Christian de Jordy
vendredi 13 août 2010, 17:12 - Jordy - Lien permanent
Dix secondes plus tard, les deux hommes étaient vautrés dans les bras l’un de l’autre, leurs lèvres soudées, leurs ventres collés, leurs sexes en effervescence.
CHRISTIAN
Christian jeta le crayon sur le bureau avec un air de satisfaction affiché. Décidément, cette collection lui avait donné du fil à retordre. De plus, les délais imposés par Gérald, le directeur de la publication du catalogue d’avant création étaient des plus restreints. Mais bon ! les dessins étaient de bonne facture, les tissus choisis de bonne qualité, les accessoires collaient parfaitement à ses goûts. Oui, Christian était un homme heureux !
L’exposition devait avoir lieu dans deux mois, cela devait donner du temps aux couturières de réaliser ses modèles.
Il termina sa tasse de thé devenu froid, étira ses jambes et ses bras et jetant un coup d’œil à son réveil de bureau, décréta qu’il était plus que temps d’aller étendre ce grand corps fatigué sur un lit confortable avant de donner son book à Gérald dans…cinq heures !
Il rassembla ses œuvres, ferma le carton à dessin, remit ses crayons dans le pot, et descendit à la cuisine pour mettre sa tasse dans l’évier.
Il rentra dans la salle d’eau pour une bonne douche chaude qui lui permettrait de dormir tranquillement pour les quelques heures qui restaient à la nuit.
Christian est un homme de trente-deux ans, brun de cheveu et de poil, les yeux marron clair tirant sur le noisette avec quelques étincelles d’or qui scintillent quand il est heureux, un visage mâle et doux, un corps bâti avec harmonie aux pectoraux puissants, un ventre musculeux. Et le reste à l’envi ne faisait qu’attirer les regards concupiscents des unes…et des autres.
Il ôta rapidement ses vêtements et plaça son mètre quatre-vingts et ses quatre-vingts kilos sous l’eau chaude de la pomme de douche. Son visage tourné vers le ciel, il recevait le liquide avec jouissance et ferma les yeux du plaisir ressenti. Il jeta un coup d’œil à son fier madrier qui appréciait, lui aussi, la pluie chaude.
Christian passa une main douce sur cette excroissance virile dont il n’était pas peu fier. Il lui donnait de belles jouissances et lui rendait de signalés services auprès des nombreuses conquêtes que la vie lui offrait.
Le jeune homme manipula quelques instants le bel outil, mais pensa qu’il n’était plus l’heure de jouer avec. Il se sécha rapidement.
Dix minutes plus tard, il était allongé, nu, sous le drap de satin noir, déjà presque lourd pour la saison. Le mois de mai déjà chaud annonçait un été caniculaire. Ce qui était rare pour La Rochelle, située au bord de l’océan. L’air était respirable et humide mais lourd comme si on avait fait chauffer la casserole avec son couvercle.
Le radio-réveil sonna à sept heures trente. Christian le laissa sonner jusqu’au bout sans faire un geste pour arrêter cette satanée de musique qui lui gueulait dans les oreilles chaque matin.
A neuf heures, il était assis confortablement dans un fauteuil moderne du bureau de Gérald, à regarder la cendre bleutée de sa cigarette blonde dont les volutes s’envolaient en tourbillons grisâtres vers la fenêtre ouverte.
La vue sur le port de La Rochelle était superbe et les bateaux ancrés dans l’anse dansaient au gré des vaguelettes qui se formaient dans l’océan.
Gérald, les yeux rivés sur ses dessins colorés, émaillait son examen de petites onomatopées admiratives.
- Ouais ! Bon ça ! Excellent ! Mouais ! J’aime celui-ci ! Oh, oui ! J’adore ! Ça par contre !
Christian, calme et assuré, savait que Gérald appréciait son travail : il était l’un des meilleurs stylistes de la région, voire de la côte ouest. Les quelques réflexions négatives émises par le directeur de la publication ne faisaient que le conforter dans son emploi et de l’excellence de ses œuvres.
- Je pense que c’est Brice qui va se régaler de ton travail, Chris ! Ah oui, tu ne connais pas Brice ! C’est notre nouveau rédacteur en chef de « France Mode », et je suis sûr que vous allez bien vous entendre.
- Ah bon ! répondit Christian en levant les yeux vers lui, Brice ? Non, je ne le connais pas !
- Brice est…comment dirais-je ?…un esthète en matière de couture en prêt-à-porter. Il a travaillé à « Modes et Travaux », « Fashion » et « Vogue homme », c’est dire l’expérience qu’il a.
- Et Grégory, qu’est-il devenu ?
- Tu le connais, non ! Un jour complètement inféodé, le lendemain disparu dans la nature. Il nous a flingué le dernier numéro. Mais, tu sais cela, je n’ai pas besoin de te dire le détail.
Dommage ! pensait Christian, Grégory était peut-être un peu tête en l’air et un peu trop « artiste », mais il possédait le plus beau cul de la ville et peut-être même du département. Il avait bien essayé de se rapprocher du jeune homme et l’avait invité plusieurs fois, à prendre un pot, mais ce dernier avait joué les stars évaporées avec des gestes aériens pour signifier que « un vieux de trente ans, c’était pas mon style », lui c’était plutôt les minets de seize à dix-huit ans.
C’est encore le problème de la communauté : la classe sociale, les différences de revenus ou la race n’ont aucune importance. Mais dès qu’il s’agit de l’âge, il y a comme des barrières infranchissables qui se dressent. Comme si après quarante ans, on ne savait plus baiser ou pire, qu’on ne pouvait plus bander.
- Tu as bien cinq minutes, Chris ! Catherine, pourriez-vous demander à Brice de monter, s’il vous plaît ? Tu vas voir, il est génial !
- Bien ! Et en attendant que penses-tu de mes dessins ? Crois-tu que quelques-uns seront réalisés ?
- Bien entendu, mon grand ! Tu as là de belles idées et je présume que certains de mes contacts à Paris vont s’en servir pour les collections du printemps prochain. J’en mettrais ma main à couper.
Cinq minutes après, un homme jeune et de belle stature entra dans le bureau. Christian se leva et attendit que Gérald les présente.
- Ah, Brice ! Merci d’être monté. Je voudrais te présenter Christian, un des meilleurs stylistes de la région et qui nous fait l’honneur de ses oeuvres pour le catalogue. Christian, je te présente Brice, notre nouveau rédacteur en chef.
- Bonjour ! dit Christian en tendant sa main au jeune homme, je suis ravi !
- Enchanté ! reprit Brice. Je connais quelques-unes de vos créations par le biais des magazines pour lesquels j’ai travaillé. Et, bien sûr, par les anciens numéros de notre revue. J’aime beaucoup votre travail.
Il prit la main de Christian et la serra sans brusquerie, au contraire. Brice planta son regard dans celui de Christian avec une bienveillance spéciale. Le contact de cette main ferme mais douce émut le garçon qui se sentit comme coconné : un contact passa entre eux.
Ils s’assirent devant Gérald et écoutèrent ses explications pour la prochaine édition. De temps en temps, Christian jetait un œil sur son voisin et plusieurs fois, il rencontra le regard de Brice qui souriait comme gêné d’avoir été pris sur le fait.
- Bien, je pense que vous devrez vous rencontrer quelques fois avant la parution, conclut Gérald. Brice tu t’en charges !
- Bien sûr, Gérald ! Christian, vous pouvez me dire quand cela vous est possible ?
- Bien, disons mardi vers onze heures ! Ça vous va ?
- Absolument ! De vous tout me va. Eh bien, au revoir et à mardi ! conclut Brice en tendant sa main.
- Salut ! répondit Christian en s’en emparant et la gardant quelques secondes en plantant son regard dans le vert profond des yeux de Brice.
Christian rentra en ayant à la pensée, l’image du futur collaborateur de sa célébrité. Le fier jeune homme de trente ans à peine, avait une prestance certaine, un sourire aimable, un visage viril mais fin, une carrure d’athlète, une peau légèrement halée, des yeux vert profond des mers du sud, des cheveux châtain foncé légèrement ondulés, de belles mains longues et un aspect général des plus avenants. Comme disait souvent Christian, devant une gravure de mode « Putain de beau mec ! » que ce Brice.
Comme l’avait signalé Gérald, simple pigiste dans des magazines de qualité, Brice était aujourd’hui, le rédacteur en chef de la célèbre revue de mode masculine « France Mode », et visait la position enviée de leader de tendance, imposant ainsi la mode que devaient porter ses concitoyens.
Non seulement il était beau, mais il aimait le beau et souhaitait que son environnement soit beau. Christian passa son week-end sur la nouvelle collection d’automne-hiver, cherchant de nouveaux coloris dans le nuancier de Séjou. Il hésitait entre deux ou trois verts et ne pouvait se décider. Celui-ci était bien mais un peu fade, celui-là un peu trop jaune et ce dernier collait assez bien. Il ressemblait au vert…des yeux de Brice. De bien beaux yeux que possédait ce Brice, et cette apparence…et ce sourire et ce… Immédiatement, Christian ressentit comme une chaleur, un vague malaise et une raideur certaine au niveau de…Oh Seigneur ! Son boxer venait de se tendre sous l’impact d’un indicible besoin. Il y avait bien des mois qu’il n’avait pas ressenti cette sensation rien qu’à penser à un homme.
Il passa rapidement une main ferme pour calmer « l’inflammation » et replaça le membre dans une autre position pour éviter une érection incongrue.
Oui, ce vert conviendra ! Il passa à la palette des accessoires de « Bij & Clips » pour choisir les ceintures, chaînes et autres pochettes utiles à ses créations homme.
L’un des mannequins du catalogue avait pris une pose assez désinvolte qui mettait en évidence un sourire énigmatique qui lui rappelait celui…de Brice. Décidément, ce garçon le poursuivait !
De nouveau la chaleur, le malaise, l’inflammation…
Cette fois, il laissa le sang affluer vers sa membrature intime et la regarda enfler jusqu’à ce que le tissu du sous-vêtement le gênât. Il égara une main sur le magnifique objet et le flatta jusqu’à ce qu’il réagisse par une série de contractions rythmées.
Alors, Christian fit sauter le premier bouton du jeans et agaça le bout de son sceptre à travers le tissu léger du boxer blanc. Il écarta de l’autre les pans de la chemise rose et tourna vigoureusement autour du sein droit avec son index. Le deuxième bouton sauta, la hampe tendue distendait la ceinture élastique. Il grata doucement le buisson dru et noir en pinçant plus durement la pointe de son sein excité. Le troisième bouton, et la tige de chair écartait maintenant le tissu blanc.
Le sein raidi devenait blanc de plaisir et la sensation donnait à son sexe une plus grosse érection. Il était désormais trop tard pour laisser « le bébé » sans consolation.
Christian fit glisser le pantalon sur ses cuisses puissantes et s’étalant davantage sur le fauteuil de cuir noir, caressa tendrement et souplement la magnifique vingtaine de centimètres que dissimulait mal le sous-vêtement clair.
Il glissa doucement sa main sur son épaule, découvrant sa peau halée et frémissante du plaisir futur.
Quelques secondes plus tard, la chemise et le boxer étaient tombés au sol, la tête posée sur le dossier du fauteuil de cuir noir, son somptueux madrier frémissant de plaisir enserré dans l’étui de sa main douce et sa main gauche soutenant les deux magnifiques figues mûres pleines de son jus de mâle bouillonnant. Il feulait doucement à son plaisir montant.
Il flatta lentement son corps frissonnant et cajola sa virilité turgescente. Lorsque les premières gouttes de sa liqueur claire perlèrent au méat ouvert, il les cueillit du bout de l’index et s’en servit pour lubrifier la pointe de son téton, de nouveau raidi. En se décalottant profondément, il se donna une contraction violente qui le fit vibrer délicieusement. Alors, il cessa de se contempler dans son plus simple appareil et renversant la tête, il se poigna plus fermement.
Quelques minutes suffirent pour qu’il parvienne à l’extase. Il plaça ses talons sur le bord du bureau, écarta ses cuisses, geignit longuement et serra ses testicules fermement. Il divagua en prononçant le prénom du beau ténébreux.
La brûlure dévasta son bas-ventre à la même seconde où sa hampe se contractait. L’orgasme le prit violemment, la dizaine de jets compacts zébrèrent sa poitrine et son ventre et mouilla d’importance le buisson noir et épais. Revenu de sa jouissance, il préleva entre pouce et index un peu de sa crème vitale et la portant à ses lèvres en goûta l’onctuosité et la saveur tiède.
Le mardi arriva enfin. Levé à huit heures du matin, Christian s’était mis sur son trente et un pour mettre tous les atouts de son côté. En fait, il ignorait pourquoi il agissait comme ça : il n’avait rien à prouver à personne. Les bons coups, il en avait quand il voulait, il a encore une collection de bons copains qui lui rendrait le service d’une nuit passionnée, sans rien lui demander en retour. Et puis, il n’a que trente-deux ans, autrement à l’aube de sa vie sexuelle…même si ce connard de Grégory pensait qu’il faisait déjà partie de l’époque des dinosaures.
Il arriva dans l’immeuble de l’avenue Jean Guitton, vers dix heures trente. La jeune standardiste, Karine, une beauté blonde de vingt ans, belle à damner un saint, le reçut avec un sourire amical et prévint immédiatement Brice.
Le rédacteur en chef descendit en dégringolant les marches de l’escalier et l’accueillit avec un large sourire de bienvenue.
- Bonjour, Christian ! Je suis content que vous soyez déjà là, on pourra commencer tout de suite si vous voulez bien. Un café ? Un thé ?
- Bonjour Brice ! oui, un café, s’il vous plaît ! répondit Christian en ne pouvant s’empêcher de détailler le bel apollon à qui il serra une main affable.
- On monte à mon bureau, affirma Brice en répondant à son serrement de main.
Il laissa ses doigts dans sa paume et planta son regard souriant dans les yeux noisette de Christian. Il crut y déceler quelques étoiles d’or.
Ils travaillèrent deux grandes heures à la mise en page des dessins choisis par Brice et Gérald. Christian y avait ajouté cinq modèles auxquels il tenait et qu’il considérait comme le phare de la nouvelle tendance du début d’année prochaine.
A midi et demie, le téléphone sonna. Béatrice la secrétaire du service rappela à Brice la réservation de la table au Bellevue pour treize heures.
- Christian, on s’arrête là pour aujourd’hui. On a une table au Bellevue dans un quart d’heure, la direction vous invite…quoique Gérald ne soit pas là pour nous materner.
- Bon, on fera sans, fit Christian en prenant une mine triste.
- J’espère qu’il ne vous manquera pas ! ironisa Brice.
Ils éclatèrent de rire et rejoignirent le parking souterrain pour prendre la voiture du jeune homme, une petite C4 Citroën.
Le repas fut à la hauteur de la réputation du restaurant de la capitale charentaise. Le service fut un peu long – il y avait beaucoup de clients – mais cela n’était pas un problème pour les deux jeunes hommes qui en profitèrent pour se connaître un peu mieux.
Ils se trouvèrent même des goûts communs : la peinture des impressionnistes ou Dali, les livres de Musso, le ciné, les opérettes d’Offenbach, Bach et Johnny Hallyday et les soirées en boîte.
- Je crois que le Palais des expositions présente une expo des grands maîtres dans quinze jours, aimeriez-vous m’y accompagner ?
- Ecoutes, Brice ! J’ai trente-deux ans, je suis styliste de mode, je suis…gay, et j’ai beaucoup de goûts identiques aux tiens. Tu pourrais commencer par me tutoyer, non ?
- Bah, si tu y tiens, c’est ok pour moi ! Bonjour, j’m’appelle Brice, et toi ? dit-il en se levant et lui tendant la main.
Ils éclatèrent de rire. Ils se donnèrent rendez-vous pour le surlendemain en vue d’une nouvelle réunion de travail.
Les yeux et l’esprit remplis des visions magnifiques du splendide jeune homme, Christian ne put faire autrement que de s’honorer d’une nouvelle autosatisfaction avant de s’endormir et de penser à lui dans des rêves où Brice tenait un rôle particulièrement actif.
Le lendemain, Christian eut la flemme de s’habiller. Il traîna toute la matinée en peignoir de bain ; il avait passé un caleçon de satin noir qui mettait son physique avantageux en valeur et s’était longuement admiré dans l’immense miroir de la salle de bains. Décidément, il ne se trouvait pas mal pour un vieillard de trente ans. Il flatta son prolongement déjà éveillé par ses pensées lubriques et souriant passa dans son bureau.
Il se brancha sur Internet pour retrouver les catalogues du Web et y chercher les idées de créations. Il consulta « Tendance Look » et y trouva trois ou quatre bonnes idées qu’il jeta sur une feuille A5 de canson, puis il chargea « Cool-et-fichets » pour les accessoires qu’il cherchait pour agrémenter son idée de tailleur-pantalon en crêpe georgette.
En dessinant le chemisier de soie de Chine, il esquissa le corps de son mannequin. Quelques secondes plus tard, il se rendit compte que le dessin restituait à la perfection le faciès de …Brice. Ça devenait bizarre cette fascination pour le beau rédacteur.
Il eut le réflexe de chiffonner le papier, mais se ravisa et améliora l’esquisse. Le visage souriant et impassible du garçon posé sur sa main apparut bientôt. Plus vrai que nature
- Après tout, je vais lui offrir, ça pourrait être un préambule à une éventuelle rencontre, se dit-il en roulant le document dans un tube de carton rigide.
Il termina son travail le sourire aux lèvres et toujours aussi décontracté. Il resta pratiquement nu toute la journée en songeant au lendemain.
Le jeudi matin, Christian arriva chez « France Mode avec une demi-heure d’avance. Il pensait rencontrer Brice plus tôt et l’avoir près de lui, un peu plus longtemps. Manque de chance, le briefing avait durer plus longtemps que d’habitude et ce n’est que vers dix heures que Brice vint accueillir Christian dans la salle d’attente.
- Excuses-moi, Christian, mais Gérald n’en finissait pas de nous presser pour une parution rapide. « Vogue » paraît le 28 au lieu du 5, et « Cosmo » reprend des idées du « Fashion » modifiées par Paul Enderlain, le styliste de Cardin, alors ! Excuses-moi encore ! On monte ?
Il s’enfermèrent dans le bureau du rédacteur et se penchèrent aussitôt sur les dessins de Christian. Plusieurs fois, leurs mains se touchèrent, provoquant chez le styliste un vague de chaleur douce. Il jetait à chaque fois, un œil sur le jeune rédacteur qui ne semblait pas réagir.
Brice est un professionnel assidu qui savait rendre impeccable une mise en page préparatoire.
En une heure, ils avaient abattu une grosse partie du travail de finition. L’après-midi, la maquette serait remise à la mise en forme pour un pré-tirage. Brice trouvait leur collaboration efficace, il passa son bras autour du cou de Christian et lui serra l’épaule dans un geste affectueux.
Christian ressenti encore la chaleur et lui adressa un sourire tendre. Il se pencha vers le sol et lui tendit le rouleau de carton.
- Tiens, j’ai…jeté quelques traits de crayon sur ce papier. Je voudrais que tu me dises ce que…tu en penses !
Brice déboucha le tube et sortit le dessin.
- Encore une idée géniale, je présume ! dit-il en déroulant le canson.
Il ouvrit des yeux ronds et arrondit la bouche devant le portrait qu’il découvrait.
- Mais…c’est moi ! bredouilla-t-il. C’est…c’est superbe ! ça me ressemble tellement ! Mais comment…nous ne sommes restés ensemble que…
- Il te plaît ?
- Oh, oui ! C’est si…beau ! Je suis…ravi !
- Il est à toi, je te l’offre !
- Oh, merci, Chris ! s’écria Brice et prenant le jeune styliste par le cou, lui posa un baiser sur la joue.
Christian reçut le baiser en rosissant, et se tourna un peu vers le garçon pour lui rendre son baiser : leurs lèvres s’effleurèrent provoquant immédiatement une certaine gêne et une profonde chaleur.
- Qu’est-ce que tu fais samedi soir ? demanda Brice à voix basse.
- Rien ! répondit Christian. Tu as un projet ?
- Oui, dîner chez moi à vingt heures, voilà l’adresse !
Brice nota rapidement son adresse et ses numéros de téléphone sur un post-it et lui tendit avec un sourire ému.
Une fois encore, Christian se sentit heureux et envahit d’une douce chaleur. Il sourit en pensant à la soirée du surlendemain.
Animé d’un parfait bien-être, il travailla jusqu’à six heures, envahit par une foultitude d’idées plus fantastiques les unes que les autres : il remplit quarante feuilles de canson d’esquisse rapides, nota sur un cahier d’écolier les tissus et accessoires qu’il souhaitait leur adjoindre, reporta sur son ordinateur les notes de ses autres idées. Il passait d’un dessin à un autre dans la seconde, apportant une modification ou une touche supplémentaire sur chaque feuille.
Il posa le crayon sur le bureau, poussa un « Yes ! » de satisfaction, et ferma l’ordinateur.
Il choisit une tenue à la fois décontractée et sophistiquée – chemisette Oxford rose et pantalon de lin noir, boxer en lycra noir, mocassins noirs - pour paraître à son avantage aux yeux de celui qui faisait déjà battre son cœur.
Il resta une demi-heure dans la salle de bains et après un rasage de près – le problème des bruns c’est l’effet mal rasé à toute heure – il s’enduisit les cheveux de gel fixant pour leur donner l’effet négligé métro-sexuel qu’il appréciait chez les jeunes loups qu’il croisait dans les boîtes de la ville. Il posa quelques touches de « Scorpion » qui lui assurait une délicate odeur de mâle assuré. Il s’adressa une mimique de connivence et se colla un petit coup de poing sur le menton : il se trouvait beau et cela lui plaisait.
De son côté, Brice était repassé au bureau pour mettre la dernière touche à l’édito du trimestre, donné ses dernières recommandations à l’imprimeur, signé les Bons à tirer, annoté les papiers des rédacteurs, vérifié les photos des reportages et signé les derniers courriers que Béatrice avait laissé sur son bureau la veille.
Il est rentré vers seize heures trente après être passé chez le traiteur chinois pour un repas amélioré. Il se sentait capable de faire la cuisine, mais voulait mettre toutes les chances de son côté. Il n’était pas question de rater sa soirée avec Christian. Depuis, qu’il le connaissait, il appréciait l’homme : son travail, ses dessins ou plutôt ses œuvres et aussi…son charme auquel…il n’était pas insensible. Il se voyait bien passé une soirée…un peu plus que sympathique avec cet homme qui lui donnait bien des idées. Et puis, ce portrait ! Il lui ressemblait tant avec ses expressions intimes ! Il s’était précipité chez l’encadreur et avait immédiatement mis l’œuvre sous verre et l’avait placé au milieu du mur du salon. La veille, il avait même dîné devant en l’examinant attentivement. Décidément, ce Christian avait un don certain pour la peinture.
A peu près au même moment que son invité, Brice gagna sa salle d’eau pour se pomponner un peu plus que d’accoutumée : il devait faire son effet sur celui qu’il voudrait bien…mettre dans son lit. En fait, d’après ce qu’il avait cru comprendre, son hôte est de son bord et il pensait lui rendre l’hommage vibrant auquel il avait droit !
Il sortit revêtu d’une chemise en satin violet, d’un pantalon de lin beige et d’un slip taille basse couleur bleu roi. Sans le savoir, il avait gélifié sa coiffure brune et courte en petites pointes très actuelles et s’était arrosé de Fahrenheit de Dior, une fragrance qu’il réservait à ses…futures conquêtes. Il s’examina sous toutes les coutures et se trouva…à son goût.
Il dressa sa table d’une nappe en satin noir et y plaça sa vaisselle couleur alu et inox : il ne la sortait que pour les occasions…et ce soir en était une.
Le traiteur livra au moment où le soir commençait à descendre.
- Vous mettez canard aux cinq épices dans four pendant dix minutes, feu doux et porc sanpignons noirs quinze minutes, pas plus surtout, sinon trop grillé, recommanda le petit livreur chinois.
- Merci Chung Lee ! Vous êtes une perle…d’Orient !
- Tche tche, monsieur Brice, vous gentil ! Vous mettre nems dans un peu d’huile chaude pas longtemps.
- Très bien, je le ferais ! Merci encore Chung-Lee ! tenez pour le déplacement, ajouta le séduisant jeune homme en lui glissant un billet de vingt euros dans la main.
- Oh, Tche tche ! dit le petit homme en s’inclinant à l’équerre.
Il fit exactement comme le petit chinois le lui avait conseillé. Quelques minutes plus tard, un délicate odeur de sauce aigre-douce et piment léger envahit la cuisine. Les desserts glacés mis au congélateur et les entrées dans les assiettes complétèrent son repas suave et exquis.
Il terminait de préparer son apéritif, lorsque la sonnette de l’entrée résonna.
- Entres et sois le bienvenu ! dit Brice en tendant la main à son invité.
- Bonjour ! dit Christian en prenant la main ferme et douce et la serrant chaleureusement. Tiens, c’est pour toi ! ajouta-t-il en lui offrant une belle branche d’orchidée crème et rose.
- Oh, c’est superbe ! Rarement, les hommes m’offrent des fleurs…surtout d’aussi belles ! Merci, ça ira très bien avec mon dîner. Chinois, tu aimes ?
- J’adore !
Et vraiment, le repas fut comme toujours, de qualité, de bon ton et fort copieux. Brice fut un hôte à la hauteur et Christian fut un gourmet…gourmand. Il savourait ses derniers lychees arrosés de saké en sirotant le café au gingembre brûlant. La tête lui tournait un peu, mais il assura la prestation tout du long de la soirée.
Brice avait remarqué plusieurs coups d’œil le reluquer pendant qu’il le servait et observé de petites étoiles d’or dans ses yeux pendant qu’ils discutaient ensemble de leur sujet favori : la mode.
- Préfères-tu dessiner des modèles pour hommes ou pour femmes ? demanda Brice en versant une rasade d’alcool de poire dans un petit verre.
- En fait, je préfère les robes de femmes. Il y a les formes, les couleurs, les accessoires. C’est plus fun. Les hommes restent désespérément classiques. Les couleurs peut-être, surtout pour les chemises et les accessoires. J’essaye d’imposer des formes différentes pour les vestes et pantalons, mais…
- …les hommes ne sont pas prêts de porter n’importe quoi. Oui, je sais ! Même dans la communauté gay, les mecs portent des trucs extravagants dans des moments particuliers : soirées en boîtes homo, gay-pride ou événementiel. Mais dans le quotidien, on reste assez costume-cravate, non ?
- Exact ! Regardes-nous, chemise et pantalon !
Ils éclatèrent de rire et continuèrent dans la même ligne durant une grosse heure.
- Veux-tu boire quelque chose ? interrogea Brice.
- Café, si tu as ! je suis un peu…avec ces alcools blancs…
Brice revint avec un plateau comportant deux tasses, la cafetière pleine et le pot de sucre. Il versa une tasse qu’il tendit à Christian et tendit le pot de sucre sans regarder pendant qu’il versait le sien.
Christian, qui surveillait sa tasse pleine, heurta la main du jeune homme : le sucrier tomba avec fracas sur le tapis. Ils plongèrent ensemble pour ramasser. Christian, assis sur son fauteuil et penché, récupéra quelques morceaux et les tendit à Brice à quatre pattes devant lui. La tête de Brice se trouvait entre les genoux ouverts de Christian.
Ils se regardèrent œil à œil durant quelques secondes. Brice tendit le cou en s’approchant de Christian. Christian ouvrit la bouche pour toucher les lèvres de Brice. Leur baiser dura quelques secondes.
Alors Christian tendit la main à Brice pour qu’il se relève et prit son visage dans ses deux mains pour le baisoter tendrement. Puis, il caressa sa nuque et posa ses lèvres sur les siennes pour un vrai baiser qui les enivra aussitôt.
Les mains de Brice, toujours à genoux devant lui, glissèrent sur la chemise rose des épaules au ventre ferme. A son tour, Christian partit à la découverte de la musculature robuste de son futur amant.
Ils se relevèrent afin de mieux s’offrir à l’exploration de l’autre. Les mains volèrent sur le tissu avant d’entreprendre les attaches, boutons et ceintures divers.
Brice prit la taille de Christian et continuant à poser de petits baisers sur les lèvres brûlantes, le mena jusqu’à sa chambre. Là, il lui fit face et toujours dégustant les lèvres chaudes de Christian, il fit glisser la chemise de coton et le pantalon de lin au sol. Le beau styliste se trouva nu dans les secondes qui suivirent, sa virilité fièrement érigée. Christian rendit le même service au beau rédacteur qui présenta les armes de magnifique façon.
Ils roulèrent sur le lit et flattèrent le moindre centimètre de leur plastique magnifique en feulant.
Les bouches et les mains ne restèrent pas inactives et rendirent les garçons haletants et frémissants.
Aucun d’eux ne voulait manquer aucun des instants magiques qu’ils vivaient dans un accord parfait.
C’est Brice qui se jeta le premier sur l’excroissance virile du styliste ; il s’en régala un long moment jusqu’à ce que Christian commença à geindre en produisant sa liqueur claire. Il bloqua le désir montant en serrant fortement la racine, puis il s’allongea sur le dos, signalant à Christian qu’il souhaitait le même honneur.
Le styliste emboucha le sceptre dressé et en lécha consciencieusement chaque millimètre. La pointe de sa langue examina la couronne, la veine bleue et le méat ouvert. Bientôt le précum distillé lubrifia la langue et l’intérieur des joues du beau ténébreux. Il s’en délecta un instant et se releva aussitôt pour faire de ce madrier de chair un usage plus…profond.
Il chevaucha le bas-ventre de Brice et tout en l’embrassant langoureusement, revêtit le membre palpitant du rédacteur et, dans la foulée, s’empala doucement dessus. Ils gémirent ensemble.
Les corps se joignaient dans le plaisir, ils s’habituaient l’un à l’autre, ils se conjuguaient parfaitement, ils ne formèrent plus qu’un sous les gémissements de plus en plus dévastés. Christian excité à l’extrême était de nouveau tendu et distillait de longues coulées de sa liqueur pré-séminale qui se perdaient dans la fourrure courte et noire de son possesseur. Alors, il sentit que sa souffrance arrivait à son terme en voyant Brice onduler en spasmes désarticulés. Ses yeux se clorent et son visage fut torturer par l’extase montante. La brûlure enflamma la hampe démesurée et en criant, il lança sa semence dans le latex souple. Brice jouit longtemps. Christian voulut l’accompagner jusqu’au bout mais Brice resserra brusquement son sexe vibrant de désir et déclencha le torrent de sa jouissance. Les nombreuses giclées de sa sève épaisse labourèrent la poitrine et le ventre de son amant vacillant.
- Tu ne perds rien pour attendre, souffla Brice avant de l’attirer contre lui et l’embrasser avec fougue.
Il le câlina un moment et s’endormit dans la seconde. Christian se cala dans le confort de son corps chaud et resserrant les jambes, resta fiché sur le pieu de chair vive, et suivit Brice dans le sommeil.
Ils reprirent conscience lorsque Brice bougea pour se dégager de l’étreinte de son amant étalé sur son côté et la tête dans son cou. Christian se déplaça pour permettre à Brice de se repositionner à son avantage. Mais le beau rédacteur se dressant sur un coude envisagea le charmant styliste et picora son front et son visage de baisers tendres et légers. Christian, éveillé tout à fait, répondit aux bisous par de légères caresses sur les épaules et les flancs du garçon redevenu très entreprenant.
Les caresses succédèrent aux baisers et les mains et les bouches repartirent à la découverte des corps enflammés de désir. Bientôt le besoin de la fièvre de l’autre devint indispensable au désir de chacun.
Brice volait littéralement sur le corps de Christian qui gémissait en s’offrant totalement à l’activité impétueuse de son bel amant. La fièvre gagna quelques degrés lorsque Brice s’agenouilla entre les cuisses ouvertes de Christian et l’aboucha avec volupté. Le ravissant styliste passa de l’état de découvreur actif à celui de jouisseur passif. Il gémit sous les baisers de Brice et râla sous les caresses de Brice. Il se sentait défaillir dans un profond délice alors que son méat diffusait les premières perles de sa rosée intime. Et alors qu’il se laissait aller au bonheur de la fellation merveilleusement pratiquée, il se cabra pour mieux pénétrer la cavité humide de son fellateur. Brice, attentif au plaisir de son ami, s’allongea sur le dos, attira Christian sur son corps frémissant et le positionna entre ses cuisses largement écartées. Il saisit le pieu sexuel de l’amant vibrant et s’en lubrifia le fondement. Puis, brutalement, il saisit sa nuque pour l’embrasser passionnément et d’un mouvement rapide s’empala d’un coup sur lui. Ils soufflèrent d’un même cri étouffé. Puis, alors que Brice se cambrait pour s’emplir entièrement de la virilité tendue de son amant, Christian s’arqua des pieds et des mains pour tendre sa flèche charnelle.
Les gémissements de Brice répondaient aux ahanements de Christian et les va-et-vient devinrent plus profonds au fur et à mesure que la chaleur augmentait dans les corps surchauffés. La sueur perlait aux fronts des jeunes hommes et roulait sur les poitrines soulevées par les souffles rauques de leur respiration courte.
Au bout de plusieurs minutes de long et méthodique limage sur sa prostate énervée provoqua chez Brice un besoin impérieux. Il avait envie de Christian en lui sans délai.
- Viens…Maintenant, Chris…viiieeennns !
Il releva la tête et entourant le buste de Christian, lécha puis mordit fortement son téton droit. La douleur provoqua instantanément une brève mais intense contraction dans son bas-ventre, depuis un moment trituré par une crampe brûlante.
- Me voilà…Brice ! Je…viens…pour toi !
Aussitôt, la lave déferla de son volcan et envahit les profondeurs aimables de l’amant offert en coulées chaudes et dévastatrices. Brice ressentait chaque contraction comme une offrande votive en s’ouvrant davantage pour recevoir jusqu’au fond de lui la semence épaisse de son adorateur. Christian fut aussi ravagé de jouissance une poignée de minutes fortes et intenses. Il se pencha pour en remercier son dieu dans un baiser reconnaissant quand les lèvres de Brice se firent dures et que son sexe comprimé entre leurs ventres soudés ne propulsa une série de jets soutenus de sa mâle vigueur tiède. Plusieurs s’écrasèrent sur leurs mentons unis par l’étreinte, d’autres zébrèrent leurs poitrines. Le flot se tarit en une flasque visqueuse sur le ventre de Brice frissonnant d’extase.
De profonds baisers de reconnaissance furent échangés avant qu’ils ne s’allongent côte à côte et se blottissant dans les bras réconfortants de chacun d’eux, repartirent en un sommeil confortable.
Le soleil était haut dans le ciel quand les tourtereaux ouvrirent les yeux au jour nouveau. Brice posa un petit bisou sur le nez de Christian qui le tortilla sous l’impact et attendit que l’homme tende le visage vers lui pour appliquer un baiser plus amoureux sur ses lèvres. Il se leva pour préparer le petit-déj, pendant que Christian se lovait dans le confort des draps chauds aux odeurs viriles de leurs corps exsangues.
L’après-midi, ils optèrent pour une longue ballade dans les environs. La campagne autour d’Aytré était toujours autant attirante, la verdeur des plats espaces, les longères et les nombreux marais apportaient un calme rassérénant aux deux citadins débordés de travail, durant la semaine.
Ils poussèrent jusqu’à Angoulins et marchèrent longtemps sur la plage à observer les mouettes criardes suivre les quelques bateaux qui rentraient au port. Ils avaient ôté leurs souliers et marchaient dans le sable chaud, côte à côte, sans dire un mot, à réfléchir aux instants magiques qui les unissaient, maintenant. Brice tendit la main et attrapa celle de Christian, la serrant doucement. Christian ne chercha pas à s’esquiver et garda la main chaude de son ami en s’approchant plus près.
Ils restèrent quelques minutes, les yeux rivés sur l’horizon, à observer les vagues se former et s’épuiser sur la plage. Christian touché par le romantisme de l’instant et son bien-être intérieur, passa son bras autour de la taille de Brice et le colla contre lui. Brice le regarda, planta un sourire sur sa bouche finement ourlée et prit Christian par le cou. Ils continuèrent ainsi, embrassés l’un à l’autre, sans s’inquiéter plus avant de la réaction des rares promeneurs de ce dimanche de mai. Ils étaient heureux…et seuls au monde. Le reste n’avait aucune importance.
Lorsqu’ils rentrèrent chez Brice, le jeune rédacteur prépara les apéritifs et les amuse-bouches. Il aurait voulu avoir plus à lui offrir, mais un rapide coup d’œil au frigo, lui appris qu’il n’avait pas fait les courses pour un dîner de qualité.
- Ecoutes, Chris, je suis désolé. Je ne sais pas quoi faire à manger. Je crois que je n’ai rien au frigo.
- Pas de problème, mon grand ! Chacun son tour de régaler l’autre. Je t’avoue avoir envie d’une pizza avec toutes sortes de choses délicieuses.
- Ah, oui ! D’accord ! Tu connais quelque chose ?
- Oui, le « Rigoletto » rue Chef de ville. J’adore leurs cannellonis et leurs pizzas au feu de bois.
- Ok ! On boit l’apéro et on y va !
L’ambiance vieille Italie du restaurant aux fresques fraîches des capitales italiennes et les peintures rococos des scènes de la comédia dell arte vénitiennes peintes sur les murs, plurent tout de suite à Brice. Il appréciait ce dépaysement qui lui permettrait de jouir de la présence de son amant encore quelques heures.
- Bien ! On dit une lasagne et une tagliatelle verde en ante-pasti et une Rigoletto et une quadra-fromaggi en plat de résistance. Et un chianti de Toscane bien frais. Ce sera tout, Messieurs ?
- Pour l’instant oui, conclut Christian, on verra pour les desserts.
Il planta ses yeux frangés d’or dans les yeux verts de son partenaire et le regarda en souriant.
- Alors que vas-tu garder de notre première journée ensemble ? questionna Christian.
- Que du bon, mais…
Il suspendit sa phrase et attendit la réaction de son vis-à-vis en fronçant les sourcils. Christian ouvrit de grands yeux ronds, inquiet. Brice esquissa un sourire et ajouta :
- …mais la journée n’est pas terminée, non ?
Ils rirent ensemble. Non, la soirée était encore jeune et la nuit promettait d’être longue.
La nuit était tout juste tombée quand ils sortirent du restaurant bondé de toute une faune de jeunes braillards venus terminer le week-end dans la bonne ville charentaise.
- Je pense que mon appartement est plus proche d’ici que le tien ! intervint Christian en ajustant les manches de son pull autour de son cou.
- Ah bon ! Où habites-tu ?
- Tu verras bien ! Sois patient !
Un quart d’heure plus tard, Christian jetait les clés de sa 206 Peugeot dans l’énorme cendrier de cristal qui servait de vide-poches.
- Mets-toi à l’aise, je reviens, dit-il à l’adresse de Brice qui découvrait l’appartement.
Une grande salle style loft aux murs blancs sur lesquels étaient pendus quelques lithos des peintres impressionnistes, un canapé de cuir beige, un grand meuble living noir regroupait, la télé, le lecteur DVD, le magnétoscope, les livres et tous les bibelots que Christian avait rapportés des ses voyages à l’étranger. Une table basse en verre sur lequel trônait une boite de mouchoir dans son emballage façon canapé, une corbeille d’osier dans laquelle étaient regroupées toutes les télécommandes de la maison. Dans les deux coins près de la porte d’entrée, deux grands pots de terre décorée dans lesquels étaient plantés un ficus majestueux et un immense yucca
Un escalier en métal menant à la mezzanine dont on apercevait le bureau aussi encombré que le sien. Une petite cuisine américaine aux meubles clairs et dans le mur ouest, deux portes : la chambre et la salle d’eau.
Brice se familiarisait avec l’endroit propre et clair tout en se déshabillant prestement. Quelques secondes plus tard, il était allongé dans le travers du large canapé, uniquement vêtu de son slip bleu roi. Christian revint de la salle de bains, vêtu d’un caleçon rouge et d’un kimono blanc. Lorsqu’il vit Brice offert à sa vision les bras passés derrière sa nuque, un sourire facétieux aux lèvres, il ne put retenir une brusque poussée de testostérone qui fit gonfler son fier « 18 cm » à l’intérieur du tissu souple. Celle de son partenaire n’avait rien à lui envier, sa tête ne demandant qu’à émerger de la ceinture élastique du sous-vêtement étroit.
- Veux…veux-tu boire…quelque chose ? lui demanda Christian en déglutissant rapidement les yeux rivés à la poutre présentée.
- Oui…toi ! murmura Brice en ouvrant ses jambes.
Dix secondes plus tard, les deux hommes étaient vautrés dans les bras l’un de l’autre,
leurs lèvres soudées, leurs ventres collés, leurs sexes en effervescence.
Ils roulèrent l’un sur l’autre de nombreuses minutes, caressant les chairs frémissantes et malaxant les muscles saillants. Les mains se firent curieuses et surprenantes, les bouches insatiables et voraces. Ils glissèrent l’un sur l’autre et se retrouvèrent bientôt en tête-bêche pour une dégustation d’un breuvage d’exception.
Les langues longèrent les hampes, les lèvres sucèrent les glands et les dents mordillèrent les couronnes dans un grand mouvement des corps échauffés. Les pointes de leurs langues cueillirent à leur source les perles de rosée claire, alors, ils engouffrèrent au plus loin les dizaines de centimètres de chair raidie par le plaisir de l’autre.
Alors, un concert de feulements et de râles étouffés envahit la pièce.
Ils aspiraient mutuellement la vie de l’autre, tels des vampires buvant le sang de leurs victimes. Les doigts de Brice furent les premiers à s’introduire dans l’obscurité du beau Christian. La prostate du styliste manipulée avec grâce, le fit réagir en volupté ; il ne tarda pas à envahir de deux doigts souples l’intimité du ravissant rédacteur à la recherche de la glande magique et la caresser avec vigueur pour une extase bien réelle.
Bientôt, les excroissances viriles se contractèrent et la brûlure si agréable les enflamma avant qu’ils ne perdent conscience dans une jouissance commune.
Ils râlèrent en expulsant le meilleur d’eux-mêmes en plusieurs giclées abondantes de leur crème vitale, qu’ils dégustèrent comme un nectar de grand cru.
Ils se coulèrent l’un à côté de l’autre et s’octroyèrent en soufflant quelques minutes de répit.
- J’ai…adoré l’apéro, conclut Brice en se relevant sur le siège.
- Alors que vas-tu penser du morceau de résistance ! s’enquit Christian en caressant son membre amolli.
Quelques minutes plus tard, ils roulèrent sur le grand lit de Christian vers l’exploration en plus grand de la carte du tendre déployée par l’autre.
Les mains voletèrent sur les corps échauffés, les bouches dégustèrent chaque centimètre des muscles saillants. Ils se donnèrent sans réserve et en abondance, trois longues et délicieuses fois. Leurs plaisirs furent monumentaux et énormes. Leurs jouissances furent superbes et grandioses.
Lorsqu’ils décidèrent de s’adonner au sommeil apaisant dans les bras l’un de l’autre, la cloche de la Grosse Horloge sonnait trois heures.
- Bonjour, mon cher et tendre ami ! souffla Christian en posant un léger baiser sur le sein de Brice. Que veux-tu comme petit-dèj ?
Il consulta sa montre et poussa un cri en se précipitant dans la salle de bain.
- Ouah ! Un café dans cinq minutes, s’il te plaît ! Il est neuf heures, je suis en retard ! Le conseil de rédaction est à neuf heures et demie.
- C’est l’avantage d’être à son compte ! ricana Christian. Moi, je n’ai pas de problème d’horaire.
Il ne fallut que cinq minutes au rédacteur en retard pour ressortir douché mais encore humide et habillé à la hâte. Il sauta sur le café brûlant et l’avala en clignant des yeux.
- Donc, j’aurais pas mon câlin du matin ! continua Christian en faisant mine de faire la moue.
- Non, mon amour, pas ce matin ! Mais…je me rattraperai…ce soir ? Si tu le veux bien !
- Si je veux ! Mais tous les soirs, je veux, mon ange ! ajouta Christian en prenant le visage de son aimé pour le couvrir de doux baisers.
- J’en prends bonne note, amour ! souffla Brice en se dégageant à contre-cœur.
C’était, il y a six mois. Déjà. Depuis ce week-end féerique, Christian et Brice se sont revus pratiquement chaque soir, pendant de longues heures, à examiner des dessins de plus en plus superbes, à discuter des modèles choisis par les créateurs en mal d’inspiration pour des séries de prêt-à-porter diffusée dans l’Union, d’articles parus dans la presse et aussi…pour une discussion plus…gestuelle.
Depuis un mois, c’est chaque matin que Christian à droit à son câlin : Brice et lui vivent ensemble et ils s’aiment de plus en plus fort chaque jour. FIN
Fin
Commentaires
Les histoires les plus simples sont les meilleures. Encore un texte agréable à lire. Merci. Quelle fécondité !