00h40, vendredi 2 avril 2010. On se quitte pour la première fois, le charme a opéré. Pour moi en tout cas. Mais comment diable peut-on être ainsi atteint par une conversation virtuelle ? C’est un des mystères de ce XXIe siècle, on peut faire des rencontres semblant aussi réelles qu’elles sont dématérialisées. Il s’agit de charmer. Et le charme opère. Près de deux heures de première approche, pour le moins réussies. Je me souviens de ton phrasé assuré, confiant, sous une police bleu ciel, qui laissait transparaître déjà chez toi : ton sens de la réparti, ton assurance et ta décontracture. Seules ces cent vingt minutes de conversation m’ont charmées.
Mais comment cela a-t-il pu se produire ? Comment peut-on être enchanté, charmé, séduit par un tel personnage, sans véritablement de charisme (si tenté que l’on puisse parler de charisme pour deux écrans interposés), comment peut-on s’attacher si vite en somme ? Je crois que c’est cela qu’on appelle « coup de foudre ». Alors celui qui ne l’a jamais vécu ne peut pas le comprendre, n’y même y croire. C’est donc le coup de foudre que le fait de s’attacher, s’accrocher même, à quelqu’un que l’on connaît a peine, que l’on ne connait même que si peu. Se lier à l’inconnu, prendre le risque de souffrir et de s’écorcher vif.
On fait connaissance, on discute davantage. J’apprends petit à petit que l’on a quantités de points communs, quantités de points sur lesquels on se complète, quantités de délicieuses contradictions. Je ne doute plus, tu es fais pour moi. Dès lors, je ne pourrais cesser de te parler. Jusqu’à m’enflammer, vouloir discuter avec toi chaque secondes que dieu fais, vouloir être à tes côtés à chaque minute de cette vie. Me rendre prêt à ramper, à me donner entièrement à toi.
C’était, je le crois, de l’amour.
Quelle erreur ! L’histoire le confirmera.
Alors, on avançât. Pour ma part, à tâtons, j’avançais dans cet océan de l’inconnu. Chaque mot, je le lis, je le relis, je le décrypte, je le commente, je l’interprète. J’en suis certain, tu es toi aussi intéressé.
Et chaque jour qui passe me rapproche un peu plus de notre rencontre, elle se doit d’être magnifique, des plus parfaites mais aussi des plus discrète. Avant notre rencontre si religieusement orchestrée, une rapide entrevue se fera, si brève qu’intense. Il est vrai que le rayon C.D. de l’Espace Culturel d’un magasin Leclerc n’est pas l’endroit idéal pour une rencontre sentimentale mais, quelle surprise ! Que ce lundi 5 juillet fut intense, et combien ces ultimes messages avant de se retrouver au détour des dernières nouveautés discographiques furent haletants et déconcertants. Quelle ne fut pas mon appréhension en t’attendant ; et quelle fut ma joie en voyant les courbes délicieuses de ton visage angélique au détour de ces allées. Mêlé entre estomac noué et envie de me jeter à tes bras, je m’efforce de ne pas laisser transparaître mon attirance envers toi. Tant bien que mal. Il est bientôt temps de se quitter, et l’on se quitte. Tu me serres la main, une poigne à la fois dure et sensuelle, à laquelle tu joins cette phrase qui m’enflamme : « T’es mieux qu’sur internet ! ». Je n’y tiens plus. Je t’aime.
Et le manège continue, encore quelques jours. L’essai est à transformer. C’est chose faite ce 12 juillet. Volontairement, je ferais ellipse de ces deux jours. Ils nous appartiennent. Chaque instant est gravé dans ma mémoire, tes baiser encore sur mes lèvres, ta voix résonne encore dans mes tympans, tes talents d’amants font encore frémir mon corps, tes caresses réveillent encore en moi des instincts bestiaux, tes doux mots trouvent encore échos dans les miens et ainsi chaque seconde de ces deux jour reste en ma mémoire irréversiblement. Intense, nous sommes « choqués » n’est-ce pas ?
Au-delà, il faut se résoudre, c’était une faute, une erreur. Qui me coûta bien plus qu’à toi. Mais après tout, ne faut-il pas jamais préférer un bonheur éphémère à une tristesse persistante ?
Je me résigne, tu t’en vas. Tout est finis. Conclusion hâtive, car à vrai dire, rien n’a commencé. Nous ne formions pas un couple, peut-être une amitié, mais en définitive c’était un « flirt ». Il m’en coute de l’avouer. Je n’oublierai jamais, nous en avons parlés et il en est ainsi. Que la vie t’apporte le bonheur auquel tu aspires. Moi, je tâcherai de ne plus jamais y penser.
Mais la suite n’a pas lieue d’être couchée sur cette feuille. Elle existe, elle est intégrante de ma vie à présent. La suite tout le monde la connaît, la souffrance. Comment cela est-il possible ? Moi-même, je me le figure mal, mais la vie est ainsi faite et si l’amour cède sa place à la résignation, la résignation elle se fond en la souffrance. Je ne t’oublierai jamais. Tu es, il faut l’avouer, un premier amour.
Littéraire, Roy, Conquistador, Poto, Lampadaire, Reuf, tant de surnoms pour une seule et même personne : si dure et si belle à la fois.
Adieu Vicomte…
(Écrit en Septembre 2010 avec toutes mes émotions. En positif où en négatif, les choses auront bien changées au jour où je te remettrais ce médiocre ramassis de sentiments « béni oui-oui ». Je ne t’oublierai donc jamais. Mais rien ne sert de croire aux âmes sœurs, puisque je serai seul à y croire. Je reprends ma dignité et entreprends donc de te mettre dans un coin de mon cœur et de mon âme dans l’attente de te retrouver, où pas. Qui sait vraiment…)