Guillaume (4/13) de Fotsix
vendredi 6 août 2010, 17:54 - Fotsix - Lien permanent
En quelques instants, l'image si précise de la mousse qui coule le long de la colonne vertébrale et disparaît entre les deux fesses musclées du moniteur se forme dans sa tête. Un fourmillement et son sexe se redresse doucement entre ses jambes, le plongeant dans une extrême confusion.
Martial
En arrivant au bar, ce soir-là, Guillaume est un peu énervé. Toute la journée, il n'a fait que s'occuper de problèmes imbéciles. Des pannes et des montages ratés dus à un certain laisser-aller de ses chefs de chantier et il a dû en rappeler un certain nombre à l'ordre. Il n'aime pas avoir à faire de la discipline, même s'il sait bien que ça fait partie de son travail.
Alors qu'il sirote tranquillement sa bière en essayant de se détendre, il voit rentrer un garçon dans le bar, à peu près vide à cet instant, qui regarde autour de lui d'un air un peu perdu, comme s'il cherchait quelque chose. Il ne l'avait pas vu avant, il doit faire partie de la fournée qui est arrivée la veille au soir ou le matin, et manifestement, il cherche les occupations possibles en cette fin d'après-midi.
Il doit avoir à peu près dix-huit ans, brun avec les cheveux mi-longs, des yeux clairs, mais il est trop loin pour en distinguer la couleur. Sa figure porte encore quelques boutons d'acné, typique de la fin de l'adolescence. Il est vêtu d'un large T-shirt bariolé et d'un bermuda de bain, les pieds nus dans ses sandales en sangles.
S'avançant jusqu'au comptoir, il demande un coca au barman, puis il fait des yeux le tour de la salle, s'arrêtant imperceptiblement sur Guillaume, mais sans oser le dévisager. Les quelques autres consommateurs ne semblent pas l'intéresser, et il regarde de nouveau Guillaume sans en avoir l'air, puis se décide.
─ Je peux m'asseoir à côté de vous ? lui demande-t-il en s'approchant, un peu hésitant.
─ Si tu veux. Je n'ai pas de siège réservé ici, lui répond ce dernier en souriant.
Le garçon engage la conversation. Il s'appelle Martial et vient de Paris passer dix jours de vacances avec son père. Il questionne Guillaume sur les activités que propose le club.
Ce dernier peut à présent, maintenant que le garçon s'est approché, le détailler plus facilement. Les yeux sont d'un beau vert, presque aigue-marine, sous des sourcils bien dessinés, des lèvres sensuelles qui s'ouvrent sur des dents blanches plantées régulièrement. Les joues sont lisses, et seules la lèvre supérieure et la pointe du menton montrent quelques poils. Quand il sourit, de larges fossettes se creusent sur les côtés de sa bouche, lui donnant un air encore enfantin, heureux de vivre.
Guillaume lui détaille les différentes activités que propose le club, et le garçon semble surtout intéressé par les activités nautiques, la plongée et la planche à voile. L'arrivée d'un petit groupe les incite à s'éloigner du comptoir, pour pouvoir continuer leur conversation sans devoir élever la voix à cause du brouhaha, et ils se rapprochent du baby-foot qui trône au fond de la salle. Machinalement, Martial attrape une poignée et fait virevolter les petites figurines, sans interrompre la conversation.
Brusquement, Guillaume est saisi de l'envie de jouer au baby-foot. Il a l'impression que ça fait une éternité qu'il n'a pas touché à ce jeu. Depuis ces années en école d'ingénieur où le bureau des élèves organisait des compétions richement dotées de produits généralement alcoolisés et qui donnaient souvent l'occasion de troisièmes mi-temps passablement éthyliques… Et il avait plusieurs fois remporté la compétition, ce qui, bien plus que ses notes aux devoirs, lui valait une grande popularité auprès de ses camarades.
─ Tu veux faire une partie ? demande-t-il à Martial en lui montrant le baby-foot.
─ Oh oui ! J'adore ça. Vous jouez souvent ? demande-t-il avec les yeux qui s'illuminent.
─ Pas trop mais je crois que je me débrouillerai. Et puis tu peux me dire tu. Moi je préfèrerais.
─ Comme vous… pardon, comme tu veux, répond le garçon en faisant le tour du meuble.
La partie s'engage tranquillement, les deux joueurs s'échauffant doucement, puis le rythme s'accélère insensiblement à mesure que les buts rentrent dans les cages. Les deux joueurs sont d'une force équivalente, le score monte de manière équilibrée et c'est Martial qui l'emporte finalement, avec seulement deux points d'avance, et un petit cri de triomphe.
─ Hé, pas si vite, je veux ma revanche, lui demande Guillaume. Maintenant, fini de rigoler, on va faire les choses sérieusement !
─ D'accord. Deux matchs gagnants. C'est quoi l'enjeu pour quand j'aurai gagné ?
─ Une tournée de bière ? Mais prépare ta monnaie, je vais m'occuper de ton cas.
─ Encore d'accord. Tu peux commander les bières, répond Martial en faisant le tour de l'appareil et en replaçant la balle au centre du jeu.
La deuxième partie n'a pas du tout le même aspect que la première. Les joueurs sont beaucoup plus concentrés, tendus, et les barres du jeu claquent sèchement contre les butées, alors que la balle traverse à vive allure d’une extrémité à l’autre. Les points montent plus lentement, et chaque point provoque un petit cri de victoire d’un côté et un juron étouffé de l’autre. Guillaume commence par prendre une courte avance, mais sur quelques erreurs, Martial repasse devant. Guillaume se reconcentre et finit la partie avec seulement deux points d’avance.
─ Alors, les bières sont prêtes ? J’espère que tu as suffisamment de crédit au bar pour honorer tes promesses, déclare Guillaume avec un large sourire.
─ Pas si vite… Il reste la belle ! On a dit deux parties gagnantes, et l’ours court encore, alors pour la peau, il faut attendre ! répond Martial en riant.
Il fait le tour de la table et se replace face aux poignées de l’appareil, regardant Guillaume d’un air pugnace. Le jeune homme se place à son tour devant l’appareil et la partie reprend, encore plus acharnée. Martial marque des points que Guillaume reprend aussitôt, et il arrive bientôt à un point de la victoire, mais sur une suite de trois erreurs successives, il laisse la victoire à son aîné.
─ Désolé, rigole Guillaume, l’expérience reprend toujours ses droits, mais c’était un beau combat !
─ C’est à cause du décalage horaire, argumente Martial avec une parfaite mauvaise foi. Mais demain, on remet ça, et je prendrai ma revanche, déclare-t-il d’un ton belliqueux.
─ Viens donc prendre ta bière, on verra pour la suite demain ! Tes parents ne vont pas t’attendre pour dîner, au moins ?
─ Non, ils sont occupés, je peux vivre ma vie comme je veux, répond le garçon d’un air évasif. Mais ça te dérange pas que je prenne un coca, plutôt ?
─ C’est toi qui offres, c’est toi qui choisis ! répond Guillaume avec un grand sourire en se rapprochant du bar. Mais alors, tu es seul pour dîner ?
─ Ben… Oui, tant que j’aurai pas trouvé des copains.
─ Alors on n’a qu’à manger ensemble. Prends ton coca, et puis on ira le boire en mangeant. Je préfère ne pas trop attendre, c’est plus calme au début du service.
Sitôt dit, sitôt fait, ils se retrouvent à la table habituelle de Guillaume, dans un coin calme de la salle qui donne sur la plage. Tout en mangeant, ils discutent tous deux, et Martial questionne Guillaume avec curiosité sur ce travail qui lui semble fabuleux, dans cet endroit de rêve, devant cette mer toujours bleue. Lui se contente de lui dire sans s’étendre qu’il rentre en terminale, dans un lycée de province.
─ Mais tu seras là aussi demain ? demande-t-il d’un ton plein d’espoir avant qu’ils ne se séparent pour la nuit.
─ Bien sûr ! Tu sais, moi, j’habite là, alors je mange ici presque tous les jours… Mais je ne peux pas te promettre l’heure à laquelle j’arriverai.
─ C’est pas grave ! Je t’attendrai au baby-foot pour te mettre la pâtée. Avec une nuit de sommeil, j’aurai récupéré tous mes moyens, ajoute-t-il avec un sourire triomphant.
─ Et bien on verra ça demain ! Bonne nuit !
Sur une franche poignée de main, ils se séparent et Guillaume rentre dans sa chambre, où il relève ses mails et se couche rapidement en se demandant quels problèmes imbéciles vont encore lui tomber sur la tête le lendemain, mais avant de s’endormir, le souvenir de la physionomie avenante de cette nouvelle connaissance le fait sourire.
La journée du lendemain se passe plus calmement, mais au moment où il s’apprête à partir, il reçoit sur son mail un projet de contrat en retard qu’on lui demande de relire d’urgence. Cette tâche supplémentaire le retient presque deux heures et quand il peut enfin rentrer à l’hôtel, il est presque l’heure de dîner. Repoussant sa douche après le repas, il se rend directement vers la salle à manger.
Au moment où il pénètre, Martial se jette presque sur lui, la figure barrée d’un grand sourire de soulagement.
─ Je croyais que tu m’avais laissé tomber… déclare-t-il en lui serrant la main avec effusion.
─ Et bien… C’est presque ça, en fait. J’ai été retenu au boulot, et je t’avais un peu oublié ! Excuse-moi…ajoute-t-il d’un ton un peu contrit de l’avoir ainsi abandonné.
─ C’est pas grave, maintenant que tu es là ! La revanche au baby tient toujours ?
─ Ah, le baby… Allez, une promesse est une promesse ! Viens que je te montre ce que c’est que jouer.
Mais la fatigue de la journée de travail se fait sentir, et malgré une résistance acharnée et méritoire, Martial l’écrase à plate couture en deux manches seulement.
─ Félicitations ! Tu as fait des progrès, depuis hier ! Ou alors, c’était vraiment le décalage horaire ? demande-t-il avec un sourire gouailleur.
─ Tu peux te moquer… Mais j’ai gagné !
─ C’est vrai… Allez, viens prendre une bière sur mon compte !
─ Un coca ?
─ Ah non ! Là, c’est moi qui offre, c’est moi qui choisis !
Avec un large sourire, le garçon prend son verre et alors qu’il a presque fini de le boire, arrive un moniteur de la section de planche à voile qui le reconnaît, et après d’obscures histoires de compétition sur l’eau dans la journée, il insiste pour payer une autre tournée de bière, malgré la tentative de refus du garçon.
Cette deuxième bière terminée, le moniteur les quitte et ils vont dîner, comme la veille, à la table habituelle de Guillaume. Pendant le repas, Martial lui demande s’il sait où il pourrait se connecter pour relever ses mails. Il lui parle aussi d’histoires peu claires de jeu en ligne avec des batailles intergalactiques dans lesquelles il risque de perdre beaucoup s’il reste trop longtemps absent.
Guillaume l’écoute avec le sourire, et regarde avec curiosité la physionomie ouverte, les yeux clairs qui demandent sans quémander. Il y a bien des ordinateurs en libre-service dans l’hôtel, mais il sait aussi très bien à quel point ils sont bridés pour avoir participé à la mise en place des règles de sécurité destinées à éviter l’envahissement de virus.
Ils sont aussi très bien verrouillés pour éviter que des enfants se connectant après des adultes peu soigneux ne tombent sur des sites « adultes » et qu’en contrecoup, la direction de l’hôtel ne soit obligée de gérer des situations délicates face à des parents furieux.
Et c’est pour ça que l’usage de ces machines est très fastidieux et Guillaume comprend bien la frustration du garçon qui passe d’une liberté totale chez lui à un parcours trop bien surveillé dans le réseau de l’hôtel. Il n’a pas l’air perdu, mais manifestement son père ne s’occupe pas de lui pendant la journée et il n’a pas, du moins jusqu’à présent, semblé trouver d’autre garçons de son âge pour former un groupe.
─ Mais qu’est ce que ça fait, si tu perds des planètes ? demande Guillaume, un peu dubitatif.
─ Des planètes, je m’en fiche, mais c’est des systèmes solaires, que je vais perdre ! s’enflamme le garçon. Peut-être même des petites galaxies…
─ Ah, oui, effectivement, perdre une galaxie… Vu l’état dans lequel je suis quand je ne retrouve pas tout de suite mon trousseau de clés, perdre une galaxie, je serais mal ! répond Guillaume avec un léger sourire.
─ Mais tu comprends pas, c’est un jeu, et je fais partie d’une alliance ! Si je perds trop de terrain, c’est l’alliance qui souffre, et je ne peux pas leur faire ça !
─ Ce sont des amis à toi ?
─ Ouais, j’en ai sur toute la terre, dans plein de pays ! répond Martial avec un sourire ravi.
─ Toute la terre ? Mais tu les vois souvent ? demande Guillaume avec effarement.
─ Ben non, évidemment ! Que par des messages, dans la boîte aux lettres du jeu. Sauf un. J’ai compris par hasard qu’il habitait juste à côté de chez moi. En fait, je devrais dire une, c’est une femme… Une vieille, elle a au moins quarante ans… C’est bizarre, hein ?
─ Quarante ans ! Ben oui, c’est presque le cimetière à cet âge-là ! Oui, c’est bizarre, des adultes qui s’amusent ! s’esclaffe de nouveau Guillaume.
─ Mais tu vois, tu te moques de moi ! T’es pas gentil… Et puis c’est aussi un peu pour eux qu’il faut que je m’occupe de mes planètes. Ils me font confiance !
Il a pris un air un peu déçu, comme si la moquerie légère de Guillaume était du mépris pour la considération qu’il porte aux membres de son groupe.
─ J’ai peut-être une solution pour toi, si tu veux, lui propose du coup le jeune homme, pour se faire pardonner cet involontaire manque de tact.
─ Une solution ?
─ Oui, tu pourrais utiliser ma machine, si tu veux. Mais le problème, c’est qu’elle est dans ma chambre, alors ça ne peut être qu’un dépannage…
─ C’est trop bien ! Mais ça va te déranger… ajoute le garçon d’un air timide.
─ Tu n’en as pas pour des heures, quand même ? Quoique… Organiser la manœuvre à l’échelle intergalactique, quand on voit le temps que ça prend, rien que pour rentrer en France, c’est pas gagné ! rigole Guillaume en le regardant.
─ Mais non. En dix minutes, je fais les quelques actions nécessaires, et puis je te laisse tranquille !
─ Alors on y va ! fait Guillaume avec entrain en se levant.
Le garçon se lève à son tour pour le suivre, mais doit poser une main sur le dossier de la chaise voisine pour tenir son équilibre.
─ Tu m’as trop fait boire ! s’exclame-t-il. D’habitude, je bois pas d’alcool, et là, deux bières d’un coup… Je vais pas marcher droit.
─ Jusqu’à ma chambre, tu ne risques pas grand-chose, sourit Guillaume. Il n’y a pas d’alcootest sur le chemin ! Tu as besoin que je te tienne ?
─ Mais non ! C’était juste en me levant. Tu vois, ça va tout seul, maintenant !
Effectivement, il emboîte le pas à Guillaume d’un pas plus assuré. Tout en continuant à discuter, ils suivent les allées de l’hôtel dans l’air tiède du soir, et en quelques instants, ils arrivent devant le bungalow dont Guillaume ouvre la porte et il s’efface pour laisser entrer son visiteur.
─ La vache ! Mais c’est un vrai centre informatique, ici, s’extasie Martial quand il aperçoit les trois ordinateurs portables côte-à-côte sur le bureau de la chambre.
─ Ne te fais pas trop d’illusions. Le plus beau, c’est pour le boulot, et tu ne pourrais rien faire avec, tout est verrouillé. Le deuxième, c’est le mien, et il est réservé à mes mails, pour ne pas trop risquer de virus. C’est sur le troisième que tu peux aller. Il ne risque rien. Même si je prends un virus, je rince tout et je le recharge… Tu vois, il n’a même pas de mot de passe !
─ C’est trop bien ! T’es vraiment sûr que ça te dérange pas ? demande encore Martial en s’asseyant devant l’écran.
─ Si je te le dis… Je te laisse un moment, je vais prendre une douche pendant que tu fais la guerre. Je te demande juste de ne pas laisser un vaisseau spatial sous mon lit en partant. Les femmes de ménage sont un peu craintives, par ici.
─ Pas de problème… Oh, et puis t’as plein de musique ! Elle est trop bien, ta config… ajoute-t-il en examinant l’écran.
Le laissant seul en tête-à-tête avec la machine, Guillaume passe dans la salle de bain, se déshabille et passe sous la douche avec bonheur, pour se débarrasser de la poussière de la journée.
Au bout de quelques minutes, malgré de bruit de l'eau qui coule de la douche, Guillaume commence à entendre la musique que Martial fait jouer en se promenant dans les fichiers MP3 qu'il a trouvés. Comme tous les jeunes, il choisit des morceaux avec beaucoup de rythme, et il a poussé le volume sonore sans soucis d'éventuels voisins. Guillaume sourit quand, après de nombreux extraits d'inspiration variée, il entend l'attaque de Gimme All Your Lovin' de ZZ Top. La chanson n'est pas encore terminée quand il finit sa douche et s'essuie. Il s'aperçoit alors qu'il a oublié de prendre des habits propres pour se rhabiller. L'idée de remettre ceux dans lesquels il a transpiré toute la journée le dégoûte et il se contente d'enrouler la serviette autour de ses reins et il ressort de la salle de douche. En passant la porte, le spectacle qui se présente à ses yeux lui fait exploser une boule de chaleur au niveau de l'estomac.
A cause de la musique, Martial ne l'a pas entendu sortir de la salle d'eau. Délaissant l'ordinateur, sa guerre intergalactique et la consultation de ses e-mails, il s'est assis sur le lit et il est absorbé par la contemplation des photos, sur les pages intérieures d'un exemplaire de Têtu que Mousse lui a passé quelques jours auparavant. Comme les modèles sur les photos, il a repoussé le devant de son T-shirt derrière ses épaules et il tourne d'une main les pages de la revue pendant que de l'autre, plongée dans son short, il se caresse lentement.
Guillaume a un instant d'hésitation devant ce spectacle. Indécis, puis, presque malgré lui, il avance vers le lit. Ses pieds nus ne font aucun bruit sur la natte qui couvre le carrelage de la pièce. Il s'assied doucement sur le matelas derrière Martial et lui pose une main à hauteur de la braguette.
─ Laisse-moi t'aider, lui chuchote-t-il à l'oreille.
Martial a un sursaut de surprise, et tente brutalement de se redresser, mais à cause de la natte glissante, et peut-être aussi un peu à cause des bières qu'il a bues avant de venir, il perd l'équilibre et retombe dans les bras de Guillaume qui le rattrape au vol, plaquant le dos du garçon contre sa poitrine.
Il a précipitamment sorti sa main de son short et bafouille une vaine dénégation, en se débattant mollement.
─ Chut… Laisse-moi faire, reprend Guillaume en le caressant doucement.
Sous ses doigts, il sent battre le membre dressé et le garçon frémir puissamment.
─ Mais on doit pas… dit Martial en tentant maladroitement de repousser sa main.
─ Chuuut…
Passant un bras autour de sa poitrine, Guillaume l'attire plus fort contre lui, sans cesser sa caresse. Martial tourne la tête vers lui et le regarde quelques instants d'un air à la fois un peu incertain, mais également comme s'il attendait une réponse à une question informulée. Puis il laisse aller sa tête en arrière sur l'épaule musclée et s'abandonne aux puissantes sensations qui l'envahissent.
La main continue son manège lent, descendant le long des cuisses, remontant sur le ventre, repassant sur le short gonflé par l'érection. Chaque passage fait trembler le garçon qui pousse un soupir silencieux, la bouche ouverte. Sa respiration s'est instinctivement accordée au rythme des caresses et Guillaume sent les abdominaux se tendre à chaque fois que la main arrive au niveau du nombril, puis se relâcher quand il redescend vers les cuisses.
Après un moment il introduit les doigts sous la ceinture élastique du bermuda et tente de passer la main. Il sent sous le bout de ses phalanges le contact rêche du début de la toison pubienne, mais, bien que Martial ait creusé le ventre pour faciliter le passage, le lacet de ceinture entrave le passage. Il retire la main pour le défaire. Le recul des doigts fait pousser au garçon un petit gémissement de frustration et il ouvre les yeux pour comprendre pourquoi ce contact qu'il attend avec tant d'impatience n'arrive pas.
Désireux d'accélérer les choses il approche les mains et attrape les deux côtés du short, se préparant à retirer l'obstacle, mais avant qu'il puisse le faire, Guillaume lui a attrapé les deux poignets et les écarte pour l'empêcher de brusquer le cours les évènements.
─ Laisse-moi faire, je m'occupe de tout, lui murmure de nouveau Guillaume au creux de l'oreille en recommençant à dénouer le cordon de la ceinture.
Puis il écarte la ceinture et repousse doucement le short vers le bas, aidé par Martial qui soulève ses hanches pour faciliter le passage. Le short glisse le long des jambes jusqu'aux chevilles d'où il le dégage en le faisant voler un peu plus loin d'un coup de pied. Guillaume découvre alors un slip tout simple de coton blanc, étonnamment sage, presque enfantin, mais que la puissante érection plaquée sur le côté contre la cuisse tend d'un relief qui lui n'est pas sage du tout. Il reprend sa caresse, soulignant le relief en le suivant du bout des doigts, descendant faire rouler les testicules sous le fin tissu, remontant jusqu'à l'extrémité de la verge qui se marque bientôt d'une tâche humide.
Martial a instinctivement légèrement écarté les jambes, et au pli de l'aine, une mèche de poils sombres dépasse de l'ourlet du sous-vêtement. Curieux, Guillaume l'attrape délicatement entre deux doigts et tire doucement, déclenchant un nouveau frisson que vient souligner un gémissement étouffé.
Alors Guillaume, passant les pouces dans la ceinture du slip, de chaque côté des hanches, le tire lentement vers le bas, faisant progressivement apparaître l'épaisse toison sombre et bouclée qui tapisse le bas-ventre du garçon. Le membre est resté prisonnier de la ceinture élastique, et lorsque le slip atteint le haut des cuisses, il se libère brutalement, et vient claquer contre les abdominaux tendus. Le slip suit rapidement le même chemin que le short et Martial se laisse de nouveau aller contre la poitrine de Guillaume qui reprend sa lente caresse, tournant sans le toucher autour du sexe maintenant exposé au regard.
La verge est fine mais assez longue, par rapport aux autres qu'a pu voir Guillaume, les testicules glabres pendent entre les cuisses, et le gland d'un rose profond, entièrement libéré de son prépuce est surmonté d'une grosse goutte brillante qui montre l'état d'excitation extrême de son possesseur.
A chaque fois que les doigts se rapprochent, le corps du garçon se tend. Après quelques instants de ce manège, il écarte plus largement les cuisses, dans une invite silencieuse mais pressante à un contact plus direct. Mais Guillaume, délaissant la verge qui bat au rythme des pulsations cardiaques, attrape entre le bout des doigts la peau fripée des testicules et la tire doucement vers le bas, faisant se tendre la verge à l'horizontale. Martial pousse un profond soupir et une puissante contraction des abdominaux fait battre la verge d'où coule une nouvelle goutte de sérum clair. Relâchant la peau, Guillaume fait courir ses doigts vers le bas, de part et d'autre des bourses, descendant entre les cuisses, jusqu'au périnée qu'il masse quelques instants.
Martial pousse un nouveau gémissement et rapproche instinctivement sa main de sa verge, pour accélérer l'issue de cette douce torture mais Guillaume lui repousse de nouveau le poignet, et attrapant enfin le membre, il commence une lente masturbation. Chaque descente de la main le long de la dure colonne gorgée de sang fait pousser un soupir étouffé à son propriétaire. Le corps entier est parcouru de puissants frissons qui se répercutent dans celui de Guillaume dont la verge, toujours emprisonnée sous la serviette de toilette pousse contre les fesses du garçon, massée par les mouvements du couple qui tangue lentement.
Brutalement, Martial est pris d'un spasme qui creuse son ventre, puis les abdominaux se contractent, et alors que Guillaume accélère son mouvement, il pousse un gémissement aigu et de longues giclées de sperme viennent s'écraser contre son ventre et sa poitrine, coulant le long du sternum, jusqu'au nombril qui déborde bientôt d'une petite mare de semence.
Haletant, les yeux fermés, Martial se laisse aller entre les bras de Guillaume qui le regarde tendrement tout en poursuivant une caresse lente sur le sexe qui dégonfle progressivement. Il sent contre lui le corps mince se calmer progressivement. Il en profite pour lui retirer son T-shirt, toujours repoussé sur l'arrière de ses épaules. Le garçon se laisse faire, les yeux fermés, puis revient s'adosser à la large poitrine velue en reprenant son souffle.
Mais après quelques instants, Guillaume s'aperçoit que les coulures le long du ventre menacent de tomber sur la literie et attrapant la serviette qui le couvre, il s'en sert pour les essuyer. Quand il finit par la verge, en passant sur le gland rendu si sensible par l'orgasme, le garçon pousse un léger gémissement et ouvre les yeux, plongeant son regard encore brouillé dans celui de Guillaume. Il ouvre la bouche comme pour dire quelque chose, hésite, puis la referme et se retourne et, le repoussant de la main sur le lit, il le force à s'allonger. Puis il se recule légèrement et regarde le corps nu offert devant lui, laissant son regard s'attarder sur le membre tendu, puis il replonge dans les yeux interrogatifs de Guillaume qui attend, curieux de voir ce qu'il va faire.
Sans dire un mot, Martial tend la main et passe le bout des doigts dans la toison qui couvre la poitrine, les faisant courir dans une caresse aérienne, passant d'un téton à l'autre, puis il descend le long de la ligne de poils qui va du plexus au nombril, passe sans s'arrêter pour finir sur la cuisse, tourne autour du sexe pour l'attraper enfin d'une main hésitante.
Mais bientôt, il s'enhardit, et commence une masturbation plus énergique qui fait se cambrer Guillaume. A genoux sur le lit, il se rapproche, regardant avidement la colonne de chair qu'il tient en main, alternant les mouvements rapides avec des caresses plus lentes. Par instants, il jette un regard de côté sur Guillaume qui a fermé les yeux, la tête rejetée en arrière, la bouche à moitié ouverte, puis il revient sur le sexe qu'il tient dans la main, regardant la tête brillante de sérum clair qui apparaît et disparaît sous les replis de peau que repousse son poing serré.
Lentement il se penche en avant, rapprochant sa tête du membre érigé, hésitant, comme intimidé par ce membre pourtant offert à sa caresse. Puis soudain, il se décide, et laissant glisser la main au bas de la colonne, il pose les lèvres sur le gland pourpre, et l'aspire lentement, alors que la langue en fait le tour, explorant tous les replis.
Guillaume se tend sous la puissante sensation, et redresse la tête, ouvrant les yeux sur le garçon concentré sur son action, les yeux fermés. Le contraste entre cette figure juvénile et le spectacle puissamment érotique qu'il a sous les yeux lui fait exploser une boule de chaleur dans le ventre, et il doit se concentrer pour ne pas jouir immédiatement. Il pose doucement la main sur la tête du garçon, freinant l'impétuosité dont il fait preuve.
Rapidement, l'érection de Martial reprend de la vigueur, et l'empoignant de sa main libre, il recommence à la faire courir le long de la colonne encore luisante de son récent orgasme. A ce spectacle, Guillaume se penche sur le côté, et attrapant le garçon par les hanches, il le soulève et le repose sur le flanc, tête-bêche à ses côtés, et après avoir repoussé la main, il attrape la verge tendue. Martial n'a pas lâché sa proie. Arrêtant son mouvement de va-et-vient il ouvre les yeux et l'observe le prendre à son tour dans sa bouche, le regard noyé par le plaisir des sensations violentes qu'il ressent, puis, pris par une sorte de frénésie, il reprend son action, faisant se cabrer Guillaume, qui lui repose de nouveau la main sur la tête pour tenter de le calmer.
─ Pas si vite, on a tout notre temps, laisse-moi aussi en profiter…
Le regard du garçon est traversé par une étincelle espiègle, et il se contente de creuser les joues, aspirant le sexe qu'il caresse de la main, faisant de nouveau frissonner Guillaume qui le reprend à son tour entre ses lèvres. Le sexe mince a encore le goût de la semence et bat avec force à chaque stimulation que lui offre la langue un peu râpeuse sur la fine muqueuse. A chaque crispation, Guillaume sent un peu de la fade liqueur lui couler sur la langue. Instinctivement, le garçon a largement écarté les jambes, et Guillaume fait glisser ses doigts de part et d'autre des testicules ramassés par l'excitation sur la base de la verge et quand il arrive au niveau du périnée, il masse la base du membre, tiraillant la pilosité plus épaisse qui tapisse l'endroit. Martial laisse échapper un gémissement et se cambre avec un profond soupir, poussant son bassin en avant, comme pour pénétrer plus avant dans la bouche qui le martyrise avec suavité.
Ses mouvements ont perdu leur coordination et il finit par laisser échapper la verge de Guillaume qui le regarde du coin de l'œil. La tête se rejette soudain en arrière et il pousse un murmure étranglé.
"Attention, je vais…" bégaye-t-il en tendant la main comme pour repousser la tête de Guillaume. Mais ce dernier bloque le poignet et sent le corps flexible se cambrer de nouveau, la verge palpiter et de longs jets de semence se déverser dans sa gorge, tandis qu'il accompagne l'orgasme en massant rapidement le membre. Il lèche les dernières gouttes qui s'échappent en regardant le garçon haletant qui se laisse partir en arrière, lui posant la tête sur la cuisse. Il reste ainsi quelques instants, reprenant sa respiration, puis il ouvre les yeux, à quelques centimètres de la verge de Guillaume qu'il n'a pas lâchée et son regard croise celui de son aîné qui le regarde avec une tendresse pleine de curiosité.
Se redressant sur le coude, il reprend le membre dans sa bouche vorace, et sans tenir compte des tentatives de Guillaume pour calmer sa frénésie, il attaque une fellation furieuse, le faisant se tendre comme un arc sous la stimulation impérieuse.
A son tour, Guillaume bafouille quelques mots pour le prévenir de l'imminence de sa jouissance, puis déverse aussi son sperme en puissantes contractions, manquant de faire s'étrangler le garçon qui laisse une partie de son butin s'écouler sur son menton. Quand les derniers spasmes se calment, Guillaume se laisse à son tour tomber sur le dos, reprenant son souffle, alors que le garçon se retourne et vient s'étendre à ses côtés. Il lui pose la tête contre l'épaule, et le regarde d'un air d'infinie reconnaissance.
─ Merci, murmure-t-il à voix basse.
─ Merci, pourquoi ? Tu y as participé autant que moi !
─ Oui, mais…
Martial se tait, regardant le drap d'un air gêné, presque timide, tout d'un coup.
─ Mais ? lui demande doucement Guillaume
─ Tu es mon premier… reprend Martial d'une voix à peine audible.
Guillaume se redresse sur le coude et le regarde dans les yeux avec un sourire attendri.
─ Et bien pour un débutant, tu ne te débrouilles pas mal, parce que tu t'es vraiment bien occupé de moi.
─ C'est vrai, tu as aimé ? lui demande le garçon avec un sourire incertain.
─ Oui, pourquoi en doutes-tu ?
─ Je sais pas, c'est la première fois, alors…
─ Alors ça se fête ! Viens, habille-toi, je te paye un truc au bar.
─ Je crois que j'ai assez bu de bière pour aujourd'hui, dit-il en sautant joyeusement sur ses pieds et en enfilant ses vêtements. Un coca et puis j'irai dormir.
─ Mais tu l'avais déjà fait avec une fille ? reprend Guillaume après quelques instants de silence, tout en enfilant rapidement un short et un T-shirt.
─ Non… J'en ai jamais trouvé une qui me tente… Je crois que je suis pédé… ajoute-t-il à voix basse, la tête baissée, en regardant le sol.
─ C'est pas si tragique ! lui dit Guillaume en lui posant un bras autour de l'épaule. La vie est moins facile, mais on peut aussi y arriver, tu sais, ajoute-t-il en l'entraînant vers la porte. Allez, viens, on va voir s'il y a du monde au bar.
Pendant qu'ils marchent vers le bâtiment central, Martial s'arrête soudain, et regarde Guillaume.
─ Tu voudras bien que je revienne ? demande-t-il d'une voix où perce une légère inquiétude.
─ Pourquoi ? Tu attends d'autres mails ? répond ce dernier en le regardant avec un sourire narquois.
Martial le regarde avec une expression incertaine, déstabilisé par cette répartie inattendue, puis un large sourire illumine son visage, creusant les fossettes sur ses joues.
─ Oui, et puis maintenant que j'ai découvert le plaisir de me connecter avec toi…
Pendant la journée qui suit, la pensée de Martial ne quitte pas l'esprit de Guillaume. Malgré les multiples occupations et les demandes qui l'assaillent, le souvenir de la fraîcheur du garçon lui revient sans cesse, avec la troublante question de son âge. Il n'est même pas majeur… Mais il lui plait tellement ! Ça n'est pas seulement son corps, mais sa façon d'être, son sourire, sa timidité soudaine suivie d'une audace tout aussi brutale…
Alors que la fin de journée s'approche, et qu'il pense pouvoir rentrer rapidement, un gros problème d'approvisionnement de composants importants surgit soudain, le forçant à rester à son bureau pour prendre les décisions appropriées en liaison avec les bureaux de Paris, et, après s'être une fois de plus nourri d'un sandwich sur place, il ne peut rentrer qu'assez tard.
Alors qu'il traverse l'entrée, Martial arrive vers lui, avec un sourire hésitant.
─ Bonsoir, tu rentres seulement ?
─ Ben oui, c'est pas les vacances pour moi, ici. As-tu passé une bonne journée ?
─ Oui, mais je t'attendais… J'avais peur que tu ne veuille plus me voir, ajoute-t-il d'une voix plus basse, baissant soudain les yeux.
─ Plus te voir, pourquoi ? Tu as fait quelque chose de pas bien ?
─ Mais non, mais à cause d'hier soir, je sais pas…
─ Il n'y a pas de problème, mon grand. Tu veux que je te retrouve tout à l'heure ?
─ Tu veux bien ? lui demande Martial alors qu'un sourire radieux illumine sa figure.
─ Mais oui, mais d'abord, il faut que je me change et que je prenne une douche, et après…
─ Ben alors on pourrait faire comme hier, le coupe Martial avec excitation. Comme ça, je pourrais voir si ma manœuvre a réussi !
─ Ta manœuvre ? De quoi tu parles ?
─ Ben, tu sais bien, sur le jeu en ligne, pendant que t'étais sous la douche.
─ Ah oui ? T'as eu le temps de faire ça aussi ? Parce que j'avais surtout eu l'impression que tu écoutais ma musique en te rinçant l'œil sur des revues coquines !
─ Oui. Mais je… bredouille-t-il en baissant le nez après avoir violemment rougi.
─ T'es trop mignon ! Viens, on y va, mais il n'y a plus le magazine, je l'ai rendu. Et tu me promets que tu seras sage ? lui demande-il en le prenant amicalement par l'épaule.
─ Oui, comme une image !
Dès qu'ils arrivent dans la chambre, Martial se jette sur l'ordinateur de jeu pour voir où en est sa partie, poussant des jurons étouffés et des petits cris de joie à mesure qu'il parcourt le champ de bataille intersidéral.
Pendant ce temps, après avoir relevé ses quelques mails personnels et avoir supprimé le torrent de spams qui inonde quotidiennement sa boîte, Guillaume s'est rendu dans la salle de douche et après avoir fini de se déshabiller, il est rentré sous la douche. Il est en train de se faire un shampoing quand il sent le léger courant d'air du rideau qui se soulève et Martial qui dit à voix basse, « Je vais t'aider à te laver, tu dois être fatigué… »
Avant qu'il ait le temps de se rincer la tête ni de dire quoi que ce soit, il sent les mains du garçon se poser sur ses épaules et commencer à le frotter délicatement. Il se passe rapidement la tête sous le jet et se retourne d'un bond pour se retrouver face à Martial qui le regarde d'un air de totale adoration.
─ Mais qu'est-ce que tu fais encore ? demande-t-il d'une voix un peu énervée.
─ Ben… Je pensais que ça te ferait plaisir…
Le garçon a pris un air tout dépité, déçu que son idée n'ait pas l'air de plaire. Il a laissé tomber les mains encore pleines de savon le long du corps, et Guillaume constate avec surprise qu'il a gardé son maillot de bain, dans un curieux réflexe de pudeur.
─ C'est vraiment n'importe quoi… Bon, si tu veux. Mais au moins, enlève ton slip ! Qu'est-ce que tu vas te mettre pour rentrer dans ta chambre ? reprend-il d'une voix adoucie.
Le garçon abaisse les yeux pour se regarder, puis un grand sourire éclaire sa figure et il lui dit en ôtant son dernier vêtement, « C'est pas grave, j'ai un grand T-shirt, ça fera comme un robe. Et puis il fait nuit, il n'y aura personne. »
Il referme le rideau après avoir d'un coup de pied envoyé voler le maillot de bain et déclare en attrapant un peu de gel de bain, « Tu finis ton shampoing et moi je m'occupe du reste !
─ Je te vois venir… répond Guillaume avec un sourire moqueur, je serai propre que de là où ça t'intéresse !
─ Attends de voir !
Martial a repris quelques gouttes de savon liquide et se replaçant derrière lui, il reprend aux épaules, descendant le long du dos, puis, sans toucher aux fesses, il se baisse pour savonner les puissantes jambes velues, les frottant l'une après l'autre, les mains à plat, remontant progressivement. Instinctivement, Guillaume, qui a simultanément repris son shampoing, écarte légèrement les jambes, facilitant le passage des mains. Mais arrivé à mi-cuisse, Martial s'interrompt et se redressant, il passe devant et reprend le savonnage sur les pectoraux, faisant mousser le savon dans la toison qui couvre le sternum, frottant doucement le bout des tétons qui s'érigent sous le contact. Guillaume est parcouru d'un puissant frisson et sa verge commence insensiblement à se relever, alors que, les yeux fermés, il continue à se frotter le crâne, faisant durer l'opération bien plus longtemps qu'il n'est vraiment nécessaire.
Enfin, après lui avoir consciencieusement frotté le ventre et les hanches, Martial commence à faire mousser son savon dans le haut de la toison pubienne, donnant par instant de petits coups dans la verge qui présente à présent une copieuse érection, à l'image de la sienne qui est animée de soubresauts à chaque fois qu'il rapproche sa main de son but final. Puis, après avoir recueilli dans sa main une nouvelle provision de gel moussant, il en recouvre le membre, tirant la peau vers le bas, remontant pour envelopper le gland d'une douce caresse, rendue encore plus plaisante par l'effet lubrifiant du savon. Faisant un pas sur le côté de son sujet, il descend son autre main, et pousse le savon liquide entre les fesses velues, et après l'avoir bien étalé, il entreprend du bout des doigts d'explorer le sillon sensible sous le prétexte d'un nettoyage en profondeur…
Quand les doigts arrivent à la rosette, s'attardant autour de l'orifice, Guillaume pousse un profond soupir qui se termine dans un gémissement étouffé, et passe sa tête sous l'eau pour se rincer et ouvre les yeux sur le garçon qui contemple avec les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, le résultat de ses soins.
Il continue sa lente masturbation, l'interrompant par instants pour aller masser les testicules, les faisant tourner entre ses doigts, puis il reprend de la mousse et recommence son manège pendant que les doigts de l'autre main tournent autour de leur cible, sans oser pousser l'avantage plus profondément.
Au bout d'un moment, ce manège met les nerfs de Guillaume à rude épreuve et il sent ses genoux se mettre à trembler, le poussant à attraper les poignets du garçon pour les écarter, puis il le repousse doucement contre la cloison.
─ A mon tour de te laver… Moi, je pense que je suis propre, maintenant.
─ Mais j'avais déjà pris une douche… répond le garçon, un peu frustré qu'il l'arrête dans son élan.
─ Je vais vérifier… Chacun son tour !
Guillaume prend lui aussi du gel douche et commence à son tour un savonnage en règle du corps longiligne. Les larges mains passent doucement sur la poitrine lisse, élargissant les cercles sur les épaules, les bras, reprenant le schéma qu'avait suivi Martial, le faisant frémir légèrement sous la caresse. Quand, enfin, il attrape le membre palpitant et que l'autre main s'insinue entre les fesses galbées, le garçon ferme les yeux et lui aussi pousse un puissant soupir, et s'agrippe aux épaules de Guillaume. D'une main il commence une lente masturbation pendant que derrière, il pousse un doigt le long du sillon. Martial aussi a légèrement écarté les jambes pour faciliter le passage, et quand il arrive à son but, Guillaume sent l'orifice palpiter sous son doigt. Il masse délicatement l'endroit, sentant en réponse la verge battre dans son poing et le garçon se mettre à trembler contre lui. Il continue l'opération un moment, mais très vite, Martial lui attrape les poignets et lui écarte les mains.
─ Arrête, tu vas me faire jouir… Pas si vite… demande-t-il d'une petite voix, en rouvrant les yeux.
─ Tu crois que tu es assez propre ?
─ Oui… Et si tu continues, je vais tout me resalir !
Le garçon reste immobile quelques instants puis, empoignant les deux membres il les présente côte-à-côte, les contemplant quelques instants, le sien, plus fin et un peu plus court, et celui de Guillaume, long et massif.
─ T'es super bien monté, toi, quand même. T'as du bol… ajoute-t-il d'un air rêveur.
─ Ben oui, mais ça me coûte plus cher. Il faut des plus grands slips pour la faire tenir, répond Guillaume avec un sérieux imperturbable.
Interloqué par la réponse absurde, Martial relève la tête et le regarde dans les yeux. Guillaume, sans le quitter du regard reste impassible quelques instants, puis un sourire sinueux relève les commissures de ses lèvres.
─ Pourquoi tu te moques de moi ? C'est pas gentil, reprend Martial d'un air boudeur.
─ Mais non, je ne me moque pas. Allez, et puis on va vider le ballon d’eau chaude de l'hôtel, si on reste là. Viens, on retourne dans la chambre.
Guillaume ferme les robinets et pousse doucement le garçon devant lui, et attrapant une serviette, il entreprend de le sécher. Martial en prend une autre et lui rend avec délice la pareille. Il prend un plaisir évident à sécher le membre turgescent, tournant autour des testicules et s'attarde entre les fesses, tout en se prêtant aux attentions de Guillaume.
Dès qu'ils sont dans la chambre, Martial pousse Guillaume à la renverse sur le lit, et sans lui laisser le temps de prendre l'initiative, il s'assied à califourchon sur ses cuisses, se penche en avant et aspire le gland vermillon, descendant lentement le long de la colonne tendue. La main en anneau à la base de la verge, il tire la peau vers le bas, pendant que la langue frétille autour de l'extrémité sensible. Guillaume se cambre sous la caresse, comme pour pousser plus loin dans la bouche brûlante. Un long gémissement s'échappe de sa gorge et Martial sent couler sur sa langue une goutte du liquide un peu salé.
Il poursuit quelques minutes son manège. Guillaume lui passe la main dans les cheveux, ébouriffant les mèches encore humides. Par instant, il freine le mouvement, retardant la montée du plaisir.
Puis soudain, Martial relâche son butin et se redresse. Il regarde Guillaume dans les yeux, et semble prendre une grande décision.
─ Je voudrais… si tu veux bien… que tu…
─ Que je quoi ?
─ Si tu es d'accord, j'aimerais que… tu me prennes ! lâche-t-il enfin dans un murmure en rougissant.
Guillaume le regarde quelques instants, se demandant quoi faire devant cet air implorant, mais il a les yeux qui brillent d'une telle confiance…
─ Mais tu sais, la première fois, ça peut faire mal. Surtout que je n'ai pas un calibre pour débutant, tu l'as bien remarqué toi-même…
─ Je sais, mais je pense que ça va aller quand même.
─ Quand même ? T'es en élastique, comme dans les indestructibles ?
─ Mais non, mais… reprend Martial en rougissant de plus belle et en baissant la tête.
─ Mais quoi ?
Guillaume le regarde avec curiosité se demandant ce qui motive cette gêne soudaine. Et il n'a pas très envie de le faire souffrir ce soir, et il n'aura jamais assez de temps pour le préparer et aussi de pouvoir dormir avant de retourner travailler le lendemain.
─ Tu vas te moquer de moi…
─ Pourquoi je me moquerais de toi ?
─ Parce que… Tu promets de ne pas te moquer ?
─ Juré. Si on n'était pas sur mon lit, ça serait juré-craché ! Ça te va ?
─ Oui.
Martial se laisse glisser de côté, vient s'allonger le long de son aîné et commence à parler sans le regarder, se contentant par instants de lui caresser l'avant-bras du bout du doigt en suivant le tracé des veines qui roulent sous la peau.
─ C'était il y plus de six mois, juste la semaine avant que ma mère se remette avec son nouveau mec. Ça faisait au moins quatre ans que mon père l'avait plaquée… Et on était en vacances dans la maison de Bretagne, et un jour, le matin, il y avait un petit carton tout propre à côté des poubelles, devant le mur du jardin. Alors j'ai pensé que peut-être, il y avait eu une erreur, et pour être sûr, je l'ai ouvert et j'ai regardé dedans. J'ai trouvé une collection de godes. Y en avait de toutes les tailles, de toutes les couleurs et même des vibros. J'en avais déjà vu sur Internet, alors je savais ce que c'était.
Martial s'arrête quelques instants. Puis il reprend, en regardant ses mains qui suivent toujours le dessin des veines le long de l'avant-bras de Guillaume dans une caresse involontaire.
─ Alors je les ai récupérés, et je les ai cachés dans un coin de grenier où je savais que personne irait fouiller. J'ai gardé le plus petit dans ma chambre, et l'après-midi, j'ai pris mon vélo pour aller dans un hypermarché à plus de 20 kilomètres. Un où on allait jamais normalement, et j'ai acheté du gel et des capotes, et je les ai ramenés à la maison. Et puis j'ai commencé à les essayer…
Le garçon s'interrompt de nouveau. Il regarde Guillaume en baissant la tête, manifestement gêné des explications dans lesquelles il s'est lancé, mais à la recherche d'un signe de compréhension de la part de son aîné.
Guillaume le regarde sans marquer de réticence et se contente de lui prendre la main et de la caresser du bout des doigts en se tournant sur le côté pour lui faire face.
─ Et puis ? se contente-t-il de dire pour relancer le récit.
─ Et puis j'ai commencé par le petit et au fur et à mesure, j'augmentais la taille. J'avais des orgasmes de plus en plus forts, et avec le vibro, c'était trop bon… Et puis à la fin, j'ai réussi à mettre le plus gros, mais il a fallu longtemps, plusieurs mois…
Le garçon s'interrompt de nouveau quelques instants, sans plus oser regarder Guillaume, puis il reprend à voix basse, l'air incertain.
─ Tu penses que c'est pas bien, de faire ça ?
─ Pas bien ? Non, pourquoi ? Quelle raison ? Tu n'as fait de mal à personne. Tu y as pris du plaisir. C'est mieux quand on le fait avec quelqu'un d'autre, mais comme tu étais tout seul… Non, je ne pense pas que ça soit mal.
─ Alors tu veux bien ?
Guillaume le regarde quelques instants, un peu indécis. Mais le regard que Martial pose sur lui est tellement plein de confiance, d'une attente presque avide qu'il finit par se laisser convaincre.
─ D'accord, si tu le veux tellement.
─ Oh, merci. Mais alors ils disent que le mieux, c'est que tu me laisses faire…
─ Ils ? Qui c'est, "ils" ?
─ Ben… Tu sais bien, les sites sur Internet où ils expliquent, et puis aussi les histoires… lui répond Martial en rougissant de nouveau jusqu'au bout des oreilles et en baissant la tête.
Guillaume reste interloqué pendant quelques secondes puis explose de rire en se laissant tomber en arrière.
─ Apprenez à faire l'amour par correspondance ! Là, tu me la coupes ! arrive-t-il à articuler entre deux hoquets mais il s'interrompt en voyant Martial se rembrunir.
─ Tu avais promis de ne pas te moquer…
─ Excuse-moi, mais tu es vraiment trop !
Guillaume l'attrape dans ses bras et, le renversant comme un fétu de paille, il le retourne et s'assoit à califourchon au-dessus de lui, l'immobilisant de sa masse. Il lui attrape les poignets et les plaque en arrière, de chaque côté de la tête, puis il ajoute en souriant d'un ton plus calme, « C'est d'accord, je te laisse faire, dis-moi ce que tu veux que je fasse. »
Il libère Martial et se laisse glisser sur le côté, se couchant sur le flanc face au garçon qui en profite pour se redresser et courir jusqu'à son short dont il fouille une poche et en sort un préservatif et un petit tube de gel.
─ Tu avais tout prévu ! s'exclame Guillaume qui le regarde avec fascination.
─ J'espérais… lui répond Martial avec un sourire espiègle tout en le poussant sur le dos et en s'asseyant sur ses talons entre les jambes largement ouvertes de son aîné. Mais il y a tout à refaire maintenant, dit-il en prenant entre deux doigts le pénis qui, depuis qu'ils sont sortis de la douche, a perdu de sa superbe.
─ On a tout notre temps… Et puis tu as dit que tu t'occupais de tout, répète Guillaume en posant sa tête sur ses mains croisées sous sa nuque, alors au travail, montre-moi le résultat des cours de science naturelle par correspondance !
Sans répondre, Martial reprend dans son poing la verge qui reprend rapidement de la consistance sous la douce masturbation. De l'autre main, il caresse les testicules, les faisant rouler entre ses doigts, puis il masse le périnée, et pousse un peu plus loin, jusqu'à la rosette qu'il agace du bout des doigts, mais sans oser pénétrer. Sous la sollicitation, Guillaume écarte encore plus largement les jambes et bientôt Martial se penche en avant et embouche voracement le membre tendu.
Guillaume se cambre un peu, poussant son bassin en avant, et ferme les yeux, se laissant aller au plaisir qui monte doucement. Puis il sent Martial se redresser et s'activer sur son membre et lorsqu'il ouvre les yeux, il l'a déjà recouvert du préservatif.
─ Quel savoir-faire ! Tu m'impressionnes… dit Guillaume à mi-voix en le regardant enduire le latex d'une généreuse couche de gel.
─ Je me suis entraîné sur moi, avant… lui répond Martial avec un sourire coquin en se mettant à son tour du gel sur le petit trou. Je peux y aller, tu veux bien ? ajoute-t-il enfin,
─ Mais oui, mon grand, je te l'ai dit, tu fais comme tu veux, je ne bouge pas !
Martial enjambe alors les cuisses ouvertes et vient se positionner au-dessus du membre dressé. Les yeux plantés dans ceux de Guillaume, il attrape la verge du bout des doigts, la pointe vers lui et se laisse descendre au contact, puis commence à s'enfoncer doucement. La pression augmente doucement et Guillaume le sent s'ouvrir devant lui, progressivement. Par instant, il s'arrête, attendant de se détendre pour reprendre sa progression.
Il a fermé les yeux, et respire profondément, le visage de temps en temps parcouru de tressaillements brefs, de légères crispations. De courts soupirs, de discrets gémissements marquent la disparition progressive de la verge, masquée par les testicules du garçon. Le membre de Martial est en complète érection et touche presque son ventre plat, animé de brusques battements à chaque fois qu'il se laisse un peu plus descendre. Guillaume, totalement immobile le regarde et se laisse envahir par un curieux sentiment de tendresse en contemplant la fine silhouette qui le surplombe.
Enfin, Martial arrive au contact de l'épaisse toison qui couvre le pubis de Guillaume et s'immobilise quelques instants, puis il ouvre des yeux voilés de plaisir et fait à Guillaume un large sourire victorieux. Reprenant appui sur les bras, il remonte le long de la colonne puis se laisse redescendre, à chaque fois plus loin, plus vite. Son sexe à lui vibre sous les stimulations intérieures.
A chaque inversion du mouvement, il pousse un petit gémissement aigu, mettant à rude épreuve la concentration de Guillaume qui lutte pour ne pas se laisser aller prématurément devant ce spectacle affolant pour les sens.
Puis soudain, Martial accélère brusquement la cadence pendant quelques va-et-vient, puis s'arrête tout aussi brutalement.
─ Je crois que c'est bon. Maintenant tu peux, si tu à envie… déclare-t-il à voix basse à Guillaume en rouvrant les yeux.
─ Je peux ? Je peux quoi ? lui demande ce dernier, désarçonné par l'interruption.
─ Ben, me prendre, comme je t'avais demandé, mais dessus… Tu sais, c'est toi qui le ferais…
─ Mais je… D'accord, si ça te fait plaisir.
Le garçon se recule un peu sur les bras, et relevant les jambes, il les passe de part et d'autre des hanches de Guillaume qui s'est redressé puis il s'accroche à son cou pendant que le jeune homme ramène ses jambes sous lui puis se penche en avant, retenant d'un bras le corps flexible qu'il dépose en arrière sur le matelas. Martial a croisé ses jambes autour des reins de son partenaire et se laisse aller sur le lit.
Doucement, Guillaume commence à son tour des va-et-vient prudents, puis accélère au vu du visage radieux, éclatant de plaisir du garçon. La longue plainte basse, modulée qui sort des lèvres entrouvertes du garçon fouette ses sens alors que ses mains douces caressent ses flancs, ses bras, parcourant son dos et d'un coup, il voit la tête partir vers l'arrière et le sent secoué d'un spasme brusque. Martial pousse un gémissement plus fort et se vide entre les deux ventres. Les contractions qui animent le sphincter du garçon déclenchent à leur tour le plaisir de Guillaume qui se vide avec un râle sourd dans le préservatif.
Ils restent immobiles un instant, puis Martial, ouvrant des yeux encore voilés de l'orgasme violent qu'il vient d'éprouver, tend les bras et attrape la tête de Guillaume, il l'attire vers lui et écrase ses lèvres contre les siennes, bousculant toutes les résistances d'une langue impatiente. Après une seconde de saisissement, Guillaume se laisse aller et répond sans retenue au profond baiser.
Ils ne rompent le baiser que pour échapper à l'asphyxie, et quand Martial ouvre les yeux, une reconnaissance infinie baigne ses yeux clairs et il balbutie quelques mots incompréhensibles, se laisse aller en arrière et referme les yeux avec un air de béatitude totale.
Doucement, Guillaume se retire de lui et se redresse. Sautant du lit, il se débarrasse du préservatif dans les toilettes et revient vers le lit avec une serviette.
Là, il découvre que Martial a profité de ces quelques secondes pour s'endormir en travers du lit, le visage rayonnant, un léger sourire en travers des lèvres. Son ventre et sa poitrine, jusqu'au cou, sont maculés de longues traînées de sperme qui ont coulé dans la toison pubienne. Le long des côtes, des coulures menacent le drap. Avec de petits gestes délicats, s'efforçant de ne pas le réveiller trop brutalement, Guillaume les essuie, terminant en épongeant les poils sur lesquels est venue se poser la verge à présent dégonflée. Quand il passe la serviette sur le gland, Martial a un profond soupir et la légère crispation de ses abdominaux fait sourdre une dernière goutte de sperme dans le tissu de coton.
Il repose la serviette de côté et repoussant doucement le garçon il s'allonge à côté de lui. Il le regarde avec attendrissement, songeant au cadeau inattendu que ce garçon vient de lui faire de sa virginité, sous une forme étrange, entre cette timidité dans ses demandes, cette incroyable sensualité, et une science totalement livresque de l'érotisme…
Il éteint la lumière et pose sa tête sur l'oreiller en pensant laisser dormir le garçon quelques instants avant de le renvoyer dans sa propre chambre.
En fait de quelques instants, c'est le bourdonnement discret de son réveil qui l'arrache au sommeil le lendemain matin. La présence qu'il discerne dans l'ombre d'un autre occupant dans son lit le laisse quelques instants complètement déconcerté avant que les évènements de la soirée précédente ne lui reviennent en mémoire. Il allume la lampe de chevet. Le garçon dort sur le ventre, la tête posée sur un oreiller qu'il étreint des deux bras. La tête est tournée sur le côté, vers lui, et un léger sourire heureux flotte sur ses lèvres entrouvertes.
Pendant quelques instants, ce spectacle lui rappelle les premiers matins où il s'était réveillé à côté de Solange, avant que la réalité ne détruise toutes les illusions qu'il s'était faites sur elle. L’image déplaisante le crispe, et c’est Adam qui vient s’interposer, le regardant en souriant, dans la même position. Une douce vague d’apaisement l’envahit et il repose la tête sur l’oreiller, regardant le garçon endormi, si beau dans la gloire de sa jeunesse.
Il aurait bien envie de rester là, de ne pas aller travailler, mais de se recoucher le long de ce corps attirant, de cette peau douce qui luit dans la lumière de l'aurore, de l'étreindre pour oublier l'extérieur.
Mais rapidement, le sens des cruelles réalités de l'existence reprend le dessus. Il doit aller travailler, et Martial doit rentrer dans sa chambre avant qu'on ne s'aperçoive de sa disparition et que ses parents ne partent à sa recherche dans tous les couloirs de l'hôtel. Il l'attrape par l'épaule et le secoue doucement en l'appelant à voix basse.
Martial pousse un petit grognement et tourne la tête de l'autre côté, sans manifester aucune intention de se réveiller vraiment. Guillaume lui donne alors une tape sur les petites fesses tentatrices en élevant un peu plus la voix.
Le contact inattendu sort d'un coup le garçon de son sommeil et il fixe Guillaume d'un regard un instant décontenancé avant de reprendre le cours des évènements et de le regarder d'un air de totale adoration. Il se glisse vers lui en ondulant sur le matelas comme un serpent et tendant les bras vers lui, il attire sa tête vers lui pour l'embrasser.
Guillaume se laisse faire quelques instants, mais quand le garçon commence à poser une main sur son flanc, dans ce qui est manifestement le début d'une caresse, il se dégage à contre-cœur et se relève.
─ Tu n'aurais jamais dû passer la nuit ici. Tes parents risquent de te chercher, et ils vont fouiller tout l'hôtel. Allez, il faut que tu retournes dans ta chambre.
─ Mes parents ? Ils s'en foutent… Mon père ne pense qu'à sa copine, et elle, tant que je suis pas dans ses jambes, c'est pas son problème… Il se tait quelques instants. C'est Papa qui a voulu que je vienne. Elle, elle aurait préféré être seule avec lui, sans moi, reprend-il avec un petit rire sans joie.
─ Mais quand même, il faut que tu retournes dans ta chambre ! Moi, il faut que j'aille travailler. Tu veux qu'on se retrouve ce soir ?
─ Ben, oui, bien sûr… lui répond Martial comme si c'était la plus totale évidence.
─ Alors habille-toi et file, maintenant !
Guillaume redonne une tape sonore sur son postérieur exposé, le faisant se reculer précipitamment pour se mettre hors de portée d'une nouvelle agression. En quelques secondes, il bondit dans ses vêtements puis il revient et, se plaquant contre lui, il colle sa bouche contre la sienne et l'embrasse furieusement, le temps d'un éclair et sautant de nouveau sur ses pieds, il s'enfuit dans la lumière de l'aube.
Commentaires
Quel talent ce Fotsix ! Et vivement le 13 août pour la suite! Ah si on pouvait inventer la semaine des 13 vendredis !...