Les deux jours suivants se déroulent d’une façon assez identique. La journée de travail de Guillaume est régulièrement coupée par le souvenir de Martial qui le déconcentre dans son travail, et au retour, le garçon est là, qui le guette et lui saute dessus dès qu’il apparaît. Volubile, il lui raconte sa journée sans le quitter des yeux. Son regard brille et Guillaume sourit, heureux lui aussi de l’effet qu’il semble faire à ce garçon.
Après le dîner, c’est Martial qui le tire jusque dans sa chambre pour ce qui devient presque un rituel, quelques minutes devant les ordinateurs pour relever les mails, et pour Martial, cette guerre intergalactique qu’il mène avec un sérieux presque professionnel. Puis ils prennent leur douche ensemble et reviennent sur le lit.
Chaque fois, Martial est plus entreprenant, et c’est lui qui entraîne Guillaume dans une spirale érotique de plus en plus imaginative, et le troisième soir, alors qu’ils sont à table en train de dîner, Martial se penche vers Guillaume avec un sourire de conspirateur.
─ C’est vendredi, aujourd’hui ?
─ Oui, et ça devrait durer jusque vers minuit, pourquoi ?
─ Demain c’est samedi ?
─ C’est souvent comme ça, après le vendredi… répond Guillaume avec un léger sourire en se demandant où le garçon veut en venir.
─ Alors demain tu travailles pas ?
─ Non. Mais qu’est-ce que tu as en tête ?
─ On a toute la nuit, alors ? Je peux te faire une surprise ? demande le garçon sans répondre à la question.
─ Une surprise ? Quoi comme surprise ?
─ Si je te le dis, tu penses que ça sera encore une surprise ?
─ Non, effectivement… Mais alors tu attends quoi de moi ?
─ Rien ! En fait si… Tu peux prendre ta douche tout seul ?
─ Mais… commence Guillaume, interloqué par l’étrange question.
─ Bon, moi, je pense que oui, et puis ensuite, tu m’attends, et je te rejoins dans un moment. Tu es d’accord ?
Sur la dernière question, le garçon a pris un air un peu incertain, comme si l’audace de la proposition le surprenait lui-même. Il regarde son aîné d’un air presque implorant.
─ Je crois que je dois pouvoir faire ça… reprend Guillaume en regardant le garçon avec un sourire.
─ Très bien. J’en ai pour un quart d’heure et je te rejoins. A tout de suite, ajoute-t-il en partant presque en courant.
Pensif, Guillaume s’éloigne à son tour vers sa chambre. Rapidement, il vérifie ses mails, puis il prend sa douche, enfile des vêtements propres et s’assied devant son ordinateur en se demandant ce que le garçon peut bien avoir imaginé pour faire tellement de mystères.
Martial ne revient qu'au bout d'une petite demi-heure. Il s'est entièrement changé, et porte un petit sac. Il regarde son aîné d'un air de conspirateur, un sourire malicieux sur le visage.
─ Tu me laisses faire, tu le jures ? Tu ne fais rien si je ne t'ai pas dit oui ?
─ Tu vas faire quoi ?
─ Tu verras ! Tu jures ?
─ D'accord, d'accord…
Guillaume se demande ce qu'il a derrière la tête, mais se dit que, de toute façon, ça ne peut pas être bien grave et décide de rentrer dans le jeu du garçon.
─ Je jure… Qu'est-ce que je dois faire ?
─ Couche-toi sur ton lit. Tu as le droit de parler mais tu n'as rien le droit de faire avec tes mains ! Sinon…
─ Sinon quoi ?
─ Tu verras bien.
Martial fouille dans son sac et en sort un CD qu'il glisse dans le lecteur, et bientôt, la musique monte dans la pièce. "Il venait d'avoir dix-huit ans", de Dalida. Regardant Guillaume dans les yeux d'un air provoquant, il se met à onduler sur le rythme de la mélodie d'un air lascif, levant et redescendant les bras comme une danseuse égyptienne, avec un sens de la mesure qui fait passer un frisson dans la moelle épinière de Guillaume.
A l'occasion d'un tour sur lui-même, il commence à défaire les boutons de sa chemise qu'il retire et jette dans un coin de la chambre, faisant apparaître un T-shirt moulant qui souligne les formes élancées de son buste, marqué des petites protubérances des tétons, au-dessus du léger relief des pectoraux.
─ Mais… Tu as combien d'épaisseurs ? ne peut s'empêcher de demander Guillaume en se disant qu'il doit avoir chaud, avec autant de vêtements par un temps pareil.
─ Chut… Tu verras bien ! Reste attentif, susurre Martial sans changer de rythme.
A la fin du morceau de musique, il interrompt un instant sa danse et se penche sur Guillaume auquel il enlève d'un mouvement preste ses espadrilles.
Dès que le morceau suivant commence, "You Can Leave Your Hat On" il reprend sa danse en imitant la chorégraphie du film "The Full Monty", relevant progressivement le T-shirt sur son ventre plat. Les oscillations du bassin tendent les abdominaux, emportant le nombril dans une sarabande effrénée. Le T-shirt monte doucement et découvre les pointes sombres des tétons, puis le buisson de poils des aisselles, et d'un coup sec, Martial l'arrache par-dessus sa tête et le lance d'un geste précis sur Guillaume.
Le vêtement atterrit sur sa figure, conservant encore la chaleur du corps, et Guillaume, avant de le repousser, peut respirer la légère odeur, mélange ténu de l'odeur de la lessive et de celle du corps sain et bien lavé du garçon. Un nouveau frisson traverse le corps du jeune homme, et posant de côté le T-shirt, il ne peut s'empêcher d'arranger son érection qui commence à pousser contre sa braguette.
Le geste n'a pas échappé au garçon qui se fige, et regardant d'un air sévère Guillaume étendu devant lu.
─ Nous avions convenu que tu ne fasses rien avec tes mains que je ne t'aie autorisé, lui déclare-t-il d'un air tranchant. Mais l'éclat de ses yeux dément la sécheresse des propos.
─ Excuse-moi, c'était venu tout seul. J'essayerai de ne plus le faire… répond Guillaume, avec un air faussement penaud.
─ Tu feras bien, parce que sinon…
─ Sinon ?
─ Tu verras bien, répète Martial, l'air mystérieux.
Le garçon reprend sa danse, déchaussant ses sandales sans même se baisser et les expédiant dans le coin de la chambre d'un rapide coup de pied, puis après avoir retiré sa ceinture il la lance sur le lit et commence à descendre sa braguette, centimètre par centimètre, alternant les poses provocantes, le bassin en avant, les bras remontés derrière la tête, les jambes légèrement écartées et les tours sur lui-même, alors qu'il le regarde par-dessus son épaule, avec des yeux de biche dont il force à plaisir le côté sensuel.
Enfin, la braguette est ouverte, découvrant un caleçon blanc couvert de petits cœurs roses. Martial laisse tomber le pantalon au sol et en sort d'un saut léger, l'envoyant rejoindre les sandales et la chemise. Le jeune homme le regarde avec curiosité, se demandant comment il se fait qu'il ne distingue aucun relief sous le fin tissu, alors que, de la façon dont il le connaît, à l'intérieur, le garçon doit être en complète érection.
Sans interrompre sa danse, Martial se rapproche du lit et se glissant entre les jambes de Guillaume, il lui pose les mains sur les cuisses et les remonte doucement au rythme de la mélodie. Progressivement il repousse le T-shirt vers le haut, découvrant la peau velue du ventre qu'il couvre de petits baisers, il donne de petits coups de langue autour du nombril et tire délicatement les poils qu'il attrape entre ses lèvres pincées.
Sous la stimulation des caresses, Guillaume se tord mais, fidèle au jeu qu'il a accepté, il laisse ses mains croisées sous sa tête, malgré l'envie de caresser lui aussi le corps flexible qui se frotte voluptueusement sur lui. Quand, après que le garçon ait remonté le T-shirt jusque sous son menton, après avoir longuement joué avec la toison qui couvre sa poitrine, il lui pince délicatement un téton entre les dents, Guillaume pousse un puissant soupir, et remontant les jambes autour de lui, il le ceinture au niveau des hanches, le forçant à se frotter contre lui, lui faisant sentir son membre dur qui pousse contre le pantalon.
Martial relève la tête et le regarde avec un demi-sourire gouailleur.
─ Patience, chaque chose en son temps, lui dit-il à voix basse en lui retirant le T-shirt qu'il envoie dans le coin.
Puis il attrape les poignets et les repousse vers la tête de lit et rampant sur le corps étendu, il remonte jusqu'au visage qu'il couvre à son tour de petits baisers, tournant autour de la bouche. Il effleure les lèvres et se recule dès que Guillaume cherche à répondre à ses agaceries puis il se penche en avant pour mordiller les oreilles. Les deux corps sont collés sur toute leur longueur et Guillaume sent la verge dure de Martial frotter contre la sienne chaque fois qu'il fait onduler son bassin.
La manœuvre dure un bon moment et Guillaume doit lutter contre lui-même pour ne pas empoigner le corps flexible et faire cesser cette suave torture.
Soudain, à l'occasion d'un changement de musique, Martial repart à l'envers, descendant le long de son compagnon, avec les mêmes reptations de serpent, les mêmes agaceries du bout de la langue sur la peau exposée et s'arrête au niveau de la braguette, qu'il attrape entre les dents et descend millimètre par millimètre tout en caressant toute la surface à sa portée, du cou aux genoux. Par instants, de puissants frissons qu'accompagnent les gémissements étouffés parcourent le corps de Guillaume qui pousse son bassin vers l'avant. Enfin, Martial se redresse et lui retire doucement son short, découvrant le boxer tendu comme une tente par une érection sauvage.
Reprenant le rythme de la musique, Martial continue ses ondulations lascives, tournant sur lui-même. Guillaume le regarde fasciné, envoûté par ce corps encore androgyne, fin mais aux muscles déliés qui roulent sous la peau à chaque mouvement. Le garçon, avec une grâce étonnante, enchaîne sans avoir l'air de les chercher les poses suggestives. Son regard, lourd de l'envie qui les étreint tous les deux, ne quitte pas Guillaume. Ce dernier le regarde en se demandant par quelle magie il ne distingue toujours pas le contour de son sexe sous les formes floues de son caleçon de coton.
Enfin, il passe les pouces dans la ceinture et commence à la baisser, la tirant sur les côtés, jusqu'au moment ou commence à apparaître le haut de sa toison pubienne. Guillaume attend qu'il termine de l'enlever mais Martial relâche sa prise et lui tournant le dos, il baisse soudain le vêtement laissant apparaître la minuscule ceinture d'un string. La ficelle disparaît dans le sillon, entre les deux fesses que le garçon fait mouvoir en les contractant au rythme de la musique.
Puis soudain, sur un accord plus fort de la mélodie, il se retourne, bras et jambes écartées, la bouche ouverte en un cri silencieux, comme écartelé sur une croix invisible. Guillaume comprend soudain pourquoi il ne distinguait pas la verge. Le string la plaque sur le côté, impudique, moulée par le minuscule triangle de tissu bariolé qui laisse passer de tous côtés des mèches de poils pubiens. Le jeune homme reste muet devant le spectacle du corps ainsi exposé qui recommence progressivement ses déhanchements affolants.
Doucement, les yeux toujours rivés dans ceux de Guillaume, Martial commence alors à tirer le string vers le bas, faisant rouler son membre contre sa cuisse. Quand l'élastique le libère enfin, le pénis se redresse fièrement, presque vertical devant les abdominaux contractés, alors que le garçon pousse son bassin en avant, comme pour mieux exposer son anatomie conquérante. D'un geste, il laisse tomber sur ses chevilles le sous-vêtement dont il se débarrasse d'un coup de pied. Puis, ramenant ses mains derrière la nuque, il avance d'un pas, tout en faisant onduler tout son corps dans le rythme de la musique.
Mais la tension s’est faite trop forte pour Guillaume qui, instinctivement, porte ses mains sur son sexe tendu pour l'arranger sous le caleçon tendu.
De nouveau, le geste n'est pas passé inaperçu de Martial qui se fige derechef, reste immobile quelques instants et le fixe d'un air sévère. Le contraste est saisissant, entre la silhouette élancée ornée en son milieu d'une érection triomphante et l'air concentré du visage, presque celui d'un professeur d'école. Il laisse son regard errer sur le corps étendu de Guillaume, le scrutant des pieds à la tête, d'un air curieusement pensif, puis il semble prendre une importante décision, et après un court soupir, comme pour gronder un élève récalcitrant, il s'adresse à Guillaume sur un ton de léger reproche, comme pour le rendre responsable de ce qui va suivre.
─ Bon, je vois que tu n'es pas capable de tenir tes promesses. Je vais donc t'y aider.
Sautant sur ses pieds, il attrape au sol son petit sac et fouillant dans une des poches, il en sort une fine cordelette que Guillaume identifie comme celles qu'on trouve sur les catamarans du club de voile. La cordelette en main, il se retourne vers Guillaume.
─ Mais qu'est-ce que tu vas faire avec ça ?
─ Je vais t'attacher les mains pour que tu te tiennes tranquille, puisque tu ne peux pas t'empêcher de te tripoter…
─ Mais ça ne va pas ?
─ Tu avais promis, alors maintenant, c'est comme ça ! lui déclare Martial d'un air péremptoire.
Il s'assied à califourchon sur sa poitrine et lui attrape un poignet autour de laquelle il enroule deux tours de cordelette avec laquelle il fait un nœud assez lâche, puis passant l'extrémité derrière la barre de la tête de lit il tire pour remonter la main de Guillaume à hauteur de l'oreiller. Il lui attache alors l'autre poignet à l'autre extrémité de la cordelette. Il le regarde d'un air sévère, les lèvres pincées, alors que Guillaume le regarde faire, un sourire joueur sur les lèvres. Quand le garçon se penche pour arranger le lien sur la tête de lit, il relève un peu la tête et lui attrape la pointe d’un téton entre les lèvres, le faisant frémir. Mais Martial se redresse et le repousse en tentant de garder son sérieux.
─ Ça ne changera rien, tu n'es pas obéissant ! Alors maintenant, il faut que tu te tiennes tranquille…
Puis il se laisse glisser vers le bas, faisant onduler son bassin qui frotte sur la braguette gonflée de Guillaume. Il s'arrête quelques instants sur l'obstacle, roule de droite et de gauche sur le renflement turgide. Enfin, il se redresse et saute à bas du lit. Depuis le pied du lit, il reste quelques instants à le regarder pensivement, tel un sculpteur qui se demande comment poursuivre son œuvre.
Sur le lit, Guillaume fait mouvoir le lien, regardant que la liberté de mouvement qu'il lui a laissée lui permet au moins de ramener les mains jusque devant sa figure, puis il reporte son regard sur la silhouette élancée qui le domine au pied du lit.
Le garçon, entièrement nu a repris sa danse, les bras levés au-dessus de la tête et tourne lentement sur lui-même comme une danseuse orientale. En le regardant, Guillaume a l'impression de voir un faune de l'antiquité. Ses cuisses étonnamment poilues sous le torse glabre, le phallus dressé devant l'épais buisson de poils sombres, le corps souple aux muscles longs et fins en font une sculpture vivante d'un érotisme violent qui le fait presque trembler de désir, et ses mains liées l'empêchent de porter la moindre détente à son membre qui palpite, à l'étroit dans le caleçon qui commence à se tacher des marques de son excitation.
Lentement, Martial ralentit sa danse, regardant Guillaume dont le corps est agité de tressaillements réflexes. Il reste immobile quelques instants, puis il se laisse glisser à genoux sur le lit, suivant le galbe des cuisses du plat de la main. D'une paume douce, il plaque le tissu léger du sous-vêtement contre la peau du ventre, faisant ressortir le relief de la verge dressée puis il se penche en avant et la mordille délicatement. Guillaume se cambre, poussant son bassin en avant avec un léger gémissement, mais Martial se dérobe et remonte le long du corps, attrape du bout des lèvres les touffes de poils qui foisonnent au-dessus de la ceinture. Il s'attarde quelques instants à donner de petits coups de langue dans le nombril, puis reprend sa course vers le haut, jusqu'aux tétons qu'il mordille. Il s'est couché entre les cuisses largement écartées de son aîné, écrasant le sexe qu'il masse doucement de ses abdominaux qu'il contracte en même temps qu'il se déhanche. Chaque mouvement entraîne une pulsation du sexe de Guillaume que ce dernier, les yeux fermés, accompagne de soupirs de plus en plus profonds.
Le garçon se recule enfin, attrape la ceinture du sous-vêtement et le tire le long des jambes du jeune homme, découvrant le membre turgescent. Le gland est brillant, couvert de sérum clair que le garçon regarde avec fascination. Il envoie le caleçon sur le côté et reprend son poste entre les cuisses écartées, à genoux, inspectant minutieusement le sexe exposé devant lui et qui bat au rythme des pulsations cardiaques.
Il pose les mains à plat sur les cuisses, et les remonte doucement, les pouces sur la face intérieure, à rebrousse-poil, goûtant les sensations au contact de cette pilosité drue plantée sur la peau douce qui couvre les muscles puissants, presque durs.
Quand il arrive en haut, les pouces s'écartent, caressent la base de la verge, puis les testicules, et enfin, les mains à plat, il remonte le long des abdominaux, serre le membre entre ses avant-bras. Guillaume se cambre en poussant un léger gémissement.
Plusieurs fois, il reprend cette lente caresse, et à chaque fois Guillaume se contracte, faisant sourdre une nouvelle goutte de sérum au bout du membre palpitant. Puis Martial se penche en avant et entreprend de nettoyer le gland luisant à petits coups de langue, faisant le tour de la collerette et descend lentement le long de la tige qui bat à chaque agacerie.
Arrivé à la base, il s'arrête quelques instants, puis le regard fixé sur le visage aux yeux clos de son compagnon, il gobe un des testicules, le faisant rouler sur sa langue, pendant que d'une main, il a repris la verge et la masturbe doucement. A chaque mouvement, il observe avec émerveillement les crispations rapides qui parcourent ses traits.
Libérant son butin, il poursuit sa course entre les cuisses largement écartées, passant la pointe de la langue dans les boucles courtes qui tapissent le périnée, puis il descend entre les fesses musclées, et passe un petit coup de langue furtif sur la rosette qui se crispe sous le contact pendant que Guillaume pousse un gémissement appuyé. La force de la réaction étonne Martial qui se redresse et regarde la figure de son aîné qui, les yeux toujours fermés, souffle fort. En baissant les yeux, il découvre le membre qui bat doucement. De l'extrémité du gland, une grosse goutte de précum a coulé dans les poils qui couvrent le bas-ventre, laissant derrière elle un long fil brillant qui remonte jusqu'au bout du membre.
Curieux, il repasse lentement le doigt en une caresse légère sur la rosette qui se crispe de nouveau, entraînant un battement de la verge et l'émission d'une nouvelle goutte de sérum qui coule paresseusement le long du fil avant de se perdre dans les poils. Guillaume pousse un sourd gémissement qui fait frissonner Martial qui recommence encore sa manœuvre, ébahi par l'effet que ce contact léger a sur son compagnon.
Enhardi par la passivité qu'il lui a imposée, il pose le bout de son index sur l'extrémité du gland et le remonte, tirant un long fil de précum qu'il regarde avec émerveillement. L'arrêt des caresses pousse Guillaume à ouvrir les yeux. Le spectacle du garçon, à genoux entre ses cuisses, le membre toujours dressé contre son ventre, immobile, en train d'observer son doigt en l'air au-dessus de son sexe, le plonge dans une totale stupéfaction.
─ Mais qu'est-ce que tu fabriques ?
Martial qui ne s'est pas aperçu qu'il avait rouvert les yeux sursaute légèrement, surpris pendant ses « observations », et il rougit violemment.
─ Je… je sais pas… C'est toi… balbutie-t-il sans savoir quelle contenance adopter. C'est le truc qui coule… ajoute-t-il d'un air curieusement un peu pensif.
─ Le truc qui coule ? Et bien dépêche-toi, parce qu'avec ce traitement, je ne vais plus tenir bien longtemps et ça va encore plus couler !
─ Mais… tu veux que je fasse quoi ? lui demande-t-il d'un air étrangement timide.
─ Ben vas-y, je sens bien que tu en crèves d'envie !
─ … ?
─ Mais oui, mets-la-moi ! C'est ton tour.
─ Tu veux bien ? s'exclame le garçon d'un air à la fois surexcité et dubitatif, comme s'il craignait que Guillaume ne veuille se moquer de lui.
─ Si je te le dis… Tu sais, moi aussi j'aime bien ça ! Fais juste attention à ne pas oublier de te couvrir.
─ Oui, bien sûr ! Attends, j'ai ce qu'il faut, ajoute-t-il en sautant du lit comme un cabri avec la verge qui bat contre son ventre à chaque pas et il fouille dans la poche de son pantalon.
En un instant, il revient avec la petite pochette qu'il ouvre rapidement et déroule sur son membre la fine pellicule de caoutchouc, puis il reprend sa position entre les cuisses de Guillaume et commence avec application à étaler du gel autour de la rosette. Malgré son impatience, il prend le temps de masser l'entrée qu'il sent palpiter sous son doigt. Puis il pousse doucement et rentre à moitié son doigt. Sous la sollicitation, Guillaume est parcouru de puissants tremblements. Il a refermé les yeux et pousse de petits gémissements étouffés. Au bout de quelques instants, il ouvre de nouveau les yeux.
─ Merde, mais qu'est-ce que tu attends ? Tu vas me faire mourir d'impatience !
─ Oui, j'arrive, j'arrive…
Martial positionne enfin l'extrémité de son sexe dans le sillon bien lubrifié, et le fait glisser de haut en bas, insistant sur l'orifice qui palpite à chaque passage, puis enfin, il s'arrête et commence à pousser, la bouche ouverte, les yeux fixés sur son membre qui disparaît lentement entre les fesses musclées.
Quand la moitié de son membre est entré, il marque un temps d'arrêt, relève la tête pour regarder Guillaume qui laisse passer des gémissements étouffés.
─ Ça va ? demande-t-il d'un ton presque anxieux, inquiet de savoir si Guillaume goûte aussi les puissantes sensations qu'il ressent.
─ Oui, oui… Continue, ne t'arrête pas, lui répond se dernier d'une voix presque suppliante.
Alors les yeux fermés, les bras passés derrière les genoux de Guillaume, Martial reprend sa progression et le pénètre enfin jusqu'au fond, par de lentes poussées, attentif à ne pas brusquer la conclusion de ce moment unique.
Guillaume a rouvert les yeux et le regarde entrer en lui, épiant les signes du plaisir visibles sur son visage juvénile.
Quand il arrive au contact, il reste une seconde immobile puis il entame de lents allers-retours, la bouche légèrement ouverte, la figure agitée de crispations soudaines à chaque inversion du mouvement. La progression du plaisir qui monte est évidente sur les traits du garçon qui laisse par instants échapper de brèves plaintes étouffées qu'il tente de maquer en se mordant la lèvre inférieure qu'il relâche aussitôt pour reprendre sa respiration.
Soudain, le regard de Guillaume est attiré par un mouvement sur le côté. La grande porte-miroir du placard, légèrement entrouverte, lui renvoie leur image à tous les deux, couchés sur le lit, et la sensualité du spectacle lui fait éclater une boule de chaleur dans le ventre. Le corps mince de Martial le surplombe, en appui sur les bras et les genoux, arqué au-dessus de lui, et il peut détailler les muscles déliés du garçon qui se détachent avec une précision presque anatomique à chaque mouvement qu'il fait.
La peau douce, à présent hâlée par les heures d'exposition au chaud soleil de la plage, roule sur les longs trapèzes qui descendent des épaules. A chaque contraction, les côtes se marquent du damier des muscles croisés au-dessus du ventre qui se creuse.
Par instant, il se cambre, se laisse aller, en appui sur les bras tendus, faisant saillir les omoplates, tirant la tête en arrière, les yeux toujours fermés, perdu dans son plaisir, puis il se ramasse de nouveau, le dos rond, laisse retomber la tête et pousse le bassin en avant dans une série de secs coups de rein, les orteils ancrés dans le matelas comme pour plonger encore plus profond dans le canal accueillant. A chaque fois qu'il se recule, Guillaume distingue en un éclair la base de la verge, à laquelle le préservatif donne une brillante coloration nacrée qui se détache sur le fond sombre de la toison.
Le mouvement frénétique fait ressortir devant le regard fasciné de Guillaume les petites fesses rondes et blanches, épargnées par le bronzage, séparées par le sillon qu'assombrit la ligne velue du périnée et les testicules qui rebondissent entre les cuisses légèrement ouvertes. Chaque poussée fait saillir en rythme les muscles des cuisses et creuse une légère fossette sur le côté visible de la fesse.
Puis suit une nouvelle phase de calme où il se cambre, pour laisser un peu retomber la tension qui le gagne puis, de nouveau, le mouvement reprend.
Tétanisé, fasciné par le spectacle, Guillaume se demande combien de temps il sera capable de résister. Chaque poussée du garçon en lui, chaque contact du membre tendu sur le point sensible de sa prostate fait éclater en lui un éclair de plaisir, et la vue qu'il a dans le miroir le fait trembler d'excitation.
Au bout d'un moment, Martial finit par ouvrir les yeux et découvre à son tour Guillaume, le regard fixe, un peu trouble, tendu vers le miroir, la bouche entrouverte. Un peu dépité qu'il ne s'intéresse pas uniquement à lui, il se retourne pour comprendre ce qui peut à ce point captiver son partenaire et tombe en arrêt devant sa propre image. La vue de la silhouette encore juvénile au-dessus de ce corps puissant, tellement viril, le spectacle de la peau douce de ses flancs posées sur les cuisses velue, dégagent une puissance érotique telle qu'elle déclenche instantanément un orgasme foudroyant qu'il accompagne de rapides va-et-vient et de petits gémissements aigus.
La sensation emporte à son tour Guillaume qui se vide à longs traits sur son ventre en poussant un râle sourd.
Essoufflé, vidé de son énergie, le couple s'écroule enfin sur le lit en bataille. Martial, couché de tout son long sur son aîné lui pose la tête au creux de l'épaule. Ce dernier, après avoir fait glisser les nœuds lâches qui lui immobilisaient les mains, le serre dans ses bras, passant sa main sur son dos, du creux des reins à la nuque en une lente caresse. Ils restent silencieux un bon moment, laissant leur respiration se calmer, le rythme déchaîné des cœurs revenir à la normale.
─ Tu as de l’imagination… murmure enfin Guillaume quand ils ont retrouvé leur calme. Tu as aussi trouvé ça sur Internet ?
─ Tu n’as pas aimé ? demande le garçon d’un ton un peu inquiet en se redressant pour mieux voir le jeune homme.
─ Oh si ! J’en suis même ébouriffé… Personne ne m’avait jamais fait ça, répond-t-il en l’attirant contre lui.
─ Mais tu voudrais que je recommence ? demande le garçon en se serrant contre son aîné. Oh, attends, il faut que je finisse, ajoute-t-il en bondissant sur ses pieds.
Comme un cabri, il fonce dans la salle de douche et revient après s’être débarrassé de son préservatif, muni d’une serviette avec laquelle il essuie délicatement le torse de Guillaume.
─ C’est pas très pratique, tous ces poils… Le sperme colle dedans ! Tu voudrais pas te raser ? demande-t-il d’un air farceur.
─ Non ! C’est très bien comme ça. Et l’hiver, ça tient chaud. Et puis, tu as plutôt l’air d’aimer te frotter… Allez, il est l’heure de dormir. Demain, on a encore des choses à faire ! ajoute-t-il en l’attirant contre lui.

Le matin suivant, une curieuse sensation sort Guillaume de son sommeil. Il a l’impression qu’une petite bête est en train de brouter entre ses jambes. Un court instant, il reste perdu, en se demandant ce qui se passe et soudain tout lui revient en mémoire.
Un léger mouvement sous le drap léger qui le recouvre le pousse à le soulever. Martial s’est laissé glisser au pied du lit, et très attentif, il tire délicatement les mèches de poils pubiens, puis un peu partout, les poils qui tapissent la zone autour de son sexe mais sans jamais le toucher directement. La sensation est étrange, mais le résultat ne s’est pas fait attendre et une forte érection orne son bas-ventre.
─ Bonjour ! Je peux savoir ce que tu trafiques là-dessous ?
La question soudaine fait sursauter le garçon qui se retourne vers lui, et son visage s’empourpre, comme s’il s’était fait prendre en faute. Il reste la main en l’air, arrêté dans son action, en regardant Guillaume d’un œil un peu inquiet, comme s’il risquait une punition.
─ Ben je… commence-t-il, mal assuré.
─ Je ? répète Guillaume en écho.
Le garçon reste immobile, comme hypnotisé, curieusement tapi au fond du lit, et soudain, Guillaume se redresse et entourant le garçon dans le drap, il l’embobine dedans.
─ Il ne fallait pas pénétrer dans la couche de l’ogre, déclare-t-il en immobilisant de sa masse le garçon qui se débat en riant.
Profitant de sa puissance bien supérieure, Guillaume l’entortille dans la toile, lui bloquant les bras, puis, se mettant à cheval sur lui, il défait délicatement la partie supérieure jusqu’à ce que la tête ressorte. La figure du garçon apparaît, ébouriffée par la lutte, rouge de l’effort qu’il vient de fournir.
─ Tu vas me manger tout cru ? demande-t-il en riant.
─ Je ne sais pas encore… L’indiscrétion dont tu viens de faire preuve mérite une sanction exemplaire !
─ C’est pas juste, tu profites de ta force et…
─ Vae victis, révise tes cours d’histoire !
─ Va et quoi ?
─ C'est du latin. Vae victis, malheur aux vaincus !
─ Tu vas me jeter aux fauves ? demande Martial en riant.
─ Pas besoin, le fauve, c’est moi !
─ Ah oui ? J’aurais plutôt dit un éléphant, répond le garçon en riant de plus belle.
─ Un grand tigre sauvage et affamé, dit Guillaume qui le regarde pensivement quelques instants. Et pour ta punition… Comment tu disais ? Ah, oui, tu verras bien !
─ T’as pas le droit ! s’offusque le garçon en tentant vainement de se libérer.
─ Je suis dans mon antre, j’ai tous les droits ! Et pour commencer…
Sans relâcher sa prise, Guillaume se retourne, puis le faisant rouler sur le ventre, il commence à administrer une fessée au garçon qui se tord de rire. Mais les épaisseurs de tissu amortissent un peu trop les effets à son goût et il arrête temporairement sa fessée. Il se penche en avant et commence à dégager le bas du corps en attaquant par les jambes.
Surpris de l’arrêt si rapide de sa « punition » Martial tente de se retourner pour voir ce qui se passe, mais les tours de drap bien serrés et le poids de Guillaume sur lui l’empêchent de bouger.
─ Qu’est-ce que tu fais ?
─ Tu verras bien ! répond le jeune homme en imitant le ton de la veille.
─ T’as pas le droit de me torturer ! Je me plaindrai à la police.
─ La police, ici, ce sont tous mes amis… C’est moi qu’ils croiront quand je leur dirai pourquoi j’ai dû te mettre une fessée !
Sans se presser, Guillaume continue tranquillement à remonter le drap le long des jambes du garçon. Curieusement, alors que le torse est dépourvu de poils, les jambes, elles, sont couvertes de longs poils sombres, surtout les mollets et la face intérieure des cuisses qui porte une ligne bien marqués qui commence un peu au-dessus de l’arrière du genou et remonte presque jusqu’au périnée. A mesure qu’il retrousse le drap, Guillaume détaille avec une excitation qui le surprend cette vue inhabituelle pour lui sur l’anatomie d’un garçon.
Quand enfin, malgré les ruades inefficaces de sa monture qui tente de l’en empêcher, il remonte le tissu sur les reins du garçon, la paire de fesses apparaît. Guillaume reste immobile un instant, troublé par le spectacle des deux globes de peau blanche couverts d’un léger duvet de poils foncés que sépare un sillon rempli d’une pilosité qui se densifie encore. Puis une secousse plus forte de Martial le fait sortir de ses pensées et il reprend la fessée qu’il avait entrepris de lui donner. En fait de fessée, ce sont plutôt des tapes sur le derrière, qui ne font pas mal au garçon, mais malmènent un peu sa fierté.
Entre ses jambes, impuissant, le garçon se débat en riant, complètement inconscient du trouble dans lequel il a bien involontairement plongé son aîné.
─ Tu n’es qu’un pervers avec des tendances sadiques ! Je le dirai à tout le monde. Et tu seras déshonoré ! crie-t-il entre deux éclats de rire pendant que Guillaume continue à lui donner des tapes sur les fesses.
Pour essayer de se libérer, le garçon a écarté les jambes pour mieux prendre appui sur le matelas et l’espace libéré ouvre à Guillaume une large perspective sur son intimité. Contre le lit, la verge tendue est bien visible, surplombée par les testicules. Passant la main entre les deux jambes, le jeune homme la suit du doigt, puis il remonte vers le haut, le long du périnée, puis dans le fond du sillon où il s’attarde sur la rosette qui palpite sous le contact indiscret.
Le résultat n’est pas sans effet sur Guillaume dont la verge bat à chaque fois qu’il touche le garçon. L’excitation qui le gagne le pousse à poursuivre le jeu alors qu’il se demande où il va les mener.
─ Pervers à tendance sadique… Ça me va bien !C’est juste ce dont tu as besoin. Un jeune étalon doit toujours être dressé. Je vais donc commencer ton dressage ! Commençons d’abord par vérifier que tu es un vrai mâle. Un jeune étalon se doit de prouver sa nature…
Comme Martial il y a quelques minutes, Guillaume commence à tirer doucement sur les mèches de poils, au hasard, faisant sursauter le garçon quand il se rapproche de son sexe et de son anus. Les jambes grand ouvertes, il a renoncé à se défendre et profite des sensations inattendues que lui procure l’étrange traitement. Quand Guillaume passe de nouveau un doigt caressant de son sexe à sa rosette, il laisse échapper un léger gémissement.
─ Ah ! L’étalon montre des signes de civilisation ? demande Guillaume en se reculant légèrement. Essayons donc une autre figure de dressage…
Il se soulève légèrement, et attrapant Martial par les hanches, il le fait rouler sur lui-même, en prenant garde à ne pas relâcher le drap qui lui immobilise les bras. Quand le garçon arrive sur le dos, son membre se dresse, dur entre les deux jambes qu’il a de nouveau largement écartées. Reprenant son jeu, Guillaume tire doucement les mèches de poils, au hasard, faisant naître des frissons dans le corps du garçon, alors que la verge bat à chaque contact.
Délicatement, le jeune homme prend la verge entre deux doigts et commence une lente masturbation. Martial répond par des gémissements plus prononcés alors que les tremblements se font plus intenses.
─ Attends… murmure-t-il après un soupir plus profond.
─ Attendre quoi ?
─ Je vais jouir !
─ C’est le but…
─ Pas comme ça, s’il te plaît !
─ Mais comment, alors ?
─ Je voudrais que tu… Que tu me prennes. Mais sur le ventre… S’il te plaît !
─ Tu veux qu’on fasse l’amour ?
─ Non ! Enfin si, mais… Il faut que tu me remettes sur le ventre, comme avant, et puis tu me prends ! Tu veux bien ?
─ Tu veux que j’enlève le drap ? demande Guillaume un peu surpris.
─ Non, comme ça… Je suis ton prisonnier, et tu m’as attaché et… D’accord ?
─ D’accord !
Rapidement, Guillaume le retourne de nouveau sur le ventre, puis il saute du lit pour attraper dans la table de nuit les préservatifs et le gel, puis il revient vers le lit. Le spectacle du garçon, enroulé dans le drap, comme ligoté sur le lit, lui donne la curieuse impression d’une victime impuissante dans un film violent.
─ Tu veux vraiment comme ça ? demande-t-il, un peu déstabilisé par cette image.
─ Oui, oui, s’il te plaît, juste comme ça.
─ Bon, si tu y tiens tant…
En un instant, il enfile le préservatif, puis étale dessus une bonne couche de gel lubrifiant et en passe aussi sur la rosette du garçon immobile, les jambes largement écartées. Enfin, il se positionne au-dessus de lui et se laisse descendre. Le membre tendu pénètre doucement le fourreau brûlant, alors que le garçon laisse passer des gémissements de plus en plus fréquents. Quand il arrive à fond, Guillaume se laisse aller sur le corps du garçon qu’il étreint entre ses bras. L’étrange sensation de ce buste sans bras, la position de totale domination lui donne l’impression dérangeante de le violer.
─ Ça va ? murmure-t-il à l’oreille de Martial, incertain de ce que le garçon le pousse à faire.
─ Oui… Vas-y ! Je t’aime, répond le garçon dans un souffle.
Il pose sa tête à côté de celle du garçon et commence à faire basculer son bassin, par de lents allers-retours auxquels Martial répond en poussant ses fesses en arrière malgré le poids qu’il supporte. Comme mues par une pensée commune, leurs lèvres se joignent et un profond baiser, intense, les unit sans que le rythme de Guillaume ne se modifie.
Pour le jeune homme, cette étreinte à la fois douce et si totalement dominatrice le remplit d’une excitation féroce et il doit lutter contre lui-même pour ne pas pilonner brutalement le corps sans défense qu’il soumet de son poids.
Et puis, brutalement, sur un frisson plus violent, le garçon est saisi d’un spasme puissant et les contractions du sphincter emportent Guillaume par contagion qui se vide à son tour dans une suite de secs coups de reins. Puis foudroyé par l’orgasme sauvage, il s’écroule sur le garçon, hors d’haleine, le cœur battant.
Ils restent ainsi plusieurs minutes, avant que Martial de tourne de nouveau la tête vers lui et lui pose un petit baiser au coin des lèvres.
─ Merci, laisse-t-il passer à mi-voix.
─ C’est moi qui devrais dire merci… Je n’avais jamais fait ça avant. Je me demande ce que tu trouveras la prochaine fois… Allez, il faudrait se lever, sinon, pas de petit déjeuner. Je pense que tu dois avoir faim, après tous ces exercices !
─ Ouais… Mais pour ça, faudrait aussi que tu te lèves et que tu me détaches ! Sinon, je vais avoir du mal à bouger, répond le garçon avec un petit sourire gouailleur en frottant ses fesses contre le bas-ventre de Guillaume. Et puis peut-être une petite douche avant ? Sinon, on risque de se faire repérer à l’odeur… Faudra aussi qu’ils changent les draps, on en a mis partout, ajoute-t-il tranquillement alors que Guillaume débobine le drap qui le tenait prisonnier.
─ Oui… Allez, viens. C’est une bonne idée, cette douche, on est assez collants pour servir d’attrape-mouche ! Allez, file là-dedans, ajoute-t-il en lui mettant une petite claque sur les fesses.
─ Mais ! Tu crois pas que tu m’as assez donné de fessées pour aujourd’hui ? rigole le garçon en sautant en avant dans la douche.
─ Je ne crois pas que j’arriverai jamais au compte que tu mérites pour tes tentatives réussies de détournement de majeur. Et puis qu’est-ce que tu veux faire, aujourd’hui et demain, puisque c’est le week-end ?
─ Tu crois qu’on peut faire de la plongée tous les deux ? Dans un endroit tranquille, pas avec tous les autres couillons… demande-t-il en commençant à savonner Guillaume avec des mouvements doux, comme des caresses. Avant-hier, ils m’ont gavé. Il y avait un vieux qui me donnait tout le temps des conseils, et c’est lui qui a failli se noyer en oubliant d’ouvrir un robinet ! ajoute-t-il en riant.
─ Demain, peut-être. Il faut d’abord que je voie si le matériel est disponible. Aujourd’hui, c’est trop tard.
─ Alors on pourrait monter en haut de la montagne ?
─ Tiens, c’est une bonne idée, ça… répond Guillaume, brusquement saisi par l’étrange ressemblance entre ce programme et celui qu’il avait suivi avec Adam. Tu as des chaussures de sport correctes, parce qu’en sandales… Et puis je pense que tu peux arrêter de me laver cette zone là… Ça doit être propre, maintenant !
─ Je voulais seulement être sûr que ça soit irréprochable, au cas où ça devrait encore servir… rigole le garçon.
─ Allez, dehors, petit insolent !
Et joignant le geste à la parole, Guillaume lui donne une nouvelle tape sonore sur les fesses mouillées qui fait bondir hors de la douche le garçon qui rit aux éclats.
Après qu’ils se soient habillés et qu’ils aient pris leur petit déjeuner, Guillaume passe au club de plongée pour réserver un canot pneumatique et des bouteilles, puis à la réception pour faire préparer des repas froids pour le lendemain, et enfin, ils se retrouvent à sa voiture, sur le parking.
─ On peut y aller ! s’exclame Martial en sautant comme un cabri dans la voiture.
─ Tu as prévenus tes parents, au moins ?
─ Mais oui… Mon père a commencé des questions, mais t’aurais vu sa copine… Elle lui a coupé le sifflet en lui disant que c’était parfait ! Genre, laisse le mioche faire ce qu’il veut. Tant qu’il sera parti, il nous emmerdera pas, laisse passer le garçon d’un air désabusé.
─ Tu n’as pas l’air de trop l’aimer…
─ Ben tu sais, je pense qu’elle aime que deux choses, chez mon père, son pognon et le contenu de son slip ! Mais il a même pas l’air de s’en apercevoir. Et moi, elle peut pas m’aimer, j’ai pas de fric, et elle est pas près de descendre dans mon calbut ! Pas comme d’autres, ajoute-t-il en riant en passant une main sur le haut de la cuisse de Guillaume.
─ Mais… Pas ici, enfin ! fait le jeune homme en lui bloquant le poignet. Allez, on y va.
Après quelques kilomètres sur la route qui suit la côte, la route s’enfonce dans la forêt. Au détour des nombreux lacets, elle traverse des plantations de thé que suivent des vallons encaissés. Par instants, ils croisent des camionnettes bringuebalantes chargées de ballots à l’équilibre précaire. Puis Guillaume se gare sur un petit parking perdu dans la forêt d’où part un étroit sentier.
─ Allez, un peu d’exercice ! Prends ton sac, il peut faire frais dans le nuage, dit le jeune homme en sortant du véhicule.
─ C’est loin ?
─ Tu n’as pas fait un pas, et tu es déjà fatigué ?
─ Mais non ! C’est pour toi que je m’inquiète… répond le garçon en riant. Moi, je n’ai pas de problèmes, regarde !
Toujours riant, le garçon s’éloigne à grands pas sur le petit sentier qui serpente au pied de grands arbres aux formes tourmentées. Des cris stridents sortent des frondaisons opaques et les rais de lumière vive que séparent des zones obscures donnent à l’endroit un aspect irréel. Guillaume est parti à sa suite, d’un pas lent et régulier. La montée est assez longue et il sait bien que courir, c’est juste inutilement fatigant. Rapidement, il rattrape Martial qui se met à son pas, et pendant un bon moment, ils marchent silencieusement sur le sentier assez large qui suit les replis de la montagne.
─ T’étais content, au lycée ? demande soudain Martial.
─ Quoi ?
─ T’étais content, au lycée, répète le garçon. T’aimais bien ce que tu faisais ?
─ Oui, en général, pourquoi ?
─ Mais après ? T’as fait les études que tu voulais ?
─ Oui.
─ Moi, il veut pas…
─ Qui ne veut pas quoi ? demande Guillaume un peu perdu.
─ Ben mon père ! Moi, je voudrais faire du dessin, et lui il veut que je fasse du droit. C’est trop chiant !
─ Mais je ne comprends pas. Tu ne vis pas chez ta mère ? Et puis pourquoi c’est ton père qui déciderait ?
─ C’est lui qui paye, avec la pension alimentaire, alors il dit que c’est à lui de décider. Mais moi, j’ai pas envie de me faire chier avec du droit. Je voudrais faire des décors, des dessins… Tu sais, comme sur les sites web… Mais il dit que c’est nul ! Et Maman, elle dit rien, elle laisse faire. Des fois, j’ai envie de me tirer à l’autre bout de monde, ou sur la Lune. Je sais pas… ailleurs !
─ Il faut que tu leur présentes bien ton projet, comment tu veux faire. As-tu déjà trouvé là où tu veux étudier ?
─ Mais si ils ont pas envie, ça sert à rien !
─ Bien sûr que si ! Quand ils verront que tu es sérieux, que tu as déjà trouvé des écoles, ou des universités, ils changeront d’avis. Mais c’est à toi de travailler, d’avoir de l’imagination, et pour ça, je ne suis pas inquiet !
─ Ah bon ? Pourquoi ? demande le garçon d’un air sincèrement étonné.
─ Et bien… Par exemple, juste à cause d’hier soir, répond Guillaume avec un sourire sinueux.
─ Parce qu’on a baisé ? Quel rapport ?
─ Non, pas parce qu’on a baisé, comme tu dis, mais à cause de la présentation. Il a fallu que tu prépares tout, que tu trouves les fringues, la musique, que tu graves le CD, que tu ailles chercher la corde… Tout ! Et puis ensuite que tu suives ton programme sans faire d’erreur. Tu sais, pour arriver à ça, il faut du talent, alors c’est pour ça que je ne suis pas inquiet. Mais il faut que tu travailles…
─ Mais je ne sais pas où chercher !
─ As-tu réfléchi à l’endroit où chercher ?
─ Ben…
─ Il faut commencer par là. Quoi ? Pourquoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pose les questions, cherche les réponses, et au bout, il y a la solution !
─ Mais ils voudront pas !
─ Si tu arrives avec une idée claire, et les moyens de la réaliser, je connais peu de parents qui refusent, mais si tu te contentes d’idées vagues, et qu’il n’y a aucun moyen en face, ils penseront que c’est leur devoir de le faire à ta place.
Le sentier continue à s’élever progressivement dans la forêt. La végétation épaisse bouche la vue, et par moments, des écharpes de brume tiède les enveloppent.
─ C’est pas terrible, comme vue. Et puis dans le brouillard, qu’est-ce qu’on fait si on tombe sur un dinosaure ? maugrée Martial.
─ Rien ! Il te mange, et moi je continue. C’est pour ça que je ne viens jamais tout seul, mais toujours avec ma nourriture sur pattes…
─ Mais pourquoi il ne te mangerait pas, toi ?
─ Parce que tu es plus tendre ! A peine sorti de l’enfance, les mammifères sont toujours plus savoureux…
─ A peine sorti de l’enfance ? Mais pourtant, quand tu fouillais dans mon slip, t’avais pas l’air d’y trouver du matos de gamin !
─ Que c’est donc frais, la poésie des jeunes gens modernes ! répond Guillaume en éclatant de rire.
En montant, la végétation se fait un peu moins dense, et par moments, le sentier longe des sortes de prairies, mais les nuages qui environnent le relief ne laissent pas passer la vue. Et puis enfin, ils arrivent au sommet. Sur la zone plate herbeuse, l'alizé souffle avec entrain, un peu plus frais qu’au niveau de la mer, mais son souffle déchire les nuages et par instants, la vue s’étend jusqu’à l’horizon sur la mer d’azur. A leurs pieds, la forêt dévale la pente jusqu’à la plage dont on aperçoit la mince bande dorée. Sur le côté, la ville s’étend entre les massifs de verdure, jusqu’à l’aéroport dont la piste tranche sur la végétation environnante.
En levant les yeux, Guillaume regarde sur l’horizon la silhouette un peu floue de Kalimu, et brutalement, le souvenir d’Adam et de leur promenade jusqu’au sommet de l’île lui revient en mémoire, avec une pointe de nostalgie.
─ A quoi tu penses ?
La question de Martial le tire de sa rêverie et il pose les yeux sur le garçon qui le regarde d’un air curieux. La comparaison entre les deux le plonge dans le trouble. La maturité de l’un, la fraîcheur de l’autre, leur appétit commun de sexe, mais si totalement différents.
─ Je pensais à une balade qui ressemblait un peu à la nôtre, là-bas, à Kalimu, répond-il en lui montrant la silhouette sur l’horizon.
─ Avec un autre garçon ?
─ Oui…
─ Mais t’es pas content d’être avec moi ? demande Martial en s’assombrissant.
─ Mais si ! répond Guillaume en le serrant dans ses bras. Vous êtes si différents ! Bien sûr que je suis content d’être avec toi !
─ Il était comment, lui, alors ?
─ Différent ! Et maintenant, c’est toi qui es là, alors je suis heureux, pas toi ?
─ Tu veux pas me parler de lui ?
─ Pas maintenant. Maintenant, je suis avec toi ! Tiens, regarde, on voit l’hôtel, ajoute-t-il en tendant le bras. Tu vois, à droite de la piste de l’aéroport, au bord de la plage, après la grande maison bleue et blanche.
─ Ah, oui… Avec des jumelles, on pourrait peut-être voir mon père en train de rouler un palot à sa copine.
─ C’est son droit… On fait bien pareil ! Et même pire… répond Guillaume en riant.
─ Ouais, mais nous, on est jeunes !
─ Et alors ? Après, on n'a plus le droit de s’amuser ?
─ Ben… répond Martial d’un ton hésitant. Mais il avait Maman. Pourquoi ils sont pas restés ensemble. Ils auraient pu s’amuser aussi.
─ C’est pas toujours aussi simple… Parfois, les gens pensaient pouvoir s’amuser ensemble, comme tu dis. Et puis ils s’aperçoivent qu’ils n’ont pas envie de s’amuser de la même façon et alors rester ensemble devient une corvée. Pour les enfants, c’est toujours difficile à comprendre…
─ Ouais… Mais bon, il aurait pu choisir une copine qui me déteste pas… Allez, on redescend ? En plus, je commence à avoir faim !
─ Pour le reste, je ne peux rien, mais pour ça, je crois que j’ai ce qu’il faut, dit Guillaume en posant son petit sac à dos.
Il fouille une seconde dans son sac et en sort un paquet de biscuits et une bouteille d’eau sur laquelle le garçon se jette avec reconnaissance. Puis après un dernier coup d’œil au paysage partiellement voilé par les nuages, ils reprennent le chemin de la voiture.
Le retour vers l’hôtel se passe tranquillement, par l’autre côté du relief où Guillaume montre à Martial d’impressionnantes chutes d’eau dans un décor imposant de blocs de basalte noir enfouis dans l’envahissante végétation.
Ils reviennent pour l’heure du dîner, et quand ils rentrent dans la chambre de Guillaume après que celui-ci se soit assuré auprès de Mousse que les bouteilles et le bateau seront bien prêts pour le lendemain matin.
─ Vivement une bonne douche ! Ça va me remettre, parce que j’ai eu petit coup de pompe, déclare Martial en se laissant tomber en arrière sur le lit.
─ Pas de guerre intergalactique ce soir, demande Guillaume en le regardant avec un sourire moqueur.
─ Non. Ils attendront demain ! Là, je vais me laver, et puis je m’occupe de toi !
En un éclair, Martial est nu et il se dirige vers la douche en évitant d’un bond la main que Guillaume allait abattre sur ses fesses. Quand il ressort, quelques minutes plus tard, le jeune homme est encore assis devant son écran et trie les messages qu’il a reçus pendant la journée.
─ Tu ne te douches pas ? demande le garçon en se laissant de nouveau tomber en arrière sur le lit, les bras en croix et les jambes largement écartées.
─ Si, voilà, j’ai fini !
Martial le suit des yeux pendant qu’il se déshabille à son tour, détaillant la silhouette virile et musclée. Quand le dernier écran à la nudité du jeune homme tombe, il se redresse rapidement, et tente à son tour de lui asséner une claque sur les fesses, mais Guillaume aussi fait un bond agile qui le met hors de portée et disparaît dans la salle de douche avec un rire moqueur.
Et quand il ressort, sa toilette faite, il trouve le jeune homme endormi sur le lit, assommé par la fatigue de la randonnée. Il s’est tourné sur le côté et un sourire heureux flotte sur son visage. Touché par ce spectacle pourtant si tranquille, Guillaume éteint les lumières et vient à son tour s’étendre contre le garçon qui, sans même se réveiller, se serre instinctivement contre lui en murmurant des propos incompréhensibles.
Un moment, Guillaume reste là, immobile, étendu dans l’obscurité, à écouter le souffle régulier de Martial, avant de glisser à son tour dans le sommeil.

Suite