales.
Quand Vincent eut fini, il le laissa partir et Simon s'éloigna de ce sexe qu'il regardait inquiet. Sur le bout, luisant de sa propre salive, était apparue une perle blanche, opalescente : "non, ce n'était pas de la pisse" pensa-t-il, soulagé.
"Lèche-le, nettoie-le bien !" ordonna le chef.
Simon obéit en hésitant à peine. Et il sentit le goût de ce qu'il lui avait versé dans la gorge : c'était un goût qu'il n'avait jamais senti, ni bon ni mauvais. Ce n'était pas du lait, ni de la crème, ni heureusement ce qu'il avait craint...
"C'est quoi ?" demanda-t-il alors.
"C'est la purée, celle qui vient quand on jouit. Mais tu ne sais vraiment rien, toi ? Tu ne gicles pas encore ?" demanda Vincent en remettant son sexe dans son slip.
"Non, non, je n'avais jamais vu rien de tel."
"Mais tu te pignoles pas ?
"Quoi ?"
"Tu te branles pas ? Tu te la... Bordel, mais t'es vraiment né de la dernière pluie ! Sors-la, allez !" dit-il d'un air suffisant.
Simon obéit. L'autre sourit en voyant sa taille.
Il la prit en main et commença à le masturber : "C'est ça, se pignoler. Et quand tu seras assez grand, en faisant ça tu jouiras et à toi aussi il te sortira la purée et ça voudra dire que tu commences à devenir un homme, c'est clair ?"
Simon se dit que c'était agréable, ce qu'il lui faisait et quand Vincent arrêta, il regretta presque.
"Rentre-la, maintenant. Ce que je t'ai fait s'appelle une branlette. Ce qu'on a fait avant, c'est une pipe en avalant. Et il y a autre chose qui s'appelle foutre."
"Et c'est quoi, foutre ?"
"C'est quand on te met la bite dans le trou du cul. Celui qui te fout te jouit dans le cul, au lieu de la bouche. Mais si moi je te la mettais dans le cul, je te ferais saigner, vu que tu es certainement vierge et que j'en ai une grosse. Alors c'en sera un autre qui te foutra le premier, au moins tant que tu n'es pas habitué. Je donnerai sans doute l'autorisation à Daniel de te foutre. Rappelle-toi bien, Simon, les garçons de ce dortoir, s'ils te demandent de leur faire une pipe, tu peux le faire, mais ceux des autres dortoirs, non : ils doivent me demander d'abord. C'est clair ?"
"Oui..."
"Et pour te foutre, même les garçons du dortoir doivent avoir mon autorisation. D'accord ? Si je ne donne pas la permission, tu ne dois te laisser foutre par personne, c'est clair ?"
"Et les... branlettes ?" demanda Simon, qui voulait tout savoir sur ces étranges activités.
"Ça, avec qui tu veux. Fais juste attention de ne pas être vu par les surveillants, sinon c'est le cachot de discipline et vingt coups de bâton, la première fois. Tu dois faire attention aux surveillants, c'est rien que des étrons merdeux."
Et voila comment Simon fut sevré.
L'acte deux vint deux jours plus tard : Vincent l'appela pendant la récréation et lui dit d'aller avec Daniel et de faire tout ce qu'il lui dirait.
Daniel était un garçon de quatorze ans, grand et maigre, avec de grands yeux, une grande bouche qui affichait toujours un grand sourire, des cheveux châtain foncé avec la raie au milieu. Sympathique. Daniel le conduisit dans le cagibi à balais et ferma la porte du dedans.
"Tu fais ce que je dis et tu ne parles pas : il ne faut pas qu'on nous entende de dehors. C'est clair ?" chuchota-t-il.
"Oui, Daniel..."
"Descend ton pantalon et ton slip... A présent appuie-toi contre le mur et pousse ton cul en arrière..."
Simon comprit que Daniel devait le foutre, comme avait dit le chef. Il prit la position demandée. Daniel lui mouilla le trou avec de la salive : c'était une sensation étrange. D'un doigt, il l'astiqua un moment, puis il sentit le garçon se plaquer contre son dos et, au lieu du doigt, il sentit autre chose : ce devait être sa bite. Il aurait voulu la voir, mais il resta immobile et attendit. Daniel commença à pousser et il se sentit s'ouvrir. Il ressentit une petite gêne, comme la fois où la sœur lui avait fit un clystère. Il se souvint que le clystère était moins pénible quand il se détendait, et il chercha à le faire. Et Daniel glissa tout en lui. Puis il le prit par la taille et commença à bouger d'avant en arrière. Et la quéquette de Simon se dressa. La sensation était légère, agréable. La gêne initiale avait presque disparu.
Après s'être un peu agité en lui, Daniel jouit. Il resta immobile un instant, puis se retira. Alors Simon se tourna : Daniel en avait une plus grosse que lui, mais beaucoup moins que Vincent. Il la nettoyait avec son mouchoir.
"Rhabille-toi, allez. Retournons avec les autres. Si on voit un surveillant et qu'il demande où on était, tu dis au cabinet. Et tu n'y es pas allé avec moi, c'est clair ?"
"Oui." Répondit Simon en finissant de reboutonner son pantalon.
Ils sortirent et retournèrent en salle de récréation avec les autres. Aucun surveillant ne semblait avoir remarqué leur absence.
Pendant près d'un mois, Simon fut foutu par Daniel et suça Vincent et quatre ou cinq autres garçons de la chambrée. Il comprit que Vincent foutait régulièrement un garçon de quatorze ans, Pierre, et que Daniel était foutu par un garçon de dix-sept ans, Marcel. Et il semblait que plusieurs des garçons de la chambrée se suçaient entre eux.
Parfois, Simon essayait de se masturber, mais le plaisir était faible et il n'arrivait rien, alors il s'arrêtait après un moment.
Ils prenaient une douche par semaine et Simon en profitait pour comparer les sexes de ses copains. Vincent et Marcel avaient les plus gros. Les plus petits, c'étaient lui et Philippe, un garçon de treize ans. Et il lui semblait que la hiérarchie de la chambrée était réglée exactement sur la taille de la quéquette.
Quand Simon avait treize ans, il eut son premier orgasme, juste quelques gouttes, mais lui aussi à présent produisait le liquide blanc. Il était ému : il devenait un homme ! Et en plus, le léger plaisir qu'il éprouvait avant en faisant ces choses du sexe, découvrit-il, augmenta énormément. Il avait appris à "jouir". Et si avant il se prêtait à ces jeux par seul souci d'obéissance, il le faisait désormais aussi pour son propre plaisir. Il était toujours le "petit" de Daniel, comme ce dernier était celui de Marcel. Vincent avait aussi autorisé deux autres garçons à le foutre deux ou trois fois. Mais Simon, maintenant qu'il y prenait du plaisir, voulait aussi essayer le membre de Vincent autrement qu'en bouche. Alors un jour il le lui demanda.
"Tu veux que je te mettes ?" lui demanda Vincent amusé. "Tu crois que tu peux la prendre sans problème ?"
"Oui, chef, s'il te plait, mets-la moi..."
"D'accord. Je te mets à la corvée de bois. J'irai te mettre là-bas, c'est un endroit sûr."
Simon, en coupant les bûches avec Jean et Michel, attendait l'arrivée de Vincent le costaud, avec sa belle bite de dix-huit centimètres.
Michel, le petit de Jean, ricanait pendant que Jean lui palpait le cul et lui disait qu'il aimerait le mettre pendant qu'il suçait Simon. "Qu'en dis-tu, Simon, on le met par chaque bout ? On l'embroche comme un poulet ?"
L'idée plaisait bien à Simon, mais pour l'instant il était tout à l'idée que sous peu, il aurait la belle bite du chef... A moins que, pensa-t-il... pourquoi pas tout ça en même temps ? Il le dit à Jean qui accepta tout de suite la proposition. Quand Vincent arriva, Jean lui proposa une partie à quatre. Vincent accepta amusé.
Il firent Michel se mettre à quatre pattes et sucer Simon, Puis, alors que Jean, à genoux derrière Michel avait déjà commencé à le mettre, Vincent, debout derrière Simon, se mit à s'activer sur son petit cul. Simon se sentit s'élargir : il en avait vraiment une grosse, le chef ! Il se sentit envahir, remplir et il éprouva un plaisir intense sous la double sollicitation qu'il recevait. Et puis la vue de Jean qui prenait Michel avec enthousiasme l'excitait encore plus. Vincent, complètement en lui, commençait à bouger d'avant en arrière à grands coups, lents mais puissants, dont chacun poussait le bassin de Simon en avant et envoyait son sexe bien au fond de la bouche de Michel.
"Ouaaah, c'est trop bon !" Murmura Simon excité.
"Ça te plait, petit cochon ?" demanda Vincent, amusé, en redoublant la vigueur de ses coups.
"Oui, tu as le chef des zguègs !" dit-il, l'air ravi.
Ces quatre corps d'adolescents, dans leur recherche du plaisir, bougeaient de façon parfois presque en rythme, parfois désordonnée, et Simon sentit que Vincent approchait rapidement du sommet de son plaisir. Son excitation monta d'un cran. Puis d'un autre quand il vit que Jean était sur le point de jouir. C'est Jean qui jouit le premier, avec de grands coups dans les fesses de son "petit", en le poussant vers Simon. Peu après ce fut Vincent, qui serra Simon contre lui et s'enfonça en lui de toutes ses forces et déchargea, alors Simon aussi se laissa partir, bien au fond de la gorge de Michel. Michel, qui se masturbait aussi, jouit le dernier, peu après, lâchant son maigre sperme sur le sol bétonné de la réserve de bois.
Ils se rhabillèrent. Vincent demanda à Simon : "Alors, tu es satisfait ?"
"Ça a été d'enfer !" dit Simon béat.
"Toi aussi tu me plais. Tu es encore étroit et tu bouges bien, quand je te prends. Daniel a été un bon maître. Je crois bien que je te prendrai encore, Simon."
En fait, Vincent laissa Pierre et fit de Simon son "petit". C'est à dire qu'il le prenait plusieurs fois par semaine, presque tous les jours. Simon était content cette bite très respectable lui donnait bien plus de plaisir que celle de Daniel, qu'il trouvait maintenant trop petite.
Pierre était jaloux de Simon : avoir perdu l'attention sexuelle du chef le vexait, plus pour la perte de prestige qu'autre chose. Il ne pouvait rien contre Simon qui, étant le petit du chef, était intouchable, mais il voulait se venger. Alors un jour où il avait vu Simon, en récréation, repartir dans une salle de classe avec François, il alla les dénoncer à un surveillant. Les deux garçons se suçaient l'un l'autre quand ils entendirent les pas du surveillant. Ils remirent vite leur caleçon et François, leste, sauta par la fenêtre et descendit grâce aux restes d'une vieille glycine morte - ils avaient choisi la salle à cause de cette sortie de secours. Simon sauta s'asseoir à un banc, les bras croisés et la tête posée dessus, comme s'il dormait.
Juste à temps : le surveillant entrait. Il s'approcha, le secoua et lui demanda : "Où est François ? On m'a dit qu'il était avec toi."
"Hein ? Qui ? Je ne sais pas... je me suis endormi... je n'ai vu personne..."
"Tu sais que c'est interdit de rester en classe pendant la récréation, non ? Tu connais le règlement, non ?"
"Oui, monsieur. Mais j'étais fatigué et... je suis désolé, monsieur..."
"Et bien tu es puni : ce soir, la corvée de chiottes, c'est pour toi. C'est clair ? Mais c'est qu'il faut que tu apprennes à obéir."
"D'accord, monsieur..." dit le gamin, profil bas, bien content de l'avoir échappé belle.
Mais il avait aussi compris aux mots du surveillant que quelqu'un avait cafardé. Ce qui n'était jamais arrivé avant. Dès qu'il vit Vincent, il lui raconta. Vincent fut furieux. Il chercha à savoir qui était le cafard et, peu à peu, il sut que Pierre avait été vu parler au surveillant qui était monté vérifier ce qui se passait dans la classe. Et Pierre, Vincent le comprit alors, avait des raisons de se venger de Simon.
Alors le soir, après le dîner, tandis que Simon allait nettoyer les toilettes, Vincent, Marcel et deux autres garçons attirèrent Pierre à la buanderie au sous-sol où, après lui avoir baissé pantalon et slip, ils lui donnèrent d'abord vingt coups de ceinture cul nu, puis le prirent tous quatre l'un après l'autre. Pas satisfait pour autant, Vincent déclara Pierre "putain de tous" pour trois mois. C'était la peine capitale entre les garçons, presque jamais prononcée, tous pouvaient se faire Pierre sans demander la permission au chef de chambrée, même les garçons des autres dortoirs.
Pendant les récréations, on ne vit presque plus Pierre : tous les jours il y avait la queue pour profiter de ses services. Dès qu'il en avait satisfait un, le suivant à avoir envie de baiser arrivait. Même Simon y alla, c'était sa première expérience du rôle de celui qui prend. Il trouva ça agréable, même si ça ne valait pas être pris par son Vincent.
Après deux mois, Vincent lui pardonna et le fit devenir le "petit" d'un nouvel arrivé, Serge, un paysan de seize ans, subitement devenu l'ami du chef.
Entre temps la guerre avait été déclarée à l'Allemagne et à l'Italie. Marcel s'était porté volontaire. Simon le trouva beau, dans son uniforme, quand il passa saluer tous ses ex copains, et il éprouva une envie certaine pour Marcel : lui, au moins, sortait de l'orphelinat. Il allait connaître le Monde. C'était un adulte, désormais.
Non que Simon soit malheureux d'être là, après tout il n'avait pas d'autre expérience pour comparer. Mais parfois il regardait par la fenêtre de la maison les gens qui passaient dans la rue et rêvait du jour où il pourrait sortir.
Quelques fois, surtout à Noël, à Pâques et à la Toussaint, les dames patronnesses venaient leur apporter leurs vieux vêtements, des cahiers et quelques gâteaux faits à la maison. Elles étaient bien habillées, avec un sourire permanent sur leur visage poudré. Avec elles il y avait aussi un vieux curé qui à chaque fois faisait un sermon édifiant. Simon se demandait alors comment ce serait d'avoir une mère comme une de ces dames. De mettre les habits qu'elles apportaient, mais neufs. D'avoir une belle maison, comme sur les photos des magasines...
Certaines étaient drôles, avec leur chapeau à la mode. Certaines étaient aimables. Peut-être que sa mère ressemblait à une de ces femmes ? Ou bien n'était-ce qu'une servante ? Pourquoi n'avait-elle pas voulu de lui ? Simon se posait ces questions, mais presque seulement quand les dames patronnesses venaient. Le reste du temps il n'y pensait pas. Il était 1né de parents inconnus, point à la ligne. Et il se demandait rarement qui pouvait être son père. Parmi le personnel de la maison et les surveillants, il n'y avait personne dont il aurait voulu comme père.
Et puis, pensait-il, on ne fait pas un enfant rien que pour le jeter. Lui n'aurait jamais d'enfant. En plus, contrairement à certains des copains qui parlaient sans cesse des filles, elles ne lui disaient vraiment rien. Il préférait son Vincent. Et sa façon de le prendre. Vincent non plus ne s'intéressait pas aux filles, il n'en parlait jamais. Et pour ça aussi, il plaisait à Simon.
Quand René, un garçon de douze ans, fut affecté à leur dortoir, Vincent le sevra puis l'assigna à Simon, comme "petit". Quand Simon le pénétra et le baisa, il fut ébahi de voir qu'après le garçon avait des larmes plein le visage.
"Je t'ai fait mal ?" demanda Simon en se disant que si son sexe était grand, il n'était pas encore comme celui de Vincent.
"Non..."
"Alors, pourquoi tu pleures ?"
"Parce que... au collège où j'étais avant... c'était le fils du cuisinier qui me faisait ça... et il me manque..."
"Ce n'est pas la première fois ?" demanda Simon stupéfait.
"Non. J'avais onze ans quand Louis m'a pris. J'aimais bien Louis. Il m'embrassait et me disait que j'étais son amant. Et il me caressait. C'était agréable, avec Louis."
"Il t'embrassait ?" demanda Simon ébahi, ils ne faisaient jamais ça, ici.
"Oui, bien sûr."
"Et c'était bon ?"
"Oui."
"Pourquoi ?... Essaie de m'embrasser."
Le garçon s'approcha de lui. "Mais tu me serres et tu me caresses le corps..."
Simon fit ce qu'il demandait et René l'embrassa sur la bouche, en bougeant la langue. Cela plut à Simon : c'était comme boire une gorgée d'eau fraîche.
"La prochaine fois, on s'embrasse." Promit-il au petit.
René lui fit un sourire timide et demanda : "Alors, tu fais de moi ton amant ?"
"Oui." Répondit Simon en se demandant la différence entre un amant et un petit. Peut-être bien les baisers ?
La fois suivante, Simon commença à l'enlacer et à l'embrasser. C'était agréable, excitant. Il lui ouvrit le pantalon et le lui descendit et essaya de le faire se tourner, mais René lui dit : "Attends, avant je te suce, je te prépare comme je faisais à Louis... mais toi, pendant ce temps, caresse-moi le corps..."
Simon fit comme il demandait. L'excitation était plus grande que d'habitude. Ce petit était doué, plus que bien des grands d'ici, pensa Simon avec plaisir. Après l'avoir sucé un moment, René se leva, se tourna et s'offrit : "Maintenant..." dit-il à voix basse mais d'un ton excité.
Simon le prit. Il la lui enfila et René frotta son petit cul contre son bassin. "Caresse ma poitrine et ma quéquette, pendant que tu me fais l'amour, s'il te plait." Dit René.
Simon se laissait guider par le garçon et il se rendait compte que, en suivant ses conseils et ses demandes, faire l'amour avec lui était vraiment bon. Il était chaud. Et passionné. Il avait une grande envie de prendre du plaisir et d'en donner. Pendant que Simon glissait d'avant en arrière dans son petit cul doux, il se sentait presque adulte, l'homme qui prend du plaisir avec son garçon. Oui, maintenant il comprenait la différence entre un petit et un amant. Et il pensait que René était son amant. Il le lui dit.
"Oui..." répondit-il en gazouillant de plaisir, heureux aussi de la façon dont son nouvel 'amant' le prenait.
Et Simon, pour la première fois, pensa au garçon qu'il prenait comme à quelqu'un à faire jouir, et pas seulement dont jouir.
Ils devinrent inséparables et Simon, pour la première fois, se sentit amoureux. Et c'était une sensation très agréable. Bien sûr, il aimait encore beaucoup être pris par Vincent, qui continuait à le vouloir pour lui et le prenait toujours avec les mêmes plaisir et vigueur. Il aimait toujours se sentir enfilé et fourré par la grosse bite de Vincent, à grands coups vigoureux. Mais maintenant Simon sentait bien que c'étaient deux choses distinctes : avec Vincent ce n'était que de la baise, très bonne, plaisante, mais que de la baise. Avec René c'était vraiment faire l'amour. Et le garçon, bien que pas très mur, était vraiment excitant.
Simon devint jaloux de René et il finit par demander à Vincent de n'autoriser René qu'à être à lui seul. Vincent, qui avait un faible pour Simon, le lui accorda.
Simon était heureux. Somme toute, la vie à la maison n'était pas si mal, maintenant qu'il avait un amant rien que pour lui et qui l'adorait. René se mettait en quatre pour lui : toujours prêt à lui faire plaisir, à lui rendre de petits services, comme faire son lit ou sa lessive. Certains se moquaient de lui en disant qu'il était la soubrette de Simon. Le garçon souriait, comme si c'était un compliment, haussait les épaules et ne répondait pas. Pour lui, il lui suffisait d'avoir trouvé un nouvel amant.
Les garçons jouaient dans la cour quand éclata le premier bombardement. Soudain, fort et inattendu. Des sifflements, des explosions, de la poussière et des débris. Il ne dura que le temps du passage des trois avions ennemis qui ne firent pas demi-tour : ils allaient ailleurs et avaient juste lâché quelques bombes en passant. Peu, en fait. Mais assez pour réduire la moitié de l'orphelinat à un tas de ruines misérables et fumantes.
Simon, dès qu'il fut certain que c'était fini et qu'il était sain et sauf, chercha des yeux son René. Il ne le vit pas. Il courut alors vers les ruines en l'appelant. Des corps tombés, désarticulés comme de vieilles poupées de chiffons jetées. Des copains, quelques surveillants...
Et il vit René : une tâche rouge sur la chemise blanche trop grande pour lui, immobile. Il se jeta sur lui, le prit dans ses bras en l'appelant plusieurs fois. Il était encore chaud, mais inanimé. Il ne répondit pas. Il comprit qu'il était mort.
Simon le serrait contre lui, pleurait et l'appelait, et il se sentait complètement perdu : il aimait ce petit, il l'adorait et il était mort. Il sentit une main forte se poser sur son épaule.
C'était Vincent : "Simon... Il n'y a plus rien à faire. Laisse-le... Viens, il n'y a plus rien à faire, viens..."
"Où ?" demanda-t-il, la voix cassée par les larmes.
"Ailleurs. Que pouvons-nous faire, ici ? Allons-nous en... loin."
Simon, après avoir posé un baiser sur son visage exsangue, reposa délicatement le corps de son garçon, se leva et suivit Vincent. Ils sortirent à travers une brèche ouverte dans le mur d'enceinte écroulé. Des gens courraient vers l'orphelinat, mais personne ne sembla remarquer les deux garçons qui marchaient dans l'autre sens. Ils sortirent du village.
"Paris doit être dans cette direction..." dit Vincent à Simon qui le suivait comme abruti, en silence.
CHAPITRE 2
Didier le Juif
"Ça me dit pas d'aller à Paris..." dit Simon le lendemain, après qu'ils aient passé la nuit derrière une haie, "Vas-y si tu veux... moi... ça ne me dit rien d'aller à Paris"'
"Pourquoi ?" demanda Vincent stupéfait, "A Paris il y a ... tout."
"Ça me dit pas. Vas-y. Moi... je vais par là." Dit-il en indiquant une route qui partait en fourche de celle où ils marchaient.
"Il y a quoi, par là ?" demanda Vincent.
"Je ne sais pas. Peu importe. Mais je vais par là."
"Comme tu veux. Mais d'après moi, tu as tort."
"Bonne chance, Vincent."
"Bonne chance, Simon."
Les deux garçons semblèrent hésiter un instant, comme s'ils voulaient dire autre chose, puis ils partirent sur les deux routes divergentes, sans se retourner.
Simon marcha plusieurs heures. Il repensait au corps inanimé de René et il se demandait pourquoi il avait dû mourir. Il avait pile deux ans de moins que lui, tout juste douze ans. Et il était son amant.
Il arriva à Rouen. Il marcha dans les rues jusqu'à ce que, fatigué, il décide de s'asseoir sur le rebord d'une fontaine. Il se désaltéra et regarda autour de lui. Il ne savait pas quoi faire, ni où aller. Peut-être aurait-il mieux fait d'aller avec Vincent, mais maintenant... Les rares passants pressés semblaient à peine le voir, au mieux ils lui lançaient un coup d'œil rapide. Simon commençait à avoir faim. Il but encore un peu d'eau, dans l'espoir de calmer sa faim.
Il vit arriver un garçon. Il devait avoir dix-neuf ans. Il s'assit pas loin de lui et le salua d'un signe. Puis il sortit de sa besace une miche, un couteau, un saucisson et il se mit à manger, tranche après tranche, de bon appétit. Simon le regardait les yeux pleins d'envie.
L'autre s'en aperçut : "Tu en veux ?" demanda-t-il en lui tendant une tranche de pain et du saucisson.
"Merci..." dit Simon et il mangea rapidement à ça lui parut très bon.
L'autre le regardait dévorer cette maigre pitance. "Tu as faim, hein ? Tu n'as pas mangé depuis quand ?"
"Avant-hier..."
"Comment tu t'appelles ?"
"Simon ?"
"Et ta famille ?"
"Je n'en ai pas."
"La guerre, hein ?" dit-il avec un sourire triste.
"Non, je ne sais pas qui sont mes parents. Ils ont bombardé l'orphelinat et j'ai fui."
"Moi aussi je suis tout seul, mais moi c'est la guerre. Tiens, mange encore..." dit-il en lui donnant encore du pain et du saucisson. "Je m'appelle Didier..."
Simon mangeait content, plus calmement qu'avant, maintenant il savourait. L'autre le regardait.
"Si tu es tout seul, Simon, pourquoi tu ne viens pas avec moi ?"
"Où ?"
"Partout et nulle part. Au hasard."
"Ça me dit bien. C'est pile là où je voulais aller moi aussi..." dit-il en souriant.
L'autre rit. Et sa façon de rire lui plut : sa bouche s'ouvrait en demi-lune, découvrant toutes les dents du haut, et les coins de ses lèvres se pliaient vers le haut, ses yeux se réduisaient à deux fentes et brillaient.
Puis Didier lui demanda : "Tu n'as rien pour te changer ?"
"Non, pourquoi ?"
"Et bien, ta chemise est tâchée de sang... et puis tu n'es pas bien habillé..."
"C'est les seuls habits que j'ai. Et ça, c'est le sang de René... de mon René... Il avait douze ans..."
"Vous vous aimiez bien ?"
"On était amants..." dit Simon avec simplicité.
"Amants ? Tu veux dire..." dit Didier en le regardant interrogatif.
"Qu'il était mon petit ami. Qu'on faisait l'amour." Expliqua Simon avec naturel, d'un ton triste.
Didier ne dit rien un moment. Puis il dit : "Il faut qu'on te trouve de meilleurs habits"
"Et comment ?"
"Il suffit de chercher une maison vide. Des tas de gens se sont éloignés de la ville par peur des bombardements mais ils ont presque tout laissé dans ces maisons et de temps en temps ils reviennent chercher ce qu'il leur faut. On entrera de nuit et, avec de la chance, on trouvera quelque chose qui t'ira bien."
"On vole les habits?" demanda Simon.
"Oui, bien sûr. Je vis comme ça depuis près de six mois. Pour manger aussi. D'habitude les celliers sont pleins. Le pain, les fruits et la nourriture fraîche, on se le procure autrement : on trouve quelque chose qu'on peut vendre et avec l'argent on achète à manger."
"Mais comment on fait pour entrer ? Ils doivent fermer tout à clé, non ?"
"J'ai appris à ouvrir les serrures. Et aussi à les refermer en sortant, alors ils ne se rendent pas compte tout de suite qu'ils ont eu de la visite. Et parfois je peux revenir, surtout pour les provisions. Mais je ne reste jamais trop longtemps dans le même coin, dans la même ville. Ça peut devenir dangereux. Quelques fois j'en profite pour dormir dans un lit."
"Et s'ils reviennent pendant la nuit ?"
"Non, ils ne viennent jamais la nuit, c'est trop dangereux. Je m'enferme dans des maisons abandonnées, où ils ont presque tout enlevé, et il y a peu de chance qu'ils reviennent. Ici, à Rouen, par exemple, je vais toujours dormir dans une maison pas loin d'ici. Il y a un lit, on dirait celui d'un prince : grand, doux, à baldaquin. On y dort très bien. Ce soir on ira y dormir, tu verras."
"D'accord. On fait quoi d'ici ce soir ?"
"C'est la première fois que tu viens à Rouen ?"
"Oui. C'est la première fois que je sors de l'orphelinat."
"Alors viens, je te fais visiter la ville. Mais enlève ta chemise. Ces tâches de sang..."
"Mais... et je reste en maillot de corps ?"
"Oui, c'est mieux comme ça..."
Simon enleva sa chemise, la roula en boule et la garda en main. Puis il dit à Didier : "Tu peux me donner encore un peu de pain et de saucisson ? J'ai encore faim..."
Didier rit, coupa une autre tranche de pain et prépara un sandwich généreux : "Ça te va, comme ça ?"
"Oui, merci." Dit Simon et il mordit à pleines dents.
Ils se promenèrent. En chemin ils entrèrent dans une église. Didier en profita pour ouvrir un tronc et prendre l'argent qui y était.
"Didier ! Voler dans une église c'est pas bien !" chuchota Simon avec une trace de peur dans la voix.
"C'est de l'argent que les gens ont donné pour les pauvres et tous les deux on est des pauvres, on n'a rien. Alors ce n'est pas voler."
"Ah oui..." dit Simon, convaincu et rassuré.
"Que fais tu, tu pries ?"
"Oui, pour René..."
Didier attendit en silence. Puis ils sortirent. Quand ils furent loin de l'église, Didier compta l'argent et en donna la moitié à Simon : "Tiens, ça c'est à toi."
"Mais c'est toi qui l'as pris..."
"Si on est ensemble, on partage tout en deux, non ?" dit Didier en guise d'explication.
Ils se baladèrent jusqu'au coucher du soleil. Puis à travers les rues obscures, Didier le guida vers la maison où il dormait. Ils se glissèrent derrière une haie où le grillage avait été habilement défait et entrèrent dans le jardin.
Didier s'arrêta devant une porte, sortit de son sac une série de pinces, trifouilla quelques secondes et la porte s'ouvrit. "Bienvenu chez les Faucheron." Dit-il avec une révérence comique.
"Tu t'appelles comme ça ?" demanda Simon en entrant.
"Non, c'est le propriétaire qui s'appelle comme ça. Moi, je m'appelle Lévy."
"Tu es juif ?"
"Oui. Tu n'aimes pas les juifs ?"
"Non, non, je n'ai rien contre, je ne suis pas un nazi. Mais eux, s'ils te trouvent... Eux, ils vous haïssent."
"Je ne leur dirais jamais. D'habitude je dis que je m'appelle Leroy."
"Et pourquoi tu me l'as dit ?"
"Parce que j'ai confiance en toi."
"Alors je t'appellerai Leroy. C'est plus sûr..."
"Autant m'appeler Didier, non ?"
"Bien sûr."
Ils montèrent dans le noir, guidés juste par la petite lampe de poche que, après avoir refermé la porte de l'intérieur, Didier avait sorti de sa besace en y remettant les pinces.
Ils entrèrent dans une grande chambre. Et Simon vit le lit : il était imposant, tout en stuc, travaillé d'or et d'ivoire, avec des colonnes en spirales et des rideaux damassés à petites fleurs pâles sur fond bleu. Simon poussa un petit sifflement modulé.
"Il te plait ?" demanda Didier, presque fier.
"Putain ! Un lit comme ça j'ai vu ça qu'une seule fois, dans un livre de fables." Dit Simon médusé, les yeux écarquillés.
"Allez, on se met au lit. On doit partir à la première heure, on ne pourra pas dormir longtemps." Dit Didier et il enleva chemise et pantalon, restant en slip et maillot. Simon l'imita et monta sur le lit où Didier s'était déjà allongé en lui laissant de la place. Le lit était vraiment énorme et doux, un vrai rêve.
"Bonne nuit, Simon."
"...'ne nuit..." répondit-il en se détendant, béat.
Un peu après, Didier demanda à voix basse : "Tu dors ?"
"Non, pas encore."
"Je peux te demander quelque chose ?"
"Quoi ?"
"Tu ferais... tu le ferais, avec moi ?"
"L'amour ?"
"Oui... je l'ai jamais fait avec un garçon, mais... j'aimerais essayer avec toi... J'ai eu des filles, avant, mais depuis six mois j'ai plus que la branlette et... j'ai envie. Ça t'embête ?"
"Non. Tu me plais." Dit Simon et, en se tournant vers lui il se mit à le caresser entre les jambes.
Le sexe de Didier était encore mou, mails sous la caresse de Simon, il répondit tout de suite et durcit.
Simon le sentit de bonne taille et il en fut content. Didier courba le dos et enleva son slip. Simon s'accroupit pour lécher, dans le noir, le sexe de son nouvel ami. Lequel lâcha un gémissement de plaisir.
"Oh, Simon, que c'est bon ! Personne ne me l'avait jamais léchée. Les filles ne font pas ça."
"Nous, les mecs, si, par contre." Dit-il tout fier et il se remit à le lécher et à la sucer.
Il sentit que le gland était découvert et il se rappela que le maître avait dit que les juifs étaient circoncis. Il aurait aimé le voir à la lumière. Il le suça longtemps, y prenant un vrai plaisir, en le palpant et le caressant, en savourant la bonne odeur, content de sentir monter l'excitation de son ami.
Quand il le sentit frémir, il lui mit plein de salive, se mit à quatre pattes et dit : "Prends-moi, maintenant."
Didier se mit à genoux derrière lui, lui caressa le dos puis enfila son sexe droit entre ses petites fesses fermes. Simon mit une main pour le guider, parce que l'autre poussait à l'aveuglette. Et enfin, il le sentit entrer. Elle était grosse et dure comme celle de Vincent, elle lui plaisait. A la différence de Vincent, Didier poussait avec force mais sans à-coups et glissait en lui peu à peu, le dilatant agréablement.
Quand il fut tout en lui, Simon lui prit une main et la guida sur son propre sexe qui frémissait, tout raide. Didier comprit et se mit à le masturber en même temps qu'à le fourrer avec autant de vigueur que de délicatesse. Simon bougeait le bassin en expert pour accroître leurs plaisantes sensations à tous deux. Il entendit la respiration de Didier se faire plus forte, rauque, presque haletante et à ses mouvements plus décidés et il comprit qu'il atteignait l'orgasme. Alors il commença lui aussi à bouger les fesses avec plus de force, en pressant contre le ventre de Didier et en frétillant à chaque à fond, en resserrant le sphincter quand il se retirait, jusqu'à ce que Didier explose en lui dans un râle de plaisir et tremblant de tout son corps. Simon jouit avant qu'il n'ait fini de frémir en lui. Puis, comme au ralenti, ils se séparèrent et s'étendirent. Le matelas était trempé du sperme de Simon, mais bien assez grand pour qu'ils se couchent ailleurs.
"Merci, Simon... c'était si bon..."
"Autant qu'avec les filles ?"
"Différent, mais très bon. Ça m'a plu. Et à toi ?"
"Moi aussi. Alors, on le refera ?"
"Si tu veux, volontiers."
"Tu me prendrais dans tes bras, là ? Je voudrais m'endormir comme ça. Je n'ai jamais pu le faire et j'en ai toujours rêvé".
"Bien sûr. Viens ici." Dit-il gentiment, et il le serra contre lui et caressa doucement ses cheveux. Ils s'endormirent ainsi.
Simon sentit qu'on le secouait : "Ohé, Simon, on doit s'habiller, il est tard, c'est déjà l'aube." Disait Didier d'un ton pressant.
Des fenêtres fermées filtrait la lumière du jour. Didier ne portait que son maillot et Simon regarda entre ses jambes et vit son sexe circoncis. Il était beau.
Didier remarqua son regard et sourit : "Il te plait ?".
"Oui. J'ai cherché à l'imaginer, cette nuit. Il est beau."
"C'est aussi ce que disaient les filles que j'ai eu. Mais elles ne le suçaient jamais."
"Tu veux que, maintenant..." dit Simon en le caressant.
"Non, on n'a plus le temps. Ce soir, de nouveau."
Ils s'habillèrent et descendirent. S'assurant qu'il n'y avait personne, ils firent le parcours inverse jusqu'à la rue, et s'éloignèrent rapidement de la maison qui les avait accueillis.
"Ce matin j'ai envie de t'offrir un café." Dit Didier joyeux.
"On a peu d'argent."
"Bien assez pour un café, et puis je suis content et je veux fêter ça."
"Fêter quoi ?"
"De t'avoir rencontré. Et d'avoir fait l'amour avec toi."
"Alors ça t'a vraiment plu."
"Sûr ! Et tu es mon premier garçon. Et on est ensemble. Et tu me plais et j'espère qu'on deviendra vraiment des amis."
"Moi aussi." Dit Simon réchauffé par la chaleur de ces mots.
Ils allèrent à un café, s'assirent et prirent un café avec des croissants sortant du four.
"Que c'est bon ! C'est la première fois que je mange un croissant." Dit Simon, heureux.
Didier lui sourit tendrement : ce garçon lui plaisait de plus en plus. Surtout maintenant qu'il y avait eu un rapport physique entre eux. Il ressentait de la tendresse et il sentait qu'il devait le protéger.
Ils passèrent la journée à vagabonder. Didier cherchait à repérer les maisons vides, pour les visiter le soir, et il expliquait à Simon les indices qui montraient si ça valait la peine de tenter le coup.
Ils se partagèrent le reste de pain et de saucisson puis burent à une fontaine. Ils aidèrent un vieil homme à décharger sa charrette et gagnèrent ainsi un fromage entier que Didier mit dans son sac. Ils volèrent une chemise qui séchait à la fenêtre d'une maison, juste à la taille de Simon et ils quittèrent le quartier en hâte. Ils achetèrent une miche et volèrent des fruits, ils rirent et plaisantèrent et ils passèrent la journée ainsi.
Le soir, Didier dit à Simon dans quelle maison il pouvaient essayer d'entrer. Didier allait renoncer à ouvrir quand enfin la serrure se débloqua, et il entrèrent. Ils explorèrent, trouvèrent la nourriture conservée au cellier, des habits de rechange pour les deux, quelques petits objets de faible valeur mais vendables et mirent le tout dans deux grands sacs trouvés dans la maison. Quand ils choisirent les habits, Simon aurait voulu un beau complet, mais Didier lui expliqua qu'ils devaient chercher les habits les plus communs pour éviter que quelqu'un du coin puisse les reconnaître comme appartenant à quelqu'un de la maison qu'ils visitaient. Puis ils repartirent avec leur butin.
Rentrés à la maison au lit à baldaquin, ils se dévêtirent et se mirent au lit.
Didier prit Simon dans ses bras : "Tu as passé une bonne journée, mon ami ?"
Simon le caressait et se serrait contre lui : "Oui, mais j'attendais cet instant." Dit-il. Puis il demanda à voix basse : "Tu m'embrasses comme tu fais aux filles ?"
Didier ne répondit pas, mais ses lèvres cherchèrent celles de Simon, qui s'ouvrirent en accueillant sa langue. Et il se coucha sur lui et Simon sentit avec plaisir, à travers le tissus du slip, l'érection se réveiller et presser contre lui. Ils se caressèrent longtemps, en continuant à s'embrasser, puis Didier glissa sur le côté pour pouvoir e mettre nu. Et Simon aussi enleva slip et maillot à son ami, puis il s'accroupit et se mit à sucer le sexe déjà complètement dressé.
"Tu aimes ça, Simon ?" demanda-t-il en tremblant.
"Mmhm !" répondit-il la bouche pleine.
"Beaucoup ?" Demanda-t-il encore en le caressant.
"Mmhmmm !" répéta Simon en le faisant glisser dans sa bouche.
"Etends-toi..." dit Didier la voix rauque de plaisir, "moi aussi je veux essayer de te sucer."
Simon sentit ses mains le caresser doucement entre les jambes, puis sa langue lécher son sexe raide, d'abord presque timide, hésitante puis plus décidée et finalement les lèvres se refermèrent sur lui et Didier l'accueillit dans sa bouche chaude. Le sexe de Simon eut un violent sursaut et il râla. Ils se sucèrent l'un l'autre un moment, puis ils se détachèrent et recommencèrent à s'embrasser sur la bouche.
"Tu me plais, Didier."
"Toi aussi, Simon, tu me plais."
"Prends-moi, maintenant."
"Oui..." répondit Didier excité.
Simon, pendant qu'il se retournait entre les bras de son compagnon et se mettait en position pour se faire pénétrer, pensait que c'était bon de faire l'amour tout nu, et sur un lit doux, dans le calme.
Cette fois-ci, Didier le mit sur le côté et le prit en s'appuyant contre son dos. Dans le même geste, il tira contre lui le corps de Simon et poussa son sexe frétillant jusqu'à être entièrement en lui, alors il lâcha un soupir de plaisir et se mit à bouger d'avant en arrière et à lui toucher le sexe. Peu après, il se releva un peu sur l'épaule, et, tout en continuant à la pénétrer à fond, il put l'embrasser sur la bouche. Simon se laissait faire, docile et content et il répondit vite à la manœuvre, en ne pensant qu'à lui donner le plus de plaisir possible, comblé par le plaisir de Didier.
Il sentait le sexe raide et puissant de son compagnon lui limer l'anus dans un va et vient incessant d'avant en arrière et sa langue glisser dans sa bouche, douce et vigoureuse, et les mains de Didier couraient sur tout son corps, parfois délicates et parfois décidées, comme celles d'un artiste qui façonne la glaise en œuvre d'art. Et Simon, incapable de se retenir plus longtemps, jouit subitement et les contractions de son anus déclenchèrent l'orgasme de Didier qui déchargea en lui avec fortes poussées passionnées et forts gémissements.
Ils se détendirent, encore réunis. Puis Didier se retira lentement et s'étendit, fit Simon se tourner vers lui et le prit dans les bras.
En lui caressant les cheveux, il murmura : "Tu me plais vraiment, Simon. C'est bon de faire l'amour avec toi, parce que tu te donnes sans réserve. Tu me fais me sentir plus homme, et pourtant tu n'as rien de féminin. J'ignorais que ça pouvait être si bon entre deux garçons. Mais pourquoi donc dit-on que c'est mal ? J'aime tant te prendre." Conclut-il en l'embrassant.
Simon était content. Ces mots lui donnaient presque autant de plaisir que, peu avant, le sexe de Didier en lui. Et c'était bon, après l'amour, d'être entre ses bras. Il sentait son affection, même si ce n'étaient pas les mots qui la disaient.
"Tu es content d'être avec moi ?" lui demanda Didier.
"Oui, très. Tu me plais, et ça, ça me plait" Ajouta-t-il en gloussant et en caressant le sexe, maintenant au repos. "Et j'aime ta façon de m'embrasser, de me caresser et me prendre dans tes bras. J'aime vraiment tout, en toi, Didier."
"C'est bon d'être comme ça, après avoir fait l'amour. Les filles, elles, elles veulent se rhabiller tout de suite, comme si elles avaient honte. C'est bon de s'endormir comme ça. Et de se réveiller le matin et de te regarder, et de savoir que tu a été à moi et que tu m'appartiens." Dit Didier en le caressant.
Ils restèrent à Rouen quelques jours, puis partirent dans une autre ville. Ils vécurent ainsi, au jour le jour, ils faisaient de petits travaux contre de la nourriture ou de l'argent, cambriolaient, flânaient et faisaient l'amour. Parfois ils pouvaient même le faire de jour, et Simon eut le plaisir de voir, comme il en avait envie, le corps de Didier pendant qu'il lui faisait l'amour. Didier était plein de passion et Simon lisait souvent le désir dans ses yeux la journée, pendant qu'ils marchaient ensemble dans les villes ou villages qu'ils visitaient.
Les Allemands avaient envahi la France, ils s'étaient installés à Paris et ils imposaient leur ordre. Didier et Simon, sans papiers, devaient faire attention à ne pas se faire prendre aux nombreux contrôles. Et puis les gens revenaient à leur maison et il était de plus en plus difficile de cambrioler ou de passer la nuit dans une maison vide. Mais les deux garçons se débrouillaient quand même.
Didier vit une maison isolée, loin du village qu'ils quittaient. Elle était fermée et bien sûr personne n'y habitait. Ils décidèrent de rester dans le coin et de revenir la nuit. Au moins, pour la première fois depuis des jours, pourraient-ils dormir à couvert. Le temps était encore beau, mais un bon lit leur manquait, au moins pour faire l'amour.
Ils revinrent à la tombée de la nuit. Didier ouvrit la porte sans difficulté et ils entrèrent. La maison était complètement meublée, avec de la nourriture au cellier.
"Ils doivent venir souvent, peut-être qu'ils sont en voyage. On partira tôt, demain, ce n'est pas une maison où on peut revenir. Mais on pourrait y prendre quelque chose." Commenta Didier en expert.
Ils se firent à manger, puis visitèrent les chambres et y prirent quelques objets. Puis ils montèrent au premier où il y avait un grand lit.
Didier déshabilla son Simon et se mit à lui faire l'amour : "Ah, que c'est bon de le faire dans un lit." Dit-il d'une voix pleine de désir qui fit frémir Simon, "je te veux, Simon..."
"Ouvre un peu les persiennes : c'est la pleine lune et on pourra se voir." Lui demanda Simon.
Didier descendit du lit et ouvrit la fenêtre. Un vent frais entra et le décoiffa. Simon le regarda, son corps se détachait sur le clair de lune, son beau sexe dressé, et il sentit qu'il l'aimait. Didier revint sur le lit où il l'attendait, excité, se pencha sur lui, et Simon s'offrit. Didier le prit. Le lit grinçait à chacun de ses à-fonds dans le petit cul chaud et accueillant de Simon. Les deux garçons jouirent ensemble et, comme d'habitude, s'endormirent enlacés, en s'embrassant et en chuchotant.
Simon se réveilla en pleine nuit. Il faisait un peu frais. Il fallait qu'il aille aux toilettes. Il descendit du lit en prenant garde à ne pas réveiller Didier, il s'habilla et partit au cabinet, dans un coin du jardin derrière la maison. Il était en train de reboutonner son pantalon quand il entendit une voiture s'arrêter devant la maison. Le cœur battant, il sortit et guetta : une auto militaire allemande était là, les phares allumés, et un civil en sortait. Il dit au revoir, en français, aux soldats dans la voiture et alla à la porte de la maison.
Simon espérait que Didier avait entendu l'auto et qu'il était sorti par la fenêtre. Il vit l'homme entrer et l'auto démarrer et s'éloigner vers le village. Il fit le tour de la maison pour aller sous la fenêtre et, aussi fort qu'il le put, il appela Didier, en espérant le réveiller avant que l'homme n'entre dans cette chambre. Par la fenêtre ouverte, il vit la lumière s'allumer dans la chambre et il entendit deux voix : celle, forte, de l'homme et l'autre, faible, de Didier et il eut la nausée : l'homme était déjà dans la chambre. Il ne savait pas quoi faire. D'instinct, il se cacha derrière un buisson et il vit la silhouette de l'homme, un revolver à la main, regarder par la fenêtre, longtemps, et tout autour, puis la refermer. Alors il s'enfuit. Mais, quelques centaines de mètres après, il s'arrêta : il ne pouvait pas laisser Didier entre les mains de cet homme qui, à l'évidence, frayait avec les nazis : Didier était juif... il devait le sauver. Mais comment ?"
Avant tout il revint vers la maison. Les lumières étaient encore allumées et tout semblait tranquille. Il étudia la maison. Un arbre poussait juste devant la fenêtre de la chambre où ils avaient fait l'amour et dormi. Alors il y grimpa dans l'espoir d'arriver à voir ce qui s'y passait. La fenêtre était de nouveau ouverte et ce que vit le garçon le figea : Didier était encore sur le lit, nu sur le ventre, mais menotté, par les poignets et les chevilles, au pied et à la tête métalliques du lit. Il ne voyait pas l'homme. Simon tremblait. Un léger mouvement lui fit comprendre que Didier était encore vivant. Que pouvait-il faire ? Comment pouvait-il le libérer ?
Il y pensait quand l'homme rentra dans la chambre. Il portait une robe de chambre vieux vin et n'avait pas le revolver en main. Il s'approcha du lit. Dans le silence de la nuit, Simon entendit sa voix assez clairement pour distinguer les mots.
"Bien sûr, tu ne peux pas t'opposer, mais je ne veux pas me fatiguer : alors, tu vas te laisser enculer sans te débattre ?"
"Pourquoi n'appelez-vous pas la police ?" répondit Didier.
"Non, si j'appelle quelqu'un, ce sera la Gestapo, pour te dénoncer comme juif, après t'avoir mis, bien sûr. Mais ce serait dommage, tu sais qu'ils t'élimineraient, hein ? Un beau garçon comme toi. Et sans doute après t'avoir violé, le capitaine apprécie les beaux petits culs fermes comme le tien, au moins autant que moi."
"Mais je ne suis pas juif : gamin, j'ai eu une phimosis et on m'a opéré."
"Je m'en fiche. Et puis le capitaine me croira moi, pas toi. Aucun youpin n'admettra jamais qu'il l'est. Moi je m'en fous : un beau cul est un beau cul, juif ou pas. Laisse-toi mettre sans lutter et tu vivras, l'alternative est d'être mis pareil et de mourir après. Choisis." Dit-il en caressant le derrière de Didier.
"Et qui me dit qu'après m'avoir mis vous ne me dénoncerez pas quand même ?" dit Didier sans la moindre peur dans la voix.
"Il faut que tu me fasses confiance. Mais si tu te laisses mettre sans faire d'histoire, je n'aurais aucune envie de perdre un beau garçon comme toi, je ne suis pas bête. Je te cacherai ici, avec moi, tant que tu te laisseras enculer. Alors ?"
"J'ai le choix ?"
"Non, c'est clair."
"Fais comme tu veux. Encule-moi." Fit-il à voix basse.
Simon avait envie de pleurer. Il vit l'homme sourire et ouvrir sa robe de chambre : il était nu dessous, et déjà excité. Il n'en avait pas une grosse, bien qu'il aille sur la cinquantaine, il l'avait comme Simon. Le garçon le vit monter sur le lit, étaler quelque chose entre les fesses de son ami, se baisser sur lui et l'enfiler avec détermination. Puis il commença à s'agiter sur lui, en faisant grincer le lit. Simon tremblait, furieux et impuissant. Il assista à toute la scène en pleurant en silence.
Il vit l'homme jouir en criant des mots obscènes, il le vit se séparer du corps violé, remettre sa robe de chambre, mettre une claque sur les fesses de Didier : "Bien, dors maintenant. Demain je t'apporte le petit-déjeuner et je te mets de nouveau, tu es bien étroit, pour l'instant. Tu as bien fait de venir voler chez moi, mais tu n'aurais pas dû t'endormir, surtout pas nu. A demain, youpin." Dit-il en sortant de la chambre et en éteignant.
Simon crut entendre un sanglot étouffé de son Didier.
Il descendit lentement de l'arbre et s'éloigna à nouveau de la maison, avec des envies de meurtre. Mais il savait qu'il n'en aurait ni la force, ni surtout l'occasion de faire quoi que ce soit. Et il se sentait impuissant et désespéré.
Il marcha jusqu'à l'aube, presque à l'aveugle, sur un sentier qui montait vers les collines. Jusqu'à l'épuisement, ses jambes ne répondaient plus, alors il s'étendit derrière un petit mur de pierres, sur l'herbe d'un pré et il sombra dans le sommeil. Ce n'était pas tant la fatigue physique que l'intensité des émotions de ces dernières heures qui l'avait abattu. Il eut un sommeil agité, des fragments de cauchemars le réveillaient de temps en temps, tant son cœur battait fort. Mais vers l'aube, un sommeil profond et sans rêves le saisit et, enfin, il se reposa un peu.
Suite
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