Céline
de Saguilan

Par un après-midi

Où les langues se délient,

Céline me téléphona

Et cela sonna le glas

De notre tendre relation.

De sa voix l'émotion

Transparaissait.

Bien elle savait

Ce que me dire elle désirait,

D'attendre elle en avait assez;

Tout révéler

Il lui fallait.

Elle était amoureuse d'un garçon

Qui la fuyait sans aucune raison.

Ils s'appréciaient,

Ensemble sortaient

Mais lui ne montrait aucun signe d'amour.

Ne rien savoir, elle trouvait ça trop lourd.

Elle espérait profondément

Tout connaître sur ses sentiments.

Elle s'était confié à un ami,

D'être plus que cela démuni.

Elle n'avait pas été explicite

Mais toute l'histoire était bien écrite.

Ce garçon, c'était moi,

De l'aimer incapable.

Froide lucidité-

Je lui conseillai

D'arrêter d'espérer

Et à autre chose passer.

Dans ma voix, une cruauté non-souhaitée,

Dans la sienne, une peine dissimulée.

« Je vais prendre sur moi, tu as raison », me dit-elle.

Un dernier soupir, elle raccrocha, fin de l'appel.

Aujourd'hui, je suis seul,

Recouvert d'un linceul;

L'ami n'est plus désormais…

Elle ne m'a plus rappelé.

Rester complice j'aurais voulu,

Etre un peu plus j'aurais voulu

Mais, on ne choisit pas ce qu'on est :

Je suis gay et je ne l'aimerai jamais.

Courriel : Saguilan @ aol.com