NOUS DEVRIONS ETRE ENNEMIS...
par Andrej Koymasky © 2008
écrit le 18 Août 1994
Traduit en français par Eric

CHAPITRE 5
La Retraite

Beaucoup des soldats ne savaient pas un mot de français. Mais Simon leur faisait dire leur nom et, de toute façon, il avait la liste avec le numéro inscrit à l'encre indélébile sur les vêtements de chacun. Manfred avait le numéro 6291-1624 et Simon le trouvait facile à retenir : les quatre premiers chiffres étaient son année de naissance à l'envers, puis deux à deux venaient son âge et celui de Manfred... de son Manfred.
Alors qu'il était à la buanderie à faire la lessive du jour, Manfred passa le saluer rapidement.
"Aujourd'hui on ne pourra pas se voir au déjeuner, je suis de garde. Mais on se voit après six heures, avant le dîner." Dit-il.
"Quand as-tu une permission ?"
"Dans deux jours."
"On ne pourrait pas aller quelque part ensemble ?"
"Si, mais pas hors de la ville. On ne peut pas aller loin."
"Où que ce soit, peu m'importe, tant que je suis avec toi..."
Le soir, avant le dîner, Simon attendait Manfred.
Il arriva vite : "Ce soir je n'ai rien pu t'apporter, je n'ai pas pu sortir." Dit-il en s'asseyant au bord du lit.
"Tu es là, ça me suffit." Répondit Simon en tendant ses bras vers lui.
Le soldat se pencha et ils s'enlacèrent. Simon commença à lui déboutonner la chemise, à partir du col. Il le sentit frémir puis il sentit ses mains soulever de sa poitrine son chandail. Il s'assit pour l'aider à l'enlever. Manfred l'embrassa et commença à son tour à lui déboutonner la chemise. Et ils se déshabillèrent lentement l'un l'autre, ravis par le corps qu'ils découvraient.
"Que tu es beau, Manfred." Murmura Simon ému en effleurant la peau duveteuse du soldat.
Puis il ouvrit le bouton du caleçon de Manfred et le descendit, révélant le membre raide et frémissant, auréolé de poils blonds fournis. La main en coupe, il lui soupesa les testicules tandis que de l'autre caressait le sexe, plein de désir.
"Oh, Simon..."
"Oui ?" répondit-il en souriant.
"J'ai tant envie de toi..." dit-il d'une voix chaude et rauque et il lui retira son slip en jersey puis il lui caressa les fesses et le sexe, "je te veux." Murmura-t-il.
"Oui... comment veux-tu me prendre ?" demanda Simon avec émotion.
Manfred sourit : "Comme toi tu veux..."
Simon se coucha sur le dos et remonta ses jambes sur sa poitrine, en s'offrant : "Comme ça..." dit-il, vibrant d'attente.
"Oui... comme ça..." dit Manfred en écho et, en s'installant pour le prendre, il lui caressa le sexe, le ventre et la poitrine. "Dieu sait ce que tu es beau, Simon. Et bientôt tu seras à moi... à moi..."
Simon sentit les mains du soldat lui caresser les fesses, les malaxer légèrement puis les écarter et son sexe se poser sur son trou qui frémissait d'impatience.
Leurs regards, comme magnétisés, ne se quittaient pas. "Je te veux, Simon..."
"Prends-moi."
"Me voila..." dit Manfred et Simon sentit qu'il commençait à pousser.
Une pression légère, mais qui augmentait peu à peu, jusqu'à ce qu'il se sente se dilater et qu'il le sente commencer à glisser en lui lentement, attentif, mais aussi fort et décidé.
Le soldat trembla violemment et s'arrêta à mi chemin : "Oh, Simon, je vais jouir... c'est trop bon, je vais jouir !"
"Peu importe, pousse..."
"Je voulais... prendre du plaisir, t'en donner, mais... bon dieu, je ne peux plus me retenir... je suis trop excité... si je bouge, je jouis..."
"Pousse, entre tout en moi."
"Oh, Simon..." gémit-il transfiguré par le plaisir. Et il poussa à fond et sombra en lui et il jouit dans un long râle, tremblant de tout son corps même après avoir déchargé. "Oh, mon dieu, je ne voulais pas jouir aussi vite... pardonne-moi, mon amour !" s'exclama Manfred la voix rauque, toujours tremblant.
"Redis-le." Dit Simon, ému.
"Pardonne-moi..."
"Non, l'autre mot !"
"Mon amour !" dit Manfred en souriant doucement.
"Encore..."
"Mon amour !" répéta-t-il et il se pencha vers lui pour l'embrasser. Simon le serra contre lui avec force et l'embrassa passionnément, longtemps.
Puis il demanda d'une toute petite voix : "Tu le penses vraiment ?"
"Oui, je t'aime, Simon. Crois-moi, je t'aime."
"C'est trop beau... non, reste en moi. Tu m'aimes et je suis à toi."
"Je n'ai jamais ressenti pour personne ce que j'éprouve pour toi. Je t'aime, Simon, vraiment, je t'aime."
"Et je suis à toi. Embrasse-moi encore."
Manfred l'embrassa et Simon lui effleura les tétons, et il sentit le membre du beau soldat tressaillir en lui. Il poussa le bassin contre son giron et se frotta contre et il sentit le sexe sursauter à nouveau en lui. Alors Manfred commença à bouger en lui, d'avant en arrière, avec une grande douceur, à nouveau pleinement excité.
"Oh, Simon... j'ai de nouveau envie de toi..."
"Je le sais, mon amour... je le sens..." dit-il heureux, appréciant pleinement le frottement de ce sexe puissant et chaud sur son sphincter qu'il contractait en rythme pour augmenter le plaisir de l'homme dont il avait compris qu'il l'aimait. Spontanément il mit en œuvre tout ce qu'il avait appris dans sa brève mais intense vie sexuelle, et très vite il vit l'expression du visage de son Manfred devenir intense et lumineuse.
"Simon, mon amour... c'est bon, non ?"
"Merveilleux. Tu es fort, tu es mon homme."
"Je t'adore."
"Je suis à toi."
"Tu es magnifique, Simon. Magnifique et à moi. Tout à moi." Murmura le soldat en serrant, comme dans un geste de possession, le sexe de Simon qu'il manipulait avec une douce vigueur, tout en continuant à imprimer à sa virilité frémissante des à-fonds passionnés.
Simon sentit l'orgasme le submerger, presque à l'improviste et il s'agita avec force sous le corps de son amant, gémissant et tremblant, jusqu'à décharger à longs jets, puissamment. Manfred le sentit jouir et la jouissance de Simon déchaîna la sienne : ses poussées se firent encore plus vigoureuses et rapides et lui aussi, alors que Simon tremblait encore dans ses derniers spasmes de plaisir, il plongea à fond en lui et pour la deuxième fois, il déchargea en lui avec un intense tremblement. Alors il se laissa retomber sur le corps de Simon, puis le serra et l'embrassa avec fougue.
Haletants, ils se détendaient petit à petit, encore secoués de sursauts de plaisir. Simon sentait le cœur du soldat battre avec force et en rythme avec le sien et il sentit que leurs corps avaient atteint la fusion parfaite que les amants recherchent toujours. Oui, ils s'appartenaient vraiment, maintenant. La joie que Simon en conçut fut si forte que ses yeux se remplirent de larmes.
Manfred s'en aperçut et comprit la cause de ces yeux humides, il murmura : "C'était vraiment magnifique, non, mon Simon ?"
"Je n'ai jamais rien ressenti de tel, à ce jour. Merci, mon amour, merci."
"Merci à toi, mon cœur. Tu es mon bonheur."
Ils étaient enlacés, jouissant de cette douce intimité, quand sonna la première cloche du couvre feu. Ils se détachèrent à contre-cœur et se rhabillèrent. Il était dur de se séparer après ce qu'ils venaient de vivre dans les bras de l'autre. Ils se donnèrent un dernier baiser et Manfred s'en alla, sans un mot. Simon éteignit, se glissa sous les couvertures, pour rejoindre avec plaisir la chaleur que leurs corps y avaient laissé et, alors que sonnait le couvre feu, il glissa dans le sommeil, le cœur, la tête et le corps pleins de son Manfred.
Simon rayonnait de bonheur. Le garçon, gentil par nature, était désormais particulièrement attentionné avec tous les soldats si bien qu'il devint vite un peu la mascotte de tous et nombre lui faisaient de petits cadeaux : des objets faits par eux, des friandises et même parfois un habit.
Ceux qui savaient un peu de français essayaient de parler avec lui, mais Simon commençait à comprendre quelques mots d'allemand. Ils étaient aussi tous contents de son travail : blanchisserie et repassage et le capitaine lui-même lui fit compliment.
Manfred lui avait fait voir ses dessins, et lui en avait donné quelques uns et Simon les gardait dans son armoire comme un trésor.
Il était à la caserne depuis quatre mois. Manfred était de garde. C'était un jour gris et un peu froid. Simon étendait les draps bien régulièrement, dans la cour derrière la buanderie, joyeux et souriant comme toujours.
"Ohé, Simon !" dit une voix derrière lui. Il se tourna, c'était Alfred. Il le salua d'un sourire. Le soldat lui prit des mains le panier avec le derniers draps et le posa par terre.
Simon le regarda l'air interrogateur et demanda : "Tu fais quoi ?"
Le soldat, en guise de réponse, l'attira vers lui et se mit à déboutonner son pantalon.
"Hé, que fais-tu ? Arrête !" dit-il d'un ton inquiet, en tentant de lui échapper.
"Tu donnes ton cul à Manfred, je sais ! Toi maintenant donner à moi aussi, non ?" dit-il en le tenant d'un bras et en continuant à se battre avec sa braguette.
"Non, s'il te plait... non... arrête, Alfred." Gémit Simon en se débattant, mais Alfred continuait.
"Tu fais Alfred content et Alfred pas dire capitaine. Si capitaine savoir, capitaine chasser Simon et mettre Manfred prison. Si me donner ton cul, Alfred rester silence." Dit-il à voix basse, en faisant glisser le pantalon sur les genoux de Simon. Ce dernier, à cette menace, cessa de lutter : il ne voulait pas perdre Manfred. L'homme sourit et répéta : "Tu donner petit cul Alfred et Alfred muet." Et baissant son pantalon, il sortit un sexe déjà dressé et dur, fit se tourner le garçon, humecta son trou, le saisit par les hanches et l'enfila en trois ou quatre coups énergiques.
"Ah, bon garçon." Dit Alfred en commençant à pomper vigoureusement.
Simon subissait ce vigoureux assaut en silence, espérant juste qu'il se soulagerait vite et lui ficherait la paix. Il sentait ce sexe massif fourrager en lui à un rythme puissant et rapide, étroitement serré par son doux et chaud canal, mais cela ne l'excitait pas. Peu après, Alfred grogna à voix basse et se mit à marteler violemment en lui, jusqu'à ce que, soulevant presque le garçon, il appuie son bassin sur ses fesses et décharge en lui, en chuchotant à son oreilles des mots allemands d'une voix rauque de plaisir. Puis il le laissa aller.
Pendant que Simon ajustait ses habits, la tête basse, l'homme lui donna une petite claque sur le dos : "Toi bon garçon. Tu donner ton petit cul Alfred et Alfred pas dire à capitaine, hein ? Et pas dire Manfred, comprendre ?" dit-il. Simon se taisait. "Comprendre ?" demanda-t-il encore. Simon acquiesça : comment aurait-il pu en parler à Manfred ? Alfred caressait ses fesses : "Cul bon, ya. Alfred joui bon." Et il s'en alla. Simon reprit le panier et recommença à étendre les draps. Alfred reviendrait pour le prendre. Et il ne pourrait que subir, pour ne pas perdre son amant.
Quand il revit son Manfred, il ne lui dit rien. Mais ils firent l'amour et quand son amant le prit, il se sentit comme régénéré, purifié par l'amour du beau soldat. Il se donna avec une passion renouvelée, heureux de le voir jouir de lui.
Manfred, après, lui dit avec sa douceur habituelle : "Aujourd'hui, tu m'as paru plus chaud que jamais. Tu es magnifique, je t'aime."
"Tu ne m'abandonneras jamais, hein ?" dit Simon en pensant à Alfred, craignant qu'un jour Manfred vienne à le savoir.
"Non, bien sûr, tu le sais." Répondit Manfred en le caressant.
"Quoi qu'il advienne ?" insista Simon en le regardant l'air suppliant. Manfred le caressa tendrement et lui murmura :
"Oui, quoi qu'il advienne. Tu es tout, pour moi."
Simon s'habitua aux attentions d'Alfred. Il ne venait pas souvent, pas plus d'une ou deux fois par semaine. Il le prenait rapidement, avec force, se soulageait et partait. Quand ils étaient avec d'autres, Alfred le traitait comme toujours.
Un matin, à la buanderie, arriva Otto, un soldat de trente quatre ans, un ami d'Alfred. Il parlait moins bien français qu'Alfred, mais quand il eut laissé son linge sale et pris le propre, il lui dit avec un sourire tranquille : "Alfred dire toi gentil. Otto aussi vouloir toi gentil. Toi viendre avec Otto après déjeuner, vrai ?"
"Je ne comprends pas..." dit Simon, qui avait peur d'avoir trop bien compris.
Otto posa sa main en coupe sur sa braguette et dit avec un sourire malicieux : "Tu faire plaisir à ça, non ? Alfred dire ça. Tu venir après déjeuner avec Otto, non ?"
"Où ?" demanda-t-il résigné et désespéré.
"Otto savoir bon endroit. Toi venir avec Otto. Et Otto pas dire capitaine kleiner Simon et Manfred. Bien, non ?"
"Comme tu veux." Dit-il l'air fatigué.
Après le repas, Otto lui fit signe de la tête pour l'inviter à le suivre. Il l'emmena au magasin, derrière une pile de caisses.
Simon allait baisser son pantalon, mais Otto le poussa à genoux et, sa braguette ouverte, il lui mit son sexe devant le visage : "Tu ouvrir bien bouche." Dit-il excité en saisissant des deux mains le visage du garçon qu'il guida vers son membre à moitié raide.
Il ne l'avait pas aussi grand et long qu'Alfred, et il courbait un peu vers le côté. Otto le lui enfila entre les lèvres écartées. Simon ferma les yeux et, pendant qu'Otto poussait à fond, il sentit l'odeur acre de son sexe. Otto lui tenait la tête fermement et il entama un va-et-vient au rythme soutenu dans sa bouche. "Sucer, bouger langue !" lui ordonna-t-il. Simon obéit. "Ainsi bien." Dit-il, satisfait, en continuant à fourrager dans sa bouche.
Simon se dit qu'il devait le faire jouir vite : plus vite il jouirait, plus vite il lui ficherait la paix. Il y mit tout son art : il caressait et palpait le sac lourd de ses bourses, et il travaillait de la langue sur le sexe, de manière à lui procurer le plus possible de plaisir. Et de fait, Otto se mit vite à vibrer comme la corde d'un violon et déchargea à jets puissants dans la gorge de Simon qui avala à grande gorgées cette charge de sperme tiède.
Otto se retira alors de la bouche du garçon et rajusta son pantalon. Simon se leva, enleva la poussière aux genoux de son pantalon.
Otto était satisfait : "Oui. Toi bon. Presque comme femme, oui. Quand Manfred de nouveau sentinelle, Otto viendre, hein ? Et toi faire Otto plaisir."
Simon alla se rincer la bouche à l'eau fraîche, abondamment pour enlever le goût aigre qu'il gardait. Puis il revint à la garde-robe. Il espérait que ces deux-là ne répandraient pas la combine : il ne voulait pas devenir la putain de tout le monde dans cette caserne. Et quand il vit Alfred, il le lui dit.
Alfred rit et répondit : "Non, mais mon ami Kurt... moi dire juste encore à ami Kurt. Lui et c'est tout, ça te va ?"
"Je préfère pas..." gémit Simon.
"Seulement ami Kurt. Lui gentil. Et lui mon bon camarade. Tu fais juste encore Kurt, puis Alfred et Otto. Puis plus, parole. Bon ?"
"Ça va. Mais après plus personne, hein ?"
"Oui, toi pas putain, toi brave garçon. Après plus, d'accord ?"
Ce soir-là, quand les amant se retrouvèrent, à peine furent-ils nus que Simon voulut sucer Manfred. Il n'avait encore jamais senti son goût et maintenant il voulait le connaître, comme pour oublier celui d'Otto. Il le fit s'étendre sur le lit, s'installa entre ses jambes et commença à le lécher puis le sucer avec passion : que c'était différent ! Il aimait cet homme et son sexe. Il aimait le sentir frémir dans sa bouche, ce n'était pas un corps étranger comme avec Otto.
Manfred frémissait : "Oh, Simon... que c'est bon... tu me rends fou, comme ça... je n'osais pas te le demander..."
"Pourquoi ? Si tu en avais envie, il fallait me le dire."
"Je ne savais pas que tu aimais ça."
"Pour toi je ferais n'importe quoi, tu le sais. N'importe quoi. Parce que je t'aime, toi, tu le sais." Dit-il avec passion.
"Alors tourne-toi : je veux te le faire aussi." Murmura-t-il excité, en tirant vers lui le bassin de Simon.
Ils s'unirent en un soixante-neuf passionné, se suçant l'un l'autre et Simon réussit à oublier Otto et les autres. Ils firent l'amour, longtemps extasié l'un par l'autre dans une spirale de plaisir. Et quand enfin Manfred laissa partir sa charge de sperme, Simon la goûta, la savoura : c'était doux, c'était le goût de son homme. Il était comme ivre et à son tour il se laissa aller dans la bouche de son Manfred qui le but goulûment.
"Que c'est bon, Simon." Soupira Manfred en se retournant sur le lit pour l'enlacer. Il l'embrassa puis dit, heureux : "Je t'aime tant. Et maintenant... maintenant je connais aussi ton goût."
"Et moi le tiens. Et je l'aime."
"Tu sens le mâle, tu es mon homme. Ton corps devient de plus en plus adulte et beau. Quand la guerre sera finie, tu viendras vivre avec moi ?"
"Ce serait bien... mais finira-t-elle jamais, cette guerre ?"
"Bien sûr qu'elle finira. Et alors, tu viendras vivre avec moi ?"
"Oui, toi et moi seuls, ensemble à jamais."
"Je t'aime tant."
"Moi aussi, Manfred. Sers-moi fort. J'ai besoin de sentir que je suis à toi."
Avant, cela ne l'avait jamais embêté de coucher avec plusieurs hommes, bien au contraire. Mais à présent, seul Manfred existait pour lui. Devoir satisfaire les autres lui pesait. Même s'il se répétait que ce n'était que de la baise, rien de plus qu'un rapport physique sans signification, il aurait voulu pouvoir s'y soustraire. Et y être obligé lui pesait énormément.
Quand Manfred fut de nouveau de garde, au quart de nuit, Kurt lui murmura pendant le dîner : "Après, je pouvoir trouver toi dans garde-robe, correct ?"
Simon regarda la tablée en se demandant si d'autres avaient entendu, mais il comprit que, sauf Alfred qui lui fit un clin d'œil, personne n'avait rien remarqué. Alors il fit un bref oui de la tête. Kurt lui sourit et, à son tour, lui fit un clin d'œil. Mais Simon ne voulait pas que Kurt profite du lit qui était le témoin de son amour pour Manfred. Il se demanda où il pouvait emmener Kurt. Peut-être au magasin. Ou à la buanderie. Alfred le prenait parfois dans la petite cour, entre les draps qui séchaient, comme la première fois. Otto, lui, allait presque toujours au magasin, mais deux ou trois fois il s'était fait sucer à la cave, près des chaudières.
Quand Kurt arriva, Simon se demandait encore où l'emmener. Kurt le salua : "Alfred dire toi et moi pouvoir faire ces choses. C'est vrai ?" lui demanda-t-il, un peu gêné.
"Oui, c'est vrai. Mais où ?"
"Je... tu me plais. Toi très beau garçon. Me faire penser à petit ami j'avais à Dresde."
"Tu avais un petit ami ?" demanda Simon stupéfait : les deux autres ne lui parlaient que de femmes, et Kurt était le premier à admettre qu'il préférait les hommes.
"Oui, lui nom Damian. Moi beaucoup aimer lui. Lui dix-huit ans. Mais après lui marin."
"Il te manque ?" demanda Simon.
"Pas savoir si lui vivant, si aller bien... Toi très beau. Alfred savoir moi aimer hommes et... dire toi petit ami Manfred. Mais que toi gentil aussi avec lui et peut-être avec moi. Vrai ?"
"Alfred dit que si je ne suis pas gentil avec lui, il me dénonce au capitaine et je ne veux pas perdre Manfred." Dit Simon.
"Alors toi préférer pas faire avec moi. Je comprendre. Ich... je pas vouloir profiter toi, même si toi plaire moi."
""Kurt, merci. Mais si Alfred le sait, il me dénoncera, alors... où allons-nous ?"
"Non, moi pas vouloir comme ça..." dit Kurt en secouant vigoureusement la tête.
"Ça ne change pas grand chose, à ce stade. Et toi, au moins, tu es honnête. Je le ferai aussi avec toi. Où allons-nous ?"
"Vraiment, toi d'accord faire avec moi ?" demanda-t-il en le dévisageant comme s'il voulait lire ses pensées.
"Mais oui... où ?"
"Je... je pensais... venir avec moi ?"
"Oui..."
Il le suivit. Kurt était affecté à la table des officiers. Il l'amena à la cantine et, sortant la clé, il ouvrit la porte de la réserve du mess des officiers. Du vin de garde, du jambon de Parme, plein de dons de Dieu. Kurt referma la porte.
Il étendit par terre quelques sacs vides : "Ici être sécurité. Mais toi vraiment vouloir ?"
"Oui..." répondit sincèrement Simon.
Kurt l'embrassa alors sur la bouche, en lui caressant l'entrejambe : "Toi doux, Simon. Kurt avoir envie Simon..."
Cette fois, Simon sentait son excitation monter : il était touché par la gentillesse de l'homme. A son tour il caressa la braguette gonflée de Kurt et il lui dit : "Déshabille-moi, Kurt, et déshabille-toi."
Kurt, reconnaissant, sourit et il commença à le mettre nu. Il le caressait et l'embrassait partout. Simon s'abandonnait. Certes, ce n'était pas Manfred, mais au moins c'était agréable. Il n'était pas aussi beau que Manfred, un peu trapu, mais pas si mal que ça.
"Tu faisais quoi, avec ton petit ami ? Dis le moi, il te faisait jouir comment, lui ? Je veux te faire jouir pareil."
"Lui... Damian suçait moi, puis moi prenait lui." Murmura Kurt visiblement ému.
Simon se mit à genoux devant lui et commença à sucer son sexe en érection pendant qu'il lui caressait les cheveux et le dos : "Oh, Simon, toi très bon, toi comme mon Damian... Oooh, oui... bon..." gémit-il, puis il se retira et l'embrassa sur la bouche, en lui caressant le sexe : "Kurt pouvoir prendre Simon, maintenant ?"
Simon se tourna pour s'offrir. Kurt ne le prit pas tout de suite, il commença à frotter longtemps son gland entre ses fesses, à lui exciter le trou, tout en caressant, excité, la poitrine et le sexe. Puis il le pénétra, lentement, comme de peur de lui faire mal. Simon le sentit entrer et glisser en lui. Son sexe était plus fin mais plus long que celui de Manfred. Il savait y faire et d'évidence se souciait de lui donner du plaisir.
"Oh, Simon, être bon faire avec toi, très bon." Dit Kurt en haletant de plaisir. "Moi payer beau garçon, une fois, mais pas bon comme toi. Toi spécial. Manfred beaucoup chance."
Simon avait du plaisir, mais quand Kurt nomma Manfred, il se sentit coupable. Kurt lui plaisait. Pas comme Manfred, bien sûr, c'était différent, mais agréable. Il n'y avait pas l'amour qu'il avait pour Manfred, rien que du plaisir, mais pas que physique, et ça le culpabilisait. Avec Alfred et Otto, il n'y avait pas de plaisir, c'était plus facile à supporter. Mais Kurt était gentil, passionné : il ne le baisait pas, il lui faisait l'amour. Il le prenait avec une tendresse extraordinaire, même s'il bougeait en lui sans y mettre moins de virilité qu'Alfred ou de passion qu'Otto.
Quand Kurt jouit en lui, en l'embrassant sur le cou, Simon jouit aussi, à grands jets, dans la main chaude et douce de Kurt. Ils restèrent immobiles un moment et Kurt lui caressait la poitrine et le ventre. Puis il se détachèrent.
Pendant qu'ils se rhabillaient, Kurt vit l'expression songeuse de Simon : "Quoi passer, garçon ? Quoi penser toi ?"
"Je me sens coupable... pour Manfred. Avec Alfred et Otto, je n'ai pas de plaisir, mais avec toi si : tu me plais."
"Comprendre... Toi aimes Manfred, hein ?"
"Oui, je l'aime. Et il m'aime."
"Comprendre. Peut-être mal moi prendre toi. Mais désirer toi tellement... Toi pardonner Kurt ?"
"Tu es gentil, Kurt. Si je n'avais pas Manfred... tu me plais beaucoup, ça m'a beaucoup plu. Mais j'aime Manfred."
"Je... je content avoir fait avec toi. Mais plus faire si toi mal. Moi respecter sentiments Simon."
"Pourtant... il faut que je continue avec Otto et Alfred. Alors, pourquoi pas avec toi ? Toi au moins, tu es gentil et sympa."



Les choses tournaient mal, pour l'armée allemande. La retraite commença. Au début, on parlait juste de repli stratégique, mais vite il devint clair que ce n'était rien de moins qu'une retraite. Les résistants étaient de plus en plus entreprenants et dangereux. Et même le régiment avec lequel Simon était dut abandonner la vieille école et commencer la retraite. Ils s'affairaient tous à charger le matériel de guerre dans les camions et à détruire ce qu'ils ne pouvaient pas emporter.
Manfred dit à Simon : "On va vers des jours difficiles, dangereux pour nous. Tu ferais peut-être mieux de rester ici, parmi les tiens."
"Non ! je ne veux pas te quitter. C'est toi, les miens, désormais. Je ne veux pas. Je viens avec vous."
"Moi non plus je ne veux pas qu'on se quitte, mais tu sais comme les résistants sont sans pitié pour ceux qui étaient de notre côté. Tu risques plus que nous, si on doit tomber entre leurs mains. Je ne veux pas qu'ils te fassent du mal."
"Je ne veux pas te quitter. Et puis, vous êtes plus de cent, bien armés. Que veux-tu que les résistants vous fassent ? Tout ira bien, tu verras. Je veux venir avec vous."
"Je ne sais pas si le capitaine voudra."
"J'irai lui parler." Dit Simon résolu. "Tu seras mon interprète."
Quand ils furent devant le capitaine, Simon dit : "Capitaine, je vous ai bien servi."
"Oui, c'est vrai. Tu as été un employé modèle. Tu veux une récompense, de l'argent ?"
"Non, capitaine, je veux venir avec vous."
"Tu es un civil, et français, de plus."
"Capitaine, ici tout le monde sait que je travaillais pour vous. Si je reste ici, ils me tueront, dès que vous aurez tourné le dos. Emmenez-moi, je vous en prie. Je crois que je vous serai encore utile et je mange peu et je ne vous ferai pas d'ennuis."
"Les hommes sont contents de ton travail, tu pourrais peut-être aider le cuisinier et soulager un soldat de cette tâche. Je vais y penser et je te donne ma réponse."
"Si vous ne m'emmenez pas, autant que vous me tuiez : ce sera moins violent que si les résistants s'en chargent." Insista Simon la voix décidée. Manfred traduisait, inquiet. Puis il dit quelque chose en allemand au capitaine, qui répondit en acquiesçant.
"Le capitaine dit que c'est bon. Pour le moment tu nous suis." dit Manfred, visiblement soulagé.
"Merci Capitaine. Je ne serai pas un poids, je le jure." dit Simon, souriant et heureux.
Ils partirent. Simon monta dans le camion où étaient Manfred, Alfred, Kurt et Otto. La longue colonne quitta la ville aux premières lueurs du jour. Les rues étaient désertes, les fenêtres fermées. Les gens du coin, derrière les persiennes, épiaient avec joie et soulagement la colonne qui s'éloignait. Mais l'ennemi était encore fort, il pouvait revenir, et par prudence nul n'osait manifester ses sentiments.
La retraite fut longue et lente. Les résistants lançaient des attaques, rapides et brèves, causant au convoi des dommages pas sérieux mais continuels. Puis alors que la colonne allemande traversait tranquillement un pont suspendu, il y eut une terrible explosion et le pont fut pulvérisé. Trois camions et une jeep sautèrent avec le pont, et la colonne fut coupée en deux. La jeep du capitaine et le camion de Simon avaient déjà traversé. Le capitaine était furieux. Il demanda qui avait contrôlé le pont avant la traversée. Les responsables étaient justement ceux qui avaient sauté. Le capitaine ordonna, par radio, à ceux qui étaient restés sur l'autre berge, de suivre la rivière jusqu'à trouver un pont ou un gué pour rejoindre la tête de la colonne. Et ils partirent sur leur berge. Ceux qui avaient passé le pont se rassemblèrent, ils étaient quarante-cinq. Une vingtaine avait péri sur le pont et trente cinq hommes environ restaient sur l'autre rive.
Comme le capitaine l'avait craint, les résistants attaquèrent à plusieurs reprises le groupe resté sur l'autre rive et le capitaine vit, impuissant, l'autre colonne diminuer peu à peu. La nuit, une série d'explosions se fit entendre sur l'autre rive, suivies d'une rafale de mitraillettes. Ça dura presque trois heures. Puis le silence. A l'aube, une épaisse fumée noire montait du lieu du reste de la colonne, mais aucun mouvement n'était visible. Le capitaine regarda longtemps dans ses jumelles. La rivière était trop puissante pour essayer de la traverser sans bateau. Alors, après avoir longtemps regardé sans voir signe de vie, le capitaine donna ordre de reprendre la marche.

CHAPITRE 6
Pris Comme des Rats

Les hommes étaient abattus et taciturnes. Ils sentaient la fin peser sur eux comme une chape de plomb. Ils arrivèrent à l'endroit où ils étaient sensés rejoindre une autre colonne, mais il n'y avait dans les parages aucune trace de la colonne ou de son passage. Il y avait un village un peu plus loin. Le capitaine y envoya trois hommes en éclaireurs. Ils revinrent après quelques heures : le village était en fête et la seule trace d'allemands, c'était trois soldats morts, pendus à un arbre. Les villageois avaient des armes allemandes et anglaises...
Le capitaine décida de s'éloigner du village. Mais ils devaient avancer à l'aveuglette. La radio portable n'arrivait à contacter aucun émetteur allemand.
La nuit, Simon dormait à côté de Manfred. Ils ne pouvaient pas faire l'amour, mais, en profitant de l'obscurité, ils se tenaient la main pour se réconforter l'un l'autre, pour se dire leur amour.
Le jour, Simon préparait les rations pour tous. Ils allait faire provision d'eau quand ils trouvaient un ruisseau d'eau claire. Il aidait à charger et à décharger quand ils faisaient halte.
Pendant une semaine, rien ne se passa. Puis les résistants recommencèrent à attaquer. Il y eut un bataille longue et acharnée. Tous les résistants furent tués, mais après le combat la colonne ne comptait plus que dix-sept hommes en vie. Tout le groupe de Simon s'en sortit, sauf un soldat tombé tout au début de l'embuscade.
Le capitaine fit choisir aux hommes les trois camions dans le meilleur état, leur fit rassembler tout ce qui pourrait servir et les plaques d'identité des soldats morts, fit brûler tout ce qui restait et, monté dans le camion où étaient aussi Manfred et Simon, il donna l'ordre de partir.
Cela faisait douze jours qu'ils voyageaient quand le camion qui ouvrait la marche sauta sur une mine. Ils n'étaient plus que onze, maintenant. Le capitaine décida de quitter la route et de partir à travers les champs vers la vallée. Tôt ou tard ils trouveraient une ville, et son intuition lui disait que les villes seraient ce que les allemands abandonneraient en dernier.
Ils étaient en vue d'un vieux moulin un peu en ruine, mais aux murs solides. Le capitaine donna ordre d'y aller. Ils y étaient presque quand, dans leur dos, retentit le bruit de moteurs.
"Les nôtres ?" demanda un des hommes en se mettant debout sur le camion pour mieux voir.
"A terre !" cria le capitaine, "vite, au moulin, qui que ce soit. C'est peut-être des résistants !"
Ils étaient à l'entrée quand éclata une rafale de mitraillette et trois camions civils apparurent d'une courbe du chemin. Trois soldats allemands furent fauchés.
Les allemands, dans un tir fourni vers les trois camions ennemis, se précipitèrent dans le moulin, tous en armes.
Une quarantaine d'homme sortit des camions, il se dispersèrent en éventail et encerclèrent le moulin. Les allemands n'étaient plus que huit.
"On est faits comme des rats, capitaine ! Rendons-nous !" cria un soldat d'un ton désespéré.
Simon, touché par ce ton, demanda à Manfred ce qu'il venait de dire. Et Manfred le lui traduisit à voix-basse.
"Tu ne crois pas qu'ils nous tueraient aussi, soldat ?" demanda le capitaine, l'air sombre.
"Non, pas si on sort le drapeau blanc."
"Si tu veux essayer, essaie. Ils vont t'abattre dès que tu seras à découvert. Ce ne sont pas des soldats, ceux-là. Ce sont des résistants. Ça te parle, soldat ?"
"Laissez-moi essayer, capitaine, je vous en, prie."
"Laisse tes armes ici et essaie. Adieu, soldat."
"Mais capitaine, ils vont le tuer. Et nous ne sommes que huit." Protesta un autre.
"Ça ne change rien. Il mourra avant nous." Dit le capitaine d'une voix triste.
Le soldat improvisa un drapeau blanc et l'agita par la porte entrouverte. Les tirs cessèrent. Le soldat sortit, les mains en l'air, en tenant encore le drapeau d'un bras et marcha vers les camions des résistants. Un coup sec retentit et la tête du soldat sembla exploser. Simon, qui le suivait des yeux à la fenêtre du premier, ferma les yeux et se cacha contre Manfred. Ce dernier le caressa, indifférent à la présence des autres. Il leur restait si peu à vivre, de toute façon.
Le siège dura quatre jours. Les hommes dans le moulin étaient décidés à vendre cher leur peau. Mourir pour mourir, ils voulaient emmener autant d'ennemis que possible avec eux dans la tombe.
Il y avait des heures de calme, de silence, où rien ni personne ne bougeait. Simon portait à manger aux sept hommes répartis aux points stratégiques. Puis soudain de sauvages fusillades éclataient. Puis le silence, à nouveau.
Pendant qu'Otto montait la garde, Manfred et Simon étaient étendus côte à côte. Indifférent à Otto, Simon ouvrit la braguette de son amant, baissa un peu son pantalon et s'offrit à Manfred. Qui le prit. Otto sourit, mais tourna la tête et regarda ailleurs. Ils firent l'amour avec la passion du désespoir. Ils savaient que ce serait peut-être la dernière fois. Simon voyait les œillades rapides d'Otto et lisait le désir dans ses yeux. Pendant ce temps Simon le prenait avec sa passion habituelle et lui murmurait des mots d'amour déchirants. Simon prenait plaisir à la tendre vigueur de son amant, mais il était conscient du gonflement apparu entre les jambes de l'homme de garde. Même à deux pas de la mort, l'amour ou simplement le désir réclamaient leur dû. Lui et son Manfred seraient bientôt morts.
Quand Manfred atteignit l'orgasme, Simon le prit dans ses bras.
"Manfred ?"
"Oui, mon amour."
"Ne te mets pas en colère, mais... Otto a envie. On va tous mourir. Je peux lui donner du plaisir ?"
"Oui..." dit-il d'une voix étrange. Puis il l'embrassa et demanda dans un soupir : "Mais tu m'aimes, non ?"
"Bien sûr, je n'aime que toi, tu le sais."
"Je vais prendre sa place."
"Mais ne regarde pas... j'aurais honte..."
Manfred acquiesça. Il s'approcha de son camarade : "Va, Otto. Simon t'attend."
Otto le regarda stupéfait, puis acquiesça. Il s'approcha de Simon qui était assis par terre, le dos au mur. Simon, sans un mot, le fit se mettre à califourchon sur lui, ouvrit la braguette tendue, en sortit le sexe raide et se mit à le lécher et à le sucer avec une passion qu'il n'avait jamais eue quand l'homme profitait de lui à la caserne. Otto appuyait les mains au mur, tremblant, et regardait un peu gêné vers Manfred. Ce dernier regardait dehors, comme s'il ne voulait pas voir ce qui se passait. Otto frémit encore plus fort, en proie à un plaisir incroyable. Il aurait voulu gémir, mais il se restreignait par respect pour Manfred. Et, en silence, il se vida dans la bouche accueillante de Simon.
Sans rien dire, il remit son pantalon puis fouilla dans ses poches et en sortit un pendentif en or qu'il tendit à Simon : "Ceci mon porte-bonheur... le tien, maintenant, garçon..." Simon allait refuser mais le regard d'Otto, visiblement ému, le poussa à accepter. Il remercia d'un signe de la tête et le mit en poche.
Otto retourna à la fenêtre. "Danke..." murmura-t-il à Manfred. Manfred acquiesça avec sérieux.
Simon se glissa près de Manfred et lui dit : "Je vais voir les autres hommes."
Manfred comprit et fit oui de la tête.
Simon alla voir Alfred. Il le trouva couché près d'une fenêtre et près de lui il y avait Heinrich.
"Tu veux me prendre, Alfred ?" demanda-t-il.
L'homme demanda quelque chose à son compagnon, lequel sourit et acquiesça. Alfred posa sa mitraillette près d'Heinrich et se glissa près de Simon, qui baissa son pantalon et se mit à quatre pattes. Il lui caressa les fesses, y posa un petit baiser, et dit : "Toi bon garçon..." puis il le saisit par la taille, le prit et en jouit. Simon eut l'impression que, bien qu'il le prenne encore avec sa vigueur habituelle, l'homme se montrait cette fois plus délicat qu'à son habitude. Et cette fois, Simon aussi éprouva du plaisir à cette baise pas imposée. Alfred jouit. "Danke, Simon..."
"Demande à Heinrich s'il veut aussi." Dit Simon.
Alfred parla à son camarade, qui accepta. Alfred prit la garde pendant que le soldat approchait de Simon qui l'attendait à genoux par terre, le pantalon encore baissé. Heinrich lui caressa les fesses avec un désir évident. Simon lui ouvrit la braguette et en sortit un beau sexe qui commençait à durcir, le caressa, puis il se mit en position. Le jeune soldat se mit derrière lui et l'enfila avec un petit gémissement de plaisir, puis il se mit à fourrager en lui à coups brefs et rapides, continuant à gémir doucement, en proie à un plaisir croissant. Rapidement, il déchargea en lui, haletant et en lui tâtant tout le corps.
Simon fit le tour du moulin, s'offrit au gentil Kurt, puis à son camarade Hans. Enfin, il alla voir le capitaine. Il était étendu, les yeux clos, et se reposait.
Simon s'approcha et l'appela : "Capitaine ?"
"Qu'y a-t-il, Simon ?" demanda-t-il d'un air fatigué.
"Avant que nous ne mourions tous, je voudrais faire l'amour avec vous."
"Tu... toi pas avec Manfred ?"
"Vous le saviez ?"
"Je toujours su. Depuis premier jour." Répondit-il en souriant. "Manfred sait toi ici ?
"Oui... désormais..."
"Non merci. Toi beaucoup... dire comment... plaire moi ? Mais non, merci. Va avec ton Manfred. Rester petit temps..."
Simon comprit. Il retourna vers Manfred : "Maintenant je ne te laisserai plus, tant que nous vivrons." Dit-il tendrement.
Manfred lui sourit et lui caressa les cheveux tendrement. Ils gardèrent le silence, appuyé l'un sur l'autre. Soudain, les résistants reprirent l'assaut, furieux.
Le capitaine appela les hommes et les réunit à l'étage, où ils remontèrent l'échelle et s'en servirent pour barricader la trappe. C'était leur dernière retraite, leur ultime résistance.
Les allemands économisaient leurs munitions, ils ne tiraient qu'à coup sûr. Les résistants par contre faisaient feu continu. Une grenade arriva, lancée à travers une des quatre fenêtres de la pièce. Otto se jeta dessus et explosa avec elle, sauvant ainsi ses camarades. L'avait-il fait pour eux, ou pour en finir ? se demanda Simon impressionné. Une balle atteignit Heinrich. Puis ce fut le tour d'Alfred... Kurt et Hans tombèrent presque ensemble. Manfred continuait à tirer quand le capitaine dit à voix haute : "Aufwiederseen!" et sortant son revolver, il se tira dans la tête.
Alors Manfred posa la mitraillette : "C'est fini..." dit-il à Simon. Il était livide.
Simon, ces derniers instants avait eu une idée fulgurante. Il descendit vite son pantalon, tendit une corde à Manfred et lui dit : "Ligote-moi et bâillonne-moi ! Vite !"
"Je ne comprends pas..."
"Vite, on a peu de temps. Puis tu te cacheras sur l'armoire. Je leur dirai que j'étais votre prisonnier et que vous êtes tous morts. Ils me croiront, ils ne fouilleront pas. Toi, tu resteras là-haut. Je reviendrai te chercher. Peut-être qu'il me faudra quelques jours, mais je reviendrai. Vite, c'est la seule façon... vite.."
Les résistants avaient cessé le feu. Manfred ligota son amant, le bâillonna et le mit dans un coin. Puis il grimpa sur la grande et vieille armoire. Il crut qu'il ne pourrait pas s'y cacher, mais il finit par s'aplatir entre son dessus et le plafond, caché par un linteau décoratif. Simon espérait qu'il était complètement invisible et que son plan marcherait.
Des voix arrivaient de l'étage inférieur. Les résistants entraient dans le moulin abandonné.
"Attention, il pourrait y avoir des survivants qui nous attendent..." fit une voix.
"On va entrouvrir la trappe et jeter deux grenades là-dedans..." dit une autre voix.
"C'est plus simple de les jeter par la fenêtre..." dit un autre.
Simon n'y avait pas pensé : tant pis, on mourra ainsi, pensa-t-il, résigné. Mais juste à cet instant une ombre attira son regard : quelqu'un grimpait de dehors. Une mitraillette apparut à une fenêtre, suivie par la silhouette d'un jeune homme, la mitraillette à la main. Il sauta à l'intérieur et il le vit. Il approcha, regarda les cadavres par terre et s'assura qu'ils étaient bien morts, puis il vint vers Simon et lui enleva son bâillon. La tension fit fondre Simon en larmes.
"Qui es-tu ? Tu es français, toi..." demanda le jeune homme en le regardant.
"Oui... j'étais leur prisonnier..."
"Et bien, on t'a libéré. Ils sont tous là ?"
"Tous morts... Enfin."
"Ton pantalon, ton slip, tiens..." dit-il après l'avoir détaché et pendant que Simon se rhabillait, il appela ses compagnons en bas : "Ils sont tous morts. Il n'y a qu'un garçon, ici, qu'ils gardaient prisonnier. L'échelle est ici, attention, j'ouvre la trappe et je descends l'échelle..."
"Tu es sûr qu'ils sont tous morts ? Personne ne se cache, peut-être sur le toit ?" demanda la voix en dessous.
"Non, ils sont tous morts : c'était les cinq derniers. Il n'en reste pas un en vie, de ces porcs. Et pourquoi ils t'ont ligoté comme ça, le pantalon baissé ?"
"Tu n'as pas une idée ? Ces salauds dégénérés..." dit Simon en tremblant, espérant être convainquant.
"Tu veux dire... qu'ils t'ont..."
"A tour de rôle, comme passe-temps... depuis deux semaines, depuis qu'ils m'ont fait prisonnier." Dit Simon, pleurant de tension.
Ils installèrent l'échelle et descendirent. Un homme monta voir mais il redescendit très vite en confirmant qu'ils étaient tous morts. Simon étouffa un soupir de soulagement. Ses jambes lâchèrent.
"Eh, ça va pas ?" lui demanda un homme en le soutenant.
Le jeune qui l'avait libéré dit tristement : "Tu m'étonnes, le pauvre garçon, ils l'ont violé pendant deux semaine, ces sales boches."
"Violé ?" demanda l'homme en écarquillant les yeux.
"Oui, je l'ai trouvé ficelé comme un saucisson avec même pas un slip sur le cul, le pauvre. Prêt à l'usage ! Enculés de schpountz !"
"J'ai faim..." dit Simon d'une toute petite voix.
"Viens, en bas on a trouvé les provisions de ces salauds. Viens manger quelque chose." Dit l'homme en le portant presque pour l'aider à descendre.
Simon jouait la faiblesse, mais en fait l'émotion de ces derniers instants lui avait vraiment coupé les jambes. Mais pour l'instant Manfred était sain et sauf.
Le bruit de ce que les allemands avaient fait au pauvre garçon se répandit de bouche à oreille et tous les résistants étaient pleins d'attention pour Simon. Ils lui demandèrent qui il était, ce qu'il faisait. Il raconta son histoire, omettant bien sûr les mois qu'il avait passé à la caserne, mais avouant même les cambriolages qu'il faisait avec Didier. Quand il dit avoir connu le capitaine Jacques de la brigade Voltaire, deux hommes qui l'avaient connu lui posèrent quelques questions auxquelles Simon répondit avec précision, gagnant ainsi leur confiance. Il le conduisirent à la ville voisine où était le comité de libération local. Là, Simon eut une surprise : Marcel, son vieux copain de l'orphelinat, faisait partie du comité. Marcel le reconnut tout de suite et, ravi, l'accueillit avec chaleur. Quand ils furent seuls, il lui présenta son amant, Christian, un garçon de dix-neuf ans, pas très beau mais très sympathique.
Marcel proposa à Simon de rester avec eux. Mais Simon pensait à son Manfred caché là-haut dans le vieux moulin. Il devait y retourner, le chercher et organiser la fuite. Il dit qu'il resterait quelques jours mais qu'il voulait partir vite, rejoindre son amant.
"T'as trouvé un amant ?"
"Oui, il m'attend à Aix-les-Bains."
"C'est loin d'ici, et ce coin est encore contrôlé par Pétain et les fascistes. Ce ne serait pas un fasciste, ton homme, hein ?" demanda Christian.
"Non, enfin je ne crois pas. Je sais juste que je l'aime et que je veux le rejoindre. J'y allais quand ils m'ont fait prisonnier."
"D'accord, remets-toi en forme et pars." Dit Marcel, "mais pour l'instant tu peux habiter avec nous, on a une chambre en ville, on mettra un matelas pour toi."
Simon se dit qu'il pouvait en profiter pour se faire donner une carte et des conseils pour éviter les contrôles : comme il n'avait pas de papiers, il pouvait se faire arrêter par les allemands comme par les résistants selon la zone qu'il devrait traverser.
"Pas de problème, je peux te faire des papiers." Répondit Marcel.
Ce soir là, Simon alla dormir chez Marcel. Il ne savait pas comment aller voir son Manfred. Pendant qu'il s'endormait doucement, il entendit Marcel et Christian faire l'amour. Il devinait leurs silhouettes étroitement enlacées qui s'agitaient sur le lit. La scène l'excita et il se masturba en rêvant que Manfred était avec lui.
Le lendemain matin, Christian partit tôt au centre de coordination où il devait prendre le premier poste.
Alors Marcel, en slip et maillot, vint s'asseoir au bord du lit de Simon : "Tu es vraiment devenu un beau mec, depuis la dernière fois que je t'ai vu. Tu n'étais alors qu'un enfant. Tu me plais beaucoup, tu sais ?"
Simon comprit au regard de Marcel ce qu'il coulait lui dire. "Tu n'aimes pas Christian ?" lui demanda-t-il.
"Bien sûr que je l'aime. Mais ça n'empêche pas que, face à un beau garçon comme toi..."
"Dis-moi, si mon mec était vraiment un fasciste... il faudrait que je le quitte ?" demanda Simon pendant que Marcel le caressait sous le maillot, en pinçant ses tétons.
"Mais non, c'est des conneries. Un homme c'est un homme. La guerre est finie, non ? Si je me suis fait résistant, c'est que mon amant d'avant l'était. Et Christian l'est aussi. S'il ne l'était pas, je pourrais être dans l'autre camp..." dit Marcel tout sourire et sa main s'aventura à caresser sous le slip de Simon, "allez, faisons l'amour..." dit-il, excité, en lui palpant le sexe qui commençait à réagir.
"Marcel... mais si Christian le sait ?"
"Il ne manquerait plus que ça ! Il m'arracherait les yeux, il me tirerait dans la tête. Mais doit-il le savoir ? Touche-moi aussi, sens comme je suis dur..."
"Si... si tu m'aidais... je te promets une baise que tu n'es pas près d'oublier. Tu sais, je suis devenu doué..." dit Simon en le caressant entre les jambes, à travers le coton de son slip, affichant un sourire provocateur.
"Que veux-tu ?" demanda Marcel, excité.
"Si tu me jures de garder le secret, je ne dirai rien à Christian sur nous et tu pourras faire de moi tout ce que tu veux tant que je suis là..." dit Simon en sortant la bite de Marcel et il se pencha pour la lécher et la sucer.
"Je le jure ! tu me plais trop !" dit Marcel sans hésiter.
"Mon amant... est un jeune soldat allemand, beau à mourir, doux, gentil. Je suis fou amoureux. Je l'ai caché. Je veux l'emmener en Suisse et vivre avec lui. Tu m'aideras à arranger sa fuite ?" dit Simon en enlevant son slip.
"Putain, tu me demandes l'impossible !"
"Non, rien qu'une carte, des habits civils pour lui, un peu d'argent. Puis je me débrouillerai..." dit Simon en continuant à le lécher avec tout son art, "et peut-être des papiers..." dit-il en enlevant son slip et en s'offrant.
"On verra... si je peux..." dit Marcel d'une voix rauque, concentré sur sa prochaine pénétration. Simon fit son possible pour lui donner le plus grand plaisir, espérant qu'il tienne parole. A l'orphelinat, Marcel avait toujours été de parole : il espérait bien que cela n'avait pas changé en quelques années.
Après, quand Marcel se détendait, il lui dit : "Tu es vraiment une bombe... si tu n'étais pas si amoureux de ton chpountz, je quitterais Christian pour me mettre avec toi... Bon, voyons ce qu'on peut faire. Tu te rends compte que si on te trouve avec lui, tu risques le peloton, hein ?"
"Ça m'est égal..."
"Ah, la puissance de l'amour ! Des habits pour lui et une carte, ça c'est facile à trouver. L'argent aussi. Des papiers pour toi, pas de problème. Mais pour lui c'est quasi impossible. A moins qu'il ne parle français mieux qu'un français."
"Il parle très bien français, mais malheureusement il a un léger accent allemand. Il ne passerait jamais pour un français. Même physiquement, il a bien le type allemand."
"Peut-être qu'on pourrait le faire passer pour un suisse. Mais comment pourrais-je justifier une demande de papiers pour un suisse... et puis il me faut sa photo, et il ne peut pas venir en faire une ici. Non, je ne peux rien pour lui."
"Et bien, fais ce que tu peux. D'ici là, tu peux me prêter un vélo et me donner de la nourriture, je voudrais au moins lui apporter à manger."
"Il est caché dans le coin, alors ! Peut-être même au moulin où on t'a trouvé. Oui, c'est toi qui a dit que tous les allemands étaient morts."
"Ne me trahis pas !" dit Simon inquiet.
"Non, sois tranquille. Mais tu dois faire très attention à ne pas être pris, c'est des fanatiques, ici. Et je ne pourrais rien faire pour toi, s'ils découvraient le pot aux roses. Mais pourquoi fallait-il que tu tombes amoureux d'un ennemi, toi ?"
Et finalement Simon put retourner au moulin. Tout du long du chemin, il fit attention à n'être vu de personne, mais les chemins étaient déserts. Il rentra le vélo dans le moulin et monta vite l'échelle en appelant son amant. Les corps des soldats allemands avaient disparu. Quand il arriva dans la pièce d'en haut, Manfred était déjà descendu de l'armoire et faisait des flexions pour réactiver la circulation dans ses jambes. A peine vit-il la tête de Simon pointer à la porte, il lui fit un sourire tendre.
"Manfred, mon amour, je n'ai pas réussi à venir plus tôt. Je t'apporte à manger. Comment vas-tu ?"
"Mieux, maintenant que je te sais vivant."
"Tu es resté là-haut tout le temps ?"
"Non, je suis descendu cette nuit, il fallait que je fasse mes besoins, je ne tenais plus. Et toutes mes articulations me faisaient mal."
"Sois prudent, mon amour, je t'en prie."
"Oui, bien sûr."
Ils s'assirent sur le sol et Simon lui donna un plein sac de pain et de nourriture et une bouteille de vin. Manfred mangea une partie des provisions et garda le reste pour plus tard. Simon entre-temps l'avait mis au courant de l'aide qu'il avait trouvé et lui promit de revenir vite avec des habits civils et une carte pour qu'ils tentent de gagner ensemble la Suisse.
"Tu crois vraiment qu'on peut y arriver ?" demanda Manfred d'un ton un peu triste.
"Bien sûr, il faut qu'on réussisse. En tout cas, on essaiera. Mais tu verras, on va le faire, Manfred. On a survécu jusque là."
"Simon... Otto m'avait dit de te demander pardon."
"Demander pardon ? Mais de quoi ?"
"De t'avoir obligé à le faire avec lui et avec les autres, à la caserne... Je ne savais pas que... Pourquoi, après ça, as-tu voulu le faire ? Lui, il était secoué. Mais moi aussi je voudrais comprendre."
"On était sur le point de mourir, tous. Je ne voulais pas qu'ils meurent comme des rats dans un piège, mais comme des êtres humains. Alors j'ai pensé à le faire avec eux, avec tous. Tu m'en veux ?"
"Non, mais... tu m'aimes, pas vrai ?"
"Oh oui. Avec les autres ce n'est que de la baise, avec toi c'est vraiment de l'amour. La différence est énorme, non ? Tu es tout pour moi, Manfred, tu devrais le savoir."
"Mais je le sais bien."
"Alors pourquoi es-tu si... je pensais que tu me prendrais dans tes bras, que tu me serrerais, que tu m'embrasserait... et te voici, là, abattu... Qu'y a-t-il, mon amour ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ?"
"Je... Ici sont morts tous mes amis... Pardonne-moi, mais je ne me sens pas de... Je t'aime, c'est sûr, mais ici..."
"Oui, je comprends. Excuse-moi. C'est que ça m'a tant pesé d'être loin de toi. Mais on va vite pouvoir partir d'ici. Marcel a promis de m'aider autant qu'il le peut."
Ils parlèrent encore un peu, puis Simon jugea plus prudent de rentrer en ville. Ils se saluèrent en se serrant.
Deux jours plus tard, Marcel donna à Simon une carte routière, des papiers d'identité pour lui, de l'argent, des habits pour Manfred, des provisions et une lettre du comité de libération qui chargeait Simon Canard d'accompagner à la frontière suisse le citoyen suisse Andy Froebel.
"Froebel était un suisse qui nous a rejoint et qui est mort dans une action de la résistance. Il parlait toujours de son frère Andy. Lui, c'était Hans. L'histoire pourrait tenir un examen rapide. Hans est né là, tu vois, dans ce coin de la Suisse. Sa famille tenait une épicerie, je crois." Expliqua Marcel avec d'autres détails.
Simon le remercia. Ils se dirent au revoir et Simon partit, le sac plein de provisions et de tout ce que Marcel lui avait donné. Marcel lui avait aussi donné les dernières nouvelles de la guerre : les allemands étaient en déroute sur tous les fronts. Les alliés avaient débarqué en Normandie et en Sicile et les Russes arrivaient à la frontière orientale. La fin de la guerre n'était plus qu'une question de mois.
Simon se rendit au moulin à pieds. Il monta en appelant Manfred, qui l'accueillit avec le sourire.
"Manfred, avant tout, retire tout ce que tu portes et mets ces habits. Ils devraient bien t'aller."
"Merci..." dit le soldat. Il se mit nu et Simon ne put s'empêcher d'être excité en revoyant le beau corps nu de l'homme qu'il aimait. Il ramassa l'uniforme et les sous vêtement et en fit une boule qu'il cacha au dessus de l'armoire, là où Manfred s'était caché les jours précédents. Puis il fit voir la carte à Manfred et lui montra la route à suivre.
"Ça fait quatre cents kilomètres..." nota Manfred, l'air songeur devant la carte.
"Oui, ça fera plusieurs jours de marche, d'autant qu'il faudra faire attention à éviter les barrages routiers. Ah, si tu avais moins une tête d'allemand... Mais on s'en sortira, Manfred..."
"Ce ne serait pas mieux que tu t'habitues à m'appeler Andy ?" demanda Manfred avec un sourire las.
"C'est vrai... mais j'aime tant ton nom... Bon, on y va ?"
"Oui. Si... si quelque chose tournait mal... saches que je t'aime tant, Simon... Sache que je suis heureux d'avoir pu te rencontrer, te connaître, t'aimer..."
"Mais tout se passera bien..." répondit Simon d'un ton décidé.
Ils partirent et s'éloignèrent du moulin en descendant un peu vers la vallée, puis en évitant la ville par le sud-ouest. Au début, ils marchaient côte à côte, sans parler. Marcel lui avait conseillé de ne marcher que de jour, pour attirer moins de suspicion. Vers midi, ils s'arrêtèrent près d'un ruisseau pour manger.
Manfred dit : "Je voudrais prendre un bain, avant de manger... ça fait des lustres que je ne me suis pas lavé."
"Allons-y." dit Simon.
Ils se mirent nus et Manfred vit que Simon était excité. Il sourit gentiment : "Viens, mon amour, le bain peut attendre."
"Tu as envie de moi ?" demanda-t-il en s'illuminant et, ému, il s'approcha.
Manfred le prit dans ses bras et l'embrassa. Simon le sentit frémir et il sentit son sexe se réveiller et commencer à presser contre lui. Manfred, le serrait contre lui et continuait à l'embrasser, il le porta se coucher dans l'herbe, sous lui et se mit à lui sucer les tétons, à lui lécher la poitrine et le ventre.
Simon frémissait, submergé par un plaisir intense, et quand les lèvres de son amant se refermèrent sur son sexe, il gémit et arqua le dos, en caressant les cheveux et le dos du jeune homme : "Tourne-toi, je veux te sucer aussi... viens sur moi, mon amour, donne-moi ton beau sexe, j'ai soif de toi..." supplia Simon.
Manfred offrit son membre raide à ses lèvres douces et avides. Ils se sucèrent l'un l'autre avec une passion croissante. Simon s'enivrait de l'odeur mâle du sexe de son homme, qui, comme lui, faisait glisser au fond de sa propre gorge celui de son amant et dont les doigts, en même temps, commençaient à fouiller délicatement entre les fesses de Simon.

Suite

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