Évasion (5/8) de JMB
vendredi 30 juillet 2010, 18:40 - JMB - Lien permanent
Afin de faire participer Aubin aux joies du bain matinal, il se jette sur lui, le serre dans ses bras, dans ses cuisses, lui roule une pelle. L’autre renâcle au contact de cette peau froide et humide puis se laisse aller tant cela devient agréable. Les ébats sont rapides. Modeste, en grande forme, s’emploie seul à donner du plaisir aux deux.
ÉVASION
De JMB
5ème partie
Gus sirote amoureusement son pastis. La patience paye, ça c'est sûr! Cette pensée le satisfait. Gus ne se fait aucune illusion sur sa personne pas plus que sur celle du mec assis en face de lui. Un minable, comme lui, deux escrocs sans envergures, petits malfrats au bas de l'échelle dans la hiérarchie de la truanderie. Même pas dignes d'être de vrais macs. Des besogneux, des gagne-petit. Alors, il convient de tirer son épingle du jeu avec les moyens du bord: la lâcheté, l'hypocrisie, l'égoïsme, la rapacité, sans état d'âme pour qui que ce soit ou/et quoi que ce soit. Mentalement, Gus suppute des raisons ayant amené Stan à le rencontrer. Ils ne s'aiment pas, c'est le moins que l'on puisse dire. Ils se jalousent, en tout et pour tout. Seulement, ils se ressemblent sur le plan caractère et mentalité, ils ont besoin l'un de l'autre à maintes reprises. Deux faux-jetons de première! Stan veut éviter d'engager la conversation. Le faire ce serait accepter la domination de Gus, croit-il. Ça, pas question! Finalement, voyant que l'autre ne bouge pas, ne dit mot, Stan rompt le silence, employant ce qu'il qualifie de ruse:
<< - Une autre godet?
- Pourquoi pas! Allez, déballe ton sac. Tu as quelque chose à me demander?
- Non, rien, je t'assure. Enfin plutôt un échange.
- Vas-y, j'écoute.
- Qu'est-ce que tu donnerais pour apprendre où se trouve le môme Aubin, ton môme?
- Parce que toi tu sais?
- Faut voir. J'ai pas mal bourlingué, ces derniers mois, à chercher le truc que tu m'as demandé. Cette affaire n'a rien donnée mais le hasard fait bien les choses, quand il veut. Alors?
- Pour ce que ça m'intéresse, maintenant. Mais faut voir, comme tu dis.
- J'étais absent mais je me tiens au courant, Gus. Ta dernière opération t'a rapporté pas mal de fric. Je suis au courant. Si tu veux passer pour pauvre, il ne faut pas sortir de grosses liasses de billets pour payer un café. Je sais que tu peux payer largement 5000 euros. C'est le tarif, pas moins.
- Tu as déjà été payé. Tu as trouvé en cherchant autre chose, c'est tout. Qu'est-ce qui me dit que ce n'est pas une arnaque? Qu'est-ce qui te dit que j'ai envie de savoir où il est, Aubin?
- Rien. Mais le retrouver remonterait ta renommée qui en a pris un coup ces derniers temps. Tu crois pas?
- Ton renseignement, il date de quand?
- Pas plus tard qu'avant-hier.
- C'est là-bas qu'on t'a amoché comme ça?
- Laisse tomber, c'était dans le cadre de ton affaire, les risques du métier, quoi.
- C'est quoi, ta preuve?
- Deux photos avec le nom de l'endroit. Il est là-bas depuis un bail. Un travail sérieux comme on dit, légal et tout.
- Ouais…. Je ne sais pas trop. Non, je me fous de savoir où il est. Si tu étais si bien renseigné, tu saurais su que j'ai un autre mec à ma botte. Mais, par curiosité, juste histoire de savoir, je veux bien. On ne sait jamais, ça peut toujours servir.
- Tu me prends pour un con?
- Non, Stan. Si tu n'es pas d'accord, tant pis. Allez, salut! >>
Gus se lève, se dirige vers la sortie. Stan le rappelle:
<< - Mille et on n'en parle plus.
- Rien et on n'en parle plus.
- Putain, t'es dur! Avec tout l'oseille que t'as ramassée!
- Il ne faut pas croire tout ce qu'on dit, mec. Allez, accouche! >>
Stan sort de sa poche des photos sur lesquelles on le voit, lui, en compagnie d'Aubin, tendrement enlacés, lèvres contre lèvres. Gus prend les clichés, les regarde longuement. L'autre patiente. Il ne voit pas arriver l'énorme poing qui vient se coller contre son nez et sur ses lèvres. La douleur lui arrache un cri, un filet de sang dégouline sur sa bouche. Gus s'apprête à donner d'autres coups. Le patron du troquet l'en empêche, aidé par deux autres clients. Il se voit éjecté de l'établissement, sans ménagement. Il hurle, à l'adresse de Stan:
<< - Tu t'es farci mon mec, c'est ça que tu voulais. Me le mettre sous le pif, ça t'excite drôlement, salope! Et je t'ai balancé du fric pour que tu en arrives à ça! Viens ici, je vais te donner une rallonge façon soupe aux oignons. >>
Stan, main sur le visage, quitte le bar à son tour. Il voit Gus déchirer les photos, jeter les morceaux dans une bouche d'égout et crier:
<< - Voilà ce que j'en fais de tes preuves! Maintenant, viens recevoir ta paye, pédé! >>
Conscient d'avoir tout perdu, Stan se carapate le plus vite possible, laissant un Gus rageur qui continue de vitupérer:
<< - Reviens jamais dans le coin. Si je te revois, je te transforme en purée de tomates… >>
De retour dans sa chambre, Gus se rappelle le départ d'Aubin. Ce fameux dimanche soir, il trouva l'appartement vide, à son retour de week-end. Il alterna rage et désespoir. Après une nuit sans sommeil, il fut dérangé par le vieux monsieur accompagné d'un malabar à la mine patibulaire. Deux claques sonnantes l'obligèrent à rembourser le client mécontent avec prime de 50% en plus au titre de dédommagement. Gus venait de commettre sa première bévue au détriment d'un vrai truand à qui il avait proposé les charmes d'Aubin contre 2000 euros et ce pour la période du samedi matin au dimanche soir. Par chance, durant le week-end, une bonne occasion de se faire du fric s'était présentée, ce qui lui permit de rembourser avec amende en sus. Que tout ceci est loin! Pourtant, il semble avoir senti la présence d'Aubin, il n'y a pas très longtemps encore. Cela l'amène à un autre constat: Aubin lui manque de moins en moins. Il espère simplement que, de temps à autres, il pense à lui, le regrette un soupçon. Un jour, peut-être, se rencontreront-ils. Alors, il lui dira combien il comptait pour lui, toutes ses résolutions au cas où ils s'aimeraient à nouveau. Gus se promet d'aller lui dire tout ça, dès qu'il en aura le courage, dès que ses brûlures sentimentales seront encore plus atténuées. À moins que le hasard n'y pourvoit… Sur son petit carnet, il inscrit le nom du patelin où travaille Aubin, timidement, maladroitement comme un tout jeune écolier apprenant à écrire.
Tout en se lavant le visage, Stan n'est pas mécontent de lui. Certes, il s'en est pris une bonne mais le Gus a eu du mal à supporter le choc en regardant les photos. Sûr qu'il se précipitera un de ces quatre pour régler ses comptes avec Aubin. Et là, lui, Stan sera vengé.
___
L'épisode amoureux, douloureusement et brutalement fini avec Stan, laisse un Aubin au bord de la déprime, malgré les efforts de Rémi, qui, constatant que rien ne s'arrange, propose:
<< - Ça te dirait d'aller au camp de M…. histoire de changer d'air?
- Si seulement ça pouvait me faire oublier.
- Qui ne tente rien, n'a rien. Alors?
- Va pour M… >>
Deux semaines plus tard, Aubin s'installe dans son nouveau bungalow, sous le charme de l'accueil qui vient de lui être réservé par ses collègues alertés concernant ses états d'âme.
Les travaux viennent tout juste de s'interrompre. De toutes parts on procède au nettoyage, à la mise en place. Dans quelques jours, les premiers clients arriveront. Si la formule est la même ici que dans l'autre camping, les lieux sont totalement différents ainsi que les conditions d'hébergement: tout est prévu pour attirer de jeunes vacanciers aisés. Là-bas, l'âge moyen se situe aux environs des 51 ans. Ici, on le veut aux alentours des 30 ans.
Assis sur la petite terrasse de son logement, Aubin admire la pinède traversée par les rayons de soleil. Le printemps touche à sa fin, l'été s'annonce déjà. Des bruits de pas le distraient dans sa contemplation de la nature pour l'amener à la contemplation d'une autre nature: près de 2m de haut, pas loin de 90kg, des épaules majestueuses, des bras musclés, un torse à se pâmer, de solides jambes, une tête carrée posée sur un cou large et puissant. Aubin pense de suite à un de ces playboys, maîtres nageurs ou accompagnateurs pour vieilles esseulées. La bouche généreuse montre une splendide dentition, émet une voix profonde:
<< - Salut! T'es le nouveau gars du bureau? Aubin, c'est ça?
- En effet, tu ne te trompes pas.
- Moi c'est Lazaro. >>
L'arrivant tend une main ferme aux longs doigts. Poignée de main virile au cours de laquelle Aubin se retient pour ne pas crier tant l'autre serre fort. Il questionne:
<< - Maître nageur?
- Tu veux rire! Non! Plongeur, dans la cuisine à la vaisselle, pas dans la piscine. >>
Aubin cherche à deviner d'où vient l'accent de Lazaro. Il ne lui laisse pas le temps de trouver:
<< - Je suis d'origine espagnole, Andalousie profonde pour être plus précis. Je finis mes études. Mais j'ai pris quelques mois pour me faire un peu d'argent et changer d'air. >>
En disant, Lazaro s'assied à côté d'Aubin qui ne le quitte pas des yeux pendant que sa braguette s'émeut plus que de raison, ce dont l'autre s'aperçoit:
<< - Je suis flatté de voir que je te fais de l'effet. Tu n'es pas mal non plus. Alors, si tu as le temps, on pourrait faire plus ample et plus intimement connaissance. >>
Aubin se contente d'opiner du chef, muet d'admiration. Tous deux sont revêtus d'un unique short. Les pieds se touchent. Lazaro pose une main derrière Aubin, juste au dessus des fesses. Ce dernier pose sa tête sur l'épaule de son futur amant. Les mains s'agitent, se glissent sous les shorts, titillent les queues en effervescence. Aubin est subjugué par le visage ovoïde sculptural de Lazaro. Des traits d'une rare pureté. Yeux noirs aux paillettes violettes, bouche pulpeuse, sourcils naturels au fin tracé, menton carré, joues avec fossette ombragées par une barbe naissante, nez droit sensuel aux narines palpitantes de désirs. Aubin caresse le torse légèrement recouvert d'une fine toison bouclée. Ses doigts s'en vont pincer les tétons surplombant une poitrine ferme au rebondi imposant de force. Du short apparaît un gland violacé. Aubin se penche, suçote l'apparition tout en soupesant les bourses à travers le tissus. Lazaro passe sa main dans le dos de son compagnon qui lui baisse le short. Il bouge afin de permettre le déshabillage, laissant sa queue gonflée émerger telle un diable sorti de sa boîte. Aubin continue la fellation. De sa main libre, il se met à poil, montrant son long braquemart aux regards envieux d'un Lazaro qui ne tarde plus à se pencher, à gober l'engin. Ils s'installent plus confortablement: l'espagnol allongé sur le dos, le français à quatre pattes au dessus, les deux tête-bêche. Leur activité de succion les accapare entièrement. Non loin de là, une autre merveille les épie, main dans son pantalon masturbant gentiment un vit des plus conséquents. Isidore, spécimen antillais d'une rare beauté, ne résiste pas à la tentation. Grand, robuste, la tignasse brune et crépue, l'œil sombre, la mâchoire anguleuse, les grosses lèvres voluptueuses. Tout, dans ses traits, dénote un caractère énergique et volontaire, aimant les plaisirs quels qu'ils soient. Il s'approche, demande presque timidement:
<< - Je peux? >>
Offre volontiers acceptée d'un simple geste de main signifiant "approche". Les deux bouches "européennes" happent la longue et grosse queue noire qu'elles branlent avec maestria. Chacune des mains de l'arrivant caresse le dos des suceurs. Les bruits de déglutition, les gémissements, envahissent les airs. L'énorme bite crache des jets de foutre qui fusent, droit devant, formant un geyser de semence, inondant les visages d'Aubin et Lazaro tout occupés à se masturber. Deux minutes plus tard, ils se contorsionnent en éjaculant à leur tour. L'antillais sourit, étalant une bouche plus que sensuelle:
<< - Je m'appelle Isidore. Je suis un des barmen. >>
Sans plus d'explication, les trois reprennent leurs jeux érotiques. La bouche d'Aubin gobe de nouveau la matraque d'Isidore dont une main folâtre aux environs de la rosette de son suceur. Pendant ce temps, quasi couché sous Aubin, Lazaro fourre la bite de ce dernier entre ses lèvres. Soupirs, bruits de succions, coulées de salive. Finalement, les trois hommes s'allongent au sol, forment un triangle: Isidore suce Aubin qui suce Lazaro, qui suce Isidore. La boucle est bouclée. Nouveaux frémissements, nouveaux gémissements. Autre changement: Isidore suce Lazaro, qui suce Aubin, qui suce Isidore. Les tripes s'apprêtent à exploser. On cesse le jeu des fellations de groupe pour le remplacer par les amuse-gueule, à savoir un bouffage de cul en règle dans la position des triangles précédemment décrits. Les langues virevoltent aux alentours des rosettes, tentent une délicate pénétration dans les anus, causant les manifestations sonores que l'on sait. Quelques doigts coquins viennent s'infiltrer dans les anus, le tout dûment humidifié. Au passage, on happe les bourses que l'on taquine amoureusement. Après une courte pause, histoire de procéder à une valse des langues dans les cavités buccales des autres, on se positionne, debout, pour la pénétration. La queue bien bâchée, Isidore enfile Lazaro avec prudence, étant données les dimensions excessives de l'engin. La préparation s'avère suffisante. La bite entre doucement, pistonne langoureusement. Isidore écarte les jambes afin de faciliter le passage pour le braquemart d'Aubin qui s'insère entre les fesses joliment velues de l'antillais. La pression monte, le foutre aussi. Quelques minutes de va-et-vient suffisent. Les cris sortent du fond des gorges, les capotes s'emplissent, des jets arrosent la terrasse. La main engluée par son sperme, Lazaro ricane:
<< - Je sens qu'on ne va pas s'ennuyer. A croire que tout le personnel est gay! >>
Aubin invite les deux autres à procéder à des ablutions dans son bungalow. Chacun y va de sa toilette, sans coquineries aucunes.
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Ce qui fait le plus râler Aubin, c'est de rester cantonné dans un bureau alors que tant de belles fesses ne demandent qu'à être contemplées de près. Il lui prend une sorte de besoin inépuisable de baiser, de mélanger son corps à de nombreux autres, de se donner, de prendre toutes chairs mâles passant à sa portée. Toutefois, le soir, il ne manque pas de se rendre au bar, surtout lorsque Isidore officie. C'est ainsi que, débordé, le barman demande à Aubin un coup de main pour réapprovisionner les frigos. Après la fermeture, comme récompense, l'aide improvisé reçoit la grosse queue de l'antillais dans ses entrailles avant de mettre la sienne, de queue, dans les entrailles de son amant. Éreintés par leur journée et les galipettes friponnes, ils s'endorment à même le sol. La fraîcheur nocturne les réveille, frigorifiés. Ils se réchauffent selon une méthode approuvée et éprouvée, dite du museau-museau avec bite au cul. Les couilles bien vidés, chacun regagne son logis.
Souvent, Lazaro papillonne entre Isidore et Aubin. L'espagnol n'aime guère changer de partenaires, trop timide pour draguer constamment, malgré son indéniable beauté. Aussi trouve-t-il fort commode d'aller de l'un à l'autre ou aux deux à la fois. Isidore, lui, court la gueuse, façon comme une autre de prouver au monde que l'on est un hétéro pur sucre. Car, selon son précepte, vivons homo caché, hétéro public. Il se pavane dès qu'une fille l'accompagne, ne cache pas ses qualités physiques en revêtant des shorts plutôt moulant qui font ressortir l'ampleur de ses attributs virils. Toutes ces aventures féminines ne l'empêchent nullement d'honorer convenablement et assidûment ses deux collègues lorsqu'ils en ressentent le besoin. Un inépuisable, l'Isidore!
Heureusement pour Aubin, lors de la pleine saison, du personnel complémentaire débarque, n'apportant aucun membre de la confrérie gay mais un soulagement sur le plan travail. Le voilà donc un peu plus libre de ses soirées qui débutent plus tôt. Tout bénéfice, si l'on songe que, dans la clientèle se glissent plusieurs magnifiques paires de fesses prédisposées à accorder un laisser passer à toute queue présentable. Chaque soir, ou presque, Aubin reçoit dans son lit, se livrant aux joies qu'apportent les plaisirs lubriques. L'été se déroule dans cette ambiance: travail, baise.
Une cadence infernale durant juillet et août qui se ralentit sérieusement en septembre. Dans la région, le camping n'a aucune chance de se faire une clientèle en dehors de la période estivale. Seuls quatre bungalows restent occupés pour l'ultime semaine. Lazaro regagne sa faculté en Espagne. Isidore, dont le contrat s'est achevé depuis 15 jours, traîne dans les parages, rejoignant nuitamment Aubin avec qui il voudrait partager ses conquêtes féminines, sans succès. Les deux hommes se fondent l'un dans l'autre, ou l'autre dans l'un, à quatre reprises, mais en tête-à-tête ou en tête-à-queue.
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De retour au camping initial, Aubin s'occupe seul des quelques clients présents. Le travail n'accapare pas ses journées si ce n'est qu'il doit être constamment présent. Rémi est en vacances, quelque part vers Ibiza afin de se dégourdir la zigounette, comme il dit si bien. Zigounette qui a dû se dégourdir à maintes reprises durant tout l'été avec les estivants (jamais avec le personnel si l'on en croit ses promesses). Enfin! Il mène sa vie normalement, en somme. Lorsqu'il rentrera, Aubin prendra, lui aussi, ses congés. En attendant, il se repose. Côté baises, calme plat ou presque, exceptées la branlette quasi journalière. Pas de quoi épuiser son homme!
Cette relative quiétude l'amène à réfléchir sur ces trois dernières années. Que de changements! Il se revoit dans l'appartement, avec Gus, son mâle, son mec, son mac ou peu s'en faut! Lui Aubin, bossait dans une banque, comme caissier. On l'avait embauché pour ses qualités intellectuelles, pour son physique aussi, afin de montrer qu'ici on était jeune et beau! Bien payé, au demeurant, et pas trop écrasant comme boulot si ce ne sont les responsabilités. Que de congés! Gus l'attendait à la maison, le gratifiait de plusieurs pelles ou/et de câlins très appuyés, avant de le laisser s'occuper du ménage, de la cuisine, de la lessive etc. Gus, en attendant que ces activités cessent, lisait son journal, étudiait les chevaux qui devaient courir dans la journée, regardait une vidéo porno ou non. Il errait, passant le temps. Il lui arrivait, rarement bien sûr, d'effectuer quelques travaux dans l'appartement ou chez un patron. Cela durait peu. Il ne râlait pas lorsqu'Aubin, malade, devait s'aliter. Il le chouchoutait espérant une prompte guérison. Drôle d'époque, se dit Aubin. Et pourtant! Il était heureux. Il se fichait pas mal d'entretenir un fainéant. Il gagnait assez de fric pour deux. Ni lui ni son compagnon ne dépensaient inconsidérément. Il lui faisait confiance. D'ailleurs, tout l'argent allait sur son compte à lui, Aubin. Gus, interdit bancaire, n'avait rien à son nom. Ils menaient leur vie tranquille, à deux, sans jamais chercher à se gêner, tout en respectant la part privée de l'autre. Lorsque Gus partait deux ou trois jours, voir sa famille, comme il précisait, il revenait toujours avec un parent, un copain, qu'on hébergeait le temps de son séjour. Très souvent, ces visites se produisaient durant les ponts, les vacances, les jours de RTT. Le visiteur admirait Aubin, lui jetait certaines œillades évocatrices. Alors il ne résistait guère aux charmes du monsieur. Dès que Gus s'absentait pour aller jouer au tiercé, boire un coup au bistrot, Aubin s'autorisait certaines privautés avec le personnage qui le menait au septième ciel. Tout était au mieux dans le meilleur des mondes! Mais les coïncidences ont ceci de particuliers: elles laissent entrevoir des anomalies si elles se reproduisent trop souvent et de façon identique.
Ce genre de visites, rares au début, devinrent de plus en plus fréquentes pour se produire presque chaque semaine, le week-end uniquement. Au début, les visiteurs étaient de jeunes personnes, mâles à la frimousse timide mais charmante, au corps alerte. Les mois passant, ces messieurs se présentaient sous un jour de moins en moins alléchant. L'âge, la bedaine, les rides augmentaient pendant que les cheveux et les charmes diminuaient. Au début, Gus restait à la maison. Les mois passant, il s'absentait pour tout le week-end ou presque. Jusqu'au jour où Aubin refusa les avances du personnage. Celui-ci, réservé, attendit patiemment le retour de Gus avec qui il eut une entrevue quelque peu orageuse. L'homme parti, Gus présenta sa mine des mauvais jours. Aubin tenta bien de lui rendre sa bonne humeur, rien n'y fit. Tout le week-end il maugréa, refusant les taquineries coquines.
Durant plus d'un mois, personne ne vint séjourner. Gus repris son allant et ses coups de queue en virtuose qu'il était. Aubin oublia le vilain monsieur.
L'accalmie dura peu. Les visites reprirent, moins nombreuses, de bien meilleures qualités. Gus, lui, devint plus dur, plus exigeant. Irritable, coléreux, souvent odieux, il ne supportait pas d'être contrarié. Les disputes se multipliaient pour un rien. Des insultes, Gus en arriva aux coups. Après chaque raclée donnée à un Aubin toujours aussi épris, le cogneur se faisait suppliant, demandant pardon quasi à genou, pleurant parfois. Cela durant trois ou quatre ans. Aubin s'aperçut que Gus fouillait ses poches, ses affaires, s'emparait de tout l'argent qu'il trouvait. Il ne demandait plus, il exigeait, commandait, ordonnait. Alors les soupçons effleurèrent l'esprit d'Aubin qui, jusqu'à ce moment là refusait de voir la vérité, espérant qu'un très prochain jour lui reviendrait son fainéant tendre et attentionné. Certes, des idées l'avaient assailli, deux ou trois fois. Les réflexions de certains "amis" appelaient un questionnement sur le comportement de Gus. Mais Aubin ne voyait que leur amour, celui du début. Devenu méfiant par précaution, pensait-il, Aubin ne conserva plus d'argent sur lui ou à la maison. Disparurent sa gourmette puis un service de verres en cristal de baccarat. Aubin crut avoir perdu la première. Gus déclara avoir cassé le second par mégarde en voulant le déplacer. Ce dernier devint vindicatif. Jusqu'au jour où, n'en pouvant plus de se voir ainsi démuni monétairement, il cracha le morceau:
<< - Tu es une pute! J'ai toujours su que tu couchais avec les copains que j'amenais à la maison. Alors j'ai eu l'idée de les faire payer. Ton joli petit cul, ça vaut son pesant d'or! Le fric passait dans mes fouilles. Je reconnais que j'aurais dû être moins gourmand. J'ai trop pioché dans les vieux, trop souvent. J'ai eu peur que tu te doutes de mon petit manège. Alors j'ai calmé le jeu. Après quelques semaines, j'ai recommencé sachant que tu ne pouvais pas te passer de baises, pute que tu es! Si tu avais été fidèle envers moi, comme je le suis envers toi, jamais ça ne serait arrivé. C'est moi le patron, ici! C'est moi qui encule! Obéis, sinon ça va barder pour ton matricule. Tu as déjà eu certains aperçus de ce que je suis capable. Et ne compte pas que je te demande pardon, dorénavant! >>
L'aveu, suivi d'un départ avec claquage de porte, devait réveiller, enfin, un Aubin énamouré mais endormi volontairement jusqu'à présent. Il prit aussitôt sa décision: partir. Il prépara sa fuite, patiemment, discrètement. Un impératif: changer totalement de genre de vie de telle sorte que Gus ne puisse jamais deviner où il se trouve. Aubin aime le luxe, les belles choses, les boîtes, s'amuser en nombreuse compagnie. Alors il doit se mettre au vert. Le soir, quand Gus rentra, un tantinet mal dans ses baskets, ne sachant trop que dire ou que faire, Aubin le servit comme à l'accoutumée, lui infligeant une délicieuse fellation avec décharge au fond du gosier. Gus se sentit le véritable maître. Content de cette diversion, il pilonna longuement le cul de son déjà esclave.
Durant deux mois, Aubin ne regimba pas, acceptant les vieux messieurs du week-end, juste pour un moment, le temps que l'homme aille faire son tiercé, par exemple. Gus retrouva sa splendeur légendaire tant sur le plan humeur que sur le plan physique. Il pouvait, de nouveau, le lundi, sortir une liasse de 5 billets de 100 euros, voire plus, pour payer son café au bistrot. Toutefois, prévoyant, il s'accoquina avec quelques minables afin de monter des coups tout aussi minables. Si Aubin venait à lui manquer, il ne serait plus en peine de monnaie. Le dernier vendredi, Gus prévint Aubin qu'un monsieur viendrait passer tout le week-end à la maison. Lui, Gus, devant partir pour affaire. En effet, il quitta l'appartement avec un sac de voyage et 2000 euros en poche. Une heure plus tard, Aubin montait dans un taxi, sac à dos et matériel de camping en guise de bagage. Il venait de démissionner de la banque, avait tout organisé dans les moindres détails y compris l'achat de ce matériel qui l'attendait dans la cave, lieu où Gus n'allait jamais. Juste le temps de sauter dans un train et adieu Gus!
Ils s'aimaient, de cela Aubin est sûr. Il regrette presque cette époque. Pas les coups, les insultes, faire la pute, non bien sûr! Gus était fidèle, là encore Aubin en a la certitude. Pourquoi leur vie à dérapé? Le besoin d'argent chez Gus? Le besoin de variété en matière de baises chez Aubin? Beaucoup plus complexe que cela. À tel point, qu'Aubin refuse d'approfondir ses réflexions sur le sujet.
Un campeur, sourire chaleureux aux lèvres, le sort de ses souvenirs:
<< - Vous devriez mettre un peu de chauffage, le soir. Il commence à faire frisquet.
- Vous n'avez personne pour vous tenir chaud?
- Si mais seulement le temps d'un câlin. Ensuite séparation pour cause de compagnon au sommeil agité. Il bouge tellement qu'il me réveille. Pourquoi, ça vous dit de me chauffer quand je me retrouve seul?
- Je suis une excellente couverture chauffante. Mais votre couverture habituelle n'apprécierait peut-être pas de se voir remplacée.
- Au contraire! Cela ferait une bien meilleure literie. >>
___
Assis dans un fauteuil en rotin, nu comme un vers, queue tendue au maximum, main sous les couilles, autre main sur un téton, Aubin observe le couple en pleine action. Il trouve la séance agréable, au contraire de ce qu'il craignait. Jamais pareille chose ne lui était advenue. Vivien et Claude, récemment pacsés, s'adonnent à l'adoration du pied, sans négliger le reste. Leur plus grand plaisir: se donner en spectacle avant d'inviter le (ou les) spectateur à partager leurs ébats. Tête-bêche, ils lèchent leurs orteils un à un, n'omettant pas les interstices. Patiemment, goulûment, ils aspirent et relâchent ces organes avant de passer en revue l'intégral de la plante des pieds, du talon. Ils gémissent leur plaisir, négligeant leur invité qui se branle doucettement, attendant son heure. Des pieds, on remonte aux mollets, aux genoux, aux cuisses pour en revenir aux gros orteils que l'on déguste à satiété. On hume, on lèche, on suce, on baisouille. Changement de position: Vivien, assis, laisse les pieds de Claude s'emparer de sa bite et la masturber, passant à plusieurs reprises les orteils sur le gland suintant de mouille. Cinq minutes de la sorte et ils inversent les occupations. Rassasiés de cette gymnastique, ils s'occupent de leurs arrières en se bouffant l'anus, chacun leur tour. Chaque épisode est séparé par une flopée de pelles plus ou moins baveuses. Ils reviennent à leur plat préféré par une tentative de gober la totalité des orteils de l'autre, jeu quasiment impossible à réaliser mais très divertissant. Vient la période caresses. Les mains restent inactives, les pieds folâtrent sur les corps allant jusqu'à titiller de façon étrange les tétons des "suppliciés". Autre scène: Claude place sa queue entre les fesses serrées de Vivien, pose sa main sur l'engin, s'agite en va et vient, sans pénétration anale. Un cri rauque annonce les giclées de sperme qui inondent le dos, l'anus du faux enculé. Une nouvelle fois, ils inversent les occupations et c'est au tour de Vivien de lâcher son foutre sur les fesses de son amant. Aubin, lui, n'a pas quitté le couple des yeux. Vivien propose:
<< - Tu nous encules et après on t'encule chacun. Ensuite, si tu acceptes, on t'enfile tous les deux, double pénétration pour finir. >>
Aubin ne bronche pas. Son silence équivaut à une acceptation. Il se trouve entouré par deux mecs pressés de savourer l'extrémité de ses membres inférieurs. Vivien et Claude s'agenouillent devant lui, s'emparent chacun d'un pied qu'ils hument à satiété avant de le happer, de le lécher, de le mouiller, de l'adorer en somme. Un peu réticent au départ, Aubin cède alors que certains frissons inconnus parcourent sa chair. Drôle de manière de baiser, pense-t-il, mais étrangement agréable. Cette acceptation ne va pas jusqu'à rendre la pareille à ses partenaires. Il n'est pas prêt à ce genre de taquineries sur autrui. Cette réserve s'avère inutile: le couple veut ses pieds à lui, et uniquement cela. Des pieds, ils passent aux talons puis aux plantes. Endroit délicat et sensible provoquant des réactions de rejet pour cause de chatouillis difficilement supportables pour un non initié comme Aubin. Les fétichistes comprennent, passent aux mollets avant de s'aller mignoter l'aine, le pubis, les couilles, la queue de leur invité. Un autre merveilleux supplice débute. Le ballet des bouches ne s'arrête pas. Les langues se croisent, les lèvres se congratulent. Les mains aux doigts souples virevoltent d'un coin de peau à un autre. Les nez sentent sous les aisselles, sous les bourses, sur l'anus. Aubin laisse faire, se contentant de répondre aux pelles qui se succèdent et de certains attouchements sur les deux mecs. Il apprécie ces corps tendus par le désir, ces bites aux proportions raisonnables, rougeoyantes et roidies par la lubricité, ces fesses rondes et légèrement duvetées de poils blonds. Il devient pantin, laissant Claude le capoter avant de s'empaler et se pistonner lui-même. Vivien approche sa queue qui disparaît dans la bouche de l'enculé. Les ahanements emplissent la pièce. Aubin apprécie ce cul chaud où coulisse hardiment sa longue tige. Vivien se désempale, aussitôt remplacé par un Claude envieux de se faire fourrer tout en suçant sa chère moitié. Changement de capote. Le pistonnage reprend, dans un cul un peu plus serré mais tout aussi chaud que le précédent. L'ambiance frôle l'hystérie. On se calme avant de passer au bouquet final. Le couple pose capote sur bite. Aubin s'assied sur celle de Claude qui s'est allongé puis se penche afin de permettre à Vivien de l'enfiler lui aussi. Les deux queues se plaisent, se complaisent dans cet anus dilaté par la charge doublée. On savoure un maximum cette cohabitation pénienne dans un habitacle anal. La pression exercée par cette double pénétration provoque l'éjaculation d'Aubin qui, secoué par les spasmes, laisse couler la purée sur le ventre de Claude qui se badigeonne avec cet onguent. Le double pistonnage continue pour s'achever dans une orgie de foutre noyant les latex et de gémissements emplissant l'atmosphère.
En rentrant à son bungalow, Aubin s'avoue content de sa soirée bien qu'il aurait aimé des mecs plus partageurs. Par moment, il avait vraiment l'impression d'être la pièce rapportée, celle dont on se sert occasionnellement, l'épice non indispensable à une cuisine routinière mais pas sans saveur. Il sourit de cette métaphore. Demain, il partira pour quatre semaines de repos. Il espère vivre quelques aventures qui ne manqueront pas de piquants comme ceux vécus un peu plus tôt.
Tout en bouclant son sac de voyage, Aubin se demande où passer ses vacances. Il n'a pas pris le temps d'y réfléchir plus tôt, ou pas voulu. Et si Rémi lui prêtait sa voiture? Oui, mais pour aller où? Faire quoi? Depuis qu'il retravaille normalement, il n'a jamais pensé aux congés. Les semaines, les mois, se sont écoulés à une vitesse incroyable, bosser était un amusement, ou un ennui. Amusement quand il y a pas mal de clients: après le boulot, on rit, on danse, on picole, on baise. Parfois même pendant les heures de boulot. Ennui durant les périodes hors saison, hors vacances, où la clientèle se réduit à une peau de chagrin, à quelques vieux couples ou couples de vieux. Aubin hausse les épaules: et s'il faisait le chemin inverse? L'idée ne lui déplaît pas. Revoir la ville de F… où il a laissé certains cœurs chiffonnés par son court séjour. Ensuite faire une pause chez Mathilde et Paulin histoire de voir ce qu'ils deviennent dans leur nouvelle vie et surtout de tâter les miches d'un Mikael et d'un Modeste aux appâts demandeurs de caresses. Enfin, revoir sa ville natale, celle de ses premières amours, celle de sa période bonheur avec Gus. Du même coup, il pourrait l'affronter, le Gus, lui montrer que, dorénavant, il ne compte plus, il ne lui fait plus peur. Ce défi convient parfaitement à Aubin. Illico, il réserve à l'hôtel où il résidait à F…. De là, il avertira les autres de sa prochaine visite.
Bisous affectueux, amical, à Rémi: les vacances d'Aubin commencent alors qu'il monte dans le taxi pour la gare. Sacrée surprise qu'il va avoir, le Gus!