Nous devrions être ennemis (5/5) d'Andrej Koymasky
vendredi 20 août 2010, 18:28 - Andrej Koymasky - Lien permanent
On l'avait trouvé nu, né de quelques heures, sur les marches de l'église Saint Simon, il y avait été déposé sur un journal et on l'avait donc appelé Simon. Simon Canard, parce que le journal était le Canard Enchaîné.
NOUS DEVRIONS ETRE ENNEMIS...
par Andrej Koymasky © 2008
écrit le 18 Août 1994
Traduit en français par Eric
CHAPITRE 9
En Sécurité en Suisse
"Merci, ma mère."
"Entre temps Sœur Marie-Noëlle vous entraînera à marcher et parler d'une façon qui puisse donner le change. A bientôt, les garçons." Dit cette femme décidée en les laissant aux soins de leur entraîneuse.
Marie-Noëlle les conduisit à une pièce où il y avait un grand miroir et, les faisant se regarder, elle leur demanda de marcher, saluer et d'ajuster leurs regards.
"Non, non... trop humbles. Là vous 'jouez' les sœurs. Ne pas regarder droit dans les yeux n'impose pas cette expression. Plus spontanés... Et les pas, pas si petits, n'exagérez pas... Bien, le chapelet, il le fait bien, certaines sœurs ont l'habitude de le faire courir entre leurs doigts. Mais pas les deux à la fois... Toi, détends-toi..."
La sœur les fit répéter longtemps. Puis elle leur apprit à monter et descendre les escaliers, à comprendre comment bouger la robe. Puis elle les emmena saluer les autres sœurs qui, rompues à l'exercice, les aidèrent tranquillement.
Les deux sœurs arrivèrent avec la voiture, une vielle Peugeot à bout de souffle. Ils déjeunèrent et partirent, mettant leurs deux sacs dans le coffre. Il pleuvait encore, mais presque de la bruine qui cessait par moments. Ils traversèrent la ville puis prirent la nationale.
"Nous arrivons en Haute-Savoie. Jusque là tout va bien, plus que quelques dizaines de kilomètres." Dit la mère supérieure.
"On fera comment pour se changer ?" Demanda Manfred.
"Il faudra le faire en plein air. On trouvera un endroit qui va, en espérant qu'il arrête de pleuvoir."
"Vous nous laisserez où ?"
"Donne-moi la carte. Voila, ici. Tu vois, la frontière c'est ça. Il vaut mieux que vous passiez pendant la nuit : ce n'est pas moins dangereux, mais c'est peut-être plus facile de se cacher des éventuelles patrouilles. Mais nous prierons pour vous. Ah, voici une lampe de poche, ne l'utilisez pas, elle vous ferait repérer. Mais quand vous serez de l'autre côté, faites nous signe : deux - un - trois éclairs, pour nous faire savoir que vous êtes passés. Nous attendrons ici avec l'auto."
"Comment on saura qu'on est en Suisse ?"
"Là, vous voyez, ce ruisseau marque la frontière. On le franchit à gué. Remontez-le jusqu'à cette boucle et de là vous pourrez nous faire signe, puis marchez vers le sud. Après, il faudra passer la nuit là et ne marcher que de jour. Au sud vous trouverez une route goudronnée, celle-ci. Prenez-la à gauche et vous arriverez à un village, celui-ci. Et puis, une fois là, vous demanderez l'asile politique."
"Contrôle routier." Dit sœur Marie Blanche en ralentissant.
Les phares de l'auto éclairèrent un groupe d'hommes armés, en uniforme et, à la bannière sur leur voiture, ils comprirent que c'était des hommes de l'armée de la libération, aux ordres de De Gaulle.
"Du calme, les garçons." Murmura la mère supérieure tandis que l'auto s'arrêtait. Un soldat se pencha pour regarder à l'intérieur.
"Que la paix soit avec toi, mon fils." Dit la mère.
"Oh oui, c'est vraiment la paix qu'on veut, ma sœur. Où allez-vous ?" Demanda le soldat avec gentillesse.
"Un de nos bienfaiteurs est mort, nous allons à sa veillée funèbre. A Martigny."
"Il vous reste une longue route, et c'est déjà la nuit."
"Eh, nous avons eu la nouvelle tard et nous sommes parties en hâte. Mais sœur Marie-Blanche connaît bien la route. Il n'y a pas de danger, n'est-ce pas ?"
"Non, la zone est entièrement sous notre contrôle. Vous pouvez partir tranquilles."
"Merci, jeune homme. Nous prierons pour vous."
"Merci. Vous pouvez y aller, mes sœurs." Dit le soldat en les saluant d'un sourire, puis, à pleine voix : "Tout va bien, elles peuvent passer."
Simon et Manfred retinrent leur respiration le temps de passer le barrage. Ils n'auraient pas cru que tout serait si facile. Et, à peine passé, ils soupirèrent profondément.
La mère sourit : "Allons, mes garçons, il ne vous reste plus qu'à passer la frontière. Plus que quelques kilomètres."
"Je m'arrête au pylône habituel, ma mère ?" Demanda sœur Marie-Blanche en continuant à conduire.
"Oui, c'est le meilleur endroit. Ils pourront se changer derrière le pylône, s'il ne passe personne."
Au pylône, ils descendirent. Ils prirent leurs sacs, avec leurs habits, cachés sous des paniers de fruits dans un double fond et, derrière le pylône, ils se déshabillèrent en hâte et revêtirent leurs habits.
Puis ils appelèrent la mère supérieure qui récupéra les robes : "Bien, les garçons, maintenant vous marchez vingt minutes dans cette direction, puis vous descendez vers le ruisseau. Le gué est signalé par un cairn triangulaire, vous ne le raterez pas. Avant de traverser, regardez bien autour : c'est là qu'il est le plus facile d'être vu... et abattu, s'il y a une patrouille. Puis remontez de l'autre côté et faites-nous signe là où je vous ai dit. Vous devriez voir les phares de notre auto. Quand on verra votre signal, on les éteindra. Bonne chance, mes enfants, que Dieu vous aide."
"Merci pour tout, ma mère. Vous êtes un vrai ange." Dit Manfred. "Je ne sais vraiment pas comment vous remercier."
"Il vous suffit de prier pour nous, et de faire le bien quand vous le pouvez, pour qui en a besoin. Adieu, mes enfants."
Ils partirent. Ils marchèrent prudemment, sans cesser de regarder autour d'eux. Ils entendirent le moteur de la voiture s'éloigner et devenir lointain. Puis ce fut le silence de la nuit, détrempé de la pluie de la veille. Ils marchaient. Dans la descente, ils entendirent le murmure du torrent. Et des craquements qui les firent s'arrêter. Un patrouille longeait la rivière : cinq hommes armés, en file, qui marchaient lentement en regardant partout. Ils s'aplatirent dans les buissons. Ils y restèrent jusqu'à voir la patrouille s'éloigner vers la droite. Ils attendirent encore quelques minutes puis ils continuèrent à descendre. Ils cherchèrent le cairn un moment, en amont et en aval, et ils finirent par le trouver. En mettant les sacs sur leur tête, ils entrèrent dans l'eau et traversèrent le torrent, sans cesser de regarder tout autour avec inquiétude.
Ils atteignirent l'autre rive : "On est en Suisse, Manfred !" S'exclama Simon à voix basse.
"Oui, il faut qu'on remonte le ruisseau jusqu'à la boucle. Jusque là ils peuvent encore nous voir de l'autre rive et nous tirer dessus, il faut faire très attention." Dit Manfred.
Ils arrivèrent enfin au point indiqué par la mère supérieure et ils virent les phares de la voiture. Alors ils firent le signe convenu avec leur lampe. Les phares s'éteignirent, puis se rallumèrent et s'éloignèrent.
"Elles sont extraordinaires, tu ne trouves pas ?" Demanda Simon.
"Si, vraiment. La mère est une femme très intelligente et maligne. Elle a tout de suite compris que j'étais un soldat allemand, ce qui n'était pas sorcier, mais elle a aussi compris que nous sommes amants."
"Peut-être que ça non plus, ce n'était pas sorcier à comprendre." Dit Simon en souriant.
"Non, je ne crois pas que n'importe qui l'aurait compris. Et puis, elle nous a fait dormir dans la même chambre, et elle nous a aidés sans faire de problème et sans la moindre critique. C'est vraiment une femme extraordinaire."
"Oui... eh, regarde, la route goudronnée. A gauche, a-t-elle dit. Allons-y."
Ils marchèrent d'un bon pas. Leurs pantalons, trempé à mi-cuisse, leur faisaient froid aux jambes. Les nuits se faisaient de plus en plus fraîches, même si elles n'étaient pas encore froides. L'automne arrivait à sa fin.
Arrivés en vue du village, ils trouvèrent étrange l'absence de black-out : les quelques lumières du villages semblaient resplendissantes. C'était une impression tangible de sécurité.
La rue descendait doucement, en larges courbes. En quelques kilomètres ils arrivèrent au village.
"A cette heure, tout le monde doit dormir. On fait quoi ?" Demanda Simon en s'arrêtant et en regardant à l'entour.
"Je crois que le mieux c'est de chercher un endroit où passer la nuit. Mais je n'ai aucune idée de où."
"En arrivant on est passés devant une maison isolée, sans lumières : peut-être est-elle vide."
"Je crois plutôt qu'ils dorment tous : je ne voudrais pas être pris pour un voleur et abattu sous ce prétexte maintenant qu'on est en sécurité."
"Alors où dormir ? Je suis un peu fatigué."
"Sur la place du village ?"
"Mais on ne pourra pas y faire l'amour." Dit Simon avec un sourire espiègle.
"Tu ne disais pas que tu étais fatigué ?"
"Pas au point d'y renoncer. Et hier on n'a rien fait... j'ai envie..."
"Ben... moi aussi, mais..."
"Faisons le tour du village, avec un peu de chance..."
Ils partirent. Au centre du village ils trouvèrent la place principale, avec l'église, la mairie et des commerces fermés. A part quelques réverbères, aucune lumière n'était visible aux fenêtres des maisons, il n'y avait aucun signe de vie ou d'activité. Il y avait un stand en bois devant la mairie, entouré d'une toile blanche et rouge, et devant étaient drapés des drapeaux suisse et aux armes du canton.
Simon le regardait et il nota que Manfred aussi : "Tu penses à la même chose que moi ?"
"Oui... bien que, juste au centre du village..."
"Bah... c'est quand même un abri couvert... et la dedans nous aurons toute notre intimité, au moins jusqu'au matin... Allez, viens..." Dit Simon en soulevant un coin de la toile sur le côté et en passant dessous.
Manfred le suivit. La lueur des réverbères était presque complètement atténuée dans cet abri. Simon sortit du sac la lampe électrique et éclaira sous le stand. La structure était en bois et par terre c'était les mêmes pavés que sur la place.
"Ce ne sera pas très confortable, mais..." dit-il en posant le sac.
Ils s'assirent par terre. Simon éteignit la lampe et sentit tout de suite les bras de Manfred l'étreindre et le tirer doucement. Le bouches se cherchèrent et se rejoignirent, avides. Leurs mains se baissèrent presque à l'unisson pour ouvrir le pantalon de l'autre, fébriles, jusqu'à pouvoir se poser sur la cible convoitée. Ils se caressèrent intimement en continuant à s'embrasser, jusqu'à ce que Manfred se baisse pour le prendre entre les lèvres. Alors Simon aussi alla titiller de la langue le beau sexe de son amant et vite ils prirent chacun le sexe de l'autre en entier en bouche. Ils se sucèrent longtemps avec passion jusqu'à ce que Simon sente Manfred frémir dangereusement.
Mais à cet instant, Manfred se détacha de son amant : "Non, je ne veux pas jouir déjà... je veux te prendre et te sucer en même temps, comme l'autre jour..."
"Oh oui, Manfred... j'aime..." Murmura Simon excité en se libérant rapidement du son pantalon et de son caleçon et il alla vite s'asseoir à califourchon sur son homme.
Ce dernier, assis adossé à l'un des robustes montants du stand, les jambes fléchies avec les genoux en haut, lui guida le bassin vers son propre sexe dressé, qu'il fit glisser entre ses fesses, presser contre le trou. Alors Simon se laissa retomber jusqu'à le prendre tout en lui. Quand il commença à bouger de haut en bas, Manfred se pencha et lui prit le gland frémissant entre ses lèvres douces
"Oh, que c'est bon... Oh, Manfred !" Murmura le garçon qui se sentait au ciel.
Ils eurent de la chance que personne au village ne veille cette nuit-là, ou ne passe par la place, parce que toute la décoration du stand, légère, flottait au rythme des vigoureux va-et-vient par lesquels Simon se faisait prendre et sucer par son amant. Mais le calme finit par revenir même sous le stand quand, rayonnant de plaisir, ils remirent leurs habits et s'étendirent pour dormir sur le dur pavé, contents et enlacés.
Ils furent réveillés par les premières lueurs de l'aube et par la voix des premiers passants qui se saluaient. Ils guettèrent depuis leur abri pour voir quand il n'y avait personne sur la place et ils se glissèrent vite dehors et allèrent s'asseoir sur les marches du stand.
Quelqu'un arriva et ils lui demandèrent où et quand ils pouvaient trouver le maire. Renseignés, ils allèrent le chercher et lui demandèrent l'asile politique.
L'homme fut courtois, surtout quand il sut qu'ils avaient été aidés par les sœurs franciscaines : "Ah, nous avons reçu beaucoup de leurs protégés. Ici c'est un petit village, on ne peut pas les accueillir tous. Mais on peut quand même aider un peu. On vous fera des papiers provisoires mai, après, il faudra aller en ville. Je vous donnerai les adresses. Pour l'instant vous pouvez dormir dans la chambre que nous avons préparée pour les cas comme le vôtre. On vous offrira aussi un repas par jour, ce n'est pas beaucoup, mais..."
En quelques jours ils eurent leurs papiers de réfugiés politiques et ils purent aller en ville chercher du travail. Manfred trouva un emploi de manœuvre dans une scierie. Simon faisait la plonge dans un grand restaurant. Ils trouvèrent aussi une petite chambre, avec toilettes mais sans salle de bain, mais proche des bains municipaux où, pour quelques pièces, on pouvait se doucher. Une vie très modeste, mais libre et tranquille, et ils étaient heureux.
Il n'y avait pour Simon aucun problème à revenir en France. Quand il sut que les troupes américaines étaient arrivées en Haute Savoie et qu'elles avançaient rapidement vers l'Italie, Simon décida, son jour libre, d'aller en France en profitant de la moto d'un serveur qui allait retrouver sa fiancée.
Il se promenait dans les rues de la ville quand il remarqua un soldat américain, jeune et charmant, qui le regardait avec insistance. Simon, spontanément, lui sourit. Le soldat lui rendit son sourire et lui dit quelque chose en anglais.
"Je ne comprends pas, je regrette." Dit Simon.
" Vous très bien. Vous veut mon ami?" dit-il laborieusement en cherchant ses mots.
"Ami ? Je ne suis là que pour quelques heures... Je vis en Suisse, moi, pas ici..."
"Quelques heures, bonne. Venir ?"
Simon devina ce que l'autre lui proposait, plus à son regard qu'à ses mots.
"Oui, où ?" Répondit Simon en souriant.
Le soldat sourit et lui fit signe de le suivre. Il le guida jusqu'à un porche où il entra. Ils montèrent au troisième et sonna à une porte. Un homme d'âge moyen, revêche, vint ouvrir. Mais quand il reconnut le soldat il sourit, lui dit quelque chose en anglais et les fit entrer.
Puis l'homme dit à Simon : "Tu n'es pas d'ici, toi, hein ?"
"Non... pourquoi ?" Demanda Simon circonspect.
"Oh, pour rien... je connais tous les tapins d'ici et je ne t'avais jamais vu. Tu es beau garçon. Si tu décides de venir tapiner ici, pour chaque soldat que tu ramènes ici, je te donne dix pour cent, comme aux autres garçons. Les autres propriétaires donnent moins, c'est ton intérêt... Enfin, au boulot, pour l'instant."
Simon était un peu interloqué, mais il suivit le soldat dans une chambre. Ce dernier, dès que la porte fut fermée, le prit dans ses bras et le caressa entre les jambes, palpant avec plaisir.
Il sourit en sentant la raideur du garçon : "A good size, bien. You fuck me, isn't it ?"
"Je ne comprends pas, mais... tu me plais, l'américain..." Répondit Simon en lui palpant à son tour l'entrejambe.
Ils se déshabillèrent et montèrent sur le lit. Le soldat suça Simon un moment, puis il se mit à quatre pattes, en s'offrant : "Fuck me, boy, fuck me..." Dit-il excité.
Simon comprit ce qu'il attendait de lui, il se mit à genoux derrière lui et le prit.
"Aaah, good, bon ! Fuck me hard, boy..."
Simon commença à pomper en lui, un peu surpris qu'un type aussi viril veuille être pris au lieu de prendre, mais il le fit avec plaisir. Le soldat se démenait sous lui, excité, et continuait à l'encourager en anglais. Simon avait compris que "Facmi" voulait dire "Mets-moi" et "Goude", "Bon"... Puis il découvrit que "Aïmecamine" signifiait "je jouis". Puis, en se rhabillant, l'air très satisfait, le soldat lui donna de l'argent et deux paquets de cigarettes.
Ils sortirent de la pension, après que le propriétaire lui ai noté l'adresse sur une feuille. Le soldat le ramena là où il l'avait rencontré, le salua et partit. Simon se dit qu'en moins d'une heure il avait gagné plus qu'en une journée de plonge, et de façon plus agréable. Il baguenaudait, perdu dans ses pensées, quand il remarqua un autre soldat américain qui le regardait.
Alors il s'approcha et lui dit : "Facmi ?"
Le soldat le regarda l'air interrogateur et lui dit avec un fort accent américain mais en français clair : "Tu veux quoi, garçon ?"
"Ça te dirait de venir avec moi ?" demanda alors Simon.
"Ey, mais je suis pas une tarlouze."
"Tu me regardais..." S'excusa Simon.
"Et alors ? Fuck off, boy, dégage !" Dit-il l'air sévère.
Simon s'en alla, mais il avait appris un nouveau mot : "Facof", dégage... L'anglais lui semblait plus facile que l'allemand. S'il apprenait encore quelques mots, il pourrait venir ici et gagner sa vie bien plus vite et mieux qu'en faisant la vaisselle. La ville pullulait littéralement de soldats américains, et lui, il était beau garçon, et d'autres seraient certainement contents de sa compagnie...
Ce jour-là, Simon n'eut pas d'autre aventure, mais il se promit de revenir très vite. Son collègue venait assez souvent voir sa fiancée, il pouvait en profiter.
C'était la troisième fois qu'il venait et il avait gagné de l'argent, de la nourriture, des cigarettes et même une montre.
Un soldat américain le regardait de la façon que Simon avait appris à reconnaître. Simon approcha en souriant.
"Salut, garçon, comment tu t'appelles ?"
"Simon..."
"Tu as du temps libre ?"
"Oui, bien sûr..."
"Et tu as un endroit ?"
"Oui..."
"Et... tu te laisses mettre ?"
"Oui... mais pour de l'argent..."
"Bien sûr... on y va ?"
Simon l'emmena à la pension dont il avait l'adresse et où il était déjà allé deux fois. Le propriétaire l'accueillit avec un sourire satisfait. Simon conduisit le soldat à la chambre indiquée par le patron et, nus, ils commencèrent à faire l'amour.
Simon aimait la façon dont l'américain le prenait et il fit de son mieux pour lui donner du plaisir lui aussi. L'américain était sous le charme.
Ils firent l'amour longtemps et le soldat, satisfait, après l'avoir payé, lui dit : "Tu me plais vraiment beaucoup, Simon, je voudrais te revoir."
"Moi aussi. Quand tu veux."
"Moi, ce serait tous les jours, mais ma paie ne me suffirait pas. Si à la place d'argent je pouvais te donner autre chose... de la nourriture, par exemple."
"Je n'en ai pas vraiment besoin... Qu'est-ce que tu pourrais me donner d'autre ?"
"Des cigarettes, du chocolat... je suis magasinier, tu vois, je peux chaparder des trucs de ce genre. Tu voudrais quoi ?"
Simon eut une idée : "Du matériel de peintre : aquarelle, papier, pinceaux, palette, des trucs comme ça..."
Le soldat le regarda un peu ahuri et lui demandas : "Tu peins, toi ?"
"Non, moi pas, mais un ami cher à qui je voudrais faire un cadeau."
"Il y a quelque chose au magasin pour les activités de loisir des soldats, mais pas grand chose... Enfin, peut-être que je peux demander du matériel de peinture... Vraiment, j'aimerais beaucoup te revoir..."
"Quand peux-tu m'apporter ce matériel ?"
"Demain, un petit peu..."
"D'accord. Cherche à t'en procurer et tant que tu pourras m'en apporter je viendrai avec toi..." Dit Simon, content.
Mais après, il repensa à ce que lui avait dit le soldat et il eu une autre idée... Il avait remarqué que les soldats évaluaient les choses qu'ils donnaient aux garçon bien en dessous de leur valeur marchande. En d'autres termes, il recevait plus en objets qu'en argent. S'il demandait à ses clients du matériel d'artiste, il pourrait peut-être en accumuler assez pour ouvrir une petite boutique pour Manfred et pas seulement à le faire recommencer à peindre comme il avait pensé d'abord. En général les garçons, préféraient recevoir de l'argent et les soldats préféraient donner des choses qui ne leur coûtaient rien ou presque.
Subitement, plusieurs soldats américains se découvrirent une passion pour les beaux arts et se mirent à demander au magasin de la gouache, de la peinture à l'huile, des palettes, des pinceaux, des spatules et autre. L'état major américain encourageait les activités artistiques et avait déjà établi un fond consacré aux beaux arts... Et Simon, après chaque passage, revenait en Suisse avec un plein sac des meilleurs articles qui soient sur le marché.
Chez les soldats américains gays, Simon devint connu comme l'artiste... un beau garçon, recto-verso, sympathique qui se faisait payer en articles de peinture, de dessin, pour faire des émaux, de la céramique, de la gravure ou pyrogravure. Tout était bon, tant que c'était flambant neuf et dans l'emballage d'origine.
Le magasinier était devenu un client fidèle. Et une autre source de profit, en espèces cette fois, était le pourcentage que lui donnait le patron de la pension sur le prix de la chambre.
Maintenant, Simon allait en France tous les jours, sauf ceux où Manfred ne travaillait pas, ceux-là il voulait les passer avec lui. Malgré ses nombreux clients, Simon était toujours prêt à faire l'amour avec Manfred, qu'il adorait. Et il accumulait dans leur petite chambre tous ces articles dont Manfred n'avait utilisé qu'une petite partie pour lui-même. Avoir recommencé à peindre était important pour lui. Et si quand ils étaient arrivés en Suisse il était serein, maintenant il semblait heureux.
Simon commença à chercher un endroit où ouvrir cette boutique. Après quelques recherches il en trouva trois qui avaient l'air de convenir, mais un surtout lui plaisait : c'était dans une vieille bâtisse sur une petite place en plein centre, à deux pas de la cathédrale. Il y avait trois petites pièces aux plafonds voûtés en belles briques, reliées par des arches de briques rouges avec derrière une réserve et au dessus un petit appartement. Avant c'était un magasin d'articles féminins et presque tous les étagères, qui étaient restées, étaient adaptables à leur nouvel usage. Mais l'ancienne patronne en demandait un prix que toutes leurs économies étaient loin de pouvoir atteindre et elle n'était disposée ni à baisser son prix ni à accepter des délais de paiement, ni à le leur louer. Simon alla voir le directeur de la banque où ils avaient ouvert un compte pour lui demander un prêt, mais il ne lui proposa qu'une somme trop faible à un taux trop fort.
Parmi les clients de Simon, il y avait un capitaine, un bel homme de couleur, un quadragénaire sculptural, qui s'était pris d'affection pour Simon. Il aimait, avant de le prendre, rester nu avec lui sur le lit, le caresser et se faire caresser et parler de tout et de rien. Simon l'excitait petit à petit puis le capitaine le prenait longuement, en durée et en profondeur, dans une mêlée de passion, de vigueur et de tendresse. Puis il le payait toujours généreusement. Simon pensa à lui parler de son souci. Il le vit et ils allèrent à la pension habituelle.
Alors que, nus, ils se caressaient intimement, Simon lui raconta son problème.
L'homme lui demanda combien il lui manquait, puis il dit l'air songeur : "Si je t'aide... tu ouvres ton magasin et tu n'as plus besoin de venir ici... je te perds... Mais de toute façon, d'ici peu on rentrera aux States et je te perdrai aussi... Et tu m'est très sympathique, et je voudrais t'aider... C'est une belle somme, mais pas impossible à rassembler... Laisse-moi quelques jours pour y réfléchir. Je ne te promets rien, mais... j'arriverai peut-être à te donner un coup de main..."
"Je t'en serais très reconnaissant, Abner."
"Ah, et comment ? Si tu me le montrais maintenant..." Répondit-il en souriant et en lui caressant le derrière avec désir.
Simon sourit à son tour, se pencha entre les jambes de l'homme et prit en bouche son sexe pesant et épanoui, qu'il lécha, saliva et suça avec soin.
"Il te plait mon gourdin ?"
"Oui, Abner, tu le sais." Lui dit Simon excité et il recommença à le sucer de bon cœur.
Puis il s'offrit au capitaine noir.
Lequel le pénétra avec son habituelle passion pleine de douceur et son membre massif et puissant commença à lui limer le rectum en de grands mouvements, alors que ses grandes mains s'agitaient sur la poitrine et le sexe de Simon : "Tu me plais, Simon, j'aime vraiment comment tu te fais prendre. J'ai eu beaucoup de garçons, mais tu es le meilleur, toi seul te fais prendre sans rien d'efféminé, et puis, tu es si beau." Lui disait-il d'une voix rauque de tant de plaisir, en continuant à glisser d'avant en arrière, avec calme et énergie, jouissant de lui et lui donnant du plaisir.
Abner ne faisait jamais l'amour en hâte, il prenait tout son temps et jouissait de chaque instant de ses rapports sexuels, il savait contrôler sa jouissance et la retarder. Mais même lui, à un moment, atteignait le sommet du plaisir et alors il se laissait aller à un orgasme intense, tirant contre lui le bassin de l'autre et, tremblant, il déchargeait en lui en longs jets passionnés. C'était le moment que Simon aimait le plus, le moment où lui aussi se laissait aller et s'abandonnait au plaisir. Abner le serrait alors contre lui et le caressait, lové contre lui, encore profondément en lui, jusqu'à ce qu'enfin il se détende, haletant et satisfait.
"Ah, Simon, pourquoi tu ne viens pas aux States avec moi ?"
"Je viens ici, mais tu le sais, j'ai mon homme."
"Heureux homme qui peut t'avoir toujours. Mais, il n'est pas jaloux ?"
"Non, parce qu'il sait que je ne le quitterai jamais."
"Moi, je serais jaloux quand même."
"Il sait que j'aime le faire avec d'autres, mais que lui seul compte pour moi. Et il m'accepte comme je suis."
"Il doit vraiment t'aimer..."
"Oui, il m'aime vraiment. C'est un homme extraordinaire."
Quand Simon revit le capitaine, celui-ci lui dit qu'il avait trouvé la solution : il allait organiser un grand bal, avec des jeux et des prix, financé par l'Etat Major. Les entrées seraient vendues à moitié prix aux filles du coin. Pour les soldats, il y aurait un premier prix spécial : une semaine de permission. Les billets se vendraient comme des petits pains : les permissions étaient plutôt rares en ce moment. Et puis Simon devait dire à tous les soldats américains avec qui il coucherait d'aller chercher chez Abner des souches de billets à vendre : celui qui en vendrait le plus aurait comme récompense trois jours de permission... en compagnie de Simon.
"Tu verras qu'ils feront des miracles pour passer trois jours avec toi ! Et j'ai calculé que s'il vendent ne serait-ce que la moitié des tickets que j'ai fait imprimer, tu auras l'argent qu'il te faut. Ça te va de passer trois jours avec celui qui en vendra le plus ? Je crois que ça en vaut la peine, non ?"
Simon accepta. Et deux semaines plus tard il reçut une somme bien supérieure à ce qu'il lui fallait. Le soldat qui avait vendu le plus de ticket était un garçon de l'Arkansas, Derek, de vingt-trois ans, mignon, très mignon - il en avait surtout vendus aux filles du coin en promettant qu'il y serait - mais il en avait aussi vendu à plusieurs de ses camarades. Il avait vendu cent quatre vingt seize billets. Simon n'avait été avec lui que quelques fois, avant, mais il l'aimait bien. Derek aimait autant prendre qu'être pris et, bien qu'étant l'amant d'un sergent, il aimait beaucoup coucher avec Simon. Aussi avait-il fait tout son possible pour gagner le prix du meilleur vendeur.
"Tu sais, je suis très content d'avoir gagné ces trois jours avec toi."
"Et ton sergent, il n'est pas jaloux ?" Lui demanda Simon.
"Oh que si ! mais je me charge de me faire pardonner. Je ne renoncerais à ces trois jours avec toi pour rien au monde, je veux une indigestion de sexe avec toi !"
Il emmena Simon dans une petite auberge sur le lac où il avait pris une chambre matrimoniale, indifférent aux regards méprisants de l'aubergiste et il passa les trois jours avec Simon à lui faire l'amour plusieurs fois par jour, de toutes les façons possibles.
Puis enfin Simon revint à Manfred, avec tout l'argent qu'Abner lui avait donné.
CHAPITRE 10
La Réhabilitation
Simon voulut que le contrat d'acquisition du local porte son nom et celui de Manfred. Il fit faire une enseigne et il choisit "Le Grand Bal" comme nom du magasin, en souvenir de la façon dont il avait rassemblé l'argent nécessaire. Ils inaugurèrent la boutique avec une fête qui attira beaucoup de monde. Les premiers clients arrivaient.
Le logement contenait à peine le strict nécessaire et il était encore à moitié vide, mais ils se sentaient riches.
La première nuit qu'ils y passèrent, celle après le vernissage, ils se mirent au lit un peu fatigués mais heureux, Simon prit son amant dans les bras et lui dit : "Tu as vu, on a fait nos premières ventes. Pourquoi ne pas quitter ton travail et travailler dans notre boutique ?"
"Je crois qu'au début il suffit qu'un seul de nous y travaille... après, s'il y a trop de clients..."
"Ça va être la rentrée scolaire, c'est sûr qu'on aura plein de clients. Tu as entendu les gens nous féliciter sur le grand choix et la bonne qualité de nos produits, non ?"
"Tu veux que ce soit moi qui travaille ici, au début ?" Lui demanda Manfred en le caressant doucement.
"Non, toi et moi, ensemble."
"Et tu ne regretteras pas de ne plus aller en France ?"
"Non, au contraire... je pensais qu'il était temps de me caser et de me dédier complètement à toi..."
"Simon, tu sais que je ne te demande pas ça, hein ? Tu y arriveras ?"
"Je crois bien, mon amour. Oui je me sens attiré par d'autres mais, au fond, je n'en ai pas vraiment besoin. Et puis, si ça arrive parfois, tu me pardonneras, non ?"
"Je n'aurai rien à te pardonner, tu le sais. Je t'aime comme tu es et ça ne m'a jamais embêté que tu ailles avec d'autres. Je veux seulement que tu sois heureux. Si parfois ça arrive, tu dois te sentir libre."
"Oh oui, je me sens libre, grâce à toi et à ton attitude. Mais je crois vraiment qu'il est temps que je me dédie rien qu'à toi. Tu sais que tu me plais de plus en plus ?"
"Tu sais me le faire sentir. Et ça me rend heureux."
"Quand j'allais en France... ça ne t'ennuyait vraiment pas de me savoir dans les bras d'autres hommes ?"
"Non, pour deux raisons : d'abord je savais que tu aimais ça, et puis quand tu revenais tu étais toujours tout à moi, tu ne m'as jamais dit : non, je suis fatigué, pas ce soir. Au contraire, je sentais ton désir pour moi et j'en étais heureux."
"Même si certains pouvaient vraiment me plaire, aucun ne t'est jamais arrivé à la cheville."
"Je suis une telle bête de sexe ?" Lui demanda Manfred avec un sourire incrédule et tendre.
"Oui, mais ça n'est pas ça. Ce n'est pas la question d'être un bon coup, tu sais, certains américains étaient vraiment bons au lit, exceptionnels. Mais tu es toi, mon amour, unique et irremplaçable."
"Qui tu préférais, parmi ces américains ?"
"Tu le sais : Abner, Jack, Ken... Derek..."
"Ils ne te manqueront pas ?"
"Non, pas tant que tu es avec moi..."
"Tu es gentil, Simon... je t'aime..."
"Moi aussi, je t'aime, Manfred."
"Simon ?"
"Oui, mon amour ?"
"Prends-moi... je veux te sentir en moi..."
"Mais tu n'aimes pas ça."
"Mais j'ai envie de te sentir en moi, je veux au moins essayer. Pas juste parce que ça te plait, je te veux vraiment en moi."
"Non, je ne veux pas que tu fasses ça juste pour moi, ce n'est pas nécessaire, tu sais. J'aime tellement quand tu me prends."
"Mais je sens vraiment le désir de t'avoir en moi. Simon, je t'en prie, mets cette belle bite en moi... je t'en prie..." Murmura Manfred et il se pencha entre les jambes de Simon pour le sucer avec passion et le lubrifier abondamment de sa salive.
Et quand il s'étendit et s'offrit, Simon céda à la requête passionnée de son amant. Mais, sachant qu'à vingt-cinq ans il était encore vierge, il commença par se pencher vers les petites fesses fermes et il se mit à lécher longuement le trou inviolé, passant peu à peu du lapement savant au forçage réussi par la pointe de la langue.
Manfred fut vite pur frisson, attestant son intense plaisir : "Oooh, Simon, prends-moi... mets-moi... que c'est bon... fais-moi tiens, je t'en prie ! Mon amour... je n'en peux plus, prends-moi..."
Simon continuait à le lécher et l'excitation de Manfred augmentait la sienne. Manfred, de plus en plus excité, gémissait et s'agitait, victime du désir : "Mon amour... prends-moi... je veux te sentir en moi... prends-moi..."
Alors Simon se mit derrière lui et pressa son gland dur et massif sur le trou frémissant et se mit à pousser doucement.
"Oooh... je te sens... que c'est bon... Ooh, Simon... comme c'est bon... oui... pousse... ooh... entre... oui ! Comme ça... fais-moi tien... ooh que c'est bon... Ouii, pousse... oh mon homme... je te sens..."
Simon était au sommet de l'excitation : la sensation de ce canal chaud et élastique, étroit mais accueillant, c'était le paradis. Il glissait lentement en lui et c'était une sensation belle et puissante. Et le sourire béat et comblé de son amant, qui lui disait combien il appréciait cette première pénétration, ne faisait qu'augmenter le plaisir qu'il ressentait.
"Oh, Manfred !"
"Oui, mon amour..."
"C'est bon..."
"C'est merveilleux..."
"Oooh..."
"Aaaah !"
"Manfred... je..."
"Oui...."
"Je vvv..."
"Mon amour.."
"Je vais jouir... c'est trop bon..."
"Non, pas encore..."
"Non... je ne peux pas...."
"Attends..."
"Oooooh noooon.... Je jouiiiis..."
"Mon amour..."
Et juste en arrivant en fin de course, Simon, incapable de se retenir plus longtemps, explosa dans un orgasme énorme en se démenant dans son amant avec force, gémissant à pleine voix la force de son plaisir. Manfred le serra contre lui dans ses bras, et aussi avec ses jambes et son sexe, comprimé entre leurs ventres, déchargea à son tour.
"Oh, Simon... que c'était bon ! Pourquoi on ne l'a pas fait avant ?"
"Je regrette, j'ai joui trop vite... j'était bien trop excité..."
"Ça t'a plu de me prendre ?"
"Oh que oui... mais toi ?"
"Je te veux encore en toi... mais plus longtemps, la prochaine fois. C'est trop bon de t'avoir en moi... Non, ne te retires pas, pas encore... C'est trop agréable de te sentir en moi..."
"Je ne t'ai pas fait mal ?"
"Non, pas du tout, au contraire... ça a été fantastique, te sentir entrer petit à petit... tu es fort, viril... et à moi ! Et, si c'est possible, je t'aime encore plus qu'avant."
"Tu ne vas pas te lasser de moi ?"
"Tu crois ça possible, Simon ?"
"Parfois, il me semble ne pas être assez, pour toi..."
"Parce que tu m'aimes. Moi aussi, parfois, je ne me sens pas à ta hauteur, mais après ton amour me fait comprendre que c'est une crainte sans objet. Ton amour me sécurise. Le mien pas, pour toi ?"
"Si, bien sûr... ton amour me donne force et assurance. Tu es tout pour moi, tu le sais. Je n'avais rien, avant de te rencontrer. Maintenant j'ai tout : je t'ai..."
"Tu es heureux ?"
"Plus qu'heureux, Manfred..."
La magasin marchait bien, ils étaient heureux tous les deux. Et la nouvelle arriva de la capitulation de l'Allemagne. Et on commença à entendre parler des atrocités commises par les allemands dans toute l'Europe.
Manfred fut secoué, lire les articles dans les journaux le remplissait de honte : "Oh, Simon... c'est mon peuple... avons-nous vraiment commis toutes ces horreurs ? Comment avons-nous pu ? J'ai honte d'être allemand... j'ai honte..."
"Mon amour, pas toi... et pas non plus ton peuple en entier. Quelques fous dégénérés. Tu n'as pas à avoir honte..."
"Les gens me savent allemand... ils vont penser que je suis comme les autres. Ils me jugeront. Tu sais ce qu'il est facile de généraliser."
"Mais ceux qui te connaissent savent que tu n'es pas comme ça..."
"Non, ils penseront sans doute qu'ils n'ont vu qu'une facette, et que derrière je suis peut-être pire que les autres..."
"Moi je sais qu'il n'en est rien, tu le sais... c'est ça l'important. Et puis, tu es un réfugié politique depuis avant la fin de la guerre..."
"Mais on était en pleine retraite... Les gens vont penser que j'ai senti le vent tourner, que je suis un opportuniste..."
"Je crois que tu te fais trop de problèmes, Manfred. Tu n'as rien à regretter, aucun motif de honte..."
"Mais je suis allemand, je suis l'ennemi..."
"Il faut que tu t'enlèves cette idée de la tête. Tu es Manfred, mon amour, mon amant, le meilleur homme au monde."
Mais Manfred, même si les mots de Simon le rassérénaient temporairement, se sentait de plus en plus mal à l'aise au fur et à mesure qu'il en apprenait plus, en particulier sur les exterminations perpétrées par ses compatriotes et Simon ne savait que faire pour faire retrouver la sérénité à son amant. Alors il commença à mûrir une idée qui lui semblait un peu dangereuse, mais la seule voie possible pour apaiser la conscience de son amant.
"Manfred... retournons là où on s'est connus..."
"A Issoire ?"
"Oui...ou plutôt à Clermont-Ferrand, la Préfecture, là tu te rendras aux autorités locales et tu demanderas à être jugé... S'ils te condamnent, tu paieras, mais s'ils t'acquittent, on reviendra ici et on vivra tranquilles...mais on ne peut pas continuer comme ça..."
"S'ils me condamnent..."
"Tu n'as rien fait de mal, toi, ils ne pourront pas te condamner. Mais même s'ils te condamnaient, je t'attendrais... Et puis, au procès, je témoignerai en ta faveur. Et je ne crois pas que quiconque pourra témoigner à charge. Pendant toute la période où j'ai vécu avec vous à la caserne, vous n'avez rien fait dont vous puissiez avoir honte, vous n'avez fait de mal à personne, ni volé, ni molesté... Retournons là-bas, Manfred, et affrontons le procès..."
Manfred accepta. Ils fermèrent le magasin et prirent le train pour la France. Le voyage long et fatiguant qu'ils avaient fait à l'aller se fit au retour dans la journée.
A Clermont, Manfred, accompagné par Simon, se présenta à la police française : "Je m'appelle Manfred Weissner et j'étais soldat de l'armée allemande, de la garnison d'Issoire... je suis venu me rendre..."
Le visage stupéfait du policier amusa presque Simon, n'eut été le sérieux de la situation. Le policier appela son chef qui fit un procès-verbal et fit mettre Manfred en garde à vue, puis il envoya le dossier au Comité de Libération local. Simon chercha une chambre dans une pension, puis alla au Comité pour témoigner sur son Manfred. Il se fit reconnaître grâce aux papiers que lui avaient laissé les résistants et il dicta sa déclaration sur le cas Manfred.
Un des hommes lui demanda : "Mais pourquoi ce Weissner a-t-il voulu se constituer prisonnier ?"
"Il se sent responsable de ce que les allemands ont fait et il sent qu'on l'en juge coupable... alors je l'ai convaincu de se faire juger officiellement, pour la paix de sa conscience..."
"Mais d'après toi il n'a commis aucun crime..."
"Non, j'en suis certain. C'est pour ça que je l'ai aidé à fuir quand l'armée allemande était en retraite et qu'il était seul : le dernier survivant de sa brigade. Manfred n'est pas un criminel de guerre. J'espère que ce procès le démontrera et que cet acquittement, comme une absolution, lui rendra la sérénité perdue en apprenant les atrocités commises par les siens."
"Il n'est pas le seul dans cette situation. L'armée allemande, dans l'ensemble, est bien moins coupable que les hommes de la Gestapo ou de la SS. Et puis le fait de se constituer prisonnier depuis une situation sure à l'étranger plaide en sa faveur..."
Ils sortirent tous, sauf un seul, un certain Jean-Pierre qui lui dit : "Une dernière question, Canard. Une question non officielle, qui ne sera pas actée : qu'y a-t-il vraiment entre toi et ce soldat allemand ? Pourquoi donc le sort d'un ennemi te tient-il tant à cœur ? Qu'est-il donc pour toi ?"
"Je l'aime et c'est mon amant. Depuis que je le connais." Répondit sans hésiter Simon, en soutenant le regard de l'autre.
"Je m'en doutais. Et... que serais-tu disposé à faire pour l'aider à être acquitté ?" Demanda-t-il d'un ton malicieux.
"Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'en faire plus que ce que je fais, je suis sûr qu'il est innocent..." Répondit Simon serein.
"Mais tu sais, un procès peut être orienté dans un sens ou dans l'autre... il pourrait apparaître un témoin prêt à déposer contre lui... je ne sais pas, par exemple un garçon qui dirait que ton allemand l'a violé..."
"C'est impossible, Manfred n'aurait pas fait de mal à personne... il n'a fait de mal à personne."
"Je te crois, mais... ce serait facile de trouver un garçon prêt à témoigner du contraire, tu comprends ?"
"Qu'est-ce que tu attends de moi ?" Demandait Simon qui s'en doutait bien.
"Juste que tu sois disponible pour moi... Tu es un grand et beau garçon et si tu savais m'amuser... ce sera moi le juge... si tu veux retrouver ton amant allemand, il te suffit d'être gentil et disponible ces prochains jours... qu'en dis-tu ?"
"Le procès commencera quand et durera combien ?"
"Il pourrait même commencer demain... et il devrait durer trois ou quatre jours..."
"Bien, après le premier jour, et selon la façon dont tu le mèneras, j'aviserai sur ma conduite envers toi... pour trois ou quatre jours..."
"Tu feras tout ce que je te demanderai ?"
"Si tu es juste envers Manfred, tu pourras t'amuser avec moi à ta guise..."
"Et pourquoi pas tout de suite ?"
"Parce que si tu es capable de trouver des faux témoins... je n'ai pas confiance en toi..." Dit Simon sans ambages.
L'homme eut un sourire amusé : "Je pourrais aussi en trouver le dernier jour du procès, alors que tout semble bien aller pour lui... Tu es entre mes mains..."
"C'est vrai... mais j'avais cru que les français étaient moins mauvais que les allemands..."
"Quel naïf ! chacun essaie toujours de tirer le maximum de la situation, français, allemand ou autre... Alors ?"
"Qu'attends-tu de moi ? Je dois me mettre à poil ?" Demanda Simon, tendu.
"Pas ici, bien sûr. Viens avec moi... Si tu sais me faire jouir, tu retrouveras ton Fritz sain et sauf, parole."
Simon le suivit. L'homme salua le planton et emmena Simon chez lui. Un appartement bourré d'objets d'art, d'antiquités et de meubles de luxe.
Il le fit entrer dans une chambre à coucher : "Voilà, maintenant tu peux te déshabiller." Dit-il en se mettant nu et en se couchant sur le lit. Simon obéit. "Bien, monte sur le lit et lèche-moi partout. Fais-moi voir de quoi tu es capable pour sauver ton allemand."
Simon se mit à l'ouvrage. L'homme avait tendance à prendre du ventre et il était assez velu. Simon se pencha sur lui et commença à le lécher : ce n'était pas pire qu'avec certains clients qu'il avait eu dans le passé. L'homme se laissait faire et appréciait la prestation. Quand il fut pleinement excité, il posa la main sur la tête de Simon et le tira pour sucer son sexe, il bougea le bassin pour baiser sa bouche par de longs et rapides à-fonds.
"Mmmh, tu sais y faire... suce, garçon, suce après je te la fourrerai dans le cul... Oui, comme ça, bravo... tu es un pompeur né, toi... bravo, comme ça..." Gémissait-il dans un évident plaisir, "Suce... bouge la langue... comme ça, bravo... oooh, quelle bouche, mon garçon ! Elle te plait, ma bite, hein ? Allez suce... encore un peu... puis je t'éclate le cul... tu aimes ça, hein ?"
Ça ne plaisait pas à Simon, pas plus que ça ne lui déplaisait. Il voulait juste le faire jouir pour qu'il tienne sa promesse et soit impartial avec son Manfred.
Il sentit un doigt commencer à fouiller entre ses fesses, s'insinuer dans son trou : "Allez, suce encore un peu, qu'après je te la mette là... tu en as un beau petit cul... il a déjà pris combien de bites, garçon ? Rien que celle de ton allemand ? Ou d'autres aussi ? Je parie que tu aimerais en avoir une dans le cul et une en bouche en même temps, non ? Tu es une cochonne, hein ? Tous les allemands te prenaient ? Mais tu es ami avec des résistants, alors les résistants devaient te baiser aussi... Combien de bites sont passées par ce cul ? Hein ?"
Simon ne répondait pas : il savait que cet homme aimait dire ces choses-là et qu'il n'attendait pas de réponse, il voulait juste l'humilier et se sentir plus fort.
Le doigt fourrageait maintenant dans son cul avec plus de force et en même temps il lui plantait son sexe raide au fond de la gorge et il continuait à parler : "Combien il en a prises, hein ? Dix ? Cent ? Mille ? Je parie que ce que tu préfères c'est baisser ton caleçon et te plier en deux, hein ? Allez, mets-toi à quatre pattes, là, je vais te trouer le cul, je vais te défoncer... Comme ça, bravo... Putain quel beau cul ! Maintenant écarte bien les fesses, allez... Voila, comme ça... comme ça... Oooh !" Gémit-il en plongeant en lui dans une série de forts coups de reins. "Bouge ce cul, fais-moi sentir comme ça te plait... Tu n'apprécies pas une bonne bite française ? Elle est assez grosse pour toi ? Elle te plait ?" Disait-il en lui donnant de grands coups de reins, avec de plus en plus de plaisir. "Tu la sens ? Eh, garçon, tu n'es pas content ? Ça vaut le coup de se faire enculer comme ça..." Haletait l'homme en se démenant violemment en lui.
Simon commença à contracter et à faire palpiter son sphincter pour accélérer le plaisir de l'homme et l'enlever de sur son dos. Il n'était même pas excité, il voulait juste en finir vite.
L'homme accéléra ses coups : "Oooh, oui, bravo... T'es vraiment une pute... tu sais donner du plaisir à un homme, toi, hein ? Tu aimes te faire trouer la rondelle par une belle bite comme la mienne, pas vrai ? Oooh, je vais te mettre la purée... oooh, je viens... je vieeens... oooh... oooooooooohhh..."
L'homme jouit en tremblant avec force, il se vida en lui puis il se retira du garçon, il tremblait encore.
"Putain quelle bonne baise..." Murmura-t-il haletant.
"Je peux me rhabiller, maintenant ?" Demanda Simon.
"Hein ? Non, tu crois peut-être qu'on en a fini ? Donne-moi juste un moment et je suis prêt à remettre ça. Vu que je ne t'aurai que quelques jours, je veux jouir de toi à fond... Et même, je crois que je vais appeler mon copain, et on te prendra à deux..."
"Je... on n'avait parlé que de toi..." Protesta faiblement Simon, déjà résigné à cette variante.
"Bah, quelle différence, un ou deux ? Et peut-être même que mon copain te plaira, c'est un grand et beau garçon..."
"Mais, si tu as un copain, quel besoin as-tu de moi ?"
"Moi et mon copain, on aime bien se faire un garçon ensemble, de temps en temps. Il est encore plus chaud que moi et il aime bien les petits jeunes dans ton genre. D'ailleurs je vais lui dire de venir... je lui téléphone." Dit-il amusé par l'idée. Il descendit du lit et prit le téléphone.
"Vincent... tu peux faire un saut chez moi ? Il y a un beau brin de garçon que je voudrais te faire connaître... bien sûr, je viens de me le faire... il est là, nu, et il attend la deuxième mi-temps... tu verras, il te plaira, cochon ! D'accord, je t'attends... Fais vite..." Dit-il puis il se tourna vers Simon : "Il vient tout de suite, tu verras, on va s'amuser. Vincent a une grande et belle bite, et comme il ne peut pas l'utiliser en moi, il va se défouler en toi. Et tu sais ce que je pense ? Tant que le procès continue, tu pourrais rester avec nous, et on pourrait s'amuser avec toi, moi et mon Vincent."
Simon lâcha un léger soupir. Pour son Manfred, tout cela ne lui pesait pas. En fin de compte ça ne serait que deux hommes de plus... Même s'il avait décidé de ne plus en avoir d'autre que Manfred, il pouvait encore en avoir deux de plus...
Quand une vingtaine de minute après l'autre arriva, Simon le reconnut tout de suite : "Vincent ! Mais c'est toi !"
L'autre le regarda puis, l'air émerveillé, il dit : "Mais tu... tu ne serais pas Simon ? Le petit Simon ?"
"Vous vous connaissez ?" Demanda l'homme stupéfait.
"Il a été mon premier homme, Vincent, pas vrai ?" Dit Simon en souriant au jeune homme.
"Oui...il y a combien de temps ? Tu n'étais qu'un gamin. Tu ne jouissais même pas encore... Tu es devenu un grand et beau garçon... Que fais-tu là, d'ailleurs ? Tu l'as connu comment, lui ?"
Simon lui expliqua le motif de sa présence.
Vincent se tourna vers son ami : "Tu es toujours le même porc, toi. Profiter de lui comme ça ! Je ne sais pas pourquoi je me suis mis avec toi..."
"Allez, tu sais bien pourquoi. Depuis que tu es avec moi, tu ne manques de rien... et surtout pas de ces petits culs que tu aimes tant..."
"Oui, c'est vrai... mais profiter ainsi de lui... Rhabille-toi maintenant, Simon. Il t'aidera, tu as ma parole, mais pas contre du sexe. Je ne veux pas qu'on te force... tu sais que je ne l'ai jamais accepté..."
"Vincent... tu as été mon premier homme et... je voudrais que tu sois aussi mon dernier, avant que je puisse retrouver mon Manfred. Tu as toujours été spécial, pour moi. Tu m'as appris à aimer les hommes... Je voudrais le refaire avec toi..." Dit Simon en souriant avec douceur à son ancien amant.
"Bien, alors laisse-nous seuls, Jean-Pierre. Ou plutôt, va t'occuper de ce procès et veille à ce que l'allemand soit acquitté avec levée complète des charges, et vite. Allez, va." Dit-il sèchement. L'homme essaya de protester mais Vincent fut inflexible et à la fin, rhabillé, il partit.
"Comment peux-tu lui donner des ordres comme ça ?" Lui demanda Simon impressionné quand ils furent seuls.
"Il n'est pas méchant. Mais c'est un faible, et il aime faire le fort avec les plus faible que lui. Mais avec moi... il a toujours fait ce que je voulais. Sois tranquille, ton allemand sera acquitté."
"Déshabille toi, viens... J'ai vraiment envie de le faire encore une fois avec toi... Je ne suis plus le gamin maladroit que tu connaissais..."
"Je te crois, tu apprenais vite, toi... Et maintenant tu es vraiment bien fait... Tu veux vraiment le faire avec moi ?"
"Toi pas ?" Dit Simon l'air provocateur en caressant son propre sexe maintenant dressé.
"Tu me plais... bien sûr..." Lui dit Vincent avec un large sourire en commençant à se déshabiller. Il monta sur le lit et prit Simon dans ses bras : "Tu as un beau corps, grand, viril. Tu es plus que désirable... J'aimerais te prendre, si tu veux bien..."
"Bien sûr que je veux bien... comme du temps de l'orphelinat. Tu es allé à Paris, toi, après le bombardement, non ?"
"Je n'y suis jamais arrivé, à Paris. J'ai trouvé un groupe de résistants et je suis allé avec eux... Tu sais ce que c'est... des hommes seuls, dans la montagne, entourés de dangers, avec des envies de baiser mais pas de femmes, parfois pendant des semaines... Petit à petit je m'en suis faits plusieurs... Puis j'ai trouvé un garçon qui a été mon amant pendant presque trois ans... et il est mort dans une action... On était peu de survivants, alors on a rejoint un autre groupe, où j'ai connu Jean-Pierre et on s'est mis ensemble. Ça fait près de deux ans que je suis avec lui. Il n'est pas méchant, je te l'ai dit... et maintenant... je te retrouve, toi... Tu es vraiment amoureux de ton allemand ?" Lui demanda-t-il avec une caresse intime.
"Oui, c'est un garçon exceptionnel. Je l'aime et il m'aime... Mais maintenant, pensons à nous deux... Tu sais que dans mon souvenir elle était plus grosse ?" Dit-il en caressant Vincent entre les jambes.
"Parce que tu étais un gamin..." Répondit-il gentiment.
"Peu importe, elle est belle... Tu te souviens quand tu baissais mon short et que tu me prenait ?"
"Oui, bien sûr... tu me plaisais..."
"Même si tu t'en faisais d'autres..."
"Oui... mais je t'ai toujours bien aimé..."
"Oui, je sais. Et maintenant... tu as encore envie de moi ?"
"Oui, tu me plais... mais tu me veux vraiment en toi ?"
"Oui.."
"Suçons-nous un peu, d'abord... tu me plais vraiment, Simon..." Dit Vincent en se couchant sur le côté pour commencer à le sucer. Simon le prit aussi entre les lèvres.
Réunis en un soixante neuf passionné, ils se sucèrent longtemps, tout en se caressant et se touchant partout avec plaisir. Puis Simon se tourna et s'offrit. Vincent se mit derrière lui et, plein de désir, commença à le pénétrer. Simon sentit tout de suite la différence avec Jean-Pierre. Vincent le prenait vigoureusement, mais avec tendresse, il lui caressait tout le corps et le maintenait excité.
"Tu me plais, Simon : tu es doux comme mon copain d'avant et fort comme un homme... je pourrais tomber amoureux de toi... Quel dommage que tu aies un copain... tu me plais..." Dit Vincent qui le prenait avec de plus en plus de passion.
Simon le sentait glisser en lui, solide et fort, et tout son corps répondait à ces mouvements et donnait à Vincent de plus en plus de plaisir. Jusqu'à ce que Vincent, frémissant fort, commence à se vider en lui à grand jets passionnés. Alors, apaisé, il fit se tourner Simon, prit entre les lèvres son sexe encore dressé et le suça jusqu'à l'amener à l'orgasme.
Plus tard, Vincent, le caressait encore doucement pendant qu'ils se remettaient. Il lui dit : "Merci, Simon. Tu m'as donné un plaisir qui va au delà de la pure jouissance physique. Ça a été très bon de faire l'amour avec toi. Merci."
"Pour moi aussi c'était bon, Vincent. Tu mérites mieux que cet homme, toi. Pourquoi tu restes avec lui ?"
"Je ne sais pas. Avec lui je ne manque de rien..."
"Mais toi... tu l'aimes ?"
"Non... on est bien ensemble. Mais je ne suis pas amoureux."
"Pourquoi tu ne te trouves pas un brave garçon ?"
"Un comme toi ?" Demanda Vincent en souriant.
"Oui. Un qui t'aime et que tu puisses aimer. Tu mérites mieux, toi... Même s'il ne peut pas te donner tout ce que celui-ci te donne..." Dit Simon avec un geste pour rappeler tout le luxe qui les entourait.
"Oui... peut-être bien... Enfin, pour l'instant occupons-nous de ton homme. Rhabillons nous et allons vérifier ce que fait Jean-Pierre. Tu vas voir, ça va se régler vite fait..."
Comme avait dit Vincent, le procès se tint le lendemain. On ne trouva aucune charge à retenir contre Manfred, alors le tribunal, présidé par Jean-Pierre, émit un verdict d'acquittement de toute charge et relaxa Manfred avec un certificat l'innocentant pleinement.
Les deux amants firent leurs adieux à Vincent et prirent le chemin du retour. Manfred paraissait plus serein. Mais, dans le train qui les ramenait rapidement, il dit à Simon qu'il voudrait changer de nationalité en symbole de sa nouvelle vie. Il se demandait les démarches à faire pour devenir citoyen Suisse. Simon était d'accord et dit que lui aussi demanderait la nationalité suisse.
Arrivés chez eux, avant d'ouvrir le magasin, Simon voulut encadrer le verdict d'acquittement du tribunal de Clermont et l'accrocher dans le magasin. Puis il emmena Manfred dans leur chambre.
"Ce Vincent que je t'ai présenté, il a été mon premier homme..."
"Ah oui ? Quand ?"
"J'avais douze ans. Il m'a fait comprendre que j'aimais les hommes quand je suis arrivé à l'orphelinat. Alors c'est un peu grâce à lui que je suis tombé amoureux de toi, dans un sens..."
"Alors je dois lui être reconnaissant... Il m'a fait bonne impression. Et il m'a semblé qu'il te considère comme plus qu'un ami... je me trompe ?"
"Non, tu as raison. Je crois qu'il m'aimait bien... Et même qu'à sa façon il m'aime encore. J'ai fait l'amour avec lui, ces jours-ci. Je sais que je t'avais promis... mais j'ai voulu qu'il soit le dernier. Comme il avait été le premier..."
"Je ne t'ai demandé aucune promesse, tu le sais."
"Je sais. Mais à présent, plus encore qu'avant, je veux n'être qu'à toi... Je sais que je n'ai vraiment plus besoin de nul autre et que tu es tout. Je sais que ton amour me suffit... enfin, avec ton corps..."
"Je suis là... je suis à toi..."
"Oui, mon amour, à moi..." Murmura Simon, excité par les caresses que son amant lui rendait, légères mais pleines de passion.
"Toi et moi... pour toujours ?" Demanda Manfred en le serrant contre lui.
"A jamais et seulement toi et moi..." Lui répondit Simon et, heureux, il se lova contre lui.
"Réunis ?"
"Corps et âme..." Répondit Simon en le caressant avec tendresse et désir.
"Tu veux me prendre, mon amour ?" Demanda Manfred en s'offrant à lui avec un sourire tendre.
"Si tu me prends après, mon amour !"
F I N
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Commentaires
Andrej, tu nous enchanteras toujours !
j'avais déjà lu cette histoire, je viens de la relire avec le même plaisir