Journal intime (2) de Chris
vendredi 24 juillet 2009, 20:00 - Chris - Lien permanent
Je veux écrire mon journal intime car j’ai mal, très mal. Mais qu’est ce qu’il m’arrive ? Qui suis-je ? Pourquoi moi ? Pourquoi j’ai si mal ?
Jeudi 7 décembre 2006, chez moi, il est à peu près 20h43 :
Il est revenu au lycée, je l’ai évité toute la journée pourtant il est venu me voir et m’a dit qu’il fallait qu’on se parle mais je lui ai dit que j’étais occupé. C’est dur de faire croire qu’on est occupé surtout qu’on est, l’un à coté l’autre dans la totalité des cours. Journal, je le fuis tellement j’ai peur. Il m’a dit qu’il fallait qu’on se parle avec un ton sérieux, je crains ces yeux, je fuis sa présence, il me fait peur… J’ai pu l’éviter pendant une journée mais je pourrais jamais l’éviter demain et les jours à suivre, je crois qu’il a raison : Il faut qu’on parle tous les deux. C’est pour cela que je te préviens, journal, que demain à la première heure, je vais lui parler…
Vendredi 8 décembre 2006, en cours d’espagnol, 9h45 :
La discussion s’annonçait dramatique, énigmatique. Je me suis approché de lui et j’ai lâché la gorge nouée accompagné d’un ton sec et d’un air hautain, ce minable ‟faut qu’on parle”. C’était pathétique… On s’est écarté du reste de la classe et il m’a dit que ce qui n’était pas grave car sa mère l’avait déjà vu avec son ex… Je me suis effondré en larmes dans ses bras car je me suis employé à croire des choses que je n’aurais pas dû croire, je n’aurais jamais dû douter de lui. Il m’a redit qu’il m’aimait et a rajouté avec son air confiant que sa mère voulait me rencontrer si et seulement si je le désirais. Je lui ai dit que je pourrais et il m’a proposé de venir manger chez lui demain car il y aura sa mère et son père. Donc, demain, cher journal, ma soirée est prise avec l’homme que j’aime et sa famille, alors, maintenant, espoir !…
Dimanche 10 décembre 2006, chez mon cœur, 10h34 :
La soirée fut superbe, ses parents m’ont accueilli les bras ouverts, et m’ont dit en rigolant qu’il fallait que je rende leur fils heureux, ce que je me suis juré de faire avant qu’ils m’en parlent. Il va d’ailleurs falloir que je pense à dire à mes parents que je suis homosexuel car je ne veux plus leur mentir mais je ne veux pas les faire souffrir… Mais maintenant que je suis avec mon amour et que je sais que je suis vraiment lié à lui, je vais pouvoir leur annonce en espérant qu’il le prenne bien car j’ai peur, je suis effrayé par leur réaction. Comment leur dire ? Que vont-ils me dire ?...
Dimanche 10 décembre 2006, chez moi, 21h56 :
Ces mots retentissent encore, c’était à l’heure du dessert…‟Papa, maman, vous savez Lorenzaccio, c’est plus qu’un ami pour moi, c’est l’homme avec qui je veux faire ma vie”. Ces mots, ont comment te dire ? Glacé l’atmosphère : ma mère s’est effondré en larme. Je suis monté dans ma chambre en courant et me suis enfermé. Quelqu’un à frapper à la porte, c’était mon père. Il m’a demandé s’il pouvait rentrer, je lui ai donné la permission. Il m’a avoué que depuis un an, ils s’étaient préparés a cette éventualité, ce mode de vie puis il m’a annoncé que cela ne changerait rien car il m’aime. Je lui demandé dit que je suis amoureux et je lui ai demandé si je pouvais leur présenter Lorenzaccio. Il m’a confié qu’ils ne sont pas prêts, pour l’instant, à me voir avec un garçon, qu’il ne faut les brusquer mais que d’ici quelques temps, ils pourront le rencontrer et que pour eux ce n’est pas facile même s’ils se sont préparé à ce mode de vie pour leur fils, ils n’ont pas pour autant accepter. Cette conversation avec mon père s’est déroulée avec simplicité et compréhension, moi qui pensais que ce serait tout le contraire. Avant qu’il ne sorte, je lui ai demandé comment allait maman, il m’a répondu que ça ira mieux avec le temps, qu’elle m’aime et qu’elle acceptera puis il est sorti et m’a souhaité une bonne nuit. Je me sens mieux car je suis soulagé de ne plus leur mentir et je peux te le dire journal : ça soulage la conscience. Je suis pressé d’annoncer la nouvelle à Lorenzaccio. Je lui dirai demain…
Mercredi 20 décembre 2006, chez moi, 20h20 :
Je suis désolé, très cher journal, mais je suis parti de chez moi il a quelques jours car Lorenzaccio m’a proposé de passé deux semaines chez lui car ses parent n’étaient pas là. Ils sont repartis en Sicile pour régler des détails de dernières minutes avec le notaire pour la vente de leur maison. Mais mon séjour s’est écourté car avant-hier soir, il a reçu un coup de téléphone de sa grand-mère qui lui a annoncé que ses parent avaient eu un accident de voiture et que leur état grave nécessitait sa présence là-bas. Lorsqu’il a raccroché son visage était décomposé, il m’a tout raconté et m’a annoncé qu’il partait. Alors, je l’ai accompagné à la gare de Saint Malo, c’est difficile de voir partir les gens qu’on aime…
Jeudi 21 décembre 2006, dans ma chambre, 21h23 :
Tristesse, faiblesse sont les noms qui décrivent mes sentiments en ce moment. Innocemment, éternellement, fidèlement, ils décrivent notre amour l’un pour l’autre. Il me manque terriblement, horriblement. Je suis affligé par son absence, mon sang se glace, j’ai froid, des larmes coulent, ruissellement vers mon cœur car elles cherchent sa présence. Je n’ai pas de nouvelle de lui depuis hier, c’est trop dur, je vais avoir besoin de toi, mon cher journal. Qu’est ce que je ferai sans toi ? Depuis que je te confie tous mes secrets, je vais mieux, la vie me paraît toujours aussi injuste mais avec toi, elle me semble plus simple…
Vendredi 22 décembre 2006, à Lancieux sur la plage, 18h29 :
C’est vraiment beau la mer en hivers, la mer agitée, le vent fort, les vagues en bruit de fond m’apaisent, tu sais, journal, j’adore la mer, c’est un de mes paysage préféré. Cette dernière me fait penser à l’Egypte, mon pays préféré. J’essaye de me voiler la face mais je sais que je ne peux plus te mentir. Tu es mon cœur et ma mémoire. Tu te rends compte, ça fait seulement deux jours qu’il est parti et que ce soit en cours ou chez moi je me sens seul, enfin partout où je vais, je pense à lui… Quand est ce qu’il va revenir ? Il faut que ses parents s’en sortent depuis que je suis avec lui, je commence à relever la tête, et j’adore ses parents. Pourquoi le destin s’acharne sur moi et sur ceux que j’aime? Je me bats pour garder la tête haute et je pense à lui, tendrement…
Samedi 23 décembre 2006, chez moi, 20h20 :
Vive l’Italie, il m’a téléphoné pour me conter les dernières nouvelles. Alors son père est sorti de l’hôpital avec un traumatisme crânien et sa mère à été opéré du rein avec succès. Donc, si tout ce passe bien, il rentre dans cinq jours. Alors depuis son coup de téléphone, je revis, c’est extraordinaire, fabuleux, merveilleux, je reprends enfin confiance en moi ! Je l’aime, j’aimerai le prendre dans mes bras, l’embrasser enfin le caresser…Il me manque, je voudrais tellement le voir…
Dimanche 24 décembre 2006, chez moi, 23h54 :
C’est la veille de noël, je suis donc en famille et je vais avoir des cadeaux ce soir mais dans mon cœur, une seule personne me manque vraiment, c’est lui. Il passe noël là-bas en Sicile, à Caccamo à environs trente kilomètres de Palerme. Je ne pourrais jamais passer noël avec lui. On verra pour le prochain…
Lundi 25 décembre 2006, chez moi, 10h30 :
J’étais devant tous mes cadeaux, et il y en a un qui a attiré mon attention. Une enveloppe, avec un timbre italien, et son écriture. Je me demandais ce qu’il m’avait écrit et j’ai préféré attendre pour l’ouvrir. Tu te rends compte, journal, il a pensé à moi pour noël. J’ai ouvert l’enveloppe et retiré une photo de Sicile, c’est mystérieux pourquoi une photo de sa maison avec un petit ‟à bientôt” rédigé à l’encre turquoise en italien. Je ne comprends pas trop, j’ai pris la lettre et je l’ai lu attentivement, une larme s’est formée au coin de mon œil… Je suis trop heureux de sa proposition… Ma mère et mon père me regardent avec un grand sourire, mon père m’a tendu le billet d’avion départ de Paris après demain. Ma mère m’a avoué qu’elle avait reçu un coup de téléphone hier qui l’a prévenait de mon départ avec une enveloppe à son nom avec le billet d’avion. Dans la lettre, il m’a expliqué qu’il voulait me présenter à ses amis et sa famille…
Mardi 26 décembre 2006, chez moi, 17h59 :
Je viens de terminer ma valise, et je t’annonce une nouvelle, je t’emporte avec moi en Sicile. Je te raconterais au jour le jour ce qu’il se passe. Je suis trop pressé de partir, de le revoir, de le serrer dans mes bras. De plus, je rentre en même temps que lui et mes parents ont proposé qu’il reste à la maison jusqu’à la rentrée…
Jeudi 28 décembre 2006, arrivé en Sicile, dans la maison de famille, 14h :
Je suis fatigué du voyage donc je me repose dans notre chambre, et oui je suis dans la même chambre que lui. Ce soir, toute sa famille vient manger chez lui. Il y aura ses oncles et tantes, ses cousins et ses cousines, ses grand-mères et son grand-père. Je suis pressé de les rencontrer mais en même temps j’ai peur de ne pas être à la hauteur. Je te laisse, j’entends des pas, ça doit être Lorenzaccio…
Jeudi 28 décembre 2006, dans notre chambre, 23h45 :
Je viens de faire la connaissance de toute sa famille, ils sont super. J’aimerais avoir une famille comme ça car ils ne rejettent pas Lorenzaccio par rapport à sa différence. Ils m’ont déjà accueilli comme un membre de leur famille. En plus, l’Italie c’est beau, avec Lorenzaccio c’est magnifique, je l’aime…
Vendredi 29 décembre 2006, dehors, dans le jardin, 19h30 :
Je bois tranquillement mon thé car mon aimé est parti prendre une douche et se préparer car ce soir on sort avec ses amis que je suis pressé de voir mais il y a un problème, c’est qu’ils parlent tous en italien alors va falloir que je ressorte mes cours de seconde, au moins ils m’auront servi à quelque chose. Aujourd’hui, j’ai visité plein d’endroits, on a été à Palerme et on a été à la plage. Je vais y aller journal, à bientôt…
Samedi 30 décembre 2006, je ne sais pas ou je suis, 13h :
Je me suis disputé avec Lorenzaccio et je suis parti. Il m’énerve car il veut aller à la plage mais moi je ne veux pas, je préfère rester au bord de sa piscine, il n’a qu’a y aller tout seul. Il m’a traité de con, d’abruti et bien tu me connais, je suis parti, j’ai croisé un de ses amis qui m’a dit qu’il me cherchait, je lui ai dit de faire comme s’il ne m’avait pas vu. Je vais en profiter pour faire le point car depuis quelques mois, tout se bouscule dans ma vie. J’ai appris mon homosexualité qui a détruit ma réputation au lycée. Mais, j’ai aussi trouvé un homme que j’aime et avec qui je veux être pour la vie même s’il m’énerve de temps en temps…
Dimanche 8 janvier 2007, chez moi, 21h14 :
Je suis désolé. Pour tout te dire, je t’avais un peu oublié ; mais comme tu le sais les amis ça ne s’oublie pas totalement. Demain, c’est la rentrée. Va falloir encore se cacher avec Lorenzaccio. J’aimerais bien qu’on n’ait plus à se cacher mais je ne veux pas imposer cela à Lorenzaccio. C’est lui qui me dira quand il sera prêt. On a d’ailleurs parlé de ça cette semaine. Il m’a dit que s’il avait envie de m’embrasser devant la classe, il le ferra… Alors, peut être que demain, il va m’embrasser devant la classe enfin je l’espère…
Lundi 9 janvier 2007, en cour de français, 10h12 :
Que d’émotion ce matin, il est arrivé sûr de lui, il s’est mis devant moi et m’a embrasser comme jamais il ne l’avait fait avant. Tout le monde nous regardait et moi, je m’en moquais car je l’aime et que ça, ça compte plus que tous pour moi. Je n’ai pas eu peur des conséquences sur le coup mais je sais qu’il va y en avoir. J’ai seulement à regarder ceux de la classe pour comprendre ce qui m’attend… Je vais sans doute craquer, pleurer et avoir mal plus qu’avant mais la différence c’est que je ne suis plus tout seul, on est deux maintenant, deux contre tous…
Mardi 10 janvier 2007, dans la cuisine, 22h23 :
Je suis devant mon yaourt et je pleure, aujourd’hui il s’est passé quelque chose, mon cher journal, j’ai très peur pour moi et Lorenzaccio. Une ou plusieurs personnes ont mis une affiche dans le hall du lycée avec marquer « à mort les deux pédés de 1ES3 ». Lorenzaccio et moi avons été voir le proviseur car je ne pensais pas qu’on déchainera autant les folies de certaine personnes qui ne sont pas assez ouverte d’esprit. Elle a été compréhensive, c’est d'ailleurs une femme admirable qui ne supporte pas l’intolérance, l’irrespect donc j’espère qu’elle va cerner le ou les coupables, je lui fais confiance pour cela. Ce soir avec Lorenzaccio on a appelé une association qui recueille des témoignages de personnes victimes d’actes homophobes et en plus, elle conseille sur les démarches à suivre lorsque l’on est victime de tels actes. Notre témoignage a donc été déposé en espérant que ça n’aille pas plus loin au lycée…
Mercredi 11 janvier 2007, chez mon homme, 21h30 :
J’ai honte de vivre dans une société où des personnes peuvent avoir des pensées comme celle dont je suis la victime. Dans la cour, ce matin, avec Lorenzaccio on se tenait par la main comme n’importe quel couple. Au début, ils y en a qui nous ont juste regardé et puis certains nous ont insultés puis d’autres nous ont crachés dessus. La seule solution a été d’aller voir le proviseur, elle nous a demandé qui nous a fait ça, on lui a dit et elle nous a fait venir dans l’après midi. On est entré dans le bureau et là, il y avait nos agresseurs de ce matin. Ils ont juste eu un blâme et trois heures de colle, elle leur a dit ensuite que s’ils recommençaient ce serait une exclusion de plusieurs jours avec une plainte déposée à la gendarmerie. Toutes ces histoire, nous ôtent notre énergie, c’est dur mais ce soir, c’est détente car je dors chez Lorenzaccio…
Jeudi 13 janvier 2007, chez moi, 1h du matin :
C’est trop dur, mais avec Lorenzaccio on se dit que ce n’est qu’une minorité et qu’il ne faut pas leur céder alors nous allons nous rapprocher de nos amis et puis continué à vivre comme avant en les affrontant sans céder…
Vendredi 14 janvier, chez moi, 19h45 :
Mes parents ont invité Lorenzaccio à prendre l’apéritif demain soir et il m’a dit qu’il avait une demande assez spéciale à me faire pour nos ‟un mois et demi” ensemble alors sans qu’il le sache, je suis allé avec une amie, lui chercher un cadeau. J’ai été dans une bijouterie et je lui ai acheté un cœur avec nos initial gravées dessus. Que m’a-t-il réservé comme surprise ? J’aimerais savoir mais je ne saurai que demain…
Dimanche 15 janvier, chez moi, 21h34 :
Une soirée digne d’un conte de fée, nous avons pris l’apéritif chez moi en compagnie de mes parents. Ensuite, nous sommes montés dans sa voiture, je ne savais pas ou il m’amenait. Nous sommes arrivés à Saint Malo Intra Muros puis nous sommes entrés dans un restaurant avec vue sur la mer. Il m’a dit de choisir ce que je voulais. Arrivé au désert, il m’a tendu une boite à bijoux, je l’ai ouverte et j’ai vu un sublime pendentif en or blanc avec mes initiales et les siennes gravées dessus, des larmes ont apparu à mes yeux. J’ai sorti de ma poche la boite avec le pendentif que je lui avais acheté vendredi, il a été surpris mais c’est aussi l’amour, c’est la surprise que l’un fait à l’autre. L’amour, c’est une flamme éternelle puisque l’on n’oublie jamais nos amours passés. Elle est aussi unique car à chaque amour, il y a des différences, des sentiments différents. Elle est puissante car elle peut faire s’attirer deux opposés, mais elle est fragile puisque lorsqu’un courant d’air arrive elle s’éteint. Parfois elle dévastatrice car elle passe dans nos cœur, brûle tout et repart juste après nous avoir réchauffé. Elle est envoûtante comme un serpent mais lorsqu’on s’en approche, elle est très dangereuse puisqu’on se pique avec. Elle est indispensable à l’homme puisqu’elle lui apporte du bonheur, lui donne de l’espoir et crée la vie mais c’est aussi sont plus grand danger puisque l’amour est la flamme qui brûle le plus nos cœur et que par amour, on est capable du pire comme du meilleur. L’amour est éphémère car elle peut partir et revenir mais on ne le touche jamais car nous ne toucherons jamais nos cœurs avec nos mains mais avec des gestes. L’amour c’est aussi tous ces petits gestes qu’on effectue avec tendresse. Pour moi, ma flamme, c’est Lorenzaccio puisque Cupidon a tiré sa flèche et qu’elle nous a transpercé tous les deux. Ensuite,
cher journal, nous avons été au bord de la mer puis je me suis blotti dans ses bras et espère y rester toute ma vie, pour l’éternité…
Commentaires
Ce texte, cette histoire est super belle! C 'est très bien écrit et très touchant ! Le dernier paragraphe est incroyablement beau, et si bien décrit! Bravo a toi !
La seul chose, le début et un peu confu , on devine de qui tu parle, mais c'est assez flou ! Bonne continuation a toi !
bisous
Mady